‹ Dictionnaire de musique théorique et historique (volume 2)Chapitre 72 sur 117 · SC A · texte numérisé non relu

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cérémonie publique, ou d'une représentation théâtrale.

Timbales Sax. — Inventé par A. Sax , en 1852, cet instrument est un progrès énorme pour les orchestres; sans occuper une place considérable, il comporte simultanément tous les tons de la gamme et n'exige pas un long accordage; il est composé d'une série de cercles de hauteurs à peu près égales, et dont la capacité intérieure est en rapport avec le son que chacun d'eux doit produire dans une gamme chromatique; ces cercles sont superposés de manière qu'une caisse supérieure soit en retraite sur la caisse immédiatement inférieure d'une quantité suffisante pour que les baguettes de l'artiste fassent franchement résonner la peau de chacune d'elles.

Trombone (ténor Iteêso). — Ce nouveau trombone de l'invention de M. Sax, se joue absolument comme l'ancien et avec les mêmes positions ; seulement, il est muni d'un cylindre qui lui donne sur son devancier une supériorité incontestable. Ainsi, au moyen du cylindre en question, les notes graves mi bémol, ré, ré bémol, ut et si qui font lacune sur l'ancien trombone, deviennent sur le trombone-sax d'une exécution aussi nette que facile. Le même cylindre permet d'y rendre avec la plus grande aisance, des traits et passages d'une difficulté extrême ou même presque inexécutables sur l'ancien.

Saynette. Petite comédie mêlée de chansons que l'on représente en Espagne. Les saynettes sont des espèces d'intermèdes comiques, joués par trois ou quatre acteurs, et quelquefois même par un seul.

Scaia (Théâtre de la). Le théâtre de la Scala, à Milan, est, sans contredit, une des scènes lyriques les plus importantes de l'Europe. Malgré son immense développement, cette salle est fort sonore; ce qui est dû, sans doute, à l'absence de ces rangs de galeries cl

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de loges ouvertes, qui absorbent une grande partie du son dans nos théâtres. Lorsque le public veut bien écouter, ce qu'il ne fait guère que par fraction, hormis à certains moments convenus, la plus faible émission de son arrive jusqu'aux dernières limites de la salle. A la Scala, des artistes doués de peu de voix sont parfaitement entendus.

Les voyageurs qui ne font que traverser les villes d'Italie, en emportent le plus souvent des idées superficielles et fausses, qu'un peu de conscience leur défendrait d'émettre légèrement. On a prétendu qu'on joue toujours le môme opéra, pendant plusieurs mois de suite, dans les grands théâtres d'Italie ; rien n'est plus faux. A la Scala, par exemple, nous avons vu défiler, dans un espace de trois mois à peine, sept opéras, dont quatre entièrement nouveaux pour le public et trois reprises d'ouvrages oubliés. Sur les quatre nouveautés trois étaient spécialement écrites pour le carnaval de la Scala ; ce qui forme un ensemble de travaux qui réduit à bien peu de chose ce que fait notre Académie impériale de musique. Mais aussi, quel métier que celui des chanteurs d'Italie ! chanter tous les soirs l'opéra monté, répéter tous les matins celui qui va suivre, apprendre toutes les nouveautés écrites expressément pour le théâtre, voilà leurs obligations. Il faut avoir une poitrine de bronze et un courage de fer pour y résister.

La plus grande partie des opéras représentés au théâtre de la Scala sont en trois actes, divisés chacun en plusieurs tableaux. Après chaque acte, on joue un ballet qui dure au moins une heure, ce qui laisse au chanteur le temps de se reposer pour entamer l'acte suivant. Dans la saison d'hiver, dite saison du carnaval, l'opéra est suivi d'un second ballet de genre comique, qui prolonge la durée du spectacle jusqu'à minuit au moins, de sorte que les spec-

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tateurs intrépides n'en sortent que le lendemain du jour où ils y sont entrés. Le luxe des décorations est un peu au-dessous de sa réputation à Milan, et notre Grand-Opéra est bien supérieur à la Scala sous ce rapport; mais les costumes des ballets sont fort riches. Un acteur représentant un personnage de qualité n'oserait se présenter en scène sans toute sorte de broderies et de plumes, souvent peu appropriées à la sévérité de la tradition historique. Les prime donne ont toutes l'air d'avoir trempé leurs robes de velours dans le Pactole, ce fleuve aux paillettes d'or, et la moindre confidente d'opéra scintille comme le ciel d'une nuit d'Italie.

L'orchestre de la Scala se distingue avant tout par uno merveilleuse science d'accompagnement; et c'est un immense mérite. Là, les individualités ne cherchent pas isolément à briller, et tout l'amour-propre consiste dans le bon ensemble de la masse. Vous entendriez souvent chanter tout un air, un duo, sans songer qu'il existe un orchestre, tant il se mesure supérieurement sur les nuances du chant. Cette supériorité discrète dans les accompagnements ne l'empêche pas d'être nerveux, puissant, chaleureux dans les moments voulus.

Excellent dans son ensemble , l'orchestre de la Scala possède plusieurs artistes hors ligne. Nous citerons notamment les deux frères Cavallini, dont l'un est premier violon et chef d'orchestre, tandis que le second possède le plus admirable talent sur la clarinette. Quoique ce dernier ait, depuis deux ans, entrepris une tournée en Europe pour se faire entendre dans des concerts, il n'a pas cessé de figurer sur les cadres de l'orchestre de la Scala.

Scander. Exécuter un trait de manière à en distinguer les temps de chaque mesure, les diverses articulations, tant en marquant les coulés, les piqués, que

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