‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire (volume 2)Chapitre 137 sur 459 · MESURES ANCIENNES · texte numérisé non relu

MESURES ANCIENNES

poétique et plus modulé que le simple discours. Soit qu'une passion vélicmente les dominât, soit qu'elles voulussent, par un épancliement de cœur, diminuer le poids de quelque souffrance morale, elles recouraient d'instinct à cette manière plus solennelle d'exprimer leurs émotions et leurs sentiments de tout genre, la douleur, la joie, l'amour, la liaine, l'indignation, le mépris. Ce moment d'inspiration vint pour Frédégonde; elle se tourna vers le roi, et, attachant sur lui un regard qui commandait l'attention, elle prononça les paroles suivantes :'

» 11 y a longtemps que nous faisons le mal et « que la bonté de Dieu nous supporte; souvent i( elle nous a cliàtiés par des fièvres et d'autres Il maux, et nous ne nous sommes pas amendés.

» Voilà que nous perdons nos fils ; voilà que les « larmes des pauvres, les plaintes des veuves, les n soupirs des orphelins les tuent, et nous n'avons « plus l'espérance d'amasser pour quelqu'un.

o Nous thésaurisons sans savoir pour qui nous o accumulons tant de choses ; voilà que nos tré- ■I sors restent vides de possesseur, pleins de ra- « pines et de malédiction.

0 Est-ce que nos celliers ne regorgeaient pas <i de vin ? Est-ce que nos greniers n'étaient pas a combles de froment? f^st-ce que nos coffres n'éi< talent pas remplis d'or, d'argent, de pierres « précieuses, de colliers et d'autres ornements (i impériaux? Ce que nous avions de plus beau, « voilà que nous le perdons. »

Ici les larmes qui, dès le début de cette lamentation, avaient commencé à couler des yeux de la reine, et qui, à chaque pause, étaient devenues plus abondantes, étouffèrent sa voix. Elle se tut et resta la tête penchée, sanglotant et se frappant la poitrine, puis elle se redressa, comme inspirée par une résolution soudaine, et dit au roi : « Eh <i bien ! si tu m'en crois, viens et jetons au feu tous « ces rôles d'impôts iniques ; contentons-nous, pour « notre fisc, de ce qui a suffi à ton père, le roi Il Chlother. » Aussitôt elle donna l'ordre d'aller chircher dans ses coffres les registres de recensement que Marcus avait rapportés des villes qui lui appartenaient. Lorsqu'elle les eut sous sa main, elle les prit l'un après l'autre et les jeta dans le large foyer, au milieu des tisons brûlants. Ses yeux s'animaient en voyant la flamme envelopper et consumer ces rôles obtenus à grand peine; mais le roi Hilperik, étonné bien plus que joyeux de cette action inattendue, regardait sans proférer un seul mot d'acquiescement. « Est-ce « que tu hésites, lui dit la reine d'un ton impérieux ; Il fais ce que tu me vois faire, afin que, si nous n perdons nos fils, nous échappions du moins aux n peines éternelles. »

Obéissant à l'impulsion qui lui était donnée, Hilperik se rendit à la salle du palais où les actes publics étaient réunis et conservés ; il en fit extraire tous les rôles dressés pour la perception des nouvelles taxes, et commanda qu'ils fussent jetés au feu. Ensuite il envoya dans les diverses provinces de son royaume des hommes cliargos d'annoncer que le décret de l'année précédente sur l'impôt territorial était annulé par le roi, et de défendre aux comtes et à tous les officiers fiscaux de l'exécuter à l'avenir.

Cependant la maladie mortelle suivait son cours; le plus jeune des deux enfants succomba le premier. Ses parents voulurent qu'il fût enseveli dans la basilique de Saint-Denis, et ils firent transporter sou corps du palais de Braine à Paris, sans l'accompagner eux-mêmes. Tous leurs soins se portaient des lors sur Chlodobert, dont l'état ne donnait plus qu'une faible espérance. Renonçant pour lui à tout secours humain, ils le placèrent sur un brancard, et le conduisirent à pied jusque dans Soissons, à la basilique de Saint-Médard. Là,

suivant une des pratiques religieuses du siècle, ils l'exposèrent, couché dans son lit, près de la. tombe du saint, et firent un vœu solennel pour le rétablissement de sa santé. Mais le malade, épuise par la fatigue d'un trajet de plusieurslieues, entra en agonie le jour même, et il expira vers minuit. Cette mon émut vivement toute la population de la ville ; à l'impression de sympathie que cause d'ordinaire la fin prématurée des personnes royales, se joignait, pour les habitants de Soissons, un retour personnel sur eux-mêmes. Presque tous avaient à pleurer quelque perte récente. Ils se portèrent en foule aux funéraillesdu jeune prince, et le suivirent processionnellement jusqu'au lieu de sa sépulture, la basilique des martyrs samt Crépin et saint Crépinien. (Augustin Thierry, Récits des temps mérovingiens, septième récit.)

MESURES AJfClENîNES (Conversion des). — Arithmétique, XXXVII. — 1. — Avant l'établissement du système métrique, il y avait en France un. grand nombre de mesures, variant d'une conirée à l'autre ; nous ne parlerons que des principales-

MESURES DE i.ONGtEi'B. — L'uuité principale était la toise ; elle se divisait en 6 pieds, chaque pied en 12 ^0!;e'>s et chaque pouce en 12 lirjn.s. Le quart du méridien, mesuré par les astronomes français, a été trouvé de 5,l30,"i0 toises. Il en résulte que 5,1.30,740 toises valent Kl, 000,000 de mètres. On obtient donc la valeur de la toise en mètres en divisant 10.000,000 par 5,130,740, ce qui donne 1 ",94904. En divisant par 8, on obtient pour la valeur du pied 0°, 32484 ; divisant par 12, on trouve pour la valeur du pouce 0",02"0" ; et la 12' partie de ce dernier nombre, soit 0",0»2256, est la valeur de la ligne. A l'aide de ces valeurs on peut former le tableau suivant :

t toise vaut l'",9400-i

1 pied vaut

0 toises valent 1 1°',69422 7 — 13 ,64326

4 pieds valent 1 ,2993&

7 pouces valentO ,18949'

9 — 0 ,24.363 in — 0 ,27070

7 lig. valent 0'°,015791 8—0 ,1118047 9—0 ,0-.'0302

1 pouce vaut 0", 02707

1 ligne vaut 0°,0n2356 2—0 ,004512 3—0 ,0067(17 4 0 ,006023

L'usage de cette table est des plus faciles ; soit à convertir en mètres une longueur de 3 toises 5 pieds 9 pouces 10 lignes ; la table donnera supcessivement :

pour 3 toises 5", 8471

pour 5 pieds 1 ,6'.'420

pour 9 pouces.... 0 ,".'4363

pour 10 lignes 0 ,02;55S

Total 7",13'i498

ou, à très peu près, 7", 737 et demi.

2. — Pour opérer la conversion inverse, on remarque que 10,01 0,000 de mètres valent 5,l3ii,740 toises ; un mètre vaut o'.5Wi074. Pour convertir en toises un nombre donné de mètres, il faudra donc multiplier 0',5I30';4 par ce nombie : la partie entière exprimera les toises on multipliera

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