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MERCURE

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n'est donc en résurai5 que la conscience qui perçoit une seconfie fois les phénomènes internes qu'elle avait déjà perçus. [Paul Housselot.j

iMIil». — V. OcèU'is.

MEllCCRE. — Cliimie, XX. — Le mercure ou vif-argent s'appelle en grec et en latin hydraryi/ron ou hydrargi/rum, c'est à-dire argent liquide, d'où sa notation chimique Hg.

Propriétés pliysifjues. — Le mercure est le seul métal liquide à la température ordinaire. Il est d'un blanc éclatant, et est doué au plus haut point do la propriété de réflécliir la lumière. Il est sans odeur. Sa densité est de 13,6. il est très bon conducteur do la chaleur, d'où la sensation de froid qu'il produit quand y plonge la main. Il est très dilatable ; son coefficient de dilatation est 0,00018. Il est bon conducteur de l'électricité ; grâce i la facilité que l'on a de l'obtenir pur, et d'en avoir une colonne de dimensions parfaitement mesurables, on a pris pour unité de conductibilité électrique celle d'une colonne de mercure de 1 mètre de long et de I millimètre carré de section à la température de 0°.

Le mercure se solidifie à — •3!j'',5. On a pu opérer sur le mercure solide pendant des hivers sibériens ; il tient alors par sa malléabilité, sa ductilité et sa ténacité le milieu entre le plomb et l'étain ; il désorganise les tissus animaux et produit, quand on le touche, une sensation analogue h la brûlure d'un fer rouge; sa densité est alors l\,i.

Le mercure bout à 300» ; la densité de sa vapeur est (>.98.

Propriétés chimiques. — Chauffé au contact de l'air un peu au-dessous du point de fusion, le mercure absorbe lentement l'oxygène et se change en oxyde rouge. Il ne décompose l'eau à aucune température , ni en présence des acides. Les acides chlorliydrique. phosphorique, sulfureux, sulfurique faibles sont sans action sur lui; l'acide azotique et l'eau régale le dissolvent à froid; l'acide sulfurique concentré l'attaque à chaud en dégageant de l'acide sulfureux ; il se combine il froid avec le chhire, le brome et l'iode, et, trituré en présence de l'eau, avec le soufre. Le mercure dissout un certain nombre de métaux en formant des amalgames, étain, plomb, zinc, argent, or; il ne se combine pas dans les conditions ordinaires avec le fer, le magnésium, l'aluminium, le platine.

Le mercure contenant des métaux en dissolution, autres que l'or et l'argent, peut se purifier à l'aide d'une petite quantité d'acide azotique qui dissout les métaux étrangers, et d'un lavage. La poussière, peut-être un oxydule qui le ternit, peut être enlevée en le filtrant dans un cornet ou un entonnoir ayant un très petit trou. Le dernier globule retenu par capillarité contient toutes les impuretés. On peut en tout cas le purifier par distillation.

Usiiç/fs. — Le mercure sert il des préparations pharmaceutiques, à la confection des baromètres, thermomètres, manomètres, à l'étamage des glaces (vieux procédé insalubre tombant en désuétude). ^ la métallurgie de l'or et de l'argent, à l'amalgaimation du zinc des piles, etc.

Composés. — Les principaux composés du mercure sont les suivants :

Oxyde rouge (bioxyde) obtenu par calcination ■du métal ou même de son azotate ; c'est la base ■d'une pommade célèbre contre les ophtalmies .

Oxyde noir (protoxyde ou suboxyde), sans importance. La poudre noire obtenue en triturant le mercure avec un corps gras parait n'être que du mercure en très petits globules.

Bichlorure ou perchlnrure 'sublimé corrosif), obtenu par l'action directe du chlore ou de l'eau régale sur le mercure, ou par la distillation sèche ■d'un sel de peroxyde de mercure mêlé à du sel

marin; corps soluble dans l'eau et surtout l'alcool, volatil au rouge sombre, cristallisable. Poison et remède violent, agent chlorurant, précieux pour la conservation des herbiers et autres objets d'histoire naturelle.

Protochlorure (calomel), obtenu par la trituration de 3 parties de mercure avec 1 de sublimé corrosif et lavage k l'eau bouillante, ou par distillation sèche des protosels de mercure avec le sel marin. Purgatif autrefois très employé, son usage diminue.

lodure rouge (biiodure), obtenu directement ou par double décomposition. Kmployé en pharmacie, dans la teinture (coûteux et dangerouxj ; il se dissout en grande quantité dans l'iodure de potassium. La dissolution saturée et concentrée est le liquide transparent le plus dense connu ; comme elle se mêle à l'eau en toute proportion, elle fournit des liquides de densités voulues entre 1 et 4, utiles au lapidaire et au minéralogiste, en leur permettant de séparer immédiatement des pierres précieuses f.emblables en apparence.

Sulfure (cinabre, vermillon) naturel ou artiticiel ; il fournit, quand il est très finement pulvérisé, une très belle cojleur rou^e.

Parmi les divers sels, signalons seulement : le sulfate, employé pour la peinture et pour des piles puissantes de petite dimension ; l'azotate de bioxyde, cautérisant énergique; l'eau en quantité lui enlève une portion de son acide et le transforme en sous-azotate insoluble blanc, réaction caractéristique du mercure ; le fulminate, qui sert il la préparation des amorces de canon et de fusil.

Etat naturel, extraction. — Le mercure se trnuve surtout à l'état de sulfure, souvent impréj gné de mercure métallique; les mines les plus célèbres sont celles d'Almaden en Espagne, d'Idria en Carniole, du Pérou et du Japon. Le procédé général consiste en une distillation du minerai avec une quantité convenable d'un corps propre à retenir le soufre, de la limaille de fer ou un j mélange de chaux et de charbon. Les mines d'Al- I maden sont exploitées depuis 2 500 ans; Pline rapporte que de son temps les Romains en extrayaient annuellement ;jO0iiOO kilos; elles occupent aujourd'hui un millier d'ouvriers et fournissent IIOUOOO kilos par an; toutes les autres mines en fournissent ensemble 250 UOO. Le prix j du mercure, de 4 à 5 fr. le kilo avant 1x25, est depuis celte époque porté à 10 ou 12 fr., par suite, dit Laboulaye, de la cession provisoire des mines d'Almaden à la maison Kothschild par le gouvernement espagnol.

Le vif-argent est un des corps sur lesquels les alchimistes se sont le plus exercés; grâce à sa propriété de dissoudre les métaux, ils comptaient en faire l'agent principal des transmutations qu'ils espér.aient. Ils avaient donné aux métaux les noms des dieux ou des planètes : celui de mercure est le seul qui soit resté en usage, le mot de vifargent et surtout celui d'hydrargyre ne s'employant presfjue pas. [Paul Robin.]

MEIIOVI.NGIENS. — Histoire de France, III-IV. — L'histoire de la famille Mérovingi 'iine, depuis la mort de Clovis *, peut se diviser en quatre périodes : 1° de àll à iiGl, sous les fils de Clovis, les conquêtes des Francs continuent; 2° de Siil à 028, sous les fils de Clotaire I'^', les guerres civiles désolent l'empire franc; 3" de 628 à G3S, le règne de Dagobert marque l'apogée de la puissance mérovingienne ; 4° de 038 à 7.i2 la décadence commence et s'achève ; c'est répo(iue des rois fainéants et des maires du palais ; c'est l'avènemeni d'une nouvelle race, celle des Carlovingiens.

Première période (5II-5B1). — Les quatre fils de Clovis se partagèrent, suivant la coutume germaniiiue, l'armée et les trésors de leur père; ils s'o-

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tablirent, pour exercer le commandpmenl sur les peuples vaincus, dans quatre résidences différentes, Thierry à Metz, Clodomir à Orléans, Cliildebert à Paris, Clotaire à Soissons. Le nombre des leudes donnait la puissance militaire, les trésors assuraient le dévouement des leudes. Aussi les quatre fils suivirent-ils l'exemple de leur père : ils recommencèrent les expéditions pour contenter les Francs, les pillages pour enrichir le fisc, et les trahisons pour se ruiner et se massacrer les uns les autres.

Thierry conquit la Thuringe par la guerre et la perfidie. Il persuada à Hermanfried, un des rois thuringiens, déjà meurtrier de son frère Bertaire, de tuer son troisième frère Baderic. « Si tu le tues, lui dit-il, nous partagerons son pays. >> La femme d'Hermanfried, Amalaberge , ambitieuse et cruelle, le poussait également au crime. Un jour elle ne servit au roi que la moitié du repas. " Quand on se contente de la moitié d'un royaume, dit-elle, il faut se contenter de la moitié d'un repas. » Baderic fut tué. Thierry envahit aussitôt la Thuringe et vainquit Hermanfried ; puis, lui prodiguant les promesses et les serments, il l'attira dans son royaume, le conduisit de ville en ville et lui jura une amitié inviolable. Un jour, enfin, que les deux rois se promenaient seuls sur les remparts de Tolbiac, Hermanfried tomba du haut du mur, « poussé on ne sait par qui, « et se brisa la tête. Thierry occupa la Thuringe. Mais ses soldats étaient mécontents de ces expédi tions pénibles et peu fructueuses dans les forêts marécageuses de la Germanie ; ils sommèrent leur roi de les conduire en Bourgogne et le menacèrent de l'abandonner. Thierry, tout effrayé, leur dit : « Venez avec moi dans l'Auvergne qui s'est révoltée contre ma puissance; la terre est bonne et les habitants seront à vous ; mais surtout ne suivez pas mes frères ! » La malheureuse Auvergne subit à son tour les douleurs de l'invasion qu'elle avait évitées jusqu'alors, et les Francs emmenèrent de longues files de captifs liés deux à deux, qu'ils vendaient chemin faisant. « Rien ne fut laissé aux habitants, si ce n'est la terre, que les vainqueurs ne pouvaient emporter. »

Le fils de Thierry, Théodebert, lui succéda, et sembla possédé de l'esprit aventureux de ses ancêtres : il entraîna luO.OOd hommes en Italie, passa le Tessin sur un pont de cadavres, trompa et battit tour à tour les Goths et les Grecs qui se disputaient la vallée du P6, et mourut au retour de l'expédition.

Sous son jeune fils, Théodebald, les maires du palais Leutliaris et Bucplin entreprirent encore au delà des Alpes une expédition funeste à la fois aux envahisseurs et au pays envahi. Théodebald mourut (555), et le royaume des Francs de l'est ou Austrtisie fut partagé entre les autres rois. I

Clodomir, roi d'Orléans, se tourna contre la ! Bourgogne où régnaient les deux fils de Gonde- ! baud, Sigjsmond et Gondemar. La vieille reine Clotilde poursuivait contre les enfants de son oncle la vengeance du meurtre de son père. « Que je n'aie point à me repentir, avait-elle dit à ses fils, de vous avoir nourris avec tendresse ; que votre indignation ressente mon injure, et mettez vos soins à venger la mort de mon père et de ma ' mère. » Dans une expédition, Clodomir s'empara de Sigismond et le fit jeter dans un puits avec sa femme et ses enfants. Mais bientôt il fut puni de son crime ; à la bataille de Vézéronce (534) il tomba dans une embuscade et fut tué. Dix ans ! après, Childebertet Clotaire soumirent la Bourgogne à la domination franque. |

Clotilde avait pris avec elle, à Paris, les trois enfants de Clodomir. Un jour, Childebert et Clotaire se concertèrent et firent dire à leur mère : '

Il Envoie-nous les enfants, que nous les fassionsrois. » La reine embrassa ses petits-enfants et les fit partir en disant : « Je croirai n'avoir pas perdu mon fils, si je vous vois régner à sa place. » Quand Childebert les tint en son pouvoir, au palais des Thermes, il envoya à sa mère Arcadlu8,undeces Romains qui mettaient leur esprit de ruse au service des passions violentes des barbares. Celui-ci se présenta tenant d'une main une épée et de lautre des ciseaux. « Très glorieuse reine, dit-il froidement, nos seigneurs, tes fils, te font demander conseil sur ce qu'on doit faire des enfants ; veux-tu qu'ils vivent la chevelure coupée, ou veuxtu qu'ils soient égorgés? » Clotilde, stupéfaite et hors d'elle, s'écria dans l'égarement de la douleur : « S'ils ne sont pas rois, j'aime mieux les voir morts que tondus ! » Arcadius se hâta de se retirer, sans lui donner le temps de la réflexion, et porta cette réponse aux deux rois. Alors Clotaire prit le plus âgé par le bras, le jeta contre terre, et, lui plongeant un couteau dans l'aisselle, le tua impitoyablement. Son petit frère, tout tremblant, embrassa les genoux de Childebert, qui se laissa attendrir. Mais i lotaire furieux : « Laissele, cria-t-il, ou je te tue à sa place! C'est toi qui m'as poussé à faire ceci, et voilà que tu manques à ta foi I » Childebert lui jeta l'enfant ; Clotaire le saisit et lui enfonça son couteau dans le flanc. Alors les serviteurs et les leudes de Clodomir firent irruption dans la chambre, enlevèrent le jeune Clodoald que ses oncles allaient tuer, et le déposèrent au monastère de Nogent, qui prit le nom de Saint-Clodoald ou Saint-CIoud. « Ces choses étant faites, dit Grégoire de Tours, Clotaire alla se promener tranquillement par la ville. »

Childebert étant mort (558), Clotaire resta seul roi. Les Saxons lui refusèrent le tribut et le battirent ; ses leudes le maltraitèrent et faillirent le tuer pour le forcer à les mener au combat; son fils, Chramne, se révolta ; il le saisit, l'attacha dans une chaumière avec sa femme et ses enfants, et y mit le feu. L'année suivante, il fut pris de la fièvre et disait en gémissant : " Que pensezvous que soit le roi du ciel, qui tue ainsi de si grands rois'? » Et il rendit l'esprit (5G1). Il laissait quatre fils, Sigebert, Chilpéric, Contran et Caribert. Deuxième période (561-62S). — Sous les fils et les petits-fils de Clotaire I", les Francs tournèrent leurs armes contre eux-mêmes . Sigebert fut roi d'Austrasie ou de Metz ; Chilpéric, roi de Xeustrie ou de Soissons; Contran, roi de Bourgogne ou d'Orléans; Cariberl, roi de Paris et d'Aquitaine. La mort de ce dernier en 567, et le partage de ses Etats entre ses frères, réduisit à trois le nombre des royaumes francs.

C'est à cette époque qu'éclata la guerre civile connue sous le nom de rivalité de la Neustrie et de l'Austrasie. Elle fut provoquée par la différence des moeurs des deux peuples francs et par la haine violente de deux femmes. Les Francs Austrasiens, établis sur les bords du Rhin et de la Moselle, près du berceau de leur race, avaient peu subi l'influence du christianisme et de la civilisation romaine; ils avaient conservé les institutions et les coutumes de la Germanie. Les Neustriens, au contraire, vivant au milieu des populations gallo-romaines, en avaient adopté les mœurs et les usages. Les doux peuples frères étaient ainsi devenus peu à peu étrangers l'un à l'autre. La rivalité de Brunehaut et de Frédégonde en fit des ennemis.

Le roi Sigebert, honteux de voir ses frères épouser des femmes de service et changer d'épouse à leur caprice, fit demander la main de Brunehaut, fille dAthanagilde, roi des 'Wisigoths. Il l'obtint et célébra son mariage à Metz, au milieu d'un nombreux concours de leudes francs et de

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