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spéciale et positive. Cet événement est très-important dans l'histoire de l'art dramatique et de l'art musical.
Dans le seizième siècle, trois gentilshommes florentins, aimant les arts avec enthousiasme et le théâtre avec passion, peu satisfaits des efforts tentés jusquelà pour perfectionner le drame lyrique, se proposèrent de faire composer un ouvrage par le meilleur poète et le plus habile compositeur de musique qu'on pût trouver dans ce temps. Octave Rinnuccini et Jacques Péri furent choisis pour exécuter ce travail. Le premier fit le poème de Daphné, auquel le second appliqua une déclamation notée qui n'avait pas tout le soutien et la mesure de la musique, mais qui en avait ce qu'on appelle la tonalité. Cette pièce fut représentée en 1597.
Tandis que Florence préludait si heureusement à l'invention du grand opéra, Rome suivait son essor; elle faisait exécuter, en forme d'oratorio, un opéra composé par un de ses citoyens, nommé Emilio del Cavalliere, et qui portait pour titre le nom singulier de l'Anima e'I Corpo.
Mais nous touchons à l'époque où la musique dramatique va briller d'un vif éclat.
A partir du seizième siècle, la musique italienne entra vraiment dans une voie de progrès et de régénération. Rome, Naples, Florence, Milan, Turin, Venise, toutes les villes de l'Italie, s'associèrent pour rendre un culte fervent à l'harmonie renaissante, et quelques-unes d'entre elles portèrent le drame lyrique à son plus haut degré de perfection.
L'école napolitaine mérite la première de fixer notre attention.
Jusqu'au commencement du dix-septième siècle, ia musique dramatique n'avait subi à Naples que trèspeu de perfectionnements. Tl fallait qu'un homme
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de génie vînt lui frayer une route originale. Ce compositeur parut : c'était Alexandre Scarlatti. Fécond autant qu'il fut ingénieux et neuf dans ses compositions, il ne brilla pas moins dans la musique d'église que dans celle de la scène. Il a composé plus de deux cents messes pour l'une, et pour l'autre un grand nombre d'opéras, dont les plus beaux sont Mithridate, Cyrus, Régulas et celui de la Princesse fidèle.
Dans le même siècle que ce grand homme, vécurent d'autres génies célèbres : tels furent Léo Durante, Gaetano-Graco , Feo, Léonard Léo, etc.
Au dix - huitième siècle , l'école napolitaine fut également fertile en compositeurs éminents. Le premier de tous, dans l'ordre chronologique, est Nicolas Porpora, un des plus brillants élèves d'Alexandre Scarlatti. Ses principaux ouvrages sont ": Ariana e Teseoy Semiramis, Tamerlano, il Trïonfo di Camillo.
Mais de tous les compositeurs que l'école de Naples vit s'élever pendant la première moitié du dixhuitième siècle, Pergolèse est sans contredit celui qui a le plus contribué au progrès de l'art musical. Au nom de Pergolèse, les images les plus pures, les plus suaves de la mélodie se présentent en foule à la pensée.
Pendant la seconde moitié du dix-huitième siècle, on vit naître encore un grand nombre d'artistes plus ou moins distingués, tels que Jomelli, Caffaro, Farjetta, Majo, Fiorello, et surtout Piccinni, dont le génie souple et fécond a exercé tant d'influence, nonseulement sur son pays natal , mais encore sur la musique française.
A partir de Piccinni, l'école napolitaine ne cesse de marcher dans une voie de progrès : les chefs-d'œuvre abondent, les grands maîtres se succèdent. Parmi ces derniers, il faut signaler Gasparo Saochini, Paisiello»
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Cimarosa, Spontini, l'illustre auteur de ta Veslate et de Fernand Cortez, Carafa, Délia Maria et Fioravanti, qui a laissé à la scène française une preuve de son gracieux talent en écrivant / virtiwsi ambulanti.
Après Naples, Venise est une des villes de la péninsule qui prirent le plus de part au mouvement de régénération musicale. Au dix-septième siècle , la musique dramatique acquiert à Venise de grands développements. Francesco Cavalli introduit le goût de l'opéra dans cette partie de l'Italie , Stradella le seconde avec ardeur dans cette tâche importante et difficile.
L'opéra continue pendant tout le cours du dixseptième siècle à subir d'heureux perfectionnements. Benedetto Marcello débute, à Venise, par l'opéra de Dorienda, qui obtient un magnifique succès. Antonio Caldara, Vivaldi , Pietro Porfiri, illustrent aussi à la même époque l'école de Venise; on distingue encore le célèbre violoniste Giuseppe Tartini, si connu par sa découverte du troisième son.
Corelli, Bacranello, Angelo Via, Salieri, complètent la brillante série des compositeurs de l'école vénitienne.
Après cet aperçu sommaire des progrès de la musique à Venise, jetons un coup d'œil sur l'école de Florence. L'école de Florence, quoique beaucoup moins considérable que les précédentes par le nombre des ouvrages qu'elle a produits, est manifestement leur aînée. En effet, c'est à Arezzo, une des villes de la Toscane, qu'est né Guido, auquel l'Europe doit les premiers éléments de la musique moderne.
Comme nous l'avons déjà dit, Giacomo Péri fut le premier compositeur qui jeta quelque éclat sur l'école florentine; il introduisit le premier les airs dans l'opéra. Gorsi brilla conjointement avec Péri.
Au dix-huitième siècle, l'écolo dp Florence vit
cclore de brillants compositeurs. Signalons parmi eux Antonio Pistorini , qui, dans les intermèdes et l'opéra bouffe , fit preuve d'un talent plein de grâce et de flexibilité; Bernardo Mengozzi, qui a donné à la scène française de charmantes compositions, la Dame voilée. Une faute par amour; enfin, l'illustre Cherubini, un des plus profonds musiciens de ce siècle.
Les premiers compositeurs de l'école romaine, et le plus grand de tous, Palestrina, se vouèrent exclusivement à la musique d'église.
Pendant le seizième siècle, Rome vit fleurir Délia Viola , célèbre dans la musique de théâtre, et sans contredit le premier compositeur dramatique de l'école romaine. Carissimi, Allegri, Benevoli, Nicoletti , illustrèrent par leurs travaux cette école au dix-septième siècle.
Au dix-huitième paraît Sarti, auteur de plusieurs opéras, dont la mélodie est agréable, dont les airs sont faciles et doux. A la même époque, Antonio Buroni composa également plusieurs opéras, dans lesquels il joignit à la solidité de son école l'éclat, la facilité et la grâce de celle de Naples. Citons encore Bernardo Porta, qui a fait pour la scène française les Horaces et le Connétable de Bourbon , ouvrages bien accueillis à l'Académie royale de Musique, et le Diable à quatre, qui obtint un très-grand succès à lOpéra- Comique.
Complétons cette brillante galerie par les noms des compositeurs de l'Italie moderne : Paër, Mercadante, Pacini, Donizetti, Bellini, ce grand artiste qui s'est éteint, comme Léopold Robert, dans toute l'effervescence du génie; Rossini, le puissant promoteur de la révolution musicale qu'a vue s'accomplir le dix-neuvième; enfin Verdi, qui a trouvé des formes nouvelles pour le chant , donné plus de
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vérité aux récits et répandu dans l'orchestre un intérêt particulier.
Iulos. Chansons des moissonneurs grecs, chantées en l'honneur des Gérés.
Javanais (Musique des.) Les Javanais ont porté la musique à un haut degré de perfection ; on le voit évidemment par la construction de leurs instruments de musique. Ces instruments sont de trois espèces : à vent, à archet et de percussion. La fabrication des deux premières e.-pôces est encore dans l'enfance, et c'est uniquement dans la dernière qu'il faut chercher la perfection de la musique des Javanais.
Le tambour est l'instrument national ; mais il a différents noms, suivant les divers dialectes. Outre les différentes espèces de tambours qui leur sont propres, les Javanais en ont encore emprunté aux Arabes et aux Européens. Ceux du pays se battent avec les mains, et paraissent avoir un son faible et peu harmonieux.
J^e tambour le plus connu est celui qu'on appelle gongs ou goung. La matière dont il est fait est une composition de zinc, de cuivre et d'étain. Beaucoup de goungs ont l'énorme diamètre de quatre à cinq pieds, et au milieu un bouton qu'on frappe avec des fuseaux dont la tête est garnie de gomme élastique ou d'un tampon de laine. Le son de cet instrument