‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire (volume 2)Chapitre 149 sur 459 · i5. Husiie et Turquie. — Janvier-septembre · texte numérisé non relu

i5. Husiie et Turquie. — Janvier-septembre

Continuation du siège de Sébastopol. — 2 mars.

Mort du tsar Nicolas; Alexandre II lui succède.

— Mars. Le Piémont, où Cavourest ministre, se joint aux alliés — Juillet-août. Expédition anglo-française dans la Baltique. — 9 septembre. Evacuation de Sébastopol par les Russes. — L'armée anglo-française passe un second hiver en Crimée.

France. — Mai. Attentat de Pianori contre Napoléon III. — Mai. Ouverture de la deuxième Exposition universelle, k Paris.

Anateterre. — Janvier. Ministère Palmerston.

1856. France. — 16 mars. Naissance du prince impérial. — 30 mars. Traité de Paris qui mnt fin k la guerre d'Orient.

Suisse, — Septembre. Insurrection royaliste i

Neucliâtel. Conflit entre la Suisse et la Prusse.

IS.'i';. France. — Juin. Secondes électiojisau Corps législatif. Cinq députés de l'opposition sont nommés h Paris. — Juin-juillei. Soumission de la grande Kabylie.

Suisse. — Le conflit entre la Suisse et la Prusse est réglé par le traité de Paris (mai).

Etats- U/iis. — Présidence de Buchanan, démocrate.

Ciii/ie. — Expédition anglo-française en Chine.

Inde. — Mai-décembre. Grande révolte des Cipayes.

1838. France. — H janvier. Attentat d'Orsini. — 19 janvier. Loi de sûreté générale.

Angleterre. — Février. Le rejet d'un bill relatif aux réfugiés étrangers amène la retraite de lord Palmerston. — Ministère tory Derby Disraeli.

It'ilie. — Novembre. Conflit entre le Piémont et l'Autriche.

Chine. — L'expédition anglo-française aboutit aux traités de Tien-tsin, ouvrant la Chine aux étrangers.

Inde — L'insurrection des Cipayes est étouffée dans des flots de sang. — 4 août. Le gouvernement de l'Inde est enlevé i la Compagnie des Indes et transmis à la couronne.

\%;,'.t. Fr-nci-, llalie, Autriche. — Avril. L'Autriche déclare la guerre au Piémont. Napoléon III, allié de Victor-Emmanuel, déclare la guerre à l'Autriche. La Toscane, Parme, Modène, chassent leurs souverains. — Mai. Garibaldi guerroie dans les Alpes lombardes. — ;'2 mai Mort du roi de Naples Ferdinand H. François II lui succède. — 4 juin. Ilataille de Magenta. — Soulèvement de plusieurs villes des Eiats pontificaux. — 30 juin. Sac de Pérouse par les soldats du pape. — 24 juin. Bataille de Solférino.

— 11 juillet. Paix de ViUafranca. La Lombardie est annexée au Piémont. — Août, septembre. Sans s'arrêter aux stipulations de ViUafranca, la Toscane, Parme, Modène, les Légations et la Romagne se donnent à Victor-Emmanuel par le vote de leurs représentants.

Angleterre. — Ministère whig Russell-Palmerston- Gladstone.

Russie. — Conquête définitive du Caucase, soumission de Schamyl.

Egypte. — Commencement du percement de l'isthme de Suez.

Etats-Unii. — Octobre. Prise d'armes de John Brown à Harper's-Ferry.

18' 0. France. — Janvier. Traité de commerce avec l'Angleterre. — Mars. La Savoie et Nice cédés à la France par Victor-Emmanuel. — Septembre. Expédition de Syrie. — Novembre. Expédition de Cochinchine, prise de Saîgoun.

Italie. — Mars. Plébiscite en Toscane et en Emilie, rendant définitive l'annexion au Piémont. — Mai. Garibaldi et les Mille débaniuent en Sicile.

— Septembre. Garibaldi entre à Naples. Les Piémontais envahissent les Etats pontificaux. Lamoricière est vaincu i CastelfiJardo (18 septembre). — Octobre. Le royaume des Deux Siciles se donne à Victor-Emmanuel par un vote national. Siège de Gaëte, où s'est enfermé

, François II.

Etats-Unix. — Novembre. Election de Lincoln comme président. Triomphe du parti républicain.

Chine. — Avril. Nouvelle expédition franco-anglaise. — Octobre. Pillage du Palais d'Eté. Entrée des allies à Pékin. La Chine consent à l'exécution des traités de Tifn-tsin.

1861. Frayice. — Par la con\tention de Londres (octobre), la France s'engage à intervenir au Mexique avec l'Angleterre et l'Espagne.

Italie. — Victor-Emmanuel prend le titre de roi d'Italie. — Juin. Mort de Cavour.

Prusse. — Mort de Frédéric-Guillaume IV. Son frère Guillaume I" lui succède.

liussie. — 19 février. Ukase du tsar Alexandre II . émancipant les paysans russes.

Étnts-lhiis. — Février. A la suite de l'élection de Lincoln, quinze Etats, sous la présidence de Jefferson Davis, se séparent de l'Union. — Avril. Commencement de la guerre entre le Nord et le Sud.

186J. - France. La guerre du Mexique est blâmée par l'opposition.

AnyMerre. — Mai. Ouverture de la troisième Exposition universelle à Londres.

llalie — Août. Prise d'armes de Garibaldi en Sicile. Il passe en Italie pour marcher contre Rome : il est vaincu, blessé et fait prisonnier à Aspromonte par les troupes de Victor-Emmanuel (■.'9 août).

Prusse. — Octobre. Ministère de M. de Bismarck.

El'its-Unis. — Continuation de la guerre civile. — 22 septembre. Proclamation de Lincoln émancipant les esclaves à partir du 1" janvier 18B3, moyennant indemnité.

Mexique. — Négociations entre le président Juarez et les puissances alliées. L'Angleterre et l'Espagne, ne voulant pas de l'établissement d'un empire mexicain, se retirent et laissent la France agir seule.

13f;:i. France. — Mai juin. Elections générales. Triomphe de l'opposition à Paris et dans quelques villes.

Allemagne 't Danemark. — Conflit au sujet de la succession des duchés de SchlesvvigHolstein.

Pologne. — Janvier. Insurrection qui dure toute l'année, et qui est réprimée .cruellement par , Mouravieff.

Etats-Unis. ^Continuation de la guerre civile.

Mexique. — 17 mai. Prise de Puebla. — 8 juin. Prise de Mexico. — II) juillet. Une asstmblée de notables proclame empereur l'archiduc Maximllien.

1861. Fronce. — Convention du 15 septembre, par laquelle la France s'engage à retirer ses troupes de Rome dans un délai de deux ans. En revanche, Victor-Emmanuel promet de respecter le territoire pontifical et de prendre Florence pour capitale.

Italie. — Pie IX proteste contre la convention de septembre et lance l'encyclique et le syllabus fs décembre).

Allemagne 1 1 Danemark. — Février-juillet. Guerre dans les duchés danois. Le Danemark doit les céder à l'Autriche et à la Prusse.

Etiits-Uîiis. — Continuation de la guerre civile.

— Novembre. Réélection de Lincoln comme président.

Mexique. — Juin Arrivée de Maximilien à Mexico.

— Octobre. Décret de Maximilien ordonnant de traiter les défenseurs de l'indépendance comme des malfaiteurs.

181)5. France. — Progrès de l'opposition républicaine ou libérale. La convention de septembre a en outre aliéné le haut clergé; vives discussions sur l'encyclique et le syllabus.

Allemagne. — Brouille entre l'Autriche et la Prusse au sujet de la possession des duchés danois.

Italie. — Mai. Transfert de la capitale de Turin à Florence.

Etiiis-Unis. — -3 avril. Prise de Richmond, capitale de la confédération du Sud. — 14 avril. Assassinat de Lincoln. Le vice-président Andrew Johnson le remplace. — .Mai. Fin de la guerre civile par la capitulation des dernières armées du Sud. — Octobre. Un amendement à la Constitution, abolissant l'esclavage, est adopté par la majorité des Etats.

Mexique. — Des volontaires belges et autrichiens viennent renforcer les troupes de Maximilien.

MODES

— Résistance désespérée des républicains. — I.e gouvernument des Etats-Unis proteste contre l'intervention armée do la France.

ISGC. Friince. — Avril. Napoléon III se décide, sur les monaces des Etats-Unis, à retirer ses troupes du Mexifiue. — Il se forme à la Clianibre un parti libéral dynastique à la tête duquel est Emile Ollivier.

Anijletevie, — Chute du ministère Russell-Gladstone, dont le biU do réforme électorale est rejeté. — Ministère tory Derby-Disraéli. — ,\gitation des fénians en Irlande.

Allemagne et Italie. — Mars. Alliance secrète entré la Prusse et l'Italie contre l'Autricbe. — Juin. La Prusse déclare la guerre à l'Autricbe et il ses alliés allemands, Saxe, Hanovre, Hesse. L'Italie leur déclare la guerre en même temps.

— 2i juin. Défaite des Italiens àCustozza. — 3 juillet. Victoire des Prussiens à Sadowa. — 20 juillet. Défaite de la Hotte italienne il Lissa.

— 2\ août. Paix de Prague entre l'Autriche et la Prusse. La Prusse s'annexe le Hanovre, le duché de Nassau, la Hesse et Francfort. L'Autriche est exclue de l'Allemagne. Fondation de la Confédération du Nord, sous la présidence de la Prusse. — 3 octobre. L'Autriche cède la Vénétie ii l'Italie par le traité de Vienne, contre une indemnité. — Décembre. Les troupes Irançaises évacuent Rome, conformément à la convention de septembre ; elles sont remplacées par divers corps de volontaires.

Turquie. — Insurrection en Crète.

Etats-Unis — Conflit entre le président Johnson, favorable aux sudistes, et le Congrès.

Mexique. — Les troupes françaises commencent à évacuer le Mexique. — L'impératrice Charlotte vient en Europe et y cherche vainement des appuis; elle perd la raison. — Les républicains reprennent le dessus.

iSBl. Fiance. — 19 janvier. Napoléon III concède à la Chambre le droit d'interpellation et annonce des mesures libérales. — 1" avril. Ouverture de la quatrième Exposition universelle à Paris.

— 6 juin. Attentat de Berezowski sur Alexandre II. — Octobre. Nouvelle intervention française en faveur du pape ; à Montana (3 novembre), c( les chassepots font merveille, n

Angleterre. — Le ministère tory fait voter luimême un bill de réforme électorale.

Allemaqne. — Février. Première session du Reichstag de la confédération du Nord, élu par le suffrage universel. — Conflit diplomatique avec la France au sujet du Luxembourg.

Autriche. — Réorganisation de la monarchie austro-hongroise : elle est divisée en deux fractions autonomes, Cisleithanie et Transleithanie (Hongrie).

Italie. — Septembre. Grande agitation populaire en faveur de l'annexion de Rome à l'Italie ; Garibaldi est arrêté il Sinalunga. — Octobre. Expédition de Garibaldi contre Rome. Une armée française est envoyée pour défendre le pape. — 3 novembre. Défaite de Garibaldi ii Mentana.

Etats-Unis. — Le congrès vote un blâme à l'adresse du président Johnson.

Me.T,i<jue. — Les dernières troupes françaises se retirent. — Maximilien, fait prisonnier, est fusillé à Queretaro (t9 juin).

1868. France. — Mars. Lois sur la presse, sur l'armée et sur les réunions publiques, en exécution des promesses du t9 janvier. Publication de la Lanlerne. — Octobre. Le gouvernement français refuse d'évacuer Rome. — Novembre. Manifestation sur la tombe de Baudin. Procès ; retentissante plaidoirie de Gambctta pour Delcscluzc.

Angletej're. — Décembre. Chute du ministère Disraeli. Ministère Gladstone.

Espagne. — Septembre. Révolution qui renverse le trône d'Is.ibelle. Gouvernenietit provisoire de Serrano et Prim.

Turquie. — L'insurreciion Cretoise, quidure depuis deux ans, est réduite à l'impuissance.

Etats- Unis. — Procès du président Johnson devant le Sénat. Il est absous. — tlection du général Grant à la présidetice.

1869. France. — Mat-juin. Elections générales; l'opposition l'emporte dans les grandes villes, et réunit les deux cinquièmes du total des suffrages exprimés. —Juillet. Ij'empereur promet de nouveau des réformes libérales. M. Rouher quitte le ministère et devient président du Sénat.

— Septembre. Sénatus consulte introduisant quelques réformes parlementaires. — Novembre. Élections complémentaires. Rochefort est élu à Paris.

Allemagne. —Janvier. Le gouvernement prussien met sous séquestre les biens de l'ex-roi de Hanovre et de l'ex-électeur de Hes^e.

Angliterre.—imWsl. Acte du Parlemetit prononç.tnt le disestublishment de l'Eglise anglicane d'Irlande.

Esjag'ie. — Février. Ouverture des Certes constituantes.—Vote d'une constitulioti monarchique. Serrano est chef provisoire du pouvoir exécutif avec le titre de régent. — Juillet. Commencement de l'insurrection carliste. — Août. Insurrection des républicains fédéraux à Valence, comi rimée en octobre.

Italie. — 8 décembre. Ouverture du concile œcuménique du Vatican.

\ST U.France. —2 janvier. Ministère Etnile Ollivier.

— 12 janvier. Grande manifestation populaire aux funérailles de Victor Noir, tué par Pierre Bonaparte. — Février. Tentatives insurrectionnelles dans Paris. — Mars. Procès et acquittement de Pierre Bonaparte. — 8 mai. flébiscite: 1 .SOOiifllI votants se prononcent contre le régime impérial. — Juin-juillet. Conflit diplomatique avec la Prusse au sujet de la candidature du prince de Hohenzollern au trône d'Espagne. — 15 juillet. La guerre cotitre la Prusse est votée par les Chambres sur la demande d'Emile Ollivier. — 2 août. Premier engagement à Saarbruck. — Défaites de Wissembourg (4 août), de Wœrth et de Forbach ((Saoût). — 9 août. Ministère Palikao. — Batailli'S devant Metz (IB- IS août), où Bazaine se laisse enfermer. L'armée de Mac-Mabon, où se trouve l'empereur, cherche à rejoindre Bazaine; elle est coupée par l'ennemi et cernée à Sedan l:iii août). — Capitulation de Napoléon III (î septembre). — Révolution h Paris il la nouvelle de la capitulation de Sedan ; chute du régime impéiial; installation du gouvernement de la Défense nationale (4 septembre).

Esf.ngne. — Mai. Espartero refuse la couronne. — Juillet. Le prince de Hohenzollern la refuse aussi, à cause de l'oiiposiiion de Napnléon III. — 16 novembre. Le prince Amédée, fils de Victor- Emmanuel, est élu roi par les Cortès. — 28 décembre. Assassinat de Prim.

Italie. — Juillet. Le concile du Vatican vote l'infaillibilité du pape. Les troupes françaises évacuent Rome. — 20 septembre. Rome est occupée par les troupes italiennes. — Décembre. Le parlement italien vote la translation de la capitale à Rome. [Edgar Zevort.] MODES. — Grammaire française, XIII. — Quelle que scit la voix que l'on considère, active, passive, moyenne ou réfléchie, un môtue temps peut y passer par des formes diverses (|ui, sans altérer en rien la significaiion propre du verbi', la présentent ceppudaiit sous des aspects différents (|iii constituent en quelque sorte auiatit de manières d'être

MODES

MODES

de cette signification. Les grammairiens appellent mortes ces différents états, et ce terme, mode, dérive du latin rnodus, qui signifie manière.

On pourrait donc définir les modes les différents états par lesquels peut pa<ser, dans n'importe quellf. voix, la significition du verbe.

Mais cette définition, si elle n'était expliquée par la pratique de la conjugaison, serait certainement aussi peu intelligible que le mot lui-même pour la plupart dos élèves. L'intelligence des enfants reste longtemps rebelle aux formules abstraites; de sorte que pour se faire comprendre de ces jeunes esprits, le meilleur moyen est encore de recourir aux exemples, et, quand on le peut, aux comparaisons les plus familières. Le terme mode se prête tout naturellement à l'emploi de ce dernier procédé. Puisque l'on assimile d'ordinaire les mots à des personnages qui jouent un rôle dans le drame du discours, on pnurra dire aux élèves que le verbe peut jouer, dans chaque voix, six I ôles particuliers, et iiU3, pour représenter ces six personnages, il prend drs manier s d'être tt suit en qu-lqut sorte des modes différentes, de même que nous revêtons des costumes différents selon que nous devons travailler, faire des visites, aller à la chasse ou à la pêche, etc. Mais, de même <iu'en revêtant ces vètemciits divers, nous restons toujours ce que nous étions auparavant, de même la signification propre i chacune des voix du verbe ne s'altère point en passant par les modes : elle ne fait que se présenter dans des étals différents. Examinons, par exemple, les deux phrases suivantes: «J'ai récité ma leçon, — Récitez lOtie leçon. 1) IJans les deux cas, le verbe réciter a la même signification ; dans les deux cas, réciter veut dire : « reproduire de vive voix un passage aj'pris par roiur. » Mais, dans la première phrase, "j'ai récité ma leçnn,» il n'y a que {'indication d'un fait. Celui qui dit « J'ai récitent affirme que l'action de reproduire un morceau de mémoire a certamement été accomplie. Le verbe se présente donc ici au mode indicatif, dont le caractère distinctif est l'affirmation positive du fait exprimé par le radical du verbe.

Si l'on me dit, au contraire : « Récitez votre leçon, u je sens très bien que la signification propre du verbe n'a nullement changé; mais je comprends en même temps qu'elle se présente sous la forme d'un nrdre, d'une injonction i laquelle je dois obéir; je m'explique en conséquence que cette manière d'être nouvelle sous laquelle le verbe réciter m'apparait maintenant, constitue un mode particulier, que l'on appelle le mode impératif, du latin imperare, qui signifie commander.

Si l'intelligence des élèves restait rebelle à des explications aussi familières, il faudrait se résigner, pour le moment, à leur présenter simplement rénumération des modes. Si, au contraire, on les trouvait assez bien préparés par leurs études antérieures pour qu'ils puissent compretidre l'explication scientifique de la modalité, on leur rappellerait tout d'abord que les mots n'ont pas été faits d'une seule pièce; que le verbe, en particulier, s'est formé d'éléments assez nombreux, que l'analyse peut encore séparer dans les plus anciens idiomes de la famille à laquelle appartient la langue française, bien que nous ne distinguions plus aujourd'hui, dans les verbes de notre langue, que le radical et les désinences personnelles. On ajouterait enfin que l'idée accessoire qui constitue le mode, était, comme celle du temps, primitivement exprimée par un suffixe auxiliaire qui. placé à la suite du radical, s'est, avec le temps et sous l'influence de l'accent tonique, soudé à ce radical, ou même confondu avec lui au point de devenir le plus souvent méconnaissable. (V. Griimmahe comparée, page 8i)ii.) On démontrerait ainsi, par des preuves irrécusables, que les modes

constituent, comme nous le disions en commençant, amant à'élots différents par lesquels peut passer, dans chaque voix, la signification du verbe, et, en réalité, autant de manières de conjuguer chaque temps dans ses voix différentes.

Il y a, en français, six modes : 1° l'Indicatif, où le fait exprimé par le radical du verbe est présenté comme certain, posiiif. Aussi appelle-t-on l'indicatif le mode de Vaffiimatiou. Ex.: » Nous allons fini notre devoir et nous étudio7is notre leçon. )i

2° L'Impératif, qui sert h commander {imperare), h ordonner l'accomplissement de l'acte exprimé par le verbe. Exemple : « Etudiez votre leçon ; finissez votre devoir. »

3° Le Coiidttinnel, qui, comme son nom l'indique, devrait exprimer que l'action marquée par le verbe s'accomplira moyennant certaine condition. Exemple : « Tu deviendmis savant si tu étudiais. » Ce mode correspond à celui qu'on appelle optatif [optare, souhaiter) dans les grammaires grecques ; et par le fait, comme mode, le conditionnel ne sert jamais qu'à l'expressioti d'un souhait, d'un désir. Ex. : « Que je voudrais être riche ! je désirerais tout savoir! » Dans tous les autres cas, notre prétendu conditionnel n'est plus qu'un temps, qui appartient au mode indicatif; il sert tout simplement d'imparfait au futur, et, en réalité, il est absolument formé comme lui, de l'infinitif et de l'auxiliaire : toute la différence consiste en ce que le futur est formé de l'infinitif et du préserd de l'ijidicatif du verbe avoir, tandis que le conditionnel est formé de Vimparfad du même auxiliaire. Ex. : J'aimer-ai, j'imnrr-ais (ais est tiré do avais). Pour se convaincre d'ailleurs que le conditionnel n'exprime par lui-môrae aucune condition et peut même s'employer pour exprimer l'affirmation la plus absolue, il suffit d'introduire un petit changement de temps dans cette phrase, qui n'a certainement rien de conditionnel : " Je V'jus assure que je reviendrai l'an prochain. » Mettons le verbe assurer à l'imparfait, et nous serons, en conséquence, forcés décrire : i< Je vous assurais que je reviendrais l'an prochain. » Or ce n'est pas évidemment le changement de temps qui a pu introduire dans cette phrase une idée de condition; donc le conditionnel n'est en réalité ici qu'un temps, c'est-à-dire ['imparfait du futur.

i" Le Subjonctif présente l'accomplissement de l'action marquée par le verbe comme subordonnée à une autre action, c'est-à-dire comme dépendant d'une circonstance exprimée dans une proposition précédente. Ex. : « Le maître exige — que nous apprenions nos leçons. » L affirmation est donc loin d'avoir, dans ce mode, le même degré de force et de certitude que dans l'indicatif. « Le maître veut que nous travaillions, » c'est fort bien; mais travaillerons-nous^ On devra donc faire remarquer avec soin la différence qui sépare Vindicatif du sub/iinctif, en disant que le premier exprime ce qui, en réalité, est, a été, vu sera; tandis que le subjonctif exprime ce qui peut ér.re.

b° V Infinitif s'appelle ainsi parce qu'il présente la signification du verbe dans sa généralité la plus indéfinie : aussi l'a-t-on souvent comparé à un nom. Certains infinitifs, il est vrai, sont devenus de véritables noms, comme le savoir, le devoir, etc. L'infinitif cependant se distingue du nom, dans les cas où un long usage n'a pas amené une assimilation absolue, en ce qu'il éveille toujours l'idée d'un sujet accomplissant l'acte qu'il exprime. Aussi le dormir et le sommi-il sont-ils loin de présenter le môme degré d'abstraction.

li" Le Participe, comme son nom l'indique, participe de la nature du verbe et de l'adjectif. Il tient du verbe en ce qu'il peut avoir, comme lui, un sujet et un complément, et concourir à la for-

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