MÉTAMORPHIQUES — 1299 — MÉTAMORPHIQUES
ligne qui les joint. Cinq parties de bismutli, trois ' d'étain et doux de plomb fonnent l'alliage de Darcet, fusible dans l'eau bouillante. Le bismuth brûle à une liaute leuipéralure, s'onnarame dans le chlore froid. ^ I
Uc ses composés, le plus intéressant est l'azo- ] tate ; le sel acide est décomposé par l'eau en acide azotique et sous-azotate insoluble, remède excellent, prompt et sans danger contre la diarrhée. Co même sel est le fard, dont 1 usage dét5- ! riore la peau. Le phosphate est remarquable en ce qu'il est insoluble et fournit un des moyens de , dosage de l'acide phosphorique.
Le Glucinium, analogue de l'aluminium, fournit \ des sels à saveur sucrée, d'où son nom. C'est une curiosiié de laboratoire.
Le PaUa'lium, compagnon fréquent et analogue du platine, est plus précieux que l'or. Il donne avec l'argent l'alliage qui se prête le mieux i la gravure, et est très inaltérable : on l'emploie pour les graduations d instruments de précision.
Vliiilium, que l'on trouve aussi à côté du platine et qui a des propriétés semblables, forme avec lui un alliage fort dur qui tend à remplacer le platine pur pour la fabrication des appareils de «himie.
Le mineni de platine est encore accompagne d'autres métaux excessivement rares, rhodium, ruthénium, qui n'ont d'intérêt que pour le chimiste. [Paul Robin.]
MÉTAMOItPIIIOUES (Roches). — Géologie, V. — Les sorties de matières en fusion de l'intérieur de la terre ne se sont pas bornées à amener vers sa surface les divers amas de roches ignées ; jointes aux éruptions de gaz et à l'action de la chaleur centrale, elles ont ejicore plus ou moins modifié les matériaux proexistants, en donnant lieu h des phénomènes importants, dont les géologues ne se sont occupés que dans ces derniers temps et auxquels ils ont donné le nom de métamorphisme des rocks.
On n'a d'abord connu que le métamorp/nsme de rconlact, c'est-à dire les altérations actuelles, et les caractères particuliers que présentent quelquefois les roches do sédiment au contact des basaltes et •des trachytes, caractères que l'on attribuait aux ■effets de la chaleur développée par ces roches. C'est ainsi que l'on avait remarqué, par exemple, que des bancs do craie ou de calcaire compact prennent, dans le voisinage des basaltes, ans texture lamellaij'e ou saccharoïde, un aspect brillant et un commcincement de translucidité ; que de la houille se trouve transformée en anthracite, que Je lignite devieut plus sec et se divise en paralle- .pipèdes, que des grès sont crevassés et prennent un aspect vitreux, que des s'chistes argileux deviennent plus durs et passent au jaspe ou à la j>orcellanite. Mais depuis que l'on attribue à des •éjaculatlons intérieures l'origine des dykes por- .phyriques et des filons cristallins, on a vu aussi «n effet de C"S éjaculalions intérieures dans les ■différences qui existent souvent entre les parties des nichis nfpluniennes qui avolsinent ces matières et celles qui en sont éloignées. D'un autre côté, on a reconnu aussi que ces différences no ■consistent pas seulement dans la cohérence et dans la texture des roches, mais qu'elles s'éiendcnt même à leur nature, c'est-i-dire que l'on voyait, par exemple, le calcaire passera hidoloraie ■ou au gypse, les roches schisteuses aux roches .felrtspatliiques ou talqueuses, d'où l'on a conclu que des émanations contenant, entre autres, du magnésium, du pota'isium, du sodium, rendus -gazeux par leur combinaison avec d'autres corps, •et aidés par le développement de la chaleur, s'étaient introduites dans l'intérieur des roches cal- •caires ou schisteuses et y avaient donné lieu à des •couibinaisoiis nouvelles. Ces idées ont d'abord
rencontré beaucoup d'opposition ; mais la facilite avec laquelle elles expliquent des faits dont on ne pouvait se rendre raison auparavant, les ont fait assez généralement adopter, et elles ne peuvent plus être contestées depuis que l'on est parvenu à produire expérimentalement des résultats analogues.
Dans les contrées où les dépôts stratifiés ont été fortement disloqués, relevés ou renversés, les roches sont généralement plus cohérentes et plus cristallines que celles des contrées où elles sont restées en couches horizontales, et, comme elles se rapprochent beaucoup plus que celles-ci des roches métamorphiques, on attribue aussi leurs propriétés à une action métamorphi<|Ue que M. Daubrée a appelée rcf/i nale, parce que, au lieu d'être restreinte h de petites portions de roches, elle s'étend sur de vastes étendues. Cette action métamorphique, plus générale, est moins évidente et moins facile i concevoir que celle qui s'est opérée au contact des roches en fusion ; aussi n'aurait-on peut-être jamais pensé i l'admettre, si l'on n'y avait été conduit par l'observation du métamorphisme de contact; mais on ne peut plus contester son existence depuis que l'on a reconnu qu'un même dépôt composé de craie, de sable et d'argile dans une plaine en couches horizontales, passe à l'état de marbre, de quarzite et de schiste satiné dans une montagne en couches disloquées, état de choses que M. Elle de Beaumont a ingénieusement comparé à un tissu à moitié charbonné. Du reste, une lois que l'on a reconnu que des émanations de l'intérieur ont pu modifier des portions de roches, on peut concevoir que les phénomènes qui ont soulevé et disloqué de grandes parties de l'écorce terrestre, ont produit une chaleur et des émanations suffisantes pour que l'action métamorphique se fît sentir sur tout le massif disloqué. Lorsque l'on a commencé à faire ce rapprochement, on assimilait entièrement cette action au métamorphisme de contact, et on l'attribuait à l'action immédiate des roches éruptives qui avaient traversé soulevé des dépôts disloqués ; mais, comme il existe des contrées où la tiansformation a eu lieu sans que l'on y aperçoive des roches éruptives, et que l'on voit souvent de ces roches qui ont traversé les masses stratifiées sans que les parties de ces dernières qui avoisinent les premières soient différentes de la masse principale, on doit reconnaître que la modification est due à une action plus générale que celle do l'injection dos roches éruptives. On conçoit d'ailleurs que quand celles-ci, en crevassant l'écori^e terrestre, parvenaient jusqu'au jour, elles perdaient bientôt une partie do leur chaleur, et que les émanations gazeuses qui s'en échappaient se dissipaient dans I atmosphère, tandis que, quand le massif de roches stratifiée-l mettait un obstacle au passage du liquide intérieur, la chaleur dont celui-ci était doué, et les matières gazeuses qui s'en échappaient, devaient exercer une action beaucoup pins générale sur la masse qui faisait obstacle à leur passage.
On voit par ce qui précède qu'il ne doit pas exister do limites tranchées entre, les roches métamorphiques et les autres matériaux qui composent l'écorce du globe, lin effet, l'action métamorphique partant du point de contact des matières cjaculces avec celles qu'elles traversaient, on conçoit que ses effets doivent aller en diminuant d'une manière presque insensible; de sorte qu'il doit être souvent impossible de savoir où elle s'est arrêtée, d'autant plus qu'il y a encore d'autres causes, notamment la pression, qui peuvent modifier les caractères originaires des dépôs.
Les phénomènes du métamorphisme donnent .lussi une explication très facile de l'origine des minéraux duséminis dans des roches d'une autre
MÉTÉOROGNOSIE
METEOROGNOSIE
nature ; ou, pour mieux dire, la formation de ces minéraux n'est qu'une simple conséquence du méianiorpliisme; car, si la clialeur a dilaté les roclies préexistantes et permis l'iniroduction dans leur sein d'émanations de natures différentes, le jeu des a'fiiiités a du donner naissance à la format-on de cristaux divers, de même que, dans nos chaudières de cristallisation et dans nos fourneaux de fusion, nous voyons se former des cristaux de diverses naiures. Cette manière de voir explique pourquoi' les minéraux disséminés sont si rares dans les dépôts neptuniens non motamorplii(|ues, et pour(|Uoi ceux que l'on rencontre dans les dépôts métamorpliiques ont en général beaucoup de rapport avec ceux qui se trouvent dans les roclies plutoniennes. Il est à remarquer b. ce sujnt que, dans les roches trappéennes et au voisinage de ces roches, il s est principalement formé des hydrosilicates, tandis que ce sont des silicates anhydres qui se trouvent dans les granités et dans les dépôts voisins des granités.
Les changements résultant de l'introduction de principes étrangers dans des roches préexistantes ont aussi donné les moyens d'expliquer le nlivement r/px conclies qui recouvrent certains amas lenticulaires, notamment ceux de gypse enfermes dans des marnes triasiques. En effet, le calcul démontre que si du calcaire est transformé en gypse, celui-ci prend un volume beaucoup plus considérable que celui du calcaire. Or, lorsqu'on voit que l'eau, en se congelant, brise les vases les plus lenaces, et que de simples racines d'aibros soul('venl des pierres d'un grand poids, on conçoit que le gonflement éprouvé par le calcaire Iran.sformé en gj'pse puisse relever et même renveiser les couches qui le recouvr, lient.
Enfin le métamorplii-mn ■ i nibiné avec les mouvements (|ue les soulève'ii''nts ont imprimés aux dépôts, donne les moyens de concevoir l'origine de la fo inlion, c'est-à-dire des feuillets schisloides contrastant avec la direction des couches, ainsi que cela a lieu si fréquemment dans les ardoisières des Ardennes; fait dont il était impossible de se rendre raison, car si ces feuillets résullaiint du dépôt successif des sédiments, leurs plans auraient dû et le parallèles 00 peu 0bli(|ucsà ceux des couches qu'ils forment. On conçoit au contraire, et l'expérience a prouvé, que réchauffement d'une roche dihitjnt lies molécules donne à celles-ci de I aptitude à glisser les unes sur les autres lorsque la roche est mise en mouvement sons une forte prnssinn, et qu'il peut en résulter la formation d'une texture feuilletée dont les joints de clivage sont parallèles à la direction de ce mouvement.
Actuellement, un ceitain nombre de géologues regardent comme métanrorphiqucs un grand ensemble do roches cristallines stratifiées situées au di'ssous de tous les terrains sédimentaires à fossih's; mais nous préférons les considérer encore comme le résultat de la consolidation h'Ute des parties les plus extérieures du globe terrestre et 1rs décrire sous leur ancien nom do lenvihts primitifs *. [V. Raul n.]
HIKTAVAr.!'.. — ■y. Exploitn'inn (Si/slè'nes d').
AIÉ'I KOliOL-oroSli:. — Météorologie, XX. — Art de prévoir les changements de temps d'après certains signes ou pronustici.
l'r,.i}iislics founiis i,a<- l'homme et Ifs animaux — Un grand nombre de personnes dont le système nerveux a acc|uis un c rtain degré d'irrita bilité soit par suite de maladies ou d'affections rhumaiisraalfs, soit par alTaiblisscmeiit du système musculaire ou sanguin, soit par toute autre cause, ^c^scntl•llt fréquemment des indispositions plus ou moins graves aux époques de changement do temps. A l'approche de la pluie, les hirondelles rasent la terre de leur vol, les lézards se cachent, les chats se fardent, les oiseaux lustrent leurs
! plumes, les mouches piquent plus fortement, les i poules se grattent et se couvrent de poussière, I les oiseaux aquatiques battent des ailes et se baignent. Tous ces actes se rattachent à des causes diverses : l'accroissement de chaleur et le calme humide qui précèdent l'arrivée des orages, les mouvements électriques de l'atmosphère, tout aussi bien que l'arrivée de la pluie. Tous ces pronostics n'ont donc de valeur pratique que si une observation attentive et prolongée a permis de leS' rattacher à l'état de l'atmosphère et h ses variations. L'emploi des instruments donne une base plus précise à ce travail de comparaison, sans eil' I diminuer la nécessité.
l'ionosHcs généraux. — Sur la surface de l'Eu- I rope, les variations du temps sont sous la dépendance des fluctuations du courant équatorial, (V. Cimrantsaérvnsit man?;sl, etdcs mouvemcnt& tournants qui s'y succèdent à de courts intervalles , (V. Oriiges, Tenij ê es. : Le ciel y est généralement I couvert ou nuageux sur le trajet du courant équatorial : d'autant plus qu'on est plus près des côtes ou qu'on est plus élevé sur le versant occidental des massifs mintagneux; d'autant moins qu'onest plus avant dans l'intérieur des terres ou qu'on est mieux abrité par les montagnes. Le ciel est pur dans les régions oii sont établis les courants de retour ou courants polaires ; il e^t encore beau, mais d'une manière moins constante, dansla région comprise entre le courant équatorial et le courant polaire.
Les massifs montagneux produisent des déviations quelquefois considérables dans le courant équatorial ou polaire, et il est nécessaire d'en tenir compte dans chaque région de la France. Chaque branche dérivée dunneia lieu à des probabilités de pluie d'autant plus ^irandes qu'elle marchera de régions plus chaudes vers des régions plus froides ou qu'elle gravira ries pentes plus prolongées. Les probabilités se changeront presque en certitude à l'approche de chaque bourrasque tournante, forme sous laquelle se présentent à peu près toutes les perturbations atmosphériques de 1 Europe.
Il est presque sans exemple qu'un mouvement tournant de lair ait abordé l'Europe sans y semer des pluies, et qu'une pluie un peu importante survienne sans se rattacher au passage plus ou moins proche ou lointain d'un mouvement tournant. Ces derniers sont accusés, sur le bulletin météorologique quotidien, par la forme concave, dirigée vers le centre du mouvement, que prennent les lignes d'égale pression barométrique à la sur- , face de notre continent — V. l'rei ixion du temps. ! Le passage d'un mouvement tournatit en vue d'un lieu donné ne dure généralement qu'un petit nombre de jours; les pluies qu'il amène sont encore moins prolongées, surtout en été ; mais ces phénomènes se suivent souvent à des intervalles rapprochés, et l"ur ensemble peut constituer toute une saison ou toute une année pluvieuse. Les orages suivent la marche des pluies. Il ne s'en forme jamais dans la région occupée par le courant polaire, mais seulement dans le courant équatorial. Quelquefois cependant il s'en forme dans la branche descendante de ce dernier courant vers le sud, alors que, limité dans son expan.sinn sur l'Europe, il pénètre au travers de l'Allemagne ou de la France sur le bassin de la Méditerranée.
l'ronoslics tiies du bnrnmelre. — La hauteur du baromètre en un lieu varie avec la direction ducourant général qui règne en ce lien et (|ue les girouettes accusent d'une manière beaucoup moins sûre que la niaiclie des nuages. Cette hauteur est moindre que la moyenne quand on est en plein courant éipiatorial ; elh- augmente gradnellemeiit quand on s'approche do la rive méridionale du lit de ce courant; elle est supérieure à la moyenne-
METEOROGNOSIE
METEOROGNOSIE
■quand on est placé en (lel)or3 du courant, dans la concavité de l'orbe qu'il décrit, entre le courant équalorial ot lo courant de retour ou courant polaire. L'iiscillation des courants oquatorial cl polaire il la surface de l'Europe produit donc des oscillations correspondantes dans les hauteurs du baromètre ; mais ces oscillations sont généralomi'ut progressives et à longues périodes, durant plusieurs semaines, quelquefois des mois entiers. Les périodes de pression barométrique généralement basse ne sont pas continues, elles sont entrecoupées par des iiausses barométriques accidentelles et temporaires dont cliacune se rattaclie au passage d'une bourrasque avec retour ou recrudescence du mauvais temps. Ctiaque bourrasque tournante est, en effet, précédée et suivie d'une hausse barométrique; elle est accompagnée d'une baisse qui atteint son maximum au centre môme de la bourrasque. L'oscillation accidentelle qui en résulte dans la hauteur du baromètre est d'autant plus brusque et plus profonde que le centre do la bourrasque pa.sse plus près de nous et que la perturbation est plus intense.
En suivant la marche du baromètre, on reconnaîtra, par un retour à la hausse succédant i une baisse, que le centre de la bourrasque, après s'être approché de nous, commence h s'en éloigner.
Le baromètre est donc l'instrument par excellence de la prévision du temps en France; mais il est nécessaire de se familiariser avec ses indications par une pratique de tous les jours. On peut y employer soit un baromètre à cadran, ancien système, soit un baromètre métallique, anéroïde, holostérique, etc. On ne doit jamais s'en tenir à ses indications actuelles ; mais consulter ses mouvements, en partant, autant que possible, de sa hauteur moyenne dans le lieu où il est placé.
Dans les périodes de beau temps, le baromètre, généralement haut, varie peu. Sa baisse peu prononcée indi(|ue une bourrasque passant au loin dans le^ nord, mais sans nous atteindre. Si la baisse s'accentue et se prolonge, c'est que lo courant équalorial s'approche de nous amenant des temps variables et souvent des pluies. Les signes barométriques acquièrent alors des valeurs très inégales suivant qu'on est en plein été, dans une période de temps orageux, ou bien qu'on est entré dans la saison froide, de l'automne au printemps, époque des tempêtes. Dans cette dernière ■les oscillations du baromètre sont profondes. Dans la première, au contraire, elles sont faibles et les plus forts orages arrivent souvent quand le baromètre est à sa hauteur moyenne. Toute baisse du baromètre dans les périodes de temps variables indique une tendance à la pluie, mais l'arrivée de celle-ci est généralement précédée 4'un ou deux beaux jours. Toute hausse du baromètre indique une tendance au beau temps, mais souvent précédé de pluies peu durables. Le baromètre continuant à mor.ter, le beau temps s'accentue; mais si le vent des nuages, qui a lourtié vers l'ouest ouïe nord ouest, cesse de continuer à gagner le nord et le nord-est, surtout s'il rétrograde vers l'ouest, ce n'est qu'un répit : une nouvelle bourrasque suit la première et, produira la même série d'effets.
Pronnstics tvés du thermomètre. — En hiver, la température est généralement douce sur le trajet du courant équatorial, en même temps que le ciel est couvert ou pluvieux. Sur celui du courant polaire elle est au contraire d'autant plus froide que ce courant vient de plus l"in dans le nord-est. Entre les deux courants, l'air est calme, le ciel souvent brumeux; le froid moins vif est plus humide et plus désagréable.
Durant l'été, la température baisse au contraire •en plein courant équatorial sous l'action das nua-
ges et dos pluies. Le courant polaire est chaud et sec ; l'évaporation qu'il produit à la surface de notre corps nous aide à supporter la chaleur; mais la sécheresse jointe à une grande lumière amènent quelquefois le hâle des récoltes. Entre les deux courants l'air est calme, chaud et humide ; la chaleur devient pénible. Les fluctuations du courant équatorial vers le sud ou le nord amèneront donc des fluctuations correspondantes dans la température d'un même lieu, mais elles sont généralement à longues périodes. On les retrouve encore en plein courant équatorial, mais elles y sont dues aux bourrasques tournantes et elles ne durent alors que quelques jours, sauf à se renouveler à des intervalles plus ou moins rapprochés. Sur chaque disque tournant de l'air, la température est à son maximum sur le demicercle méridional et antérieur, là où les vents soufflent d'entre sud-est et sud-ouest; elle est à son maximum dans le demi-cercle septentrional et postérieur, lioii les vents soufflent d'entre oueslet nordest. Le passage d'une bourrasque tournante estdonc précédé d'une hausse du thermomètre en même temps que d'une hausse du baromètre; mais le baromètre a déjà commencé à descendre que la température continue à monter. Ce passage est suivi d'une baisse du thermomètre en même temps que le baromètre se relève. C'est alors que les gelées blanches sont particulièrement à craindre dans le printemps. Succédant à une période de quelques jours humides et chauds, elles trouvent de jeunes pousses pleines de sève nouvelle et très sensibles au froid.
Si, malgré la hausse du baromètre, l'air reste tiède, lèvent rétrogradera vers l'ouest. C'estqu'une nouvelle bourrasque suit la première : le beau temps sera de courte durée.
Le thermomètre employé peut êlre un thermomètre à alcool, qui est d'un prix peu élevé; autant que possible on le place au nord; s'il est adossé à un mur, il doit en être écarté de 10 à Vl centimètres. La température la plus basse de chaque nuit est celle à laquelle M. do Gasparin attachait le plus d'importance. Elle est donnée par le thermomètre à minima à alcool, que l'on pose dans une position presque horizontale, le réservoir un peu plus bas que l'extrémité opposée, et qu'on redresse chaque jour après la lecture, pour remettre l'index en contact avec l'extromiié libre de la colonne liquide.
D'après M. de Gasparin, le vent soufflant de la région cliaude et humide, si la température minima de la nuit s'abaisse, la pluie est très probable pour le jour môme ou le jour suivant.
Si cette température minima s'élèvo pendant que régnent les vents froils et secs, ces derniers sont près de leur fin, et il peut y avoir pluie par rentrée des vents du sud. La fi,xité des minima annonce la continuité du môme temps.
Les minima haussant graduellement annoncent que l'air devient moins sec, qu'il se sature de vapeur et qu'on marche vers la pluie. L'inverse a lieu quand le ciel tourne au beau temps.
Pronostics lunmres. — Parmi les dictons les plus enracinés dans le peuple se trouvent ceux qui s'appuient sur les phases de la lune ; ce sont aussi les plus controversés parmi les météorologistes. Il en est ainsi en particulier de la lune rousse. Cette lunaison coïncide à pou près avec la période critique des gelées tardives. Elle a longtemps tenu lieu pour les cultivateurs d'almanach et d'instruments météorologiques ; et on l'a considérée comme la cause des faits dont elle n'est que le témoin accidentel. Quand la lune brille, le ciel est clair; quand le ciel est clair, le refroidissement nocturne est intense au printemps et les gelées blanches sont à craindre, surtout si elles succèdent à une période de jours pluvieux
METEORE
METEOROLOGIE
et chauds. L'action de la lune sur le baromètre, sur le tliermomètre, sur la pluie ou l'état du ciel, est tellement problématique qu'il est à peu près impossible de la constater par des chiffres pri^cis et que les résultats obtenus changent ou se renversent d'un lieu à l'autre ou d'une année à l'autre. La crédulité publique a étendu l'influence des phases lunaires à toutes les opérations agricoles, h tous les actes de la \ie des champs. Avec M. de Gasparin, l'un de nos plus grands agronomes, not;s dirons aux personnes les plus prévenues en faveur des influences lunaires : Ou vous pensez que ces influences résident principalement dans les modifications qu'elles impriment à l'atmosphère et, par contre-coup, à la végétation ; alors simplifiez votre tâche : adressez-vous aux résultats sans remonter aux causes, consultez, pour planter, semer, récolter, etc. .l'état du terrain ft l'état du ciel, sans vous préoccuper des phases de la lune. Ou bien vous croyez que la lune agit par elle-même sur la plante, sur la marche occulte de la sève, etc. Cette opinion a été soumise à de nombreuses vérifications, fondées sur des données précises régulièrement enregistrées et non sur de fugitifs souvenirs, et rien n'est venu en confirmer l'exactitude. Les concordances et les discordances se présentent toujours en égal nombre et de valeurs semblables, et on en trouve l'explication dans les faits purement météorologiques et nullement dans les phases lunaires. [Marié-Davy.]
MÉTÉOBE. — Météorologie VU et XIII. — Étym : du grec météôros, élevé. — Dans le langage des météorologistes, ce mot s'applique à tous les phénomènes qui se produisent dans l'atmosphère. Les nuages, la pluie, la neige, sont des météores aqueux, comme l'arc-en-ciel ; les couronnes, les étoiles filantes sont des météores lumineux. — V. Méténrotoqic, Phénon,è?tes optiques de l'atmosphère.
HÉTEORITES. — Nom primitivement donné aux pierres tombées du ciel. — V. AéiolUlies.
MÉTÉOROLOGIi;. — La météorologie ou science des météores a pour objet l'élude des variations du temps et des climats, ainsi que la recherche de leurs causes et de leurs effets.
La météorologie est très ancienne. Dès le commencement des temps historiques, on trouve dans les traditions des peuples les moins civilisés quelques notions de météorologie particulièrement applicables à la prévision des changements de temps; dans les ouvrages des peuples de l'antiquité classique, on rencontre une foule d'observations et de lois météorologiques consignées avec soin.
Malgré cette origine reculée, et malgré ses rapports continuels avec l'astronomie, la météorologie est encore peu avancée. C'est qu'elle est essentiellement une science d'observation portant sur des faits d'une mobilité extrême, et que pendant de longs siècles les observateurs, dépourvus de tout moyen de mesure, devaient s'en tenir à l'examen du ciel et des vents et aux impressions fugitives et changeantes que les interrpéries exercent sur nos organes. Ses progrès les plus marqués datent d'une époque récente.
L'invention du thermomètre * à la fin du seizième ou au commencement du dix-septième siècle ; celle du baromètre* vers le milieu du dix-septième siècle, ont déjà permis de substituer des évaluations précises aux indications vagues qui les avaient précédées, et d'agrandir le champ des observations. Avec le pluviomètre, dont l'usage est à peu près contemporain des deux premiers, et la girouette, dont l'origine est très lointaine, on a l'ensemble des quatre instruments principaux qui ont longtemps suffi à l'étude générale des climats du g!obe et des intempéries des saisons. Aujourd'hui encore ils forment la base du travail des avertissements météorologiques en usage dans la plupart des pays civilisés. Mais si leurs indications, augmentées de
celles que fournit l'examen direct de l'état du cie!, peuvent conduire à la découverte des causes des variations du temps, elles sont insuffisantes pour en faire connaître les effets sur la végétation ou sur la santé publique. Ici, le champ de l'observation s'élargit et se transforme. Pour discerner quelles sont les données météorologiques réellement actives sur la végétation, quelles seront les conséquences immédiates ou lointaines des allures d'un climat ou d'une saison sur les cultures engagées ou sur celles qu'il convient d'entreprendre, les rapprochements vagues, indéterminés ne peuvent conduire qu'à l'erreur ; l'étude exacte de la marche des cultures doit être constamment associée à celle de la marche des saisons : les mesures doivent y être faites avec un égal soin. On constate alors que les résultats ordinaires fournis par le baromètre, le thermomètre, le pluviomètre, la girouette et l'inspection du ciel sont incomplets au point de vue agricole ; qu'il est un autre élément aussi essentiel à évaluer que la chaleur et l'humidité : c'est la lumière que le ciel nous départit en proportions très variables. L'éclairement des plantes ne peut pas être évalué avec quelque précision par la simple inspection des nuages; on le mesure exactement avec Vacti?w»iètre.
Même augmenté de l'actinomètre, le matériel d'observation du météorologiste est donc encore très simple ; mais la valeur du tr ivail qu'on en tire au point de vue de la science ressort principalement de la réunion et de la discussion de l'ensemble des données similaires recueillies sur la plus grande étendue possible de la surface du globe.
La théorie de la plupart des phénomènes météorologiques, envisagés en eux-mêmes et sur place, est déjà très avancée grâce aux travaux des physiciens. C'est l'étude de leur origine, de leurs causes, de leurs effets qui laisse le plus à désirer. Déjà, cependant, llumboldt, en réunissant les observations de température connues de son temps, a pu figurer sur une sphère terrestre le mode général de répartition de la chaleur à la surface du globe. Berghauss, à l'aide des relevés de pluie également épars, a pu construire une carte approximative de la répartition des pluies sur la terre, en sorte que l'on connaissait déjà deux des éléments de la distribution géographique des plantes libres et des cultures.
Maury, en compulsant un nombre considérable des livres de bord tenus par les marins pendant leurs traversées, a pu reconnaître et figurer sur des cartes le mode général de circulation de l'atmosphère sur la surface des océans ; il a pu en même temps tracer aux navigateurs les routes les plus courtes en durée pour se rendre d'un point à ui> autre ; et les traversées les plus longues ont été abrégées de plus d'un tiers. 'Tous ces grands travaux d'ensemble, plus ou moins imparfaits à l'origine, se complètent peu à peu. Ils constituent de grands progrès qui en appellent d'autres.
Pour reconnaître la nature des liens intimes qui unissent entre eux les divers climats du globe ; pour trouver l'origine, la cause, la nature, le mode de progression et les signes précurseuis des perturbations atmosphériques auxquelles nous sommes exposés, les observations faites à des dates indéterminées sur les divers points de la terre et des mers ne suffisent pas; il y faut, de plus, la simultanéité de ces observations permettant la construction de cartes synoptiques du temps dressées chaque jour, afin de figurer l'état général de l'atmosphère à un même instant, et de suivre les changements qui s'y produisent d'un jour à l'autre. Plus les régions embrassées gagnent en étendue, plus il convient au début de limiter les données employées et de les réduire à celles qui ont lo plus d'importance au point de vue du travail entrepris.