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fêles musicales organisées avec le concours des sociétés chorales de diverses localités. Nous ne doutons pas que ce genre d'institution ne s'étende peu à peu sur toute la surface de la France, et n'acquière, dans notre pays, la même importance qu'en Allemagne et en Belgique.

Solfège, Solfier. On nomme solfège, ou plutôt solfèges, tout recueil d'exercices, d'études ou d'airs disposés le plus ordinairement dans un ordre progressif, et destinés à être solfiés, c'est-à-dire chantés, en prononçant les syllabes qui servent de dénomination aux notes. Le nom de solfège s'applique également aux livres élémentaires qui enseignent les principes de la musique en général , et qui contiennent des leçons pour exercer les élèves à solfier. Toute bonne éducation musicale doit commencer par une longue pratique des solfèges , même quand on doit se borner à apprendre à jouer d'un instrument quelconque; car il n'y a rien de comparable aux exercices de solmisation pour acquérir le sentiment de la mesure et la justesse de l'intonation. Presque tous les peuples de l'Europe, hors les Allemands, emploient pour solfier les syllabes correspondantes aux sept notes de la gamme de Guido d'Arezzo,si ce n'est qu'ils remplacent la première syllabe du premier degré ut par cette autre do, comme moins sourde et plus douce à prononcer. M. A. Panseron, professeur au Conservatoire de musique de Paris, a composé des solfèges qui sont généralement adoptés dans l'enseignement. Ceux du Conservatoire, d'Italie, de Rodolphe, de Cherubini, de Chelard, deGaraudé, de Catrufo, etc., sont également très-estimés.

Solmisation. — C'est l'action de solfier ou solmiser. Dans l'école française, comme dans celle d'Italie, on solfie les notes en les nommant par leur nom : ut, ré, mi, fa, sol, la, si. Il est à remarquer que ces sept

lettres correspondent aux sept syllabes de l'hymne de Saint-Jean :

Ut queant Iaxis Solve polluti

Resonare flbris, Labii reatum,

Mira gestorum Sancta Joannis

Tamuli tuorum , Etc. , etc.

Le mot solmisation, comme le mot solfège, vient de ce que l'échelle diatonique sur lequel était basé ce genre d'étude commençait par sol. Il en est de cette étymologie comme de celle du mot alphabet, qui vient du nom des deux premières lettres grecques alpha et bêta, dont on a composé le terme qui est en usage dans notre langue. Les Allemands et les Anglais se se servent pour solfier des lettres romaines A, B, G, D, E, F, G, substituées par saint Grégoire, au VIe siècle, aux lettres grecques.

Son. Le son n'est point un corps ou un être matériel, mais seulement une propriété d'autres corps, notamment de l'air qui le produit sous l'influence des agents qui le font entrer en vibration; car on sait qu'il n'y a pas de son possible dans le vide. L'on sait de même que toute espèce de son est incontestablement déterminée par la vibration des corps élastiques, et que son plus ou moins grand caractère d'unité dépend du nombre plus ou moins grand de ces vibrations. L'air n'est pas le seul véhicule du son, quoiqu'il en soit le plus ordinaire, et l'on sait même, depuis Descartes, qu'il se transmet plus rapidement par le moyen des liquides que par celui des gaz et des fluides. La transmission par ces derniers, notamment par l'air, est surtout bien moins rapide que par les solides, tels que le bois, le fer, par exemple.

Les nuances des sons varient à l'infini, comme le nombre des vibrations qui les produisent. On nomme intervalle le rapport d'un son à un autre, ou plutôt

le rapport entre les nombres de vibrations qui produisent ces sons. Les intervalles prennent différents noms, relativement au nombre de sons qui se trouvent entre ceux que Ton compare. On les nomme seconde, tierce, quarte, quinte, sixième, septième, octave, quand les sons composés se suivent immédiatement, ou quand l'oreille peut intercaler 1, 2, 3, 4, 5, 6 sons intermédiaires.

Le mot bruit, pris quelquefois pour synonyme de son, est spécialement consacré à caractériser, en fait de sons, tous ceux qui ne sont pas ce qu'on nomme musicaux proprement dits.

Son de voix, Ton de voix. Ces deux expressions, synonymes en ce qu'elles expriment les affections caractéristiques de la voix, ont cependant entre elles des différences considérables. Le son de voix est déterminé par la construction physique de l'organe; il est doux ou rude, agréable ou désagréable, etc. Le ton de voix est une inflexion déterminée par les affections intérieures que l'on veut peindre. Il est, selon l'occurrence, impérieux ou soumis, fier ou humble, vif ou froid, sérieux ou ironique, triste ou gai.

Sonate. La sonate, du mot italien suonare, sonner, s'applique au jeu de tous les instruments; c'est une pièce de musique instrumentale, quelquefois avec accompagnement. Elle prend le nom de trio, quand elle est accompagnée par un troisième instrument. La sonate se compose ordinairement de deux ou trois morceaux : 1° allegro ; 2o adagio ; 3° rondo ou presto. Toutefois, Sébastien Bach a composé des sonates à quatre et même cinq morceaux, qui ont obtenu longtemps un grand succès, ce que notre génération a le tort de ne pas connaître.

La sonate se rapproche du concerto et de la fantaisie, en ce sens qu'elle est un morceau d'exécution

composé pour faire briller l'artiste ; mais le style en est plus sévère; de sorte qu'elle est en même temps une véritable étude, un exercice, et quelquefois une pièce fort difficile pour un seul instrument. Quelque resserré que soit le cadre dans lequel se renferme cette composition musicale, un harmoniste habile peut y jeter des effets d'une certaine puissance; il doit môme s'attacher à tempérer la sévérité un peu pédagogique du genre par de gracieuses mélodies, des thèmes originaux et des accompagnements variés.

La sonate demande à être jouée avec une irréprochable précision ; elle ne souffre ni broderies, ni périphrases, ni aucun de ces traits brillants, mais parasites, désignés dans l'école sous le nom de fioritures, MM. Baillot et Liszt ont donné des modèles d'exécution, le premier dans les sonates de Tartini et de Yiotti, le second dans celles de Beethoven, admirables chefs-d'oeuvre où se retrouve tout entier, avec autant d'éclat que d'élévation et de profondeur, le génie du créateur des symphonies.

Presque tout le dix-huitième siècle fut l'esclave de la sonate, et chacun connaît la boutade que ce culte exclusif pour une idole maintenant tombée, inspira à Fontenelle. De notre temps, M. Fétis, parodiant l'exclamation comique de l'ingénieux auteur de la Pluralité des mondes y a pu dire : Sonate, où es-tu? Et de fait, la sonate est morte, morte à petit bruit, sans funérailles, sans oraison funèbre.

Les meilleures sonates pour le piano sont de Ch.- Emmanuel Bach, Haydn, Mozart, Beethoven, démenti, Dusseck et Hummel. Tous les artistes connaissent les sonates de Sébastien Bach pour clavecin et violon. Krumpholtz a fait pour la harpe ce que démenti avait fait pour le piano. Gorelli, Tartini, Locatelli, Leclair, Yiotti, Baillot, Pleyel et Kreutzer ont écrit d'excellentes sonates de violon. Fruncischello et

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