JOU
suite bateleurs, à cause des tours surprenants qu'ils s'étaient adonnés à faire avec des épées ou d'autres armes.
Jouer des instruments. C'est exécuter sur ces instuments des airs de musique, surtout ceux qui leur sont propres, ou les chants notés pour eux. Le mot jotùer étant devenu générique, s'applique maintenant à tous les instrumente.
On disait autrefois : jotier du violon, pincer la harpe, toucher Vorgue, donner du cor, sonner de la trompette, blouser les timbales, battre le tambour, etc. Le mot jouer* a remplacé tous ces termes, et il en résulte un double avantage : i*" de simplifier le langage et de prévenir toute fausse application; 2* de pouvoir consacrer ces mômes termes à des actions tout à fait étrangères à l'art musical, quoiqu'elles s'opèrent par les moyens qu'il fournit. Ainsi, nous disons sonner de la trompette, donner du cor, battre du tambour, lorsqu'il s'agit d'une charge de cavalerie, d'une chasse au cerf, ou de l'appel d'un régiment.
Journaux de musique. Les premiers journaux de musique qui parurent en France n'offraient qu'un médiocre intérêt. Le Journal hebdomadaire, le Journal des Troubadours, le Journal d^Euterpe, le Chantre du Midi, et quelques autres productions du môme genre, n'ont eu chez nous qu'une durée éphémère.
Il faut le dire, la plupart de nos journalistes littérateurs se sont longtemps efforcés de nous faire passer pour des ignorants en musique. Analyses ridicules, grossières méprises, absurdités, faux raisonnements dérivant d'un système faux sur tous les points, voilà ce qu'on trouvait jadis dans certains feuilletons, quand leurs rédacteurs ne se bornaient pas au protocole dès longtemps adopté, lequel consiste à dire que la musique d'un opéra est oelle, délicieuse, admirable, ou qu'elle est mauvaise, pitoyable, etc.
Pendant que la France était encore si arriérée, l'Allemagne faisait un pas immense dans la carrière du journalisme musical. Nous devons mentionner particulièrement la Gazette musicale de Berlin, la Gazette musicale de Vienne, la Gazette musicale des états d'Autriche^ et surtout l'excellente Gazette de Leipsig ,1 vecn^W d'un mérite très-remarquable, entrepris en 4798, et dont la