‹ Dictionnaire de musique théorique et historique (volume 3)Chapitre 89 sur 112 · FAIS · texte numérisé non relu

FAIS

que le fandango soit bien dansé, bien exécuté; que la tète, les pieds, les bras, le corps de la danseuse, se meuvent d'ensemble. Les Espagnols racontent, au sujet du fandango, l'anecdote suivante : La cour de Rome, scandalisée de voir une nation, citée pour la pureté de sa foi, tolérer une danse aussi voluptueuse, résolut de la proscrire sous peine d'excommunication. Les cardinaux s'assemblent, le procès du fandango s'instruit; la sentence va être mise aux voix, quand un des juges observe qu'on ne doit pas condamner un coupable sans l'entendre. L'observation paraît juste, elle est accueillie. On fait comparaître devant l'assemblée un couple espagnol armé de castagnettes, et on le somme de déployer en plein tribunal toutes les grâces du fandango. La sévérité des juges n'y tient pas, les fronts se dérident, les visages s'épanouissent. Leurs éminonces se lèvent; des pieds, des mains, elles battent la mesure. La salle du Consistoire se change en salle de bal, et le fandango est absous. On a fait de cette aventure un fort joli vaudeville qui fait fureur, chaque fois qu'on le joue, au delà des Pyrénées.

Fanfare. Mot dont l'étymologie est restée mal éelaircie, et que des écrivains ont supposé avoir été produit par harmonie imitative, pour exprimer un brillant eflet d'instruments do cuivre. On a empioyé le verbe fanfarer, pour signifier donner de la trompe, qambader. Le mot nous vient des Espagnols, et peutêtre des Maures. Los fanfares, prises dans le sens de concerts militaires, s'appliquaient à la marche des comparses dans les carrousels et les tournois; elles s'appliquaient aussi, depuis l'ordonnance du l^^r mars 1768, à certains signaux de cavalerie. Aujourd'hui, c'est un genre d'effet musical connu de la cavalerie et de l'infanterie, et qui diffère des sonneries d'ordonnance. Celles-ci sont d'invariables morceaux que le

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