BAC
et beaucoup plus parfaits. Les Autrichiens nous les ont volés en 1815.
B représente la septième note de la gamme que nous appelons si. Cette lettre placée à la tête d'une partie, marquait dans la musique ancienne la basse chantante, pour la distinguer de la basse continue marquée par BC. — B ou COL B écrit sur une partilion, à la partie de l'alto, signifie que cette partie doit marcher à l'unisson avec la basse. Parfois aussi on écrit cette lettre sur la partie du violoncelle, ce qui est ordinairement indiqué par la clef de basse. — B indique aussi le signe accidentel qui abaisse le son naturel d'un demi-ton.
B CANCELLATUM. Ps'est autre chose que le dièse ordinaire.
Babylonien. Nom d'un des modes arabes, exprimant ia joie, qu'on ajoutait au mode guerrier, lorsque le vainqueur revenait du combat porté en triomphe. (Voyez le mot Assyriens.)
Bacchanales. Fêtes des anciens Grecs et Romains célébrées en l'honneur deBacchus, et accompagnées de musique. — On donnait aussi ce nom à certaines compositions vocales, ordinairement sansinstruments, écrites sur des poésies burlesques et populaires, qui ressemblaient aux chants du carnaval jadis en usage à Florence, surtout au temps des Médicis.
Bacchia. Danse à la manière des ours, en usage
parmi les Kamlschadales, qui, en murmurant une mélodie mesurée à 2/4, et d'un mouvement vif, poussent par intervalles de forts gémissements et marquent les temps de la mesure en frappant avec force la terre de leurs pieds.
B4CCI0C0L0. Instrument dont on se sert dans quelques parties de la Toscane. Il consiste en un vase qui a la forme d'une écuelle. On le tient de la main gauche, et de la main droite on le frappe avec un pilon de la longueur de quatre pouces environ, et assez semblable à ceux qu'on emploie pour les mortiers en bronze. Les sons qu'on tire de cet instrument ne sont pas harmonieux, mais ils plaisent aux paysans.
Bala-fo. Espèce d'épinette en usage parmi les nègres de la Côte-d'Or.
Balance pneumatique. Instrument à l'aide duquel on mesure le degré de force et de compression de l'air dans les orgues.
Ballade. Chanson ou espèce d'ode à plusieurs couplets ou strophes, que l'on chante ordinairement, mais qui sert aussi quelquefois d'air de danse, comme les vaudevilles. Il a a des ballades très-anciennes, qui sont fameuses et méritent de l'être par leur simplicité, la naïveté et le pittoresque des pensées. Telle est la ballade des deux Enfants dans les bois. — On sait quel succès a obtenu en Allemagne, la ravissante ballade Léonorej par Burger.
Ballet. On entend généralement par ballet un spectacle composé de pantomime et de danses exécutées par plusieurs personnages et accompagnées par la musique.
La musique des ballets doit-être fortement rhyth-
mée et s'identifier en quelque sorte avec le caractère
des danses, la physionomie des personnages qui
sont sur la scène et les diverses situations du drame.
Les ballets sont réglés par des danseurs qui x>or"^
tent le nom de chorégraphes. Un des meilleurs ouvrages à consulter est celui de M. Saint-Léon, intitulé : la Sténociioregrapiiie, dans lequel on trouve d'excellentes biographies des plus célèbres maîtres de ballets, anciens et modernes.
La danse est un des premiers besoins, des premières expériences, des premières joies de l'homme ; quelquefois aussi les temps antiques la jetaient comme une guirlande funèbre autour des tombeaux. La danse est la véritable forme poétique des premiers âges. David, dont la loi est placée comme une borne lumineuse entre l'Orient primordial et l'Occident moderne, rendait grâce au Seigneur par le geste et par la voix : il dansait devant l'arche, et chantait ses psaumes dans le temple.
Le ballet qui est un drame dansé, un dialogue de gestes, fut pratiqué par les Ég} ptiens dans leurs cérémonies sacrées. Il était composé alors sur des dessins hiéroglyphiques. Il exprimait la doctrine sacerdotale et le mouvement des astres. La théocratie égyptienne enseignait l'astronomie à ses fidèles en leur apprenant à danser.
Les Grecs dansaient beaucoup. Socrate, déjà vieux, termina son cours d'études en prenant des leçons d'Aspasie, danseuse très-renommée.
On dansait dans l'aréopage, et les membres de cette docte assemblée s'avançaient en cadence pour venir déposer leur boule ou leur coquille dans l'urne.
Pylade et Bathyle, fameux pantomimes, se partagèrent les faveurs du public de Rome sous le règne d'Auguste. Le premier inventa le ballet noble, tendre et pathétique. Les compositions de Bathyle étaient vives, légères et pleines de gaieté. Réunis d'abord, ils construisirent un théâtre à leurs frais, et représentèrent ensemble des tragédies et des comédies, sans autre secours que ceux de la pantomime, de la danse
et de la symplionie. Celle heureuse associalion de deux talenis, à la fois si divers et si originaux, fut pour le public romain une source de vives jouissances. P\']ade et Bathyle jouirent pendant quelque temps en commun de leur fortune et de leur célébrité. La jalousie altéra leur amitié et rompit leur union ; ils se séparèrent.
Les divisions des Pyladiens et des Bathyliens ensanglantèrent souvent la scène. A la fin du spectacle, ces acteurs, enorgueillis ou bien irrités de la diversité de leurs succès, se battaient, s'égorgeaient derrière le théâtre. .
Tibère chassa de Rome les pantomimes; Galigula, Néron les rappelèrent et rétablirent les spectacles publics.
Les pantomimes employaient quelquefois des moyens violents pour représenter au naturel la mort, l'assassinat, ou le supplice d'un personnage. Un criminel, la figure couverte du masque de l'acteur qu'il remplaçait au dénoûment, était réellement empoisonné, torturé, poignardé, livré aux flammes, etc.
Les historiens de la musique sautent à pieds joints plusieurs siècles, et d'une seule enjambée passent du règne de Constantin à celui des Médicis. L'art dramatique s'était perdu ; la pantomime et le ballet théâtral étaient déchus de leurs prestiges, au milieu des ténèbres dont le moyen âge avait enveloppé l'Europe. Le premier ballet régulier et somptueux qui fut exécuté lors de la renaissance des lettres , n'eut d'autre objet que d'offrir à une société d'illustres amateurs de quoi satisfaire l'appétit de leurs estomacs. Toutes les notabilités de la fable et de l'histoire furent évoquées pour servir un repas splendide. Bergonzo di Botta, de Tortone, dont les annales de la gastronomie et de la danse ont conservé le nom, signaja doublement son goût dans la fcte par lui don-
née en 1 i89 à Galéas, duc de >Iilan, qui venait d'épouser Isabelle d'Aragon. — Les grands ballets parurent bientôt après. On les réserva d'abord pour célébrer dans les cours les mariages des rois, la naissance des princes, et tous les événements heureux qui intéressaient les nations. Ils formèrent seuls un spectacle d'une dépense vraiment royale.
Les ballets poétiques, tels que la ?fnit, les Saisons, 1rs Ages; les ballets allégoriques et moraux, tels que les Plaisirs troublés, la Curiosité, leur succédèrent. La division de toutes. ces compositions cliorégrapiiiques étaient en ciîiq actes ; chacun présentait trois, six, neuf et môme douze entrées.
Catherine de Médicis introduisit les «ballets poétiques à la cour de France. Baltasarini apporta le premier une certaine régularité dans ce genre de spectacle. Ce fut lui qui, en 1581, composa le fameux Ballet comique de la reine, pour les noces du duc de Joyeuse. Ce ballet n'était qu'un intermède destiné à l'embellissement de ces fêtes nuptiales.
La danse était un des amusements favoris d'Henri lY. Sully, le grave Sully, préparait les fêtes, fiiisait construire les salles, était l'ordonnateur suprême des ballets. Il y figurait comme danseur, en exécutant les pas que la sœur du roi lui montrait. Plus de quatrevingts grands ballets contribuèrent aux divertissements de la cour d'Henri IV, sans compter des bals magnifiques et une infinité de mascarades singulières.
Au commencement du dix-septième siècle, les ballets divinrent un travestissement agréable des passions et des secrets de la cour. Benserade mettait dans les siens, qui jouissaient d'une vogue immense, des rondeaux où se peignaient adroitement les dames et les seigneurs qui les chantaient.
Ouinault accomplit une révolution dans le ballet.
BAL 8i
Déjà Pierre Corneille avait écrit des pièces comme Andromède f où la danse et le chant sont subordonnés; au récit dramatique. C'est un retour vers les traditions grecques et romaines, entièrement conforme au mouvement des arts à celte époque. Quinault fit ses opéras où la danse n'est qu'un divertissement accessoire; il escamota le ballet au profit du chant. Du reste, Quinault n'était préoccupé que d'une certaine manie du merveilleux, du besoin de féerie et de grandeur. Il était en cela l'écho des désirs souverains de de Louis XIV.
L'art s'étiola dans l'atmosphère du dix-huitième siècle, et le mauvais goût qui régnait alors exerça sa funeste influence sur les ballets. ' — Noverre parut : il retrouva l'art de la pantomime, et donna les premiers modèles du ballet d'action, tel que nous le possédons. Le 13 juin 1763, on représenta Ismène et IsméniaSf dans lequel plusieurs scènes de Médée etJason, ballet-pantomime, sont intercalées. On ne goûta les œuvres de Noverre que quand il vint en France pour y faire exécuter ses ouvrages.
La famille Vestris, originaire de Florence, a régné plus d'un siècle sur notre empire dansant. Gaétan Vestris parut en 1748 à l'Opéra, qu'il n'a quitté qu'en 1800. Il avait quatre frères qui suivirent la même carrière. Son fils Auguste, virtuose de grand talent, se fit admirer dans la pantomime et l'exécution des pas.
Le ballet résista à l'action destructive du torrent révolutionnaire. On dansait encore au milieu des sanglantes orgies de 93. Les danseurs de TOpéra figurèrent à la fête que Robespierre dédia à l'Etre-Suprême ; et plusieurs pièces révolutionnaires, telles que V Offrande à La Liberté y ballet, la 'Réunion du 10 août, opéra en cinq actes, furent représentées du temps de la république.
La restauration vit s'accomplir une importante ré- 3 c
YoliUion dans le ballet. — Mademoiselle Taglioni débuta à l'Opéra, le 23 juillet 1827, dans le SicUieriy avec un succès prodigieux. Sa grâce naïve, ses poses décentes et voluptueuses, sa légèreté extrême, la nouveauté de sa danse, dont les effets paraissaient plutôt appartenir aux inspirations de la nature qu'aux combinaisons de l'art, excitèrent une admiration générale. La danse de Taglioni ne semblait pas de ce monde, elle appartenait à celui de la féerie. Yoyez-la donc si gracieuse, si souple, si idéale ! A peine elle touche la terre, et quand elle y pose le pied, on dirait que ce n'est de sa part que simple fantaisie, pur caprice.
Dans ces derniers temps. l'Opéra a vu éclore plusieurs compositions chorégraphiques d'un intérêt relatif, telles que le Diable boiteux^ Giselle^ la Péri, le Violon du Diable, la Vivandière, CElia et Mysis, Jovita.
Dans ces divers ouvrages ont paru avec éclat mesdames Fanny Elssler, Lucile Grahn, Carlotta Grisi , Fitz-James ; MM. Petipa, Perrot, et plus récemment, M. St. Léon et M^es Cerrito, Plunkelt, Priora, Guy- Stéphan, Caroline Rosati, elc.
BvîNDE (Compagnie). Ce mot signifie un corps de musiciens jouant de toutes sortes d'instruments à vent et de percussion. En Italie, on donne habituellement le nom de banda à quelques instruments de percussion, comme les cymbales, les pavillons chinois, le triangle, qui, réunis dans les orchestres des grands théâtres, servent à renforcer au besoin les forte dans les différents morceaux de l'opéra et du ballet.
Le mot Bande s'applique principalement aux musiques militaires, composées d'instruments à vent; ainsi l'on dit : la bande de tel régiment. La musique militaire de la cavalerie ne se compose que d'instruments de cuivre.
Barbiton. C'est le nom d'un instrument à cordes des anciens Grecs, dont on ne sait pas préciser posi-