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jet auquel ils pussent consacrer les inspirations de leur génie : la religion. Aussi cette époque est-elle féconde en productions de musique sacrée de tout genre; et, depuis Palestrina jusqu'à Haendel, Haydn et Mozart, on trouve tout ce qui a été composé de plus beau et de plus parfait. On ne se bornait pas alors à mettre en musique les paroles de la messe : outre les cantiques, les hymnes, les psaumes, on avait imaginé ces espèces de drames religieux appelés oratorios, dont le sujet était tiré de l'Histoire Sainte, et qu'on exécutait dans les églises. Voici ce qui donna lieu à l'invention de ces sortes de pièces : saint Philippe de Néri, qui fonda, en 1510, la congrégation de l'Oratoire à Rome, voyait avec douleur les fidèles déserter l'église pour courir aux spectacles. Connaissant le goût des Romains pour la musique, il eut l'idée de faire composer par un bon poëte des intermèdes, dont le sujet était puisé dans l'Écriture sainte, et les ayant fait mettre en musique, il les fit exécuter dans l'église. La foule y courut; le succès fut prodigieux ; et ce genre de drame s'appela oratorio, du nom de l'église de l'Oratoire, où il fut joué pour la première fois.

Les oratorios n'étaient d'abord qu'une simple allégorie, une cantate à plusieurs personnages, qu'on n'exécutait, soit à l'église, soit au théâtre, que comme une pièce de concert. Dans la suite ils prirent plus de développement et acquirent toutes les proportions d'un vrai drame, sauf le clinquant des costumes et la pompe théâtrale. — Quant à la musique, qui participe à la fois du genre libre et du genre sévère, elle se compose de récitatifs simples et obligés, de solos, duos, trios, morceaux d'ensemble et chœurs.

Les plus célèbres compositeurs qui ont illustré le genre de l'oratorio, sont Emilio del Cavalière, Alexandre Scaiiatti, Léo, Iomelli, Cimarosa, Haendel, Bach,

Haydn, Beethoven et Mendelsohn. On cite, parmi les oratorios les plus remarquables, le sacrifice d'Abraham, de Scarlatti, celui de Cimarosa, sainte Hélène au calvaire, de Léo, le Messie, de Haendel, la Passion selon saint Mathieu, de Bach, conception musicale de la plus haute portée, la Création, de Haydn, le Christ au jardin des Olives, de Beethoven, lePaulus et l' Elias, de Mendelssohn.

Orchestre. L'orchestre dans les théâtre modernes est un retranchement plus ou moins grand qui règne autour de qu'on appelle la rampe de la scène ; c'est la place des symphonistes. Cette enceinte est construite d'un bois sonore, de sapin ordinairement, afin de faire vibrer le son des instruments. C'est absolument la table d'harmonie d'un clavecin, car cette espèce de grand coffre sans couvercle est établi sur un vide avec des arcs-boutants.

L'orchestre français ne date véritablement que du siècle de Louis XIV; ce fut Lulli qui l'organisa. On doit à Lulli l'introduction des timbales et des trompettes dans l'orchestre, et plus tard à Gluck celle de la clarinette, dont on usait si sobrement qu'elle ne se faisait guère entendre que dans les ballets. — Que les temps sont changés ! quelle admirable instrumentation nous avons de nos jours ! elle compte au moins 80 instruments; elle a réuni dans nos orchestres, comme par enchantement, tous les bruits, tous les sons, toutes les voix de la nature, dont la musique n'est qu'une imitation. — Le violon possède d'immenses ressources : il simule la voix humaine ; c'est lui qui, avec la viole, le violoncelle et la contre-basse, règne exclusivement dans un orchestre. La viole repose, par la gravité de ses sons, des brillants éclats du violon ; le violoncelle, quand il chante, exprime la prière et le recueillement des marches religieuses; la flûte, pleine de tendresse, rend les amoureux dé-

sirs; le hautbois est pastoral, propre à la danse des villageois et des nymphes; la clarinette accompagne ordinairement les danses gracieuses et les ballets enjoués, le cor chevaleresque et romantique, appelle à la chasse Henri IV ou Robin des Bois ; l'ophicléide gémit; le trombone, aux poumons de cuivre, annonce de grandes catastrophes.

Parce nombre d'instruments si variés, nos orchestres aujourd'hui sont un monde, où les passions, les sentiments déploient toutes leurs expressions, et où la nature fait ouïr toutes les voix.

Orchestrino. Nom donné par M. Poulleau, en 1808, à un piano à archet de son invention, lequel .imitait le violon, la viole d'amour et le violoncelle. Orchestrion. Nom de deux instruments à claviers qui ont été inventés vers la fin du dix-huitième siècle. Le premier est un orgue portatif composé de quatre claviers, chacun de soixante-trois touches, et d'un clavier de pédales de trente-neuf touches. Le second est un piano uni à quelques registres d'orgue.

Oreille. Cemot s'emploie figurémenten musique. Avoir de l'oreille c'est avoir l'ouïe sensible, fine et juste, en sorte que tant pour l'intonation que pour la mesure, on soit choqué du moindre défaut, et qu'aussi l'on soit frappé des beautés de l'art quand on les entend. On a l'oreille fausse, lorsqu'on chanie constamment faux, lorsqu'on ne distingue pas les intonations fausses des intonations justes, ou lorsqu'on n'est point sensible à la précision de la mesure, qu'on la bat inégale ou à contre -temps.

Organino. Petit orgue que l'on peut transporter d'un lieu dans un autre, et dont les plus grands ont deux pieds de haut et un seul souflet. On appelle encore de ce nom un petit orgue à cylindre avec une manivelle, qui, armé de dents, remplace le mouvement des doigts.

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Organistjë. Celui ou celle qui joue de l'orgue. Un grand organiste n'a pas seulement le talent d'exécuter avec perfection toute la musique qui est propre à cet instrument, mais celui bien plus rare d'improviser tout ce qu'il joue.

Rameau, D'Aquin, Couperin, Balbatre, Séjean, Mozart, Keller, Bach, Haendel, sont des noms fameux dans les fastes de l'orgue.

Autrefois on comptait en France un assez grand nombre de bons organistes; ils deviennent de jour en jour plus rares, parce qu'on néglige de faire des études que demande ce grand art.

Organo lyricon. Instrument inventé à Paris en 1810. Sa forme était celle d'un secrétaire à cylindre; il contenait un piano ordinaire, autour duquel se groupaient quelques instruments à vent.

Orgue. Instrument à vent, le plus parfait de tous pour diriger et soutenir le chant religieux, et celui dont les sons se marient le mieux avec les voix. Dans un espace restreint, sous les doigts d'un seul homme, on peut avec l'orgue obtenir la puissance, la diversité, la justesse, que ne pourraient produire trente ou quarante instruments réunis. Ses accents sont graves et dévotieux, comme dit Montaigne. Il embrasse toute l'échelle des sons, et peut s'unir à tous les genres de voix ; il a des jeux variés, tour à tour doux ou éclatants, suaves ou terribles. Ses trompettes sonores semblent annoncer le jugement de Dieu; ses flûtes lointaines paraissent l'écho des concerts des anges. L'orgue est l'orchestre que demande le plain-chant.

La musique instrumentale fut peu goûtée dans les premiers siècles du christianisme ; les fidèles se bornaient alors à former des chœurs de voix. C'est seulement sous le pape Yitalien l6? que l'orgue fut connu en Italie : il fut introduit en France sous le règne de Pépin, père de Charlemagne; mais cet instrument

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resta longtemps imparfait. Bédos de Celles, dans le siècle dernier, et, de nos jours, MM. Cavaillé-Coll, l'ont enrichi d'améliorations importantes.

L'orgue est un instrument à vent et à clavier ; il a plusieurs jeux ou registres, et un très-grand nombre de tuyaux : il a un, deux, trois, et même quatre claviers composés de quatre octaves et demie; il y a, de plus, un clavier de pédales qui contient une ou deux octaves. Le jeu principal, que nous nommons vulgairement bourdon, est en huit pieds, en seize pieds, et même en trente-deux pieds. L'orgue a encore des soufflets, des ventilles.

Pendant le moyen-age on soutenait le chant religieux avec l'orgue seul ; plus tard on y ajouta d'autres instruments. Sous Louis XIV, un chanoine de Sens ou d'Auxerre inventa le serpent, et cet instiument rauque, âpre, inégal, variable dans ses intonations, vint s'établir dans nos chœurs, y rendre le chant lourd et traînant, et y faire régner la plus fatigante monotonie. Quel spectacle, en effet, que celui d'un homme qui, les joues gonflées, le visage déformé, roulant ses yeux dans leur orbite, étouffe entre ses bras la figure d'un animal immonde, et semble lui arracher de lugubres hurlements! L'ophicléide a, dans beaucoup d'endroits, détrôné le serpent. Cet instrument n'est pas plus agréable à entendre; enfin, plusieurs paroisses adoptent maintenant la contre-basse. Tous ces instruments présentent le même inconvénient qui doit en faire abandonner l'emploi, c'est de résonner à l'unisson des voix graves, par conséquent de ne pas convenir à la voix du peuple. L'orgue est resté seul en possession de la faveur des masses dans nos temples catholiques, seul il a le privilège d'exciter la ferveur, le recueillement, l'enthousiasme religieux.

L'emploi naturel de l'orgue, c'est l'accompagnement des voix; en Allemagne, en Italie, en Belgique,

il remplit toujours cette fonction, et le choeur y est partout inséparable de l'instrument. Dans les vastes basiliques de l'Italie, on a des orgues que l'on roule, et qui suivent le chœur dans les diverses chapelles où il se transporte pour chanter l'office. Dans ces églises tout s'exécute avec accompagnement : non-seulement les hymnes sacrées, mais encore le chant de l'officiant, les réponses du peuple, la préface, etc.

Il faut le dire, les pays dont nous parlons sont bien supérieurs à la France sous le rapport de l'exécution de la musique sacrée. Chez nous, à part quelques grandes villes qui font une honorable exception, quelques voix isolées chantent le kyrie, l'orgue répond par une fantaisie de la façon de l'artiste, Dieu sait quelle fantaisie ! .... Le prêtre entonne l'hymne de saint Ambroise, Te Deum, laudamus ; l'organiste continue par une réminiscence de quelque air à la mode. Voilà le rôle que joue souvent l'orgue en France. Cependant le tableau n'est pas partout le même, nous l'avons dit, il y a des exceptions; des organistes au style grave, austère, ont conservé les belles traditions de l'art religieux.

Les orgues sont extrêmement multipliées en France depuis quelques années. On en a construit ou réparé plus de quatre cents, de 1834 à 1844, tandis que dans les dix années précédentes il ne s'en était pas établi cinquante. De simples bourgades, des villages même en ont enrichi leur église, et le nombre s'en accroîtrait bien plus encore, si l'on n'était arrêté par une difficulté qui parait insoluble, celle de se procurer un artiste pour toucher l'instrument. La charité des fidèles peut, par un effort une fois fait, réunir la somme nécessaire pour l'acquisition de l'orgue; mais on ne peut chaque année s'imposer les sacrifices indispensables pour entretenir un organiste. C'est là une difficulté sérieuse, et dont la solution devrait être

cherchée avec ardeur par les évoques, les membres du clergé, et tous les hommes qui s'intéressent à l'avenir de la musique religieuse. — On trouve à Paris beaucoup d'organistes habiles et instruits, qui ont fait de bonnes et sérieuses études au Conservatoire, sous la direction de M. Benoist ; on devrait tâcher de les attirer dans les provinces, où ils pourraient à leur tour fonder un enseignement utile.

Orgue a cylindre. C'est celui qui va par le moyen d'un cylindre, sur lequel on a noté un certain nombre de morceaux de musique avec des pointes. Ces pointes font mouvoir les touches d'un clavier qui leur est approprié. C'est au moyen d'une manivelle tournante que le cylindre se meut et présente successivement, ou simultanément , ses pointes aux touches qui répondent aux tuyaux. Les orgues d'Allemagne, les orgues de Barbarie , dont les chanteurs des rues s'accompagnent, les serinettes, les merlines, sont des orgues à cylindre.

Orgue jexpressif. L'effet de ces orgues est de la plus grande beauté. M. Erard a mis le comble à la perfection de l'orgue, en réunissant, dans un instrument qu'il avait construit sous la Restauration, pour la chapelle du roi, le genre de l'expression de la pédale sur les deux claviers du grand orgue à l'expression par la pression des doigts sur un troisième clavier. Dans cet état, l'orgue est vraiment l'instrument le plus beau, le plus majestueux, le plus puissant qui existe.

Orgue hydraulique. Celui dont les soufflets ou les cylindres sont mis enjeu par le moyen de l'eau. Comme l'humidité est extrêmement nuisible aux orgues, ce moyen n'est plus employé. Au reste, on manque de renseignements certains sur cet instrument dont parlent seulement quelques anciens auteurs.

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Orgue pneumatique. C'est l'orgue ordinaire, celui où le son est produit par le vent.

Orgia. Fêtes en l'honneur de Bacchus. Le chant, accompagné de la lyre et de la flûte, y figurait comme une des parties essentielles de la fête.

Originalité. L'originalité dans les arts, et dans la musique en particulier, c'est la nouveauté dans les idées et dans la façon de les exprimer, de les agencer, de les combiner; c'est, en un mot, la force créatrice et l'individualité du génie. (Voyez Imagination, Génie musical).

Origine de la musique. La musique est une langue universelle, qui fut donnée à l'homme parle Créateur, dès le commencement du monde, pour exprimer des idées et des sensations qu'aucune autre langue ne peut traduire. On ne peut douter qu'Adam et Eve, qui avaient tant d'actions de grâces à rendre à Dieu, aient chanté ses louanges dans le Paradis terrestre. Noé et sa famille, à la sortie de l'Arche, firent de même; et plus tard, Moïse et les Hébreux, après le passage de la mer Rouge. Avant qu'on eût bâti des temples à la divinité, la nature entière, et son Roi en tête, unissaient ici bas leurs concerts à ceux des anges. (Voyez le mot Musique).

Orphéon. Instrument de musique monté avec des cordes de boyau, que l'on fait parler au moyen d'un clavier et d'une roue qui porte un archet; il a la forme d'un très- petit piano.

Orphéon. C'est le nom donné à une institution municipale de la ville de Paris, dont le but est d'enseigner la musique vocale aux enfants des deux sexes qui fréquentent les écoles communales, et aux ouvriers adultes. L'orphéon a été fondé en 1820, et la direction en fut confiée à Wilhem, qui avait conçu l'idée première de cet enseignement, et en avait apprécié l'utilité. Il avait été secondé par son ami, l'il-

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lustre chansonnier Béranger, dont le patronage et l'appui constant lui fut d'un grand secours. Wilhem composa pour l'orphéon une méthode en tableaux qui est encore employée. C'est un enseignement simultané, et les tableaux sont combinés de telle sorte, que des élèves de force inégale peuvent chanter ensemble. Wilhem est mort en 18i2. La direction de Yorpkéon passa, après sa mort, entre les mains de M. Hubert, élève lui-même de l'orphéon. M. Gounod est aujourd'hui directeur de l'orphéon, et M. Hubert est resté attaché à l'enseignement comme inspecteur général.

Il y a tous les ans une séance publique de l'orphéon; on réunit tous les élèves, enfants ou adultes, dans une des grandes salles de Paris; ils exécutent des chœurs sans accompagnement. Les dernières commotions politiques ont nécessairement nui aux progrès de l'orphéon, mais la sollicitude de la ville de Paris ne l'a pas abandonné, et les études vont reprendre une activité nouvelle.

Orpiiéoréon. Instrument de la famille des luths, armé de huit cordes de métal. Il n'est plus en usage.

Ouverture. Composition instrumentale qui sert de début aux opéras et aux ballets.

L'ouverture doit se conformer au drame d'une manière générale, et peut se lier quelquefois aux premières scènes qui la suivent immédiatement. L'ouverture fera connaître d'abord le caractère de l'opéra qu'elle précède, et donnera ensuite des pressenti ment s sur la nature des événements, le caractère des passions qui doivent occuper la scène, et quelquefois même sur les personnages, le lieu et le temps où se passe l'action. Ainsi, l'ouverture d'iphigénie en Aulide nous dispose à une action vive, intéressante et d'une grande noblesse ; celle de Guillaume Tell peint le calme de la vie champêtre troublé par une fanfare de trompettes qui appelle Jes paysans à Ja conquête de la liberté;

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