V. GnOUPE llES CHL0ni:RES, FLLOHURES. — LcS
deux chlorures métalliques véritablement importants sont celui d'argent et celui de cuivre. Le dilorure d'argent, argeiil corné, kérar.iyre des minéralogistes, est incolore et transparent à l'état Irais ; mais, sous l'influence de la lumière solaire, il devient gris, puis brun, enfin noir. Les cristaux très rares de cette espèce appartii'nnent au système cubique. Le chlorure d'arac^ni se coupe facilement à l'aide d'un couteau, qui en détache des copeaux ayant la translucidité de la corne. Ce minerai, qui renferme argent 75,25 et chlore 21,75, se rencontr" en petites masses, en enduits, en croûtes, môle à des sulfures argentifères, surtout dans les mines du Pérou, du Chili et du Mexique.
hatacamite est un oxychlorure de cuivre d'un beau vert émeraude, qui se trouve dans le désert d Atacamaen Bolivie, en masses cristallines assez considérables pour être traitées comme minerais de cuivre.
Les autres chlorures ou fluorures les plus importants sont le sel gemme et la fluorine. Le set yemme, ou chlorure de sodium, cristallise en cubes, en cubooctaedres; il se présentP, en masses quelquefois limpides, à clivages cubiques, ou colorées en bleu, en vert, par des matières organiques, en rouge par un oxyde de fer; il forme des dépôts souvent considérables dans le silurien des États- Unis et dans les terrains permiens ou triasiques
du Mansfeld, du Tyrol, du versant fran(;ais de, la chaîne des Vosges et du versant allemand de la ForOt-Noire, dans le crétacé d'Algérie, dans le tertiaire de Wieliczka en Pologne, de Cardona en Espagne. La fluoriiin, fluorure de calcium (CaFl), est une substance do filon. Elle sert de gangue à beaucoup de sulfures métalliques, pyrite, galène. Elle est ou cristallisée en cubes différemment modifiés, ou en masses cristallines k clivages parallèles aux faces de l'octaèdre régulier. Elle offre à peu près toutes les couleurs du spectre. On croit que les vases murrhins si célèbres dans l'antiquité, promenés par les Homains du siècle d'Auguste et des suivants avec la plus grande pompe dans leurs triomphes, étaient faits de cette jolie maiière. On en fabrique encore vn Angleterre des coupes et des objets d'ornement d'un assez grand prix; les variétés violettes sont les plus employées. Quelques minéralogistes modernes pensent que les vases murrhins étaient en améthyste.
VI. Ghoupk des silicates. — Un petit nombre renferment assez d'oxydes métalliques pour être classés parmi les minerais; mais il se rencontrent en cristaux disséminés ou en masses de peu d'importance ; en outre le traitement de la plupart d'entre eux serait difficile ou trop coûteux par rapport au prix du métal qu'on en retirerait; aussi figurent-ils plutôt parmi les objets de collection, et parmi les espèces qui intéressent les savants ou les amateurs que parmi les matièresindustrielles. lieux silicates pourtant ont do l'importance à ce dernier point de vue : l'un est un minerai de zinc, l'autre un minerai de nickel.
Le silicate hydraté de zinc, appelé calamine, et contenant 07,5 d'oxyde do zinc, 25 de silice et 7,5 d'eau, forme des masses cristallines, fibreuses, mamelonnées; les cristaux, dont les formes peuvent être rapportées à un prisme droit à base rhombique, portent des facettes dissemblables aux extrémités d'un môme axe. Cet axe est eu même temps pyroélecirique, en ce sens qu'il présente des pôles électriques de noms contraires à se» deux extrémités, lorsiiu'il a été porté à une température un peu élevée.
Le stlicnte de nicket, utilisé pour l'extraction de ce métal, est un composé de silice, de magnésie, de nickel et d'eau, que M. Garnier a découvert à la Nouvelle-Calédonie, où le minerai est répandu en amas considérables dans des serpentines. C'est une matière tendre, facile i rayer avec la pointe d'un burin. Elle est d'un beau vert émeraude, lorsqu'elle est riche en nickel ; elle en contient alors jusqu'à 34 p. 100 ; elle est d]un vert pomme lorsqu'elle est pauvre. On en a distingué deux espèces appelées l'une garniérite, l'autre no«niéite, aussi mal définies scientifiquement l'une que l'autre. Les deux espèces proviennent des environs de Kanala, et non de Nouméa, comme pourrait le faire croire un de leurs noms.
VII. GiiooPE DES CARBONATES. — Lcs carbouatcs sontsolubles avec efl'ervescence dans les acides, au moins à une température inférieure à celle de l'ébullition. Il y a dans ce groupe quelques minerais fort utiles et d'un traitement assez simple ; car il suffit de les chauffer en présence du charbon pour en extraire le métal. Plusieurs cristallisent dans le système rhoniboédrique ; ils sont appelés isomorphes h cause de la double analogie de leurs formes cristallines, surtout de celle donnée par le clivage, qui est pour tous un rhomboèdre d'environ l(i6°, et de leur constitution chimique qu'on peut toujours ramener à la formule M0C02(CM0' dans la notation atomique).
Le carbonate de fi^r (FeOCO^), sidérose ou fer spulliiffue, est d'un gris clair, tirant d'ordinaire sur le jaune ou même sur le brun, lorsqu'il est altéré. Il se présente en masses cristallines, facilement clivables, en cristaux dans les filons. Mêlé de ma-
titres argileuses, il so rencontre dans les couches du terrain houiller, en rognons plats, ovoïdes, qui renferment ordinairement dans leur intérieur des débris d'animaux de cette époque, de sauriens par exemple.
Lecarbonate de z\nc{ZnOCO^)onsnntli>:oniie,est associé i la calamine dans les gisements de la Vieille-Montagne. 11 constitue à lui seul de riclies dépôts dans les mines du Laurium, en Grèce, que les anciens ont exploitées au temps de Périclès pour la galène argentifère qui s'y trouvait mêlée. L'argent extrait de cette galène a fait la fortune des Athéniens.
Le carbonate de manganèse (MnOCO*), dialloqile des minéralogistes, est fort peu abondant.
Le carbonate de plomb (PbOCO*), céi use, a une formule chimique du môme type que celle des carbonates précédents; mais il cristallise en prismes droits àbaserhombique ; au chalumeau, sur le charbon, il perd son acide carbonique, son oxygène, et donne un globule de plomb métallique.
Enlin, deux carbonates de cuivre hydraté, l'un bleu appelé azwite, ou shessylithe, et cristallisé en prismes obliques àbaserhombique; l'autre, d'un beau vert, ordinairement concrétionné ou mamelonné, qui porte le nom de mulaciiite, tels sont les principaux carbonates qui fournissent des minerais. La malachite, à cause de sa belle couleur, est souvent employée dans l'ornementation, surtout dans les mosaïques ou en incrustations.
Nous traitons au mot Pierres des alu minâtes, silicates, carbonates, phosphates et sulfates en général, des services que rendent leurs espèces principales, du rôle qu'elles jouent dans la nature, et particulièrement dans la constitution de l'écorce solide du globe terrestre; nous y parlons également des pierres précieuses.
[Edouard Jannettaz.]
MODERNES (TEMPS). — Histoire générale, XXXIX-XL. — On fixe ii l'année 1453 le terme du moyen âge. Il serait plus exact de prolonger le moyen âge d'un demi-siècle et de dater de l'année 15(j0 le commencement des temps modernes. En France, en Angleterre, en Allemagne, les grands Etals d'alors, l'année 14j3 ne termine rien: en Orient, l'Empire byzantin succombe, mais son agonie avait commencé le jour où les Ottomans mirent le pied en Europe En 1,S00, au contraire, on voit poindre une révolution dans les croyances et une révolution dans les lettres ; on peut prévoir les conséquences inévitables de la double révolution déjà accomplie, dans la politique par la victoire de la royauté sur l'aristocratie, dans les relations sociales et économiques par les inventions et les découvertes nouvelles. La Réforme se prépare, la Renaissance commence, la Féodalité est vaincue, l'Amérique est ouverte : voilà des événements autrement Importants que le bombardement de Constantinople par Mahomet II et l'établissement d'un camp turc sur terre chrétienne.
Cette constatation faite, nous adoptons la date de 1453; elle est arbitraire, mais elle est en usage dans l'enseignement, et employée dans la langue courante.
S'il est difficile de préciser l'année exacie où commencent les temps modernes, il est plus malaisé encore de leur assigner un terme et de dire quel événement et quel jour marquent le début de ce qu'on appelle l'histoire contemporaine. Supprimons donc cette distinction vaine, et réunissons dans un récit ininterrompu les quatre siècles qui nous séparent du moyen âge ; montrons les vieilles institutions ébranlées, les vieilles opinions battues en brèche, l'ancienne unité catholique rompue, la société féoiiale dissoute. En Allemagne, en France, en Angleterre, la lutte est ouverle, encore incertaine dans sa marche, hésitante dans ses principes, mais fort nette dans son but, contre le système po-
litique et religieux qui a prévalu de Constantin à saint Louis. Cette lutte, qui s'appelle la Réforme au XVI" siècle, la guerre de Trente ans ou la Révolution d'Angleterre au xvii' , la Révolution française au xviii*. elle se poursuit sous nos yeux, au xix'. et elle ne semble pas près de son terme. Nous allons eu esquisser les traits principaux, en montrer les cons-équences plus sensibles de siècle en siècle, prouver que tout a concouru depuis quatre cents ans, malgré des apparences contraires, des haltes prolongées, des pas en arrière, de cruels malheurs publics et privés, au développement de l'esprit humain, au progrès de la moralité humaine. 5
Dans la seconde moitié du xv siècle une importante révolution s'accomplit en Europe : la monarchie absolue triomphe de la féodalité. Cette victoire fut chèrement disputée et la noblesse féodale ne fut pas seule vaincue; de précieuses libertés succombèrent avec elle.
Dans aucun pays le triomphe de la royauté ne lut plus complet ni plus inattendu qu'en Angleterre. Au sortir de la guerre des Deux Roses, le roi reste seul debout sur les ruines de l'aristocratie décimée par les boucheries de VVakefield, Towton, Barnet et Tewkesbury. Un prince habile, mais sans grandeur, le cupide Henri Tudor, vainqueur de Richard III à Bosworth (1485), réconcilie par son mariage avec l'héritière d'York les deux roses rivales et règne en despote. L'aristocratie, réduite de 53 à 29 lords, perd en 1487 le droit de maintenance, en 1492 celui de substitution. Henri VII choisit ses ministres, un Epsom, un Dudley, parmi les gens de rien, comme fait Louis XI, et amasse, à force d'extorsions, un trésor de 300 millions. Son autorité en Irlande comme en Angleterre est sans bornes. Le gouvernement anglais est entré dans la voie de l'absolutisme, qu'il suivra pendant un siècle et demi; le parlement et la nation ne songeront à revendiquer leurs droits qu'à l'avènement de la dynasi ie impopulaire des Stuarts.
En Ecosse, la nature même du sol, sans parler des traditions d'indépendance, explique l'acharnement de la lutte entre les rois et la noblesse : les Ross, les Grampians, recèlent des tribus indomptées ; les îles n'obéissent qu'au Lord des lies. Jacques II Stuart (1437-1460) poignarde de sa main Guillaume de Douglas et organise la Cour des sessions. Jacques III (li60-1488) est vaincu à Bannock Burn par une ligue des seigneurs et assassiné après la bataille. Jacques IV (1488-1513) établit des cours de justice royale dans le Nord et soumet les Hébrides.
En France, Charles VIT et Louis XI poursuivent et atteignent le même but par des moyens bien différents.
Charles VII accepte et fait siennes (1445-14o3) les réformes financières de 1355 et 1413, établit un budget (14431, met un terme au désordre judiciaire par l'ordonnance do Montils-les-Tours (1453), fait rentrer dans le devoir l'Université et ses 20,(iOO écoliers trop souvent déchaînés. Faible et indolent par nature, il sut se montrer vigoureux et actif contre les seigneurs; il les attaqua de front par l'établissement de la taille royale (1439), la création d'une infanterie (1448) et dune cavalerie (1450) permanentes.
Louis XI fit le bien à coup de hache, et le mal aussi volontiers que le bien. Après les fautes de son début (traités de Conflans et Saint-Maur) U se montre plus prudent, sait avancer ou reculer à, propos, signe le traité d'A"cenis, les trêves d Amiens, de Senlis, de Soleure, enlevé Commines, l'historien, à son colérique rival, Charles le feme- 1 aire, et après les défaites du duc de Bourgogne à Grandson, h Morat, à Nancy, couronne sa lutte contre le dernier représentant de la grande féodalité par le traité d'Arras (148.'). Fils dénature,
mauvais père, frère barbare, voisin perfide, Louis XI, s'il ne fut ni un bon roi, ni un grand roi, fut un souverain de ferme volonté et un des fondateurs de la France moderne.
Son successeur (1483), « jeune homme de peu de sens, plein do son vouloir et peu accompa^nd do sages gens «, était faible et sans culture d'esprit ; mais l'œuvre paternelle fut continuée par madame de Beaujeu, « la moins folle femme du monde. " Chaque jour le pouvoir royal établissait plus solidement sa suprématie. Louis XU (l498) justifia cet accroissemciit d'autorité par un gouvernement bienfaisant, d'allure moins despotique en apparence, aussi absolu au fond.
La révolution que nous étudions fit perdre à l'Espagne quelques libertés, mais surtout une prospérité, une intensité de vie que la monarchie absolue n'a pas su lui conserver, qu'elle cherche encore à travers les convulsions de son histoire contemporiiine.
Ferdinand le Catholique, souple et ferme, prudent jusqu'à la méfiance, fin jusqu'à la fausseté, est le digne contemporain des Louis XI et des Borgia : il s'appuie sur la bourgeoisie contre les seigneurs, dépouille les grands de leurs terres, introduit l'étiquette qui oblige les nobles à plus de déférence, proscrit les guerres privées (1-iSS). Isabelle, plus noble, plus fière, plus généreuse, soutient ou relève Gonzalve de Cordoue, Christophe Colomb, tous les hommes supérieurs victimes des défiances ou des jalousies de Ferdinand. L'union politique des deux époux donne k l'Espagne I unité territoriale, l'unité de gouvernement, l'unité religieuse assurée par res|)ulsioii des juifs, la prise de Grenade etl établissement (lel'inquisitionl 1478)
A la mort d Isabelle (1504), Ximénès de Cisneros, cardinal, grand inquisiteur et gouverneur de Castille, acheva d'affranchir la couronne de la tutell-î des grands vassaux en « écrasant leur fierté sous .ses sandales, n
A Lisbonne, le féroce Jean II (148I-I48.S) confisque tous les privilèges de l'aristocratie, poignarde
Au nombre des pays soumis de nom à cet Empire, il faut citer l'électoral de Brandebourg, luoins pour son importance au xv" siècle que pour sa future grandeur; la ligue helvétique, indépendante de fait depuis cent cinquante ans ; l.i Bohême, tour k tour réunie à la Hongrie et à la Pologne. Cette dernière est encore la première puissance du Nord ; elle vient de soumettre la Prusse et de pénétrer jusqu'à la Baltique. Les héritiers de Casiiuir JV (1445-119;') régneront à Varsovie, à Prague et à Pesth.
A lextrémité orientale de l'Europe, Ivan Vasilievitch est un des premiers artisans de la grandeur russe (UG2-lôO.'>). Il s'intitule « grand prince, par la grâce de Dieu souverain de la Russie ; » mais ses sujets, vêtus de peaux, vivant grossièrement dans des huttes de bois, ressemblent beaucoup plus aux soldats d'Attila qu'à leurs contemporains de Venise ou de Florence.
Les Etats Scandinaves sont plus avancés, malgré la rigueur du climat et la difficulté des communications : la prépondérance y appartient au Danemark, qui a civilisé la Suède et la Norwège, mais qui ne parviendra pas à les retenir sous sa domination. La Turquie est alors une grande puissance. Mahomet II, maître de Constantinople, a soumis la Grèce, renversé les Comnène en Asie et fait de la Mer Noire un lac ottoman. Seules Belgrade et Rhodes lui ont résisté victorieusement. A l'intérieur il ne s'occupa que de fortifier l'anuée : aucun plan ne présida à l'organisation politique des provinces conquises. Les Turcs ne cherchèrent jamais à s'incorporer les vaincus; méprisant toutes les nations, ils ne prirent pas plus leurs vices qu'ils ne communiquèrent les leurs ; ils restèrent en Europe ce qu'ils étaient en Asie, tour à tour altiers et efféminés, quelquefois cruels, plus souvent indifférents et dédaigneux.
A la fin du xv" siècle la révolution religieuse était accomplie dans les principaux États de l'Europe, en France, on Angleterre, en Espagne ; la révolution littéraire était préparée par la décou-
le duc de Viseu (1484,, « enseignatu à tous les rois j verte de l'iniprimorie et U'dift'usion'des livres; la du monde l'art de régner. » comme dit le Ca- révolution économique s'annonç.iit par les grands
moëns. Emmanuel le Fortuné (I49Ô-1S2I) traite les villes comme Jean II a traité l'aristocratie.
Datis le mouvement de concentration politique qui s'opère en Europe, l'Italie fait exception avec l'Allemagne : elle reste morcelée ; seule la tyrannie est en progrès; dans chaque Etat le pouvoir d'un seul tend à remplacer les oligarchies oppressives ou les démocraties turbulentes. La péninsule oulilie ses libertés perdues et l'invasion imminente, dans le culte dos beaux-arts , dans les travaux de la pensée, dans le prestige déjà déclinant de la religion. <t Les princes et la noblesse s'amusaient plus à se rendre ingénieux et sçavans que vigoreux et guerriers. » (Montaigne).
En Allemagne, les Habsbourg, qui sont remontés sur le trône en 1438, sont plus soucieux d'agrandir leur maison que de maintenir la paix publique. Frédéric III, « le souverain de la chrétienté, » ne peut empêcher Matliius Corvin d'occuper vienne et la basse Autriche pendant cinq ans (1485-1190). Son successeur est le célèbre Maximilien, l'écrivain, le poète, le héros du Tkeuerdunk, 1 ami de Peutinger, le chevalier errant de l'empire, qui promène des Pays-Bas en Italie ses coudes perces, ses besoins d'argent et ses projets romanesques. Sous son régne s'achève la constitution du corps germanique par lu création du conseil aulique et la division de l'Alleniagoe en dix cercles. Alaximihen pratiqua avec succès la politique matrimoniale, établitune armée permanente (lansquenets et reitres) et chercha vainement à donner à 1 empire d'Allemagne la prépondérance qu'il dut plus tard aux victoires de Charles-Quint et à l'annexion de 1 Espagne.
voyages d'exploration au delà des mers. Seule, la révolution religieuse restait à faire : ce sera l'œuvre du siècle suivant.
Voltaire compare le xvi= siècle à une robe de soie et d'or ensanglantée; aucune époque, en effet, ne fut plus sanglante ni plus glorieuse ; dans tout l'Occident le xvi« siècle est un âge héroïque.
L'Espagne est alors la puissance prépondérante et dangereuse. En làlt;, Charles d'Autriche recueille l'héritage de Ferdinand d'Aragon. Il a appris en Flandre l'art de gouverner; il mécontente pourtant ses nouveau-x sujets dès 1(! début et provoque l'insurreciion des coniuneros. Laissant k ses Flamands le soin de la comprimer, il. va prendre possession de la couronne impérialeau risque de perdre celle d'Espagne (15v0). L'al>sence de concert entre les révoltés espagnols, l'antipathie entre les royaumes, entre les villes, entre la noblesse et la bourgeoisie, assurèrent la victoire de la royauté. De retour en Espagne, Charles se montre plus prudent; il publie une amnistie, il adopte les mœurs, le costume des Castillans, il parle leur langue et trouve parmi les rebelles repentants les plus dociles artisans de sa grandeur, de ses succès, de sa domination dans le inonde entier. Dès 1540, absorbé par les art'aires d'Allemagne, il laisse le gouvernement de l'Espagne à son fils Philippe, en faveur duquel il abdique en l5.')6; la môme année il se retire au monastère do Saint-Just, où il expirera deux ans plus tard (IS.SS).
Philippe 11, génie étroit et barbare, dans un règne de quarante ans, précipita la décadence de
l'Espagne. La volonté implacable, l'orgueil inflexible, le fanatisme d'un sectaire qui ordonne le meurtre un crucilix à la main, lui tiennent lieu des dons qui ont fait la grandeur do Cliarles-Quint. Sa résidence préférée, l'Escurial, est moins un palais qu'un sépulcre. Il laisse le grand inquisiteur condamner à mort son fils don Carlos; son épouse Elisabeth meurt peut-être empoisonnée. Ce despote est l'âme même de l'Inquisition. L'Espagne sous son règne est soumise à un régime abrutissant : tranquille et misérable, elle prend une physionomie sinistre, monacale, qui sied bien à son appauvrissement. Philippe II fait banqueroute en 1575 et en I59G; il laissera une dette d'un milliard, le commerce nul, l'industrie anéan- ' tie. Le plus riche pays de l'Europe, le plus industrieux, le mieux cultivé, s'esi comme pétrifié entre les mains sanglantes du n démon du Jlidi ii. De toutes ses entreprises, une seule semble avoir réussi : la conquête et l'annexion du Portugal. |
L'histoire de l'Espagne est souvent confondue avec celle de l'Allemagne dans la première moitié du XVI" siècle. Elu empereur en 1519, couronné en 15'iO, Charles Quint fait élire roi des Romains, ! en 15:il, son fi-ère Ferdinand, déjà souverain de ' l'Autriche, de la Hongrie et de la Bohême : leur puissance eût menacé l'indépendance des princes et des Etats allemands, si Ferdinand n'avait eu à lutter contre les Turcs et Charles-Quint contre la Réforme. Après l'abdication de Charles-(1uint (IjSO), Ferdinand prit la couronne impériale sans demander le consentement da pape, et mit fin ! ainsi à la dépendance où le Saint-Siège avait longtemps tenu l'Empire. I Maximilien II, qui essaya vainement de se faire élire roi de Pologne, fut sinon un prince remar- [ quable, au moins un modèle de tolérance et de sagesse. Son successeur Rodolphe II M.'i'G) ne mérite pas le même éloge; gâté par l'influence de sa mère, sœur de Philippe II, par la déplorable éducation qu'il reçut des Jésuites en Espagne, il prit ouvertement parti dans les querelles religieuses, il fut maniaque, morose ou violent jusqu'à la frénésie : toutes les espérances de ses sujets se tournèrent vers .Mathias, troisième fils de Maximilien II; Rodolphe mourut en 16 2, peu de mois après avoir subi l'humiliation d'une abdication forcée.
Dans l'histoire de l'Angleterre, le xvi« siècle forme une période à part ; jamais peuple plus attaché h ses franchises n'accepta plus docilement despotisme plus sanglant, outrages plus répétés à ses convictions. C'est dans la servitude et dans les larmes que les Anglais ont fait l'apprentissage du gouvernement représentatif et de la liberté religieuse Henri VIII (15' 9-1547), le premier de ces tyrans malfaisants,- attaque sans relâche la religion et la liberté de ses sujets ; Edouard V'I, enfant maladif, intelligent et bon, monte sur le trône à neuf ans et succombe à dix- sept en 1 i53. Jeanne Grey règne dix jours. Marie la Sanglante est la digne épouse de Philippe II. Elisabeih, qui inaugure la grande politique anglaise et donne i ses sujets un demi-siècle de gloire et de despotisme, est un \rai roi. Sous le règne de cette femme, qui mourut peut-être d'un dépit amoureux (icu:i), commencent toutes les institutions, toutes les fondations qui devaient assurer plus tard la puissance, la richesse, même les libertés de l'Angleterre.
Il manqua une Elisabeth à l'Ecosse pour sauvegarder son indépendance : Marie Stuart, qui excite encore aujourd'hui de nombreuses sympathies, les doit surtout à sa fin si touchante et à l'hypocrite cruauté de ses bourreaux : la noblesse de sa mort a fait trop oublier les fautes, les crimes peut-être de sa vie.
En France, ce siècle do despotisme s'ouvre par
le règne du Pèif ilu peuple. Prince chaste, sévère et grave. Louis XII eut le mérite peu commun de fonder un gouvernement honnête, sérieux et appliqué. Le règne de son successeur est celui du bon plaisir: le roi gentilhomme, moins occupé de ses affaires que de ses amours, tranchant du despote avec le Parlement, immolant les liberiés de l'Eglise gallicane, mérite comme souverain toutes les sévérités de l'histoire qu'il ne désarme que comme appréciateur délicat des écrivains et des artistes. Henri II, a de belle prestance etd'honnête accueil,» mais aussi lourd d'esprit qu'actif de corps, inférieur à son père comme politique et comme soldat, le valant comme moralité, laissa moins de regrets encore. Le règne de François II voit commencer la longue et fatale domination de Catherine de Médicis. Après la retraite du chancelier de L'Hôpital (15G.S), qui défendit quelque temps, dans une cour dissolue, la raison, le bon sens et la tolérance, Morvilliers est sans influence ; Birague est le type du magistrat de cour servile etfértCî. Le maître vaut les vali-ts : Charles IX est un poltron effaré que la peur rend féroce ; Henri III est n en certaines choses au-dessus de sa dignité, on d'autres, au-dessous même de l'enfance. " Son long duel avec Henri de Guise se termine par la double tragédie de Blois (15SS) et de Saint-Cloud (1589). Henri II avait rompu le dernier lien entre la France et l'Italie: celle-ci, dominée par l'étranger qui l'asservit, passant sans regret d'un maître à un autre, est incapable d'affirmer sa nationalité. L'affaiblissement de l'esprit militaire fut la principale cause de l'abaissement de l'Italie : les vertus guerrières encore vivaces en Pologne maintiennent ce pays parmi les puissances prépondérantes, malgré les vices de sa constitution, l'anarchie de ses diètes, la turbulence de sa noblesse. Sigismond I" (15Ui;-1548) est un dos héros de son siècle, au dire de Paul Jove. L'extinction desJagellonsen 1572 introduit définitivement l'élection dans la constitution polonaise ; et en 1587 une élection orage ise, en portant au pouvoir Sigismond Wasa, met pour quatre-vingt ans la Pologne dans une quasi dépendance de la Suède.
L'alliance de la royauté et du peuple, qui aurait pu sauver la Pologne, s'est accomplie en Suède avec Gustave Wasa : elle a soustrait ce pays à la dépendance du Danemark où l'aristocratie toute puissante annule le roi.
En Russie, le règne de Vassili IV (1.S05-1533) est effacé entre ceux des deux terribles Ivan III, son père, et Ivan IV son fils. Ce dernier continue énergiquement la lutte de l'autocratie contre le pouvoir oligarchique des anciens princes souverains, qui ne pouvaient se résigner à n être que des sujets. Ivan IV a une physionomie à part dans la galerie des princes du xvi' siicle; il a tous leurs vices sans leur hypocrisie : la Russie est encore un Etat orienial et son chef un barbare.
Les Ottomans aussi sont des Orientaux, mais tous leurs sultans ne sont pas des b.irbares : si Sélim l'Inflexible vaut Ivan IV, Soliman le Magnifique flô'.'O-l.'iCtJ) peut rivaliser avec Charles- Quint. Ses crimes, communs en Orient, n'ont pas diminué sa gloire aux yeux des Turcs. Le n législateur » est resté le plus grand de leurs sultans. Son successeur Sélim II l'Ivrogne, le vaincu de Lépante (1572), ouvre la série des sultans elTéminés. Au milieu de l'Europe monarchique, la Suisse est avec Venise la seule république indépendante. Le xvi« siècle n'est pas la période la plus honorable de son histoire: c'est pour de l'or que se battent désormais les vainqueurs de Grandson et de Morat. La Suisse, par sa constitution fédérative, échappe à la concentration du pouvoir aux mains d'un seul ; dans les grands Etats d'aiors, France. Angleterre, Suède, Russie, Turquie, même en Allemagne, le pouvoir absolu s'exerce sans obstacles. Deux mo-
iKircliic3 seulement font exception, le Danemark | cliampion vigoureux. Plillippe II essaya d'imposer <'t la Pologne : 1 aristocratie y est puissante, la à toute l'Kurope les décrets du concile rie Trente
royauté annulée, la nation opprimée; les Dano , peuple et roi, sauront s'affranchir au xvii' siècle ; les Polonais le tenteront trop tard au xviii'.
Le système d'équilibre et la politique de coalition qui datent de l'année l'iO.i et de la bataille de Fornoiie commencent avec les guerres d'Italie : ces guerres remplissent une longue période de ■soixante-cinq ans (HO.i-là.'pg). Sous Charles VIII de brillants faits d'armes, l'initiation des Français aux merveilles de l'art et à la corruption do l'Italie sont les seuls résultats d'une déplorable expédition. Louis XII, plus déloyal que son prédécesseur, est aussi maladroit; Ji aucun moment de son règne il ne comprit combien les chevauchées au delà des monts étaient contraires aux intérêts de la France: Ferdinand le Catholique et Jules II n'eurent qu'i exploiter ses fautes, le premier pour agrandir sa maison, le second pour chasser les barbares de l'Italie. François I" ne fut pas plu.s habile : après le grand et stérile succès de Marignan, il perd en un jour h l'avie le fruit de cinq années de guerres : le traité de Cambrai no compense pas la déshonorante convention de Madrid; en l.SSo Charles-Quint est le maître do l'Italie et le premier souverain de l'Europe. Il triomphe des
et l'Inquisition : il fut vaincu partout : en France par Henri IV, en Angleterre par Elisabetli, chez les Bataves par le prince de Nassau, Guillaume d'Orange ; sa victoire sur les Turcs h Lépante resta stérile, et son succès en Portugal augmenta ses charges sans augmenter sa puissance.
L'année même de sa mort, le traité de Vervins et l'éditde N'antes sont deux nouvelles condamnations de sa politique.
Les grandes découvertes maritimes remontent à la fin du xv' siècle, la création des grands empires coloniaux ne date que du xvi'. Les Portugais reconnaissent successivement Madère, les Açores, les lies du Cap Vert, et fondent des établissements au Congo; en l'iSG, Barthélémy Diaz atteint le cap des Tempêtes et entrevoit la route que Vasco do Gama doit parcourir onze ans plus tard. C'est sur la côte de Malabar qu'abordèrent les trois petits navires du grand marin. Après lui. Cabrai fonde h. Calicut la première des colonies européennes : une tempête qui le jette à l'ouest lui fait découvrir le Brésil. Albuquerque étend et affermit l'empire portugais, prend Socotora, Ormuz, et triomphe de Venise unie au Soudan d'Egypte. Après Goa, Ceyian et Malacca furent occu-
lurcs comme il a triomphe des Français; Soliman pés et donnèrent à Lisbonne la mer du Bengale le Magnifique, en possession de Rhodes, convoite la ! l'alliance du roi do Siam et de Pégu, le commerce yallOe du Danube : il bat les Hongrois et pénètre \ avec la Chine et le Japon augmentent encore cette jusqu à, Vienne ou I union de l'Allemagne chré- ' puissance : elle ne déclinera que par la faiblesse tienne arrête ses conquêtes. François I" ne sait j de la métropole, par le développement maritime
pas profiter de l'utile alliance des Ottomans : les dernières guerres et les derniers traités de son
de l'Espagne et de la Hollande.
Le Portugal avait mis plus d'un siècle à fonder
règne laissent pourtant la France intacte. Entre ! cet empire. L'Espagne est maîtresse de tout un Henri a et Charles-Quint, puis Philippe II, la lutte! monde en moins de cinquante ans. Un Génois, recommence avec plus d'ardeur. Allié des protes- Chrislophe Colomb, en cherchant par l'ouest la lants allemands, le roi de France s'empare des Trois! route des Indes, trouve l'Amérique le il novemn-.K'M," .T^'" ''^ f°''''"»e de Charles- ] bre M9.' ; Nunez lialboa traverse l'isthme de Vmnt a Metz et I hilippe II, malgré son alliance j Panama et aperçoit le grand Océan ; un avenluavec Marie ludor, malgré sa victoire de Saint- rier, Fernand Cortez, découvre et occupe le Mexi- Vuentin, ne peut enlever h la France ses récentes ' que avec cinq cents soldats, seize chevaux et dix conquêtes : mais e traité de Cateau-Cambrésis lui ,' canons : trois autres aventuriers, Pizarre, Almaaonne Naples, Milan et les Pays-Bas. I gro et Luques, envahissent le Pérou avec deux
voiution de 1,,S9 Lest d abord l'Allemagne du conquêtes qu'il divise en deux gouvernements,
nord qui se détache de Rome, puis la Suède que celui de Mexico et celui de Lima.
y^^.r 1 .^'!f '"■.'■*'■'"= ^," Danemark et entraine Toutes ces dérouvertes ouvrent une nouvelle
ji" ,„ '.""'«'•aiiisme ; 1 Angleterre, qui annonce carrière à l'activité de l'Europe et de nouveaux
c,?, o-I^"*^ c ■ " ^"^ divorce avec le continents à la civilisation ; la marine et le com-
fni nm m' • n^f*^.' °j Zwmgli meurt pour la merce se développent, et l'E-pagne, enrichie parles
nnni f • '' ^' "^ x" , ^Omine assez longtemps métaux précieux du nouveau continent, aurait pour idire de Genève la Rome du proieslaniis.ne ; ] menacé l'ancien de sa redoutable prépondérance,
le uanemark, ou noblesse et royauté sont d'accord si elle n'avait rencontré deux obstacles à sa tyran-
pour établir le luthéranisme. Quand le peuple veut tirer les conséquences politiques et sociales des doctrines prêchées par Luiher et par Calvin, reformés et catholiques sont d'accord contre l
nie, la Renaissance qui éclaira les esprits, la Ré forme qui les émancipa.
Malgré l'intérêt qui s'attache à l'histoire politi-
,,.__„„ , . , - , ---- que, religieuse et économi(|ue du xvi' siècle, sa
sacramentaire.s et les anabaptistes, mais reprennent grande attraction, c'est l'histoire littéraire et a îes armes au ^ndemain de la bataille. La lutte | tistique, c'est la R
entre Charles Quiut et les protestants se termine au profit de ceux-ci: l'intérim et le traité d'Augsbourg consacrent le triomphe de la Réforme en Allemagne au moment même où elle s'établit en Angleterre sous Edouard VI : le règne de Marie la sanglante et sa réaction désespérée en faveur du catnolicisme, font place au despotisme d'Elisabeth qui rcg e souverainement le dogme et le culte de ce que Ion a appelé l'anglicanisme. Le Saint-Siège ]-il» nf ^P "' i"^l^<'^-^ que Cliarles-Quint: le concile de Trente reformera le catholicisme sans ramener les dissidents k l'unité catholi.,ue. Les pays FrZl' T' i"""^"' '=°"^™« rAllen'iagne, et la Ln^ u ''"«:';;ûnie aurait peut-être échappé .-i Rome «ans Henri IV. L'ortîiodoxie rencontra ptiurtant un I
que, c'est la Renaissance, c'est le grand mouvement scientifique qui l'accompagne.
Dans toutes les directions l'esprit humain prit un rapide essor : affranchi de la lourde domination de l'Église, il s'élança hardiment dans les voies naturelles, en politique, en littérature, dans les arts, comme les Colomb et les Gama s'élançaient sans crainte sur les Océans inconnus. — V. Siècle [seizième).
Le traité d'Augsbourg, l'édit de Nantes, et la victoire d'Elisabeth sur Philippe II, semblaient avoir clos les luttes religieuses. Elles se rouvrent au xvir- siècle et englobent toute l'Europe dans une guerre mémorable.
Les successeurs de Charles-Quint menaçaient
les conquêtes de la Réforme en Allemagne : les protestants, pour faire face à l'Espagne, à la maison d'Autriche et au Saint-Siège, s'appuyèrent sur la France et sur les puissances protestantes du Nord. Du côté des catholiques, le grand rôle appartient à l'empereur Ferdinand II : il triomphe facilement du médiocre Frédéric V, électeur palatin; il bat également le roi de Danemark, t.liristian IV, avec l'appui de Maximilien de Bavière, de Tilly, de la Ligue catholique, et surtout d'un aventurier de génie, Wallenstein. La Réforme semble anéantie par l'édit de restitution (1629). Lintcrvention de Gustave-Adolphe et de la Suède lui rend la victoire et la prépondérance : celle de Richelieu et de la France, de la Hollande et de ses grands amiraux, assurent la défaite de l'Autriche, de l'Espagne et du catholicisme : les traités de Munster et d'Osnabruck consacrent l'indépendance des Provinces-Unies et de la Suisse, l'avènement d'une nation jeune et vigoureuse, la Suède, l'agrandissement de la France et celui des princes protestants.
La lutte générale des deux religions est terminée par le traité de Westphalie : la guerre entre elles ne dépassera plus les limites de chaque Etat.
En Angleterre, cette lutte se prolonge pendant tout le xvii' siècle et aboutit à deux révolutions à la fois politiques et religieuses, en 1648 et en IC.SH, qui eurent pour dernière conséquence la fondation définitive de la monarchie constitutionnelle dunscepays. mais auxquelles l'Europe ne prit aucune part. La religion anglicane, menacée par l'Irlande catholique et par l'Ecosse presbytérienne, persécute les non-conformistes: les Stuarts prétendent exercer le pouvoir absolu des Tudors ; la foi et les libertés font cause commune, la révolution est inévitable : préparée par l'incapacité de Jacques I", hâtée par la mauvaise foi de Charles I", elle commence dès 1610. Le Long Parlement obtient la condamnation de Strafford, s'empare du pouvoir exécutif et prend la direction de la guerre. Il est d'abord soutenu par la secte des indépendants. Leur chef, Cromwoll, vainqueur des troupes royales, maître de Charles I", le fait condamner h mort par un parlement intimidé (I64'.J), proclame la République et dissout le Long Parlement. Après la défaite de l'Irlande catholique et de l'Ecosse presbytérienne, il prend le titre de Protecteur et sait rendre à l'Angleterre la prépondérance en Europe. Son fils Richard n'a ni le goût, ni l'ambition du pouvoir : la défection du général Monk rétablit la royauté redevenue, après vingt années de lutte, aussi absolue sous Charles II que sous Charles I". Les Stuarts restaurés n'ont rien appris, rien oublié : l'opposition parlementaire leur arrache le bill dhabeas coi-piis; la nation, menacée encore une fois dans sa religion et dans ses libertés, les chasse définitivement en lt88, et impose à leur sucéesseur, Guillaume d'Orange, la célèbre Déclaration des droits qui fonde la monarchie constitutionnelle au delà de la Manche.
Pendant que la liberté de conscience recevait en Angleterre une solennelle confirmation, le fanatisme étroit remportait en France une déplorable victoire : l'édit de Nantes était révoqué. Cet acte funeste était la conséquence du régime despotique inauguré au xvi' siècle, poursuivi au xvii" par Henri IV, par Richelieu et par Louis XIV; mais Henj-i IV rachetait la tyrannie par l'esprit et la bonne humeur, Richelieu par la grandeur du but qu'il visait et qu'il atteignit; Louis XIV tendit S les briser tous les ressorts du gouvernement : à l'intérieur comme au dehors sa politique est néfaste. Son ambition, ses fautes punies par de cruels revers, ont tour h tour porté à l'apogée et mis à deux doigts de sa ruine cette monarchie absolue, sévère pour le peuple, hostile à l'étranger, appuyée sur un clergé asservi, sur la police et sur
l'armée. Il faut oublier le roi et reporter sa pensée sur Colbert. sur Louvois, sur Vauban, sur lesgrands généraux, sur les grands artistes et lesgrands écrivains, pour laisser k ce siècle le nom que l'histoire trop complaisante lui a donné.
Ce n'est pas seulement en France que l'absolutisme est en progrès. En Espagne, un prince fastueux et misérable comme son royaume, Philippe III, se laisse gouverner par un favori, le duc de Lerme ; son fils Philippe IV n'a ni plus de vigueur, ni plus de volonté : Olivarez est le Richelieu de ce Louis XIII. Charles II est le dernier et indigne rejeton de Charles-Quint au delU des Pyrénées, qui vont s'abaisser devant un prince de la. maison de Bnurbon. L'Espagne a perdu le Portugal, reconquis par Jean de Bragance,le Roussillon, l'Artois, la Flandre et la Franche-Comté cédés à la France victorieuse.
Dans l'autre branche de la maison d'Autriche la décadence est moins rapide : Mathias, Ferdinand II montrent encore quelque vigueur; le long règne de Léopold n'est pas sans gloire; mais la vie et la puissance ne sont plus ni à Vienne ni à Madrid, elles passent h Amsterdam, à Stockholm, à Paris et à Londres ; Moscou et Berlin ne comptent pas encore : le Grand Electeur vient de mourir et Pierre I" se révèle à peine.
Le xvn' siècle, comme le xvi', brille surtout de la gloire des lettres, mais il n'a ni sa fécondité, ni son originalité. Le pouvoir absolu a accompli son œuvre, discipliné les esprits et effacé les caractères. La guerre seule, qui va bien au despotisme, est en progrès : peu de noms pi uvent être comparés à ceux de Wallenstein, de Turenne, de Condé, de Montccuculli. La civilisation, le goût,. l'instruction grnérale sont plus répandues en l'on qu'en 1600, sous Louis XIV que sous Henri IV : on n'oserait affirmer que l'esprit humain soit plus émancipé; que la société européenne soit plus libre et plus heureuse; mais Louis XIV va mourir, l'heure approche des grandes ruines et des grandes reconstructions. — V. Siècle [dix-septiéme].
Le XVIII" siècle s'ouvre par une guerre générale : l'Espagne, qui expie par un abaissement et une misère sans égale sa lutte contre la civilisation et la 1 borté des esprits, est transmise par l'arrière-petit-fils de Philippe II h un petit-fils de Louis XIV ; Charles II se donne comme successeur Philippe V. L'Espagne accepte cette dynastie nouvelle : l'Europe forme une nouvelle ligue Ji la- Haye contre l'ambition conquérante de Louis XIV:- Angleterre, Empire, Provinces-Unies, Brandebourget Hanovre s'engagent à ne laisser au nouveau roi d'Espagne que la Péninsule. Grâce à trois hommes énergiques, Eugène de Savoie, Mariborough et Heinsius, la coalition atteint son but : après treize ans de luttes, qui ont mis la France à deux doigts du démembrement, qui la laissent ruinée pour vingt ans, le traité d'Utrecht (II avril ni3i donne la Sicile, le Milanais et le titre de roi au duc de Savoie, la Haute-Gueldre et le titre de roi de Prusse à l'électeur de Brandebourg. Gibraltar, Minorque. la baie d'Hudson, l'Acadie, Saint-Christophe ei Terre-Neuve à l'Angleterre. Les traités de Rastadt et de Bade confirment celui d'Utrecht : ils enlèvent à l'Espagne les Pays-Bas, Naples, la Sardaigne, le Milanais et les présides de Toscane. Louis XIV meurt au lendemain de ces traités (1715). Ses excès de pouvoir ont rendu un relâchement général nécessaire et certain.
De la mort de Louis XIV à la révolution française, le maintien de l'équilibre dans l'Europe centrale, assuré par la guerre de la succession de Pologne, par celle de la succession d'.\utriclie, et par la guerre de Sept ans, est surtout l'œuvre de l'Angleterre et tourne au profit dt^ sa grandeur, tandis qu'à l'Orient s'élève par l'affaissement do la
SnJ'ilo Pt do la Turr|uio et par l'anéantiasenient ds la PoliiRiio une nouvi'lle et redoutable puissance, la Russie, et qu'à l'Occident, au delà des mers, se prépare ot s'établit avec éclat la féconde liberté de rAinérique.
L'histoire politique et militaire, les agitations stériles des peuples h celte époque n'otfrent pas le mémo intérêt que l'histoire des esprits qui vont enfanter les grands renouvellements de la fin sirrir. C'est surtout la France qui prépare la Révolution, c'est elle qui doit l'accomplir, comme c'est l'Ile qui en est restée le foyer et qui en a goûté tous les fruits doux ou amers : c'est elle qu'il faut reçiarderpour comprendre combien cette révolution était nécessaire. Le pouvoir royal absolu, l'Eglise et l'Etat confondus, la justice vénale, la législation compliquée et inique, la misère entretenue par les lois et châtiée comme un crime, voilà ce que les philoscplies ont attaqué, voilà ce qne le grand mouvement de n«9 a emporté. Les philosophes proclament que la souveraineté réside dans !a nation, ils veulent que la loi protège également tous les cultes : Montesquieu, Rousseau, les Encyclopédistes, l'école des économistes, tous contribuent à l'rcuvre communii; Voltaire, le vrai chef de l'armée pliilnsophique, en affjchant son prosélytisme antichrétien, ruine la domination de l'Eglise sur les esprits des hommes et sur les affaires du monde, il inspire à tous l'horreur de la persécution et le respect de la liberté de conscience. Il fut le véritable artisan de la çhûte des jésuites, qui privait l'Eglise de son plus ferme appui et qui commençait bien d'autres destructions.
Sans doute Voltaire et les philo.sophes attaquent sans ménagement la société et la religion. Sans doute ils ont précipité les esprits au delà du monde réel en les détournant violemment de ce qui existait, et préparé les biens et les maux de la révolution, sa grandeur et ses excès : cette révolution en était-elle moins légitime, moins nécessaire ? Nous n'avons qu'à comparer le passé au présent pour proclamer qu'elle fut un inestimable bienfait. — V. Siècle (dix-huitième).
nÉvoLiiTioN (USO-ITJO).
1789. Ouverture des Etats généraux à Versailles (5 mai). — Assemblée nationale (17 juin). — Serment du Jeu de Paume (20 juin). — Assemblée constituante (9 juillet). — Prise de la Bastille (14 juillet). — Nuit du 4 aoiit. — Journées des 5 et ti octobre.
En Amérique, présidence de Georges Washington. — Révolte des Pays Bas contre Joseph II.
1790. Réorganisation de la France par la Constituante. — Première fêle de la Fédération (14 juillet).
Mort de Franklin aux États-Unis. — Mort de Joseph 11.
17(11. Mort de Mirabeau (2 avril). — Fuite du roi à Varennes (20 juin). — Massacre du Champde-Mars (17 juillet), — Congrès et déclaration de Pilnitz (27 août). — La nouvelle Constitution est sanctionnée par Louis XVI (13 septembre). — Clôture de la Constituante (30 septembre).—Ouverture de la Législative (!=' octobre). Traité de Sistowa entre l'Autriche et la Turquie, et proliminaires de Galatz entre la Turquie et la Russie. — l.a Pologne se donne une constitution moins anarchique.
1792. Louis XVI déclare la guerre à François II (20 avrili. — Journée du 20 juin. — Les Prussiens envahissseni la France (5 juillet). — Manifeste du duc de Brunswick (25 juillet).— Prise des Tuileries et renversement de la royauté (10 août). — Massacres de septembre (2, 3, 4 et
5 septembre). — Clôture de la Législative et victoire de Valmy (20 septembre). — Ouverture de la Convention et proclamation do la République (21 septembre). — Ministère Roland; domination des Girondins. — Victoire de Jemmapes (9 novembre). — Commencement du procès du roi (i 1 décembre).
Fondation d'une cnpilale fédérale, Washington, aux f.tats-Onis. — Paix définitive de Jassy entre la Russie et la Turquie. — Assassinat de Gustave m à Stockholm.
1793. Exécution de Louis XVI (21 janvier). — La Convention déclare la guerre à l'Angleterre et à à la Hollande (1" février), puis à l'Espagne (7 mars).— Soulèvement de la Vendée (10 mars).
— Défaite de Uumouriezà Neerwinden (18 mars).
— Création du Comité de salut public (27 mars).
— Duraouriez passe aux Autricliiens (4 avril).
— Chute des Girondins (31 mai). — Constitution de 1703 (23 juin). — La France est en guerre avec toute l'Europe ; la moitié des départements sont soulevés. — Décret de la levée en masse (23 août). — Commencement de la Terreur (5 septembre). — Loi des suspects (17 septembre). — Loi du maximum (29 septembre). — Arrestation de soixante-treize Girondins (3 octobre). — Prise de Lyon (9 octobre). — Exécution de Marie-Antoinette (16 octobre). — Calendrier républicain (24 octobre).
— Exécutionde vingt etun Girondins (31 octobre, 10 brumaire an II). — Fête de la Raison (lO novembre, 20 brumaire). — Prise de Toulon (19 décembre, 211 frimaire). — Déroute des Vendéens au Mans (23 décembre, 3 nivôse).
En Amérique, deuxième présidence de Washington. — Second démembrement de la Pologneî au profit de la Piusse et de la Russie.
1794. Exécution des hébertistes (24 mars, 4 germinal). — Exécution des dantonistes (5 avril, K; germinal). — Fête de l'Etre suprême (S juin, 20 prairial). — Loi du 22 prairial (10 juin). — Victoire do Fleuras (2C. juin, 8 messidor). — Chute de Robespierre (-.'7 juillet, 9 thermidor).
— Domination des thermidoriens. — Marat au Panthéon (12 septembre, 2(J fructidor). — Fermeture du club dos Jacobins (S novembre. 18 brumaire an III). — Rappel des soixantetreize Girondins (8 décembre, 18 frimaire). —
— Abolition du maximum (23 décembre, 3 nivôse).
Agonie de la Pologne. — Défaite de Kosciusko à Macejovice (10 octobroj.
1795. Pichegru entre à Amsterdam (20 janvier, 1" pluviôse). — Déportation de plusieurs membres des anciens comités révolutionnaires (1" avril, 12 germinal). — Paix avec la Prusse (25 avril, 10 germinal;. — Insurrection du parti montagnard (20 mai, 1" prairial). — Mort du dauphin au Temple (8 juin, 20 prairial). — Exécution des derniers Montagnards (17 juin, 2i» prairial). — Victoire de Hoche à Quiberon (17 juillet, 29 messidor). — Paix avec l'Espagne (22 juillet, 4 thermidor). — Constitulion de l'an m (22 août, 5 fructidor). — Insurrection royaliste (5 octobre, n vendémiaire an IV). — Dernière séance de la Convention (26 octobre, 4 brumaire). — Installation du Directoire et des conseils des Cin(| Cents et di'S Anciens.
Partage définitifde la Pologne (8 octobre). I7H6. Fin de la guerre de Vendée. — Abolition des assignats. — Glorieuse campagne de Bonaparte en Italie. — Moreau et Jourdan en Allemagne reculent devant l'archiduc Charles.
— Proclamation de la république batavo; formation de la république cispadane.
En Russie, mort de Catherine 11 et avènement de Paul 1".
1797. Fin de la campagne d'Italie. Victoire du
Rivoli (janvier). Traité de Tolentino avec le Saint-Siège (19 février). Préliminaires de Leolien (18 avril). — Coup d'Etat du Directoire contre les royalistes des deux conseils (4 septembre, 18 fructidor an V. — Monde Hoche (18 septeuibre). — Traité de CampoFormio (l" octobre).
— Républiques ligurienne et cisalpine. — Retour de Bonaparte en Krance (décembre).
Aux Etats-Unis, présidence de John Adams. — En Prusse, mort de Frédéric-Guillaume II. — A Constantinople, essai de réformes européennes par Sélim III.
179-. Republique romaine (février). — Républiblique helvétique (mars). — Départ de Bonaparte pour l'Egypte (mai). — Deuxième coalition.
— Bataille des Pyramides (21 luillet). — Désastre d'Aboukir (I" août). — Etablissement de la conscription (8 septembre .
Toussaint Louverture k Haïti chasse les blancs
et proclame l'île indépendante.
nM9. République parthénopéenne (janvier). —
Assassinat des plénipotentiaires français ù Ras-
Udt (avril). — Victoire du Mont-Thabor (avril).
— Triomphe des Jacobins aux élections de l'an VII (mai). — Loi des otages (juillet). — La France perd l'Italie, sauf Gênes. — Souvaroff et Korsakoir en Suisse. — Victoires de Masséna i Zurich et de Brune à Bergen i septembre) : la coalition est repoussoe. — Bonaparte revient d'Egypte (octobre). — Coup d'Etat du 18 brumaire (il novembre). — Consiitution de l'an VIII : un Sénat, un Corps législatif, un Tribunat; Bonaparte premier consul.
Dans llndci, Tippou-Saîb, allié de la France, succombe àSeringapatam. — Mort de Washington aux Etats-Unis.
CONSULAT ET EMPIRE (n99-18U).
ISCO. Traité de Luçon avec la 'Vendée ; soumismission de la Bretagne. — Préfectures et souspréfectures. — Banque do France. — Complots jacobins et chouans. — Kléber, vainqueur à Héliopolis (.0 mars), est assassiné au Caire (It juin). — \ ictoires de Moreau à Engen, Mieskirch, Biberach, Hohenlinden (3 décemlire), de Bonaparte à Montebel o età .Marengo (I5juin). L'Irlande est réunie à l'Angleterre et à l'Ecosse ; les Iles Britanniques n'ont plus qu'un seul Parlement. — Toussaint Louverture est président à vie. — Election de Pie VU, h Venise; il succède à Pie VI, mort prisonnier à Valence, en I79y. — Les sept lies Ioniennes sont constituées en république par la Russie et la Turquie.
1801. Restauration du catholicisme en France. Concordat (15 juillet). — Traité de Lunéville avec l'Autriche. — Menou, battu i Aboukir, perd l'Egypte.
Pitt quitte le pouvoir qu'il a exercé dix-sept ans (8 février). — Aux Etats-Unis Thomas Jefferson est président. — Assassinat de Paul I".
1802. Paix d'Amiens entre la France et l'Angleterre. — Lois organiques, complément du Concordat (8 avril). — Réorganisation de l'enseignement (l" mai). — Création de la Légion d'honneur. — Vote plébiscitaire du consulat h vie (mai) — Réorganisation de l'Institut.
1803. Nouvelle guerre avec l'.^ngleterro. — Préparatifs de Boulogne. — La France vend la Louisiane aux Etats-Unis. — Médiation de Bonaparte en Suisse.
1804. Conspiration Cadoudal et Moreau. — Enlèvement et exécution du duc d'Enghien (20 mars). — Adoption du Code civil par le Corps législatif. — Napoléon, empereur (18 mai).
1805. Napoléon, roi d'Italie. Eugène de Bcauharnais, vice-roi. — Troisième coalition. Levée du camp de Boulogne. Campagne do 1805. Capitu-
lation d'Ulm (20 octobre). Trafalgar (21 octobre). Austcriitz (2 décembre). Traité de Presbourg (26 décembre). — Suppression du calendrier républicain fixée au 1" janvier 1806 (an .\IV).
I80U. Mort de William Pitt (janvier) et de Fox (septembre). — Université impériale. — Joseph Bonaparte, roi de Naples, Louis Bonaparte, roi de Hollande — La féodalité impériale : grands duchés, duchés, comtés, baronies. — Confédération du Rhin. — Quatrième coalition : léna, Auerstasdt. — Napoléon à Berlin. — Blocus continental.
180'. Eylau et Friediand. — Traité de Tilsit (8 juillet). — Jérôme Bonaparte, roi de Westphalie. — Le grand-duché de Varsovie est constitué. — Réunion des Etats de l'Eglise à la France. — Occupation du Portugal. — Suppression du Tribunat. — Cour des comptes.
180S. Fontanes, premier grand-maître de l'Université impériale. — Entrevue de Rayonne. — Joseph Bonaparte roi d'Espagne. — Occupation de Rome. — Murât, roi de Naples. — Guerre d'Espagne.
1809. Cinquième coalition ; Eckmiihl, Essling et Wagram (6 juillet). — Traité de Schiinbrunn (14 octobre . — Divorce de Napoléon et de Joséphine (IG décembre).
Guerre de la Russie contre la Suède et la Turquie. — En Suède, abdication de Gustave IV et proclamation de Charles XllI.
18:0. Napoléon épouse Marie-Louise. — Abdication de Louis Bonaparte, roi de Hollande. La Hollande est réunie à la France.
Premières agitations dans les colonies espagnoles de r.\mérique. — Bernadette est proclamé prince royal de Suède et adopté par Charles XIII.
1811. Naissance du roi de Rome (20 mars). Massacre des beys Mameluks par le pacha
d'Egypte, Méhémet-Ali.
1812. Campagne de Russie.
Les Etats-Unis déclarent la guerre à l'Angleterre. — Traité de Bucharest entre la Turquie et la Russie.
1813. Sixième coalition. — Campagne d'Allemagne. Liitzen, Bautzen, Leipzig. — La France est envahie. — Résistance du Corps législatif à Napoléon : il est ajourné.
18U. Campagne de France. — Entrée des alliés à Paris (.il mars). — Le Sénat nomme un gouvernement provisoire et proclame la déchéance de Napoléon. — Son abdication (G avril).