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a remplacée par une caisse sonore; il faut à cet effet que l'artiste (comme cela se faisait généralement et se fait encore quelquefois aujourd'hui), mette une queue à son instrument, qui vient s'appuyer sur la table sonore.
Cette caisse est à peu près carrée et à peu près moitié moins haute que large; l'artiste est isolé de la table par des traverses qui sont elles-mêmes isolées et portent sur les quatre montants qui servent de pieds à la table ; la chaise porte donc sur les traverses disposées pour cela, en môme temps que pour mettre les pieds de l'artiste, qui se trouve ainsi dans la position habituelle du corps et peut donner une sonorité bien plus grande à l'instrument.
Le môme effet peut se produire en grand pour l'ensemble d'un orchestre.
Clairon. — On sait que certaines armes de l'infanterie, les chasseurs à pied notamment, ne possédaient jadis que des clairons ordinaires; ces instruments du même diapason, et ne pouvant donner que quelques notes, n'étaient susceptibles de former aucun ensemble tant soit peu musical ; si on voulait faire musique, il fallait se résoudre à mettre entre les mains du soldat un second instrument et ce n'était pas une mince charge, surtout pour les musiciens à qui le trombone ou l'ophicléide venait à échoir ; ces graves inconvénients équivalaient à la suppression presque absolue de musique dans certains corps. C'est pour y remédier que M. Sax inventa vers 1847 son nouveau système de clairon. Yoici en quoi consiste son invention. Le clairon ordinaire, indispensable pour le service des signaux, est maintenu, mais lorsqu'on veut faire musique, on enlève la petite branche d'embouchure et on adapte à sa place un appareil armé de Cylindres, qui a des développements variés, suivant le ton et le diapason à obtenir, mais qui, en tout cas,
n'en reste pas moins une pièce aussi légère que portative dont le soldat demeure toujours muni, sans, pour ainsi dire, s'en apercevoir. Ces appareils une fois adaptés au corps du clairon ordinaire, qui est en si bémol, ont pour résultat de le transformer en clairon chromatique soprano en mi bémol, contralto en si bémol, alto-ténor en mi bémol, baryton-basse en si bémol et enfin contrebasse en mi bémol. Ainsi, au lieu de la monotonie et de la pauvreté des anciens clairons, voilà les régiments dotés d'un véritable orchestre de fanfares, parcourant toute l'échelle de l'aigu au grave et susceptible de former une harmonie aussi pleine que complète. S'ils sont deux seulement, les exécutants peuvent jouer un duo ; trois, un trio, et ainsi de suite ; enfin, veut-on les utiliser dans une exécution qui demande le plus de forces possible, rien n'empêche de les adjoindre, comme partie concertante, à un corps de musique militaire de quelque nature qu'il soit.
L'expérience des clairons-sax vient d'être faite au 8e bataillon de chasseurs, avec le plus grand succès. Tous les avantages annoncés par l'inventeur, ont été reconnus et constatés ; et l'on a remarqué, en outre, que l'application de ce système créait un genre de fanfares d'un caractère tout particulier et de l'effet le plus agréable.
Il n'est pas superflu d'ajouter que le doigter des clairons-sax est le même que celui du saxotromba, du saxhorn, etc.
Clarinette. — Les premiers perfectionnements de M. Sax ont été apportés aux clarinettes, de 1835 à 1838; pendant plusieurs années il s'est occupé de faire disparaître les défauts de cet instrument, sous les rapports de la justesse, de la sonorité, de l'égalité et de la facilité d'exécution. Le succès a couronné ses études. La nouvelle clarinette de M. Sax est un
instrument parfait ; les trilles, les arpèges eu octave, autrefois presque inexécutables, sont devenus faciles ; les notes suraiguës, grâce à une petite clef, sont devenues douces et pures. Sans aucun effort, on peut attaquer pianissimo le contre-si bémol haut.
Enfin la clarinette a gagné de l'étendue, au grave et à l'aigu.
Clarinette basse. — M. Sax ne s'est pas borné à améliorer la clarinette soprano, il a cherché à perfectionner tout le système et entre autres la clarinette basse, sur laquelle il est devenu un virtuose très-habile; avant lui, cet instrument était très-défectueux; en 1838, il l'a changé en donnant un diamètre beaucoup plus grand à son tube; en bouchant les trous par des clefs, M. Sax a pu les espacer sur son tube d'après les lois de vibration, et il est arrivé ainsi à une justesse parfaite au moyen d'une petite clef qui ouvre tout près du bec un trou presque capillaire; les sons aigus sortent avec autant de facilité que les graves, le son est d'un beau volume, d'une grande égalité et d'un timbre magnifique.
La clarinette basse de M. Sax n'embrasse pas moins de trois octaves et une sixte dans son étendue ordinaire; mais on comprend que ce sont principalement les notes graves et du médium qui la rendent précieuse aux compositeurs.
Clarinette contrebasse. — M. A. Sax a inventé une clarinette contrebasse, en mi bémol, une quinte audessous de la clarinette basse. Cet instrument trèsportatif et remplissant son but avec les mêmes avantages que sa clarinette basse, est fait d'après le même principe que cette dernière, et descend jusqu'au dernier sol de la contrebasse; il possède des sons magnifiques.
Compensateur. — Le compensateur-sax consiste en un petit mécanisme qui s'applique aux instruments
de cuivre de son système. Mû par le pouce de la main gauche qui cède ou résiste à la sollicitation d'un ressort, ce mécanisme a pour résultat de modifier le son par la longueur du tube. De cette manière, on peut arriver à la justesse la plus parfaite, l'aire sentir la différence du dièse au bémol, appuyer sur une note sensible, comme aussi modifier un doigter. Ce n'est là qu'une partie des avantages du compensateur ; en effet, si on le fait mouvoir pendant l'émission du son, on obtient le glissé ou partamenlo, exactement comme on pourrait le faire avec le trombone à coulisses,, avec le violon, ou encore avec la voix. Cette disposition aussi simple qu'ingénieuse met donc les cuivres au niveau des instruments les plus délicats et les plus parfaits. Un grand nombre d'artistes ont adopté le compensateur et s'en servent avec autant d'avantage que de succès, notamment sur le cornet, le saxhorn et le saxotromba.
Fanfare Sax. — H y a quatre organisations de M. Sax dans ce genre de musique (tous instruments en cuivre). Celle qui est composée de la famille des sax-tubas, introduite par M. Halévy dans le Juif Errant, celle des clairons Sax en usage au 8e chasseur* à pied ; maintenant les deux autres : l'une, composée de 14 instruments, l'autre, de 36; cette dernière employée dans tous les régiments delà cavalerie française depuis 1845, se compose de 6 trompettes à cylindres (système Sax), 2 saxhorns sopranos en mi bémol, 7 saxhorns contraltos en si bémol, 2 saxhorns en la pour remplacer les cors, 2 saxotrombas en mi bémol altos pour remplacer les cors, 2 saxhorns ténors mi bémol, 2 cornets à piston, 1 trombone à cylindre (système Sax), 3 trombones à coulisses, 3 saxhorns en si bémol barytons, 3 saxhorns en si bémol basses à quatre cylindres, 3 saxhorns contrebasses en mi bémol. Celle de M instruments est composée d'un petit
saxhorn soprano mi bémol, 2 saxhorns en si bémol contraltos, 3 saxotrombas en mi bémol, 2 saxhorns barytons en si bémol, 2 saxhorns basses, 1 saxhorn contrebasse mi bémol, 1 saxhorn contrebasse si bémol et 2 cornets à cylindres.
Flûte de Pan Sax. — Cet instrument, qui se distingue par un caractère particulier, et qui était si incomplet jusqu'à ce jour, que les compositeurs ont dû se priver d'en faire usage, M. A. Sax y a apporté de tels perfectionnements, qu'il l'a rendu digne d'occuper un rang dans les musiques instrumentales. M. A. Sax a adapté aux tuyaux des coulisses qui permettent, en raccourcissant le tube, de donner sur chacun d'eux une tierce, une quinte ou une octave d'étendue par demi-tons : par ce moyen, et en soufflant à la fois dans les deux tuyaux, il sera toujours possible de faire entendre, non-seulement un chant quelconque , mais encore un accompagnement à ce chant, ou même des variations doublées.
Flûte Sax. — Inventée par A. Sax, en 1843, admise et entendue par le jury de l'Exposition de l'Industrie française de 1847 : tous les trous sont fermés avec des clefs qui suppriment les cavités à l'intérieur du tube, avantage énorme pour la sonorité et la facilité de l'instrument.
Orchestre Sax. — Cette nouvelle organisation de M. Sax diffère des autres par suite des progrès qu'il a fait faire aux instruments de musique; elle diffère aussi de celle qu'il a fait adopter pour l'armée en
L'orchestre Sax est bien certainement ce qu'il y a de plus beau comme ensemble, comme justesse, comme variété et comme exécution. Cet orchestre se compose de 2 flûtes, 2 ou 4 petites clarinettes, 6 grandes clarinettes, 1 clarinette basse, 2 hautbois, une famille de saxophones composée de cinq instruments, 2 pe-
tits saxhorns sopranos mi bémol, 2 saxhorns contraltos en si bémol, 3 saxotrombas en mi bémol altos, 2 saxhorns barytons en si bémol, 2 saxhorns basses à quatre cylindres, 1 saxhorn contrebasse en mi bémol, 1 saxhorn contrebasse en si bémol, 2 cornets à cylindres, 2 cors, 4 trompettes, 3 trombones ténors, 1 trombone basse, timbales, cymbales, castagnettes, etc.
Porte-voix. — Petit instrument ne produisant qu'un seul son, mais d'une grande puissance. M. A. Sax l'a inventé principalement pour la marine et les chemins de fer; il a environ 30 centimètres de longueur, le cône de son tube est parabolique. La condition particulière de son tube et de son embouchure est la seule cause, par les proportions, de cette grande puissance qui se produit sans anche ni sans sifflet, et seulement par les conditions particulières de l'air; ce moyen est en partie employé par M. Sax, pour porter sur un point donné le son du sifflet, en faisant pivoter un grand porte-voix sur le sifflet de la locomotive.
Réflecteur. — M. A. Sax a inventé en 1839, un réflecteur acoustique, qui consiste en une plaque de métal concave qu'on adapte au pavillon de l'instrument et dont la mobilité permet de lui faire prendre toutes les directions voulues ; au moyen de ce réflecteur on peut diriger les sons vers tel ou tel point; il peut s'appliquer à tous les instruments à vent.
M. Sax a adapté ce réflecteur à un orchestre en plein vent, ce qui a donné les meilleurs résultats.
Saxhorns doubles. — Inventés, en 1851, par A. Sax, ces instruments ont deux pavillons et sont armés de cinq cylindres : celui en mi bémol, par exemple, a l'étendue à lui seul du soprano en mi bémol, du contralto en si bémol cl de l'alto ténor en mi bémol. Ces
instruments sont livrés à l'étude des artistes, et feront probablement une nouvelle révolution instrumentale.
Saxhorn. — Instrument en cuivre à bocal, armé d'un mécanisme de cylindres. M. Sax en a institué une famille entière qui parcourt une immense étendue de l'aigu au grave . Le plus élevé est en si bémol , à l'octave supérieure de l'ancien bugle en si bémol ou de la clarinette en si bémol, ou encore une quinte au-dessus du petit bugle en mi bémol. Le plus grave est le saxhorn contre-bourdon en si bémol, deux octaves au-dessous de l'ophicléide ; ce gigantesque instrument avec ses tubes additionnels des cylindres n'offre pas moins qu'un développement de 48 pieds ; il se joue néanmoins avec facilité et sans fatigue pour l'artiste. Les autres membres intermédiaires de la famille sont, en allant de l'aigu au grave : le petit saxhorn, en mi bémol aigu, le saxhorn contralto en si bémol, le saxhorn alto-ténor en mi bémol, le saxhorn barytonbasse en si bémol, le saxhorn contrebasse en mi bémol, le saxhorn contrebasse grave en si bémol et le saxhorn bourdon en mi bémol. Chacun de ces instruments peut être exécuté un ton au-dessus, c'est-àdire en ut pour ceux en si bémol , et en fa pour ceux en mi bémol.
Les saxhorns se construisent ou droits en avant, ou avec le pavillon en l'air ; cette dernière disposition de forme empruntée au saxotromba est surtout favorable pour la cavalerie.
Le cône de l'instrument est un peu plus large que celui du saxotromba, et un peu moins que celui de l'ancien bugle et de l'ancien ophicléide; aussi sa voix participe-t-elle de ces deux différents timbres, mais naturellement avec beaucoup plus de force, d'éclat, de pureté et de justesse que n'en ont jamais offert le bugle ou l'ophicléide. Quant à remplacer ces instruments dans 1 échelle générale, on a pu voir par la no-
menclature ci-dessus, que non-seulement chacun des individus de l'ancien système y est surabondamment représenté par le nouveau, mais encore que les nombreuses lacunes qui existaient précédemment se trouvent aujourd'hui comblées.
Les saxhorns forment Lle fonds de l'orchestre de fanfares-sax.
Saxopfione. — Le saxophone est un instrument en cuivre armé de dix-neuf à vingt- deux clefs et qui se joue au moyen d'un bec à anche dans le genre de celui d'une clarinette. Son étendue est de deux octaves et une sixte. Le cône de l'instrument est parabolique, ce qui donne une grande homogénéité aux sons; le doigter procède par octave comme celui de la flûte. Il existe des saxophones à peu près dans tous les tons, depuis celui en si bémol contrebasse, une neuvième au-dessous du basson, jusqu'à celui en fa, à l'unisson de la petite clarinette. Les saxophones se divisent généralement pour le ton et le diapason en saxophone basse si bémol ou Ht, en saxophone baryton mi bémol ou fa, en saxophone ténor si bémol ou ut, en saxophone alto mi bémol ou fa, en saxophone soprano si bémol ou ut, et enfin en saxophone suraigu mi bémol ou fa.
Le saxophone est un instrument d'invention encore récente, et déjà sa réputation est faite; il est vrai qu'indépendamment de ses qualités particulières qui en font un instrument solo si remarquable, le saxophone est appelé à jouer un rôle des plus importants dans nos orchestres de symphonie et dans nos musiques militaires ; l'épreuve en a été faite de la façon la plus triomphante, dans plusieurs musiques régimentaires et notamment dans l'orchestre de la grande harmonie de Paris où sa beauté, sa distinction, et sa suavité merveilleuse ont produit un effet véritablement magique. Le volume aussi bien que la portée
de sa voix, assigne, pour ainsi dire, au saxophone le rôle d'intermédiaire ou de concordant entre les instruments faibles et les instruments forts, si bien qu'il n'écrase point les premiers, et ne se laisse point écraser par les seconds. Cet inestimable avantage auquel viennent se joindre un timbre entièrement original, d'un éclat et d'un charme extrêmes, une justesse et une égalité parfaites dans toute son échelle, une grande facilité d'exécution, une agilité prodigieuse, enfin une étendue considérable, par rapporta chaque espèce de saxophone, et qui embrasse en entier le clavier général des sons, tout cela explique suffisamment l'intérêt qui s'attache à une découverte si brillante et si parfaite dès son origine. Le sentiment des compositeurs, des artistes, bref de tous les hommes compétents a été unanime sur ce point que le saxophone est un des plus beaux et des plus utiles instruments qui existent.
Saxolromba. — Instrument en cuivre à bocal, armé d'un mécanisme de cylindres. Cet instrument a été inventé par M. A. Sax, vers 1843. Il comporte une famille de sept membres, allant de l'aigu au grave, divisés par quinte et quarte; ainsi : le saxotromba suraigu en si bémol, une octave au-dessus de l'ancien bugle en si bémol ; le saxotromba en mi bémol soprano à l'unisson du petit bugle en mi bémol; le saxotromba contralto en si bémol, à l'unisson du bugle ordinaire; le saxotromba alto-ténor en mi bémol, à l'unisson de l'ophicléide alto; le saxotromba baryton-basse en si bémol, à l'unisson de l'ophicléide basse en si bémol; le saxotromba contrebasse en mi bémol, une octave au-dessous de l'ophicléide alto, et le saxotromba contrebasse grave en si bémol, une octave au-dessous de l'ophicléide basse. Chacun de ces instruments peut être exécuté un ton au-dessus, c'est-à-dire en ut pour ceux en si bémol, et en fa pour
ceux en mi bémol. Les proportions du saxotromba sont entièrement nouvelles, et sa voix tient, en quelque sorte, le milieu entre le timbre des trompettes, des trombones, d'une part, et de l'autre, des bugles et des ophicléides; moins strident que les premiers, le saxotromba n'a ni la lourdeur, ni le son empâté des seconds. Par sa forme nouvelle, comme par le contour de ses tubes, il est infiniment mieux disposé pour l'émission du son, ainsi que pour la facilité du placement et du maniement. Les pavillons se trouvant tous dans la même direction, le son se propage et arrive à l'oreille de l'auditeur avec bien plus de puissance. Enfin, l'instrument est particulièrement avantageux pour les musiques de cavalerie.
Les saxotrombas sont presque toujours à trois cylindres; on en fait cependant aussi à quatre et même à cinq cylindres.
L'alto de la famille est presque partout en usage soit dans les orchestres de symphonie, soit dans la musique d'harmonie, soit dans les musiques pour bals. Il remplace le cor avec un immense avantage, ayant une bien meilleure sonorité, et n'exigeant pas, à beaucoup près, autant de talent de la part de l'artiste.
Le doigter est le même pour tous les membres de la famille.
M. A. Sax a transporté la forme et les principales dispositions du saxotromba, non-seulement à ses saxhorns, mais encore à plusieurs instruments anciens, tels que le cornet, le cor, la trompette et le trombone, et il les a ainsi dotés des avantages qui y sont attachés. L'un des plus considérables, sans contredit, c'est l'unité de doigter qui fait que lorsqu'on sait jouer de l'un, on sait jouer également de tous les autres.
Saxtuba. — Instrument de cuivre à bocal armé d'un mécanisme de cylindres. Cet instrument fut inventé par M, Ad. Sax, vers 1850, à l'occasion de l'opéra de
M. Halévy : le Juif errant. Sa famille comporte sept membres de l'aigu au grave, comme celle du saxotromba. La forme des sax tubas a de l'analogie pour la forme avec celle des tubas romains. Au moyen de ses cylindres, leur échelle est chromatique. Leurs proportions diffèrent légèrement de celles des saxhorns ; quant à la puissance de sons elle est incomparablement plus grande que celle de tous les instruments en cuivre connus, ce qui est principalement dû à la simplicité des contours ne formant qu'une ou deux courbes sans aucun angle. Pour se faire une idée de cet éclat formidable, îl faut avoir entendu, comme cela nous est arrivé, un petit orchestre de quatorze saxtubas dominer et couvrir facilement une masse de quinze cents instruments à vent ( cérémonie de la bénédiction des aigles, au Champ de Mars). Yoici ce que disait à ce sujet M. Adam, dans un feuilleton de Y Assemblée nationale du 19 décembre 1852: « Leur son n'est jamais un bruit, c'est toujours une » note sonore et accentuée ; l'expérience de leur in- » tensité et de la facilité de propagation de sonorité a, » du reste, été faite, il y a dix-huit mois, à la fête des » aigles, au Champ de Mars, où étaient réunis quinze » cents musiciens militaires. Quatorze instruments de » M. Sax suffisaient pour dominer cette énorme » masse d'instrumentistes.»
On se rappelle la surprise causée par l'apparition des saxtubas sur la scène de l'Opéra, surprise qui se changea bien vite en satisfaction et se traduisit en applaudissements. Leur extrême puissance donna lieu, à la même époque, à une polémique des plus vives et des plus animées dans plusieurs journaux, notamment entre M. Jules Janin, le critique des Débats ■, et le directeur de l'Opéra, M. Roqueplan.
La forme des saxtubas est aussi pompeuse qu'élégante et concourt merveilleusement a l'éclat d'une