LUXEMBOURG
'minutieux do la surface du sol. Or, rien do pareil n'a jamais pu ôtre observé.
La météorologie de la lune, d'après tous les éléments que nous venons de passer en revue et qui touchent i sa constitution physique, est donc probablement fort différente de la météorologie terrestre. Il parait peu probable que notre satellite possède actuellement des fitres organisés, soit végétaux, soit animaux, et les habitants de la lune, dont on a si souvent parlé, sont tout au moins très problématiques.
Influences de la lune sar la terre. — La lumière que la lune réfléchit vers la terre, et qui n'est autre que celle du soleil, sans modification appréciable au spectroscope, sert à éclairer nos nuits, à la vérité d'une façon bien imparfaite, c'està-dire bien inégale ou irrégulière. Mais c'est la moindre des influences que notre satellite exerce sur le globe terrestre.
En premier lieu, la lune agit sur la terre par sa masse. Combinée avec l'action de la masse du soleil, l'action de la masse lunaire produit la précession des équinoies, dont la période est, comme on sait, de 26 000 années environ ; seule, elle détermine la nutation, autre phénomène astronomique dont la période est de 18 ans ïf'i.
Ces deux influences tiennent à la forme aplatie de notre globe, au bourrelet équatorial qui en résulte.
Une autre influence beaucoup plus manifeste est l'action de la masse de la lune sur les eaux de l'Océan, laquelle se combine également avec celle du soleil, et produit les mouvements périodiques des marées '.Bien que la lune soit 26 millions de fois moins pesante que le soleil, grâce à sa proximité, elle a sur les marées une action environ deux fois et demie aussi forte que le soleil lui-même.
Outre les marées océaniques, la lune produit, pour les mêmes raisons, des marées atmosphéri- <}ues dont la période doit évidemment être la même. Mais les observations les plus minutieuses ■et les plus prolongées n'ont permis de constater, de ce chef, qu'une influence extrêmement faible, puisque la hauteur du baromètre n'en est affectée au maximum, dans nos latitudes, que de la 18' partie d'un millimètre. A l'équateur, où l'ac- •tion est maximum, les variations dues à cette influence de la lune ne dépassent pas I millimètre de pression.
Ce n'est donc pas à cette cause qu'il est possible d'attribuer les changements de temps que l'opinion publique ou le préjugé veut à toute force considérer comme en dépendance avec les phases de la lune. Est-ce au rayonnement, lumineux, ou •calorifique, de cet astre qu'il est possible d'attribuer des changements aussi considérables? Les rayons lunaires ont une action chimique incontestable, puisqu'ils permettent de très belles repro- •duciions photographiques des phases du disque ; mais cette action agit sur dos substances chimiques spéciales, non sur les gaz de l'atmosphère. •Quant k la chaleur, elle existe et a été mesurée. Melloni et d'autres physiciens, en concentrant la radiation de la lune à, 1 ai. le de miroirs ou de lentilles, ont obtenu des indices d'une augmentation sensible de température. Peut-être, aux limites ■de l'atmosphère, avant l'absorption due aux cou- ■ches de cette enveloppe, la chaleur qui provient de» rayons de la lune est-elle assez grande pour ■expliquer des changements notables : rien n'est prouvé encore à cet égard II faut ajouter que les savants qui ont fait des hypothèses sur linfluence de la lune sur le temps, n'ont pas établi d'une façon certaine qu'il y ait une relation entre les phases de la lune et les changements de temps, vents ou pluies, pression barométrique, température, etc. C'est cependant par là qu'il faudrait .commencer.
Le public n'en demande pas si long. Les cultivateurs, les marins et nombre de gejis avec eux, ont coutume de fonder leurs prédictions météorologiques sur l'àL^c de la lune; que l'événement les trompe ou non, ils ont foi à cette influence : tous les raisonnements ne les convaincraient pas de leur erreur. [A. Guillemin.]
LUXE.UBOCltG. — Nom d'une famille qui a donné cinq empereurs i l'Allemagne.
Henri Vil, — Histoire générale, XIX, — était comte de Luxembourg lorsque les électeurs le choisirent pour succéder à Albert I" d'Autriche (1308,1. Keprenant les projets des empereurs de la maison de Souabe, il passa les Alpes en 1310 à la tête de quelques soldats pour se rendre en Italie, où Dante l'appelait comme un sauveur. Le pape Clément V l'excommunia, mais avec l'appui des Gibelins il put se faire une armée, et essaya de reconquérir le royaume de Naples. Il mourut avant d'avoir réussi, en 1314, empoisonné par un moine. Son fils Jean l'Aveugle, qui avait épousé l'héritière du royaume de Bohême, ne lui succéda pas comme empereur; la couronne impériale passa sur la tête de Louis de Bavière. Mais à la mort do celui-ci, elle revint dans la maison de Luxembourg, par l'élection à l'empire du roi de Bohême Charles, fils de Jean l'Aveugle.
Charles IV. — (V. Charles IV, empereur d'Allemagne, p. 382.)
■Wenoeslaa, — Histoire générale, XX, — fils de Charles IV, devint à la mort de son père (1378) roi de Bohême et empereur d'Allemagne. Livré h des vices honteux, il laissa l'empire dans une complète anarchie, déchiré par des guerres privées que la diète essaya en vain de faire cesser. Cet empereur, que ses sujets appelaient l'Ivrogne, fut déposé en 1400; mais il conserva jusqu'il sa mort (1419) le gouvernement de la Bohême. Ce fut sous son règne, comme roi de Bohême, que Jean Huss prêcha une réforme religieuse et que commença la guerre des Hussites (V. Guerre îles Hussites, p. 924). H eut comme successeur sur le trône impérial Robert de Bavière.
Josse, — Histoire générale, XX, — marquis de Moravie, cousin de l'empereur Wenceslas, fut élu empereur à la mort de Robert de Bavière (1410), mais mourut après trois mois d'un règne sans importance. Il avait eu pour compétiteur Sigiamond, frère de Wenceslas.
Sigismond, — Histoire générale, XX, — roi de Hongrie par son mariage avec la fille du roi Louis le Grand, et frère de Wenceslas, fut élu empereur en !4in, en même temps que Josse, dont la mort le laissa bientôt seul maître de l'empire. Comme roi de Hongrie, il avait dû faire la guerre aux Turcs, et avait perdu la célèbre bataille de N'icopolis (1391)), malgré le secours que lui avait apporté une armée de chevaliers français (V. Mon yrie). Le grand schisme d'Occident (V. Papauté) agitait alors l'Europe catholique; le concile de Pise (1409) n'avait fait que l'aggraver; pour y mettre fin, Sigismond fit décider la réunion du concile de Constance (1414). On sait que Jean Huss, cité à comparaître devant le concile, y vint muni d'un sauf-conduit de l'empereur, et que celui-ci, au mépris de la parole donnée, laissa ensuite brûler vil' le réformateur dont le concile avait condamné la docirine. En lil9, la mort de Wenceslas fil passer la couronne de Bohême sur la tête de Sigismond, qui eut alors à combattre la redoutable insurrection des Hussites ^V. Guerre dei //(^svi^s, p. 924), contre lesquels échouèrent pendant quinze ans toutes les forces de l'empire. (;e ne fut que grâce aux divisions des Bohémiens que Sigismond, après la chute du parti taborite, parvint à se faire reconnaître comme roi da Bohême en souscrivant aux conditions que lui imposèrent les Hussites du parti utra(/uifti;. Il mou-
rut en 143«, et avec lui s'éteignit la maison de ] moyen âge, la poésie a commencé par le cliant. Luxembourg. Albert d'Autriche, son gendre, lui Homère a immortalisé les aèdes helléniques qui
succéda sur le trùne impérial
LVMPIIE. — Zoologie, XXXIV. — Les vaisseaux lymphatiques constituent un appareil vasculaire distinct du réseau capillaire sanguin, circulant dans tout l'organisme et venant déboucher, par deux canaux, dans les veines sous-claviéres gauche et droite.
Certains de ces vaisseaux lymphatiques rampen
charmaient la cour des rois grecs par des chants improvisés aux accords de la lyre ; deux mille ans plus tard, les troubadours et les trouvères allaient de château en château, le luth ou la harpe en main. C'est à ces antiques souvenirs qu'il faut remonter pour expliquer le ternie de Poésie lyrique. Etyinologiquement et historiquement la poésie lyrique est avant tout un chant; la lyre dont
sous la muqueuse de l'intestin pour y former un , s'accompagnait le poète primitif a disparu, mais système distinct, celui des vaisseaux ch^li/'èi-es, } elle a donné à cette poésie son caractère distincchargc de l'absorplion intestinale. Tous les autres, ; tif entre la poésie épique et la poésie dramatique, constituant les vaisseaux li/mphatiques propre- | Elle n'a ni les longs et majestueux développements ment dits, recueillent dans tout l'organisme dos j de l'épopée, ni la saisissante vivacité du drame; produits provenant soit de la transformation des | mais, par un charme analogue à celui de la musitissus, soit de l'excédant du liquide cédé par les , que, elle exprime les sentiments les plus intimes, capillaires aux organes pendant l'acte de la nutri- j les plus profonds de l'âme humaine. Joies et tion générale. Le liquide en circulation dans les , douleurs, espérance et souvenir, fièvre du comchylifèress'appi-Ue le cAv/e; celui que transportent j bat, orgueil du triomphe, élans du patriotisme, les lymphatiques se nomme la bjn.phe. \ ivresse des passions, langueurs de la rêverie, en-
L' étude du système chylifère et colle du chyle . trainements de la volupté, enthousiasme de la ont été faites "avec celle de l'absorption intesli- vertu, illusions de la jeunesse, tendresses et funale (V. A/'Sorption); nous n'avons donc ici qu'à ' reurs de l'amour, amertumes du remords, trisnous arrêter quelque peu aux lymphatiques vrais. | tesses du deuil, jeux cruels de la fortune, éter-
L'origine de ces canaux dans les tissus est peu j nelle instabilité de l'homme, inquiétudes ineffables connue; ils paraissent d'abord longer les vaisseaux j et curiosités inassouvies de l'âme humaine, tel capillaires auxquels ils adhèrent, puis ils forment | est l'objet de la poésie lyrique. Elle peut vraiment des troncs libres et, après avoir traversé plusieurs | dire comme le poète : rien de ce qui est humain glandes ou ganiilins lym/iliatiques où ils forment , ne m'est étranger. A la différence des autres fordes enchevêtrements pelotonnés avec des capil- mes de la poésie, celle-ci n'est pas un langage laires sanguins, ils débouchent ou bien dans l'ap- | exclusivement réservé i certaines conditions de pareil veineux par l'intermédiaire de la grande , l'homme ou de la société, assujetti à des règles veine lymphatique s'ouvrant dans la veine sous- | rigoureuses, enfermé dans des limites infranchis- Clavière gauche, ou bien dans le cnnal ihoracique sables. Elle a la richesse et la souplesse, l'étenpar l'intermédiaire d'un seul vaisseau; de sorte ' due et la variété de l'âme humaine, dont elle est que la lymphe est finalement mêlée au sang vei- | l'écho le plus pur, le plus clair, le plus libre, neux, mais tout près du cœur. Ce liquide n'est Car suivant une juste et vive image, la lyre dont pas formé de déchets, mais bien de substances , elle fait vibrer les cordes, à proprement parler, n'ayant qu'à subir l'action de l'oxygène de l'air | c'est le cœur de l'homme. Aussi le philosophe pour redevenir propres à se fixer dans les tissus; I Jouffroy a-t-il pu dire : la poésie lyrique, c'est la aussi, immédiatement après son mélange avec le poésie elle-même. ' ,
sang veineux (sang non nutritif), il est projeté par | De cette définition même ressort 1 impossibilité
le cœur dans l'appareil pulmonaire où, par la res piration, il sera en même temps que le sang veineux converti en sang artériel.
Le sang veineux est donc le sang privé d'éléments nutritifs ; il s'est formé dans tout l'orga-
tout ensemble et l'inutilité d'une classification méthodique des diverses formes poétiques comprises sous le nom de genre lyrique. Les noms qu'on leur donne rappellent pour la plupart 1 idée de chant ; les n)Ots ùde et hi/mji'' sont les équivalents grecs
nisme; la lymphe est un produit de la désassimila- de chant, clmnson, cantique. Ces petits poèmes tion générale, mais contenant des éléments de ré- 1 changent d'allure, de ton, de rhylhme, de caracparation qui se mêlent au sang veineux au moment , tère suivant qu'ils sont un chant religieux (psauoù celui-ci va subir l'action de l'oxygène de l'air j mes, hymnes, cantiques), un chant de guerre, un sous la muqueu-e respiratoii'e ; et le chyle est un j chant de fête ou de triomphe (dithyrambe, péan), liquide provenant de l'absorption digestive, ( onte- 1 un chant d'amour (ode anacréontique, romance, nant aussi des éléments de réparation et se com- I chanson, etc ), un chant de douleur (élégie, portant comme la lymphe. | thrène, etc.). Quelques-uns jaillissent du fond de
La structure des vaisseaux lymphatiques est ; l'âme sans effort et sans règle, expression natucelle des vaisseaux chylifères, et la lymphe a relie et naïve du sentiment; d'autres prennent
beaucoup d'analogie avec le chyle
Chez certaines personnes ayant la peau fine et blanche, les glandes lymphatiques sont sujettes à des engorgements déterminant leur inflammation ; on dit alors que ces sujets ont le teniiiérament lymphatique. Par suite d'accidents comme des
une forme convenue et se plient à des conditions métriques et rhythmiques tout artificielles (sonnet, rondeauj. M. Vapereau propose de ramener tous les modes de poésie lyrique à trois types: (( l'hymne, l'ode et la chanson. L'hymne, dont le psaume et le dithyrambe sont des variétés.
contusions ou des blessures, les ganglions du , représente la poésie lyrique s'attachant à des sumembre atteint peuvent s'enflammer et devenir le i jets religieux, élevant l'âme veis la divinité et lui siège d'une douleur qui cause une gène dans les < adressant des hommages ou des actions de grâce
mouvements du membre tout entier
Enfin il est bon de savoir que, lorsque une plaie (coupure, brûlure, etc.) se cicatrise, le travail de réparation se fait aux dépens d'un liquide visqueux que les éléments voisins de la partie malade laissent exsuder et qu'on nomme lynifihe plastique. Ce liquide, qui permet aux organes élémentaires du tissu disparu de se refaire, n'est pas identique à la lymphe proprement dite. [G Philippim.]
LYUI(JL'E (Genre). — Littérature et style, 111. — Dans l'antiquité grecque comme dans notre
La poésie lyrique garde le même nom quand elle exprime le sentiment patriotique. Le mot hymne réveille l'idée d'une manifestation collective du sentiment religieux ou national. L'ode est l'expression de sentiments plus individuels et, sur des sujets variés, rappelle à l'esprit les formes particulières du rliythme où s'est enfermée la poésie lyrique. La chanson désigne, avec non moins de variété, des inspirations d'i.n ordre moin» élevé et qui sont restées plus intimement unie» au chant. »
Nous n'cntreprfindrons pas d'esquisser l'histoire de la poésie lyrique i travers tous les âges et chez les divers peuples du monde civilisé. Nous croyons mieux faire, pour donner une idée des dilTérenles formes du genre lyrique, de transcrire ici quelques morceaux caractéristiques.
En consultant les articles spéciaux que nous consacrons aux diverses littératures, le lecteur trouvera d'ailleurs quelques détails sur la poésie lyrique chez les Indous, chez les anciens Hébreux, chez les Grecs et les Romains, enfin, chez les différents peuples modernes, et particulièrement en France. — V. Inde, Isrnélites, Grèce, Z-a^/jîe (Littérature), L'tti'm titre française, Troubwlours, Altemnijne (au supplément), i4nry/eifn-e (au supplément), Êspaçjne. litats-Vnis, Italie, Scan liriiwes (Etats), etc.
iJans l'espèce d'anthologie — nécessairement très sommaire —que nous donnons ci-dessous, on lira la tr,iduction d'un hymne du liuj-Yed'i, d'un psaume, d'une ode de Pindaro, d'un chœur do Sophocle, d'une chanson populaire grecque, de deux odes d'Horace ; puis quelques morceaux qui permettront de suivre le développement des diverses formes do la poésie lyrique dans notre littérature, en commençant à, Charles d'Orléans, Marot et Ronsard, et passant par Malherbe, Jean-Baptiste Rousseau et Lebrun, pour aboutir à la splendide floraison de l'école romantique et du lyrisme contemporain. Nous n'avons pas prétendu ne donner que des chefs-d'œuvre : il fallait bien, pour n'être pas trop incomplet, citer quelques strophes de certains lyriques du XV!!"^ et du xviii» siècle, malgré les défauts d'une poésie toute de convoiiiion et trop souvent déclamatoire. D'autre part, nous n'avons pu accorder autant de place que nous l'eussions voulu aux poètes contemporains : en dehors des grands noms qui s'imposent, le manque d'espace nous a obligés à ne faire qu'un choix très restreint parmi les talents aimés du public.