PSAUME CXXXV (PS. CXXXVI DE LA VOLGATE
(Sur les Psaumes, V. Israélites, p. 1063.)
Au bord des rivières de Babel Nous étions assis et nous pleurions, En nous souvenant de Sion.
Aux saules de la campagne Nous avions suspendu nos lyres, Car là nos ravisseurs nous commandaient des pa- [roles do chant.
Nos oppresseurs des accents de joie :
(1 Chantez-nous un cantique de Sion I »
Comment chanterions-nous le chant de Sur la terre étrangère! [Jéhowah
Si jo t'oublie, Jérusalem, Que ma main soit oublieuse aussi !
Que ma langue s'attache à mon palais, Si je cesse de songer à toi.
Si je ne mets point Jérusalem Au-dessus de toutes mes joies !
Garde, Eternel, aux fils d'Edora Le souvenir du jour de Jérusalem, A ceux qui disaient : Rasez, rasez, Jusi|u'à ses fondements !
Fille de Babel, dévastatrice.
Salut à qui te paie pour ce que tu nous as fait! Salut à qui saisit et écrase 'l'es nourrissons contre le rocher!
[Ti-uduction de M. Reuss.)
PiNDARE, xiv" Olympique.
(Sur Pindare, V. Grèce, p. 910.)
Pour le jiitne Atopichos, vainqueur dans le stade.
Strophe 1. — Vous qui régnez sur les eaux de Céphise, habitantes d'une résidence aux beaux coursiers, ô Grâces, illustres souveraines de la brillante Orchomène, protectrices des antiques Minyens, écoutez moi ! Je vous implore. C'est par vous qu'iirrive aux mortels tout ce qui plaît, tout ce qui charme; que l'homme est sage, qu'il est beau, qu'il est, renommé. Car les dieux euxmêmes, sans les Grâces vénérées, ne président ni chœurs, ni banquets ; mais, arbitres de tout ce qui se fait dans le ciel, assises sur des trônes près d'Apollon Pythien à l'arc d'or, elles rendent un hommage éternel au père de l'Olympe.
Sirophe .. — Auguste Aglaé. Euphrosyne amie des chants, filles du plus puissant des dieux, exaucez mes vœux, et toi aussi, Thalie qui chéris les vers, regarde cette pompe qui s'avance légère, dans la joie du succès. C'est pour chanter Asopichos dans mes hymnes, sur le mode lydien, que je suis venu. Car la cité des Minyens a vaincu à Olympie, grâce à toi. Va maintenant dans la noire demeure de Perséphone, ô Echo ; porte à un père cette glorieuse nouvelle ; vois Cléodème, et dislui que son fils, dans les vallons de Pise la fameuse, a couronné sa jeune chevelure des ailes de la victoire.
Sophocle, Chœur de la tragédie d'CEdipeà Colone.
(Sur Sophocle, V. Grèce, p. 911. Le chœur que nous traduisons, et qui célèhre les louanges de l'Altique, est celui que, selon la tradition, Sophocle, âgé de plus de quat<e-vin::ts ans. lut devant ses juges, lorsqu'il dut. en réponse a l'aetion judiciaire que lui avaient intentée des fils ingrats, piouver qu'il jouissait encore de la plénitude de ses facuhe,.)
Stro/jhe 1 . — Etranger, te voilà dans le plus beau séjour de cène contrée riche en coursiers, dans le blanc Colone. Ici le mélodieux rossignol chante au fond des vallons verdoyants, caché sous le lierre rO' geâtro, ou dans le bois sacré que nul pied ne foule, impénétrable aux rayons du soleil.
et dont les arbres cliargés de fruits sont toujours respectés des orages : là Dionysos aux joyeux transports aime à errer, entouré de ses divines nourrices.
Antistrophe 1. — Là fleurit chaque jour sous la rosée du ciel le narcisse aux belles grappes, antique couronne des grandes déesses, et le safran doré. Les sources du Cépliise qui ne tarit jamais versent sans cesse une eau limpide qui court dans la plaine et féconde ces fertiles campagnes, où se plaisent aussi les chœurs des Muses et Aphrodite aux rênes d'or.
St: ophe 2. — On y voit un arbre que ne possèdent, dit-on, ni la terre d'Asie, ni la grande Ile dorienne de Pélops (le Péloponèse), un arbre qui ' vient de lui-même, sans culture, effroi des lances ennemies, et qui dans cette contrée s'élève vigoureux, l'olivier au feuillage glauque, nourricier de l'enfance. Nul chef ennemi, jeune ou vieux, ne pourra jamais le détruire et l'arracher, car sur lui veillent sans cesse le regard de Zeus, protecteur des oliviers, et Athéné aux yeux bleus.
Antistrophe 2. — J'ai encore à dii-e le plus beau titre de gloire de cette grande cité, le don d'un dieu puissant : l'art d'élever et de conduire les coursiers, et de voguer sur les mers. 0 fils de Kronos, c'est toi qui l'as élevée à ce degré de gloire, souverain Poséidon ; par toi, elle a connu la première le frein qui dompte les chevaux; par toi le vaisseau poussé par la rame que gouverne une main habile vogue rapidement sur les flots, émule des agiles Néréides.
CHANSON D'raHHOUIOS ET d'aRISTOGITON.
(Cette chanson populaire, composée on l'honneur des deux libérateurs d'Athènes par un auteur inconnu, se chantait à Athènes dans tous les banquets comme une sorte d'hymne national.)
Je porterai mon glaive dans une branche de myrte, Comme Harmodios et Ai istogiton, Lorsqu'ils tuèrent le tyran Et qu'ils rendirent Athènes libre.
Cher Harmodios, tu n'es point mort, Mais on dit que tu habites dans les îles des [bienheureux Où sont Achille aux pieds légers Et Diomède, le fils de Tydée.
Je porterai mon glaive dans une branche de myrte. Comme Harmodios et Aristogiton, Lorsqu'à la fête des Panathénées Ils tuèrent le tyran Hipparque.
Votre gloire sera éternelle.
Cher Harmodios, cher Aristogiton, Parce que vous avez tué le tyran Et que vous avez rendu Athènes libre.
HOHACE, ODES.
(Sor Horace, V. l'article Latine [Littérature], p. 1127).
A Dellius (livre II, ode in).
Toujours égal et ferme au sein de l'infortune. Défends-toi des transports dont une 4ine commune Dans la prospérité se laisse enorgueillir, Dellius. Notre sort à tous est de mourir, Soit qu'un sombre chagrin ait rempli notre vie, Soit qu'au sein de la joie elle ait coalé gaiment, Et que, sur le gazon étendus mollement, Un Falerne fumeux l'ait souvent embellie.
Vois-tu ces ormes verts, ces pins hospitaliers, Mariant leurs rameaux à de blancs peupliers?
Ce ruisseau fugitif dont l'onde transparente Sur des cailloux polis en gazouillant serpente? Fais-y porter du vin, des parfums et des fleurs. Des fleurs que nous verrons, hélas, sitôt fanées. Et jouis doucement de ces belles journées Que te laissent encor les infernales sœurs.
Ces bois, ces beaux vergers que le Tibre caresse, Cet élégant palais qu'éleva ta richesse, Il faudra les quitter; un héritier joyeux Dépensera tout l'or dont tu repais tes yeux. Fils de pauvre ou de roi, puissant ou sans asile, Nul n'échappe à Phiton.Nos noms sont, tôt ou tard. Tirés tous sans pitié de l'urne du hasard Et la barque fatale à jamais nous exile.
{Traduction île M. Goupy.)
A la fontaine de Bandusie (livre III, ode xiii).
0 fontaine de Bandusie, plus claire que le cristal, digne d'être honorée d'un doux tribut de vin et de fleurs, demain tu recevras l'offrande d'un chevreau à qui son front, armé de cornes naissantes.
Promet des amours et des combats. Promesse vaine : car il rougira de son sang tes eaux si fraîches, le rejeton du troupeau lascif.
L'heure brûlante de la Canicule enflammée ne saurait t'atteindre ; tu offres une aimable fraîcheur aux bœufs fatigués de la charrue et au bétail errant.
Toi aussi tu seras comptée parmi les fontaines illustres, car je chanterai l'yeuse qui domine le rocher creux d'où jaillissent tes eaux murmurantes.