NOC
snccession alternée de sons qui procédaient ou par degrés ou par sauts. Lorsqu'ils montaient, ils se nommaient neccîM rectus ; lorsqu'ils descendaient, on les nommait nexm anacampttùs, et lorsqu'ils montaient et descendaient neœus circumstans.
Nez (chanter du). C'est naziller, chanter d'une ma* nière désagréable comme si le nez était bouché.
NicoLO. Nom que l'on donnait anciennement à une sorte de hautbois, qui était le contralto de cet instrument et qui a cessé d'être en usage.
NiGORDO. Instrument à corde qui fut inventé à Florence, en 1650 par François Nigelli.
NiNPALi. Espèces de petites orgues en usage anciennement en Italie. Monteverdi s'en est servi en 1607 dans son opéra d'Eurydice.
Noble. Le style musical est noble lorsqu'il s'élève audessus de l'expression commune et que les formes vulgaires et insignifiantes en sont exclues. — Dans l'exécution, la noblesse consiste à éviter l'emploi des agréments inutiles, à marquer sans affectation l'accent oratoire, à exposer avec aisance et dignité toutes les périodes d'un morceau de musique.
La noblesse doit être exprimée naturellement, sans vulgarité, mais aussi sans emphase ni affectation, autrement on tombe dans le style maniéré^ qui consiste à exécuter un chant simple de sa nature en le chargeant d'ornements affectés, et par conséquent de mauvais goût.
Nocturne. Morceau de musique destiné à être exécuté de nuit en sérénade ou dans les salons. Le nocturne vocal s'écrit à deux, trois et quatre voix ; on le dispose quelquefois de manière à ce qu'il puisse être chanté sans accompagnement. — Le nocturne étant fait pour ajouter aux charmes d'une belle nuit ou des réunions intimes, son caractère s'éloigne autant de la gaieté vive et bruyante que de la tristesse et du mouvement impétueux des grandes passions. Une mélodie gracieuse et suave, tendre et mystérieuse, des phrases simples, une harmonie peu travaillée, mais pleine, onctueuse, telles sont les qualités que l'on doit rencontrer dans le nocturne, et s'il est exécuté par de bons chanteurs, son effet sera délicieux.
Le nocturne est encore une pièce instrumentale écrite pour harpe et cor, hautbois et piano, flûte et piano, etc.
Ces nocturnes ne sont, à proprement parler, que des fantaisies dialoguées.
Nocturne. Partie de Tofflce des matines qui se divise en trois nocturnes, ainsi appelés parce que les premiers chrétiens les chantaient pendant la nuit en trois temps différents.
NoDALES (lignes). Ce sont celles qui se trouvent produites par la série des points de repos à la surface d'une verge rigide mise en vibration.
NoELS. Airs destinés à certains cantiques chantés aux fêtes de Noël. Les airs des noëls doivent avoir un caractère champêtre et pastoral, en harmonie avec la simplicité des paroles et avec celle des bergers, qu'on suppose les avoir chantés en allant rendre hommage à l'enfant Jésus dans la croche.
Noeud. On appelle nœuds les points déterminés par lesquels une corde sonore, mise en vibration, est divisée en parties aliquotes vibrantes, qui rendent des sons différents de ceux produits par la corde entière.
NomE. Note de musique qui vaut deux croches ou la moitié d'une blanche. Dans l'ancienne musique, on se servait de plusieurs sortes de noires : noire à queue^ noire carrée, noire en losange. Ces deux dernières espèces sont demeurées dans le plain-chant ; mais dans la musique moderne, on ne se sert plus que de la noire à queue.
Nome. Espèce d'air des anciens Grecs, dont on ne couvait changer en rien la niélodie. Les nomes contenaient les principales lois de la vie civile, ou des louanges en l'honneur de quelque divinité imaginaire.
NoNE. Partie de l'office divin, une des heures canoniales.
Non troppo. Pas trop. Expression italienne qui se joint aux indications du mouvement de vitesse ou de lenteur ou aux modifications de force et de douceur. Ainsi non troppo allegro signifie pas trop vite ; non troppo adagio^ pas trop lent, etc.
Notation. Art de représenter aux yeux et à l'intelligence le son musical et ses différentes modifications, de telle façon que l'exécution reproduise ensuite au moyen de la voix ou des instruments, les pensées écrites par le compositeur. On écrivait dans l'antiquité, chez les Grecs, la musique à l'aide deô caractères de l'alphabet ; au VI* siècle de l'ère chrétienne, le pape Grégoire subs-
titua aux lettres de l'alphabet grec, les lettres de l'alphabet romain, mais comme ces lettres ne se prêtaient point au goût des ornements, des roulades, des fioritures qui domina ensuite, chaque nation en adopta une particulière : ainsi il y eut la notation celtique, la notation saxonne, la notation lombarde, les neumes, etc, etc. Quand le désordre fut à son comble, un moine toscan, Guido d*Arezzo imagina un système très-simple qui mit fin à cette anarchie; il imagina la portée, les notes, les clefs, qui forment le germe de la notation usuelle adoptée par tous les peuples. Le P. Souhaisty voulut changer cette notation et il proposa de remplacer le nom des notes par les sept premiers chiffres, et J.-J. Rousseau marcha un moment sur les traces du Jésuite innovateur et adopta ridée des chiffres, mais ayant reconnu l'impossibilité d'égaler la simplicité, la rectitude de la notation usuelle, il Ta condamna. Cette écriture par chiffre fut reprise par Galin, non comme théorie, mais seulement comme moyen pédagogique. Plus tard, MM. Paris et Chevé, adoptèrent la donnée du chiffre et voulurent faire dominer leur chiffrage et remplacer la notation usuelle répandue dans tout l'univers, par un nouveau langage musical. Ce système n'a pas mieux réussi.
Note sensible. Est celle qui est une tierce majeure au-dessus de la dominante, ou un demi-ton au-dessous de la tonique. On l'appelle note sensible parce qu'elle fait sentir le ton et la tonique sur laquelle, après l'accord dominant, la note sensible, prenant le chemin le plus court, est obligée de monter.
Noter. C'est écrire de la musique avec les caractères destinés à cet usage et appelés notes. Il faut distinguer noter de copier. Le musicien note ce qu'il compose ou ce qu'il a retenu de mémoire : celui qui écrit la musique déjà notée, et d'après un exemplaire qu'il a sous les yeux, est tout simplement un copiste.
Notes. Signes ou caractères dont on se sert pour écrire la musique. Les Grecs se servaient des lettres de leur alphabet pour noter la musique. Les Latins les imitèrent dans cette pratique. Ce ne fut que dans le onzième siècle qu'un bénédictin d'Arezzo, nommé Guido, substitua à ces lettres des points posés sur différentes lignes parallèles, à chacune desquelles une lettre servait de clef : dans la suite, on grossit ces points ; on s'avisa d'en poser
aussi dans les espaces compri^s entre les lignes, et Ton multiplia, selon le besoin, ces lignes et ces espaces.
Les notes n'eurent, pendant un certain temps, d'autre usage que de marquer les degrés et les différences de rintonation ; elles étaient toutes, quant à la durée, d'égale valeur, et ne recevaient à cet égard d'autres différences que celles des syllabes longues et brèves sur lesquelles on les chantait.
Cet état de choses dura jusqu'en 1338, époque où Jeaa de Murris, docteur et chanoine de Paris, donna différentes figures aux notes pour marquer les rapports de durée qu'elles devaient avoir entre elles. Il inventa aussi certains signes de mesure, appelés modes ou prolations, pour déterminer dans le cours d'un chant, si le rapport des longues ou brèves serait double ou triple. Plusieurs de ces figures ne subsistent plus, on leur en a substitué d'autres en différents temps, jusqu'à ce que la division en mesures de valeur égale soit venue donner une marche fixe et régulière au chant noté.
On ne donne le nom de notes qu'aux caractères qui représentent les sept notes do^ ré, mi, fa, sol, la, si.
Notes accidentées. C'est-à-dire accompagnées d'un des signes que l'on nomme accidents.
Notes A DOUBLE queue. Ces notes se trouvent habituellement dans les parties de violons, ds violes, de guitares. On les exécute sur la corde à vide. La double queue indique qu'à la corde à vide on doit unir son unisson correspondant, et l'effet désiré s'obtient en pressant avec le doigt la corde voisine.
Notes de passage. Les notes de passage sont ainsi appelées, parce qu'en remplissant les intervalles qui se trouvent entre des notes qui procèdent par degrés disjoints, elles servent de liaison pour passer plus aisément de Tune à l'autre ; elles donnent les moyens de varier la mélodie par des suites de notes, de roulades composées alternativement des notes de l'accord et de celles qui les séparent. De là vient que cette roulade ou tout autre trait de chant est désigné par le nom de passage.
Notes surabondantes. Quelques auteurs donnent ce nom aux triolets et aux sextolets, et dans quelques cas aux notes marquées 5 pour 4, 7 pour 4, 9 pour 8, etc.
Noteurs. Autrefois on appelait ainsi les musiciens qui étaient employés dans les chapelles à écrire la musique