QUE
qu'elles établissent, pouvaient seuls faire penser que des compositeurs nés en Italie avaient le privilège exclusif de nous donner une musique qui convînt à notre langue, à nos oreilles et à notre scène lyrique.
Les premiers s'appuyaient sur l'autorité des faits, si puissants sur nos jugements, et sur celle des impressions, si puissantes sur notre âme. Les seconds n'avaient pour appui que des doctrines et des ouvrages que les Piccinni et les Sacchini pouvaient faire un jour, mais qu'ils n'avaient pas faits encore. Ces derniers, tous écrivains renommés, étaient en grand nombre. Parmi les premiers, l'abbé Arnauld et Suard parurent longtemps seuls dans la lice. Mais le plus habile défenseur de la musique de Gluck fut, sans aucun doute, l'auteur anonyme d'une série d'articles qui parurent dans la Gazette de Paris, sous ce titre : Petites Lettres, par un habitant de Vaugirard. Rien de plus solide et de plus piquant que cette correspondance, qu'on attribue généralement à Diderot. Depuis les dix-huit petites lettres de Pascal, qui firent une si glorieuse révolution dans la langue, dans la plaisanterie et dans l'éloquence françaises, jamais petites lettres n'ont été, depuis la première, attendues avec plus d'impatience; on courait de toutes parts aux cafés de Foy et du Caveau, et l'on en faisait des lectures publiques; on s'étouffait pour mieux entendre ; on battait des mains avec des transports et avec des bravos.
Pendant que tout ceci se passait, des scènes d'un caractère plus grave et plus sérieux avaient lieu dans la salle de l'Académie royale de Musique ; on applaudissait avec fureur, on sifflait avec acharnement, et les jeunes gens, les vieillards même en venaient quelquefois aux mains.
Qujeue. On distingue dans les notes la tête et la
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queue : la tête est le corps même de la note ; la queue est le trait perpendiculaire qui tient à la tête, et qui monte ou descend indifféremment à travers la portée. Dans le plain-chant, la plupart des notes n'ont pas de queue ; mais dans la musique figurée moderne, il n'y a que la ronde qui n'en ait point. Dans la composition de la fugue on appelle queue les notes ajoutées à un sujet pour amener sa réponse. On appelle aussi queue, ce que les Italiens nomment coda, pour désigner la fin, la péroraison d'un morceau.
Queue de violon, de violoncelle. C'est la partie de ces instruments à laquelle les cordes sont attachées, tandis qu'elles sont roulées de l'autre côté des chevilles.
Quinque. Nom qu'on donnait autrefois en France à un morceau de chant à cinq voix; aujourd'hui on dit quintetto ou quintette.
Quinte. La seconde des consonnances dans l'ordre de leur génération. La quinte est une consonnance parfaite ; son rapport est de 2 à 3 ; elle est composée de quatre degrés diatoniques, arrivant au cinquième son, d'où lui vient son nom de quinte. Son intervalle est de trois tons et demi.
On compte trois espèces de quintes, lô la quinte juste ou inaltérée, ou simplement quinte; 2° la quinte diminuée, que l'on appelait autrefois fausse 'quinte; cet intervalle est composé de deux tons et deux demi-tons; 3o la quinte augmentée; cet intervalle est composé de trois tons et deux demi-tons.
Quintes (leur influence sur la voix). Une des études les plus essentielles pour assouplir la voix est celle des quintes. Lorsque l'élève peut l'exécuter d'une manière correcte avec toute l'énergie et la netteté convenables, il faut doubler la vitesse du mouvement, et faire dire trois quintes avec la même respiration.
Outre les résultats que cet exercice doit faire obte-