‹ Dictionnaire de musique théorique et historique (volume 3)Chapitre 39 sur 112 · AR · texte numérisé non relu

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qiier les rùglos aux chants nnîionaiix. Au liou do cela, les Persans, égarés dans les disputes d'école des harmonistes grecs, préféraient l'étude de l'acoustique aux charmes de la modulation, et traitaient la musique comme une science spéculative. — On ne sait pas d'une manière certaine si le système musical des Indiens était à cette époque connu des Persans, ou s'il ne le fut que plus tard. On peut conjecturer cependant, d'après les recherches historiques faites récemment par la Société littéraire de Calcutta, qu'il existait bien anciennement des relationsentrelesdeux peuples.

Une nouvelle époque pour la musique commença en Perse avec les Arabes. Lorsque le calife Omar détruisit ce royaume et planta sur ses ruines la bannière de l'islamisme, la lutte fut terrible. Les premières années qui suivirent cette révolution furent pleines de meurtres et de désolation, mais la Perse y gagna sous quelques rapports. Le peuple vainqueur était doué d'une organisation plus délicate. Ce mélange d'esprits différents produisit un effet salutaire aux deux nations. La langue arabe, en s'unissant à la langue persane, la rendit plus douce et plus sonore. La musique et la poésie des Persans devinrent les filles chéries de celles des Arabes.

Dès les temps les plus reculés, la musique et la poésie étaient fort estimées chez les Arabes, bien que leurs modulations et leurs instruments de musique fussent extrêmement simples. Dans le principe, leur musique et leur chant n'étaient pas autre chose que les cris avec lesquels ils excitaient leurs chameaux , et l'art de leurs chanteurs, qu'ils appelaient hadis , c'est-à-dire piqueurs, consistait en nsccents sauvages qui pouvaient servir à exprimer les passions brutales (le ces conducteurs de troupeaux.

A l'apparition de Mahomet, les mœurs des Bé-» douins s'adouciront , et, lorsqu'ils furent devenus les

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lioiireux possessoiirs des trésors de la Grèce et de la Perse, ils conriirent du cjoût pour les plaisirs de la vie. Comme on l'a dit plus haut, ils reeurent à leur service des musiciens grecs et persans qui les initièrent aux secrets du plus beau des arts. Bientôt on vit briller les Arabes dans l'art du chant, qui atteignit peu à peu le degré de perfection dont leur système était susceptible. Sous les Abbassides, Bagdad était à cette époque le centre de la bonne musique.

Le kaîife lîaroun-al-Piascliid, qui régna de 786 à 809, était grand amateur de musique; il avait pour ami et confident un célèbre joueur de flûte nommé Ishac. Les airs composés par Abou-Giafar, de la race des Abbassides, font encore les délices des Arabes, et l'on attribue des effet* merveilleux à la musique du kalife Abou-Nasar-Mahomet-al-Farabi, qui était appelé VOrpliée arabe.

Voici en abrégé les éléments du système musical arabe :

La musique est divisée en deux parties : le irlif (composition), ou la musique considérée relativement à la mélodie; elVikâa^ (cadence), qui est la terminaison mesurée d'un chant, et qui regarde seulement la musique instrumentale.

Lesmodes principaux sont : P lerast, ou mode droit; 2^ Virak ou mode des Chaldéens; 3° le zirafkeiuL et ^oYisfehan, ou mode de la capitale de la Perse. Chacun de ces modes aune propriété différente. Ainsi, par exemple , Virak agite l'âme, le zirafkcnd fait naître l'amour, etc. Les dérivés de ces modes, appelés furoû (rameaux), sont au nombre de huit. Leurs noms sont presque tous empruntés à quelque ville, à quelque prince, ou à quelque grand homme. Après les huit modes nommés furoiiy viennent les six modes appelés ^i'ar«r, ou composés et dérivés; puis sept autres modes nommés/w/ia/' (mer), qui sont autant de

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phrases musicales commençant chacune par un des sept intervalles qui forment la gamme arabe.

Malgré l'origine persane de leur musique, les Arabes employaient quelquefois, pour indiquer les intervalles, les lettres de leur alphabet au lieu des noms de nombre persans. Les lettres dont ils se servaient ^

sont: alif,be, gim, dal, he, ivaWy zauiy qui correspondent à nos notes : /a, si, do, ré mi, fa, sol.

Les Arabes appellent la musique science des cordes, parce qu'ils placent dans un cercle le carré de leurs modes. Cette méthode convient très-bien à une musique aussi simple et aussi limitée que celle de ces peuples.

Les Arabes et les Orientaux, ne passent jamais d'un intervalle à un autre, soit en montant, soit en descendant, sans parcourir et faire sentir tous les intervalles intermédiaires. Cette manière de faire glisser la voix, qui nous semble insupportable, constitue, suivant eux, l'agrément de la musique. Les Arabes ne connaissent pas l'harmonie, et, dans leurs concerts, toutes les parties chantent à l'unisson ou «à Toctave.

Le nombre de leurs instruments est considérable ; voici les plus connus :

Le rebab, espèce de pandore de forme torse, qui a un manche rond et les cordes de crin, et dont on joue avec un archet, comme de notre violon.

Le tambuvy espèce de mandoline avec un long manche, qu'on pince avec de l'écorce d'arbre ou avec une plume. Il y en a de deux espèces : le grand tambur, qui a deux cordes de laiton tressées, accordées en quinte, avec des touches pour former lestons, et le petit tambur^ dont les deux cordes sont formées de trois fils de laiton non tressés.

Le diif esiy comme le tambour de basque, un cercle sur lequel est tendue une peau, entourée de pe-

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