INSTRUMENTS ARATOIRES — 1038 — INSTRUMENTS ARATOIRES
Darwin, et, jusqu'à nouvel ordre, l'instinct doit être considéré comme un principe aussi distinct de l'habitude que de l'intelligence et du mécanisme organique. — V. G. Leioy, Lettres philosophiques sur l'intelligence et la perfectibilité des animaux. Paris, 1802. — Reimarus, Observations physiques et morales sur l'instinct des animaux. Traduction française. Paris, 1870. — Frédéric Cuvier, art. Instinct, dans le Dictionnaire des sciences médicales.
Garnier, Traité des facultés de l'âme. — Flou-
rens, l'Instinct etl'inlelligence des animaux. Paris, l(i45l — Joly, l'Instinct, ses rapports avec la vie et l'intelligence. Paris, 1S74. — Albert Lemoine, l'Habitude et l'Instinct. Paris, 1875. — L. Carrau, Étuitei sur la théorie de l'évolution : Première étude. Paris, I87a. [L. Carrau.]
I.>STUUME.>TS ARATOIUES ET M.i.CHI?iES AGRICOLES. — Agriculture, V. — Pour retirer du sol les produits que l'agriculture lui demande, pour préparer ces produits en vue de la consommation ou du commerce, il est nécessaire d avoir recours à des instruments spéciaux, h des machines qui permettent de tirer le meilleur parti de la force employée. L'étude de l'adaptation de ces instruments aux besoins qu'il s'agit de satisfaire est donc d'une réelle importance pour l'agriculteur ; l'emploi de bons instruments économise la force ou lui permet d'obtenir un effet utile plus considérable. Un des caractères principaux du progrès agricole au dix-neuvième siècle a été l'abandon des anciens et grossiers engins de la culture, et leur remplacement par des machines, soit plus complètes, soit tout à fait nouvelles.
La machine ne crée pas la force ; elle l'utilise, elle transforme son action . Mais cette transformation ne se fait pas sans une perte, c'est-à-dire sans l'absorption d'une partie de la force par la machine elle-même pour le jeu de ses organes. Une des principales qualités des bonnes machines, c'est de n'absorber ainsi qu'une fraction très minime de la force initiale. Mais il est impossible de construire une machine qui rende d'une manière absolument complète la force qu'elle reçoit.
La force est produite par les moteurs. Ceux que l'agriculture a à sa disposition sont : l'homme luimême, les animaux domestiques, la vapeur, l'eau et le vent. Mais ces deux derniers éléments ne sont utilisés que dans des circonstances tout à fait restreintes. La vapeur elle-même n'a encore pénétré que dans les exploitations d'une assez grande étendue, quoique l'on commence aujourd'hui à construire des petites machines qui pourront rendre des services utiles jusque dans les petites exploitations. Mais l'homme et les animaux domestiques sont partout les agents principaux de la force employée dans les exploitations agricoles. La force de l'homme est utilisée soit pour soulever ou porter des fardeaux, soit pour manier des instruments divers, tels que la bêche, la pelle, la houe, soit pour faire tourner la roue d'un puits, etc. A la mécanique générale revient le rôle de donner la mesure de la force dépensée dans chaque circonstance.
Les animaux domestiques employés comme moteurs sont le cheval, l'àne, le mulet, le bœuf et même la vache dans les contrées pauvres. C'est par la traction que leur force est utilisée. La traction s'opère en ligne droite, lorsque l'animal est attelé à un chariot, sur une route, ou lorsqu'il tire la charrue qui laboure un champ, etc. Elle s'exerce suivant une ligne courbe , lorsque l'animal est attelé k un manège destiné i mettre un instrument ou une machine en mouvement.
Le manège est, en effet, l'organe de transmission de force le plus usité en agriculture. Il a pour but de transformer le mouvement lent de translation des animaux en un mouvement de rotation rapide. On obtient cette transformation par une
combinaison assez simple. Sur un engrenage circulaire central sont fixées des tiges ou bras horizontaux qui s'écartent comme les rayons d'un cercle. Les animaux, attelés à l'extrémité de ces bras, marchent en suivant la circonférence. L'engrenage central est ainsi mis en mouvement. Il actionne une série d'autres roues dentées ou de pignons combinés de telle manière que le mouvement soit accéléré. Ce mouvement est transmis à la machine à faire mouvoir, soit par un arbre, soit par une courroie sans fin. On distingue généralement deux systèmes de manèges : celui dit manège par terre, qui transmet le mouvement par un arbre de couche ; celui dit en l'air, qui commande les machines par une courroie sans fin passant au-dessus des animaux. La conduite des manèges est simple ; elle ne demande que quelques précautions. Il y a aujourd'hui plusieurs types excellents de ces machines, que l'on rencontre dans la plus grande partie de la France.
Les organes des machines agricoles sont ceux de toutes les autres machines : engrenages, poulies, arbres, coussinets, volants, etc. C'est à la mécanique qu'il appartient d'en faire connaître le rûle. Il n'y a pas lieu non plus de décrire les machines à vapeur employées en agriculture comme moteurs. Il est toutefois utile de faire observer que, parmi les nombreux types qui sortent des ateliers de construction, il en est un qui est employé presque exclusivement dans les exploitations agricoles : c'est la machine h vapeur locomobile, c'est-à-dire montée sur roues. Les cultivateurs la préfèrent, parce qu'elle n'exige ni construction spéciale ni assises, et qu'elle répond, par sa facilité de transport, à la mobilité des travaux de la ferme.
Après ces considérations générales, quelques détails doivent être donnés sur les principaux instruments et machines employés dans les travaux agricoles. Afin que cette description soit faite avec ordre, nous la diviserons en srpt parties, savoir : instruments pour la préparation des terres, pour les semailles, pour l'entretien des récoltes, pour l'abatage et la rentrée des récoltes, pour le battage des céréales et autres graines, pour l'alimentation des animaux de la ferme, pour les travaux divers.
Instruments pour la pre'pnration des terres. — Le principal instrument pour la préparation du sol, est la charrue. C'est l'instrument essentiel du cultivateur ; on le retrouve dans l'histoire des âges les plus reculés. La charrue, jadis informe, faite en bois durci, munie seulement d'un soc métallique, qui grattait le sol plutôt qu'elle ne le labourait, est aujourd'hui un instrument perfectionné, qui exige une dépense de force beaucoup moindre, tout en faisant un travail beaucoup plus considérable.
Les principales parties de la charrue sont le soc, le contre, le versoir, l'âge, le sep, les manches ou mancherons, le régulateur. Le soc est la partie principale ; c'est un couteau placé horizontalement au dessous de l'âge, auquel il est fixé par sa partie supérieure ; il entre dans le sol et coupe, quand la charrue marche, une bande de terre proportionnelle à sa largeur. Le sep est une pièce de bois muni de fer, ou une pièce tout en fer, placée derrière le soc, et qui glisse au fond du sillon, en appuyant dessus. Le contre est un couteau vertical placé sur l'âge en avant du soc, et qui coupe verticalement la bande de terre que le soc doit couper horizontalement. Le versoir est une pièce métallique, placée derrière le soc, et dont la surface est disposée de manière à rejeter sur le côte, en la retournant, la bande dj terre coupiie i)ar le soc. L'âge forme la charpente de la charrue ; c'est une pièce horizontale, le plus souvent en bois, parfois en fer, sur laquelle sont fixés les organes