BAR
passionnent facilement pour ces chants, séduits qu'ils sont par la beauté des airs.
La barcarolle est presque toujours écrite en 6[8 quelques fois cependant, mais très-rarement en 2[4. Le mouvement est modéré et onduleux.
N'oublions pas de remarquer, à la gloire du Tasse, que la plupart des gondoliers savent par cœur une grande partie de son poème de la Jérusalem délivrée^ et qu'ils passent les nuits d'été sur leurs barques à le chanter alternativement d'une gondole à l'autre.
Les chansons des gondoliers vénitiens ont tant d'agrément, que les compositeurs ont imaginé d'en placer dans leurs opéras, en leur donnant cependant un cadre plus étendu. A Venise, jeune Fillette ^ de (Michel- Ange) Blori' dinette, joliette {d^Aline^) sont des barcarolles ; celle du Roi Théodore^ à plusieurs voix, est d'un effet charmant.
Bardes. Hommes très-respectés chez les Germains, les Gaulois, les Anglais et les Irlandais. Ils étaient à la fois poètes, musiciens et guerriers. Fingal et son flls Ossian sont regardés comme les plus fameux; ils vivaient vers 260. Pergus, barde contemporain de Fingal et d'Ossian, fut aussi grand poète qu'eux. C'est surtout dans les combats que son génie brillait de tout son éclat, et qu'il exerçait son empire. A la bataille de Fiatri, Ossian ayant engagé un combat singulier, commençait à plier, Fergus l'aperçut, et des hauteurs où il était placé, il lui adressa des chants qu'Ossian entendit, et qui lui rendirent le courage et la victoire.
Bardit. On appelait ainsi le chant guerrier des anciens Germains.
Baripyeni. On appelait ainsi dans la musique ancienne, cinq des huit sons, ou cordes stables du dia* gramme ou système musical des anciens.
Baroque. Une musique baroque est celle dont Tharmonie est confuse, chargée de modulations et de dissonances, le chant dur et peu naturel, l'intonation difiicile, et le mouvement contraint. — Ce terme vient du mot grec haros y chose désagréable.
Baroxiton. Instrument à vent, sorte de contrebasse d'harmonie construite en 1853 par Cerveny's.
Barres. Traits tirés perpendiculairement à la fin de chaque mesure pour les séparer; il n'y a pas encore deux siècles que l'usage des barres a été introduit dans la musique.
Baryton. C'est la seconde espèce de voix d'homme en comptant du grave à l'aigu. Par goût ou par nécessité, les Français ont toujours .préféré la voix de baryton à celle de basse. — Cette voix tient le milieu entre la voix de basse, qui est la plus grave, et le ténor, qui lui succède immédiatement, à Taigu.
On rappelle aussi troisième ténor ou basse- taille. (Voy. l'article Voix.)
Baryton. Cet instrument à cordes et à archet était une espèce de viole montée sur le manche de sept cordes de boyau, et sous le manche se trouvaient tendues plusieurs cordes de métal, ordinairement au nombre de seize, que l'on touchait à vide avec le pouce de la main gauche, tandis que les autres doigts se posaient sur les cordes en boyaux que l'archet faisait raisonner. — En 1855, on présenta un autre genre de baryton, c'était un gros violon, ou une petite viole, s'accordant à l'octave inférieure du violon, et se jouant comme Valto.
Bas. Signifie en musique un son grave opposé à haut ou aigu.
Bas-dessus. Se dit dans la subdivision des dessus, de celui des trois qui est le plus bas. (Voy. l'article Voix.)
Base. C'est la même chose que tonique, son fonda* mental.
Bassanelli. Instrument de la famille des hautbois et imaginé par Giov. Bassano, compositeur vénitien du XVII® siècle.
Basse. Celle des quatre parties de la musique qui est au-dessous des autres, la plus basse de toutes, d'où lui vient le nom de basse.
La basse est la plus importante des parties. C'est sur elle que s'établit le corps de l'harmonie.
11 y a plusieurs sortes de basses. — La basse fondamentale est celle qui n'est formée que de sons fondamentaux de l'harmonie, de sorte qu'au-dessous de chaque accord elle fait entendre le vrai son fondamental, qui est le plus grave, l'accord est divisé par tierces. — Basse continue, ainsi appelée parce qu'elle dure pendant toute la pièce. — Basse contrainte, dont le sujet ou le chant, borné à un petit nombre de mesures, recommence sans cesse, tandis que les parties supérieures poursuivent leur chant et leur harmonie en les variant.
Basse (voix de). C'est la voix d'homme la plus basse. Son diapason commence au second fa grave dû piano, et
s'élève jusqu'au ré hors des lignes. Celte voix n'a qu'un seul rçgistre, celui de poitrine.- C'est en lisant les parti- ■ tions allemandes et italiennes qu'on pourra se faire une idée des effets ravissants qu'obtient un compositeur de mérite en employant avec art cette voix de basse, la plus riche de toutes.
Basse, instrument. (Voy. Violoncelle.)
Basse chantante. Espèce de voix qui chante la partie de la basse.
Basse-contre. Sorte de voix qui a le même timbre que la basse-taille, seulement elle a moins d'étendue à l'aigu et plus au grave.
Basse-cor. Espèce de Serpent imaginé en 1806 par Frichot.
Basse de flandre. Sorte de trompette marine composée d'un simple bâton sur lequel on tendait une ou deux cordes. Sous ces cordes on plaçait une vessie de cochon pour faire le bourdon.
Basse de viole a clavier. Inventée et construite par Risch^ du grand duché de Weimar, en 17i0. Cet instrument était monté de cordes de boyau mises en vibration par de petites roues enduites de colophane qu'une roue plus grande placée sous la caisse mettait en mouvement.
Basse de violon. Instrument qui servait anciennement à accompagner les voix et qui se nommait aussi viole d'épaule parce qu'on la suspendait à l'épaule droite à l'aide d'un large ruban.
Basse d'harmonie. Nom donné à VOphidéïde. (Voir ce mot).
Basse-figurée. Est celle qui se place sous une note longue comme la ronde, par exemple, divise les temps de la mesure en plaçant sous chacun d'eux une des notes formant l'accord plaqué de la mélodie qu'elle acccompagne.
Basse-horn. Construit en 1820 par Stratwolf, de Goêttingue, espèce de trompette chromatique ayant trois trous pour les doigts et neuf clefs.
Basse (Marche de). (Voy. le mot Progression.)
Basse-orguc. Elait un instrument du même genre construit en 1813 par Sautermeister, dont l'étendue était de trois octaves pleines et quelques notes.
Basse-Taille. Voix d'homme qui est immédiatement au-dessus de la basse. On l'appelle aussi baryton et quel-
que fois troisième ténor. Voix de Ténor s'appelait jadis Taille en France. (Voy. l'article Voix.)
Bien des persondes confondent la basse-taille avec la basse. 'Cette erreur vient en général de ce que les rôles écrits pour ces deux sortes de voix sont chantés en France par les mêmes acteurs. Comme nous avons très-peu de rôles de basse dans nos opéras, les chanteurs dont les moyens seraient disposés par la nature et l'art à remplir convenablement cette partie, sont forcés d'avoir recours à ceux écrits pour des voix plus aiguôs'/^t forcent leur organe pour atteindre aux tons élevés de la basse-taille. Ils ne donnent par conséquent que le rebut de leur voix, et négligent sa quinte grave, dont on aurait pu tirer un grand parti.
Basse-tuba. C'est une espèce de bombardon perfectionné par M. Wibrecht, chef des musiques militaires du roi de Prusse. Son étendue est de quatre octaves, depuis le la, deux octaves au-dessous des lignes, clef de /a, .jusqu'au ^a du ténor, une octave au-dessus des lignes de la môme clef.
Basson. Instrument de musique à vent et à anche, inventé par Afranio, chanoine, de Pavie, en 4539, et perfectionné en 1.578, parSigismondScheltzer. Il tient, dans la famille du haut-bois, le même rang que le violoncelle dans celle du violon. Le diapason du basson est de trois octaves à partir du preînien si B grave du piano. Il commence par conséquent un ton plus bas que celui du violoncelle. — Le basson joue dans tous les tons; ses Ions favoris sont : ut, fa, si B, mi B, et leurs relatifs mineurs.
Le caractère du basson est en général tendre et mélancolique ; cependant ses accents, pleins de vigueur et de sentiment, servent parfois à exprimer les grandes passions dans Vagitato^ invitent au recueillement, et inspirent une douce piété quand ils accompagnent des chants religieux. Si le basson ne peut être très-brillant, il s'unit du moins parfaitement aux instruments qui ont cette qualité; et lorsque les violons suspendent leur discours pour laisser le champ libre aux flûtes, aux clarinettes, aux cors, c'est lui qui sert de base à leur harmonie éclatante.
Le basson fit sa première entrée dans l'orchestre, en J659, dans la pastorale intitulée Pomone, musique de Canbert, il n'avait alors que trois clefs.