SIC
Sextuor. Composition à six parties obligées.
Le sextuor vocal est accompagné par l'orchestre ou le piano. Le sextuor instrumental se borne toujours aux six instruments pour lesquels il est composé.
Boccherini a écrit des sextuors pour flûte, deux violons, viole et deux violoncelles. Les sextuors pour deux clarinettes, deux cors et deux bassons, sont d'un bon effet. Les sextuors de IL Bertini sont les plus beaux de la nouvelle école.
Si. Note de musique que les Allemands désignent par la lettre h, lorsqu'elle est sans altération, et par la lettre b, lorsqu'elle est altérée d'un bémol. C'est le septième degré de notre échelle musicale dans le mode majeur, et le second dans le mode mineur. Il porte accord parfait diminué, et s'emploie en harmonie dans les deux modes, en suivant toujours une marche différente.
Si. Septième syllabe du solfège moderne.
Siamois (Musique chez les). Les Siamois paraissent avoir fait plus de progrès dans la musique que les autres nations de l'Asie. Leurs mélodies généralement vives et brillantes, ne sont pas dépourvues de charme, même pour l'oreille exercée d'un Européen. 11 y a beaucoup de douceur, d'agrément et de simplicité dans la musique des Siamois. Elle diffère de celle des autres nations orientales barbares, en ce qu'elle est en général dans le mode mineur. Le but des musiciens siamois est de toucher le cœur, d'intéresser l'esprit et d'exciter les passions. Pour y parvenir, ils ont plusieurs espèces d'airs, qu'ils emploient selon l'effet qu'ils cherchent à produire. Leurs morceaux de musique sont en très-grand nombre.
Sicilienne. C'est une danse napolitaine à 6/8 qui doit s'exécuter allegro. Le dessin mélodique est binaire, c'est-à-dire semblable de deux en deux mesu-
res. Elle a les mômes proportions que ses soeurs, la polka et la mazurka , c'est-à-dire trois périodes ot huit ou seize mesures terminatives après le rappel du premier motif, quelquefois des deux premiers.
Signes. Ce sont en général les divers caractères dont on se sert pour noter la musique.
Silence. Nom générique des signes qui correspondent aux différentes valeurs des notes, et marquent l'interruption des sons pendant toute la durée de ces mêmes valeurs. Le silence d'une ronde se nomme pause, et se marque par une petite barre horizontale ; celui d'une blanche, demi-pause, et se figure de môme, à cela près de la différence de position sur la portée. Le silence d'une noire s'appelle soupir, celui d'une croche demi-soupir, ainsi de suite.
Simple. Dans la musique, tout double ou composé a son simple, et tout simple a son double ou composé, comme contrepoint simple ou double, figure simple ou double, etc.
Sirvente. Sorte de poésie ancienne des troubadours et des trouvères, ordinairement satirique, et qui est presque toujours divisée en strophes ou couplets destinés à être chantés. (Voyez Troubadour.)
Sistre. Instrument de percussion. Il est ovale et fait d'une lame de métal sonore, dont la circonférence est percée de divers trous opposés, par lesquels passent plusieurs baguettes de métal. On agite le sistre en cadence pour lui faire rendre un son. Cet instrument est employé dans la musique militaire.
Sociétés de musique. C'est surtout en Allemagne que les sociétés de musique ont pris un grand développement. La musique n'est cependant pas innée chez le peuple allemand, comme on le croit généralement en France. Elle est plutôt le résultat de l'éducation primaire et du protestantisme. Les enfants des deux sexes prennent chaque jour deux leçons de
chant dans l'école publique, qu'ils aient de la voix ou non.
Jl n'est pas une ville en Allemagne, si petite qu'elle soit, qui n'ait au moins sa société dirigée par un amateur distingué, ou par un maître de l'école primaire. Ces sociétés se composent de jeunes gens et de jeunes personnes dans la fleur de l'âge. Comme on se cotise pour couvrir les frais de l'établissement, chaque membre, homme ou femme, paye un nombre égal de florins par an. Ce fonds sert à acheter de la musique, à payer les copies, le salon où l'on s'assemble, et mille autres choses qui sont à la disposition du directeur.
On se réunit une ou deux fois par semaine, et Ton s'exerce à chanter des chœurs et des oratorios. Les sociétés composées seulement d'hommes chantent les quatuors sans accompagnement. Souvent la société est forte de trois ou quatre cents membres. Alors les fonds sont considérables; les soirées et les bals plus nombreux. Chaque nouveau membre y entre par ballotage et après avoir subi un examen; car s'il n'a pas une voix excellente, il faut au moins qu'il soit bon musicien et qu'il sache lire a prima vista. Pour ceux qui ont de la voix, on est plus indulgent, mais on leur enseigne à part des soli.
De temps en temps les différentes sociétés se réunissent, soit pour exécuter un grand oratorio au théâtre, soit pour chanter au bénéfice des maheureux. A Francfort, par exemple, le maître de chapelle n'a qu'à donner un ordre , et toutes les sociétés de chant se réunissent au théâtre avec les chœurs, et composent un ensemble d'environ six à sept cents personnes. On voit alors de jeunes bourgeoises rivaliser de voix et de beauté avec les premières artistes ; car celles-ci ont toujours soin de s'habiller en simples bourgeoises. Il en est de même des sociétés instrumentales, où les amateurs
viennent une fois par semaine pour exécuter les symphonies de Beethoven et de Mozart. Il faut avoir entendu la marche triomphale de Titus de Mozart, exécutée à Francfort, sous la direction de M. Guhr, maître de chapelle, par trois cents amateurs, cinquante musiciens de l'orchestre du théâtre, cent de la ligne, et cinquante de la garnison autrichienne, tout cela après une seule répétition : on ne se figure pas l'effet produit par ces masses vocales et instrumentales. Qu'on se représente M. Guhr faisant exécuter la création de Haydn par sept cents voix et trois cents musiciens. Il ordonnait, et le lendemain une répétition avait lieu dans l'église Sainte-Catherine, le surlendemain on assistait à la représentation.
Tous les printemps on donne des fêtes musicales à Heidelberg, Dusseldorf, Trêves, Mayence, Cologne, Bonn, Carlsruhe et autres villes au bord du Rhin, où six à sept cents chanteurs et cantatrices se réunissent pour exécuter de la musique sévère et religieuse. Un grand compositeur dirige ordinairement les chœurs et l'orchestre, et les premiers artistes se chargent des soli. Les chanteurs font souvent des voyages de trente à quarante lieues, et les habitants de la ville s'engagent à leur donner l'hospitalité.
Les sociétés de musique se multiplient aussi en France depuis quelques années, grâce au mouvement musical imprimé par l'Orphéon de Paris aux institutions orphéonistes de la province. Jusqu'à présent, c'est dans le nord de la France, bien plus que dans les contrées méridionales, que ces sociétés ont donné signe de vie. Quelques-unes mêmes, telles que celles d'Arras, Lille et Douai, sont allées disputer les prix aux sociétés chorales en Belgique et en Allemagne. Dans le courant de l'année 1853, il y a eu à Melun, à Fontainebleau et dans quelques autres villes, de belles