‹ Dictionnaire de musique théorique et historique (volume 3)Chapitre 19 sur 112 · PRÉFACE. XXIII · texte numérisé non relu

PRÉFACE. XXIII

'» sera que tant mieux. » L'ouvrage est terminé par la liste des neuf cents auteurs dont nous avons parlé, après quoi l'auteur, par une prière touchante, adjure les détenteurs de livres ou de manuscrits qu'il ne connaîtrait pas, et avec les précautions et les instructions les plus minutieuses, « de les lui vendre, ou de » les lui tvocquer, ou de les lui prêter sous promesses » et telles assurances qu'on souhaitera. »

Le Dictionnaire de J.-J. Piousseau ne vint que cinquante-cinq ans plus tard. La première édition parut en 1758; c'était en grande partie le travail qu'il avait fait pour l'Encyclopédie, qu'il avait revu et qu'il aurait voulu refondre en entier. Dans la pré face de la seconde édition, datée de Motiers-Travers, le 20 décembre 1764 (il y aura bientôt un siècle, et la musique a bien changé depuis ce temps) , il fait bon marché de son œuvre, et regrette de ne pas avoir eu le loisir d'en faire un ouvrage traité avec plus de soin. Il avertit ceux qui ne veulent souffrir que des livres bien faits de ne pas entreprendre la lecture de celui-là. Il pense cependant que ceux que le mal ne détourne pas du bien, y trouveront peutêtre assez de bons articles pour tolérer les mauvais, et dans les mauvais mêmes, assez d'observations neuves et vraies pour valoir la peine d'être triées et choisies parmi le reste. « Les musiciens lisent peu, dit-il, et cependant, je connais peu d'arts où la lecture et la réflexion soient plus nécessaires. » <• Les

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meilleurs livres, dit-il plus loin, sont ceux que le vulgaire décrie, et dont les gens à talent profitent sans en parler. » Il faut tout pardonner à un homme tel que Rousseau, ses omissions, ses erreurs, ses obscurités, tout jusqu'à son dédain, on peut dire sa haine pour Rameau et ses ouvrages ; il faut avoir son livre, le lire, non le consulter.

Il y a eu deux Dictionnaires publiés en France depuis celui de Rousseau. Le Dictionnaire de musique moderne^ de M. Castil-Blaze, qui a eu deux éditions, dont la dernière a été publiée en IS^î, et celui du docteur Lichlenthal, traduit en 1839 de l'italien par M. Dominique Mondo. A cette liste, il faut ajouter celui de MM. Escudier, qui ont voulu faire un manuel commode, utile à tous, où l'artiste puisse se renseigner, et l'amateur s'éclairer et trouver l'explication des mots qu'emploie aujourd'hui si fréquemment la critique musicale.

En résumé, les mots qui entrent dans un Dictionnaire de musique, ont donc pour origines diverses, et en suivant l'ordre des temps, la Bible et l'ancien Orient, l'antiquité païenne, le moyen-âge, la renaissance, les temps modernes.

S'il était possible de ranger ces mots par ordre chronologique et de les classer par époque, au lieu de suivre l'ordre alphabétique que commande d'une manière absolue l'usage auquel un Dictionnaire est

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