‹ Dictionnaire de musique;Chapitre 84 sur 192 · Û7Û CON · texte numérisé non relu

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et ba&wé éans ses solUcitations , il ae se rebata pas , et ^prè% neuf années de courses pénibles il revint à Naples, y vendit une partie de son bien qu'il réunit à l'argent recueilli dans ses voyages» et fonda avec ces capitaux , en 1537, le premier Conservatoire, qui prit le n<Mn de Santa-Maria di Loreio.

Afin d'assurer l'existence de l'école qui lui avait coûté tant de fatigues , Tapia pria le vice-roi et le président du consistoire suprême d'en être les protecteurs ; ils y consentirent, et dès lors le nouveau Conservatoire prit de la consistance. Les plus grandes difficultés étant surmontées, il s'occupa d'introduire des améliorations dans son Conservatoire ; mais ce pbiiantrope éclairé et vénérable ne jouit pas long-temps de son ouvrage, car les fatigues de toute espèce qu'il avait supporiécs avaient usé ses forces, et il mourut en 1540. Ses élèves, reconnaissants, placèrent son tombeau dans l'église de leur Conservatoire, et l'usage d'un service en musique devant le tombeau, à l'anniversaire de sa mort , s'est conservé jusqu'à la fin du xviu* siècle.

Les lois et les règlements établis par le premier fondateur des Conservatoires étaient très doux; dans la suite on fut obligé de les rendre plus rigoureux. D'après un de ces règlements on ne devait y admettre que les orpbelins qui avaient des dispositions heureuses pour la musique; néanmoins la concurrence devint si grande par la suite , qu'il fut impossible de satisfaire à toutes les demandes. On érigea , à cause de cette concurrence , un deuxième Conservatoire dans l'hôpital dùlta Ntmziata; dans celui-là on ne recevait que les orphelins les plus heureusement organisés pour la musique; les autres étaient destinés à d'autres professions. De là surgit , en 1576 9 le Conservatoire connu sous le nm ûeSanf-Ono* fTiû.imCajniafia ; les règlements y étaient plus sévères qu'à Sninte-Alarie de l/>rette, et les maiires qui y furent appelés étaient les plus habiles de ritalie.

Les vtce-TOfe qiit , dans Torigine, avaient eu la haute direclion des Conservatoires, considérant que les aflàires dont ils étaient chargés étaient peu compatiMes avec les soins réclames par ces établissements j transportèrent leur autorité à la première famille du royaume , celle des ducs de MontéleonCt à la condition que Tadminlstration de ces établissements serait toi(]ours transmise à Talné de la famille. Ces ducs, possesseurs de très grandes richesses , et tenant le premier rang à la cour, contribuèrent puissamment à la splendeur des écoles qui étaient sous leur protection, en instituant des grands prix qu'ils distribuaient eux-mêmes aux élèves les plus dbtingués.

Les succès des deux premiers Conservatoires en démontrèrent^ bien l'utilité, qu'une confrérie religieuse, dont le ^ége était dans l'église de Sainte- Marie dMa CoronateHa, rue Cataianay prit la résolution de suivre l'exemple de Tapla: elle admit d'abord de jeunes orphelins dans son couvent, et les instruint dans les arts les mieux organisés.

Bientôt la renommée de ce nouivel institut s'étendit, et les personnes riches s'empressèrent de le soutenir par d'importantes dotations , en sorte que la confrérie put faire Tacquisition d'un vaste emplacement , où elle fit élever une belle église avec une maison considérable ; là fut érigé , en 1607, le troisième Conservatoire, qui prit le nom délia Pietà ou de'Turchini, parce que les élèves de cet établissement étaient vêtus en étoffes de couleur bleue. Ce Conservatoire était le plus considérable et devint par la suite le plus célèbre. Quelques années après sa fondation , on y réunit celui de Sant'-Onofrio , et le Conservatoire de Santa-Maria di Loreto en resta seulement séparé. Le roi Charles, père de Ferdinand IV, joignit à cet institut une école d'arithmétique, de géométrie , d'astronomie et de philosophie.

Outre ces trois Conservatoires dont il vient d'être parlé, il en existait un quatrième, qu'on appelait de* Poveri Jesu •

Chriêti; il avait été fondé en 1589 ; mais sa durée ne fat pas ](Wgae; U finit par n'être plus qu'une dépendance dn séml-naire diocésain de Naples^ qui en fit les firsis.

Les trois grandes écoles remplirent complètement le but de leur fondation^ et furent administrées avec un zèle audessus de tout éloge. Mais le nombre des élèves s'étant accru considérablement , on fut obligé de chercher^ dans les écoles mêmes ^ les moyens de les soutenir^ puisque les rentes provenant de leurs biens particuliers ne pouvaient suffire à combler les dépenses.

On mit donc à profit le travail des élèves : les plus petits furent destinés à servir la messe et à faire diverses fonctions dans les églises; les autres, divisés en plusieurs sections , qu'on nommait Paranze, allaient chanter et exécuter la ma* sique sacrée non seulement dans les chapelles de Naples, mais aussi dans les provinces lointaines^ aux fêtes solennelles, sous la direction d'<un des maîtres des Conservatoires. Ils chantaient aussi les litanies aux processions , le Liéera fio$ Domine aux funérailles de§ personnes riches 5 exécutaient les divers genres de musique qu'on appelait Fiottoie; enfin ranplissaient les fonctions de choristes dans les théâtres , spécia* lement à celui de Saint-Charles, et dans toutes les fêtes musicales qui se donnaient dans le royaume.

Tant de ressources, jointes aux revenus des Conservatoires et aux produits considérables des ouvrages des élèves compositeurs, auraient dû fournir les moyens de pourvoir abon* damment à l'entretien de ces jeunes artistes; néanmoins de tels désordres s'introduisirent par la suite des temps dans ces établissements , que la plupart des élèves manquaient du nécessaire , surtout sous le rapport de la nourriture ; et tel était l'état des choses vers la fin du xvm' siècle, que les élèves étaient obligés d'acheter au dehors, sur le produit de leur travail , de quoi apaiser la faim dont ils étaient dévorés. Après les révolutions qui bouleversèrent le royaume de

Naples, en 1799, le €onser?atofre de Sainte-Marie de Lorette fut supprimé et incorporé à celui de Sanf-Onafrio qui existait comme succursale de celui de la Pietà; ceux-ci toent conservés jusqu'au 21 février 1806, époque où ils furent réunis sous le titre de : Reat Cottegio di Mtmca, dans le local du monastère supprimé de Saint-Sébastien. Ce collège de musique existe encore aujourd'hui.

Les Conservatoires de Naples furent une source de célèbres compositeurs et de chanteurs; il suffit de citer Scarlattf. Porpora, Vinei, Durante, Léo, Sala, Pergolesi, JomelU, Plccini, Fenaroli, Sacchini, PaisieBo, Zlngarelli, Cimarosa, FarineMi, CairarellI, GIzzielli, Matucd, Aprlle, Millico, etc. ; mais les plus beaux jours de ces établissements sont malheureusement passés. Leur réunion en une seule école fût préjudiciable aux progrès de Fart, et l'on vit s'éteindre la noble émulation qui existait entre les élèves des divers Conservatoires.

Après les Conservatoires de Naples venaient ceux de Venise, qui étaient entièrement consacrés aux femmes, comme ceux de Naples l'étaient aux hommes. On en comptait quatre, qui étaient : L'Ospedaie detia Pietà, te Mendiamti, ie IncurahiU et l^Ospedaiettodi son Giovanni e Paolo. Ces quatre Conservatoires existaient encore en 1771. Furlanettu Ait maître de chapelle du premier, Berioni du second, Gahippl du troisième et Sacchini du quatrième. C'était une chose curieuse pour les étrangers qui assistaient aux concerts de ces élèves, que de voir un' orchestre composé déjeunes filles, jouant du violon, de la basse, de la flûte, et même du cor et de la contre-basse. Deux de ces Conservatoires cessèrent dans les dernières années de la république. Celui des MMiMconli exista jusqu'à l'époque de la révolution, grâce au xèle de quelques personnes et à l'habileté de la célèbre Bianca Sacchetti. Celui de la Pietà, où sont les enfants trouvés , existe encore aujourd'hui.

Parail les Conservatoires existant en Europe, celni de Paris fut iondé en 1793 , celui de Milan en 18075 celui d'Espagne en 1830, ceux de ;Yienne et de Varsovie en 1821; quelques autres Conservatoires ont été fondés dans ces derniers temps sous divers titres , à Prague, Berlin , Londres et BnixeUes.

CONSERVATORIO DI PARIGI = CONSERVATOIRE DE PARIS. * — £n 1784, le l>aron de Breteuil étabUt aux Menus-Plaisirs Técole royale de cbant et de déclamation pour former des élèves pour le grand Opéra^ qui jusqu'alors avait fait le recrutement de ses chanteurs dans les maîtrises des cathédrales. La révolution de 1789 renversa cette école assez mesquine; mais elle créa, quelques années plus tard, le Conservatoire de Paris. Qnarante-dnq musiciens, attachés aux gardes françaises, formèrent^ en 1789, l'élite de la musique de la garde nationale de Paris. M. SarreUe les avait assemblés. Au mois de mai 1790 , le corps mu« nicipal prit à ses frais ce corps de musique, le porta à soixante dix-huit exécutants, et le chargea du service de la garde nationale et des fêtes publiques. Plusieurs artistes d'un grand talent se réunirent à ce corps, ^ la sollicitation de H. Sar-* rette qui, après plusieuis circonstances qu'on ne peut pas détaiUer id, sollicita et obtint, en 1792 , de la municipalité de Paris , l'établissement d'une école gratoHe de musique pour remplacer les maîtrises détruites. Les mosideiks réunis par M. Sarrette devinrent la plupart maîtres à cette éccde, et fournirent les corps nombreux de musiciens qu'exigeaient quatorze armées manœuvrant alors sur les frontières de la France.

Le gouvernement sut apprécier les services de l'école et fixa les fonds nécessaires pour le traitement des professeurs. En novembre 1793 , la Convention nationale adopta le prio*-

* Ajouté par le Traducteur.

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cipe d'organisatkm da Conservatoire de Paris, sons le titre d'iDstitat natloDal de mosique. L'Institut de» sciences et arts lui ayant confisqué son Ma , oo lui dornia c^«i de CSonserva* toire de mosiqQe en 1795. La loi du 16 thernddor an m fixa le nombre des professeurs à cent qnliiie , celui des élèves à six cent, et la dépense de rétablissement à 2^0,000 francs par an. Cette somme fut réduite à 100,000 francs en 1802 ; le nombre des professeurs et des élèves subit par conséquent une grande diminution. Trois inspecteurs , Gosscc , Méhul et Cbérubini, dirigeaient le Conservatoire, n est à présent régi par un seul directeur, M. Chérubini. Tous les élèves étaient externes; on établit ensuite un pensionnat, gratuit aussi, de douze garçons et de douze filles, élèves pour la partie vocale. Celui des garçons subsiste seul , les filles don-^ naient trop de soucis ; on les renvoya bientôt chez leurs parents.

Presque tout ce qu'il y a en France de plus habile en compositeurs, en chanteurs, en instrumentistes, professe au Conservatoire de Paris. C'est de tous les établissements de ce genre celui qui est conçu sur le plan le plus vaste ; il a rendu des services immenses à la nation et formé des mOliers d'instrumentistes qui, pour l'ensemble, la vigueur, l'élégance de leur exécution , n'ont pas de rivaux au monde.

Les bâtiments du Conservatoire renferment une salle de spectacle, où l'on donne des concerts, où l'on joue des opéras par fragments et môme en entier. Une seconde salle plus petite, avec théâtre, loges et parquets, sert pour les exercices particuliers de l'école. Une bibliothèque déjà très nombreuse , mais qui réclame encore beaucoup d'ouvrages essentiels en théorie comme en pratique , est ouverte chaque jour aux élèves comme au public, dans l'enceinte de l'établissement. Les meilleurs chanteurs français ont été formés par le Conservatoire , et les orchestres de Paris sont peuplés de symphonistes excellents qui ont le précieux mérite d'avoir puisé à une même école une même doctrine. Le Conserva-

toire a rendu d'émiuents services à Tart en publiant un corps

d'ouvrages élémentaires y rédigés par les professeurs les plus |

babUes en chaque partie. Les méthodes du Conservatoire de i

Paris ont fait ie tour du monde : on les a traduites dans toutes

les langues de l'Europe musicale. * '

Voici le Tableau du personnel dont se composait VÉcoic de Chant au 1" avril 1784. |

BIKEGTEUR GÉNÉRAL.

Gossec. I

MAITRES POUR LE CHANT. i

Piccini , Langlé , Guichard , de Lasuze. t

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