‹ Dictionnaire de musique théorique et historique (volume 3)Chapitre 18 sur 112 · XXII PRÉFACE · texte numérisé non relu

XXII PRÉFACE

un parti à propos de certaines inventions attribuées quelquefois à plusieurs musiciens différents. Ainsi, après avoir parlé du tétracorde ou système de Mercure, « auquel on en attribue communément l'invention vers l'an du monde 2000, » et de Pythagore, « qui, selon la plus commune opinion, avait établi des règles pour trouver les proportions des sons, » il ajoute : « Mais comme on vit que ces huit sons ne suffisaient pas, divers particuliers ajoutèrent peu à peu d'autres chordes, etc. » C'est un moyen naïf de se tirer d'embarras et d'éviter les discussions.

Ce n'était pas tout que d'avoir expliqué, traduit, commenté tous les mots italiens employés en musique. L'abbé Brossard n'était pas satisfait, il voulut encore qu'on sût les lire harmonieusement, qu'on les prononçât dans toute leur pureté, en véritable Toscan, en académicien de la Crusca; il aurait volontiers fait couler l'Arno dans la Seine. Il mit donc à la suite de son Dictionnaire un Traité de la manière de bien prononcer les mots italiens. Quelques-unes des explications de l'abbé semblent empruntées à M. Jourdain. Ainsi il dit que la lettre A doit se prononcer la bouche bien ouverte, les lèvres bien séparées, et, surtout, les dents bien desserrées, c'est-à-dire « qu'il faut que la » mâchoire d'en bas soit tellement baissée ou sépa- » rée de celle d'en haut, que du moins la langue » puisse passer librement entre les dents. Je dis du » 77wins, car si on peut la séparer davantage, ce ne

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