‹ Dictionnaire de musique;Chapitre 152 sur 192 · IM GER · texte numérisé non relu

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flamande. Jean Godendach ou Bonadies (car c'est ainsi qae son élève GaiTorio a traduit son nom en latin), Henri Isaak, si loué par Quadrio, qui prétend qn'U mit le premier à trois voix les poésies de Laurent de Médicis, Stëphan Mahu , Henri Fink et plusieurs autres étaient célèbres comme compositeurs dès le xv* siècle. Considérée sous ce rapport, Fécole allemande est , comme l'école flamande et l'école française, antérieure à celle d'Italie; mais les guerres qui eurent lieu à la fin du xvr siècle et au commencement du xvn' , et surtout cette guerre terrible , appelée de trente ans, portèrent la ruine et la désolation dans toutes les parties de l'empire. Ce fut une époque de décadence pour l'école allemande , qui se trouva alors bien inférieure à celle d'Italie.

Le théâtre allemand a aussi une origine fort reculée, l^en qu'un peu postérieure à celle du théâtre italien. Dès le temps de Jean de Saxe, on représentait, pendant le carnaval, à Nuremberg , des drames eu musique. Cependant la véritable époque de l'établissement de l'Opéra, en Allemagne, ne peut être fixée qu'à l'année 1625, dans laquelle Martin Opiti, né en Silésie, fit le premier essai d'un opéra de sa composition, intitulé Daphné, et qui fut représenté à l'occasion du mariage d'une sceur de l'électeur de Saxe avec le landgrave de Hesse.

Avant la guerre de trente ans, la musique fioriasait parti* cullèrement à la cour des empereurs. Charles-Quint, Maximilieu et Ferdinand entretenaient un grand nombre de chan* teurset d'instrumentistes, tant pour la musique sacrée que pour la musique profane. L'électeur de Bavière avait aussi , à cette époque , un excellent orchestre. Son maître de chapelle était le fameux flamand Roland Lassus, dont les ouvrages pourraient bien être utUes, encore aujourd'hui, à beaucoup de nos compositeurs. Le zèle pour le culte divin étant alors très grand , il ne faut pas s'étonner que l'écho des antiennes et des chants sacrés ait retenti jusque dans les festins et dans les autres diveriissements profanes.

La guerre de trente ans influa d'une manière bien triste sur les sciences et les arts , et frappa particulièrement la céleste Polymnie ; plusieurs centaines de couvents furent saccagés; les plus précieuses parutions furent brûlées ou dispersées j et les instruments de musique devinrent la proie des soldats. La musique retira cependant quelque avantage de tant de mallieurs ; c'est de telle époque que date Vinveniimi deia. marche militaire, dont le caractère était alors, diton, beaucoup plus martial qu'il ne l'est aujourd'hui*

Après la guerre de trente ans, les sciences et les arts surgirent et marchèrent de nouveau , mais à pas lents ; néanmoins la musique retrouva bientôt sa première splendeur et fut cultivée avec le plus grand zèle à la cour de l'empereur MaximilléD. Ce prince , qui jouait très bien du violon , chantait aussi quelquefois dans les messes en musique. L'empereur Léopold ï*" était grand amateur de musique; il jouait très bien du piano et composa plusieurs airs et plusieurs cantates; U ne faut donc pas s'étonner de la protection qu'il accorda à un art pour lequol il avait lui-même tant de goût. Depuis lors f l'amour de la musique a toujours été» pour ainsi dire » héréditaire dans la famille impériale; et parmi les princes et princesses de la maison d'Autriche, il y eut toujours et il y a encore de grands connaisseurs et de zélés promoteurs de ce bel arL Le règne de Joseph P% malheureusement trop court sous beaucoup de rapports, te fut surtout pour la musique. Ce monarque , qui jouait avec talent de plusieurs instruments, fit venir un grand nombre d'artistes d'Italie , et y envoya des artistes allemands pour y étudier la musique. Aucune de ses provinces, et même de toutes ceiles qui composent T Allemagne, n'égala la Bohème soas le rapport musical. L*empereur Charles VI éleva cet art jusqu'à un degré qu'il n* avait pas encore atteint en Allemagne. Fort habile .sur plusieurs instrumenta et doue de profondes connaissances nj usicales ^ ce souverain entrelennit plus d' cent chanteurs et de trois cents

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instrumentistes^ et a?ait deux maîtres de chapelle, Jeau-Joseph Fux et Antoine Caldara.

En 1724 on donna à Prague un opéra en plein air, dont la représentation coûta à Tempereur 300,000 florins. Le nombre des musiciens s'élevait à plus de mille. Quatre maîtres de chapelle , placés sur des points élevés , dirigeaient le chant qu'accompagnaient plus de cinquante clavecins. Quelque gigantesque que fût cette idée , elle fut parfaitement rendue. Â cette époque , la musique sacrée surtout était très florissante dans les états impériaux, et l'on peut dire que le règne de Charles VI est la première époque célèbre pour la musique en Allemagne.

Cet art trouva aussi dans les autres cours d'Allemagne beaucoup de protecteurs.

Pendant plusieurs siècles les Saxons se distinguèrent tellement dans la musique, que l'Italie respecta toute l'Allemagne à cause de la nation Saxonne. L'électeur Auguste, plus tard roi de Pologne , fut le premier qui fit représenter des opéras dans le goût italien , et avec plus de magnificence qu'en Italie. L'opéra brilla encore d'un plus grand éclat sous Auguste n. La Saxe est la patrie de Georges-Frédérik Haendel, de Jean-Sébastien Bach , de Jean-Adolphe Basse et de plusieurs autres compositeurs renommés.

La nation bavaroise a toujours beaucoup aimé la musique. Ses ducs et ses électeurs méritent des éloges pour la protection qu'ils lui accordèrent. Maximilien-Emmanuel , Maximilien- Joseph et Marie-Antoinette de Bavière (qui composa les opéras Taiestri et le Triomphe de ia ftdéUté) • se montrèrent pleins d'enthousiasme pour cet art Le théâtre , la salle de concert étaient, pour ainsi dire , un Odéon où brillaient les chefs-d'œuvre de tous les artistes, et pendant long-temps il n'y eut pas au monde un orchestre supérieur à celui de Manheim. Le grand Frédérlk, génie créateur en tout, le fut aussi en musique. La Prusse cite parmi ses musiciens Graun, Fasch , Reichard et Agricola.

La iiitisîqui? commeuça à devenir florissante dans le Wurlemberg dès le xtt siècle, ausslLôt après T introduction de la réforme. Le duc Gliarles-Alexandre favorisa beaucoup cet art»

La vlUc ir Hambourg mérite d'être citée quand on parle de Topera. Rcynard-Keiser , qui vivait à la tin du x^tiv siècle et au couimencement du wiiJ^ , en composa plus de cent. Uam bourg est aussi la patrie de Cbarles-Enimanuel Bach ^ de Jean Matbesoa et de Georges- Alichel Telemaiin.

La plupart des cours dAilemagoej et surtout celles de La Tour et Taxis, acquièrent une grande réputation comme prolectrices de la musique en général ^ et parliculièreraent du drame lyrique-

On peut diviser Fécole allemande en deux époques différentes: la première comprend les xy\, xw et xvir siècles, dans lesquels la poésie allemande étant encore dans Tenfance, l'art et la science de la musique ne consistaient que dans r harmonie et le contrepoint, le rhythme et la mélodie étaient regardés comme des choses peu importantes. Lu seconde appartient au xvnr siècle, qu'on peut appeler le siècle d'or de r Allemagne pour les sciences et les lettres; dans ce siècle la langue et la poésie inarclièrent h grands pas vers la perfection, et la musique s'éleva jusqu'à la position éminenle qu'elle occupe aujourd'hui parmi les nations civilisées. Il est vrai que même au commencement du x\Tir siècle , la musique allemande était encore en grande partie bornée k Tharmonie et au contrepoint Mais si 1 on réOéctiil qu'un art ne peut produire ces sublimes eircts qui agissent si puissamment sur riiomme dont l'esprit est délicatement cultivé, sans atteindre un très haut degré de perfection , les compositeurs allemands doivent être pleins de reconnaissance pour les longs et pénibles travaux de leura aucètres , qui posèrent avec tant de solidité les fondements de Técole allemande moderne. Celte école se distingue par uup harmonie savamment travaillée.

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unie à des chants pleins dame et d'expression. Kt que serait le poète sans la grammaire , le philosophe sans la logique , le peintre sans Tart du dessin , Tarchitecte sans les mathématiques?... Mais pour en revenir au xvin' siècle, voici quelle fut, pendant sa durée, la marche progressive de la musique.

Jean-Sébastien Bach, pendant la première moitié de ce siècle , eut la plus grande influence sur les progrès de la musique allemande; bientôt elle prit un plus grand essor relativement au chant , grâces aux drames lyriques de Jean-Amédée Graun et de Jean- Adolphe Hasse qui, tous les deux grands partisans de la mélodie et de l'expression , ne se servirent de rharmonie et du contrepoint que comme moyens auxiliaires. I^ musique d'église et la musique de chambre devinrent aussi plus mélodieuses et plus simples qu'elles ne l'étaient auparavant L'imprimerie de la musique , inventée à cette époque par Jean-Amédée-Emmanuel ^eitkopf , à Leipsik, et le grand établissement qu'il éleva, contribuèrent puissamment à la rapide propagation de tous les travaux des compositeurs, et rendirent à la musique le même service que la typographie avait rendu aux sciences. Bientôt tout changea d'aspect Pendant que Joseph Haydn préparait une grande révolution dans la musique instrumentale, naquit un génie unique dans l'histoire de cet art, Woli^ang-Amédée Mozart, qui, après avoir renversé l'ancien édifice de l'opéra, non seulement le porta à la plus grande perfection , mais encore disputa le psemier rang à tous les musiciens dans tous les genres de musique. Bien que Haydn et Mozart aient eu beaucoup d'illustres prédécesseurs, on peut les regarder comme les grandes gloires musicales du siècle dernier.

La littérature musicale de l'Allemagne est fort riche; elle remonte au xvi* siècle. Les écrivains auteurs de plus de dix ouvrages ne sont pas rares. André Werkmeister en écrivit onze ; Georges-André Sorge, douze ; Jean-Frédéric Reicbard,

quatorze ;— il fut en outre le rédacteur de plusieurs journaux périodiques de musique; — Frédéric-Guillaume Marpurg, seize; l'abbé Geoiges-Joseph Yogler, au moins autant, et Jean Matheson, plus de trente. Franco, de Cologne, dont il a été parlé au commencement de cet article, se rendit célèbre dès le temps de Guido , par ses écrits sur la musique. Depuis le commencement du xyi* siècle et surtout durant le xvm% le nombre de ces écrivains a considérablement augmenté. £n voici quelques uns des plus remarquables.

Parmi les auteurs du xvr siècle , nous trouvons Georges Reisch , Georges Rhaw, André Ornitoparchus , Martin Agricola, Jean Frosch, André fiUnting, Jean Galliculus, Lorite Glarean, Henri Faber, Herman Fink, Sethus Calvisius, Lucque Lossius , Micbel Pretorius, Jean Avianus, Giriaque Schnegass , Joachim fiurmeister, etc. Parmi ceux du xvn' siècle se distinguent Jean Magirus, Jean Nucius, Henri fiarifonùs^ Jean Keplerus, Lambert Alard , André Herbst , Gberard Yossitts, Atanase Klrcberlus, Marc Meibomius, Wolgfang Gaspar Prinz, etc. Appartiennent aux xvui" et xw"" siècles, Jean- Philippe Bendeler, Godf roi -Albert Pauli, Jean Matheson, Jean- Joseph Fux, J. Godfroi Walther, Laurent Mtzler. Léonard Euler, Jean-Adolphe Scheibe , Joseph Riepel , Georges-André Sorge, Jean- Adam Hiller, Gristophe Nichelmann, Frédéric -Guillaume Marpurg, Jean -Philippe Kimbei^er, M. -Jacques Adelung, Jean-Samuel Pétri, T Ab. Martin Gerbert , l'Ab. Geoi^es-Joseph Vogler, Jean-Georges Subser, Georges- Philippe Telemann, Jean-Frédéric Reichard, Jeaa Nicolas Forkel, Henri-Gristophe Koch, Henri- Just Knecht, Daniel- Amédée TUrk, Georges Albrecktsbei^er, Frédéric-Daniel Schubert, £mest-Frédéric Ghladni, Ernest-Louis Gerber, Frédéric Rochlitz, Ghrétlen-Frédéric Michaelis, Godfroi Weber, etc.

En jetant un regard rapide sur les diverses branches de la musique , nous voyons que Fopéra ne fit quelques progrès en TOME I. 29

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AUemagne qu'à la fin du xrir siècle. Le premier composftevr qui obtint quelque célébrité en ce genre fat Reynard Reiser (d'Hambourg) qui, comme nous TaTons dit, en composa plus de cent On vit se distinguer ensuite dans la même carrière : Georges-Frédérlk Haendel, J.-Joseph Fux, J.-Amédée Graun, J.-Âdam HiUer, Joseph Misiliweczeck, Florian-Léopold Gasmann , J. -Amédée Naumann , le chevalier Christophe Gluck, Frédéric-Louis Benda, Wol^ang- Amédée Mozart, Fabbé Georges-Joseph Yogler, Charles Pittersdorf , Bénédict Kraus, J. - Frédéric Reicbard, Savère SUssmayer, J. -Rodolphe Zumsteeg , tous deux élèves de Vogier, et plusieurs autres.

L'Allemagne a eu un très grand nombre de compositeurs de musique d'église et d'harmonistes distingués ; mais son vrai titre de gloire sera toujours d'avoir porté la musique instrumentale à son plus haut point de perfection , et d'avoir produit en ce genre une Immense quantité d'excellentes compositions. Il suffit, pour s'en convaincre, de jeter un coupd'œil sur celles qui sortirent de la plume de Bach , de Haydn, de Mozart, de Beethoven, de Wanhal, de Hofmeister, de Pleyel, de Steibelt, de Dussek, de Krommer, de Gyrowetz, de Hummel et de beaucoup d'autres.

Parmi les compositeurs modernes allemands , * dont les ouvrages sont connus dans tout le monde musical , on distingue particulièrement Wlnter, de Munich , mort dans cette ville en 182Ô ; Mayer, dont l'opéra de Médée est si populaire en Angleterre; Weigl, qui résidait il y a peu de temps à Stuttgardt; Gyrowetz, compositeur de musique Instrumentale, qui dans le mois de janvier 1829 , à l'âge de soixante-qidnze ans, a écrit un opéra intitulé le Harpiste Aveugie; Louis Spohr, auteur de Fatist et de Jessonda, opéras où l'on trouve beaucoup de science et de talent; Hummel, célèbre pianiste et l'un des plus célèbres compositeurs de l'époque, enin

* Ajouté par le Traducteur.

rillustre Meyerbeer, de Berlin , auteur de beaucoup d'opéras italiens^ de Roùert-ie-DiaMe et des Hiyttenots, qui le placent au premier rang parmi les musiciens vivants.

Les artistes que nous venons d'indiquer ne sont pas néanmoins les seuls dont puisse se glorifier l'Allemagne. A Vienne, on remarque les maîtres de chapelle Glxser, Riotte, Eybler, Gaensbacher qui, de lieutenant de tirailleurs du TjtoI qu'il était, es.t devenu directeur de la musique de Saint- Etienne; le chevalier de Seyfried, Sonnleithner^ ^^'enzel, Muller et Drechsler> compositeurs dramatiques ; Ruser, qui a composé depuis peu un opéra, intitulé Yetva die vu^siciu TVaist {l[ç\s;k ou l'Orpheline russe), où se trouvent , diton, des chants mélodieux et originaux, et des accompagnements remplis d'effets nouveaux. La musique de der Aipe^ikcenig (le roi des Alpes), opéra du même auteur, est aassi fort agréable. Un des ouvrages les plus remarquables donnés à Vienne depuis quelque temps parait être le ballet héroïque du comte von Gallcnberg , intitulé César en Egypte. Cette composition a obtenu un suffrage unanime. On cite encore un opéra comique de Conrad Kreutzer, intitulé ia Laitière de Mat^fermeUs qui a été représenté à Vienne il y a peu de temps avec beaucoup de succès. EnHn, parmi les compositeurs de musique instrumentale, on peut citer les deux Czerny, Mayseder, Secchter, Schubert, Lachner et quelques autres.

A Munich, le baron de Poissi a la direction de l'opéra allemand et IVL Moralt celle du théâtre italien. M. Lindpainter compose pour le théâtre allemand ; on parle avec éloge de son ouvrage du Vampire. La Macbeth de M. Chelard, opéra composé pour le Grand-Opéra de Paris, qui a été importé en Allemagne par l'auteur, jouit également de l'estbne générale. J. Marschner, jeune compositeur qui donne des espérances, a fait représenter en 1827 à Magdebourg un opéra intitulé le Vampire, Cet ouvrage, ainsi que plusieurs

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autres du même auteur, se distingue par l'originalité de» idées. A Dresde ^ on remarque M. Relssiger, jeune musicien rempli de mérite 5 directeur et compositeur du tliéâtre de cette ville. A Leipsick, M. Otto Glaudius, compositeur dramatique; le meilleur ouvrage de cet auteur est un opéra intitulé Aiadin ou la Lampe mervemeuse, A Berlin y on trouve Charles-Félix Mendelsohn , pianiste et compositeur distingué, et plusieurs autres musiciens de mérite. Schneider, maître de chapelle à Berlin, compose aussi pour lés théâtres de cette capitale. Frédéric Schneider à Dessau , et Spohr à Cassel, occupent aussi un rang très distingué parmi les compositeurs de l'Allemagne , le premier par sa musique d'église et ses oratorios, le second par ses opéras et sa musique instrumentale. Parmi les talents d'exécution de Berlin on distingue madame Turrschmidt et le baron de Schstzel , chanteurs du premier mérite. *

L'Allemagne a produit aussi une grande quantité d'instrumentistes et plasieurs chanteurs célèbres. Dans la première classe nous citerons les noms de Stamltz, Cramer, Quantz, Fischer, Schwartz, Rodolphe, Punto, Krumpholtz, Hullmandel, Edelmann, Adam, Dussek, Steibelt, Hummel,Ries, Kalkbrenner, Listz, Thalberg, Doelher, Ernst, etc. ; dans la seconde , Graun , mesdames Thérèse Reuter, Elisabeth Teyber, Gertrude- Elisabeth Mara, Françoise Danzy, Antome Raff, Fr.-C. Walter, Sonlag, Schutz, Schechner, etc. On a vu souvent à l'étranger des familles allemandes composées de musiciens dont les talents excitaient la surprise et l'admiration; telle est la famille Ralnier, qui voyagea en Angleterre en 1827, et la famille Hermann de Munich, composée de quatre frères qui excellent, dit-on , sur le violon et le violoncelle ; ils chantent aussi les airs de leurs pays avec un talent remarquable.

* StafTord, trad. par iM»e Fétis.

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I^ clarinette et le cor de basset sont originaires d'Allemagne. Presque tous les instruments à vent y fUrent aussi perfectionnés au moyen des clés qu'on leur ajouta et qu'on introduisit jusque dans les cors et les trompettes. L'orgue fut aussi perfectionné par divers facteurs allemands, et simplifié par l'abbé Wogler. L'estime générale dont jouissent les pianos de Vienne rend superflu tout ce qu'on pourrait dire à leur louange. Quant aux autres instruments de musique, inventés en Allemagne, il en est parlé dans le cours de cet ouvrage.

La musique est plus généralement cultivée en Allemagne que dans aucune autre partie du monde ; on l'apprend dans toutes les écoles de charité, et Ton assure qu'un maître n'est autorisé à exercer sa profession qu'autant qu'il justifie 4e sa capacité pour enseigner les principes de la musique et donner des leçons de quelque instrument. Outre cela, il y a djans toutes les villes des écoles publiques et spéciales oii l'on QSt admis sans aucune condition et où l'on apprend la composition. Avec toutes ces ressources il n'est pas étonnant que les Allemands soient tous excellents musiciens.

GETTO = JET, «. m. — Les morceaux de musique d'un seul jet sont ces rares coups du génie , dont toutes les idées ^nt si étroitement liées qu'elles n'en forment pour ainsi dire qu'une seule, et ne pouvaient pas se présenter à l'esprit du compositeur l'une sans l'autre. Tel est, par exemple, le chœur du premier acte dans la CUmenza di Tito de MLo-^ zart : ^tSerhate, o Dei custodi, etc. » Ces morceaux ressemblent à ces longues périodes très éloquentes dont le sens reste suspendu tout le temps de leur durée et ne s'achève que sur le dernier mot

GIGA = GIGUE, s. f. — Air de danse d'un mouvement vif, à mesure binaire et à division ternaire. Le mouvement de cet air a été employé par un grand nombre de compositeurs des xvu' et xvm* siècles dans leurs pièces instrumentales.

GINGRAS ou GANGRIS. -- Nom d'une flûte égypUeojpe^

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GIOCOLARI = JONGLEURS. — (Voy. Mentstriert). GIOGOSO (joyeux^ badin). — Get adjectif italien exprime l'allégresse, le mouvement vif, léger, badin.

GIORNALE DI MUSICA = JOURNAL DE MUSIQUE. * - Le premier qui essaya de publier une espèce de journal sur la musique fut Sclieibe, maître de chapelle du roi de Danemark. Ge journal parut à Hambourg, en 1737 , sous le titre de : Le Musicien Critique (Gritischer Musicus). Il fut ensuite réimprimé à Leipsick (en 1745), en un vol. in-8* de 1059 pages. G'était plutôt une suite de dissertations scientifiques qu'un véritable journal. On le consulte encore avec fruit

Laurent Mitzler, qui fut successivement libraire à Leipsick, conseiller et médecin à Konkin , en Pologne , publia ensuite un journal intitulé : i*OcuUste musical ( Musikalischer Staarstecher) ; il en parut un numéro cliaque semaine dans le cours de Tannée 1740, à Leipsick. H n'eut qu'environ une année d'existence.

Ge journal fut suivi d'un écrit anonyme, également hebdomadaire, qui parut à Brunswick, en 1741 et 1742, et qui avait pour titre Le Musicien patriote (der Mosikalische Patriot). Il renferme de bonnes choses, mais il n'en a été publié que trente numéros.

Marpurg, homme supérieur, qui a marqué d'un cachet tout ce qu'A a entrepris , a montré sa profondeur accoutumée , son érudition et son goût dans son Musicien critique deiaSprée (der Gritische Musicus an der Sprée, Berlin, 1750, 50 numéros in-4*) ; dans ses Essais historiques et critiques sur les progrès de la musique (nistorisch-Kristische Beytraege zur Auihahme der Muslk, Berlin, 1754-1760, SO), et dans ses Lettres critiqua sur la musique (Krltische Briefe tiber die Tonkunst, Berlin, 1760-1763, huit numéros in-4*).

• Ajovté par le Traducteur.

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L'Âllemagoe vit encore éclore une foule d'autres feuilles périodiques sur la musique, dans la seconde moitié du ^ècle dernier. Telles sont les Notices hebdomadaires concernant ia musique de Hiller (Woechentliche Nachrichten und Anmerknngen die Musik Betreffend), dont il parut quatre années à Leipsick» de 1766 à 1770 ; ie Journal de VÈcoie de tntinque deManhdm (Betrachtunger der Manbeimer Tonschule)» dont Tabbé Vogler fit paraître un cahier chaque mois pendant les années 1778-1781 ; le Magasin mimeai ( Musikalisches Kunstmagazin)^ de Reichardt, Berlin , 1783-1791, itt-8*; la BiMiothèque musicaie ( Musikalische Bibliothek fUr KUnstler und liebhader) d*£schbrush , Marboui^ et Griesen, 178&-1785; Isl Gaz^te musicaie de Spire {Mx^càHadi» Realieitung}> publiée par Bossler, 1788-1791; là Gazette musicaie de Berlin (Berliniscber Musikalische Zeitung), rédigée par Spazier, mais qui ne se soutint que depuis le 9 février 1793 jusqu'au 4 janvier 1794 ; et le Joumai de musi^ que de Kock, dont il ne parut que buit numéros en 1795.

Tous ces journaux ont été remplacés avantageusement par Texcellente Gazette de m^'usique de Leipsick (AUgemeine Musikalische Zeitung). Ce recueil, d'un mérite remarquable, entrepris en 1798, et dont la rédaction a été confiée pendant vii^t ans au savant écrivain Frédéric Rochlitz, se continue encore, et sa collection forme 40 voL in-4^

Tous les journaux qui ont paru sur le même objet ont été formés sur le modèle de cette gasette. Parmi les imitations qu'on en a faites, celles qui méritent le plus d'estime sont : 1** la Gazetu musicaie de Berlin (Berliniscber Musikalische Zeitung), que Reichardt a rédigée, en 1805 , avec son talent ordinaire; mais la mort de Froehlich , qui en était l'éditeur, en interrompit la publication dans Tété 1806 ; 2* la Gazette musicale des États de V Autriche (AUgemeine Musikalische Z«eitung , mit besonderer Ruecksicht auf den OEstreichis* chen Kaiserstaat) , dont l'origine date de 1817 , et sa fin de

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1823; 3* la Gazette musicale de ^er<m(Berliai8cbe Allgemeine Musikalische Z^ituog), publiée en 1824 par Schelesinger père , et rédigée par Marx. Ce journal a cessé de paraitre.

L'Allemagne a possédé et possède encore d'autres écrits périodiques sur la musique ; mais ce sont plutôt des revues mensuelles, ou paraissant à des époques indéterminées , que de véritables journaux. Tels sont V Apollon, que les frères Werdent et W. Schneider ont publié à Pénig, eu 1805; le Mtmkaiische Manatschrift , qui parut à linz, dans la même année» et dont le maître de chapelle F.-X. Gloeggl était le rédacteur ; la CœcUia, excellent ouvrage publié par les frères Schott, de Mayence, depuis 1824» et VEutonia, journal rédigé par M. -G. Hientzschet, destiné à répandre les théories de la musique religieuse du protestantisme.

En 1775 y le premier journal anglais sur la musique parut sous le titre : The new musical and universai Magazine, et cessa de paraître en 1776, faute de souscripteurs. Un intervalle de quarante-trois ans s'est écoulé ensuite, avant qu'aucune entreprise du même genre ait été tentée; enfin la Gazette musicaie Jngiaise ( the English Musical Gazette) , parut au commencement de 1818; mais ce journal était si mal rédigé qu'il ne put se soutenir et qu'il cessa de paraître au mois de juin de la même année.

Sur ces ruines s'éleva presqu'aussitôt la revue intitulée : The quarteriy musical nutgazine and review, qui a cessé de paraître depuis quelques années.

Deux autres journaux anglais ont été essayés en 1823 : l'un avait pour titre : Themonthly magazine ofmtuic, l'autre The Journal ofmusic and theDrama; leurs premiers numéros ont été les derniers.

Le The Earmonicon parut pendant plus de vingt ans le premier de chaque mois, par cahiers de trois à quatre fouilles de texte, et de deux feuiUes de musique iiv-4". Il a

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