‹ Dictionnaire de musique théorique et historique (volume 3)Chapitre 94 sur 112 · FLU ^JJ · texte numérisé non relu

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sentiments présente sans cesse une marche douce et paisible. On dit qu'une harmonie est fluide, lorsqu'elle est parfaitement claire, coulante et en quelque sorte limpide.

Flûte. Instrument à vent; son origine se perd dans la nuit des temps. Qu'elle soit due au hasard, comme le prétendent les poètes, ou qu'on en soit redevable à l'industrie humaine, c'est ce qu'il est impossible de vérifier. Toujours esl-il que l'usage de cet instrument remonte à la plus haute antiquité, et que c'est celui qui a été le plus généralement connu de tous les peuples de la terre. Il appartient à quatre époques bien distinctes.

Première époque. Flûte primitive ou flûte de Pan. Sa forme fut d'abord de sept tuyaux de roseaux d'inégale longueur. Ces tuyaux étaient joints ensemble par de la cire. Ce nombre sept ne paraît point avoir été arbitraire. Il se rapportait à celui des sept corps célestes, connus sous le nom de planètes. Aussi, bien que cet instrument fût celui dont le dieu Pan faisait usage, il n'en était pas moins dédié à Apollon ou au Soleil, comme modérateur de ces sept corps célestes. C'est du moins l'opinion de Plutarque. Plus tard, on substitua à ce simple et rustique assemblage de roseaux, la flûte à un seul tuyau, soit qu'elle fût tout d'une pièce, ou de plusieurs corps joints l'un à l'autre, comme nos flûtes modernes. C'est ici que commence la deuxième époque.

Deuxième époque. Flûte antique. On employa d'abord à la confection de cette flûte les os de biche, apparemment le îibia, de même que celui de l'àne; il y en avait aussi en métal. Néanmoins, on ne larda pas à substituer à ces matières, difticiles à mettre en œuvre, le bois jugé plus facile. Dans le principe, la flûte fut simple, percée de peu de trous. Yarron assure qu'ils étaient au nombre de quatre seulement.

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( )vklf , dans sos FastH, nous apprend que le boîs dont on se servait était le l)iiis. Il semblerait, d'après les anciens eux-mêmes, que cet instrument n'était rien inoins que pastoral; car nous voyons que les joueurs de flûte, aux jeux pvlhiques, s'évertuaient à imiter les aigres sifflements du serpent Ps thon.

Troisième époque. Flûte du moyen-âge. Son organisation actuelle ne remonte pas très-haut. Nous voyons dans Rabelais, au seizième siècle, que Gargantua jouait de la flûte d'Alleman à neuf trous. Si les petites clefs qu'on a inventées depuis pour améliorer l'instrument avaient été en usage, le curé de Meudon n'eût pas manqué de les mentionner. Ainsi, l'heureuse et ingénieuse application des petites clefs à l'effet d'é»lablir une indispensable égalité entre les tons et les semi-tons, ne remonte certainement pas à un siècle. Seulement il est hors de doute que nous sommes redevables aux Allemands de cette précieuse découverte, ainsi que de celle d'une patte au corps, qui donne deux notes de plus dans le grave de l'instrument. Ces deux notes sont ut dièse et ut naturel.

Quatrième époque. Flûte moderne. Elle est en ré ou en ut. Pour parler plus correctement, l'une descend au ré au-dessous des cinq portées, et la deuxième à Vut naturel. Les Allemands, les Anglais et les Italiens ont, depuis bien des années, renoncé à la flûte à patte de ré comme trop mesquine. En France, nous avons été plus récalcitrants. La première méthode où il soit fait mention des trois petites clefs (fa naturel, la et si bémol) est celle de MM. Hugot et AVanderlich. Elle a été publiée par le Conservatoire à l'époque de la formation de cet établissement sous la République. C'était là un heureux commencement; mais l'opposition systématique d'infatigables routiniers a apporté bien des retards aux perfectionnements dont la flûte a été l'objet.

La flûte moderne est de forme cylindrique, comme celle du moyen-âge. Elle se compose de quatre tubes ou corps creusés et séparés. On les ajuste les uns dans les autres au moyen d'emboUures et de tenons. Le premier corps se nomme tête; il est percé à sa surface d'un trou unique; on le nomme trou de Cembou' chxire. Le deuxième corps s'emboîte dans le premier; il est percé de trois trous à sa surface ; il s'emboîte aussi dans le troisième qui est également percé de trois trous à sa surface comme le précédent. Celui-ci, à son tour, s'emboîte par son extrémité inférieure dans le quatrième corps ou patte, soit de ré ou d'w^, soit de toute autre. Le premier, le troisième et le quatrième corps sont garnis de viroles d'ivoire ou d'argent. La patte en ré est percée d'un seul trou assez large; il est fermé par une clef qu'on fait agir avec le petit doigt de la main d'en bas. La patte en ut, outre ce trou dont nous venons de parler, en a encore deux autres, l'un pour Vut naturel, l'autre pour Vut dièse. Les clefs sont en sens contraire à celle de ré dièse. Elles restent ouvertes, mais on les bouche chaque fois qu'on veut obtenir les deux notes pour lesquelles elles sont établies. C'est encore par le moyen du petit doigt, toujours d'en bas, que ces clefs jouent.

A. une époque plus rapprochée encore, grâce à l'habileté de quelques facteurs et au procédé de fabrication mis en usage par Boëhm , d'après la découverte de Gordon, la flûte est devenue un instrument aussi complet, aussi juste et d'une sonorité aussi égale qu'on puisse le désirer.

Les sons de la flûte n'ont pas une expression trèscaractérisée; cependant ils sont doux et purs, et peuvent rendre avec bonheur certaines nuances délicates qu'on ne saurait attendre de la naïveté du hautbois, de la gravité du cor anglais, ni de la force éclatante de la clarinette. Tel est, par exemple, le chant

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Irislc ol (l«''snlô, mais liumMc ol doux quo Cluck, (Jans son Orphée, prête aux ombres qui habitent les Champs-Elysées. La flûte est employée aussi d'une manière heureuse dans le ehœur clos prêtres, au premier acte (ÏŒdipe de Sacchini : 0 vous que l'innocence; dans la cavaline du duo de la Vestale de Spontini : Les Dieux auront pitié; et dans une foule de passages de Freijsciiutz de ^Veber, surtout pendant la mélancolique et suave prière d'Agathe.

Fllte (petite). — Elle est à l'octave haute de la précédente.

La petite flùle a un timbre perçant dont on al)use aujourd'hui comme de tout ce qui éclate d'une manière bruyantp. Ses notes aiguës sont excellentes dans un fortissimo de tout l'orchestre, pour obtenir les eli'cls déchirants dans un orage ou dans une scène d'un caractère féroce. Beethoven dans la Sipnphonie pastorale, et Gluck dans la tempête d'ipliigénie en Tauridc, en ont fait usage avec bonheur.

Spontini, dans la célèbre bacchanale des hanaides, a joint un cri bref et perçant des flûtes avec un coup sec des cymbales. Cela déchire comme un poignard.

Fluté. On appelle sons flûtes ceux que l'on produit sur les instruments à cordes ou à archet, en appuyant légèrement le doigt sur les cordes et en ftiisant \\\\ mouvement particulier avec l'archet qu'on approche davantage du chevalet.

Flûtiste. i\Iusicien qui joue de la flûte.

Folies d'Espagne. Air qui se dansait autrefois en Espagne avec des castagnettes. Les uns l'attribuent au célèbre violoniste corelli, d'autres à Broschi (I\icardo), frère de l'admirable chanteur Farinolli {dit Carlo Broschi), mais il n'appartient pas plus à l'un qu'à l'autre. Son auteur est inconnu. Le claveciniste français d'Anglebert avait publié vingt-deux variations sur ce thème, en JG89, et l'œuvre 5 de Corelli,

qui roiilleni viiigt*quatre varîalînjjs sur la FoUiay m parut à Rome qu'en 1700. Cet air, dit Castil-BIaze, dans son Molière musicieny est établi sur des modulations d'un usage alors fréquent et presque général , modulations qui réglaient la marche de la mélodie et donnaient un air de famille à toutes les petites pièces de ce genre. La chanson provençale : Fai te loii tegne blUy yanturla, dont la musique remonte au xn^ siècle, présente les types des Folies cT Espagne ; type dont il semble que Pergolèse ait subi l'influence en écrivant le premier duo de son Stahat Mater. Ce duo procède et module exactement comme les Folies d'Espagne.

Fondamental. Le son fondamental est celui qui sert de fondement à l'accord ou au ton. La basse fondamentale est celle qui sert de fondement à l'harmonie. L'accord fondamental est c-^lui dont la note la plus basse est fondamentale.

Force. Qualité du son, appelée aussi intensité y qui le rend plus sensible et le fait entendre de plus loin.

Forcer la voix. C'est un défaut qu'on rencontre souvent chez les chanteurs, surtout lorsqu'ils sont indisposés. Ils crient alors au lieu de chanter, et ils détonnent facilement, attendu que leur voix sort de son étendue naturelle.

Forme. Les compositions musicales se distinguent par leurs formes. La symphonie a une forme dift'érente du concerto; l'air a une toute autre forme que le rondeau, etc.

Forte. Adverbe italien qui signifie fort; est employé dans la musique par opposition au mot piano, pour indiquer qu'il faut augmenter le son et chanter à pleine voix.

Forte-pi VNQ. C'est le nom par lequel on a dési-

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