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par Gusikoff, en 1834. Il se composait d'une série de barres de bois d'une égale grosseur, qu'il plaçait sur des petits rouleaux de paille, et il obtenait de ces barres des tons d'une netteté et d'une sonorité remarquables.
Harmonica de bouche. Aussitôt que le physharmonica (voir ce mot), de Haechl eut paru, un aubergiste de Bade, s'empara de l'idée principale^ et construisit le mouLt-harmonica^ qui n'était alors qu'une pièce ronde contenant trois languettes, et donnant la tonique, la tierce et la quinte par l'aspiration et la respiration ; plus tard, l'inventeur y ajouta l'octave.
Harmonica celestina. Fut construit à Hesse*Hambourg, en iSOO, par Zinck, il avait trois claviers, et imitait plusieurs espèces d'instruments.
Harmonica double. Cet instrument était composé d'une caisse de deux pieds de longueur, et dont la hauteur était en rapport avec les petites cloches de verre ou de métal qu'elle contenait : on faisait résonner ces clochettes au moyen d'un archet de violon, dont les crins étaient enduits de colophane ou de térébenthine, ou de savon.
Harmonica métallique. Construit en 1827, par Can* dîde Buffet, c'était ce que l'on nomma plus tard accordéon.
Harmonica météorologique. Inventé en 1765 par J. César Gattoni, à Rome. Il fit attacher quinze fils de différentesgrosseurs à une tour très-élevée, et forma ainsi une espèce de harpe gigantesque, qui allait jusqu'au troisième étage de sa maison, vis-à-vis de la tour ; elle était accordée de manière à pouvoir exécuter de petites sonates. Le tout réussit à merveille. Mais l'influence des vicissitudes atmosphériques et d'autres circonstances rendirent sans effet cette découverte ; l'abbé Gatoni ne se servit de cet instrument que pour faire des observations météorologiques, et pour prédire avec ses sons harmonieux les divers changements de l'atmosphère.
Harmonica virginal. Construit par un nommé Stiffel, cherchait à imiter la voix humaine.
Harmonicello. Nom donné à une espèce de viole d'amour, imaginé en 1794, par Bischof, de Dessau.
Harmonicon. Sorte d'harmonica à clavier, construit en Allemagne en 1795, par Muller, qui avait ajouté à l'harmonica ordinaire deux jeux de flûte et de hautbois.
Harmonicorde. Piano à queue posé verticalement et
accompagné d'un mécanisme qui.se meut au moyen d'un pied. Cet instrument produisait des sons qui avaient quelques rapports avec ceux de l'harmonica.
Harmonie. Ce mot a plusieurs sens. Il signiGe la réunion de •plusieurs accords (voy. ce mot) ; c'est en ce sens que l'on dit : stuive harmonie, harmonie aigre et discordante^ le pouvoir de V harmonie, etc.
Il signifie enoore Vart d'écrire des accords, de les enchaîner entre eux et de les faire concourir avec la mélo* die, à l'expression des pensées et des sentiments du compositeur. C'est la science enseignée dans les traités d'harmonie.
Les traités de ce genre sont presque innombrables, et il n'entre en aucune façon dans le plan de cet ouvrage de les analyser tous, ni même de les énumérer. Les principaux théoriciens qui font autorité, sont Rameau, Marpurg, dont les idées ont été reproduites par Choron et Delafage; Tartini, Valotti et son école, Vogîer et son école, Godefroi Webor, Catel, Reicha, et aujourd'hui MM. Fétis et François Bazin.
Presque tous ont essayé de donner une base scientifique à l'harmonie, dont la vraie base est pour nous la tonalité moderne.
La tonalité moderne est l'ensemble des rapports mutuels qui existent entre les notes de la gamme moderne: nous avons développé cette définiton au mot tonauté. De ces relations mutuelles, comme d'une source féconde, jaillit tout entière la vraie théorie de l'harmonie moderne. En voici le résumé :
Lorsqu'on entend simultanément la tonique d'un ton, sa tierce, sa quinte, sa septième, et, si l'on veut, son octave, par exemple, ut^ mi, sol, ut, dans le ton û'ut^ l'intelligence éprouve le sentiment du repos. C'est un fait connu.
Au contraire, lorsqu'on entend simultanément la dominante d'un ton, sa tierce, sa quinte, sa septième, et, si l'on veut, son octave, par exemple, sol^ si, ré^ fa^ sol dans le ton à'ut, l'intelligence éprouve le besoin du mouvement et le désir dépasser à un autre accord : c'est encore un fait connu.
Ainsi, rapport de repos entre trois notes de la gamme nooderne, et rapport de mouvemement entre ces quatre autres note^, tels sont, à nos yeux, les éléments constitua
tifs de la tonalité moderne, et, par suite, "de l'harmonie moderne.
Est-ce h dire que l'harmonie soit une chose monotone? Non, certes ! elle offre un tel nombre de variétés d'effets qui la rendent pleine d'intérêt
Si elle n'a que deux accords principaux à employer successivement dans le même ton, elle peut les modifier d'une foule de manières. Elle peut les employer alternativement dans le mode mineur et le mode majeur du même ton ; elle peut doubler ou retrancher quelquesunes de leurs notes, et les disposer de plusieurs manières; elle peut les écrire dans leur état naturel, comme nous l'avons indiqué plus haut, ou les modifier par le renversement^ les altérations, multiples, le retard, Vanticipation, la substitution, les appogiatures, les notes de jiossage, les pédales et les progressions. (Voyez chacun de ces mots.)
On peut employer isolément ces modifications nombreuses, ou les combiner entre elles.
Le changement de ton fournit des ressources plus grandes encore. Outre les effets multipliés et énergiques qu'il produit par lui-môme, il permet d'employer de nouveau toutes les richesses harmoniques que nous venons d'énumérer, et peut se renouveler à son tour aussi fréquemment qu'on le désire. (Voyez le mot modulation.)
Enfin, comme l'harmonie et les autres parties de la musique forment un seul langage, sont solidaires et se prêtent un secours mutuel, l'harmonie hérite de tous les moyens de variété que le reste de la musique possède, et qui sont également nombreux. Tels sont, par exemple, les formes infiniment variables de la mélodie; les différents genres de compositions musicales; le nombre et la marche des parties harmoniques; les diverses combinaisons possibles des voix et des instruments; la mesure, le mouvement, le rhythme, les nuances d'exécution; l'accompagnement, dont les formes sont infiniment variables, comme celles de la mélodie ; le mélange habile des chœurs, solos, duos, trios, quatuors, quintettes, etc. ; et cent autres moyens qu'uq bon maître, un bon livre, l'exercice et l'étude des modèles feront bien vite connaître.
Veut-on une preuve évidente, palpable, irréfragable de cette variété infinie? Voyez les œuvres de tous les
grands maîtres : toutes se réduisent à rapplication des deux principes énoncés plus haut, et, cependant, nous le répétons, quelle variété infinie!
Indépendamment de ce qui vient d'être dit, il y a en musique différentes acceptions du mot harmonie. Ainsi, on remploie pour désigner la masse des instruments à vent qui entre dans la composition d'un orchestre; on le prend aussi, quoique à tort, comme synonyme de composition.
Harmonie. Terme de facteur d'orgue. On entend par harmonie^ dans la confection des divers jeux de l'orgue, la qualité de sons qui convient à chaque jeu, soit jeu d'anches ou jeu à bouche; on ne dit point : ce jeu est d'un bon timbre, d'une belle qualité; mais on dit : ce jeu a une belle harmonie, il est d'une harmonie ronde, moelleuse, grêle, sourde, éclatante.
Harmonie directe. C'est celle où la basse est fondamentale, et où les parties supérieures conservent l'ordre direct entre elles et avec cette basse.
Harmonie d'Orphée. Espèce de physharmonica, construit à Vienne, en' i8i8, par Léonard Maêlzel, frère de rinventeur du métronome.
Harmonie figurée. C'est celle où l'on fait passer plusieurs notes sous un accord.
Harmonie première. Quelques auteurs ont donné ce nom à l'accord parfait, en appelaiit ensuite son premier renversement hammonie seconde^ et son deuxième renversement harmonie troisième.
Harmonie rapprochée. Harmonie séparée. La première a les sons dé l'accord très-rapprochés, et la seconde les présente différemment.
Harmonie renversée. C'est celle où le son fonda^ mental est dans quelques-unes des parties supérieures, et où quelque autre son de l'accord est transporté à la basse au-dessous des autres.
Harmonie simultanée. C'est la percussion d'un accord.
Harmonie successive. Succession de plusieurs accords.
Harmonieux. Tout ce qui fait de l'effet dans l'harmonie : plusieurs voix réunies dans l'exécution dun morceau de musique à plusieurs pEtt*ties, rendent un son harmonieux.
Hàrmoniflute ou AGCORDÉON-PiANO. Construit en
4852, par Boulon, de Paris. — On donne également ce nom à un orgue à cylindre et à tuyaux construit en 1853 par Corvi.
Harmoniphon. L'harmoniphon a été inventé en 1837, par M. Paris, de Dijon. L' harmoniphon est un instrument à vent et à clavier, de quinze pouces de longueur sur cinq de large et trois de hauteur, dont les sons ressemblent à ceux du hautbois. Il se joue avec la bouche, au moyen d'un tube élastique qui sert à y introduire Tair, en même temps que les doigts agissent sur le clavier, qui est exactement semblable à celui du piano.
L'harmoniphon produit plusieurs sons en même temps, et paraît se prêter aux accords les plus compliqués.
Harmoniques (Sons). Espèce singulière de sons qu'on tire de certains insruments, tels que le violon, la viole, le violoncelle, par un mouvement particulier de la main et de Tarchet, qu'on approche davantage du chevalet, et en posant légèrement la main sur certaines divisions de la corde. Ces sons sont fort difTérents, pour le timbre et pour le ton, de ce qu'ils seraient si l'on appuyait tout à fait le doigt : quant au ton, par exemple, ils donneront la quinte, quand ils donneraient la tierce, la tierce, quand ils donneraient la sixte, etc. ; quant au timbre, ils sont beaucoup plus doux que ceux qu'on tire pleins de la môme division, en faisant porter la corde sur le manche.
Les sons harmoniques de la harpe s'obtiennent en attaquant la corde à son milieu avec la partie inférieure du pouce.
Hârmonista. Disposition mécanique imaginée en 1853, par Brunt, afin de faire pour les orgues avec une simple manivelle, toutes les harmonies désirées.
Elarmoniste. Musicien savant dans l'harmonie. Haendel, Bach, Mozart, Haydn, Gherubini, sont de grands harmonistes.
Harmonium. Nom donné par Debainàun instrument composé de plusieurs jeux d'anches libres, qui communiquent avec des gravures à l'intérieur d'un sommier formant cases sonores, lesquelles représentent les sons des anches et produisent l'effet des tuyaux d'orgues; au moyen de registres placés au-dessus du clavier, les jeux de l'harmonium imitent différents jeux d'orchestre.
Harmonomètre. Instrument propre h mesurer les rapports harmoniques.
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Harpe. C'est un des plus antiques instruments que nous connaissions et dont TÉcriture-Sainte, ainsi que les ouvrages des anciens font déjà une mention particulière. On lui donnaient différents noms, tels que kinnor chez les Hébreux, la cithare chez les Grecs, la cînnara chez les Romains, le nablum^ la sambvque et la harp ou harpa chez les Celtes et les Cimbres, Il est de forme triangulaire, monté de cordes de boyaux, disposées verticalement, et qui, étant pincées avec les deux mains, donnent les sons. On sait bien que le roi David chantait la gloire du Seigneur, et dansait même en s'accompagnant de la harpe.
Quatre pièces principales composent la harpe, savoir: la console , la colonne, le corps sonore et la cuvette; cette dernière , en réunissant les deux précédentes dans leur partie inférieure, forme la base de Tinstrument. Le corps sonore est une caisse convexe faite de bois d'érable, plus large à la base qu'au sommet, et recouverte d'une planche de sapin. Cette planche, sur laquelle se trouvent fixés les boutons qui servent à attacher les cordes, s'appelle table d'harmonie. Quant à la console, c'est une bande courbée en forme d'5, et garnie de chevilles qui servent à monter les cordes fixées à l'extrémité opposée sur la table d'harmonie. Pour la colonne, enfin, elle est un montant solide ou creux, selon que la harpe est simple ou à mouvement.
La harpe ancienne n'avait d'abord que treize cordes accordées selon l'ordre de la gamme diatonique. Plus tard, on en ajouta d'autres, et on apporta tour à tour plusieurs perfectionnements à cet instrument, dont les principaux datent du dix-huitième siècle, et sont dus à MM. Hochbruker, Naderman, Erard. D'après ces artistes, la harpe dite à simple mouvement (c'est-à-dire ayant sept pédales, dont une pour chaque note de la gamme), se trouve montée de quarante-trois cordes disposées sur un seul rang et accordées en mi bémol. Les crochets y sont remplacés par des fourchettes à deux bascules, de sorte que chaque corde peut recevoir trois intonations, le bémol, le bécarre et le dièse. On accorde la harpe comme le piano, c'est-à-dire par tempérament.
Quand il ne s'agit pas d'une musique intime, destinée à être écoutée de près, l'effet des harpes est d'autant meilleur qu'elles sont en plus grand nombre.
Les notes, les accords, les arpèges qu'elles jettent au