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chantés sans interruption, nous ennuierait et nous fatiguerait à la seconde scène, malgré le charme, la beauté, Texpression qui pourraient se trouver réunis dans ces airs; pour remédier à ce gî*ave inconvénient, il faut avoir recours au dialogue parlé, ou imaginer un langage de convention qui tienne le milieu entre la parole ordinaire et la parole musicale, un moyen d'union, enfin, qui fasse disparaître ce qui nous choque dans la transition immédiate de la parole au chant. Le récitatif semble remplir toutes ces conditions. C'est une sorte de déclamation notée, soutenue par une basse ou qu'accompagne l'orchestre, et contre laquelle il n'y aurait rien à dire si elle n'était quelquefois, trop souvent même, monotone dans son accentuation, et pauvre dans ses formes musicales, dont les combinaisons sont extrêmement restreintes. Tel qu'il est encore aujourd'hui, le récitatif offre cependant quelquefois des passages remarquables, surtout lorsqu'il est entremêlé de traits de symphonie qui lui donnent de l'expression et lui impriment ce caractère énergique et vrai qui, seul, le rend supportable. Le récitatif, cependant, n'exclut pas l'inspiration, tant s'en faut, et il y a de magnifiques récitatifs dans les chefs-d'œuvre des grands maîtres. Ceux de Gluck seront toujours cités, ceux d'Otello, de Quillaume Tell sont admirables.

Il y a deux espèces de récitatifs, celui qui n'est accompagné que par la basse ou le piano, quelquefois par tous les deux ensemble, et qu'on appelle récitatif libre ou simple^ et celui qui est accompagné par l'orchestre, et dont les intervalles de repos sont remplis par des traits de symphonie. Il prend alors le nom de récitatif obligé. Les Italiens faisaient autrefois usage du premier, ils ne l'emploient plus aujourd'hui que dans les opéras boufles ; le second est plus particulièrement usité dans les tragédies lyriques, les drames et les opéras d'un caractère mixte, tels que nos opéras comiques français. Tout le mérite du récitatif réside dans l'expression et l'énergie de l'accentuation.

Réciter. Chanter un récit.

Redoublement. C'est dans l'harmonie l'emploi simultané du même son fait par deux parties différentes (Voyez le mot Doublement).

Redovsta. C'est une danse à trçis temps; elle a beaucoup d'analogie avec la Mazurka^ et elle en a les mêmes

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proportions. C'est sur le troisième temps que doit porter la mélodie.

Reductio modi. Autrefois, lorsqu'on composait un morceau de musique dans un ton transposé, et qu'on voulait examiner s'il élait traité conformément à son ton originaire, on le transposait de nouveau dans son ton primitif. Ce procédé s'appelait reductio modi.

Réduction. Suite de notes qui descendent diatoniquement.

Réduire. C'est arranger une composition à un ou plusieurs instruments d'une nature différente, comme réduire un concerto pour piano. Il se dit principalement de la réduction d'une partition pour le piano, ou d'un morceau à plusieurs voix, pour une seule voix.

Réel. Quelques maîtres de chant donnent le nom de sons réels à ceux qui sont produits par le registre de la voix de poitrine, et sont directement lancés par toute la force du souffle; ils appellent, par opposition, sons de fatMset ceux de la voix de tête, attendu qu'étant formés par la partie supérieure de la trachée et ne pouvant recevoir le môme volume d'air, ils sont maigres et sans force.

Dans une mélodie, on appelle notes réelles, les notes de cette mélodie faisant partie des accords qui l'accompagnent.

On appelle dans une composition à plusieurs voix, parties réelles, les parties qui marchent sans former entre elles plusieurs unissons ou octaves de suite, c'està-dire qui ont chacune leur allure bien distincte et aussi élégante que possible : on dit d'une fugue qu'elle est, par exemple, à six, à huit parties réelles pour dire qu'il n'y a pas de partie oiseuse, et purement de remplissage.

Refrain. Terminaison d'un couplet ou d'un air de vaudeville, qu'on répète ordinairement deux fois, et qu'on chante quelquefois en chœur.

Régalk. Jeu d'anche, le plus ancien de tous les jeux d'orgue. Il n'est plus employé dans les orgues modernes.

Régiment (Musique de). La musique a été regardée dans tous les temps comme un puissant moyen d'action sur les sentiments belliqueux. Quoi de plus prropre, en effet, à seconder l'élan, à échauffer l'enthousiasme du guerrier? Non-seulement elle l'électrise, l'enflamme et lui fait affronter les périls, mais elle le délasse des fati*

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gués de la guerre, ou Faide à supports patiemment et avec courage les longues marches, les travaux les plus pénibles.

On sait combien est grande, sous ce rapport, Tinfluence du rhythme. Le maréchal de Saxe voulait que l'on fît travailler les soldats au son du tambour et des instruments en cadence.

Depuis longtemps, en Europe, la musique de régiment a pris une grande extension, et il n'y a pas aujourd'hui un peuple qui ne possède dans ses armées des corps de musique militaire. C'est en Italie et en Allemagne qu'elle reçut d'abord un accroissement remarquable. Pierre-le-Grand , s'occupant de l'organisation de ses armées de terre et de mer, fit venir en Russie des trompettes et des timbales, des hautbois et des bassons. A chaque régiment il affecta un corps de musique dirigé par un chef, qui, en dehors de ses fonctions, était tenu de choisir parmi les enfants de troupe un certain nombre de sujets, auxquels il devait enseigner undçs instruments dont se composait alors la musique militaire. Au moyen de cette disposition^ tous les régiments russes furent en peu d'années pourvus de musiciens recrutés dans l'armée elle-même.

Les anciennes musiques des régiments français se sont accrues successivement d'emprunts faits aux milices étrangères. On devait l'arigot ou fifre aux Suisses, le tambour et le basson aux Italiens, la trompette aux Maures de la péninsule, les cymbales et la grosse caisse aux Orientaux ; la cornemuse vient des Anglais, la clarinette et le hautbois sont- une importation de l'Allemagne. Toutefois il ne paraît pas qu'en empruntant aux Allemands quelques-uns de leurs instruments, les Français leur aient pris en même temps leur manière d'en jouer; car Jean-Jacques Rousseau nous apprend que, dans la guerre de 1756, les paysans autrichiens et bavarois, ne pouvant croire que des troupes réglées eussent des instruments si faux et si détestables, prirent tous les vieux corps pour de nouvelles levées qu'ils commencèrent à mépriser.

De nos jours, où l'art musical est parvenu en France à un si haut degré, les musiques militaires des régiments d'infanterie sont restées dans un état d'infériorité en présence de celles d'Allemagne, de Russie, d'Angleterre et d'Italie. Cependant de notables améliorations

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ont été introduites dans rorganisation de la musique de ces régiments ; car à la suite des nouvelles adjonctions d'instruments qui eurent lieu sous l'Empire et la Restauration, le nombre des musiciens^, qui en 1807 était de huit seulement, fut porté successivement & douze et à vingt-sept.

Nous devons dire que, gr&ce à Téducation donnée au Conservatoire de Musique de Paris, de grands progrès se sont accomplis dans cette branche de Tari. Maintenant, le chef de musique a rang d'officier, le sous-chef ce lui d'adjudant. La musique des régiments d'infanterie, outre ces chefs, se compose de S musiciens de première classe, rang de sergent-majors; 8 de seconde classe, rang de sergents ; 10 de troisième classe, rang de caporaux, et 15 élèves ayant rang de musiciens de quatrième classe, en tout 40. Pour les régiments de cavalerie, la musique se compose de 4 musiciens de première classe; 8 de deuxième ; 8 de troisième, et 7 de quatrième, formant un totalité 27 musiciens.

Registre. Diversité du timbre dans la voix du chanteur. Une voix de dessus a trois registres ; celle de ténor en a deux, et les voix de basse et contre-alto n'ont qu'un seul registre.

Registre d'orgue. Les registres sont des règles de bois que l'organiste tire ou pousse, et qui font agir certains mouvements pour ouvrir et fermer les jeux de l'orgue, selon qu'il éprouve le besoin de les faire chanter ou de les réduire au silence. La poignée par laquelle l'organiste ouvre ou ferme un registre s'appelle tirant.

Règle. Prescription ou précepte auquel on doit conformer la composition et l'exécution.

Règle d'octave. Formule d'harmonie établie pour l'accompagnement des gammes, majeure et mineure, tant en montant qu'en descendant, pour faciliter l'exécution de la basse non chiffrée à celui qui joue de la basse continue, et pour simplifier l'art ordinaire de chiffrer l'harmonie. (Voyez Ocstavb.)

Régleur. Ouvrier qui trace les portées sur le papier pour écrire la musique.

Régulier. Tout ce qui est renfermé dans les règles et dans de justes limites, ou qui suit une progression uniforme. C'est pourquoi on appelle cadence régulière celle qui s'accomplit selon les formules usitées ; marche

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