GES
rable de Rossini, comme celle où l'illustre compositeur a déployé le plus de sève et d'originalité.
Ces exemples prouvent qu'en dépit des préjugés, des habitudes prises, dos préventions de la médiocrité et de l'ignorance, le génie véritable est toujours sûr d'arriver au succès; et souvent même ce succès est d'autant plus éclatant, d'autant plus durable, qu'il a été plus lent et plus diflicile à obtenir.
Genres. 11 y a trois genres dans la musique, le diatonique, le chromatique et l'enharmonique. Le genre diatonique procède par tons et par demi-tons naturels, c'est-à-dire sans altération. Ainsi, les deux demi-tons qui se trouvent dans la gamme, sont du genre diatonique, et la gamme, soit en montant, soit en descendant, se nomme gamme ou échelle diatonicpie. Le genre chromatique ne procède cjne par demi-tons. Ainsi, une gamme, en montant ou en descendant par demitons, se nomme gamme ou échelle chromatique. On emploie en montant le chromatique par dièses, et en descendant le chromatique par bémols, suivant la manière la plus naturelle. On peut l'employer cependant des deux manières, en montant et en descendant. Le genre enharmonique est le passage d'une note à l'autre, sans que l'intonation de la note ait été changée d'une manière sensible, comme par exemple, à' ut dièse à ré bémol, de mi naturel à fa bémol, de «i dièse à ut naturel, etc.
Genre épais ou serré. Dénominations anciennes des genres chromatique et enharmonique, où les sons se trouvent plus serrés que dans l'échelle diatonique, appelée pour cela çienus rarum.
Genus EPiTRiCTUM. Espècc de rhythme de la musique grecque, dont les temps étaient en raison sesquitierce, ou de 3 à 4.
Geste. L'art du geste a été considéré par les anciens comme un art indépendant ; il est intimement lié à la
iiiusîque, à la danse, à l'art dramallqiie et à réloquenco, mais il n'en est pas inséparable ; en effet, un chanteur peut avoir une belle voix et chanter avec expression, sans donner à ses gestes le mouvement qui leur convient. Un danseur peut se mouvoir avec habileté, sans exprimer par la pantomime le caractère, l'esprit, la pensée du pas qu'il exécute ; mais d'un autre côté, un chanteur, s'il ne sait s'accompagner de gestes expressifs, ne remplira jamais convenablement son rôle. Un orateur, possédât-il les trésors d'éloquence de Démoslhène et de Cicéron, ne pourra impressionner fortement son auditoire par le simple débit de ses paroles, s'il ne sait faire usage des gestes et des mouvements de la physionomie.
Suivant Yaron, saUatio ou la pantomime, l'art du geste, était chez les Romains une imitation savante et raison née de tous les mouvements du corps et des différentes expressions de la physionomie. Cet art se subdivisait en plusieurs espèces, et avait produitchez les Romains un si grand nombre de danses et de pas, que Meursius a composé de leurs noms et de leurs genres un dictionnaire entier. Nous lisons dans quelques historiens que l'art du geste était de tous les arts libéraux celui que les anciens aimaient et pratiquaient le plus ; car on l'enseignait à tous, à l'histrion de bas étage comme à l'orateur distingué ; mais cet art n'était pas le même pour tous. Aussi Quintilien dit-il à ce sujet qu'il ne faut pas qu'un orateur prononce comme un comédien, ni qu'il fasse des gestes comme un danseur.
L'art du geste se divisait en deux classes, en naturel et en artificiel. Le geste naturel était celui dont on se servait en chantant ou en déclamant, pour donner plus de force au discours; comme, par exemple, en parlant de la Divinité, d'élever les yeux et une main vers If» fiel. Le geste artificiel était celui des acteurs
^76 GtS
pantomimes, et il consistait à tracer dans l'espace ou à décrire, en employant tels ou tels signes intelligi« blés, l'objet qu'on avait l'intention de représenter.
Le jeu de la physionomie, que nous comprenons dans l'art du geste, n'avait pas d'importance pour les anciens, au moins sur le théâtre, car on sait qu'ils portaient des masques. L'expression du visage, qui nous charme tant sur nos scènes lyriques, était, chez les anciens, tout à fait inutile; en effet, les salles de spectacle étaient si grandes, et les acteurs s'y trouvaient par conséquent si éloignés du public, que les mouvements des yeux et les changements des traits eussent passé inaperçus.
Cicéron, qui avoue lui-même avoir appris l'art du geste du comédien Roscius, dit que celui qui se destine à déclamer ou à chanter en public, ne doit point négliger cet art, le plus utile de tous. L'orateur Hortensius, rival de Cicéron, avait reçu des leçons de la célèbre danseuse Dyonisia.
L'art du geste théâtral, chez les anciens, se divisait en trois genres : lo le geste tragique; 2o le geste comique; 30 le geste satirique. Ces trois divisions faisaient partie de la mimique ancienne, divisée ellemême en hypocritique, c'est-à-dire celle qui servait de base à l'art du geste, et en rhylhmique, qui indiquait les temps en marquant les mouvements de cet art.
Chez les anciens, les auteurs et compositeurs dramatiques écrivaient sur leurs manuscrits, au-dessous de leurs vers et de leurs notes de musique, les gestes que les acteurs devaient faire en les répétant. L'art du geste était poussé à un tel point, que le chanteur ou le comédien qui se serait trompé en faisant mouvoir les jambes ou les bra , ou la tète, eût été hué par les spectateurs, comme s'il eût chanté faux ou mal prononcé une phrase. C'est ce qui a donné lieu au
GEb â77
l)roverl)e groc .' ^ faire un solécisme avec hi iiiaiii. *> Les anciens avaient môme des instruments pour régler les gesies des acteufâ. Ammien Marceîiin dit à ce sujet : « On ne voit plus que chanter et faire de la musique. Partout on ne voit que des lyres, des flûtes et des instruments qui servent à régler les gestes des acteurs. C'est alors que la saltation ou l'art du geste reçut de tels perfectionnements, qu'on se mit à jouer toute sorte de pièces sans ouvrir la bouche. On nomma ces acteurs pantomimes, ou imitateurs de tout. Un poète composa à ce sujet cette épigramme célèbre :
« Tous les membres du corps d'un pantomime sont autant de langues, à l'aide desquelles il parle sans ouvrir la bouche. »
Les faits et les exemples que nous venons de citer, montrent quelle importance avait chez les anciens la gesticulation considérée comme accessoire de l'art théâtral, de la musique, de la déclamation et de la danse. Elle formait une science particulière qui avait ses systèmes et ses professeurs spéciaux. Les rivalités des mimes et des danseurs donnèrent souvent lieu à des discussions orageuses sur les théâtres de l'antiquité. On sait quels longs débats soulevèrent, chez les Athéniens, les danseurs Pyrrhus et Bathyle, qui, tous deux, excellaient dans la gesticulation.
Aujourd'hui, on semble avoir perdu les traditions de cet art qui jadis savait animer la danse par les séductions du geste. Les gestes d'expression des pas de caractère dans les ballets du seizième, du dix-septième et du dix-huitième siècle, ont disparu pour faire place aux mouvements monotones et froids qu'on a nommés figures de la contredanse française. Cependant, depuis quelques années, la danse parait vouloir se frayer une nouvelle route. Taglioni lui a donné plus d'expression, plus de légèreté; Fanny Ellsler a fait faire un pas immense à l'art de la mimique et
:2T.S GLi:
de la paiilomime ; enfin CavloUa Grisi, la Rosati, la Priera, la Plunkelt, ont donné à l'art chorégraphique, une animation, une grâce, un cachet d'originalité qui les ont placées au premier rang parmi les danseuses modernes.
3[algré les progrès que nous signalons, l'art du geste est encore beaucoup trop négligé sur nos scènes lyriques. La plupart de nos chanteurs, même les plus éminents, ignorent, lorsqu'ils sont en scène, l'art de marcher, de placer leurs mains, et d'exprimer par leurs gestes, les paroles qu'ils prononcent. A cet égard, d'importantes améliorations restent encore à obtenir.
Gigue. Air d'une danse du même nom, dont la mesure est à six-huit et d'un mouvement assez rapide. La gigue n'est plus en usage qu'en Angleterre. Corel li a fait un grand nombre de gigues.
Giocoso (enjoué). Cet adjectif italien exprime l'allégresse, le mouvement vif, léger, badin.
GiTTiTH. Mot hébraïque, qu'on trouve parfois en tète de quelques psaumes. Ce terme n'est probablement que le premier mol d'une ancienne chanson qui était généralement connue au temps de David, et d'après laquelle on devait chanter ces psaumes.
Glee (mot anglais qui se prononce glie). C'est un chant joyeux particulier à l'Angleterre. Tous les artistes distingués de ce pays ont écrit des gtées, et des hommes même de génie se sont adonnés à ce genre de composition. Ce chant a donné naissance à Londres à une société composée de riches amateurs, qui s'efforcent de conserver les traditions de ce genre de musique et d'en répandre le goût. Le mot glée indiquant une forme particulière dans la composition musicale, ne se trouve employé dans ce sens que vers 1667, dans un ouvrage publié par Playfortj qui consistait dans la réunion de scènes, glées, airs, ballades pour doux, trois ou quatre voix.
Selon le docteur Burney, un (jlée est un chant de deux ou trois parties sur un sujet triste ou gai, dans lequel toutes les voix commencent et finissent ensemble, en chantant les mêmes mots; et il ajoute crue orsqu on y rencontre des sujets de figure ou d'imitation, et que la composition est plus travaillée qu'un simple contrepoint, le chant est moins un glée qu'un madrigal, et on doit lui donner ce nom surtout si le sujet est d un genre sérieux; car un glée sérieux semhle être un solécisme et offrir une contradiction directe avec le mot. Le mot glée, dans les dictionnaires saxons, allemands et anglais, tant anciens que modernes, Signifie >/., allégresse. Le glée ne peut jamais être chanté en chœur; c'est un morceau pour deux trois, quatre ou cinq voix uniques, sans aucun accompagnement. On en trouve cependant dans des opéras anglais qui sont accompagnés par l'orchestre mais alors l'emploi de ce mot est une usurpation que nen ne peut expliquer. Les plus célèbres compositeurs de gr/^e. furent Atterburg, Danby, Baildon, Harrington B. Cooke, son fils Robert Morningfon, Samuel VVebbe, Calcott, Stevens, Horsley Beale, etc.
Gloria. Sur ce mot latin qui entre dans la messe on écrit deux différents morceaux de musique • le premier sur les paroles Gloria in excelsis Deo, le second sur celles Gloria Patri, etFilio, etSpiritui sancto. Ulose. Quelques anciens auteurs se servent de cette expression en musique, pour indiquer un ornement vicieux et de mauvais goût.
Glotte. Embouchure des instruments à vent chez les Grecs. C'est aussi cette partie de l'organe de la VOIX dont les mouvements contribuent à l'articulalion des sons.
Gong. Instrument de métal des Indous en forme d arc, dont on joue avec un batail en bois. C'est aussi 1 instrument que nous nommons famtam.
2m GOL
GoRGHEGGio. Mot italien par le<:|uel on désigne un passage rapide exécuté avec la voix. Il s'emploie aus^^i dans le sens de vocalise.
GouT. Chaque homme a un goût particulier par lequel il donne aux choses, qu'il appelle belles et bonnes, un ordre qui n'appartient qu'à lui. L'un est plus touché des morceaux pathétiques, l'autre aime mieux les airs gais ; l'un cherchera la simplicité dans la mélodie, l'autre fera cas des traits recherchés. Celte diversité vient tantôt de la différente disposition des organes, tantôt du caractère particulier de chaque individu, tantôt de la différence d'âge et de sexe. Dans tous ces cas, chacun n'ayant que son goût à opposer à celui d'un autre, il est évident qu'il n'en faut pas disputer.
Mais il y a aussi un goût général sur lequel tous les hommes bien organisés s'accordent, et c'est celui-là seulement auquel on peut donner absolument le nom de goût. Faites entendre un concert à des oreilles suffisamment exercées, le plus grand nombre des auditeurs s'accordera, pour l'ordinaire, sur le jugement des morceaux et sur l'ordre de préférence qui leur convient. Demandez à chacun raison de son jugement, il y a des choses sur lesquelles ils la rendront d'un avis presque unanime : ces choses sont celles qui se trouvent soumises aux règles; mais il y en a d'autres à l'égard desquelles ils ne pourront appuyer leur jugement sur aucune raison solide et commune à tous, et ce dernier jugement appartient à l'homme de goût: si l'unanimité parfaite ne s'y trouve pas, c'est que tous ne sont pas également bien organisés.
Le génie crée, mais le goût choisit; sans goût on peut faire de grandes choses, mais c'est lui qui les rend intéressantes. C'est le goût qui fait saisir au compositeur les idées du poète, c'est le goût qui fait saisir à l'exécutant les idées du compositeur, et c'est le goût