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PALEOGRAPHIE.

indifféremment de la cursive lombardique et de la minuscule romaine. Leur lombardique ressemble moins à l'ancienne cursire lombarde qu'à la méroyinçienne et à la cursive romaine, quoiqu'elle n'y ressemble que comme les bulles depuis un siècle ressemblent à la gothique. Nous avons tu dans les archives de Saint-Pierre le Vif à Sens une bulle originale de Pascal II, de Tan 110^, dont la première ligne est en lettres migus- Gules allongées, mêlées de cursives, le texte en petites cursives lombardiques, et la signature du Pape d'une autre main en jolie minuscule romaine ordinaire. On voit encore des caractères lombardiques dans quelques chartes du xiu' siècle , même en Allemagne.

I. L'ancienne lombardique cursive à bas* tes et queues prolongées appartient au premier genre de cette subdivision; notre planche Lxv offre les quatres espèces suivantes.

II. Pendant les xi* et xii* siècles on employait en Italie tantôt le caractère minuscule lombardique , et tantôt le minuscule ordinaire pour écrire lès actes. Ces deux sortes d'écritures diplomatiques constituent le second genre de la présente subdivision.

m. Apres les commencements du xiii* siècle, les écritures diplomatiques d'Italie décélérèrent en gothique, à peu près comme celles de tous les autres Etats d'Europe. A «afin du XV et pendant le xvi* siècle, ce caractère vraiitientbarbare se réfugia à la chancellerie romaine, où Ton continue d'en faire usage dans les bulles ou provisions de bénéfices , quoiqu'on emploie les beaux caractères dans les bulles de canonisation et autres consistoriales. Ce gothique absurde constitue le dernier genre des écritures diplomatiques d'Italie.

Chapttrb 3. Ecritures diplomatiques de

France.

Les anciennes écritures diplomatiques de France se réduisent à la franco-galJique, à la Caroline, à la capétienne minuscule et cursive et à la gothique. La première a des rapports essentiels avec la cursive romaine antique, dont elle lire son origine. Aussi, B. Mabillon a-t-il reconnu le mélange do l'une avec l'autre. Le gothique, qui règne dans la plupart des actes depuis Philippe- Auguste jusqu'à Henri II! , devint commun à tous les peuples d'Europe. Il remplit aujourd'hui les archives publiques. Nous sommes par conséquent dispensés d'en donner un grand nombre de modèles.

Toutes ces écritures sont comprises dans la deuxième division des latines de notre troisième classe. Nous les avons partagées en trois subdivisions, qui font la matière de ce chapitre.

[1554) De te diplom.^p. 51.

15^) De re diplom. Supplém., p. 75.

1556) Ibid., p. 70.

1557) Ibid,, p. 69.

1558) De re aipUm.j p. 50.

[1559) QiiM non observavtt imtiaies Be^m formu'»

fa) ScHAHHit., Vindk. arekk. Fuld., p. 7S.

Aat. I. Ecriture corsife mérovingleDDe des dipNWnet et des aotres actes dressés soos U première race des rois de France.

L Comment écrivait^n sous la première racede nos rois le commencement^ les signat^i^ res et la date des diplômes ? Diverses éfcritures mérovingiennes ou franco -galliques employées dans les actes publics. — Avant

2ue de nous livrer au détail des diverses critures des diplômes mérovingiens, il est nécessaire d'examiner la différence des lettres employées dans les premières lignes, les signatures et les dates.

Le P. Papebroch, Jésuite, a prétendu que la première ligne des chartes de nos rois mérovingiens ne fut jamais écrite . en lettres hautes et allongées , qu'il décore des noms de majuscules et d'onciales. S'il faut l'en croire, ces fiiusses majuscules caractérisent uniquement les diplômes de la seconde race. Bom Mabillon (1534) n'a pas eu de peine à voir la fausseté de cette rè^le. En effet , il est peu de diplômes mérovingiens dont la première ligne et la souscription royale ne soient en grandes lettres. Les référendaires et les notaires imitaient en cela les Romains , dont les actes commençaient et finissaient par des écritures gigantesques. La charte de pleine sécurité et les actes de Ravenne des v* et vr siècles constatent cet usage (1535). Sans quelques diplômes de Dagobert, on voit seulement le nom de ce prince et sa signature en lettres allongées (1536). Celles de la signature de dotai re II sont pareillement plus grandes que le texte (1537).

Sous la première race de nos rois, la ligne en lettres allongées n'est pas à beaucoup

très si serrée que sous la seconde (1538f. .'écriture des plaids est un peu différente ae celle des préceptes (1539). Les lettres diminuent insensiblement dans la première ligne des chartes d'échanges et des plaids mérovingiens. Ordinairement elles ne sont pas S lus grandes que celles du teite dans les iplômes de Pépin et de Carloman. Tantôt la première ligne allongée des diplômes mérovingiens n'est pas portée jusqu au bout du parchemin, et alors elle ne contient presque que le nom du roi et son éloge, ainsi exprimés : Chlodovics rex Frangorum vir iNLUSTER. Dans ces titres on sépare nonseulement les mots, mais encore les syllabes. Tantôt la première ligne est portée jusqu'au bout du parchemin. En ce cas, elle ^oute au nom du roi ceux des personnes à qui la pièce est adressée; par exemple : Theudericus rex Francorum viris inlustribus Audoberctho et Roccon Patriciis et omnebus Ducis seu Comitibus vel actorc" bus publicis (15U)). Ici dans l'original nulle

las in pladtis subinde diversas esu ab ttt gtue pasêim œcurrunê in eorum prœceptis ; cum et in illis seriptura diversa $itf Nam compendiosam scrib^n'*' rationem liomines faremes sectari solebant (a), (1540) Ibid., p. 581.

distinction de mots. On troure quelquefois la première lime jointe au texte ; mais le plus souvent elle en est séparée depuis Da-

Sobert jusqu'à 'Gharlemagne. fin un mot, les oritures allongées ne remplissaient pas ^sous les mérovingiens toute la première ligne, et le reste demeurait en blano. Il y a •pourtant des chartes, comme quelques-unes •de Thierri, de Childebert III, etc., où elles occupent toute l'étendue de cette première •ligne.

L'écriture méroringienne indistincte et plus petite qui suit la ligne initiale persévère jusqu'à la fin du texte. Mais la sous- •oription du roi et du chanceli^ à côté ou auidessons , si la place manque, est encore en 'lettres allongées. Le roi ne signe pourtant •pas , mais le seul référendaire ou notaire , dans les affaires de moindre importance, comme les échanges et les plaids, où Ton ne •traite pas des causes majeures (45^1). La signature du chancelier est proche du soeau, et la date est ordinairement au bas de la page , avec la même écriture que le texte , quelqu^ois un peu plus menue et quelquefois un peu plus grosse. Les mots et les syllabes des dates sont tellement séparés , qu'ils remplissent l'étendue du parchemin.

Dans récriture diplomatique mérovingienne , on distingue quatre états. Dans le premier , elle tient beaucoup de la cursive romaine gallicane, et règne dans les actes depuis environ le milieu du vi* siècle jusqu à Glovîs H. Cette cursive élégante se fait voir dans les diplômes de Childebert, de Ghilpéric et deDagobert. Dans le second état «tle est moins belle, plus compliquée et |[.)lus obscure. Telle est la mérovingienne des (Chartes depuis 'Clovis II jusqu'à CbildeijieTi m. Depuis cette époque jusqu'à Pépin le Bref, elle est moins longue, plus serrée, ses queues sont souvent rompues ou courbes, ses traits sont tortus et très-compliqués. Ehfin sous Pépin et Carloman, elle commence à tirer sur la minuscule italique et devient ordinairement distincte; c'est-àdire qu'elle met des distances entre chaque mot. Ces observations peuvent servir au discernement des diplômes de nos plus an- 4iiens rois.

II. Ecriture mérovingienne tenant de Van^ 4iienne romano-gMicane ; dates de V Incarnation et de Fiiuliction ajoutées postérieuremext à la charte de fondation de Saint-Lucien de Beauvais. — Les écritures qu'on y employait peuvent se réduire à deux genres , (font le*premier est coinposé de quatre espèces. La première se distingue par un

(1541) Ibid., D. 50.

(1542) Voyez Planches^ n* 34, de Paléographie. fl543) De re diplom.y p. 51.

(1 544) Cedij^mea douze ponces et demi de largeor, et au moins vin^t^ix de hautenr. Il noas a été oom • muni^é immédiatement par M. Bucquet, proeoreur du roi du baillage et siése présidial de Beauvais, qui Ta tiré des archives de TaKbaye de Saint-Lucien conjointement avec Borel, lieutenant général. Ces deux habiles magistrats avec N. Danse, cha- Boine, et Dauvergne, avocat en parlement, ont dé-

(a) Aimof. Bened,^ 1. 1, 1. v», p. 189.

caractère minuscalo-cursif , élégant, larget indistinct, tenant beaucoup de l'ancienne romaine gallicane , et dont les montants et les queues sont d'une médiocre étendue.

Le modèle que nous en avons fait graver offre quelques mots du commencement de la charte de Chilpéric r% pour faire rebfttir l'église de Saint-Lueien de Beauvais (15/1^2}. Jl nous a paru important de mettre sous les yeux des antiquaires at des critiques un échantillon de l'écriture de cette pièce de l'an 583, parce qu'elle est visiblement interpolée dans la date , et Qu'elle a été mal lue en plusieurs endroits. Voici le contenu de cet échantillon : t Chi^eriçus Meœ Francorum vir illuster. Cum et in hac vita [brevi tempore maneamus] et ad martem ineffugabiliter properemus^ oportet ut voluntatem Domini faciamus {et ecclesias vêl sanctorum.,,] Quod quidem nostrœ Serenitatis dicretum^ %U pleniorem vigorem obtineat^ anuli nosêri tmpressione astipulari feoimus atque manu propria subsignantes rovoravùnus. f Signum Chilperici gluriosi Régis. Ego Eltricus Palatinus scriptor recognovi. Data anno Dominicœ Incarnationis dgvi , indictione ix. Anno regni Chilperici xxu. Actum Ruiomagi in generali conventu lu nonas Magii mensis. Ce diplôme commence par une croix. C'est une invocation implicite du nom de Jésus- Christ , usitée dans 1^ actes romains et les médailles des v* et vr siècles. La première ligne est écrite en lettres qui ne dif[èrent point de celles du texte. D. Mabillon (1543} cite une charte de Childebert , dont la ligne initiale est écrite de la môme manière. Nous avons fait représenter la ûgure du sceau ou plutôt de l'anneau de Chilpéric avec toute l'exactitude possible. Nous ne voudrions pourtant pas assurer que la eouronne soit tout à fait semblable à tempreinte originale devenue très-obscure par vétusté. Notre diplôme fournit matière à des observations plus importantes.

l*" La date de rincarnation fut inconnue à nos rois de la première race. Aussi a-t-clle été ajoutée après coup dans notre diplôme. L'indiction ne peut convenir avec la xxu' année de Chilperie I": c'est encore une interpolation de la même main que la précédente. Que ces deux dates aient été fourrées au vni' ou ix* siècle, c'est ce que démontre la différence de l'écrituJ^ et des encres. La forme des caractères et surtout des d employés dans ces deux dates décèle une seconde main. La diversité des encres n est guère moins sensible dans l'original, que nous avons eusousl^s yeux (15i4). Ces fourchiffré la pièce et dressé on savant mémoiret où ils répondent solidement aux divers moyens alignés, pour en affaiblir Fautorité. Leur écrit nous a fourni une anecdote importante, qui doit trouver ici sa

{»lace. f Le P. Mabillon, disent ces messieurs, orsqu'il donna en 1705 le premier volume des annales de Tordre de Saint-Benoît, avait-vu k cbarfe de saint Lucien ; mais sans reconnaître l*insertioo des années de rincarnation. 11 ne la rejette pourtant pas tout à fait dans cet ouvrage, (a] Le 16 scpienH bre de Tannée 1707, une lecUire pMU attentive le

fô7

Cires postéiienrès ne penvent nraire à l'authenticité de l'autographe 9 qui n'était daté que de Taûnée du règne de Chilpéric et du v* jour de mai. C'est une règle de D. Mabillon (ISJtS), fondée sur des foits certains, et admise par tous les critiques , sans en excepter l'abbé Langletfl5fc6), que les additions des années de l'Incarnation et de rindietion ne portent nul préjudice à la vérité des originaux.

2* Tous ceux qui ont lu celui de Chilpéric ont été arrêtés par le mot abréçé qui suit fidelibus nostri regni^ et nos meilleurs éditeurs l'ont passé (iWl). Il fallait lire fideli^ bus nostri regni Niuster. Ces quatre mots » dessinés sur l'original , sont représentés au bas de notre modèle, où les antiquaires pourront s'assurer de la vérité de notre leçon. Kiusterj la Neustrie, possédée par Chilpéric, se trouve dans une charte originale de Thierry III, de l'an 678 (1548), et dans la Notice des Gaules de Valois. Les éditeurs ont encore lu dans le diplôme de Chilpéric nonas maii au lieu de nonas magii. Du reste le stvleet Torthographe conviennent bien auvi* siècle. On écritwrfrs Belloaca, au lieudejBeWovaca, parun retranchementdut? toutcommun dansiesinscriptionslapidaires, où nous avons vu noembris pour novembrisy etc. On ne rencontre dans notre pièce ni les barbarismes iri les solécismes assez ordinaires dans celles des deux siècles suivants. Nous n'appelons pas mauvaise orthographe des v pour des é, des ae pour des e et des u pour des o. Rien de plus commun que ces changements de lettres dans les inscriptions et les manuscrits les plus anciens. Le style pieux et oadeneé de la charte porterait a croire que celui qui Ta dressée était ecclésiastique. La qua-

dëtermina absolument à la recevoir pour authentique. Ce savant homme relut le titre d'un bout à Tautre, en examina Tencre et le caractère. Quand ilfuC à ces mots: Data anno Domnicœ Incamationis Dcvi, indictione vnii , il reconnut gue récriture n'en est pas conforme à celle qui précède, ni à celle qui suit, et qneTencre est d'une couleur toute différente. Il en fit faire Tobservation à MM. Le Mander et Lecût, chanoines de la cathédrale, à M. le Sellier, garde des archives, à D. Ruinart, au prieur et aux religieux de Saint-Lucien. D. Ruinart fit la même déclaration. D. Mabillon igouta que cette moitié de ligne postiche avait été insérée par quelque zélé ignorant, qui s'était imaginé que les dates des années de Jésas-Chrtst et de Tindiction donneraient plus d'autorité à la charte. Il asdura encore que ce qui est tracé au-dessus de la cire qui porte Tcm-

vide. Enfin, après avob- raisonné sur ces observations, il déclara qu'il reconnaissait que ce litre est tréS'bon et très-véritable, et que s'il n'en avait pas fait assez d'estime auparavant, c'eat qu'il n'avait point examiné d'assez près la date, dont le caractère est manifestement différent de tout le reste. Nous tenons ce récit d'une personne digne de foi (M. Lecat) présent à la déclaration du P. Mabillon, et qui nous Va laissé par écrit. Ce qite la vue découvrit à D. MabiUon, le P. Labbe lavait conjecturé au-

(a) Elog. hist. t. II, p. 38.

ib) Annal* Beaea., U 1, 1. vu, p. 189.

PALâOGRAPHffi.

liié de PahUinuê scriptor f que preBdBltri* eus dans la révision , déplait à Duchea^ ne(1549) et à quelques autres savants; mais au yi* siècle et dans les temps postérieurs ne doDuait-on pas aux notaires le titre de scriptores (15S0)?S*il est peu commun, ainsi que le nom d'filtricus , c'est que les monnraents , et surtout les / actes des premiers rois mérovingiens y sont d'une extrême rareté.

8* Quelques critiques ont pris pour un véritable monogramme les traits de plume qui entourent Tempreinte de Tanneau de Chilpéric, et en ont tiré une objection ; comme si les monogrammes n'étaient pas plus anciens que la monarchie française I Mais le prétendu monogramme n'est qu'une multiplication d'5, qui signifient subscripsiy comme dans les autres diplômes mérovin^ens.

fc" En vain s'eflforcerait-on d'affaiblir Vàvtr torité de la charte de fondation de Saint-Lucien, parce qu'elle renferme des imprécations. Si elles étaient rares sous les rois de la première race, certainement eHes n'étaient point inconnues. Grégoire de Tours, contemporain de Chilpéric, nous a transmis un acte célèbre accompagné des plus terribles imprécations (1551). Si les livres sacrés n'en fournissaient des exemples, nous di« rions que les premiers chrétiens les ont empruntées des païens. Ce qu'il y a de certain, c'est que les uns et les autres les ont em«* ployées fréquemment, surtout contre ceux qui violeraient les sépulcres ou les cenares des morts (1588).

5" Philippe le Hardi , dans un vidimus de l'an 1283 , atteste avoir vu sain et entier le diplôme de la fondation de Saint-Lucien de Beauvais. L'original de ce f>idimi$s est dans

paravant. Il faut confesser, dit ce Jésuite (a) que rindietion a été ajoutée depuis par quelques ignorants, qui se sont imaffiné que de ce temj^s-1à comme du leur, pn datait Tes chartes des années de Fère chré^ tienne. Nous avons eu la satisfaction de nous convaincre par nous-mêmes de Tinterpolation. Elle sera toujours évidente à des yeux attentifs, (jui compareront et les lettres et la couleur de récriture, i Les savants de la ville de Beauvais, qui parlent de la sorte, ont éclairci des difficultés auxquelles MM. Loysel, llerman, Baillet, Ducbêne ei le P. le Gointe ne trouvaient point de solution. Ce dernier attribué i^otre charte à Chilpéric IH, surnommé Daniel, et suppose qu'elle fut donnée à Gompiè$(ne Tan 716. Mais cette opinion se réfute d'elle-même et principalement, dit D. Mabillon (fr), par la Vie de ^saint Evrols, qui, vivant du temps de Frédeçonde, n'a pu demander à Chilpéric III la réédiûcation de Téglise de Saint-Lucieu, comme il est porté dans la charte.

(1545) De re diplom., p. 242.

(1546) V. Encyclop. t. IV, au mot Diptomatique, p. 4 aie, col. 2.

(1547) Recueil deshist. de la France, X. IV , p.

(1548) De re diplom., p. 469.

(1549) Hist. des chancd.^ p. 15.

(1550) Boni, Inscript, antiq. p. 477; i^ redipL^ p. 126.

(1551) Hist. Franc, 1. , clî 20* (1552)Dom Mabillon (c)rectteiUit dans son voyais

(c) JfNf. Italie,, p. U8.

DICTIONNAIRE DE PALEOGRAPfflE. ETC.

les archives de cette ancienne abbaye. Nous ne croyons pas qu'on puisse désormais douter de la vérité et de l'authenticité de la charte de Ghilpéric. Si elle. a paru suspecte à quelques savants, c'est faute d'avoir bien examiné l'original. Nous nous sommes portés à en publier un modèle a autant«plus volontiers que plusieurs points importants de l'histoire de Beauvais, entreprise par les savants de cette ville, en dépendent essentiellement. Cette pièce nous fait encore connaître une assemnlée générale du royaume de Neustrie ou de la France occidentale, tenue à Rouen au mois de mai de l'an 583.

m. Eeritures mérovingiennes purement cursives et allongées; chartes de Childebert 111^ tris -importantes par rapport aux formules dHnvoccUionf au droit ptéblic et au système pyrrhonien du P, Germon, — La deuxième espèce d'écriture des actes mérovingiens ou franco-galliques est hardie, élésante, indistincte. Le Supplément à la Diplomatique de D. Mabillon (1553) nous en donne le modèle suiYàni: ChildeberthtuJteœFrancorumy virinluster. Cum nos in Dei nomine Carraciaco villa Grimoaldomajorimdomus nostriuna cumno-strisfcdilebus resederim^usy ibique veniensven»rabiiis vir Chedelmarus abba adversus misso Adalgude Deosagrata nomine Aigalheo,.yper eorum strumenta ad monasthyrio sancti Vinr eenti vel domni Germanij ubi ipsi preciosus domniM in corpore quiescitj quae est sub opidum Parisius civitate constructusj ubi... in postmodo subita causatio... Beffa regogno^ VIT ac rogatus annuit. Datum quod ficit mensis Februaris dies xxv. anno vm. regni no^ stri Carraciaco féliciter. Ce fragment d'un plaid de Childebert III, de Van 703, qui adjuge à l'abbaye de Saint-Germain de Paris le monastère de Limours ou Limeux, mérite attention. 1° Il commence par un caractère monogrammatique où il n est pas difficile d'apercevoir I Cl N , c'est-à-dire In Christi nomine. Nous avons cette invocation implicite dans les actes romains. D. Mabillon ne voyait dans ces figures initiales que des essais de plumes et des traits de caprice, auxquels il ne soupçonnait pas qu'on pût donner aucune signification. Il semble même

dltalie plusieurs inscriptions antiques qui renferment des imprécations. En voici trois, août les deux premières sont païennes.

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