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CINQUIÈME PARTIE

QaàMSUB i*\ Dô réeritare des diplômes comparée à cellû des mfinuscrits. — Lécriturt diplomatiq^e. — Division des anciennes cursiveSj capitales^ minuscules romaines^ ' grecques^ et lornbardiques des actes d Italie, — modèles des plus anciennes chartes ro" maines en papier d'Egypte^ etc.

Pour donner une idée complète des an* ciennes écritures latines, il ne suôit pas de les montrer sur les pierres, les marbres, les métaux et dans les manuscrits , il faut enoore les faire voir dans les actes, et les diplômes. Xirées de ces derniers monuments, elles forment une troisième classe qui renferme nourseulement les minuscules et les cursives, mais encore les autres genres de caractères dont on s'est servi dans les chartes dStalie, de France, d'Allemagne, d'Angdeterre, d'Ecosse et d'Espagne. Toutes les fritures diplomatiques de ces contrées de Lfiuiope vont être examinées en autant de

chapitrée, qui comprendront cinq divisions, avec les subdivisions relatives à diversité des caractères nationaux. Les neuf grandes planches qui entrent dans cette troisième classe ne représenteront peut-être pas absolument toutes les diverses écritures diplomatiques de chaque siècle; mais, sans parler de celles qu'on donnera dans la suite, elles suffiront pour s'en former une juste idée. Nous n'y avons pas oublié les écritures visigothique et saxonne, dont le P. Mabillon s'excuse de n'avoir point donné de modèles (1521).

Si l'usage des lettres nuQuscules capitales, onciales, et du petit romain plus ou moins gros, plus ou moins mélangé^ était ordinaire dans les manuscrits , celui de l'écriture courante était communément abandonné aux notaires, aux praticiens et aux personnes fort occupées (1522). Cependant toutes les sortes d'écritures ne laissent pas d'entrer

ilS21| De reiiplomat.y Supplém., p. 10.

1522) Joan. Paliier., Spiciieg.; Joseph Laurent. Potymath,^ 1. 1., dissert, 20.

PALEOGRAPHIE.

dans les diplômes, quoique plus rarement. Dès lé vu* siècle les signatures des prélats étaient quelquefois en lettres capitales, et Ton en remarque assez souvent de pareilles dans les trois suivants. Il n-est pas rare de ▼oir les premières lignes des chartes, les noms propres, les formules de souscriptions et des dates en ce caractère, tantôt fleuri et oblong, tantôt rustique et. négligé. On a remarqué (1423) ailleurs qu'il y a des diplômes entiers en capitale et en onciale. Des le yiu' siècle on dressa des actes en minuscule semblable à celle des manuscrits. Depuis le x* jusqu'à la fin du xu" ce caractère sembla exclure totalement le cursif.

Les écritures courantes excessivement allongées, dont les manuscrits carolins nous ont fourni des exemples, sont fréquentes au commencement et à la fin des anciens actes romains ; à la tète des bulles pontificales et d'une multitude de diplômes de France et d'Allemagne , et dans les signatures des em-

Bîreurs , des rois et des chanceliers (1524). ais quand ces écritures ont-elles commencé à devenir tremblantes dans les chartes?

D. Mabillon (1525) fixe au x' siècle, sous l'empire des Otnons, ces tremblements afi'ectés. Mais on les aperçoit dès le temps de Conrad I**. Schannat (1526) prouve qu'iis étaient à la mode dès le siècle précédent, Struve (1527) voit des mains tremblantes dans récriture du yiii*. La Bibliothèque du Roi conserve un diplôme de Louis le Débonnaire, de l'an 814, dont la moitié de la première ligne est en lettres tremblantes. Les scrutateurs d'archives pourront découvrir ces tremblements dans aes monuments plus anciens. En effet, dès le temps de la première race de nos rois, on en remarque uia commencement dans les a, c, e.

A propremeni parler l'écriture diplomatique est la cursive. Quoique les anciens, tant en Orient qu'en Occident (1528), en aient souvent fait usase pour transcrire leurs livres , on doit ordinairement admettre quelque différence entre l'écriture des numuscrits et celle des chartes (1529). Exiger que oelle'-ci soit toujours parfaitement semblable k celle-là, et vouloir juger à la rigueur de l'une par l'autre, comme fait le P. Gfermon (iSdO) , c'est confondre récriture des iiiHaires,des praticiens et des gens d'affaires, avec celle des savants et des écrivains moins occupés.

An. L Eeritoret diplomatiques .oorsiyet iMioe et moque, Biloseules et minuscuies des Romains, — Acies poblics aeRâveone.

Les ' plus anciennes écritures des actes dltalie sont la cursive, la capitale et la mi-

(i5S5) Noutmu Uaitê de Dipiom.y t. H, p. 495,

(4524) David Gaslev, dans la préface de son €4i<ahgne du manuscfêt du Rai d* Angleterre (a), confond ceeletlrés allongées avec les onciales et les initiales. ÔR voit par là (}ue ce savant bibliothécaire connais-

itpeala distinction des anciennes écritures.

(I5S5) Jk re diiUom., p. 52.

(i5â6) Vimiic. wrchmFuld., p. 78.

nuscule. Lon^emps avant remi>ereur Justinien la cursive romaine y était employée. Les papiers d'Egypte du Vatican ne permettent pas d'en douter. La capitale paraît à la première ligne des bulles, dans plusieurs souscriptions et dans les actes graves sur les pierres et les marbres. La minuscule se montre dans un nombre de rescrits et de signatures des Papes. La première subdivision de ces anciennes écritures diplomatiques d'Italie renferme cinq genres, dont voici la description.

I, Ecriture cursive romaine ordinaire ^ et très-difficile à lire. — Les cursives ordinaires et les moins élégantes, dont se servaient les gens d'affaires chez les anciens Romains, constituent le premier genre.

La quatrième espèce d'écriture cursive romaine est haute, élégante et fort hardie. Les deux lignes que nous en donnons pour exemple occupent toute la longueur de la planclie lxiii de la Diplomatique (1531). Elles nous apprennent la manière dont on faisait en 552 rouverture des testaments, suivant les anciennes lois romaines. Nous lisons ainsi cette belle écriture cursive : Defensor q, l. (questor laudabilis) , et iterum Magistror tus dux {dixerunt) : Quoniam de agnitis signaculis [vel super scribtionibus tesCium responsio patefecitj nunc caria teslamenti resi' gnetur, linum incidaturf] aperiatur^ et per ordinem recitelur. Et inciso lino ex Of^cio recitata [est^ imperante Domino Justintano perpetuo Augusto anno XXF, undecies post consulatum Basilii junioris viri clurissimi, XIII nonarumjanuariarumy indictione quinta décima^ Ravennœ.] Nous avons tiré ce morceau d'écriture antique d'un rouleau en papier d'Egypte, long de cinq aunes et haut d'un quart. Ce précieux monument diplomatique nous fut apporté le 17 juin 1750 par Lebrun, procureur a la chambre des comptes de Paris. L'abbé Levillain, par un zèle bien digne d'éloges pour le progrès des lettres, s'intéressa de lui-même pour nous en faire donner communication. Ce papier d'Egypte, partagé en cinq pièces mutilées en beaucoup d'endroits et emlées par le bas, a été trouvé parmi les effets de la succession de la dame Galle, veuve d'un joailler de ce nom. Ce rouleau a passé dans la Bibliothèque du Roi, où l'on n'a rien omis et pour le conserver à la postérité et pour en tirer des éclaircissements qui répandront un grand jpur sur les formules, les lois et l'histoire de la jurisprudence romaine. Notre dessein nous oblige de donner une légère idée de ce rare monument diplomatique.

IL Etat et description d'une pièce en papier

(i5it7) De erUer. mmime., § 25, p. 27.

(1528) De re diplotn.^ Suppléni., p. 11.

(1529) DisHnguenda enim est iii uno fptoque sœmUo êmptura Foremis teu diplomalica a htterariaf hatninum litterarum prùvria (b).

(1550) Discept. 1, p. 55; Discept. 2, p. 50.

[1551) Voyez Planches de Paléographie n"* 55. Les mots que nous mettons ici entre crochets

n^ont pu prendre plaee sur notre planche.

{b) FoiTAxmi» Yindie, dtp/om., p. 92.

MGTIONNAIRE DE PALEOGRAPHIE. ETC.

9si

$Egyptey contenant wte portion considéror ble a anciens actes publics de Ravenne. — La longueur de ce rouleau en papier d'Egypte était autrefois au moins de sept aunes. 11 est distribué par colonnes, dont les unes sont entières , les autres endommagées. Il en manque au moins une entière, qui devrait être a la tète de toutes les autres. Cette conséquence est aisée à tirer quand on réfléchit sur la nature de la pièce, qui a dû commencer par quelque discours relatif à sa conclusion, et sur le début de la première ligne du premier fragment, ligne dont le commencement ne renferme tout au plus que la date ou plutôt le lieu où étaient assemblés les magistrats, devant lesquels on fit Touverture du premier testament actuellement subsistant.

Les deux colonnes qui se trouvent maintenant les premières sont mutilées chacune de deux pieds. La troisième ne Test que de dix pouces. Les cinq autres sont entières à un petit nombre de lacunes près, dont les deux dernières lignes des trois premières de ces colonnes ont quelquefois un peu souffert. Elles sont plus considérables ces lacunes au bas des trois premiers fragments.

Toutes ces colonnes sont écrites en caractères cursifs romains et composées de quatorze lignes. Mais quand l'écriture, quoique toujours cursive, devient meyuscule ou plutôt allongée , alors le nombre des lignes diminue à proportion par chaque colonne.

L'avant-dernière n'en a que treize et la^ dernière que cinq avec quel({ues souscriptions. On y voit en effet des lignes de plus d'un pouce de hauteur et quelques lettres de cinq ou six pouces, sans parler de celles qui en ont moins. Le commencement avait sans doute des lignes en lettres allongées, semblables à celles qu'on trouve encore à la fin. Dans ce papier, ainsi que dans celui de pleine sécurité publié par D. Mabillon, l'Y porte un point

Quatre feuilles de papyrus, chacune à peu près de dix pauces de longueur, forment une colonne. Elles ne donnent pourtant pas quarante pouces de long, parce qu'encollant les feuilles les unes sur les autres, chacune souffre environ un pouce de déchet. Ainsi leur longueur totale est entre 36 et 37 pouces et celle des lignes d'un peu plus de 34., à cause de l'espace laissé entre chaque colonne. La hauteur du rouleau est do près d'un pied. Chaque ligne d'écriture a plus d'un quart de pouce de hauteur. Mais î'es- . pace interlinéaire est plus étendu à raison des lettres excédantes au-dessus ou au-dessous des limes. Elles sont la plupart portées si loin, qu elles remplissent orcfinairement cet espace et qu'elles s'étendent même jusque sur les lignes voisines, avec lesquelles il n'est pas rare qu'elles se confondent. On mar(}ue quelquefois deux accents, pour tenir heu de points.

Le contenu du rouleau, tel qu'il est présentement, est renfermé en cinq actes d!^ou-

0532) De re diplom., p. 52.

vertures d'autant de testaments devant les magistrats de Ravenne. Dans la conclusion générale de toutes ces ouvertures de testaments, lecture faite des actes présentés pour être reçus dans les registres publics, les magistrats ordonnent quils y soient référés. Après quoi ils demandent aux défenseurs de l'église de Ravenne s'ils souhaitent encore quelque chose de plus. Ces défenseurs au nombre de quatre, dont les deux premiers sont le primicier et le secondicier des notaires, rendent grAces aux magistrats de ce qu'ils avaient accompli leur demande, et les

S rient de délivrer une expédition en forme es faits et actes qui venaient d'être exposés devant leur tribunal. Il faut ici observer qu'il ne parait rien dans les premiers fragments du rouleau qui annonce ni les défenseurs de réglise de Ravenne ni leur requête. C'est de là qu'on tire une preuve certaine de la perte au moins de la première colonne du rouleau. Les magistrats, nommés en plus grand nombre qu'auparavant, déclarent qu'on leur a encore accordé leur demande, et que lesofiiciers subalternes avaient eu soin de leur expédier l'acte qu'ils souhaitaient, à moins qu'on n'aimAt mieux lire curabit, au lieu de curavit^ en supposant qu'on aurait substitué lev au b, leçon que la suite semble favoriser.

L'écriture cursive grecque , ou plutôt le mélange de caractères et de mots grecs avec les latins» fut employé dans les actes sur le déclin de l'empire. Ce mélange forme le deuxième genre des écritures diplomatiques dlUlie.

L'écriture cursive la plus élégante et ia plus hardie caractérise le troisième genre des anciennes écritures diplomatiques d'Italie.

Le caractère miguscule ordinaire dans les plus anciens actes romains constitue un qi atrième genre d'écriture diplomatique.

Le caractère minuscule tirant sur le cursif constitue le cinquième et dernier genre d'écriture romaine des actes d'Italie.

AftT. If. Ecritures lombtrdiqQes anelMne el moderae, mimiscttle ordlnme, el goUiM|ae iBoderoe des dipl6* mes d'Iudie.

Dans la deuxième subdivision des écritures diplomatiques d'Italie sont renfermées la lombardique, la minuscule commune et la gothique moderne. Ces écritures usuelles sont comprises sous trois genres.

Il y a deux sortes d'écritures cursives lombardiques, l'ancienne et la nouvelle (1532). L'une et l'autre eurent peu de partisHns » si l'on en croit Struve {1S33J. Cependant la

Îremière se montredansles bulles des Papes ean V, Serge I", Adrien V% Benoît III, Nicolas I", et la seconde dans celles d'Alexandre H, Urbain II et Pascal II, sans parler de {plusieurs autres diplômes, écrits en l'un et 'autre caractère. Le texte de la bulle de Nicolas I*% dont le P. Mabillon a publié un modèle, est en caractère franco-lombardique. Les Papes des ïi* et xii' siècles se servaieaC

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