PRÉFACE DE L'AUTEUR
C'est au Flamand Jean Tinctor que Ton doit le premier Dictionnaire de Musique publié depuis l'invention de l'imprimerie. Cet ouvrage parut à Naples, en 1470, sous le titre de Terminorum musicœ DiffinUorium. A partir de cette époque, jusqu'à nos jours , plusieurs autres Dictionnaires ont été publiés dans des pays différents ; mais tous , plus ou moins incomplets dès leur origine, ou le devenant par la suite , ne correspondent pas au degré de perfection qu'a atteint dans notre siècle l'art musical. C'est donc dans le but de combler cette lacune que j'ai réuni les matériaux nécessaires pour un pareil travail, et que je publie ce Dictionnaire, où j'expose, par ordre alphabétique, tout ce qui a rapport à la musique proprement dite, théorique et pratique, tant ancienne que moderne , sans exclure les branches de la physique et des mathématiques , son histoire en général et son histoire chez chaque peuple en particulier, enfin sa philosophie , sous le rapport anthropologique et esthétique. On trouvera dans ce Dictionnaire, non seulement un grand nombre d(^ nouveaux articles, mais encore plusieurs de ceux qui ont paru dans les autres dictionnaires ; ces articles cependant ont presque toujours subi quelque cor-
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roction ou amplification, ou bien ils ont été présentés sous une forme nouvelle et beaucoup plus importante. Après cela , il est tout-à-fait inutile d'insister sur l'utilité, et même sur la nécessité de cet ouvrage pour tous ceux qui cultivent ou qui aiment la musique , à quelque nation qu'ils appartiennent.
Je suis obligé de faire connaître aux. lecteurs que, vu l'immense quantité des matières formant ce Dicr tionnaire , et pour ne pas le rendre excessivement long, j'ai toujours évité les répétitions, quoique plusieurs n'eussent pas été toujours inutiles. La même raison m'a engagé à exposer les articles didactiques d'une manière succincte, d'autant plus qu'un ouvrage de ce genre n'étant sujet à aucune liaison « ne pouvait jamais offrir des traités spéciaux comme un livre méthodique.
Les ouvrages que j'ai le plus souvent consultés, sont : le Lexicon Musical de Koch, qui m'a été utile pour ce qui a rapport à la musique proprement dite; \ Histoire de la Musique de Forkel , livre plein d'érudition et de saines doctrines , mais qui malheureusement n'arrive que jusqu'au xv^ siècle; les Gazettes musicales de Leipsick, de Berlin et de Vienne : celle de Leipsick surtout a été pour moi une mine féconde d'éléments pour tout ce qui est relatif à la musique et aux progrès successifs de cet art; \ Esthétique du professeur Krug; l'excellent travail de Castil-Blaze, intitulé de V Opéra en France; l'estimable traité sur hi Musique des H indous, de 1* Anglais Jones, avec les
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notes du baron Dalberg; les ouvrages didactiques de Martini, Asioli, Albrechtsberger, Gervasoni, Sabbatini , Morigi , Weber, Belli , Vogler , Mancini , Pollini , Perrino, Knecht , Baillot et plusieurs autres, montété d[un grand avantage. Je ferai mention, en dernier lieu , de mon illustre ami le savant et célèbre Jean Simon Mayr, dont les utiles conseils et les vastes connaissances m'ont été d un si grand secours dans cette difficile entreprise.
J'ai cherché autant que possible à satisfaire toutes les classes de lecteurs qui ne sont pas trop exigeants , et qui savent reconnaître les bornes dans lesquelles doit se renfermer un ouvrage de ce genre ; et, à l'exception de la partie purement didactique, j'ai tâché de rendre la lecture de ce livre agréable et utile même à ceux qui ne sont pas initiés dans Fart de la musique. Le public savant et l'impartiale critique décideront si je n'ai pas entièrement failli dans mon entreprise.