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(îo rinfériorité du poiiplo espagnol sous ce rapport. — Mais en revanche la musique religieuse prit, au seizième siècle, de beaux développements, grâce aux riches dotations qu'elle reçut du clergé et de particuliers opulents. Charles Paligno, Juan Noldan, Vincenzo Garcia, Mathias-Juan Yiana, François Gherrero, don Joseph Nebra, ont laissé des messes, des motets, des cantates d'une grande beauté. — Plusieurs de ces artistes ne furent pas seulement des compositeurs remarquables, ils furent aussi des chanteurs éminents, de très-habiles instrumentistes, et quelquesuns furent employés à la chapelle du pape, à Rome.
Mais une fois arrivée à ce haut point de splendeur, l'Espagne déchut rapidement. Cependant, malgré sa décadence, l'art espagnol conserve encore quelques vestiges de son antique beauté. Qui ne connaît, au moins par quelques fragments, ces chansons populaires, empreintes de la poésie des traditions locales, ces copias, ces sarabandas, où se montre toute la gaieté du caractère espagnol ! Qui ne connaît ces fandangos y ces boléros ^ ces se g uidi II as qui se dansent et se chantent encore avec accompagnement de guitares et de castagnettes ! C'est dans ces chansons et ces danses populaires que se révèle d'une manière remarquable le génie espagnol.
La guitare est l'instrument favori de ce peuple. On peut même dire que jusqu'à ces derniers temps c'est à peu près le seul qu'il ait cultivé. Cependant les autres organes de l'harmonie commencent à se répandre en Espagne, mais seulement dans les hautes classes de la société. Quant au peuple, son plus grand bonheur est de jouer de la guitare, et quand un artisan a fini sa journée, il se rend sur la place publique, et se délasse de son travail en jouant sur cet instrument des boléros et des seguidillas. — Qui sait à quels mognifiques résultats l'Espagne pourrait arriver, si
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un f^otiV(>rhf>mMU nmi dos arts s'appliquait à développer et à diriger le goût passionne qu'éprouve le peuple espagnol pour les jouissances de l'art musical. Si les dons de la nature étaient fécondés par les bienfaits de l'éducation, nous n'en doutons pas, le génie de l'antique Ibérie aurait un glorieux réveil, et sa musique subirait une brillante métamorphose.
L'Kspagne a perdu, il y a quelques années, un compositeur d'un mérite distingué, qui promettait de tirer la musique dramatique de l'état de décadence où elle est tombée dans son pays. Gomis a passé quelque temps à Paris, et tous ceux qui l'ont connu savent quel compositeur éminent l'Espagne aurait eu en lui, si la mort n'était vmue l'enlever tout à coup dans la force de l'âge et dans toute la maturité du talenl. A l'exemple de la France, l'Espagne a fondé plusieurs journaux de musique, qui doivent contribuer à la vulgarisation de cet art, dans ce pays labouré par les révolutions politiques.
Esthétique. L'esthétique a pour objet la doctrine du beau, du sublime, du goût et du jugement dans les arts : elle est exactement la philosophie des arts.
EsTRiBiLHO. Chanson favorite des Portugais, en mesure de 6/8.
Étendue. C'est la distance plus ou moins considérable qu'il y a entre le son le plus grave et le plus aigu, ou la somme de tous les sons j^ropres à une voix ou à un instrument, compris entre les deux extrêmes.
Etude. Action de familiariser sa voix ou ses doigts avec les difticul tés d'un morceau de chant ou d'instrumentation qu'on veut exécuter. Qui sait étudier, sait apprendre; il ne s'agit pas tant d'étudier longtemps que de bien étudier. L'étude consiste à déchiffrer d'abord, puis à s'efforcer de rendre exactement le mouvement, les nuances, l'expression d'un morceau. Pour un élève intelligent l'étude vaut la leçon. Le
maitrelui donne la clé de la science; l'élude lui donne l'habitude de se servir de cette clé pour ouvrir toutes les portes de la musique. — On appelle études un recueil ou ensemble d'exercices progressifs sur chacune des principales difficultés du mécanisme de l'exécution vocale ou instrumentale. Plusieurs grands maîtres ont consacré leurs loisirs à ce travail si ingrat et si utile. Moschelès, Czerni, Cramer, Ilummel, Henri Herz, Kalkbrenner, Listz, Prudent, Thalberg, Ravina, Goria, Lacombe, H. Roselien, Marmontel et beaucoup d'autres ont écrit de fort belles et fort bonnes études. Bertini s'est mis à la portée des enfants, des adultes et des artistes : ses nombreuses séries d'études de tous les degrés sont populaires et méritent de l'être.
EuMÉLiA. Élégance de toutes les parties chantantes.
EuîsÉiDES. Compagnie de musiciens qui jouaient d'une espèce de luth à Athènes, à l'occasion des sacrifices.
EuPHONE. Instrument à frottement, du genre de l'harmonica, inventé par le docteur Chladni, à Withtemberg, en 1790. Il consiste en une caisse carrée d'environ trois pieds et haute de huit pouces, qui contenait quarante-deux petits cylindres de verre, dont le frottement, et par suite la vibration, s'opérait par un mécanisme intérieur.
Eurythmie. C'est le bel ordre, la belle proportion des parties homonymes qui composent un tout; et symétrie, c'est l'égalité et le rapport intelligible de ces mômes parties.
EuTERPE. Celle des neuf muses qui préside à la musique.
Éviter. Éviter une cadence, c'est ajouter une dissonance à l'accord final pour prolonger la phrase. Dans l'école, on appelle surtout cadence évitée , la chute d'une septième dominante sur une autre septième dominante.