‹ Dictionnaire de musique théorique et historique (volume 3)Chapitre 98 sur 112 · GE · texte numérisé non relu

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d'autant plus tort, que les gammes de ce genre ne peuvent être rendues d'une manièn^. satisfaisante que sur les instruments à clavier, à cordes et sur quelques instruments à vent. Quant à la voix, elle se prête peu à une succession rapide de demi-tons, qui exigent tant de netteté, de justesse et de précision.

Gamme chromatique. Gamme procédant par demitons successifs.

Gamme diatonique. C'est la gamme ordinaire, pn> cédant par tons et demi-tons.

Gamme enharmonique. Celte gamme, qui n'existe pour ainsi dire que pour l'œil, offre la succession suivante : iit, ré bémol, ut dièse, ré, mi bémol, ré dièse, etc.

Gasapii. Espèce de chalumeau ou cornemuse des côtes de la Barbarie.

Gavotte. Sorte de danse dont l'air pst à deux temps et d'un mouvement modéré. Les gavottes à'Armide et d^Orphée sont des modèles de grâce. Cellede Panurge a eu une vogue prodigieuse qu'elle doit à son rhythme fortement marqué, qualité précieuse pour les danseurs vulgaires. Cette gav<^lte n'a pas de seconde partie, et pour y suppléer, l'auteur fait redire la première à la quarte.

Génie musical. Le génie, en musique, c'est la faculté, la puissance de création. Le musicien de génie est celui qui sait trouver des idées nouvelles, et ouvrir à l'art des routes inexploréees. La nature et le cœur humain offrent sans cesse une mine abondante et riche aux explorations de l'artiste ; mais il n'est qu'un petit nombre de privilégiés qui sachent recueillir cet or pur, le séparer de tout alliage, le façonner avec habileté et le marquer d'une empreinte ineffaçable.

Celte faculté de création indique la différence qui existe entre le musicien de génie et celui qui n'a que

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du laîent. Le premier, marchant dans sa force et dans sa liberté, fait entendre au monde des chants nouveaux et des mélodies inconnues. Le second s*emparc de cette œuvre commencée, la perfectionne et la complète. A l'un la gloire des découvertes, l'initiative des idées; à l'autre l'habileté de la mise en œuvre.

L'histoire a enregistré les noms des hommes d'élite qui ont agrandi par leurs travaux le domaine de l'art musical ; mais, il faut le dire, ces hommes éminents n'ont pas toujours recueilli le fruit de leurs efforts. Supérieurs à leurs contemporains, la foule a quelquefois refusé de les suivre dans leur essor hardi vers des sphères inconnues; et, longtemps incompris, ils ont eu à lutter contre l'indifférence ou le dédain du public dont ils froissaient les préjugés et les habitudes. On sait quelles préventions, quels obstacles eut à vaincre le génie de Gluck avant qu'il lui fût possible de se déployer sur notre scène lyrique ; on sait quelles tempêtes de récriminations soulevèrent les chefs-d'œuvre de ce grand musicien. On contesta la haute valeur de ses travaux, on méconnut son originalité puissante, on proscrivit ses innovations les plus heureuses, et l'on ne craignit pas même d'appeler un galimatias stupide ses plus éclatantes et ses plus sublimes beautés. Mais l'illustre compositeur ne se découragea pas ; il tint tête à l'orage avec cette attitude calme et fière que donne la conscience d'une grande supériorité; et peu à peu les préventions cessèrent: aux injures succéda l'admiration, et le nom de Gluck est arrivé jusqu'à nous entouré d'une glorieuse auréole.

Ce dédain de la foule pour tout génie novateur n'a pas même épargné le plus grand musicien de notre temps, Rossini. Personne n'ignore qu'à l'époque de son apparition , Guillaume Tell fut peu goûté par la masse des dilettantes ; et cependant Guillaume Tell est regardé aujourd'hui comme la création la plus admi-

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