‹ Dictionnaire de musique théorique et historiqueChapitre 64 sur 222 · GHI · texte numérisé non relu

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l'image de Tunion de la terre avec le ciel. Ceux que les Chinois regardent comme les auteurs de leur système musical, sont Ling-Lun-Kouei et Pin-Mou-Kia. L'époque où parut Lîng-Lunne saurait être exactement fixée. Le Yo King^ celui des livres sacrés qui contenait les lois sur la musique, ne nous est point parvenu; on croit que tous les exemplaires furent livrées aux flammes. Les fragments, qui s'étaient conservés dans la mémoire, furent soigneusement recueillis, et plusieurs savants mirent leur gloire à les rétablir, et firent de grands efforts pour faire refleurir l'ancienne musique; mais les troubles et les guerres qui survinrent ne leur permirent pas d'achever leur ouvrage, et jetèrent tout dans un nouveau désordre : ce ne fut que très-longtemps après qu'un prince nommé Tsaï, enthousiasmé pour l'art musical, entreprit de lui rendre son lustre antique. 11 s'entoura, pour arriver à ce but, de tout ce qu'il y avait parmi les Chinois, d'hommes savants dans la musique théoriq^ue et pratique, et fouilla dans tous les monuments nationaux dont son rang lui facilitait l'accès. Le résultat de son travail fut un système musical complet, considéré comme sacré dès l'antiquité la plus reculée.

Le principe appelé koung c'est-à-dire foyer lumineux, centre où tout aboutit et d'où tout émane, répond au son que nous appelons /a. C'est du koung fondamental ou du principe fa que tout reçoit chez les Chinois, tant dans le moral que dans le physique, son nombre, sa mesure et son poids. C'est à cet unique principe que tout se rapporte, et c'est en étudiant ce prmcipe qu'on peut apprécier jusqu'à la position exacte, que ces peuples donnaient à leurs chants sur le diapason musical. Ce n'est pas moins merveilleux peut-être et ce qui résulte pourtant d'une telle institution, c'est que, grâce à ce même principe fa^ reconnu comme sacré, et dont la forme est invariablement fixée, le peuple a eu les mêmes poids, les mômes mesures^ et a fait usage des mômes intonations dans les mêmes traits de chant.

Maintenant que nous connaissons le principe sur lequel est fondé le système musical de Ling-Lun chez les Chinois, et la manière dont ils l'établissent, voyons sous quels rapports cet homme célèbre en concevait les développements, et comment il en faisait découler les sons diatoniques et chromatiques qu'il mettait dans son système.

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