livre ; la valeur du franc, qui en est la 5' partie
est donc — de livre, ou 1 l.v.,0I25.
Réciproquement la livre vaut les — du franc
ou 0 fr., '.876543
le sou, qui en est la 20" partie,
vaut donc 0 fr. 0493827
et le denier, qui est la 12« partie
du sou, vaut 0 fr. 0041152
Soit par exemple à convertir II livres 17 sous 6 deniers en francs et centimes ;il faudra prendre 11 fois Ofr. 9S7i 543, plus 17 fois 0 fr. 0(93827, plus 6 fois 0 fr. 0041152; en faisant le calcul, on trouve 11 fr. 7;'8 ou environ 11 fr. 73.
Soit, au contraire, à convertir 13 fr. 50 en livres, sous et deniers. On multipliera I liv. ,0125 par i:'.,5, ce qui donne M liv. .66875. On multipliera la partie décimale par 20, ce qui donne 13 sons, 37 ..00. On multipliera la nouvelle partie décimale par 12, ce qui donne 4 deniers, 5. La somme proposée équivaut donc i 13 livres, 13 sous et 4 deniers — -.
[H. Sonnet.] MÉTALLOinES. — Chimie, II, IV, VI-X. — La-
voisier divisait les corps simples en métaux, corps non métalliques et gaz. Cette classification était bonne au temps où l'on ne connaissait, outre les métaux usuels, que le carbone, le soufre et le phosphore, où les théories sur les gaz se ressentaient encore de l'influence de celle du phlogistiqtie, même d.ins l'ouvrage de celui qui l'avait ruinée. On disait, et l'on répète encore aujourd'hui : les corps métalliques ont un éclat spécial, font miroir, réfléchissent la lumière, les images, sont bons conducteurs de l'électricité et de la chaleur, pa.r suite froids au toucher; leurs oxydes sont neutres ou basiques, ils sont sans action sur la teinture de tournesol et la ramènent au bleu lorsqu'elle a été rougie par un acide. Les corps non métallique» (et c'est strictement vrai pour le charbon, le soufre et le phosphore) n'ont pas l'éclat métallique, sont mauvais conducteurs de la chaleur et de l'électricité ; leurs combinaisonsavcc l'oxygène sont acides, rougissent la teinture bleue de tournesol. Plus tard l'incorporation des gaz et surtout de l'azote parmi les corps non métalliques raffermit encore cette distinction. L'étude de l'action de la pile sur les composés binaires conduisit à formuler cette loi incomplète : les corps métalliques vont au pôle négatif, ils sont éleciro-posiiifs. les corps non métalliques vont au pôle positif, ils sont électro-négatifs.
La découverte d'un grand nombre de corps simples nouveaux, pendant le premier t'çrs du siècle, lantôtluten favrur de cette classification, — le sélénium, le tellure vinrent se placer tout naturellement à côté du soufre; le potassium, le sodium, etc., répondirent encore mieux au type métal que les métaux usuels, — tantôt elle lui fut contraire : plusieurs corps incontestablement considérés comme métaux se présentèrent sous la forme pulvérulente; l'iode, par contre, a l'éc'a' méiallique. L'étude plus complète des corps déjà connus lui porta un coup fatal ; l'arsenic, l'anti-
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moine , parfaitomoru métalliqvies d'apparence, allèrent rejoindre l'azote etlepliospliore; li' graphite, variiiio du cari one, surpasse certains métaux en éclat et en conductibilité; plusieurs métaux, l'or, l'étain, le manganèse, etc., forment avec l'oxygène des acides bien définis. C'est vers I8Î3 que Uorzelius donna aux corps non métalliques le nom malheureux de métalloïdes (semblables à des métaux) ; Ampère a adopté ce nom, et, dans sa Philosojihie (les sc)eni:es, a compté seize métalloïdes groupés en quatre classes, de quatre corps chacune : 1" fliisse : Oxygène, soufre, sélénium, tellure. 2° c/asse; Chlore, brome, iode, fluor.
3" classe : Azote, phosphore, arsenic, antimoine. i' classe: Hydrogène, carbone, bore, silicium. Les conceptions de cette sorte, fondées autant sur des idées à priori que sur des observations réelles, entravent un instant les progrès de la science par l'influence qu'exerce sur les chercheurs le grand nom de leur auteur.
De ces quatre classes, la seule nattirelle est celle du chlore, que Lavoisier supposait l'acide le plus oxygéné d'un radical dont l'acide muriatique (aujourd'hui chlorhydrique) était la première combinaison avec le générateur des acides. Dans la première classe, l'oxygène est beaucoup plus séparé des trois autres corps que ceux-ci ne le sont entre eux. Dans la troisième classe, les différences ne sont guère moins tranchées que les similitudes, et l'antimoine va souvent rejoindre l'étain parmi les métaux. Dans la quatrième, l'hydrogène a été placé de force, par respect pour la classification quaternaire; les chimistes qui tiennent encore à la division en métalloïdes et en métaux, le rangent souvent parmi ces dernifrs, tandis que les phénomènes de substitution étudiés en chimie organique lui assignent une proche parenté avec le chlore, le brome etl'iode. Entre le carbone et le silicium, oscille le bore, tantôt rapproché, tantôt éloigné de l'un ou de l'autre, suivant les considérations les plus en faveur.
La pioportion des équivalents des corps d'une classe est souvent très remarquable. Par exemple ceux du fluor, du chlore, du brome, de l'iode sont à peu pi es dans les rapports de 1,2, ■1,5, 1 ; ceux de l'oxygène, du soufre, du tellure sont comme 1, 2 et 4 ; mais par exemple le sélénium se place plus difficilement par son équivalent dans cette série que le phosphore, qui s'en éloigne à tout autre égard. De sorte que, jusqu'à ce que de nouveaux points de vue soient présentés, il ne faut accorder que peu d'importance à ces curieuses coïncidences numériques.
Somme toute, la classification artificielle des corps simples en métalloïdes et métaux a fait son temps, et il faut souhaiter de voir le premier do ces mots tomber le plus tô; possible en désuétude. Nous l'avons suivie ici k cause de son intérêt historique et parce qu'elle n'a pas encore été remplacée par une meilleure.
Le Dictionnaire consacre des articles spéciaux i un certain nombre de métalloïdes, savoir: oxygène, hydrogène, carbone (V. Ch'irbon). soufre, azote, phosphore, chlore, fluor, silicium (V. Silice). Les autres n'ayant pas d'articles spéciaux, nous allons donner à. leur sujet quelques brèves indications. Arsenic. — Solide, à éclat métallique, cristallin, volatil au rouge sombre; densité 5,(1; obtenu par la réduction de l'acide arsénieux; s'allie aux mé taux en les rendant durs et cassants. — L'acide arsénieux, AsO', est blanc, crisiallisable, soluble dans 20 parties d eau ; c'estleterrible poison conjm sous le nom d'arscic : il corrode et perce les membranes de l'estomac ; on combat ses efl'eis à l'aide de l'hydrate dox>de de fer récent, de la magnésie calcinée, et en provoquant en même temps les vomissements. A petite dose, c'est un médicament précieux contre l'asthme, l'anémie. Il sert à chauler les blés; les semences trempées dans sa dissolu-
tion ne sont plus dévorées par les mulots et autres animaux nuisibles; il entre dans la composition de la ynort aux rrits, et sert b. la préparation du savon arsenical, indispi'nsable aux empailleurs. Il forme des sels bien délinis également très vénéneux. ^ L'acide arséniqne, AsO'', est beaucoup plus soluble, encore plus vénéneux; mais il offre moins de danger, étant un solide déliquescent, tandis que l'acide arsénieux industriel se rencontre le plus souvent sous forme de poudre blanche à peu près sans odeur ni saveur, et peut se confondre avec beaucoup d'autres corps ; il forme aussi des sels dont plusieurs, entre autres l'arséniate de fer, sont employés comme médicaments. — L'hydrogène arsénié, gazeux, à odeur alliai ée, très vénéneux, décomposable par la chaleur rouge, s'obtient quand on produit do l'hydrogène dans un liquide arsenical; de \b, un moyen de recueillir les moindres traces d'arsenic contenues dans une dissolution, et un moyen de recherches dans les cas d'empoisonnement. Les substances suspectes sont carbonisées par l'acide sulfurique, le charbon est repris par de l'eau distillée, la dissolution est versée dans un appareil à hydrogène ordinaire. Le gaz produit brûle avec une fumée blanche odorante ; en interposant de la porcelaine dans la flamme, elle se recouvre de taches miroitantes; on peut obtenir des anneaux noirs dans le tube de dégagement en le chauffant avec une lampe !l alcool; ces anneaux, ces taches sont de l'arsenic isolé dont on peut constater l'identité. Ce procédé de recherches est dû au chimiste Marsh qui lui a donné son nom. Quand il est employé dans une expertise médico-légale, il est indispensable de faire parallèlement l'expérience avec les mêmes réactifs, mais sans y ajouter les liquides suspects. Il existe un assez grand nombre d'arséniures naturels employés comme minerais. — L'arsenic en poudre s'enflamme dans le chlore et forme dos chlorures d'arsenic, vapeurs asphyxiantes décomposables par l'eau.
Iode. — L'iode, d('couvert en ISf 1 dans les eaux mères des soudes de varechs, a été étudié en 1813 par Gay-Lusîac. Il s'obtient en traitant un iodure alcalin par l'acide sulfurique et le peroiyde de manganèse, réaction analogue à l'une de celles qui produit le chlore. C'est un corps solide, opaque, d'un gris métallique, crisiallisable par solution dans l'ai'ide iodbydrique et par sublimation. Il fonda 107, bout il i8o° en donnant une vapeur violette très dense (S, 8), est peu soluble dans l'eau, très soluble dans l'alcool et le sulfure de carbone. On en reconnaît des traces à l'état libre par la coloration d'un bleu intense qu'il donne h l'amidon. L'iode existe en très petite quantité dans l'eau de mer, et se rencontre dans les plantes marines. Il se retrouve dans leurs cendres, autrefois principale source des sels do sonde, et reste dans h's eaux mères d'où on l'extrait; l'azotate de soude naturel contient jusriu'à 2 p. lOli d'iodure. Par ses composés, I iode est un corps très précieux pour la médecine et la phoingrapbie. — Il forme avec l'oxygène des composes, acides bypo-iodique, 10', iodique, 10^, et hypeiiodique. 10', sans importance praii |ue. — Avec l'hydrogène il forme l'acide iodliydrique, analogue de lacide chlorhydrique et ayant des propriéiés comparables à celles de ce corps; il s'obtient par l'action de l'hydroi^ène sulfuré sur l'iode en présence de l'eau.
L'iode forme des iodures avec tous les métaux et plusieurs mcialloides.
L'icdure d'azote est une poudre noire explosive, comparable au chlorure d'azote. L'iodure de potassium, composé naturel existant dans les eanx mères, ou obtenu artificiellement par l'action Ao l'iode sur la potasse et la Calcination du sel résultant pour décomposer la portion d'iodate foi mie, est un dépuratif énorgique très employé on mé-
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decine. Il sert aussi en photographie, mais moins que les iodures d'ammonium, de zinc, de cadmium, de fer. Ces trois derniers s'obtiennent par combinaison dirette à froid en présence de l'eau; l'iodure d'ammonium par la combinaison directe de l'ammoniaque et de l'acide iodliydrique. L'iodure d'argent, contenant plus ou moins de bromure, forme la couche sensible des plaques photographiques; il s'obtient pardouble décomposition. L'iodure de mercure istun type d'iodacidc se combinant avec l'iodure de potassium.
Le irbme est un liquide très brun, d'une odeur très pcnôtrante provoquant la toux, densité "2, 0; il bout à .3". Par ses propriétés cliimiques, pharmaceutiques, indusiriellos, son état dans la nature, il se rapproche de l'iode de la faron la plus remirquable. .Sa préparation est analogue à celle de l'iode. La dissolution de bromure de potassium est entre les mains des médecins un des meilleurs calmants du système nerveux.
Le boi'e, qui a de grandes analogies avec le carbone, se présente comme lui sous trois états: amorphe, grapliioide, adamantin. Nous parlerons seulement de celte dernière forme. Elle s'obtient en fondant ensemble à une très haute température IdO grammes d'acide borique et 80 d'aluminium ; ce dernier décompose l'acide borique, une partie forme de l'alumine, 1 autre dissout le bore, et quand la dissolution se concentre, le bore cristallise i l'état de diamant, des lavages à la soude caustique, aux ac des chlorhydrique et fluorliydrique enlèvcni l'aluminium, l'acide borique, le feiet le silicium ; reste le bore qui contient jusqu'à 4 p. 10(1 de carbone, et qui est après le diamant le «orps le plus dur. Sa poussière polit le diamant; ce corps est probablement appelé à un certain avenir industriel. Les deux autres ot»ts du bore sont sans importance. L'acide borique est le seul ■composé oxygéné du bore; c'est un produit naturel qui se trouve dans certaines eaux thermales et spécialement dans les lagoni de Toscane. Il est soluble dans l'eau, et encore plus dans l'alcool dont ia flamme est alors d'un vert caractéristique ; aucun raétalloide ne l'attaque seul; mélangé avec du charbon, il est attaqué par le clilore et forme du chlorure de bore ; l'acide fluorhydrique forme avec lui du fluorure de bore gazi-ux et de l'eau. 11 sert à fabrii)uer le borax ou borate de soude. Il fond à une haute température et dissout alors l'alumine; par le refroidissement celle-ci cristallise et forme le corindon artiflciel et ses variétés, le rubis, le spinelle. Le borax sert à décaper les métaux que l'on veut brastr, souder avec les soudures fortes do cuivre, d'argent ou d'or; il forme alors un verre fusible dissolvant les oxydes métalliques et conserve chimiquement propres les surfaces métalliques à souder.
Le sélénium est analogue au f oufre dans presque toutes ses propriétés, et les séléniures se trouvent en fort petite quantité mélangés aux sulfures exploités dans la Thuiinge et le Harz. A l'état amorphe, c'est un solide noirâtre brillant. Il est inutile d'éiudier les acides séléuieux et solénique, l'hydrofrène séléiiic, les autres séléniures, qui ressemblent beaucoup aux composés sulfurés correspondants Signalons seulement cette propriété si remarquable, spéciale au sélénium et découverte en l.'S'G par M. Siemens. Le sélénium est comme le soufre un très mauvais conducteur de l'électricité. Or sa résistance diminue immédiatement quand il est exposé i la lumière. Si l'on interrompt un circuit électrique et qu'on le rétablisse à travers une petite goutte de sélénium fondu et prisse entre deux lames de verre, On possède un appareil qui est d'une excessive sensibilité aux impressions lumineuses et les traduit en un mouvin'ent de l'aiguille du galvanomèlre. Cette expérience est très intéressante au point de
vue théorique ; elle montre l'exemple le plus parfait delà transformation de lumière en mouvement. On se rappelle la découverte faite par Scheele du brunissement de chlorure d'argent etde sa décomposition parla lumière; en un demi-siècle cette expérience intéressante a enfanté la photographie; qui sait l'avenir réservé à la sensibilité du sélénium? Déjà on s'en est servi pour fabriquer un œil artificiel dont la paupière s'abaisse comme les nôtres en présence d'une impression lumineuse intense.
Le tellure, encore plus rare que le sélénium, se rencontre combiné au plomb, à l'argent, et rarement natif. Il a l'apparence de l'étain et est cristallisable. Sa densiié est 6.26; son équivalent 64, double de celui du sélénium. 11 est en tous points analogue au soufre et au sélénium ; sa conductibilité électrique varie, comme celle du sélénium, selon la lumière à laquelle il est soumis; il se prête dont à l'expérience de Siemens.
[Paul Robin.] METAL'X. — Chimie, II, XI, XVll-XX. — On indique comme premier caractère distinctif des métaux un éclat particulier, dit éclat métallique; en masse ils réfléchissent la lumière, conduisent bien la chaleur et l'électricité. Quand les métaux ont la forme pulvérulente sous laquelle ils se présentent souvent, ces caractères disparaissent. Leurs oxydes sont en général neutres ou basiques. Pas plus que le précédent, ce caractère ne les distingue des métalloïdes * d'une manière absolue.
Laissant de côté une définition qui ne saurait être irréprochable, comparons à divers points de vue les principaux métaux.
Pri'priétés phxjsiques. — Les métaux sont tous, à l'exception du mercure et de l'hydrogène — si on range ce corps parmi les métaux, comme le font plusieurs chimistes — solides à la température ordinaire ; plusieurs, et spécialement le bismuth et l'antimoine, peuvent cristalliser.
Opaques dans les conditions ordinaires, ils sont translucide* et même transparents en lames très minces; ainsi l'or battu, collé sur une lame de verre, se laisse traverser par la lumière verte, l'argent déposé par un procédé chimique sur les miroirs de télescopes en verre, par la lumière bleue.
Les couleurs des métaux sont en général masquées ou atténuées par la grande quantité de lumière blanche qu'ils réfléchissent. En faisant réfléchir le même rayon lumineux sur plusieurs surfaces successives d'un même métal, la lumière blanche diminue à cliaque réflexion et la couleur propre du métal apparaît avec son intensité réelle ; l'or est jaune, le cuivre rouge, le strontium et l'argent jaunâtres, le fer gris, le zinc bleuâtre, etc. Voici la densité de quelques métaux en nombres ronds :
I latine. 21 à 23; or, 19; mercure, 1:1.6; plomb, 11,3 ; argent, 10,4; cuivre. S, s; fer, 7, s; étain, 7,8; zinc, 6,'.l ; aluminium, 2,6 (à peu pr s celle du verre et du silex) ; sodium, U,u7 ; potassium, 0,S6 ; lithium, 0.5!i.
La fusibilité des métaux e.st cg.ilement très variable. Voici une liste des principaux points de fusion :
iVlercure, — 39"; potassium, -t-5.'i°; sodium, 90"; étain, 2ï8"; bismuth, 264"; plomb, 'iW\ zinc, 41()"; argent, I0"0"; cuivre, 110'°; or, I2iii°; fonte de fer, i2.'>ii°; fer forgé, l.SnO"; platine, 200 °; iridium, 2500°; l'osmium n'a pu être fondu. Ces dernières températures ne sont qu'approchées; des recherches compliquées sur l'énergie mécanique des diverses couleurs des spectres donnés par les métaux chauffés à dos températures croissantes permettent en ce moment à M. Crova de réviser et de préciser ces nombres.
METAUX
METAUX
Quelques mélaim sont volatils ; le nierciire bout à 360»; le cadmium, le poiassiuin, lo sodium, le zinc, au rouge plus ou moins vif; ou peut les distiller.
La quantité de clialeur qui dans le môme temps traverse une même section des divers métaux peut être représentée par les nombres suivajits :
Argent, lOliO; cuivre, 736; or, &.'!2; zinc, 193; fer, 119; plomb, 8i; plaline, 8i; bismuth, 18.
La conductibilité électrique est l'iiiverse de la longueur des fils de môme section qui, mis entre les pôles d'une môme pile, produisent le môme affaiblissement dans l'intensité du courant. Voici ces longueurs d'après M. E. Becquerel :
Argent, de ii3 à lOO; cuivre, de 8:) à 91 ; or, 04 à 65; étain, 13,"; fer, 12,'2; plomb, 8; platine, 8; mercure, 1,^0.
La chaleur spécifique ou quantité de chaleur nécessaire pour élever d'un môme nombre de degrés un même poids des oivers corps est, en prenant pour uniié celle de l'eau, pour les métaux suivants : potassium, 0, HO; fer, 0,1 H ; zinc, 0,090; cuivre, 0,095; argent, 0,0.. 7 ; mercure, 0,033; platine et or, 0,032 ; plomb, 0,031.
La facilité qu'ont les métaux de se travailler au marteau ou au laminoir constitue la malléabilité. L'ordre do malléabilité des métaux est le suivant, en allant du plus au moins malléable : or, argent, aluminium, cuivre, étain, platine, plomb, zinc, fer, nickel.
La ductiliié est la propriété qu'ont les métaux de pouvoir s'étirer à la filière en fils plus ou moins fins. L'ordre dans lequel ils possèdent cotte propriété est le suivant : or, argent, platine, aluminium, fer, cuivre, zinc, étain, plomb.
La ténacité d'un corps se représente par le nombre de kilogrammes capable de rompre par traction un til d'un millimètre carré de section. Voici celle de quelques métaux : cobalt, 108 ; fer, 02 ; cuivre, Z\ ; platine, 31 : argent, 21 ; or, 16,6; zinc, 12,4; étain, 3.9; plomb, 2,i.
La dureté des corps se mesure d'après la faculté qu'ils ont de rayer ou de ne pas rayer certains corps, d'être ou de n'ôtre pas rayés par eux. Les minéralogistes se servent de 10 types depuis le diamant jusqu'au talc ; prenons-en 3 qui diviseront les métaux en 4 séries de dureté : 1. Le manganèse, le chrome rayent le verre. 2. Sont rayés par le verre et rayent le marbre : le fer. l'anlimoine, le zinc. 3. Sont rayés par le marbre : le platine, le cuivre, l'or, l'argent, le bismuth, l'étain. i. Le plomb est rayé par l'ongle. Ajoutons-y le potassium et le sodium, qui se pétrissent comme de la cire sous l'huile de naphte ^ 15°; le mercure, qui est liquide.
La conuaissancc de ces propriétés est notre guide dans les applications industrielles des métaux, et nous les choisissons d'après les résistances qu'ils doivent ofl'rir à l'action des forces, des agents de toute nature.
Propiieti'S rhbni'iucs, — Il serait long et peu profitable d'examiner séparément l'action des divers agents chimiques sur la série des métaux. Pour avoir des idées d'ensemble, il faut nécessairement établir des groupes, classer les corps étudiés. Or une classification en une seule série des métaux d'après leurs propriétés chimiques reste toujours imparfaite, comme toutes les classifications en série unique. Tels corps rapprochés par un caractère s'éloignent si l'on en considère d'autres, et la classification dépend de l'importance accordée à telle ou telle propriété.
Classification des méliiux. — Voici celle que l'on emploie généralement aujourd'hui ; elle a surtout pour base l'action sur les métaux de l'air et de l'eau aux diverses températures; nous laissons de côté un certain nombre de corps fort rares, incomplètement connus et qui n'ont actuellement
2* Partie.
d'intérêt que pour les chimistes; cette classification comprend 3 classes et K sections :
I" CLAssK. — Métaux s'oxydant directement à une température plus ou moins élevée; leurs oxydes ne sont pas complètement réduisibles par la chaleur seule.
I" sedioTi. — Décomposent l'eau à la température ordinaire : potassium, sodium, litliium, baryum, strontium, calcium.
2° seclinn. — Décomposent l'eau vers 100" : magnésium, manganèse.
.3" section. — Décomposent l'eau vers le rouge, ou à la température ordinaire en présence des acides: fer, nickel, cobalt, chrome, zinc, cadmium.
4° section. — Décomposent l'eau au rouge, mais pas à froid en présence des acides ; forment avec l'oxygène des composé acides (sont métalloïdes à cet égard, le dernier corps est souvent rangé dans cette catégorie) : tungstène, molybdène, osmium, titane, étain, antimoine.
5' section. — Décomposent à peine l'eau aux hautes températures, et pas en présence des acides : cuivre, plomb, bismuth.
1" CLASSE. — Ne s'oxydent à l'air à aucune température. Oxydes irréductibles par la chaleur, et môme par l'hydrogène et le charbon seuls.
6' section. — Aluminium, glucinium, etc.
3« CLASSE. — Oxydes facilement décomposes par la chaleur.
7= sedion. — Absorbent l'oxygène à une température peu élevée; se réduisent à une température supérieure : mercure, palladium, etc.
8' section. — Inaltérables à toutes températures : argent, or, platine, iridium.
Les métaux des deux premières sections ne peuvent être employés au même titre que les autres, à cause de leurs affinités puissantes. Ce sont des réducteurs énergiques, dont l'un surtout, le sodium, a sous ce rapport une grande importance indusirielle. Le magnésium donne par sa combustion une lumière des plus intenses, utilisable en photographie.
En outre la plupart des métaux ne sont pas ou sont peu employés purs, mais le sont surtout à l'état d'alliages.
Le Dictionnaire consacre un article spécial à un certain nombre de métaux usuels, fer, zinr, étain, plomb, cuivre, mercure, argent, or, platine; il traite do quelques autres à propos de leurs oxydes, potasse, soude, chaux, terres métalliques comprenant les oxydes de baryum, strontium, magnésium, aluminium. Nous parlerons brièvement ici de quelques autres.
Le Ala7iyanèse métallique a peu d'intérêt; il s'obtient par la réduction de son oxyde h une très haute température. Il est le plus dur des métaux. — Laissons de côté son proioxyde, MnO, son sesquioxyde, tous deux peu siables et sans intérêt, son oxyde salti Mn^O' ou MnO,MnsO'; parlons seulement de son peroxyde MnO-. Ce corps se trouve assez abondamment dans la nature et est appelé pi/rolusiie par les minéralogistes; il abandonne une portion de son oxygène par la chaleur seule, et une portion encore plus grande en présence de l'acide sulfuriquo. Son mélange avec ce corps agit comme source d'oxygène naissant, ot sert à extraire le chlore, le brome, l'iode, des chlorures, bromures et iodures. La richesse d'un manganèse s'estime par la quantité de chlore qu'il peut produire. Les verriers en jettent parfois dans le verre fondu pour diminuer la teinte verdàtre produite par le protoxyde de fer en le peroxydant et en y ajoutant la couleur propre du verre manganiquo. Si l'on ajoute un excès de ce sovnn des verriers, le verre a une teinte violacée. — Le peroxyde de mangHnèse, chauffé avec la potasso ou mieux l'azotate de poiasse, donne un sel violet très colorant, le permanganato de potasso, KO.Mu'O''.
MÉTAUX
MÉTAUX
Ce corps agit comme oxydant énergique sur les matières organir|ues en dissolution dans l'eau et se transforme eu manganate vert; cette propriété l'a fait autrefois appeler le caméléon minéral. Le permanganate de potasse sert à éprouver la pureté de l'eau pntable; sa dissolution est employée en lotions oxydantes et antiseptiques ; sans présenter les inconvénients du chlore, elle possède plusieurs de ses avantages. L'usage ne peut que s'en répandre utilement. — Les sels de protoxyde et de sesqtiioxyde de manganèse, d'une couleur rosée, n'ont aucun intérêt pratique.
Le Chrome est la base d'un certain nombre de couleurs employées dans diverses industries, d'où son nom. Comme métal, il n'a pas d'intérêt. Son sesquioxyde, Cr^O^, est très réfractaire, il sert à la peinture sur porcelaine ; l'hydrate de cet oxyde donne un vert-émeraude inaltérable, non vénéneux, remplaçant avantageusement les verts arsenicaux pour l'impression des tissus et des papiers. — L'alun de chrome, isomère à l'alun proprement dit, est remarquable par son dimorphisme. — L'acide chromique est un oxydant des plus énergiques; tous ses sels sont fortement colorés. Les chromâtes de potasse sont employés dans la teinture. Le chromate de plomb ou jaune de chrome, obtenu par double décomposition k l'aide des précédents et d'acétate de plomb, a toutes les teintes du jaune à l'orangé suivant que la précipitation a été faite en présence d'un excès de l'un ou de l'autre réactif. Les chromâtes de potasse se forment par l'action à chaud du salpêtre et du carbonate de potasse sur le fer chromé naturel, FeO,Cr 0', et servent i fabriquer tous les autres composés du chrome.
Le Nickel et le Collait onl de nombreuses analogies comme état naturel, préparation, composés; tous deux s'obtiennent par l'action de l'hydrogène sur les oxydes. Le premier est très employé depuis quelques années à cause de son inaltérabilité à l'air; on le dépose par la galvanoplastie sur les instrtiments de fer et d'acier employés dans I industrie, la chirurgie, etc., de manière à les préserver de la rouille. Les monnaies divisionnaires de Belgi(iue, de Suisse et des Etats-Unis sont de petites pièces élégantes et propres formées d'un alliage dans lequel domine le nickel. — Les sels de nickel sont verts; la dissolution du sulfate est une des couleurs les plus pures, c'est-à-dire qu'un rayon de lumière qui a traversé ce liquide ne donne qu'une seule couleur quand on la reçoit dans un spcctroscope ; ce vert est complémentaire du rouge égalemejit très pur fourni par la fuclisine. Quand (jn regarde à travers cette dissolution, on voit les objets comme les voient les personnes incapables de discerner les couleurs et que l'on appelle dal toniens. — Les sels de cobalt hydratés ou dissous «ont roses; secs, ils sont bleu violacé. Le verre bleu est coloré pnr l'oxyde de cobalt ou smalt. Ce métal fsl la base du bleu Thonard, ou bleu d'azur artificiel; un précipité d'oxyde de zinc et de cobalt constitue une belle couleur, le vert de Rinman. Quand on écrit avec une dissolution étendue d'un sel de cob.ilt, surtout le chlorure, les caractères sont invisibles sur le papier; ils paraissent en bleu quand on chauffe le papier; telle est l'encre sympathique connue depuis longtemps, et à qui l'introduciiim des caites postales avait donné un certain renouveau. Du p.ipier buvard, du linge imprégnés de chlorure de cobalt concentré changent de cnnlenr suivant l'état hygrométrique de l'atmosphère. On a utilisé cette propiiété pour faire un prétendu prophète du teniLS composé d'un disciuo de papier cobaké entouré de cinq couleurs de comparaison variant du rouge au bleu, et des fleurs artificielles aux couleurs changeantes. Ces deux métaux ilonnent des produits utilisés pour la peinture sur émail et sur porcelaine.
Le Cadmiwm est un métal voisin du zinc, fusible, disiillable, combustible comme lui Ajouté parparties égales à l'alliage Darcet, il forme un corps très fusible, dit alliage de Woocl, restant un certain temps pâteux ii la température ordinaire et parfaitement bon pour le plombage des dents. Le sulfure de cadmiuiu, le seul qui soit jaune, fournit une très belle couleur, dite jaune indien. Les autres sels sont sans importance.
Le Tungstène est un métal très rare, qui a cependant peut-être un avenir industriel dans la fabrication du noir d'aniline.
Le Molybdène n'a d'importance que comme base du molybdate d'ammoniaque, réactif spécial servant à reconnaître le phosphore.
L'Usmium est le seul corps simple qui ait résisté à toute tentative de fusion, et, chose étrange, ses composés oxygénés sont volatils.
Le Titane parait augmenter la dureté du fer et de l'acier qui en contiennent une petite quantité. Ce métal et ses composés n'ont d'intérêt que pour les savants.
Les quatre métaux précédents sont de la famille de l'étain.
VAidinioine est tantôt classé parmi les métalloïdes i côté de l'arsenic, tantôt parmi les métaux [ auprès de l'étain. 11 a l'éclat métallique, est j cristallin, fragile, facile à pulvériser. Sa densité est G, 7. 11 fond vers 500", est volatil au rouge vif, ' brCile h une haute température en répandant une , fumée blanche d'oxyde d'antimoine. Il s'enflamme ' surtout en poudre dans le chlore à la température ordinaire. Il est attaqué par les acides concentrés I et chauds.
L'antimoine isolé est sans usage. Allié îi quatre parties de plomb, il forme le métal des caractères d'imprimerie. L'antimoine forme un certain nombre de composés qui sont ou ont été employés en ' pharmacie ; loxyde d'antimoine, Sb G', base ou acide peu énergique, vomitif violent, générale- ^ ment remplacé aujourd'hui par l'émétique, tartrate double de ce sesquioxyde et de potasse. L'acide antimonique, Sb^O', forme avec la potasse I le seul léactif de la soude. La dissolution récente d'antimoine de potasse précipite les sels de soude même assez étendus.
L'hydrogène, préparé avec une eau contenant de l'antimoine, contient de l'hydrogène antimonié qui ofl"re à peu près les mêmes réactions que 1 hydrogène arsénié dans l'appareil de Marsh. Les taches et les anneaux d'antimoine sont beaucoup moins volatils que ceux d'arsenic et d'une nuance de noir un peu roussâtre. Le protochlorure ou beurre d'antimoine sert pour cautériser les tnorsures ou piqûres d'animaux venimeux, -pour bronzer le [ fer et le préserver de la rouille, en le recouvrant d'une couche d'antimoine moins altérable que lui. Le sulfure naturel a l'aspect métallique et est très fusible. Un oxy.^ulfure rouge, le kermès, pré-
I paré à l'aide d'une réaction assez cotnplexe avec j le sulfure naturel et le carbonate de soude, est uti médicament très ancien et encore très employé contre les affections pulmonaires.
Le Bismuth se trouve i l'état natif; il est blanc rougeâtre, cristallin et très fusible. Sa densité est est !),8. Il fond à 'JG'r et, comme dans le cas de ! l'eau, le solide surnage au-dessus du liquide; on obtient de maanifiriues géodes de cristaux en laissant refioidlr le bNmuth fondu, perçant d'uii fer rouge la couche supérieure qui vient d ■ se solidifier, et faisant écouler l'excès de liquide. Sa faible coriductlbillté pour la chaleur et l'électiiclté le fait employer comme l'un des cotnposants des piles Ihermo-électriques, l'autre étant du cuivre ou de l'antlirolne II est le type des corps dlamaguctiqnes : un barreau de bismuth librement suspendu entre les deux pôles dun aimant est (également repoussé par les deux et se met en croix avec la