‹ Dictionnaire de musique;Chapitre 87 sur 192 · CON 29S · texte numérisé non relu

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séparé; on lui donnera an contraire le nom de eontrfpoint

simple si le reuverscoieiU tie peut avoir Heu sans choquer les règles de Tart. Le cootrepoinl simple , à deux ou à plusieurs voix, ayant des notes d'une égale valeur, placées les unes contre les autres, s'appelle contrepoint égaî; en mettant deux, trois ou quatre noLes contre une note de la mélodie^ il prendra le no rn de cûntrepoint inégal ou figuré. En ajoutant ensuite à ce chant des mélodies composées de diverses valeurs, on aura le cmiirepoint mixte ou fleuri j dans lequel on joint ensemble toutes les autres espèces de contrepoint.

Autrefois on considérait le contrepoint (leurl sous plusieurs formes , selon l'emploi des valeurs de notes et la diiTérenie progression des parties ; et Ton appelait eontrtpùha eoioré celui dans lequel on ne faisait entrer que des blanches et des noires ensemble; r^/éïir/jfjt/tf ctmiposvtUtU celui dans lequel on fabait entrer les consonnances unies aux dissonances, mais sans liaison; conti^epoint camposc Ué, ou t'ontrepoint vomposc (yblîtjv cl si/ncopê celui dans lequel les dissonances se trouvaient au milieu de deux cousou* nances ; contrepoint dim inné celui dans lequel on faisait des diminutions. Mais comme le contrepoint jkuri ou mixte embrasse toutes ces diverses espèces de contrepoint, les noms que nous venons d'indiquer sont complètement inutiles.

Dans les xv et x\T siècles, il y avait en outre le contrepoint oùëtiné, qui n'admettait qu un seul trait de citant répété sans cesse par une voix pendant que les autres cheminaient à l'ordiïiaJreîle contrepoint à ia ùoiteii^e, qui cousistait ix mettre toujours dans chaque mesure une lilancljc entre deux noires^ ce qui donnait a ce contrepoint l'air de boiter; le contrepoint à ia droiit:, où toutes les notes allaient diatoniquement, soit en montant, soit en descendant, et sans jamais faire de saut , par opposiLion au contripoltti suutét dans lequel il était défendu de faire agir les voix par mouvements conjoints. Tontes cesdiflérentes espèces de cou-

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trepoint que nous veDons de nommer^ et plusieurs antres encore que nous croyons inutile d'indiquer ^ n'ofiTrent ancon charme ; c'est pourquoi on n'en fait pas usage dans la muâque moderne^ où Ton ne trouve jamais une pièce qui soit entièrement écrite dans le style d'une de ces espèces de contrepoint dont il vient d'être parlé.

CONTRAPPUNTO ALLA MENTE = CHANT SUR LE LITRE. — On appelle ainsi une harmonie ou contrepoint à quatre parties, qu'autrefois les chantres composaient et chantaient impromptu sur une seule partie, savoir» le livre du chceur qui était au lutrin; en sorte que cette partie notée 5 que chantaient ordinairement les basse-tailles , était le seul guide des sopranos, des contraltos et ,des ténors qui composaient chacun la leur en chantant. Le P. Martini et quelques antres auteurs assurent qu'on faisait de fort bonnes choses en ce genre dans les églises d'Italie , particulièrement à Rome ; mais en France cette musique était fort mauvaise. Elle n'est plus en usage.

CONTRAPPUNTO DOPPIO = CONTREPOINT DOUBLE. — Contrepoint snsceptible d'être renversé , de façon qu'on puisse transporter à la basse la partie qui est au dessus , et réc4>roquement, sans que l'harmonie cesse d'être bonne et régulière.

Comme ce contrepoint consiste principalement en deux parties qui peuvent se renverser , il y a antant d'espèces de contrepoints doubles qu'il y a d'intervalles différents employés dans ce renversement (Yoy. IntetvaUo). Il existe par conséquent le contrepoint double à la seconde et à la neuvième, à la titrée et à la diadème, à la quinte et à la douzième, à V octave et à la quimièm^e. Parmi ces diverses espèces , le contrepoint double à l'octave , celui à la dixième , et celui à la douzième, sont les plus usités.

Le but que nous nous sommes proposé dans cet ouvrage, et l'espace dans lequel nous devons nous renfermer, nous

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empédienl de donner ici de plus amples détails sur ce wei; quelques exemples^ du reste , suffiront pour eu donner une idée plus daire. Le cbant de la fig. 53 est un contrepoint double à l'octave ; à la fig. 54 > on voit que la voix fondamentale par le renversement à l'octave devient la voix de dessus. Dans la fig. ôo^ c'est un contrepoint double à la dixième ^ et dans la fig. 56 , la voix aigué abaissée d'une dixième se troure à la basse ; dans la fig. 57 > la voix basse élevée d'une dixième se trouve dans le dessus.

Tous ces renversements de contrepoint ne sont pas seulement du domaine spécial de la fugue et du style ecclésiastique, ils peuvent aussi être employés avec succès dans le style gracieux.

CONTRAPPUNTO FALSO = CONTREPOINT FAUX. — ( Voy. la seconde note de l'article Armania, pag. ^i ).

CONTRAPPUNTO FUGATO= CONTREPOINT FUGUK— Cette espèce de contrepoint a<tanet la pluralité de s^jelS| la variété d'imitations et plusieurs autres ressources propres à rendre une composition noble et savante. Au moyen de ce contrepoint, on peut varier la modulation par des combinaisons surprenantes» arrêter agréablement l'attentton de rauditeurtoiqours sur le même sujet, et enricbir considérablement l'barmonie. Dans les compositions grandioses,- les traits de contrepoint fugué produisent des effets merveUleux et des beautés d'un genre tout-à-fait particulier.

CONTRASSBNSO = CONTRESENS, s. m. — Vice dans lequel tombe le compositeur quand il rend une autre pensée que celle qu'il doit rendre. La musique n'étant et ne devant être qu'une traduction exacte des paroles qu'on met en ctaanty il est visible qu'on y peut tomber facilement dans des contreseï»; et ils n'y sont guère plus faciles à éviter que dans une véritable traduction. C'est donc un cantreêùns dans Vtxfprtêriort, quand la musique est triste lorsqu'elle devrait être gaie, légère lorsqu'elle devrait être grave» et réciproque*

ment Gontresem dans la prosodie ^ ionsqu'on place des notes brères sur des syllabes longues, des notes longues sur des syllabes brèves, et qu'on n'observe pas l'accent de la langue , etc. Contresens dans ia déciamation, lorsque les répétitions sont entassées hors de propos, etc. 'Contresens dans la ponctuation ^ lorsqne la phrase musicale se termine par une cadence parfaite dans les endroits où le sens est suspendu, ou forme un repos imparfait quand le sens est achevé. Contresens dans ieiieu, quand on fait entendre, par exemple, une musique de chasse pendant que la scène représente un caveau, ondes valses lorsque la scène se passe en Espagne ou en Orient. Contresens dans €e oaractère, quand un acteur qui représente le rôle d'une personne de basse condition, prend le caractère dhin roi ou d'une reine; mais le manque d'expression est peut-être le plus énorme de tous les contresens. Dans tons les cas 11 vaut encore mieux que la musique dise autre chose que ce qu'elle doit dire , que de parler et ne rien dire du tout.

CONTRASSOGGETTO = CONTRESUJET, s. m.~(Voy, Fuffa).

CONTRASTO == CONTRASTE, «.m. — C'est Téunbr des choses opposées les unes aux autres, qui, en arrivant tout à coup, arrêtent d'abord l'attention de l'auditeur, et se rendent agréables par leur air de nouveanté. Par exemple , le forte produit un plus grand effet après le piano, et le pÙMo après le forte, si toutefois l'un suit immédiatement l'autre. Le datuD aussi a beaucoup de charme après une musique bruyante, et ceUe-<:i est plus sensible après le doux.

Il y a contraste en musique lorsque le diapason de la mélodie passe du grave à l'aigu, ou de l'aigu au grave, lorsque le chant passe du doux au fort, on du fort au doux, etc. ; mais il n'y a pas contraste, si de l'aigu ou du grave on passe au fort et au doux. Il n'y aurait pas contraste non plus si l'on voulait représenter un sentiment agréable par

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