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tonique est majeure, et alors seulement le mot mode ne fait que se sous-entcndre.
On désigne encore par le mot de majeur pris substantivement, la partie d'un air, d'un duo, d'une sonate, d'une symphonie qui se trouve traitée en mode majeur.
Maldonner. Luthier à Pussen en Bavière, a laissé de bons instruments qui portent la date de 1770.
Malgaches (Musique chez les). Les Malgaches aiment beaucoup la musique et la danse. Celle-ci, grave chez les hommes, paraît souvent exprimer quelque action dramatique ; elle est mesurée, et les pas, rarement précipités, sont diversifiés suivant le caractère de l'air, comme les contredanses français^es.
La danse des femmes, quelquefois gaie et lascive, ne consiste d'ordinaire qu'en un balencement du corps, avec de continuels mouvements des bras et des mains accompagnés d'un léger trépignement de pieds.
Leur musique a un caractèrjB de mélancolie tenant peut-être au sujet de leurs chansons qui roulent toujours sur l'amour. Les femmes ont la voix douce et mélodieuse, chantent en parties et font des accords suivis que l'on n'entend pas sans plaisir.
Manche. Pièce de bois collée à l'extrémité du corps de certains instruments à cordes, tels que le violon, le violoncelle, la guitare. Le manche sert à tenir l'instrument, porte les cordes et les chevilles, et c'est en posant les doigts sur ces cordes et en les pressant contre le manche, que l'on forme les différents tons.
Mandoline. Instrument de musique plus petit que le luth et de la même forme. Il s'accorde comme le violon, avec cette différence, que ses cordes sont de laiton et doubles. On en joue avec un petit morceau d'écorce de .cerisier ou un bout de plume taillé comme un cure-dent plat. Le timbre de la mandoline est d'une finesse mordante qui la rend très-propre à accompagner les chants d'amour. Il y avait deux espèces de mandolines, l'une se nommait mandoline milanaise qui avait cinq rangs de cordes et la mandoline napolitaine qui n'en portait que quatre rangs. Le plus élevé avait des cordes en boyaux, le second des cordes d'acier, le troisième des. cordes de cuivre tordu et le quatrième, des cordes en boyaux recouvertes de fils d'argent.
Mandore ou Mandille. Espèce de petit luth. II se joue comme cet instrument, mais- s'accorde différem-
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ment. La mandore n'a que huit groupes de cordes à boyau ; ce qui fait en tout seize cordes.
La mandore n*est plus en usage depuis longtemps.
Maneros. Chant lugubre des anciens Égyptiens, appelé de Maner fils unique du premier roi d'Egypte qui mourut prématurément.
Manighordion. Sorte d'épinette dont les sautereaux étaient armés de petits morceaux de cuivre. Cet instrument était monté de soiwante-dix cordes dont plusieurs à Tunisson étaient recouvertes de bandes de drap qui en rendait le son sourd et doux.
Marabba. Instrument à corde et à archet des Arabes, il est monté de deux cordes à l'unisson et dont le corps est recouvert des deux côtés d'une peau tendre.
Marche. Morceau de musique, composé pour être exécuté par un grand nombre d'instruments, pendant la marche d'une troupe militaire ou d'un cortège nombreux, et servant à i^gler le pas de ceux qui le com* posent.
La marche est plus particulièrement du domaine de la musique militaire que de l'orchestre complet. Cependant on introduit souvent des marches dans les compositions dramatiques.
Brillante et légère dans le style martial, majestueuse et solennelle dans le style religieux, triste et gémissante pour les pompes funèbres, la marche prend divers caractères, selon que sa destination change.
La mesure de la marche est ordinairement à deux temps, et- son mouvement allégro maestoso. Quelques marches religieuses d'un mouvement très-lent sont à trois temps.
Dans le style militaire on distingue deux sortes de marches, savoir : la marche dont la mesure et le temps marquent le pas ordinaire, et la marche double, dont la mesure et les. temps sont doublés ; son mouvement est du double plus rapide que celui de la marche.
Une belle marche, exécutée par d'excellents musiciens, annonce d'une manière brillante la troupe qui va défiler sous les armes. Ces accents belliqueux, cette harmonie éclatante s'unissent admirablement aux idées qu'inspire l'appareil militaire. X3n croit assister aux anciens tournois. L'imagination nous transporte aux fêtes triomphales de la Grèce et de Rome.
Mais laissons la musique guerrière pour nous occu-
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per de la scène dramatique, où la marche parait avec les plus grands avantages. Elle y prend une couleur différente,. selon le temps et le lieu où se passe raction scénique. Au théâtre, la marche se réunit souvent au chœur, et beaucoup de chœurs dramatiques, tels que ceux de la Vestale : De lauriers couvrons les chemins ; Périsse la vestale impie ! sont dessinés en marches.
On appelle aussi marche un mouvement symétrique et régulier des diverses parties de l'harmonie.
Marche de Basse. (Voyez le mot Progression).
'Marche des parties harmoniques. En général, lorsque Ton compose à trois parties ou davantage, elles ne doivent pas monter ni descendre toutes à la fois, à moins qu'il n'y ait unisson ou que la pensée ne l'exige ainsi . 11 suffit toutefois que l'une d'elles soit immobile pendant que les autres montent ou descendent.
Il est bien que le dessus et la basse procèdent par mouvements contraires, ou du moins par mouvements obliques.
En tous cas, les parties harmoniques doivent marcher d'une manière simple, naturelle et sans contorsion. Il est ridicule et périlleux à la fois de leur donner des intonations difficiles et hasardées.
Marcher. Ce terme s'emploie figurémenten musique et se dit de la succession des sons ou des accords qui se suivent dans un certain ordre.
Marseillaise. Nom donné à un hymne patriotique et guerrier dont les paroles et la musique furent composées à Strasbourg par Rouget de Lisle^ en 1792.
Martaban (Musique du). Les habitants du Martaban, province de l'empire Birman, paraissent aimer beaucoup notre musique, dont la leur se rapproche plus que celle d'aucun autre peuple de l'Inde. Les instruments dont ils se servent méritent d'être observés. Ils ont un luth avec deux cordes de laiton, qu'ils. jouent tantôt avec un archet, tantôt avec les doigts. Ils possèdent encore un instrument qu'on ^ peut appeler chat^ parce qu'il représente ce quadrupède avec les jambes ployées sous lui et la queue ramenée en demi-cercle au-dessus de son dos. C'est sur cette queue que les cordes sont attachées. Ils ont aussi nos espèces de flûtes, des flageolets, des tam-tams et des cloches qu'ils appellent gongs.
Marteau. Instrument qui a le manche percé comme une clef, avec lequel on tend ou on lâche les cordes des
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instruments à chevilles, pour les accorder. C'est aussi le nom de certaines pièces de la mécanique du piano qui attaquent les cordes.
Martellement. Sorte d'agrément du chant en usage dans Tancien français.
Masques. Par ce nom on entendait, chez les anciens Grecs et Romains, certaines figures postiches qui représentaient, dans les théâtres, les traits des personnages figurant dans l'action dramatique. Ces masques étaient en métal, et Ton s'en servait pour donner plus d'éclat et plus de force à la voix.
Masses. Masses, dans la musique vocale et instrumentale, se dit de plusieurs parties considérées comme ne formant qu'un seul tout. Les arpèges des violons et des violes, liées par les tenues des instruments à vent, forment de belles masses harmoniques. Un solo de hautbois plane et se dessine avec grâce sur les masses de l'orchestre.
Matraca. Enorme crécelle, en usage en Espagne, et surtout au Mexique, pendant la semaine-sainte. Elle remplace les cloches. C'est une roue de plusieurs palmes de diamètre, dont la circonférence est armée de marteaux de bois mobile, de sorte qu'en tournant la roue, ces petits marteaux frappent quelques petits morceaux de bois plantés comme des dents dans la circonférence de la roue.
Maxime. Nom de tout intervalle plus grand que le majeur, pour ceux qui n'admettent pas le degré de augmenté^ et plus grand d'un demi- ton que l'augmenté, pour ceux qui admettent ce degré de plus.
Maxime. C'est une note faite en carré long horizontal avec une queite au côté droit, laquelle valait huit mesures à deux temps, c'est-à-dire deux longues, et quelquefois trois, selon le mode. — Cette sorte de note n'est Elus en usage, depuis qu'on sépare les mesures par des arres, et qu'on marque avec des liaisons les tenues ou continuités des sons,
Mayerhoff (Andréas). Luthier fort en renonci dont les quelques instruments sont parvenus jusqu'à notre époque, travaillait à Salsbourg en 1760.
Mazurka. La mazurka possède un rhythme particulier qui consiste à marquer souvent le deuxième temps de la mesure ; la période se termine sur le deuxième temps. Elle est plus lente que la valse.
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Medakd. Pat un habile luthier, il habitait Nancy et y exerça gon état de 1680 à 1720.
Mèdes. (Voyez le mot Assyriens.)
Médiante. G*est la corde ou la note qui partage en deux tierces Tintervalle de quinte qui se trouve entre la tonique et la dominante. L'une de ces tierces est majeure, l'autre mineure, et c'est leur position relative qui détermine le mode. Pour simplifler cette définition, nous dirons que la médiante est la troisième note d'une gamme.
Médiation. Partage de chaque verset d'un psaume en deux parties, l'une psalmodiée ou chantée par un côté du chœur, et l'autre par le côté opposé.
Médium. Milieu de la voix, également distant de ses deux extrémités au grave et à l'aigu. Le haut de la voix est plus éclatant, mais il est quelquefois forcé. Le bas est grave et majestueux, mais il est plus sourd. Un beau médium donne les sons les mieux nourris, les plus mélodieux.
Mélange était le nom d'une des trois parties de la musique des Grecs.
Mélodéon. Variété des orgues expressifs perfectionnés en 1849, aux Etats-Unis d'Amérique, par Austin.
Mélodiga. Instrument à clavier avec un registre de flûte ; cet instrument descend jusqu'au sol grave du violon.
Mélodie. La mélodie est la succession de plusieurs sons différents qui, dans leurs rapports de tonalité, concourent à former un ensemble agréable et flatteur pour Tpreille, ravissante pour le cœur et l'imagination.
D'où vient-elle, cette reine de l'art lyrique, avec son cortège d'émotions, son sourire fleuri, ses arabesques de tous les temps que l'œil embrasse et admire? A quelle source de poésie l'enchanteresse a-t-elle puisé ses charmes ? La mélodie est fille du mystère ; c'est une brise échappée à un monde inconnu ; elle porte avec elle la fraîcheur de l'aurore, le feu du soleil et la sérénité de la nuit. Tous les arts ont leur langage et leur modèle : langage matériel, modèles vivants ou morts; la parole d'un côté, la nature de l'autre. Pétrarque, l'Arioste, le Tasse, Chiabrera, Gœthe, Byron, Châteaubriant, Hugo et Lamartine, tous enfants de la renommée, ont fleuri leurs vers des plus belles images, ont revêtu la pensée humaine des plus riches vêtements ; mais au service de
leurs inspirations, ils avaient ou ils ont encore des mots, un langage^ un vocabulaire tout entier ; Michel- Ange, Léonard de Vinci, Raphaël, le Gorrége, Rubens^ Léopold Robert, Ingres, Vernet, tous illustres parmi les plus illustres, vous n'avez fait que copier la nature, et votre gloire est d'avoir été aussi vrais que la nature elle-même ; vous aviez des couleurs, vous aviez des pinceaux ! Encore une fois, la mélodie n'a ni vocabulaire, ni pinceaux, ni modèles ; elle est tendre et amoureuse, comme le poète le plus tendre et le plus amoureux ; elle est rêveuse, emportée, déchirante comme les songes qui bercent la tête, ou les tempêtes qui agitent le cœur ; elle a des larmes pour la douleur, des sourires pour l'amour; elle est légère, coquette, douce, capricieuse, folâtre, insouciante, enthousiaste, ardente; elle est dans le passé ; elle est dans le présent ; elle vivra aussi longtemps que vivront les étoiles, aussi longtemps que les roses garderont leurs couleurs, les arbres leur verdure, le printemps son soleil. Elle reviendra d'où elle est venue, et ceux qui assisteront à sa fin, seuls connaîtront son origine.
La mélodie se divise en trois catégories ; la mélodie fugitive, la mélodie religieuse et la mélodie dramatique, c'est-à-dire appliquée au drame lyrique. Il y a la mélodie légère, la mélodie gracieuse, la mélodie passionnée, et, au milieu de tout cela, nous avons la mélodie banale qui veut tout exprimer, qui n'exprime rien et qui revient de droit aux musiciens sans valeur poétique. Des mélodies fugitives, Schubert en est un modèle merveilleux. Lisez, relisez ces petits poèmes oi!i l'âme pure et calme a répandu son parfum ; Ih point de futilités, point de notes à contresens, point d'exagération, toujours la vérité ; là, c'est le cœur qui chante, c'est du cœur que part l'inspiration. Schubei't se fait un petit cadre et il le remplit toujours des plus délicieuses peintures ; ne lui demandez pas des développements, de la grandeur, de l'espace : son haleine est courte et ne peut pas affronter un long voyage ; laissez-lui sa douce rêverie, son amour mélancolique. 11 vous dira le songe d'un enfant, la prière d'une chaste Qlle, la promenade à deux, sous le ciel étoile, la douleur d'une mère, et nul mieux que lui ne rendra tous les sentiments de l'enfant joyeux, de la jaune âUe regardant le ciel, des amoureux isolés, de la mère en pleurs. Schubert ne dépasse jamais le but, et il
ratteint toujours ; ses tableaux sont des miniatures, mais des miniatures qui quelquefois par leurs beautés, s'élèvent aux proportions des grands tableaux ; celui-là possède la vraie mélodie, que ne donnent ni la science, ni l'étude, et qui ne reçoit ses règles que du génie et du goût.
A l'Italie la mélodie religieuse et la mélodie dramatique. La mélodie religieuse vous la trouvez dans les vieilles basiliques, au milieu de la foi des croyants, s'élevant comme une glorification céleste au-dessus de la tête du Christ. Dans la mélodie religieuse, point de luxe, point de formes sensualistes, point de coquetterie, point de fantaisie. La mélodie religieuse respire le recueillement, ht méditation, un amour sacré, celui de Dieu, une aspiration brûlante vers l'infini : allez dans la ville éternelle, écoutez le M'^^ered'Allegri, les psaumes de Marcello, les prières sublimes de Pergolèse, les cantiques, les louanges, les hymnes au Seigneur, de Palestrina, les chants inspirés de Mozart et de Gherubini ; les caprices du monde sceptique n'ont pas souillé de leurs ailes vagabondes le génie de ces compositeurs dévoués à la musique la plus imposante, la plus grandiose, la plus noble, la musique qui puise son inspiration dans la croyance du bonheur éternel, dans le respect et l'amour de la divinité. Là est la foi chrétienne, là est la yérité.
La mélodie dramatique est un mélange de toutes les passions terrestres ; ses effets sont plus variés, ses formes plus saisissables, et plus accessibles à l'intelligence humaine. La mélodie dramatique, soumise dès sa naissance à une marche progressive, a commencé pour ainsi dire à Scarlatti, car jusque-là la musique dramatique n'existait pas ou à peu près. Le compositeur, mettant de côté la routine et se frayant une route nouvelle à travers l'ignorance, fonda pour ainsi dire en Italie une école nouvelle ; tour à tour vinrent rayonner Antonio Cavalli, Stradella, Ib comte Angelo, Antonio Lotti, Giacomo Péri, Corsi, Porpora, Dominico Sarri, Leonardo di Vinci, Pergolèse, Egilio Duli, Piorillo, Piccinni, Sacchini, Paisîello, Cimarosa, Pioravanti, Spontini, Garafa, Rossinj, Bellini, Donizetti et Verdi. Nous en passons certainement; mais il y a eu une abondance telle de compositeurs à Naples, à Florence, à Venise et dans presque toutes les villes italiennes, que c'est la plus curieuse histoire de l'art contemporain.
C'est dans la musique de théâtre que le génie peut ouvrir ses ailes. Exprimer des sensations, des sentiments, des passions; charmer par la suavité, émouvoir par l'expression, voilà en deux mots le drame lyrique. On peut avoir le génie de la composition sans être un musicien dramatique. Que de ressources a le compositeur pour déployer son génie, quand il a du génie ! Le mouvement, le geste, l'action doublent l'effet de la musique. Il a fallu deux siècles pour élever l'art lyrique au point où il est arrivé de nos jours ; certes, aucun art n'a subi plus de transformations que l'art musical appliqué au théâtre; le progrès s'est opéré peu à peu, lentement; chaque compositeur a eu son genre. Qu'elle est belle, simple, intéressante, toute cette école italienne, inspirée par une mélodie élégante, vive, caressante et toujours pleine de séductions. Elle a toujours marché vers le progrès : Bellini, Donizetti, Rossini, Rossini surtout, l'ont élevée à un degré de splendeur inouï; et lorsqu'on croyait que le feu s'était éteint dans cette braisière musicale, Verdi apparaît; Verdi, l'homme de la scène, l'homme qui donne la vie aux personnages, qui anime les siraations ; Verdi qui fait de la mélodie l'application la plus noble, et dont le génie s'applique surtout à exprimer la vérité du drame : c'est tout une transformation.
L'harmonie et le rhythme constituent la partie scientifique de l'art musical ; la mélodie en est la partie animée, vivante et poétique. L'harmonie et le rhythme ont été soumis à des calculs positifs, à des principes fixes, à des règles immuables. La mélodie ne peut recevoir de règles que du génie et du goût. Ici le caprice, la fantaisie, la spontanéité de l'inspiration jouent un rôle immense. Ici se déploie toute l'originalité du compositeur.
La mélodie est à la mumque ce que l'expression et le coloris sont à la peinture ; elle l'anime et la vivifie, la pare et l'embellit. Elle assure son empire sur les sens et sur l'imagination. Elle communique, en un mot, aux productions de l'art cette étincelle de vie, cette flamme divine, ce don d'immortalité, qui leur font traverser les générations et les siècles, sans qu'elles perdent rien de leur jeunesse, de leur fraîcheur et de leur éclat.
Pour qu'un tableau excite un grand intérêt ou une vive admiration, il ne suffit pas qu'il soit remarquable par la pureté des lignes, la perfection du dessin et iine
(disposition savante des effets, derombreetdelalumière, il faut, de plus^ qu'il se distingue par l'expression des physionomies, parle sentiment de l'idéal ou des beautés de la nature, et qu'on voie circuler partout le mouvement et la vie.
Ce que nous disons des arts du dessin s'applique parfaitement à la musique; de môme qu'on reconnaît aux qualités que nous venons d'énumérer les peintres éminents, de même on reconnaît à l'abondance, à la richesse^ à l'originalité des mélodies, les musiciens vraiment supérieurs.
Malgré l'insuffisance des documents qui nous sont parvenus sur la musique des anciens, on ne saurait douter qu'ils n'fiient conqu la puissance de la mélodie. A cet égard^ la fable, malgré ses exagérations et ses mensonges ingénieux, peut servir de supplément à l'histoire. Qu'estce qu'Orphée adoucissant les monstres et attirant les fo« rets par ses accents divins, si ce n'est une personnification de cette douce mélodie qui avait tant de charme pour les Grecs ? Et les sirènes, ces séduisantes femmes qui, au milieu des mers, fascinaient les voyageurs par la magie de leurs chants, et les attiraient sur les écueils les plus dangereux de l'Afrique, ne rappellent-elles pas le souvenir des femmes d'Athènes, de ces courtisanes enchanteresses qui, par leurs voluptueuses chansons, amollissaient les cœurs, troublaient la raison des sages et des philosophejp, et charmèrent souvent les loisirs deSocrate et de Périclès? Oui, ou trouve dans les mythes et les fictions de l'antiquité le plus éclatant hommage qui ait été rendu à la mélodie.
Après avoir brillé d'un vif éclat chez les ancie^^s, elle disparut tout à coup dans les premiers siècles du christianisme. Les essaims de Barbares qui se précipitèrent alors sur l'Europe en bannirent la douce mélodie. Et qui donc aurait entendu sa voix au milieu de ces hommes de fer, dans ce choc d'armures?...
Quand la paix eut succédé au bruit des armes, la mélodie renaissante ne trouva d'abord d'asile que dans les temples chrétiens. Mais austère comme la religion nouvelle, dédaignant tout ce qui peut émouvoir l'imagination et les sens, elle s'exhala en froides psalmodies, en plainchant monotone ; elle n'eut rien en un mot de cette coquetterie, de cette grâce, de ce charme entraînant qu'elle avait possédé chez les Grecs. Pendant la longue
période du moyen-âgé^ les chants tour à tour saîfs, passionnés, mélancoliques des ménestrels, des troubadours, des bardes, des minnesingers, offrent seuls quelques réminiscences de l'antique mélodie.
Tandis que l'art végétait en Europe, dans un état d'immobilité et de langueur, l'Italie s'ouvrit la première une route nouvelle sur les ailes de la mélodie ; un essaim de compositeurs éminents s'élança tout à coup dans des sphères inconnues ; et, pendant trois siècles, le génie italien prit un essor qu'aucun peuple n'a atteint depuis, si on en excepte l'Allemagne.
La mélodie est restée longtemps chez nous dans un état de faiblesse et d'infériorité qui a tait dire à quelques étrangers, prévenus ou irréfléchis, que nous étions le peuple le plus anti-musical de l'Europe : malgré les efforts de Lulli, notre grand Opéra n'était encore, au dix-septième siècle, qu'une machine lourde et compliquée ; et au dix-huitième, toute la science de Rameau ne put donner un peu d'animation et de vie à l'Académie royale de musique. C'est qu'il manquait à ce grand harmoniste ce qui séduit, ce qui charme dans toute composition musicale, une abondante et riche mélodie.
Sous ce rapport, Gluck et Piccinni, et de nos jours Rossini et Verdi ont tracé au génie national une route nouvelle, et plusieurs compositeurs français sont entrés avec succès dans cette voie. Méhul, Grétry, Hérold, Monsigny, Dalayràc, Boïeldieu, Auber, Halévy, Ad. Adam, A.. Thomas, Reber, Clàpisson, Grisar, F. David, Ch. Gounod, ont produit des œuvres qui unissent aux séductions de la mélodie les calculs de la science. C'est grâce à cette alliance de l'harmonie et de la mélodie, que quelques-unes des compositions de Grétry ont résisté depuis un demi-siècle à toutes les variations du goût, à tous les caprices de la mode, et qu'elles sont toujours admirées comme à l'époque de leur apparition.
Mélodina. Instrument à clavier avec lames vibrantes et à souflet. Construit en 1850, par Fourneaux,
Mélodiste. On désigne ainsi le compositeur dont les œuvres se distinguent par des mélodies heureuses. Mais le musicien qui est tout simplement mélodiste ne possède qu'une des parties essentielles de l'art, et ses œuvres n'obtiendront jamais un véritable succès, s'il rie joint l'harmonie à la mélodie, la science des accords à l'inspiration.
Mélodium (orgues). Espèce d'Harmonium construit par MM. Alexandre, père et fils.
Mélodium a timbres. Nom donné en 1847 , par Nunn's et Fischer, de New-York, à un instrument dans lequel ils avaient combiné un jeu de timbre avec les cordes d'un piano.
Mélodore. Nom importé en 1847 par Coste, à une espèce de clarinette-alto, dont le corps était de bois, et le pavillon en cuivre.
Mélographe. Machine construite pour retracer sur le papier les inspirations du compositeur. Le premier mécanismeest duàUngerenl749; — Hohlfeld en imagina une autre en 1752; — un prêtre anglais, Creed, en conçut également une en 1747 ; — Freekc, chirurgien, réclama cette même année la priorité sur l'idée de Creed ; — le P. Engramelle publia en 1770 un moyen mélographe ; — Merlin, mécanicien de Londres, construisit en 1771 un appareil analogue; — en 1783, Gattey tenta la solution du même problème. Ces tentatives, toutes infructueuses, furent souvent reprises sous divers noms et sous diverses formes.
Mélomanie. Manie de la musique. — Le mélomane n'est pas toujours un musicien habile; il n'a le plus souvent que des prétentions à l'habileté et au savoir. Toujours à ' son poste dans les concerts, aux premières représentations des opéras nouveaux, il excite, encourage, blâme, critique tour à tour des yeux, du geste, de la voix. Il se pose en aristarque, en juge souverain, infaillible, et ses décisions ont cassé plus d'une fois les arrêts de la critique et du public. — Personne ne possède comme lui ce sens exquis, ce tact parfait, ce sentiment du beau qui sait distinguer le véritable talent de la médiocrité. A l'en croire, il est le conseiller Intime de tous nos grands artistes; Rossini lui doit ses plus délicieuses mélodies ; Meyerbeer, ses plus belles inspirations ; Auber, ses rhy thmes les plus coquets ; Halévy, ses chants les plus passionnés; Donizetti, ses cantilènes les plus suaves.
Nous avons seulement parlé jusqu'ici du mélomane qui se pose en connaisseur. C'est, comme vous voyez, un personnage très-original, et même quelque peu assommant pour ceux qui l'écoutent. Mais c'est ma loi bien pis encore, quand le mélomane aspire au titre de chanteur, de virtuose, de compositeur. Si vous êtosavec
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lui dans un salon, et que vous le voyiez aller au piano, ou sur le point de fredonner un de ses airs, de roucouler une de ses romances, alors sauvez-vous vite, pour peu que vous ayez les oreilles sensibles et les organes délicats ; ou plutôt restez, si vous êtes curieux d'assister au tohu-bohu le plus étrange, le plus divertissant...
Toutefois, la critique que nous faisons ne s'adresse point indistinctement à tous les mélomanes; il en est quelques-uns qui, malgré leurs singularités et leurs ridicules, sont des hommes de goût et de talent. Mais, à part ces rares et honorables exceptions, la musique n'est le plus souvent chez le mélomane qu'une passion malheureuse.
Mélopée. C'était, chez les anciens, l'art ou les règles de la composition du chant, dont la pratique et l'effet s'appellent mélodie. — Mélopée signifiait donc la composition des chants, et mélodie le chant composé.
Mélophilon. Nom donné en 1846 par Piron, à une espèce d'instrument à anches libres dont les sommiers et les jeux étaient placés verticalement.
Mélophone. Instrument inventé par Leclerc, horloger, en 1837. C'était un grand accordéon ressemblant pour la forme à une épaisse guitare. Contenant un double soufflet mis en action au moyen d'une longue verge, les registres étaient ouverts par des fils correspondant à des boutons adaptés le long du manche de l'instrument.
Mêlophonorgue. Ainsi se nommait un instrument imaginé en 1854 par Leterme, qui ne consistait que dans deux séries d'anches résonnant ensemble à distance d'un quart à un neuvième de ton plus ou moins.
Memphitique (danse). Se disait, chez les anciens Egyptiens, d'une danse guerrière qui s'exécutait au son instruments militaires.
Ménestrels. Poètes et musiciens qui florissaient en France dès le huitième siècle. — Le maître de chapelle du roi Pépin, père de Charleraagne, était un ménestrel. — Chanteurs et virtuoses à la fois, les ménestrels obtinrent pendant longtemps de grands succès. A la suite des preux chevaliers dans les batailles, les tournois, les carrousels, ils célébraient leurs exploits, et se rendaient les interprètes des sentiments exaltés, patriotiques qui faisaient alors battre les cœurs. — Ils jouaient aussi un rôle dans les cours d'amour, les combats poétiques et tous les jeux brillants du moyen-âge. — Admis dans les