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les premières années de l'ère Judaïque. En offrant ses sacrifices à l'Éternel, Abel, comme son père et sa mère, dut chanter les louanges de celui qui bénissait ses troupeaux. La chronique d'Alexandrie dit que « les fils de Seth invoquèrent le Seigneur avec l'hymne des anges. » D'après Calmet, le sens de ces paroles est qu'ils commencèrent à réciter l'hymne du Seigneur : Saint, saint y saint ; et, comme le dit le P. Martini, hymne signifiant la réunion de la poésie et de la musique, il est clairement prouvé qu'il est ici question de ce dernier art.

Mutation (Jeux de). On appelle ainsi les registres de l'orgue dont les tuyaux ne sont point accordés au diapason des jeux de fonds, et qui sonnent ou la tierce, ou la quarte, ou la quinte de ceux-ci, et quelquefois plusieurs de ces intervalles à la fois. Le cornet, la cymbale, la fourniture, sont des jeux de mutation.

Nabla ou Nebel. Ancien instrument des Hébreux, que Luther a traduit par psaltérion,. On croit généralement que c'était la lyre des anciens.

Nafiri. Nom d'une trompette indienne.

Nagaret. Espèce de timbales en usage dans l'Abyssinie. On les frappe avec un bâton courbé , long de trois pieds, et on les attache sur des mulets de selle.

Nasard. Jeu d'orgue qui tire son nom de sa qualité de son nasillard. Il sonne la quinte du prestant ; c'est

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pourquoi on lui donne quelquefois le nom de quinte. Le nasard est de l'espèce des jeux d'orgue qu'on appelle jeux de mutation.

Naturel. Voy. les mots accident, chant, intervalle.

Naturel. La beauté de l'art consiste dans l'imitation de la nature. Cependant, comme l'art ne rejette pas le beau idéal et ne repousse pas les inspirations de la fantaisie, il arrive que l'artiste, en imitant la nature, l'embellit, et l'élève pour ainsi dire à l'idéal.

Neciiiloth. Nom générique des instruments à vent en hébreu, comme le mot neginoth est le nom générique des instruments à cordes.

Nel. Espèce de flûte traversière faite de roseau, en usage chez les Turcs.

Néronéennes. Fêtes romaines instituées par Néron, dans lesquelles avaient lieu des luttes musicales.

Neume. C'est un terme employé dans le plainchant. Le neume élait une figure mélodique que l'on plaçait sur une voyelle et le plus souvent sur la dernière voyelle du mot Alléluia. C'est un chant sans paroles, autorisé par le catholicisme d'après un passage de saint Augustin, qui dit que « ne pouvant « trouver des paroles dignes de Dieu, l'on fait bien « de lui adresser des chants confus de jubilation. »

Le neume s'entend aussi d'une pause, d'uncomma, d'un signe final.

C'est aussi un terme de l'une des six anciennes écritures musicales qui ont précédé la notation de Gui d'Arezzo. Les neumes étaient de petits signes placés au-dessus des paroles, dont chacun exprimait une formule de chant.

Neuvième. Intervalle dissonant de neuf degrés, ou l'octave de la seconde; il est de trois espèces : 1° la neuvième mineure, comme mi, clef de basse, troisième espace, et fa, clef de violon, premier espace; 2° la neuvième majeure, comme do, clef de basse, et ré, nu»

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dessus de la portée; 3<> la neuvième augmentée, comme fa, clef de basse,, quatrième ligne, et sol, clef de violon, seconde ligne.

Nexus. Nom antique de la mélodie, consistant en une succession alternée de sons qui procédaient ou par degrés ou par sauts. Lorsqu'ils montaient, ils se nommaient nexus reetus; lorsqu'ils descendaient, on les nommait nexus anacamptus, et lorsqu'ils montaient et descendaient nexus circumstans.

Nicolo. Nom que l'on donnait anciennement à une sorte de hautbois, qui était le contralto de cet instrument et qui a cessé d'être en usage.

Noble. Le style musical est noble lorsqu'il s'élève au-dessus de l'expression commune et que les formes vulgaires et insignifiantes en sont exclues. — Dans l'exécution, la noblesse consiste à éviter l'emploi des agréments inutiles, à marquer sans affectation l'accent oratoire, à exposer avec aisance et dignité toutes les périodes d'un morceau de musique.

La noblesse doit être exprimée naturellement, sans vulgarité, mais aussi sans emphase ni affectation, autrement on tombe dans le style maniéré, qui consiste à exécuter un chant simple de sa nature en le chargeant d'ornements affectés, et par conséquent de mauvais goût.

Nocturne. Morceau de musique destiné à être exécuté de nuit en sérénade ou dans les salons. Le nocturne vocal s'écrit à deux, trois et quatre voix; on le dispose quelquefois de manière à ce qu'il puisse être chanté sans accompagnement. — Le nocturne étant fait pour ajouter aux charmes d'une belle nuit ou des réunions intimes, son caractère s'éloigne autant de la gaieté vive et bruyante que de la tristesse et du mouvement impétueux des grandes passions. Une mélodie gracieuse et suave, tendre e mystérieuse, des phrases simples, une harmonie peu

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travaillée, mais pleine, onctueuse, telles sont les qualités que l'on doit rencontrer dans le nocturne, et s'il est exécuté par de bons chanteurs, son effet sera délicieux.

Le nocturne est encore une pièce instrumentale écrite pour harpe et cor, hautbois et piano, flûte et piano. Ces nocturnes ne sont, à proprement parler, que des fantaisies dialoguées.

Nocturne. Partie de l'office des matines qui se divise en trois nocturnes, ainsi appelés parce que les premiers chrétiens les chantaient pendant la nuit en trois temps différents.

Noels. Airs destinés à certains cantiques chantés aux fêtes de Noël. Les airs des noëls doivent avoir un caractère champêtre et pastoral, en harmonie avec la simplicité des paroles et avec celle des bergers, qu'on suppose les avoir chantés en allant rendre hommage à l'enfant Jésus dans la crèche.

Noeud. On appelle nœuds les points déterminés par lesquels une corde sonore, mise en vibration, est divisée en partie aliquotes vibrantes, qui rendent des sons différents de ceux produits par la corde entière.

Noire. Note de musique qui vaut deux croches ou la moitié d'une blanche. Dans l'ancienne musique, on se servait de plusieurs sortes de noires : noire à queue, noire carrée, noire en losange. Ces deux dernières espèces sont demeurées dans le plain-chant; mais dans la musique moderne, on ne se sert plus que de la noire à queue.

Nome. Espèce d'air des anciens Grecs, dont on ne pouvait changer en rien la mélodie. Les nomes contenaient les principales lois de la vie civile, ou des louanges en l'honneur de quelque divinité imaginaire.

Non troppo, Pas trop. Expression italienne qui se joint aux indications de mouvement de vitesse ou

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