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on iBstniBient musical , dont tous les hommes peuvent se servir sans avoir recours à des maîtres et à des principes; c'est pourquoi tout le monde en fait usage. La voix m^e qui est sans agrément et mal dirigée 5 distrait de ses ennuis la personne qui chante ; mais il faut que ceux qui désirent se rendre agréables et cherchent à dissiper l'ennui des autres^ tâchent de donner à la voix ces inflexions qui peuvent faire plaisir et charmer les oreilles et Fe^rit des auditeurs. H est donc nécessaire d'appeler en aide Fart qui indique le vrai moyen de chanter^ c'est-à-dire^ qui apprend que la vraie ri-' cbesse du chant est la Justesse et la rondeur des sons 5 l'éten^ due naturelle ou artificielle de la voîx^ l'art de la renforcer et de la radoucir à volonté; celui de la faire sortir i^ine^ large et dégagée de toute inHuence nasale ou gutturale ; celui te ménager la re8q[>ivallon , de la prolonger au-delà de sa du«^ rée ordinaire et de la reprendre d'une manière impercepti-ble ; celui de lier les sons ensemble , de les enfler5 de les diminuer avec des nuances insensibles et de les détacher ; celui de passer avec adresse de la voix de poitrine à la voix de ttte, et de revenir de la seconde à la première, et d'égaler par conséquent les sons aigus de l'une aux sons graves de l'autre, etc. En partant de ces points essentiels qui forment le corps de Fart , on arrivera facilement à ceux qui constituent Fomement extérieur, c'esirà-dire à Fexécutlon des roMades, des trilles, des mordantes, etc., et Fon obtiendra tontes ces qualités que nous avons énuiérées dans Fartlcle Chant.
OANTARE A ARIA. -- Expression italienne, qitii tignifie cinmter sans s'asBujetdr à la musique écrite.
GANTARB A OREGGHIO , (chanter d'ordlle).— On lé ttt tpiand on chante sans avoir aucune connaissance de fart , mais seulement en suivant de la voix la mélodie que Foreille a entendue.
GANTARE DEL GALLINÂGCIO, (chant du dindon]. — bi frappant toutes les notes avec une force démesurée et une
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Inégalité de voix 9 on fait entendre nn chant tellement exagéré qnll ressemble au chant grossier et désagréable du dindon.
GANTARE DI MANIERA^ (chanter arec grâce).— Chanter avec sentiment 5 ame^ expression et avec tons les agréments d'un goût exquis.
GANTARE IL MAGGIO^ (chanter le retour de mai). — Autrefois, en Italie 5 les jeunes gens, au commencement du mois de mai , avaient ll»bltttde de planter un arbre devant la maison de leur» maîtresses > et 5 dansant tout autour, ils chantaient des chansons de printemps. TeHe fut l'origine de cette expression : eantare U maggio; usage que Ton conserve encore iaujourd'hui en Toscane , quand , au commencement do mois de mai , les paysans se rendent à la ville avec une bianclie d'arbre chargée de feuilles et chantant galment des chansons aivec accompagnement d'instruments.
GANTARE (in) ::=:sGHANTER (en). -- Marque la clé dans laquelle on chante ; comme , chanter en clé de soprano ( canlor in Mprano), chanter en clé de ténor {eantar vn tenore).
GANTARE M ANIERATO =^ CHANT MANIÉRÉ. *- C'est le contraire de rexpresrton italienne ôfmtare di maniera , e'est^^-dlre^ xAanter avec une proftasiM de broderies sans goût, sans discernement et qui ne conviennent pas aux mois que Ton chante.
GANT ATA == CANTATE^ s. f. — Signifie premiéreaieat une espèce de <braii|e lyrique avec des récitatifs, des^airs^ des duos, des chceurs comme dans un opéra. Ces cantates se divisent : i*" en profanes, qu'on représente aqourd'hui sur les théâtres, généralement à l'occasion de quelque fête publique, ou qu'on exécute sans action dans les salles des concerts, et dont les sujets sont presque toujours mythologiques on allégoriques i â"" en religieuses on sacrées; quand le sujet est sacré, elles sont alors exécutées dans les église» et ressemblent aux ortxttfrios (Voy. Oratorio).
En second liea : le mot cantate signifie un petit poème (très souvent erotique) composé d'un récitatif, d'un on deux airs 5 et quelquefois même d'un duo. La composition musicale est tantôt faite avec accompagnement de plusieurs instruments, tantôt avec Faccompagnement du piano» de la harpe, etc. Si le texte de la cantate est sacré, elle s'appelle alors motet (Voy. ce mot).
Le plus grand nombre des auteurs reconnaissent pour le plus ancien compositeur de cantates , Giaccmio Garissimi , ce* lèbre maître de chapelle au service du Saint-Siège , vers l'an 1649. D'autres en attribuentrinventionàune dame vénitienne, fille d'un poète, appelée Barbara Strozzi, qui, en 16&S, pobUa un recueil de morceaux de musique vocale de sa composition avec ce titre: Cantate, Ariette e Dttetti , en disant dans sa préface qu'elle a inventé un nouveau genre de morceau de musique vocale avec des récitatife, des airs qu'elle ofltre comme essai au public. A son apparition non seulement on accueillit cette nouveauté, mais on l'imita. Bumey a cepen* dant trouvé un ouvrage intitulé : Muriohe varie a voce sota, det signar Benedctto Ferrari da Reggio. Venise, 1638, dans lequel on trouve le mot CoMtata écrit en tête d'une petite poésie lyrique» H semble donc que les cantates profil** nés ont existé avant les cantates sacrées.
CANTATRICE = CANTATRICE, s. /!— (Voy. Gantante). Quant à ce qui concerne la voix des cantatrices, elle se divise en premier dessus (soprano) et en cantraite.
CANTERELLARE.— Verbe italien, diminutif de cantare, qui veut dire chanter à voix basse et par intervalles. CANTERRES. — (Voy. Menestrieri).
CANTI CARNASCIALESCHI= CHANTS DE CARNAVAL. — Chansons de carnaval qu'on exécutait dans les anciennes mascarades de Florence. U existe encore de ces chansons à trois voix, composées par Henri Isaak, nommé par les Ita*
liens Arrigo Tede&chL François Spaziani a publié an recueil de ces chansons^ en 1559 ^ à Florence.
GANTIGA MDLTA o« NEUTRAUA. — G'est aiftsi qu'on appelait autrefois des compositions vocales d'^Bse qni surpassjdent de ;qiielqttes.tfls» retendue des modes authentiques et plagaux.
CANTICI DE' ÎLAGELLANTI = CANTIQUES DES FLA- GELLANTS. — La grande mortalité qui sévit en Allemagne en 13^75 fût Forigine de la secte des FiageUants. Ces fanati-^ ques, conduits par leurs précenteurs , parcouraient le pays avec des croix et des drapeaux et cfiantaient des cantiques pénîtentiaux 9 qu'ils nommaient Laisen, Os faisaient des processions autour des cimetières, et se flagellaient avec une telle force que le sang coulait de leurs corps. Ce fanatisme dura pendant quelque temps. Les juifs , ayant été par la sm'te soupçonnés d'avoir empoisonné les puits des chrétiens , forent partout massacrés et brûlés par ces furieux, excepté dans l'Autriche. A cette boucherie on donna le nom de éataiiU hébraïque, f^ flagellants, sous des prétextes religieux , s'étaient déjà livrés auparavant à de semblables ex<;ès eu ItaUe.
CANTICO = CANTIQUE ,s.m. — Anciennement on donnait le nom de cantique , dans les comédies et tragédies , à un monologue d'un seul personnage, qu'on chantait avec accompagnement de flûte ou de tout autre instrument.
Le mot ccmtiqt^e désigne souvent un poème lyrique , une ode, et quelquefois un poème dramatique et lyrique composé à l'occasion de quelque événement mémorable, pour louer et remercier Dieu, chanté alternativement par des chœurs et accqmpagné d'instruments et de danses.
Selon ]\Iattei, le plus ancien cantique est celui de Moïse au passage de la mer Rouge; d'autres cependant considèrent, avec plus de raison, le Cantique des Cantiqtves TOMEI. 12
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comme la plas grande et la pins ancienne pièce que nous ayons en ce genre.
Dans rÉcritnre-Sainte on trouve plosieare de ce^ cantiques, comme celid de Deùora , de Judith , û'Jnna, etc. Dans }e Bréviaire on n'en conserve que sept, et l'é^^Mse romaine se sert du cantique de la Vierge [Magnificat) ^ à la fin des vêpres; de celui de Zacbarie [Beiiediottu) pour terminer les * Laudes, et de celui de Siméon {Dfunc dimittis) poar ûïût les Camp lies.
CANTILENA = CANTILÈNE ,*./:— C'est la même chose que mélodie^ pensée musicale , etc.
CANTINO ou CANTO, *. f. = CHANTERELLE, *. m. — La corde la plus aiguë du violon et d'autres instruments.
CANTO = CHANT , «. m. -- Ce mol indique : l'' la liaison de sons variés et appréciables rendus par la voix humaine ou par la voix factice de quelque instrument; 2" le mot chant appliqué particulièrement à la musique , en indique la partie mélodieuse , cdle qui résulte de la durée et de la succession des sons 9 celle d'où dépend principalement l'expressiop, et à laquelle tout le reste est subordonné; S** Tart du chant; /i* celle des quatre voix humaines qu'on appelle sapraoèo; 5** une certaine partie d'un poème ou d'une autre composition poétique ; &" en italien , le oMt cwtèta signifie atesi celle des cordes du violon dont le son est plus aigu , et qu'on appelle en français chantereiie; 1^ certaines pièces de vers nommées ca/azoni ou carteiii, dans le genre des canti cariia^vialeschi (chants de carnaval ) qu*on distribusdt autrefois à Florence à l'occasion des anciennes mascarades.
On a beaucoup discuté sur Vorigine du chant. Les uns le croient naturel à l'homme^ et^ par conséquent , aussi vieux que le monde ; d'autres^ parmi lesquels se trouve Rousseau , pensent que le chant n'est pas du tout naturel à Tbomme ; d'autres , enfin , ont cherché son origine dans rimitatioa du cbani des oiseaux y du murmure des ruisseaux , etc. , etc. ; suppoû-
tion qui itat inMrrée ridteiile et cdnbattae par pIMeiirs éciivains (Voy. Fart Musiea).
n me semble qu'avant tout il coBvient de âistlngter le chant irréguHer du diant réguiwr. Il est certain que le cliant, considéré comme Fexpression volontaire et irrégu^ lière du sentiment, dut naître saas imitaCloni et comdlefl n'est pas douteux que riiooune sentait très vivement avant de penser, il dut aussi clianter avant de parler. Hato on M jckant n'étant que Texpresslon d'un sentiment vil et passager^ ne pouvait ôtre qu'un de ces ciis de joie ou de colère , comoBie en poussent encore la majeure partie des sauvages^ Le cbant régulier naquit après la mivique iastromentaie, et FinveiK teur du premier instrument à vent (car B est prouvé que cenx-<i existaient avant les instruments à cordes) inventa aussi une mélodie composée de Sdos variés etdéteraalDés^ et, par conseillent , une gamme et un rkylhme. £n eflit saospar-- 1er du mécanisme que suppose un inslrumest, pour réussira Imiter une mélodie donnée , il résulte de la nature de la voix Immaine, qu'elle n'est pas propre par elle-même k donnev une règle fixe pour une mélodie ou pour une gamme. Et ne voyons-nous pas encore aiijourd'hui , Men que la mvsiqaé soU parvenue à un très haut degré de perfisetten, que po«r chanter avec exactitude nous avons besoin du secours d'un instrument? Et ce qui n'est pas iKisslble à présent l'eût été à la naissance de la musique?... Certainement non. Il ftut donic avouer que non seulement te perfeetfonnemoit des lnstm«* ments a beaucoup contribué à l'amélioration des gamuM'ët des mélodies déterminées, mais encore qu'elles n'ont pu eiister sans eux. Ce ridsennement servira à expliquer, par l'inqiarfaite construction. des premiers instruments, les an-^ ciennes gammes chinoise et écossaise, et l'andenne gamme enharmonique des Grecs (Voy. l'arté tndia).
On peut diviser le chant en naturel et en attificièi. Le premier^ c'est quand on chante de tête et sans s'être occupé
4e l'art diijcfaailiç le second est le.pcrfeclioniieineDt dQ premier^ au moyen de l'art ^ et il demande beancoiip de qualité que fions allons exposer tout. à. rhenre. Considéré comme sort 5 l'oliijet du chant par la voix bûnaine est de renchre les mélodies et Ifeiqpressioniqui correspondent an sentiment de la <!!bmpositioniBnsicalé et des pxroles.
Moins re]iipression des paroles, le ckant pour les tnslfumentSra.le mâme objet; de là. résulte une aittre . division dn chant; > en chant vocai et chant instHunenêaC La voix hnnaine étant plus propre qn'aucun instrument' à exprimer les aSèGti(»i9 an moyen des sons, et pouvant aussi agir sur notre. ame pat le langage, et soutenir, pour. ainsi dire, le seatiment par des images et de& idées, on comprendra faxl* lementque l'union de lamuskpie-À la poésie n'a d'autre J)ut que. de fate ressortir davantage l-objet qu'elles se ppoposent l'une et Fantre ^ et de Jour donner ce degré, de chirme anqod elles ne pourraient: attefndse sans cette union. . Tous les. arts, et par conséquent la musliiae, ont une partie technique ou mécanique , et une autre partie qu?on ne peut déterminer par des. règles précises.. Pour . ce qui regarde l'art dn chant on itrouve, dans la première partie, les qualilés de la yofti qui doit être claire, sonore, pleine, juste, agile, flexible, forte, douce, gradense, suave, étendue, etc.. Fart de la renfoncer et de la radoucir à vplonté.et de la faire sortir pleine et large; l'art de ménager la respiration, de la prolonger au«4dà de sa durée ordinaire , et de la t prendre d!une manière .imperoe|Hible ; l'art deMer les sons ensemble , 4e lesenflerf de les diminuer avec des nuai^es insensibles, et'de les détacher; l'art dépasser arVec adresse de.lavoixde poitrine .à la.voii de tête , et de revenir de la seconde à la première, si habilement, qu'on ne puisse distinguer Tune de l'autre; une bonne prononciation; une articulation iranche; une exao^ observance de la mesure; des modulations justes dans les ornements et toi^ours analogues à la nature de
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riMimaiie) la..teilil6 à lire la musique»; la tOOùwlmam ûeilBflngfàB', eUL L*««fre partie du cMiticiiBfltoteàrMiiier et k le caraclériler ûe^muAit^ à lai domier noe expvMrfo» juste «t pariilleawat ewiveiifatle aia.4lf«rs éealliiimits: qu^llf eapciilie. Gala «appose uaetnKkiglBatfOD riclwe , mua let fraa-^' die, une sensibilité pntfimda; et le sentlnieiËt intiaia quT bàtqÊà^ ckÉBlear s'identifie aiaeie T<*e cpi'U r^rtwile; la reml aiec toutes les iaodfBcatibiKS dimta estmaoei^lMe^ et a^R Biibi paltemment sur le iUBur des aDdtteoKi '^
Ke ohaiit prend au«l dtv«n caractères : partmis d^liSTd dugeare rëoiioif/; On appelle païlairt oa siniplé (^nnrtensa M S0mpiiee) eelal qui s'approche le plu^ da\dttcoars. lU est piDdé et chanté tout à la fois et soafflre mollis qifaiii-^ cun autre les ornenents. Gelai qu'on nooime iastrvmenié (istrfÊmen^to) , ûms lequel le.compositanr a vduIu'IMreroisortlr le senUment d'une manière ferte et préelie , de^ mende à Atie ^nlenn par teinfe Thabileté du chanteur; il pourra dono , sehtt le sens des paroles et l'expressian oorras-» pondante da.chant , y mêler qudqdes ornements» ayasi Men soin loutefois de ne les ptacer que dans.les endroits con^&oaiH hles^ et là oùiis pMrralent. accroître iafence etVeïpressipa {yay. Rôeikumo}. ;r
Le genre appelé tpim^ato mtmitaédU (qnl^ otaltolas qualité éaiwévdes plus inut, exige encore duoChantenr qtfU possède parfaitement l'art de filer les sons, d^xécuteo les phrases de'ckant , leai^ments^t les irattsafee If exprès-^ sion et la noblesse qui disttagoent.ce genre, de tons' les antres), soufllire peu: d^oiMaments; aKore ces onementadoi^* vantais être exécittéad^maamantèrelaïf e, sotiDenue^ nobtek^ sap» que pour cela Us devieanent lourds et perdent Télé-' ganœ, la légèreté el reapreasioo. l'mmtafOe, qui dent le milieu entre le mouvement vif: et le mouvement lent» dert maade des inflexiona de voix graicienses et expressives » et des omemenis analogoes à son caractère^ V&i(egro est un
ttOQVtt&ent vif, comme serait m air de bravoure : le ctianteor lient montrer là tonte U teoe et la fleBiibilité de sa vdix , ^ Justesse et sa iirédsioii dans rexécation. Vagiuuo , étant mi des gemKs de musique lea plus passiomés, demande du feu , de r Tandon , on pourrait même dire une espôce d'exidtation et de délire , afin d'exprimer avec force et vérité ki douleur, la colère , la Jalousie et les autres pasiioDs viotantes.. LesfréqueBtes syncopes, les rUardcMdù faits avec art, ce le désordre apparent des divers sentteents demandent beau-* éoup de sûreté dans la mesure ; quelques ornements Inspfirés par une sensibilité vraie et exécutés avec une vivacité et une force analogues à l'expression des paroles et an mouvement animé de ce caractère , ne pourront qu'augmenter l'eAit do morceau, en y lûoutant une élégance énergique.
Parmi les divers caractères du cbant on compte avsl le syltabique ou parlant ( stMa^ico ou fariawu ), qui est rame de l'opéra comique, filais de tous les genres v le plua caractéristique est le chant natûmoîL Nous savons que cbes presque tous les peuples la musique et la danse ont un carac* 1ère particulier. Ce phénomène est facile à concevoir. La musique et ht danse se lient d'une manière plus étroite qu'aucua autre art, au sentiment, à l'entbonsiasme et an caractère universel des bommes ; et celui pour qui le caractère de musique sera national, pourra seul le rendre parfàttement et bien exprimer ce qu'il sent et ce qui est plus conforme à sa nature. De là vient que plus un peuple possède de traits particuMers et distinctifs, plus sa musique est caractérisUque. Gela s'appUque surtout aux cbants Bationaax qui sont ordinairement une image fidèle du caractère des nations , et qui varient suivant les divers caractères des peuples, leur état social, leur langue, le climat et leurs mceurs, toutes choses qui influent singulièrement sur l'organe de la voix. €es chants sont tantôt graves, tantôt légers ; les uns mélancoliques, les autres gais^ pleins de sentiment ou de volapté» énergiques
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et barbauresy doux et flexibles » elc*. Presque toales les natkm européennes 5 celles qiii ont atteint le plus baut degré de civilisation et celles qui en sont le plus éloignées ( ces dernières surtout) ont leurs cbanis nationaux qui agissent fwtement snr les âmes. Ces cbants y sont conservés comme une propriété nationale et constiUient une espèce d'béritage qui se transmet des pères aux enfants. Ils sont très simples, faciles k saisir, populaires et pleins d'une expression très naturelle ( Voy. Cornons naziofhail^).
Outre la divenité de caractères dont le chant est susceptible, il varie encore selon le but au quel il est destiné. C'est pour cette raison qu'on l'a traité sous différentes formes qu'on connaîtra en lisant les articles corrélatlb : air, chanêon^ choral^ choeur, etc....
Le chant, cimsidéré sous le pobit de vue de l'art, nous présente, comme la peinture, un autre caractère, c'est-4tdire celui de l'école. Il est certain que les méthodes et les systèmes qui ont toi^ours dirigé et dirigent encore les école» de ce 1^ art sont très variés; et cependant de toutes les écoles, delgus ces systèmes sont sortis des chanteurs du plus grand mérite. Les plus fameuses qui sdent existé en Italie, dans la première moitié du xvnr siècle, furent celles des FmK, à Rome; de Frathctêca Pistocchis à Bologne; celles de Franceêco Auli, à Florence; de Giuscpp^Ferdinanéo Brivio, à Milan; celles de Franceêco Pcii, à Modène ; de Giuêepp^ AtiiaUcri , à Rome , et celles de Domenico Gizzi, Nicoia Porpana, Lemuirdo Lco elFranree$co Fcos 4 Naples. Vers le commencement de ce siècle vivait le chevalier Baltliaaar Ferri, pénousin^ chanteur prodigieux et encore unique , qui possédait la voix, la plus beUe , lapins étendue, la plus flexible, la plus. douce et la plus harmonieuse qui peut-être ait jamais existé. Il était gai, Aer, sérieux ou tendre à volonté, et les coeurs souvraienl à tomtes les impressions qu'il voulait leur communiquer; il montait cL
redescendait deax octaves pleines , tout d'une Italeine , par un trille contiiiuel ^ marqué sur tous les degrés eliromaciques , et avec une Justesse surprenante.
On vit fleurir aussi au commencement du xvnr siècle Giovanni Paita^ génois, *qul excellait également dans le chant et dans la danse, et ftit appelé TOrphée et le Batbyle de la Ligurie; Francesca Boscbi, de Bologne, que les Vénitiens regardaient comme la phis grande musicienne de son temps; les célèbres chanteurs Siface et le chevalier Mattucci, très: remarquables par les rares qualités de leurs voix et par la manière dont ils savaient parler au cœur.
Le plus fameux élève de Pistocchi fut Antonio Bernacchi , de Bologne, qui ouvrit aussi une école de chant, de laqu^le sortirent Garlani, Tedeschi (appelé Amadori) , Guarducci, Mancini et le célèbre RaiT Les élèves sortis de l'école de Pistocchi , sont : Antonio Pasi , de Bologne , qui sè rendit célèbre par son chant noble et d*un goût exquis. Il savait , tout en donnant sa voix avec beaucoup d'assurance et la soutenant avec une grande force, orner son chant d'une briUante mosaïque composée de gracieux agréments, éè' petites roulades, de traits légers et bien choisis, de trilles, de mor** dantes et de syncopes qui, exécutés dans la perfection, et toujours à propos , lui faisaient un style particulier et mer« velUeux; G. Battlsta Minelll, aussi de Bologne, qui possédait au plus haut degré de perfection l'accent musical , et acquit la réputation d'artiste très savant; Annibale Ho Fabri, aussi de Bologne, excellent ténor; BartoUno de Faenza, qui obtint, par la perfection et la variété de son chant, un* rang très distingué parmi les ténors. Ces cinq dianteurs, bien qu'élèves du même maître, ont eu tous unemétiiodéet un genre différents.
Dans les autres écoles se rendirent plus ou moins eélèères Carlo Broschi , napolitain , très connu sous le nom de Farirneth\ et qui eut pour antagoniste GaetMo Najorano de
Bari, appelé aussi CaffkteHi; GsfflOvSoatei/ gémis; Qioacf^ chino CmïÛ, napcditain , dH sossl GisziM»; ÂgoMu .Fqhlana, de Turin; Nfeote ReggintUi, napolitain^ Angdo Haviar Monticeni , Gtustppe (Afipiani ;> nosuné Afpmaiéuf ^ ïeUai» -Salhnbene, tons trol^ :niiialBai8; Gloiranni Garestinl; de. Id Marche d'Ancéne; Gkmtnni fllansnoli, de iloréwe; Anto^ nio Hubert/ de Vérone , appelé Porporino^ Gaelano Gua^ dagni , de Lodl; GiOKppeÀpifle et Glnseppe IWied , napoli-^ tains; Gasparo Pacdiiiurotti» romagnol; Glovaani RdUoeUi, de Brdfecia; Glacoitio David et'Gioseppâ VlgaMoî, de JBérgame; Matteo Babini, bolonais; Gerofaono GresœÉtlai'y d'Urbln, et Loigi ManMsli de MMan, <mt été les 'devnleesqii, avec tant de gloire v onCsontesa la répntaliOB de randenne école tiafiennè de chant Eile n'a pas été moins féconde en excellentes cantatrices, telles que Vlttorla Tesi, de Plo^ rence^FauMia Basse, néeBordood, fénltiénne; AnnaBeruad, de Bologne; CatterlDaTlsoonti, appelée FiseontinAy de Milan ; Giovanna Aatma, de Turin , Reg^a Valentini, nom^ mée laiMihgoM , napolitaine ; Lucrezta Aguari , de Ferrare ; Anna de Amids, napeVtatee; Brigida Bantt, née dans le Parmaisan; Angi^iea Catalan!, de Slnigaille;
t On pest encore a^outOT à tous pes nonis oéux des Zuc-^ cheUi, des Vebitl, des Gallt, d» Crivelll, deaXachinaMi> des David Vcevx* des Mcvan^^ des Grasslttiv des MonAeUl, des Bramliflla, des Schltti^ûldofl , des Tadi^ni , des Schoberledh- ■eréell'Ocoa,desHos8i, desBoci»d>adail,desPfstfoid, des- Fodor, des Pasta, desGiM, des Sontâg et des Malibran.
< Dansoe monfent on admire en France RriM, Tanîbùirkll; Lahlacfae^ GiiMa Grisi, Peïstani, Albertazld;inaiâr qu'on ne erolepas quece soient les seuls chanteurs que pbsséde riialie. Il y en a- d'antres qui pour être moins connus im Ftanee ne sont ni moins extraordinaires m moins célèbres dans leur pays. Parmi les femmes on compte M"* Ronzi-Debegnis, admirable soprano ; M"* Méric-Lalande qui s^est r^dqe célèbre
ûdmSémiramis ; la Unglier, qui a aUetnt daMPortmia ioiHe la perfeolkm la»«lnable , et la belle-aoeur de M"* Malibran » Garaia^iioincberàJaFrance. ParmlleshofluiiesiioQStrouvoBS le fimieux ténor NoBari, pour lequel a été écrit Othello ^ et Donielll son plus brillant imttalenr; pois Poggi, ténor de premier ordre qnl a cbanté dernièrement à Vienne dans B^ Umrio de DoniietU, a?ec nn immense sncoès; et Gooelli, basse-taiUe qui fUt la fortune du tbéttre de Lucqoes; et Ronconi , bariton aussi extraordinaire que TamburinL * >
Un livre qui ferait connaître non seulement les diverses méthodes des anciennes écoles de chant d'Italie, mah encore la dKflérence de style observée ches les pins oéièbreschantours d'une mêmeéoc^y serait certainement d'unetrèsgrandentilitéu
U nous reste encore quelques courtes réfleidons à cyie sur le chant instrumental
L'idée musicale» le motif» la mélodie» léchant enln» (car tous ces mots sont synonymes) » est conté parttcnliàrement à la voix humaine dans la .musique dramatique» et au premier violon dans la symphonie. Cependant les hMtruments s'en emparent chacun à son tour» atn de laisser reposer le chanteur» de remplir les intervalles destinés au Jeu scéniqne» et de varier le discours par des solos formant contraste. On peut dhre que tous les instruments chantent» puisque dans certatais passages les sons mêmes du trombone et des timbales arrivent seuls à l'oreille des andiieuis. Deux puissances conconrent donc paiement 4 l'exécution d'une composition lyrique : les acteurs pour la partie vocale» et l'orchestre pour faire entendre les symphonies » les ritournelles » les marches» les elTets du bruit qui indii^ient la chasse et la guerre» les tempêtes» tout ce qui a rapport enfin à Ttanitation piHoresque» et les traits gracieux ou passionnés qui se mêlent aux récitatib» aux airs» aux chceors» etc.
* ParagraïAe aj^até par le Tradiict«vr , 1838.
Le ckant rooal exprUse lei tfecflmA et les paastons. L'actioo «Bt réservée an chaat ftstromental. Le personnage trop préoccapé de ce ^llTeft , 4e ce qu'il soofflre, ne peut nous entretenir des sentiments qui régnent dans son ame. Tantôt U s^terrompt pour penser à ce quH a dit /tantôt il Ut péniblement, tantôt fl écrit, il saine, il cherche et épie quelqu'un, il dort ou réfléchit à ce qu'fi doit faire, il se promène , il tombe en extase, fl concentre sa ftireur toute prête à éclater, il est blené mortellement, ou la surprise et l'agitation lui ôtent rasage de ses focultés.
0aBS ces drconstanees et dans une infinité d'autres qu'on trouve dans les opéras, le discours du chanteur, étant nécessairement interrompu, ne peut constituer un chant régulier. Ce chant devant tontefbis exister, on en confie une partie à Forchestre , et l'ensemble de Fœuvre, qu'on peut appeler un taMeau musical , reçoit ainsi par Intervalles une précieuse lumière.
Le chant instrumental suit ordinairement, comme le chant vocd , le sentiment des paroles. 0 y a cependant quelquefois des sttuatioDS oft n faut que le chant instrumental soit en contradiction manifeste avec ce senttanent (Voy. Cùntrasto ).
Tant dans les air» que dans les rédtatifa, le chant Instrumental prépare les changements de tons et dispose Famé aux sensations qu'on veut loi faire éprouver. S^ la voix se repose, mi ou plusietirs instruments s'emparent aussitôt du discours musical, deviennent les parties principales, sont accompa-* gnés par les autres, et le motif suivant toujours son cours ne fait autre chose que changer d'organe; La flûte, le hautbois , la clarinette , le basson , le cor, le violon et le violoncelle, sont les instruments qid répètent les chants simples et les traits brillants de la voix. Retenant notre imagination sur le même ol^et, l'orchestre supplée au silence de l'acteur, nous le montre toujours occupé de la même pensée , et sert
ainsi de cowsiévs^m à sqii «xpresstonw lie Immi goûl» ^ui 4éfend de répéter jicçp souveot^l^ybriaftea poéttqufs > 4eaaiide que la mêmepbgc^se ipodcalereviewe à j^Ui»ieiim wfitkm pour rendre plus profonde Vioiptft^n qu'elle doit produiWr ou pour orroodirles périodes^ Le i^ompsodleur, sait; avee adresse se.soumettre A oes deux lois. ai cwiridves ;ent latent redire aux instruments l'idée présent^ d^ par le diantetar ; et ce passage bien significatif peo48u^ qu'il était uni om paroles 9 fixe Vimaginatton sans la fatiguer» donne il Veié* cutant le temps de reprendre sa resfiratiM» anime «ses gestes^ rend son eUence éloquent , et .soutient. Taetion scénique».
Non seulement le diant instrumental partftge.l^.dMoowi musical avec la partie vocale ^ mais il 7 a.çQG0i^:dç9j6<ines dans lesquelles U. situation demande que tons les effets- pai^ tent et proviennent uniquement de Vorcliestre. iUl.voiXiliifh maine, gracieuse et passionnée exprime tous les sentimentSi; mais elle ne peut rendr^ ce qui est trcjp bi;i4ïw4 ^to images qui lui sont étrangères , les masses de sop» yenani de l'estériei^-, comme le bruit de la guerre^ le tw^srre^ «p»e kï^ttit tipn à la chasse*
Le chant instrumental placé au second rang dans l'opéra» ne rencontre plus de rival dans le ballet, danf lesfiyvnpbonies» dans les marches.
GANTO ALTERNATIVO= CHANT ALTERNATIF^ —Manière de chanter les psaumes dans les premiers tenais de Vtn' glise» et qu^ est encore employée augourd'lMU.-
GANTO AMBROSIANO = CHANT AMBROISIEN. ^ Sorte de plain-cbaot introduit par saint Ambroise k rûnitation du chant de l'église orientale, et qui est encore, en usage daps le diocèse de Milan. Poui: ce qui regarde son icaraptère distinctif , Yoy. l'article Chant Grégorien. )
GANTO COMPQSTQ = CHANT COMPOSÉ. — (Vpy- Ca$ii4 FiguratQ. ) .
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€Âirr(>OORALE«:^PLAIIM:HANT. (Voy. CcmtoGré^oriamo et Fartiole CoreUe. )
CANTO Mt CIGNO = CHANT DU CYGNE. — Les anciens fïfecs attribuèrent* aà cygne une habileté particulière dans léchant^ et le consacrèrent à Apollon^ dieu de la musique. Ils vantèrent surtout la douceur du chant des cygnes à Theure dé leur mort. On coniiatt , k ce sujet, la tradition qui est arrivée jusqu'à nous; l'expression , chanter le chant du eygrie, • signifie aujourd'hui se sentir proche de la mort ou se préparer à la mort On appelle aussi le chant du cygne le dernier ouvrage d'un auteur ou d'un artiste. Nous ignorons cependant comment les Grecs ont pu attribuer au cygne , dans le chant, une habileté qui lui a été complètement reftisée pir la nature.
CANTO DEL LIGO = CHANT DU LIGO. — Chant populaire, en usage dans les environs de Riga, en Russie > exécuté dans la campagne par un chœur de jeunes filles et de garçons k l'époque du solstice d'été. Une jeune fille entonne tout à coup une chanson dans laquelle entrent les autres en poussant l'exclamation , iigo !
CANXO DURO 0. CANTO B DURO = CHANT DUR ou CHANT B DUR. — Nom andep d'une mélodie qui modulait dans r^zacorde de sol (.Voy.. Solmisazians). Plus tard on comprit sQus ce nom tout morceau de musifpie dans lequel on employait. la. corde de si, en la marquaiit avec le bé* carre.
CANTO EÇGLESIASTiCO =» CHANT BGCLÉSIASTIQUB. — Par ce nom générique on entend le chani qui se pratique dans Vtffitae, saille chant grégorien, qu'on appelle en particulier eccUsiaétique, soit Vitmfkroiiiên , soit lemumacai du rite catholique rooiain, saille f^iiMf^^Aantilesréforaiés, celui des Grées , elc. { Voy. CoraU. )
CANTO FEIlMO:=PLAlN-CHANT.— Depuîs.le4
ment du vn' siècle jusqu'à TépcMiae %k le contrepofiit se pratiipiait d'après des règles fixes , le plain-chant n'était antre chose qne le chant ecdériasticpie introduit par saint Grégoire dans ce qu'on appelait les huit tons ecclésiastiques , qui étaient les premiers quatre modes authentiques ou plagaux des anciens Grecs. (Yoy. les articles Ca^uo Gregoriafio et Carale). Depuis l'introduction de lliannonie dans les exercices du contrepoint , on donne le nom de plainchant à cette partie qui est prescrite à l'élève en musique pour y écrire dessus ou dessous une ou plusieurs autres parties.
Dans quelques endroits on appelle plain-cbantune composition à trois ou à quatre vcrfx sans instruments.
CANTO FIGURATO = CHANT HGURÉ. — C'est celui où l'on fait usage de notes d'une valeur mixte , par opposition au plain-chant qui est composé de notes principales et uniformes. On divise le chant figuré en ancien et en moderne. L'ancien ; qui a été employé par les anciens Grecs ^ et conservé Jusqu'au xm* siècle de l'ère chrétienne , n'avait que deux différentes espèces de valeur, c'est-à-dire la longue et la brève ; de manière que le son d'une syllabe longue avait le double de la valeur d'une syllable brève. Le chant figuré modame n'a été mis en pratique qu'après l'taivention des notes modernes ^ invention qui a eu lieu dans le xi* siècle (Voy. Ifote). Non seulement ces notes forment des figures différentes pour ce qui a rapport à la durée du temps, msds encore pour ce qui regarde leur connexion ; c'est pourquoi on appdle ce chant composé de plusieurs figures, chant figuré ou tnufifue figurée,
CANTO GaEGORIANO = CHANT GRËGORIBN. — Ce chant, ainsi appelé du nom du pape saint Grégolre--le- Grand , qui en fut le promoteur et réforma le plain-chant , n'est autre chose qu'une modulation de voix à Tenisson , sans changement de Temps , employée dans les offices religieux
CAN Itfl
pour lomr et hétàt Dieu dans ses églises. Ce chant est aussi nommé en Italien canto fnatw, à cause de sa simpitcllé et de sa facilité; canio ferma (plaln-chant) , à cause de la gravité avec laquelle 11 marche sur des notes tfmie égale valeur; canto caraU (cbant choral ), parce qu'on le cbamle en chœur et dans le choeur; enfin eanto ramanû (diant roumain) , parce que ce Ait à Rome qu*on rtotrodulstt pour la première fols (Voy. Cor aie).
De tout ce qui vient d'être dit , il résulte que le chant grégorien n'a ni rtiythme ni mètre , ce qui le distingue du chant ambroisien qui est {rfns métrique et plus varié 5 c'e8t«^--dire que le son placé sur une syllabe longue a exactement le double de la valeur du son sur une syllabe brève (Voy. Canto figurato).
Là portée du plainf-diant moderne ne se compose que de quatre lignes. Ce n'est pas qu'il ne puisse en avoir un plus grand nombre, mais quatre lignes lui sullisent pour fermer cette étendue de degrés que parcourent ordinairement les notes, et pour écrire le chant Bt d par basant on a besoin d'une plus grande étendue, ce qui arrive très rarement, on y supplée par une on plusieurs lignes ou fragments de lignes pour les notes qui d^assent la portée.
Les figures des notes sont ordinairement an nombre de trois : un carré avec mie queue, un carré sans queue et une losange. La première note s'appelle longue, la seconde érève et la troisième semi^érève. Outre cela, dans quelque chant demi-figuré on roicontre une autre figure nommé minime, formée d'une losange avec une queue dont la valeur est moindre que ceDe de deux semi-brèves. On trouveégalement dans les livres anciens des notes produites par diférents degrés conttaïués de la portée, comme si ce n'était qu'une note : ces notes valent alors autant de demi-brèves qu'elles occupent de degrés dans la portée; on considère cependant comme longue, quand elle a une queue , la première de ces
notes» On trouve aussi des notes formées sans Fangle droât de la parâe supérieure, qu'on remplace par une espèce de dêini-cercle, et qui finit en une queue au dessous de Tangle droit de la partie iaférieure; d'après Fresut, ces notes s'appdleut en itaHen roite ou doppie, et supposent airec elles une ou plttsleors notes au dessous qui sont sous-entendues et que Fon chante quoiqu'elles n'existent pas, saToir : tairtOt une secofide dans le degré inférieur, tantôt une turee, tantôt u^ie qucHTi^, et tantôt imu 4/tUnte au dessous. Quand la- note r&tta se troiure es D grave du premier ton, elle porte avec elle le C grave suivant; quand ellie se trouve en D aigu du septième ton, elle porte axec elle la tierce au dessous en lenU (septième, majeure ^ do); quand elle se trouve en G aigu du huitième ton, elle porte avec elle la quarte au' dessous en D grave, ce qae l'on peut voir dans les exemples de la %• Ai , où l'on représente égale^ ment uoe note. avec, un demi^ceroLe au dessus ou au dessous , et un point au milieu, qui s'appelle note couromnéô^ et qui a la valeur d'une appoggiature, ou d'une demi -note an dessus ou au dessons de la place oocupée par ce demicercle. '
Toutes les notes sont au nombre de six , c'est-à-dire do , ré, tin, fa, soi, ta. Pour connaître quel est de ces noms celui qui convient à chaque note dans son degré respectif ou place de la pohtée , on a inventé les clés , qni étant placées au commencement, donnent le nom de /a à la note placée sur la lignecpd les coupe par le mitteu. H y a trois sortes de dés : ta première est oopnposée de deux notes brèves placées perpendicnloireDlent l'une au^^dessns de l'antre, sans cependant qu'elles se joignent, et. laissant entr'elles autant d'espace qu'il est nécessaire pour ne pad toucher à la ligne qui les partage ; cette clé a en outre , du côté gauche , un carré avec une queue an côté droit, qui coupe la ligne passant entre les de«x notes brèves que nons venons de
mentionner; c'est ce qu'on a^ielle la clé de fa (Ffant) qiiiest la première et la plus basse. La seconde figare est composée de deux morceaux^ c'est-à-dire , des denx notes d^lessiis indiquées , coupées par la ligne de la portée et nnies du côté gauche au moyen d'une ligne perpendiculaire; c'est ce qu'on appeUe la clé de ^o {€ sol fa ut ), qui est la plus élevée» et se trouve cinq degrés au dessus de la première. La trc^sième est la même chose que la seconde, si ce n'est qu'elle est suivie d'un 6 rond (b mol) dans le degré immédiatement au dessous : cette clé s'appelle .'dé de éefa {si h), et donne le nom de fa à la note qui se trouve dans l'e^ace occupé par le 6 rond (b mol). Gela se pratique aussi avec la première clé sur la seconde ou troisiènie ligne, et avec le é moi placé deux espaces au dessus de cette même dé. Pour pouvoir établir la différence qui existe entre le h moi naturel et le é moi acddentel, il faut admettre une différence entre la troisième clé et les deux autres ; car , dans un chant, le 6 moi accidentel ne se rencontre pas toi|)ours comme le é moi naturel; le à acddentel ne s'applique qu'à la note devant laquelle il a été i^acé , et on ne le considère plus pour tout le reste du chant D'après cette règle on aura le nom de chaque note, quelque soit le degré de la portée dans lequel elle se trouve , comme on peut le voir dans les gammes de la fig. As.
Relativement aux acddeats, ils sont les mêmes tant dans le plain-chant moderne que dans le chant figuré.
CANTO IN CONTRAPPUNTO = CHANT EN CONTRE- POINT. — n parait que cette expression signifiait anciennement un chant avec imitation. Le pape Jean XXI le bannit de l'église en 1322 , à cause de son dérèglement
CANTO MIUTAR£ RUSSO = CHANT MILITAIRE RUSSE. — Le chant que l'infanterie russe exécute dans ses longues marches mérite une mention particulière. Dans chaque compagnie d'un bsitafllon russe on trouve douze soldats et
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quelquefois un plus grand nombre , cbobis en raison de leur habileté à exécuter des chants nationaux ; ces soldats forment un chœur et portent le nom de chanteurs de compagnie. La récompense de cet emploi particulier consiste plutôt dans rhonneur du choix que dans les avantages pécuniaires qui y sont attachés, et les soldats en sont très contents. Lorsque le commandant d'un bataillon s'aperçoit que ses soldats commencent à perdre leurs forces dans des marches longues et pénibles^ il ordonne aux chcsurs de marcher à la tête de leurs compagnies et de chanter. C'est alors que les chanteurs, avides des applaudissements de leurs compagnons, commencent, malgré leur fatigue, à exécuter des chansons militahres et nationales ; les soldats continuent leur marcbe avec plus d'ardeur, et très peu restent en arrière. C'est ainsi qu'un régiment entier, et môme toute l'armée, chante quel* quefois une chanson militaire au moment d'attaquer l'ennemi, surtout quand il s'agit d'un combat à la baïonnette ou d'un assaut Cet usage a été du reste pratiqué par les anciens Irlandais, Gaulois et Germains et par les Français modernes, comme le prouvent la chanson de Rolland, là MarseiU 4mse, etc. (Voy. l'art Bardi).
Quelle n*est pas la différence entre le chant exécuté par le soldat pour donner , pendant les marches , de la vigueur à ses forces, et le roulement uniforme et continuel du tambour! Ce dernier agit assez bien, il est Vrai, sur le soldat pour le faire marcher d'un pas ^al; mais le tambour a-t-ii également le pouvohr de l'alléger du poids de ses fatigues? Ajoutons k cela que ces chanteurs d'armées exécutent presque toiqours des chansons nationales, et l'on aura facilement une idée de lagrande influence que ces chants doivent exercer sur l'état physique des colonnes fatiguées par de longues mardies.
CANTO MOLLE ou CANTO B MOLLE = CHANT MOL ou CHANT n MOL. — Signifiait anciennement un chant qui
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medalait dans Texacorde ûe fa, on ce ohaiit dans lequel on se servait de la corde de si éémot ( Voy. Sotmisazione).
CANTO NATURALE = CHANT NATUREL. —C'est ainsi qu'on appelait» dans les temps anciens, une mélodie dans l'exacorde de do, qui n'avait besoin d'aucune mutation de syllabes (Voy. Soimisatione). Cette expression, ai^ourd'hui , indique un chant facile qui marcbe plutôt par degrés que par sauts.
CANTO NAZÏONALE =CHANT NATIONAL.— (V. Canto.) CANTO PIANO. — (Voy. Canto Gregoriatw.) CANTO ROMANO. — (Voy. Canto Gregoriano.) CANTORATO, s. m. ~ Saint Grégoire-le-Grand fonda à Rome, vers la fin du vi* siècle, le Cantorato, c'est-à-dire une école où l'on apprenait à lire et à chanter à la jeunesse. Dans le IX' siècle CharlemagneintroduisitlesCantoraiten Allemagne. CANTORE = CHANTRE, «. m. En italien, parle mot eantore, on entend en général un chanteur quelconque , et surtout le précenteur ou grand-chantre d'une église. Dans plusieurs pays le chantre est aussi le directeur de la musqué d'église , l'hispecteur du choeur, le maître de chant et l'instructeur de la jeunesse.
Dans régUse primitive les chantres étaient regardés conmie des parties hitégrantes, et comptés parmi les principaux ordres ecclésiastiques, akisi que cela résulte des premiers conciles de l'égUse, et même du code Justinien. Par la suite, lorsque saint Sylvestre et saint Grégoire fondèrent les écoles de chant et les divisèrent en plusieurs chœurs , les chantres furent divisés en primieiers ou prieurs de l'école, et en quatre autre directeurs appelés paraphonistts , arohi^ paraphonistes , puis en précenteurê, ou ceux qui entonnaient, en ceux qui répondaient, appelés en italien saccentori, et en concentori qui chantaient avec les autres.
CANTORI APOSTOLOCI = CHANTEURS APOSTOU- QUES. — (Voy. Capeiia Pontifida.)
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CANTORI EROnCI = CHANTEURS EROTIQUES ou
poètes de Sauaie. — Presque à la même époque que les trou^ hadours (Voy. Fart, suivant) existaient en Allemagne ce qu'on appelait les Minnesaenger, de Tancien mot allemand minfie, amour, eisa^nger, chanteur. L'ardeur chevaleresque et le fanatisme religieux qui réveillèrent en Provence l'esprit poétique^ produisirent les mêmes effets en Allemagne. L'amour n'était pas cependant le seul sujet favori de leurs chants. Us avaient plusieurs autres chansons, satires, ballades, comme les troubadours. Ils aimaient en outre les luttes poétiques^ dans lesquelles chaque poète cherchait à faire les plus grands éloges de son Mécène. Une de ces luttes, appelée la^gtierrede TVartburg^ eut lieu en 1206, entre six poètes , à la cour du landgrave Hermann , de Thuringe.
Le nombre de ces chanteurs erotiques était aussi considérable qae celui des poètes provençaux. Dans un seul recueil poétique , celui de Manasse, publié à Zurich en 1785, on trouve cent quarante différents auteurs, parmi lesquels plusieurs empereurs, rois, princes, ducs, margraves, comtes, nobles, chevaliers, et même un maître d'école d'Eslingen.
Dans le x* siècle il existait une autre tribu musicale, composée presque toujours d'ouvriers, appelés maîtres chan^ teurs (meistersaenger) , qui avaient reçu des privilèges remarqual)les de l'empereur Othon I" et du pontife Léon VIII. Ces maîtres chanteurs se répandirent dans la partie occidentale de l'Allemagne, et paninrent à fixer l'attention du peuple allemand pendant plus de c\nq siècles. Des chants sacrés , des poésies sur des sujets historiques, et populaires , et par la suite des drames héroïques, ont été les fruits de leur muse. Celui qui savait en même temps composer la poésie et la mélodie était appelé maître.
La ville de Mayence était, pour ainsi dire, l'université des chanteurs maîtres , où l'on conservait les statuts et les privi-
léges de rafflliation; mais les villes de Strasbourg, Ulma, Augiista et Nuremberg étaient les prindpaiix sièges de la triba. musioale des Meistersaenger.
Cette société perdit beaucoup de sa célébrité en iSOd; cependant vers la fin de ce siècle , grâce aox soins de Jean Saxon 5 appelé H ans Siwhê, cordonnier à Nuremberg , elle reconquit sa première splendeur, et put se conseryer dans tin état florissant pendant tout le xvr siècle. Une partie des maîtres chanteurs existait encore il y a soixante-dix ans , à Nuremberg et à Strasbourg ; dans les autres villes, ils 4tH>arurent tout à fait dès le commencement du siècle dernier.
€ANTORI PONTIFIGI = CHANTEURS PONTIFICAUX. — (Voy. CapcUa PorUiflcia,)
CANTORI PROVENZAU = CHANTEURS PROVENÇAUX. ^- Plusieurs auteurs partagent Topinion que tous les chants des langues pepidaires modernes ont eu , généralement parlant, leur origine dans la Provence; les ménestriers, dont on parle plus loin, sont, eux aussi, originaires de ce pays. Cependant les événements politiques qui, dans les siècles écoulés, excitèrent un si grand enthousiasme pour la chevalerie, ainsi que pour les croisades , firent passer l'art de versifier et même de dianter entre les mains d'hommes, dont le but, en l'exerçant , n'était pas de pourvoir à leur existence, mais bien de manifester leurs sentiments. Le zèle avec lequel on voulait faire la guerre aux infidèles, les malheurs inévitables qui résultaient de ces exploits, la perte des paurents, le désir de revoir l'objet de son amour , étaient des si^ets dignes du chant et de la poésie. Il fallait inspirer du courage , conso^ 1er les infortunés; les motifs, enfin,, pour alléger le poids des coeurs oppressés, ne manquaient pas dans ces circonstances; le pouvoir du chant et du son des instruments était si généralement senti, qu'il devait faire naître nécessairement un grand nombre de poètes et de chanteurs. A cette nouvelle classe de poètes et de chanteurs on donna le nom
de trauéadaurs, (de randeo verbe trouta, trouver. Inventer) ; on les appela anssi trauvaires, trouvèreê ou trau^ veùrs, parce que ces poètes avaient beaucoup d'invention» et trouvaient des conceptions heureuses, de jolies pensées, deslmagesiiantes. Les trou^o^our^ contribuèrent beaucoup à donner à la poésie et an cbant une direction plus noble que celle qu'avaient ces artsaitre les mains des ménestriers errants.
Le nombre des traubadours était considérable. Fouchet en compte cent vingt-sept, qui vivaient encore en 1300. Q y avait, parmi eux, des rois, des princes, des chevaliers, des prêtres de toute espèce. Plus de quatre mille de leurs poésies ont été recueillies par Sainte-Palaie seulement (Voy. son Histoire des troubadours). Les troubadours brillèrent en Europe pendant environ deux cent cinquante ans, c'està-dire depuis 1120 ou 1130 Jusqu'au règne de Jeanne I", reine de Naples et de âcfle , et comtesse de Provence , morte en 1382. On croit que le plus ancien troubadour dont il existe encore des ouvrages, est Guillaume IX, comte de Poitou et duc d'Aquitaine, né en 1071 et nx>rten 112S ou 1126. Après 1382, les troubadours perdirent leur célébrité, non pas, comme quelques uns le croient, parce qu'ils ont manqué de Mécènes , ou à cause de leurs rapports avec des gens peu honorables, mais parce qu'il surgit de meilleufs poètes, tels que Dante, Pétrarque, Boccace qui, Men que formés d'après eux , les laissèrent cependant à une si grande distance qu'ils les firent bientôt oublier.
La langue dont se servaient les troubadours s'appelait iangue romane; c'était un mélange de l'ancien langage roman avec plusieurs dialectes; c'est pourquoi les troubadours se nommaient aussi poètes romans. On ne possède de leurs chants que ceux du fameux Châtelain de Couct/^ et de Thibault » comte de Champagne et roi de Navarre.
GANTORIA » TRIBUNE, s. f. — Espèce de galerie subie ou momentanément élevée dans les églises pour les ar-
listes qui eiéCDte&t la musfqne Tocale et instrumentale. Les tribunes d'Italie sont ordinairement érigées, ou dans le chœur on au milieu de l'église, l'une Yis-à-vis de l'autre» L'orgue est placé dans une de ces galeries, quelquefois cependant il s'en trouve dans toutes les deux.
GANUN, s. m. — C'est le nom d'un instrument à cordes qui ressemble au psaltérion allemand. Il a des cordes à boyau qu'on pince ayec les doigts, munis de dés en écaUle«
CANZONE=CBANSON, *. f. —Poème lyrique auquel on ajoute un air que tout le monde peut chanter sans avoir appris l'art du chant II faut donc que cet air n'ait ni une grande extension de sons, ni des intervalles d'une intonation difficile, ni beaucoup de broderies : ces qualités distinctives du chant artificiel ne peuvent convenir au caractère simple de la chanson. D'après cela, il est évident que celui qui, en composant une dianson, chercherait la véritable expression des sentiments dans des harmonies et des transitions étudiées, sotthrait des limites du genre et ferait une chose déplacée.
Dans tous les temps, la chanson a été la première espèce de musique que les hommes ont imaginée. C'est la forme la plus simple et la plus naturelle dans laquelle on révèle l'ex- ' pression d'un sentiment, et c'est, par cela même, le premier moyen d'expression que les peuples ont employé de préférence à tout autre. La chanson, placée en dehors de toutes les autres productions de la poésie unie à la musique , est la seule création musicale dont on puisse faire usage de son propre mouvement, pour exprimer des sentiments au moyen du chant, et pour se procurer quelque soulagement dans les heures pénibles de la vie.
La chanson roule ordinairement sur des siQets agréables, mais propres à quelque degré de vivacité. Les sentiments forts sont du domaine de l'ode, et les sentiments encore plus forts et présentés avec toute la vivacité possIUe, apartiennent à l'hymne.
Comme let chansoDS peayeDt traiter des si^ets diflérents^ elles peuvent se diviser en chansons^irt^ue^ie^, popuiairtt, miditaires, erotiques et dithyratnbiqMes.
Les chcmsans sjnritiuiUs ou sacrées, destinées à propager des sentiments religieux^ contiennent des maximes de re* ligion et des sentiments de morale. Si elles sont chantées par le peuple dans les cérémonies du culte divin» elles appartiennent à cette espèce de chant qu'on 2q[>pellê charai; mais si on les fait servir à toute autre destination » elles revêtent alors le caractère du chant figuré (Voy. les art Carate, Laudi).
Le but des chansons populaires est d'éveiller les vertus civiques et domestiques, comme l'amour de la patrie, les plaisirs sociaux et ceux de la famille, les plaisanteries gaies et honnêtes, l'amour, l'alDiGtion causée par la perte des personnes qui nous sont chères. Ces chansons sont composées de manière que toutes les classes du pei^ile peuvent les comprendre ; et comme la poésie en est claire et les airs très marqués, tout le monde peut les retenir et les chanter : sous ce rapport, la chanson populahre est très hnportante, et peut contribuer puissamment à propager des sentiments nobles et utiles. Aussi les gouvernements peuvent-Ils s'en servir utilement en lui imprimant une sage direction. L'histoire moderne nous a offert des exemples remarquables de la puissance du chant populaire , en faisant un usage convenable de chansons expressives et patriotiques.
Les cha/nsons miditaires ont pour objet les yertus militaires, et l'histoire nous offre de nombreux exemples de la valeur et de l'héroïsme produits dans des armées entières par des chansons de ce genre ( Voy. Canto fniiitare russo).
Les chansons erotiques ou amatireuses se rapportent à la tendre sympathie d'un sexe pour l'autre, et les chansons diiévyramùiques sont surtout destinées aux plaistars de la table et du vfn.
GANZONE A BALLO = GBANSON A DANSKH. —Poésie qae Foa chante eo dansant et qu'on appelle éadiade (ballata). Les peuples les plus anciens pratiquaient le chant uni à la danse. La chanson à danser des Israélites , dont parle le cbap. xxxn du second livre de Moïse, prouve jusqu'à l'évidence que cet usage a été d'abord introduit par les anciens Égyptiens* Les descriptions des autres parties du monde nous font connaître aussi que la plus grande partie des peuples contemporains unissent ordinairement le chant à leurs danses. En Europe 9 cet usage n'est conservé que parmi quelques nations policées 9 surtout parmi les Espagnols, et sur les côtes méridionales de cette partie du monde (Yoy. B&lero, SeguidiUa):
GÂN£ONE NAZIONALE = GHÂNSON NATIONALE. — Toutes les nations possèdent certaines espèces de rhythmes, certaines marches caractéristiques dans la modulation de leurs chants (Yoy. Canto). Ge caractère distinctif se manifeste principalement dans l'enfance des peuples et s'afl^blit à mesure que leur civilisation augmente, jusqu'à ce qu'il disparaisse entièrement Tous les peuples, généralement parlant, se ressemblent dans le plus haut degré de civilisation ; et les différences nationales ne se trouvent que parmi cette classe du peuple qui, en raison de ses occupations et de son.genre de vie, ne peut aller au-delà d'un certain degré de civilisation. Les musiciens savants d'Italie, d'Espagne, d'Angleterre , de France et d' AUemagne se ressemblent tellement dans leur composition et dans leur exécution, qu'il est fort difficile de deviner, par leur art, queUe est leur patrie, à moins qu'on ne veuille excepter le chant ou la langue dans laquelle ils chantent Dans ces pays cependant il existe encore aujourd'hui une musique nationale d'un caractère si distinctif, qu'on la reconnaît sans le mohoidre effort La plus grande partie de la France, de l'Espagne, de la Russie ont leurs chansons nationales. L'Italie a ses chansons vénitiennes,