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est d'une force et d'un effet extraordinaires; c'est à peu près l'instrument que nous nommons tamtam.
Le kromo ou bonang est un autre instrument qui consiste en plusieurs bassins dont le diamètre est égal à celui du goung, et dont le son est fort, mais doux en même temps.
La dernière classe des instruments à percussion s'appelle stuccatos. Le staccato de bois se compose d'un certain nombre de bâtons de bois durs et sonores, disposés par ordre de grandeur au-dessus d'une écuelle de bois, et qu'on frappe avec un petit marteau. Une seconde espèce de staccato ne diffère de la première qu'en ce que les bâtons ou baguettes, au lieu d'être de bois, sont de métal. Le son du staccato de bois est doux , mais sans force et sans intensité , tandis que le staccato de métal a le son plus fort et plus dur.
Quant au caractère de la musique javanaise , on remarque que les instruments ont tous le mode dans lequel sont les plus vieilles mélodies écossaises , irlandaises, celles de la Chine, et quelques-unes des Indes orientales et de l'Amérique septentrionale. Il paraît donc que toute la musique véritablement indigène de Java est composée dans le genre ordinaire enharmonique.
Les mélodies ont presque toutes une mesure simple. Plusieurs des cadences rappellent la musique écossaise pour la musette; d'autres, en mineur, offrent cette singularité, que l'intervalle entre les septième et huitième degrés est d'un ton entier, ce qui montre évidemment leur antiquité. Il est presque inutile d'ajouter que chez les Javanais, comme chez tous les insulaires indiens, l'art d'écrire les notes est inconnu : tous leurs airs, qui sont en grand nombre, se jouent de mémoire.
Jérémies. On donne ce nom aux parties ou leçons
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de l'office de la semaine sainte, composées avec des fragments du prophète Jéremié. On emploie, pour chanter ces leçons, une espèce de récitation mélodique plus variée que la psalmodie, et soutenue ordinairement par un instrument grave, tel que le basson ou le violoncelle.
Les jérémies sont notés dans les livres du plainchanl. Quelques compositeurs ont écrit des jérémies en musique.
Jet. Les morceaux de musique d'un seul jet sont ces rares coups de génie dont toutes les idées sont si étroitement liées, qu'elles n'en forment pour ainsi dire qu'une seule, et ne pouvaient pas se présenter à l'esprit du compositeur l'une sans l'autre. Tels sont, par exemple, le chœur du premier acte dans la Clémence de Titus de Mozart, et la magnifique ouverture de la Flûte enchantée.
Jeu. Nom que l'on donne à un groupe de tuyaux d'orgues rangés sur un même registre.
Tous les tuyaux du même jeu rendent des sons qui ne diffèrent que du grave à l'aigu, tandis que les tuyaux d'un autre jeu rendent des sons d'un autre timbre.
Les jeux, outre les noms qui les distinguent les uns des autres, comme jeu de flûte, jeu de trompette, prennent encore une dénomination de la longueur en pieds de leur plus grand tuyau.
On les divise en deux classes, savoir : les jeux à bouche, qui forment le fond de l'orgue, et les jeux d'anche, ainsi nommés parce que l'embouchure de chacun de leurs tuyaux est armée d'une anche en métal.
On appelle encore jeu l'association de certains jeux disposés pour être entendus ensemble : le grand jeu, le plein jeu. On dit d'un instrumentiste en parlant de son exécution qu'il a un joli jeu.
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Jeu céleste. Qualité de son très-agréable et d'une grande douceur que Ton obtient sur le piano, au moyen de la pédale qui fait avancer des languettes de buffle entre les cordes et les marteaux. Le jeu céleste est d'un effet encore plus flatteur, si, pour prolonger les sons, on joint à cette pédale celle qui lève les étouffoirs, et que l'on nomme vulgairement grande pédale.
Jeux ciirysantiniques. C'étaient des fôtes grecques célébrées à Sardes, capitale de la Lydie, conjointement à des concours de musique.
Jeux isthmiques. Ces jeux étaient célébrés tous les trois ans, pendant la nuit, à Corinlhe.
Jeux némêèns. A Argos, on célébrait tous les deux ans les jeux néméens en l'honneur d'Hercule, vainqueur du lion de Némée.
Jeux olympiques. Les Grecs célébraient tous les quatre ans les jeux olympiques près de l'ancienne ville de Pisa et du fleuve Alphée, dans la vaste plaine û'Ùiyntpte, aussi délicieuse par sa position que parles chefs-d'œuvre de l'art qu'elle renfermait. Dans ces fôtes populaires, on décernait des prix aux concurrents de musique.
Jeux pythiques. Pour ce qui avait rapport à la musique, lès jeux pythiques étaient les plus importants. Consacrés dès le commencement au chant, ils étaient le vrai siège des concours de musique, quoique les courses de chevaux, de char, l'escrime et les autres exercices gymnastiques fissent aussi partie de ces jeux.
Jongleurs. Joueurs d'instruments qui, au début de notre poésie, se joignaient aux troubadours ou poètes provençaux, et couraient avec eux la province.
L'histoire du théâtre français nous apprend qu'on nommait ainsi des espèces de bateleurs qui accom-
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pagnaient les trouvères, fameux dès le onzième siècle. Comme ils jouaient de divers instruments, ils s'associèrent avec les poètes et les chanteurs pour exécuter les ouvrages des premiers; et, ainsi de compagnie, ils s'introduisirent dans les palais des rois et des princes, et en tirèrent de magnifiques présents. Leurs jeux consistaient principalement en gesticulations, tours de passe-passe, etc., ou en quelques mauvais récits du burlesque le plus trivial. Leurs excès ridicules et extravagants les firent tomber dans une telle déconsidération, que, pour désigner alors une chose mauvaise, folle, vaine et fausse, on Y appelait jonglerie. Philippe-Auguste les chassa; ses successeurs souffrirent qu'ils revinssent en France. On en trouve la preuve dans le tarif fait par saint Louis, pour régler les droits de péage dus à l'entrée de Paris, sous le Petit-Châtelet. Ce tarif, dans un de ses articles, porte que les jongleurs seront quittes de tout péage en récitant un couplet de chanson, ou en faisant gambader leur singe devant le péager.
Vers 1400, les trouvères et les jongleurs se séparèrent. On ne parla plus de ceux-ci, que l'on appela ensuite bateleurs, à cause des tours surprenants qu'ils s'étaient adonnés à faire avec des épées ou d'autres armes.
Jouer des instruments. C'est exécuter sur ces instruments des airs de musique, surtout ceux qui leur sont propres, ou les chants notés pour eux. Le mot jouer étant devenu générique, s'applique maintenant à tous les instruments.
On disait autrefois -.jouer du violon, pincer la harpe, toucher Cornue, donner du cor, sonner de la trompette, blouser les timbales, battre le tambour, etc. Le mot jouer a remplacé tous ces termes, et il en résulte un double avantage : 1° de simplifier le langage et de prévenir toute fausse application; 2° de pouvoir con-
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sacrer ces mêmes termes à des actions tout à fait étrangères à l'art musical, quoiqu'elles s'opèrent par les moyens qu'il fournit. Ainsi, nous disons sonner de la trompette, donner du cor, battre du tambour, lorsqu'il s'agit d'une charge de cavalerie, d'une chasse au cerf, ou de l'appel d'un régiment.
Journaux de musique. Les premiers journaux de musique qui parurent en France n'offraient qu'un médiocre intérêt. Le Journal hebdomadaire, le Journal des Troubadours, le Journal d'Euterpe, le Chantre du Midi, et quelques autres productions du même genre, n'ont eu chez nous qu'une durée éphémère.
Il faut le dire, la plupart de nos journalistes littérateurs se sont longtemps efforcés de nous faire passer pour des ignorants en musique. Analyses ridicules, grossières méprises, absurdités, faux raisonnements dérivant d'un système faux sur tous les points, voilà ce qu'on trouvait jadis dans certains feuilletons, quand leurs rédacteurs ne se bornaient pas au protocole dès longtemps adopté, lequel consiste à dire que la musique d'un opéra est belle, délicieuse, admirable, ou qu'elle est mauvaise, pitoyable, etc.
Pendant que la France était encore si arriérée, l'Allemagne faisait un pas immense dans la carrière du journalisme musical. Nous devons mentionner particulièrement la Gazette musicale de Berlin, la Gazette musicale de Vienne, la Gazette musicale des états d'Autriche, et surtout X excellente Gazette de Leipsig, recueil d'un mérite très-remarquable, entrepris en 1798, et dont la rédaction a été confiée pendant vingt ans au savant écrivain Frédéric Rochlitz.
En France, quelques écrivains se sont efforcés de suivre cet illustre modèle. En 1827, M. Fétis publia la Revue musicale, dont il a été le directeur et le principal rédacteur jusqu'à la fin de 1833. Ce recueil a rendu de grands services à la musique. 11 parait