‹ Dictionnaire de musique;Chapitre 83 sur 192 · Ô6 CON · texte numérisé non relu

Ô6 CON

strument particulier, qui joae seul de temps en temps avec un simple accompagnement y après un commencement é'er-* cbestre; et la pièce continue ainsi toi]jours alternativement entre le même Instrument récitant et l'orcbestre en dMmr. U y a des coneerts de piano , de violon, de flûte , etc. Un con* certo est onUnairemoit composé d'un aikgto» d'un of^o^ri^ et d'un rondeau.

Le concerto a été inventé pour placer en première Hpie l'instrument favori, et le présenter de la manière la plus avantageuse, en établissant des contrastes entre le fracas harmonique d'un orchestre nombreux et les doux accents, les brillantes périodes du virtuose. Tout ce que l'archet ou l'embouchure ont de mélodie , tout ce que l'art de combiner les traits et les difficultés offre de plus audacieux , est prodigué dans le concerto. Il s'agit de briller et de varier les charmes de l'exécution ; la musique de chant , celle destinée au quatuor, au grand orchestre , peuvent être composée dans le silence du cabhiet. Le concerto doit être créé , élaboré sur l'instrument même. D'après cela, il est inutile de dire que les concertos de piano , de violon, etc., doivent être composés par des auteurs qui soient en même temps d'excellents pianistes , violonistes , etc. , ou qui aient du moins une connaissance exacte de ces instruments et de leur effet

Le concerto est le morceau de musique qui exige le plus de talent pour rexécution. Il ne s'agit pas, comme dans la sonate, de jouer régulièrement et en mesure , il faut savoir presser et ralentir à propos , et surtout ne pas se laisser entraîner par l'orchestre qui, dans les tutti , tend toujours h. presser, principalement dans le second et le troisième, attendu qu'il y est excité par la partie principale, qiA a donné plus de rapidité au trait pour le terminer aieo dha* leur et véhémence. Il faut donc avoir soin de conuBencer le second solo dans le mouvement du premier.

Dire qu'une personne joue le cancerto, c'est la désigner comme possédant à fond son instrument

CONCERTO DA CAMERA. — C'était autr^Ms un concerto qui n'était accompagné que par une basse.

CONCERTO DI CBIESA. — C'était andennement m canc9Tto pour un instrument à archet ou k vent^ destiné à fttre exécuté en différentes occasions dans les églises. Ce concerto se distinguait de tout autre par son caractère sérieux » et même parce que les trois parties principales se prenaient immédiatement l'une après l'autre.

CONCERTO DI DILETTANTI = CONCERT D'AMA- TEURS. -- Concert exécuté à certaines époques par des •personnes qui exercent la musique par agrément et non par profession.

CONCERTO GROSSO. — Expression ancienne, par laqjaelle on distinguait un concerto où plusieurs instruments^ accompagnés par tout l'orchestre , se faisaient entendre tantôt ensemble > tantôt tour à tour. En Italie, cette sorte de concerto se nonoone aujourd'hui conc&rumey ou mifonia» canctrtata (sympbonie concertante).

Lorsque les périodes principales du concerto sont exécutées par deux instruments, alternativement et ensemble, on l'appelle concerto doppio.

On se sert quelquefois du diminutif con<;ert<no> pour désigner un petit concerto.

CONCERTO SPIRITUALE = CONCERT SPIRITUEL, — Concert où l'on ne chante que de la musique d'église, et d'où l'on exclut les morceaux d'opéra.

Le concert spirituel tenait lieu autrefois de spectacle public à Paris , durant les temps consacrés k la piété, et km^ que les autres spectacles étaient fermés. Outre les concertos et les airs italiens, on y exécutait aussi des motets, des oratorios et autres chants religieux.

Le concert sphntuei a été fondé en 1725, par Amie Da-

nican , dit Phifidor^ musicien de la chambre du roi et frère aine du compositeur de ce nom.

Depuis quelques années il existe à Vienne un concert, qui se nomme concert spirifud,

CONCERTONE, s. m. — (Voyez concerto groêso).

CONGINNI, INCONCINNL— La voix humaine a deux espèces de sons: les sons ariicuiés et les sons moéuUs, Les sons articulés, appelés en latin inconcmni, sont ceux de la parole , qui par leurs mouvements continuels ne peuvent pas être appréciés par l'oreille. Les sons modulés > appelés condnni, sont au contraire ceux du chant, qui par leur mouvement modéré peuvent tous être appréciés, t Condnni vero (seu ccmtu apti) sunt qui invicetn connexis' accidunt ad aures grati: vnconcinni vero^ qui non ita se habenU » (Ptolm. Harmon., lib. I, cap. ti).

CONCORSI MUSICALI = CONCOCRS DE MUSIQUE. — (Voy. CeTtamn,imu9icai€).

CONCORSO MUSICALE DELLA PIVA = CONCOURS MU- SICAL DE CORNEMUSE. — La cornemuse est l'instrument national des montagnards écossab. Une société avait établi à Londres des prix annuels pour les meilleurs joueurs de cet instrument; la dernière distribution des prix eut lieu dans le théâtre royal d'Edimbourg, le 2 août 1821. La lutte musicale commença à midi ; on leva la toile , et les nombreux auditeurs virent avec étonnement sur la scène cinquante-deux Joueurs de cornemuse^ revêtus chacun de leur costume national Après le combat musical ^ qui dura Jusqu'à trois heures après midi , les Juges qui devaient décerner les prit se rethrèrent pour délibérer. Lord Arbothnot fit connaître les noms des vainqueurs. Le premier prix, qui consistait en quarante monnaies d'argent et une grande cornemuse très belle, d'un son délicieux et d'un travail exquis, ornée 4'un drapeau national et d'une inscription analogue à la circonstance, fut décerné à un certain Adam Graham,

premier joueur de coraemuse dans la miMique mililaire de Roshire. Un autre prix extraordinaire > consistant en un poignard écossais d'une grande valeur^ Ait accordé à Ouncan M'Tavish, premier joueur de cornemuse du quarantedeuxième régiment.

GONDOTTA = CONDUITE 5 s. f. — C'est dans un morceau de musique Tart d'agencer une idée principale avec les idées accessoires; de ramener le motif à propos sans en abuser; d'enchaîner ses modulations^ en ne leur donnant ni trop9 ni trop peu d'étendue (Voy. Di&egno).

La conduite d'une idée principale pouirait se diilser en conduite dmpie et en conduite ortifiiAeiU, JLa première n'é- , tant autre chose que la continuation de la cantUène dans d'autres tons différents, en répétant toiuours le même svitet sans aucune modification, ne mérite même pas, rigoureusement parlant, le nom de conduite. Dans la seconde^ on représente l'idée dominante sous des aspects nmnbreux; on lui donne ui air de nouveauté toutes les fois qu'on l'a fait entendre ; on la renforce, on la brusque parfois; on la varie et on la développe avec sdence et avec grâce , en l'embellissant touiiaurs de plus en plus par toutes les ressources de l'art

Le compositeur qui sait tirer parti de sonm^fi^prinddpal ou de son thème > le présente d'abord très simplement, l'abandonne un instant et le reprend ensuite, en le variant dans ses parties accessoire»! PmIs il s'en élpigne de. nouveau , et en attendant 11 engage dans l'orcbestre un bril-^ lant combat parmi les instruments qui, tour à tour> reproduisent des traits puisés à la source du motif, comiMsés des mêmes éléments et ayant le même xhytbme. Ces traits , d^ws Fabsence du si^et ^Incipal, nous occupent constamment, et nous font désirer vivement son retour; et sLdesiiiodulalions hardies et des mouvements serrés produisent par moments un effet qui charme moins l'oreille , une transition heu-

reuse vient anssttOt embeQir la mélodie , en Contant à se^ attraits. Toi^oiirs présent à notre ima^^ation, le mort/ qui avait disparu revient dans tout son éclata accompagné d'un pompeux cortège ; une basse élégante et figurée, de ridies accompagnements, les fleurs du contrepoint, les sons argentins des instruments à vent prudemment employés , un mouvement animé, tout ajoute à la ibrce musicale, presse le rhythme, et mène à son heureux développement cette bru* lante péroraison.

Une semblable conduite, qui dans les plus grandes va^ riétés renferme une unité surprenante, est un travail de grand maître , traité avec un goût exquis. Parmi les compositeurs, Haydn en a laissé de nombreux exemples ikns ses symphonies et dans ses quatuors.

Dans la fugue , le mot conéuiie est employé toutes les fois qu'on imite le thème.

CONDOTTO = CONDUIT, ê. m. — Tube par lequel le vent passe des souflQets dans les sommiers' (Yoy^ Organo).

CON ESPRESSIONfi. — On se sert très souvent de ces mots pour engager Fexéeutant à observer plus attentivement la qualité d'un chant qui réclame une expression pathéttcpie, gracieuse, sentimentale.

CONGIUNTO = CONJOINT ,adj.—Se dit d'un intervalle ou degré. On appelle degré$ conjoints eeux^ni sont disposés entre eux de tçlle manière que le son le plus aigu du degré inférieur se trouve à Tunlsson du son le jriius grave du degré supérieur ; il faut, de plus , qu'aucun des degrés conjoints ne puisse être partagé ei^ d'autres degrés plus petits, maisquMIs soient eux-mêmes les plus petits possible. Ainsi, un intervalle conjoint sera une seconde , comme do ré, ré mi, et le plus petit intervalle conjoint, sera le demi-ton mineur.

Le mot conjoint s'applique aussi au système des tétracordes (Voy. l'art Greci anticM),

CONJUNCTARUM. -^ Nom anden do tétracerdcfyiiemenon.

CONJUIfCTARUM EXTENTA. -- Mém laUn de la troMème €orde du tétracorde Synemenon.

GOP^ MOTO. *^ Qui doit être exécuté avec un monvement décidé, comme iindanie con moto.

CONOSCITORE = CONNAISSEUR, j. m. — Le comiabsemr est celui qui non seulement sent le beau dans les oeunes de Fart, mais qui possède aussi sur la partie mécanique et esthétique de Fart , des connaissances très suffisantes pour pouvoir juger sainement du mérite des ouvrages.

On distingue orAnairement les connaisseurs des amateurs, en ce que ces derniers sentent, eux aussi, le beau dans les œuvres d'art; mais Ils ne savent pas faire comaltreen quoi le beau consiste réeUement , et par quels moyens on peut l'ob** tenir.

CONSEQUENTE == CONSÉQUENTE. — (Voy. Fuga).

CONSEGUENZA I^IMITAZIONE ^ CONSÉQUENCE D'I- MITATION. — (Voy. Fuga).

CONSERVATORK) = CONSERVATOIRE, s. m. — C'est le nom que Ton donne aux grandes écoles de musique, parce qu'elles sont destinées à propager Fart et à le conserver dans toute sa pureté.

L'histoire de la fondation des premiers Conservatoires de Naples est trop intéressante et trop peu connue pour n'être point tracée dans cet ouvrage, d'autant plus que ces établissements servirent de modèles pour former ceux qui furent flmdés ailleurs, et que c'est de leur sein que sont sortis tous les grands musiciens qui ont ftdt la gloire de leur patrie, peiH dantplus de deux cents ans.

Aprte un sommeil de plusieurs siècles, la musique commença à renaître vers 1350 dans la partie méridionale de FItalie. A Rome et à Naples on cultiva d'abord la musique d'église, qui se composait alors de chants fort simples.

organisés à quatre parties, et quelqaeibiB.à deax chcairs qui se répondaient Bientôt , pour répondre à la grandeur des églises et à la magnlflcence du culte , et obtenir de plus grands effets, on augmenta consldérahlement le nombre des parties chantantes. On sentit le besoin d'avoir d'excellents chanteurs, et Ton pensa à fonder des établissemenls propres à en former.

Un grand nombre d'églises ne pouvaient se montrer dans toute leur splendeur, parce qu'elles étaient privées de chanteurs; et il s'éleva entre elles et les églises mieux pourvues une jalousie. et une animosité telles que le goi|* veraement ne crut pouvoir y mettre un terme qu'en créant des écoles où Ton devait apprendre trois choses : prier (/*ar orazione) ylire et la musique. Les maîtres pour enseigner à faire la prière étaient en grand nombre ; ceux qui pouvaient montrer à lire étaient plus rares, et les maîtres de musique l'étaient beaucoup plus. Cet inconvénient n'est pas le seul qui nuisit à l'organisation de ces écoles; car presque tous les élèves, sortis des derniers rangs du peuple, avaient une éducation complète à faire ; et il était à craindre que ces jeunes gens , ayant toute la rudesse et la grossièreté de leur classe, n'eussent point la patience d'étudier assez longtemps pour arriver à un résultat Ces difficultés rendirent à peu près nuls les efforts que Ton faisait pour établir des écoles de musique.

Les vice-rois qui gouvernaient le royaume de Naples ordonnèrent qu'on leur présentât plusieurs proj^ concernant la fmdation d*une école de musique qui n'eût point les vices des premières; mais de tous ces projets aucun ne put être mis à .exécution ; la seule citation suivante d'un document origlnai qui se trouve dans les archives de Najdes, suffira pour le prouver : « Chaque paysan , y est-il dit , qui aura quatre fils , » devra en désigner un et le faire châtrer pour le service de » la sainte église. Cet enfant sera instruit dans une école aux

» dépens du gouverneamt ; quand ses études seront finies, il » devra restituer, dans un certain temps , la somme qne sott » édacation aura coûtée , an moyen dn gain qu'il fera; et si * un courent 4 une église, ou quelque particulier désirent le » posséder , ils seront libres d'en faire l'acquisition , pour en » jouir à perpétuité , en payant une certaine somme dési- 9 gnée.»

L'auteur de cette proposition fut condamné à dix années de réclusion.

Cependant on voulait arriver au but, et Ton crut réussir plus tôt en prenant un maître de musique dans chaque couvent où il y en avait plusieurs; ces maîtres devaient former une sorte de collège de musique pour instruire la jeunesse. En retour, il était permis à chaque couvent de choisir, s'il en avait besoin, un élève dans le collège, pour remplacer le maître qu'il aurait perdu.

Des discussions sans cesse renaissantes arrêtèrent l'effet de cette mesure et dégoûtèrent le gouvernement, qui renonça à établir des écoles publiques de musique. Ce fût alors que les bons maîtres prirent du service dans de riches églises ou auprès des grands seigneurs , en Italie et dans d'autres pays.

Gomme il arrive souvent, ce que n'avait pu faire le gouvernement avec ses arrêtés et ses ressources, un particulier le fit sans autre secours que sa persévérance et son sèle. DaQS la première moitié du xvi* siècle , un prêtre espagnol, nommé Giovanni di Tapia, domicilié à Na]des, entreprit d'élever une école de chanteurs ecclésiastiques et de vaincre les obstacles qui s'étaient toujours opposés à l'exécution d'un semblable projet Après avoir employé plusieurs années en ten*tatives inutiles, afin de se procurer Fargent nécessaire pour une semblable entreprise, il |^t l'héroïque résolution û'adier mendier de pays en pays et de maison en maison , dans l'espoir de réunir enfin la somme qu'il jugeait indispensable pour rétablissement d'une école de musique. Souvent déçu Tome t. 18

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