MÉLANGES (RÈGLE DE
MEMOIRE
On voit qu'il a fallu, dans ce cas, multiplier la quantité donnée par l'excès du prix fort sur le 'excès du
le désillusionner, morne au risque de lui déplaire, pour détruire les préjugés, héritage des temps de ténèbres, moisissures de l'esprit que fait disparaître la lumière. [D' Saffray.]
MICDIli:. - V. l'erse.
MÉI.ANGKS (Règle de). — Arithmétique, XLV. — Nous donnons le type du calcul à effectuer
On pourrait se proposer beaucoup d'autres quesiions sur les mélanges; mais ce seraient des problèmes spéciaux qui ne rentreraient pas dans la Règle de mélanyes, objet de cet article.
[H. Sonnet.]
SIÉ3I0IRK. — Psychologie, VIII. — La mémoire est la faculté que nous avons de retrouver en
pour résoudre les questions usuelles relatives ' nous des notions antérieurement acquises, ou plus aux mélanges de liquides ou de matières sèches, exactement de nous retrouver nous-mêmes tels et dont les principales sont analogues aux sui- que nous étions à tel ou tel moment du passé. A vantes : proprement parler, nous ne nous souvenons que
I. 'un fermier a mélangé trois espèces de blé, des états divers de notre esprit, parce que nous savoir : 90 hectolitres à 25 fr. l'hectolitre, KiO/icc- | ne nous souvenons de rien qui n'ait été l'intuition tolitres à ni , M, et 'iO hectolitres à 'lu fr. ; quelle ' ''^médiate de la conscience. Le langage usuel
semble contredire cette assertion, mais seulement en apparence : Je me souviern de telle personne... signifie Je mu souviens d'avoir vu telle personne. En d'autres termes, nous ne nous souvenons que de nous-mêmes ; l'objet de la mémoire, pour le moi, c'est le moi lui-même dans le passé.
Le fait de la mémoire est le souvenir. Les notions que nous avons acquises s'affaiblissent avec le temps, disparaissent, puis se montrent de nouveau soit spontanément, soit par l'effet d'un travail de notre esprit. C'est ce retour qui constitue
est la valeur d'un hectolitre du mélange'/
90 hectol. i. 25' représentent une valeur j
de 90 fois 55, c'est-à-dire 2250'
ICO hectol. à 22',!)0 représentent une valeur
do ICO fois 22',50, c'est-à-dire 3G0O'
S(i hectol. à 28' représentent une valeur
de 30 fois 28f, c'est-à-dire 840'
La valeur totale du mélange est donc GG90'
Le nombre total d'hectol. étant de OO-t-lCO -1-30 ou ','SO, on aura la valeur d'un hectolitre du nié- ! le souvenir, lequel est par conséquent tantôt inl.iii;;e en divisant 6690 fr. par 280, ce qui donne 1 stinctif, tantôt volontaire : ce qu'on nomme la '-':'■'. X9. ] mémoire du cœur est le sentiment de reconnais-
Oii voit que, pour résoudre les questions de ce sauce que fait naître en nous le souvenir des sert;riirc, il faut/'aiVe la somme des produits des prix vices qu'on nous a rendus ou des bienfaits que /.nj- les quantités correspondantes, et diviser la ' nous avons reçus. Quand le souvenir est vague, cumule par la quantité totale. I inconscient, on l'appelle réminiscence. Le souve-
II. — Un mnrchand de vin a du vin à 0',80 lu j nir complet, conscient, suppose deux éléments: litre, et du vin à 0',.i5; il veut obtenir 120 litres . la représentation mentale des objets que la méd'un mélange qui vaille 0',C0 le litre; co)/;'.ien , moire nous rappelle; la reconnaissance do ces ik> ra-t-il prendre de Cun et de l'autre? Ou re- , objets comme ayant été déjà perçus par nous, marquera que chaque litre à CiSO qui sera vendu La mémoire, comme toute faculté, a ses lois. O'.iiO occasionnera une perte, de 0',20; au con- Pour les connaître, analysons un fait de souvenir. traire chaque litre à 0',56 qui sera vendu 0',G0 , L'acte seul d'écrire lo titre de cet article me rapduimera lieu à un gain de o',05. Pour que lo , pelle le chapitre que le philosophe écossais Reid gain ( onipense la perte, il faut donc que les quanti- ^ a consacré à cette faculté, et les réflexions que ce tés mélangées soient en raison inverse des nombres chapitre a suggérées au philosophe français Royer- 50 et 5, ou 4 et 1. On obtiendra donc les quan- ] Collard. Je ne me souviens pas seulement que titos demandées, en divisant 120 lit. en deux par- , Reid a écrit ce chapitre, mais je me souviens du lies, dont la plus petite soit le cinquième de 120, i volume où il est imprimé, et de la place qu'il ocx'est-à-dire 24 lit., et l'autre 4 fois celle-là, c'est- [ cnpe dans le volume. De tous ces faits, je ne à-dire 9G lit. Ainsi on prendi-a 24 litres à 0',S0 et retiens pour le moment que le premier, à savoir 96 litres à O',o5. l'idée d'un chapitre de Ri-id. Je sais qu'il existe,
La règle à déduire de ce raisonnement est donc j'en ai donc acquis autrefois la notion ; cette notion la suivante : faire la différence entre le prix le plus ] reparaît aujourd'hui, et je la reconnais : il s'est haut et le prix moyen, la différence e?itre le prix j donc écoulé un certain temps entre la première moyen et le prix le jilus bas, et diviser le nombre perception et la seconde, et de plus je suis le d'unités du mélunge à obtenir, en deux parties qui même être que j'étais alors. De là les deux condisoient en raison inverse de ces deux différences, tiens du souvenir : la durée et l'identité person- On peut remarquer que la règle n'éprouverait nelle. Elles constituent la loi de la mémoire. Il est aucune modification si l'une des matières à mé- bien évident, en effet, que, pour reconnaître un
langer était considérée comme sans valeur; sou lement la seconde différence se confondrait dans cr cas avec le prix moyen.
111. — Au lieu de donner la quantité totale du mélange, on peut donner la quantité de l'une des matières mélangées. Soit proposé, par exemple, ce problème :
On a GO hectolitres de blé à 28 fr.; combien faut-il y mêler de blé à 23 fr. pour faire un mélange dont In valeur soit de 25 fr. l'hectolitre? La différence entre 28 et 25 est 3; la différence entre 25 et 23 est 2 ; les quantités mélangées doivent
état dans lequel je me suis déjà trouve, il faut que j'aie duré dans l'intervalle, car, pour qu'une chose soit 1 objet de la mémoire, il faut qu'elle soit passée ; mais il faut en outre qu'en durant, je n'aie pas changé dans mon fond, que je sois reste identique à moi même. — En même temps que la durée et l'identité sont nécessaires à l'exercice de la mémoire, c'est à la mémoire que réciproquement nous en devons la double notion. IVous ne pouvons concevoir qu'une chose soit passée, c'està-dire nous souvenir, sans concevoir uno duréej quelconque entre le moment présent ,et ce-
MEMOIRE
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lui où nous en avons eu une première idée. D'autre part, il n'y a point de souvenir sans la conviction que nous existions au temp» que le souvenir nous rappelle. Pour llionime qui perdrait cotte conviction, le passé serait anéanti; il lui semblerait qu'il commence d'exister ; tout ce qu'il aurait pensé, tout ce qu'il aurait dit, fait ou éprouvé avant cet instant pourrait lui paraître appartenir à une autre personne, mais il ne pourrait se l'imputer à lui même, et sa conduite future ne présenterait rjen qui fût la suite de sa conduite passée. Par là môme — et cela intéresse directement l'éducation — disparaîtraittoute obligation, toute responsabilité :on n'est responsable que de soi-même, ou, quand on l'est des autres, c'est dans la mesure où l'on a action sur eux. Quant à la notion de durée, il faut bien qu'elle se dégage un jour ou l'autre de l'intelligence enfantine, pour que les mots de présent, passé et futur lui présentent un sens et que, par exemple, l'enseignement du verbe soit possible.
Si nous reprenons le fait ci-dessus, dont l'analyse nous a permis de formuler la loi de la mémoire, nous y trouverons encore la preuve des rapports de la mémoire avec deux autres facultés, l'imagination et l'association des idées. Non seulement je me rappelle un certain passage des œuvres de Reid, mais je revois en esprit le volume dont il fait partie ; mon souvenir est enveloppé dans une image, il est une image. Non seulement jo pense à Reid, mais je pense àlVoyer-Collard, parce que celui-ci a également traité de la mémoire : les deux souvenirs se tiennent, l'un vient naturellement à la suite de l'autre. Ainsi double secours pour la mémoire, mais non sans quelque réciprocité d'inconvénients. L'imagination se mêle parfois si intimement à la mémoire, que la confusion s'établit entre les produits de l'une et de l'autre, même involojitairement. « A beau mentir qui vient de loin, » dit le provei be ; et cependant il peut y avoir autant et plus d'illusion que de mensonge dans tel récit qui parait incroyable. Le voyageur, en retraçant les scènes qui l'ont frappé, ne clierclie pas à tromper; mais, l'imagination aidant, il force la couleur du tableau dont le cadre est réel, et bientôt sa peinture n'est plus la reproduction exacte des choses ; ses souvenirs ont pris un air de fiction. Quant à l'association des idées, c'est une opération qui simplifie et facilite le travail de la mémoire, mais comme elle est spontanée et involontaire, elle a besoin d'être gouvernée par la réflexion et la volonté. Elle devient alors la plus sûre et la plus rationnelle des méthodes pour cultiver la mémoire. Quand nos idées sont rangées dans un ordre systématique, conforme autant que possible à celui de la nature ou aux lois de la raison, les souvenirs naissent et se suivent comme d'eux-mêmes. « Il est indubitable, dit l'auteur de la Logique de Port Royal, qu'on apprend avec une faciUté incomparablement plus grande et qu'on retient beaucoup mieux ce qu'on enseigne dans le vrai ordre, parce que les idées qui ont une suite naturelle s'arrangent beaucoup mieux dans notre mémoire et se réveillent bien plus aisément les unes les autres. »
La liaison logique des idées est donc la meilleure des mnéniotechnies. On donne ce nom à des procédés fondés sur la faculté d'associer les idées, mais artiticicls : par exemple, l'idée de telle couleur associée à celle de tel nombre rappellera cette dernière idée. Ce sont donc des rapports factices et accidentels que l'on suppose entre les idées que l'on veut retenir et les signes auxquels on les associe. Ces moyens donnent quelquefois des résultats assez surprenants, mais ils ont l'inconvénient grave de fausser à la longue le jugement. Or, il ne faut pas cultiver la mémoire au préjudice du jugement, mais faire marcher de front ces deux facu'tés.
j On remarque dans la mémoire de grandes di-
^ versités selon les individus. Les uns retiennent plus facilement les notions acquises par les sens, avec les signes qui les représentent, comme les formes, les couleurs, les sojis; d'autres, les idées fournies par la raison, comme les chiffres, les idées, abstraction faite de leur formule. De lit, d'une part, la mémoire physique ou mémoire des mots : c'est celle des enfants, des peintres, des musi-
I ciens, des poètes, en général des hommes d'imagination; et, d'autre part, la mémoire rationnelle ou
I des choses, celle des mathématiciens, des historiens, des philosophes. Mais on rencontre encore
1 des variétés dans ces deux sortes de mémoire : tantôt la mémoire est paresseuse, rebelle, tantôt elle est vive et obéissante; tantôt elle est fidèle, tantôt elle laisse échapper le souvenir à peine formé. Ces inégalités s'expliquent jusqu'à un certain point par le degré d'impression de la notion primitive dans l'intelligence et par le degré
^ d'intérêt de cette même notion. Quand l'esprit a été très vivement frappé par une idée, il est naturel que le souvenir s'en reproduise plus vite. D'un autre côté, la mémoire est dans un rapport nécessaire avec l'intelligence elle-mômo dans l'ensemble de son développement, et l'on peut dire que plus on est intelligent, éclairé, instruit, plus on a de mémoire. Un esprit lourd, peu ouvert, a peu de mémoire : pour avoir des souvenirs, il faut d'abord avoir des idées. Enfin il y a des in-
I fluences physiologiques : le sexe, la santé, l'état du cerveau, l'âge. Les vieillards perdent la mé-
I moire; s'ils la conservent en partie, elle leur rappelle les époques les plus lointaines de leur existence et non les faits contemporains. A la suite de certaines maladies, on perd la mémoire ou totalement ou partiellement : c'est l'amnésie (privation de la mémoire). Une lésion du cerveau sufllt pour produire un résultat analogue. Quelles que soient les diversités et les inégalités
I de la mémoire, elle peut toujours se fortifier par
' l'habitude, et elle ne peut pas se passer de
' l'exercice : aucune faculté ne demande à être
I tenue plus constamment en haleine ni ne se dé-
j grade plus vite. Bien cultivée, elle présente à des degrés divers trois qualités principales dont la réunion complète constituerait la perfection de la mémoire : la facilité à apprendre, la ténacité à conserver, la promptitude à reproduire le sou-
I venir.
On a tenté plusieurs explications de la mémoire,
I en se demandant ce que deviennent les notions acquises jusqu'à ce qu'elles se montrent de nou-
, veau. Les uns ont cru qu'elles restent dans le moi, latentes et obscures, mais réelles et prêtes à
I se raviver au premier signal. D'autres n'ont adopté cette opinion que par rapport aux idées rationnelles, et ont attribué au cerveau la conservation des idées sensibles. Ni l'une ni l'autre de ces hypothèses ne répond à la question. 11 est bien évident qu'il faut tenir compte du cerveau dans la production et dans la reproduction d'une idée, le cerveau étant, non la cause, mais l'instrument indispensable de la pensée. Ce n'est pas ici le lieu d aborder l'examen du rôle qu'il joue dans le travail de l'intelligence; mais nous rappellerons, en ce qui concerne la mémoire, une série de phénomènes dont le premier l'intéresse directement :. à la suite d'une impression cérébrale (faitphysi( logique) se produit un fait psychologique, sensation, idée on volitiun. Quand le même faij physiologique se reproduit, provoqué par uni circonstance semblable ou analogue, le fait psyi chologique primitif se manifeste aussitôt comme étant l'effet d'une même cause, et la conscience, qui l'avait perçu une première fois, le perçoit de nouveau. La mémoire, qu'on a considérée si souvent comme une faculté à part et inexplicable,