‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire (volume 2)Chapitre 150 sur 459 · MOIS · texte numérisé non relu

MOIS

mation do proposilions absolues; il tient de l'adjiicuf en ce qu'il s'emploie comme lui pour expi-ijiier certaines manières d'être. Cette double uature du participe on fait un terme 1res original, et, à re titre, il a été regarde à bon droit comme une (les parties du discours.

Exercices. — Un moyen excellent de faire constater par les élèves les diiïorences qui caractérisent les modes, c'est de leur donner, comme (!xercicos, des morceaux à tranffornu^r, c'est-idire, à changer do telle sorte que les verbes passent successivement d'un mode à un autre. Nous allons en donner quelques exemples.

Le maitre commence par dicter à ses élèves le morceau suivant :

« Mon cher enfant, tu f/nrderas toujours la plus grande circonspection à l'égard d'un chien qui te semblerait présenter les symptômes de la rage. Quand une personne aura été mordue, tu emploieras immédiatement les moyens suivants : tu prendras un fer qui puisse pénétrer dans toute la profondeur de la plaie ; (a l" row/iras dans un feu ardent ; tu l'irc-as la plaie avec de l'e.iu froide et salée, lu en recouperas les bords, et /«la sèc/ieras soigneusement; tu cuutéris''riis profondément avec le fer rougi à blanc et tu hrûlerus même les chairs au delà do la partie qu'a atteinte la morsure. »

Ce morceau se prête à diverses transformations de modes. On peut, en eflet :

1° Faire remplacer la deuxième persomie du singulier du futur de Vindicatif par la même personne du présent, de V impératif. Exemple :

« Mon cher enfant, garde toujours..., e«(/j/oie..., prends..., etc. u

2° On peut faire mettre les verbes à la deuxième personne du pluriel du même temps :

<' Mes chors enfants, gardez toujours..., employez..., prenez..., etc. »

3° On pourra ensuite faire mettre les verbes au mode conditionnel. Ex. : « Mon cher enfant, tu devrais garder..., tu empluii'i-ai'i..., etc. »

Quand une petite modification est nécessaire, comme dans l'exemple précédent ou dans le suivant, le maître l'indique en donnant le devoir. Il peut même faire modifier l'exercice de vive voix.

4° On pourra faire passer l'exercice précédent au mode subjonctif, en introduisant il faut, il est nécessaire, il est utile..., avant les verbes qui sont au futur.

Ex. : .< Mon cher enfant, U faut que tu gardes... Il faut que tu emnloies..., il est nécessaire que tu saisisses..., il connient que lu ro'ffis-es...

5° En mettant les verbes des propositions principales à un autre temps du mode itulicatif ou du conditionnel, on pourrait exercer les élèves sur la concordance des modes.

Exemple : « Si une personne était mordue, il faudrait que tu employasses..., il cmuiendrait que tu saisisses... »

Tous les morceaux ne se prêtent pas indifféremment à toutes ces transformations. Le maître, en faisant lui-même les modifications avant de donner le devoir, se rendra compte des difficultés qu elles présentent, et pourra, s'il y a lieu, lever tous les ob>tacles en faisant exécuter de vive voix les transformations qui lui sembleraient devoir embarrasser les élèves. [C. Rouzé.]

MOIS. — Connaissances usuelles, VJII. — La première unité que les hommes durent employer pour évaluer la durée du temps fut le jour, c'esta-aire l intervalle qui s'écoule entre deux levers consécutifs du soleil {W.Joiir). Ils ne tardèrent pas a sentir le besoin dune unité plus grande, pour des intervalles de temps plus considérâmes. ce fut encore dans le ciel qu'ils la trouvèrent. Les changements daspects de la lune frappaient 1 attention de tout le inonde; en les voyant «accomplir régulièrement dans une durée de T.) i' Pahtie.

ou ;îO jours environ, on adopta tout naturellement cette période, ot on évalua la durée du temps par le nombre decesporiodes, coinmefont les sauvages de l'Amérique qui comptent encore aujourd'hui par lunes, en disant que tant de lunes se sont écoulées depuis tel événement, ou qu'une chose aura lieu ,^ la première, ;\ la seconde lune, etc. Telle est l'origirio du iii:,i\ ; elle peut encore s'appuyer sur des prriivi's l'ij iMoliif^iques.

Eu effet, les mots grecs mené, lune, et méi, mois, sont évidemment dérivés l'un de l'autre; de là encore vient le mot latin mens-is, qui, se transformant peu à peu dans le langage populaire de nos ancêtres, devint d'abord mens par la chute de la terminaison is, puis mes, usité encore aujourd'hui dans certains patois, et enfin mois par le changement de son de la voyelle e. Cette parenté entre les noms du mois et de la lune se montre aussi dans l'allemand, qui possède jhohi/, lune, et mottrti, mois, et dans l'anglais où l'on trouve moon, lune, et munlh, mois.

La durée de la période des phases de la lune étant de 29 jours et demi environ, les mois lunaires eurent naturellement 29 et 30 jours. Comment donc eston arrivé aux mois actuels dont les uns ont 31 jours, les autres 30, et parmi lesquels un a seulement 28 et quelquefois 29 jours? C'est ce quia été expliqué aux articles Calendrier et Ere.

Le mois des Grecs était divisé en trois parties égales nommées décades, du mot déca qui signifie dix; dans les mois de 29 jours ou mois caves (par opposition aux mois pleins, qui avaient 30 jours), la troisième décade n'avait que 9 jours. La première décade s'appelait décade <lu mois comnienr.ant ; la seconde, décade du m'ds dans son milieu; la troisième, décade du mois finissant. On indiquait le jour du mois par le rang qu'il occupait dans une décade ; mais dans la troisième, les jours se comptaient à reculons : ainsi, le o troisième jour de la décade du mois finissant » était le vingt-huitième jour des mois pleins, le vingt-septième des mois cave<. Le premier jour du mois s'appelait nouménie, c'est à-dire nouvelle lune.

La nomenclature des noms donnés aux mois grecs est trop peu utile pour qu'elle figure ici; pas sons immédiatement aux mois du calendrier romain.

Selon la tradition, Romulus établit une année de dix mois lunaires et les désigna d'abord par leur rang : preni'er mois, deuxième mois, etc. Mais bientôt après il donna au premier le nom de Martius (mars), en l'honneur de Mars, le dieu de la guerre, dont il se disait le fils. Le second reçut le nom d'Aprilis (avril), qu'on tire du verbe latin aperire, ouvrir, parce que c'est l'époque où la terre s'entr'ouvre en quelque sorte pour la germination et la végétation des plantes. Le nom de Aiams(mai',que prit le troisième, vient, dit-on, de la déesse Mala, mère de Mercure; le quatrième prit le nom de Junius (juin) en l'honneur de Junon, la reine des dieux. A partir de juin, les mois étaient désignés par leurs numéros d'ordre : le cinquième s'appelait quintiis, le sixième sextilis, le septième september, le huitième october, le neuvième novemher, le di.xième december.

L'année de Komulus s'accordait trop peu avec l'année solaire pour qu'on n'éprouvât pas bientôt la nécessité de corriger ce grossier calendrier. Aussi iVuma ajouta-il deux mois à l'année, en les plaçant au commencement, avant les dix autres auxquels il conserva leurs noms, do sorte que le dernier s'appela toujours december, quoiqu'il fût désormais le douzième.

Le premier des deux mois ajoutés fut nommé .lanunrius (janvier), de Janus, le dieu à deux faces, parce qu'il semblait, comme ce dieu, regarder d'un côté l'année qui finit et de l'autre l'année qui commence. Le second reçut le nom de Febi-U'irius (février/, du mot fel/run, sacrifices expiatoires.

MOLIÈRE

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parce que c'était dans ce mois qu'étaient célébrées les fêtes expiatoircsenriionneurdesniorts. Comme les douze lunaisons équivalent à 354 jours, N'uma donna un jour de plus à l'année, car un nnmbre pair était regardé comme funeste. Sous l'influence de cette idéej les mois eurent alternalivemrnt des nombres impairs de jours, 29 et 31 ; février, à cause de son caractère funèbre, conserva le nombre pair 28.

Le premier jour du mois était désigné par le nom de crdendeg, d'un verbe ciilare qui signifie appeler, parce que c'était ce jour-li que les prêtres annonçaient les fêtes du mois au peuple réuni. Les calendes ne se trouvent que dans le calejidrier romain ; de là vint le proverbe « renvoyer aux ■ atendes grecques, » c'est-à-dire h une époque imaginaire, comme on dit quelquefois la semaine des trois jeudis.

Deux autres jours, celui des noues et celui des ides, divisaient le mois romain en trois parties inégales; les nones arrivaient le 7 et les ides le 15 dans les mois de mars, mai, juillet et octobre, le 5 et le 13 dans les autres.

Les Romains ne comptaient pas les jours du mois dans le môme ordre que nous, mais en sens inverse. Ils les désignaient parle rang qu'ils occupaient avant le jour des nones, des ides, puis des calendes du mois suivant. Par exemple le premier jour d'avril s'appelait les calendes d'avril ; le i avril était le 4 des nones d'avril, le 3 avril était le troisième jour des nones, le 4 avril était le deuxième jour des nones, le 5 s'appelait les nones d'avril, \enait ensuite la période des ides: le G avril était le huitième jour des ides d'avril, le 7 avril était le septième jour des ides, le 8 avril le sixième jour des ides, et ainsi de suite jusqu'au 13 avril, date à laquelle tombaient les ides en ce mois-là. Enfin venait la période des calendes, dont les jours, comptés d'après leur distance des calendes du mois suivant, s appelaient dix-builième juur des calendes de mai (14 avril), dix-septième, seizième jours des calendes de mai (15 et IG avril), etc., jusqu'au 1" mai, jour des calendes.

La réforme apportée au calendrier par Jules César a été expliquée au mot Calendrier, ainsi que l'origine des noms de Juillet et d'août donnés aux deux mois Quintilis et Sextilis.

Le jour supplémentaire qui fut alors ajouté à chaque quatrième année fut placé dans le mois de février et intercalé entre le 5 et le G des calendes de mars (v4 et 25 février), jour anniversaire de l'expulsion du dernier roi de Rome ; mais pour ne pas changer le nombre pair 28 attribué au mois de février, le jour intercalé fut appelé deuxième six des calendes de mars, en latin biss-xius calendarutn Marlii; delà vint l'épithète de bissextilis, bissextile, donnée à l'année de 36B jours.

La réforme grégorienne, au .xvi' siècle, n'a rien changé aux noms ni à l'ordre des mois.

En nH3, la Convention nationale, in donnant à la France un nouveau calendrier, enleva aux mois leurs noms traditionnels, pour y substituer des noms nouveaux, dus au poète Fabre d'Eglantine (V. Ciilendr er). Ce calendrier fut mis en vigueur le 24 octobre 1793; mais on lui donna un effet rétroactif, en faisant commencer la première année de l'ère républicaine au 22 septembre 1792. 11 fut aboli par Napoléon en 18(15.

[G. Bovier-Lapierre.]

MOISSON. — V. Céréales.

MOLIÙI'.E. — Littérature française, XIL — Le plus grand nom peut-être dos lettres françaises, l'écrivain que Sainte-Beuve eût proposé de députer à un congrès des génies de tous les peuples pour représenter la France. De même que (Corneille a créé cliez nous cette forme de l'art que l'on appelle la tragédie et lui a donné, malgré les étroitesses de tout genre qu'il iui lallut subir, mie

élévation, un sublime qui sont restés sa marque propre, ainsi Molière, laissé plus libre dans son œuvre, a donné à la comédie française classique une forme, une allure, un esprit qui font de lui un créateur.

Il faut dire au moins un mot de l'homme. C'est la figure la plus sympathique de tout le xvii' siècle : je n'en excepte pas La Fontaine, qui avait un peu trop d'abandon moral. On sent en lisant Molière qu'il avait pour le vice, la bassesse, la tyrannie ces haines vynureusfs qu'il a mises au cœur de son Alceste. Cela était pssez rare alors.

Il est né à Paris (1U22), il y est mort, à peine âgé de cinquante et un ans ; mais il n'y a pas passé toute sa vie, ce qui fut pour lui, poète comique, un grand avantage. On sait, en effet, que vers l'âge de vingt à vingt-deux ans, après de fort solides études, il fut pris d'une vocation irrésistible pour le théâtre, essaya de tenter la fortune à Paris même, avec une troupe formée par lui, et n'ayant pas réussi, se mit à courir la province. Cette vie aventureuse et souvent misérable eût sans doute élé la perte d'un esprit médiocre; pour lui, ce fut un stage fécond, la préparation la plus efficace qu'il y eût. Si les vices, les travers, les ridicules sont la matière indispensable de la comédie et la proie même du poète, c'est en province que la chasse est le plus facile et le plus abondante. Les provinciaux sont sujets à se donner plus volontiers en spectacle; ils s'étalent davantage, ils ont le ridicule plus expansif, les prétentions de tout genre plus accentuées. Il fit donc là sa première moisson d'originaux; mais ce ne fut qu'à Paris qu'il mit en œuvre ces trésors accumulés. Il est fort prubable que dans ses pérégrinations il écrivit pour sa troupe plus d'une comédie plus ou moins au pied levé : on a conservé quelques titres de ces essais informes encore ; luais en réalité, dans cette première partie de sa vie qui va au moins jusqu'à trente-cinq ans, Molière est surtout chef de troupe et acteur. Il ne devient auteur, sans cesser d être comédien, que vers 1G58, Tannée où il donne sur un théâtre de Paris sa pièce des Précieuses i-iiicules. On raconte qu'à la première représentation, un vieillard se leva au milieu du parterre et s'écria : (i Bravo, Molière ! courage. Molière I Voilà enfin la véritable comédie I » Anecdote suspecte, et en tout cas, ce vieillard eût bien restreint le génie de Molière. La pièce des Précieuses ridicules^, si charmante qu'elle soit, n'est après tout qu'une pièce d'actualité, la satire d'un ridicule de la modo dans un certain monde. Il devait aller bien au delà.

On sait de quel poids était alors le jugement de la cour sur les œuvres d'art quelles qu'ellesfussent : c'était la cour qui faisait les réputations. Il n'y avait pas bien longtemps que la société suivait les représentations dramatiques, grâce à l'exemple donné par Richelieu, qui persuada au roi Louis XIII qu'il devait montrer comme soii ministre un intérêt particulier pour tout ce qtil touchait le théâtre. Le roi rendit même un édit en faveur des comédiens, défendant expressément que leur profession put leur porter préjudice dans le commerce public et leur être imputée à blâme en quoi que ce fut. On ne voit pas que l'Eglise ait protesté alors contre tant d'indulgence, elle qui se montra si sévère plus tard- Mazarin aimait aussi le théâtre, mais il préferait la comédie ou plutôt la farce, à la tragédie. C'est lui qui installa en France les Italiens, troupe bouffonne qui fut toujours la plus riche; ment subventionnée, jusqu'au jour où le roi Louis XIV, devenu \ieux, chassa ces étrangers.

C'était donc comme une tradition établie, que le roi se déclarât le protecteur des auteurs et acteurs dramatiques. L'une des troupes avait le

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titre (lo troupe du roi, comédiens ordinaiivs de Sa Majesté, et était subventionnée d'une façon si exiguë, sept ou liuit mille livres, qu'elle avait grand besoin des contributions volontaires du bon public pour pouvoir subsister.

A partir de IGGO, le roi Louis XIV témoigna de l'intérêt ïi Molière : c'était juste, c'était marque du goût. On a singulièrement exagéré cette protection, jusque-lS qu'on a prétendu qu'un jour le roi, pour venger Molière des dédains de quelques officiers de sa maison, fit asseoir le comédien h sa table et le servit de ses propres mains. Cette anecdote, relatée pour la première fois par M"' Campan en 1321, n'a aucun fondement sérieux, et de plus elle est en opposition formelle avec les règles les plus élémentaires de l'étiquette suivie à la cour du roi qui eut l'honneur de servir do modèle à Napoléon I" (|iiand celui-ci voulut renchérir sur les splendeurs dont les monarques aiment à s'entourer. La protectinn de Louis XIV fut cependant réelle. D'abord, il accorda une subvention à Molière ; puis il montra hautement en toute occasion que les pièces de Molière et son talent de comédien avaient l'heur de lui plaire ; ce qui détermina les courtisans, en gens bien appris, à applaudir le poète acteur de leur mieux; enfin, dans certaines circonstances où le génie de Molière essayait de sortir du cadre un peu étroit des libertés permises et de mettre sur la scène des originaux redoutables, l'hypocrite de religion, l'immortel Tartuffe, lo roi, jeune alors et non encore troublé et ravalé par des terreurs dévoles, donnait au poète l'autorisation de faire jouer (après quelques hésitations)- la comédie que le crédit des amis de Tartuffe a fait si souvent interdire. Il est regrettable qu'à la mort de Molière le roi ne soit pas intervenu d'une manière plus directe et plus courageuse pour assurer à ce grand homme des obsèques dignes de lui. Il fut enseveli à la dérobée, de nuit. Le génie du poète n'avait pu sauver le comédien. Disons à l'honneur de Boileau que, le seul h peu près de tous les gens de lettres, il eut le courage de protester contre cette inhumation furtive :

Avant qu'un peu de terre obtenu par prière Pour jamais sous la tombe eût enfermé Molière. {É/jUre à Racine.)

C'est lui aussi, dit-on, qui eut la hardiesse de dire un jour à Louis XIV, qui lui demandait quel ■était le premier poète do son règne : « C'est Molière. I) Cela surprit fort le roi. qui ne voyait guère •en Molière qu'un amuseur supérieur aux autres. Ce n'est guère le lieu de parler ici avec quelques détails de la vie privée "de Molière. Elle est peu connue d'abord, nul homme n'était mains en dehors, jusque-là que nous n'avons pas une ligne de son écriture ; ensuite, il faudrait discuter et réfuter, documents en main, les calomnies que les amis do Tartuffe ont semé(!s et sèment encore contre ce grand homme, qu'ils ont accusé, par exemple, d'avoir épousé sa fille. Cela donne une idée du reste. Molière était bon, généreux, serviable. 11 encouragea, aida à ses débuts Racine, qui ne le lui rendit guère, il honora hautement •Corneille qu'on négligeait, et lui paya deux mille livres ^o\xr Attila, pièce médiocre en somme.

Ce qu'était la comédie avant iMolière, on l'aura bientôt dit. Corneille avait donné l'admirable modèle du Menti-ui\ spécimen du comique noble, emprunté i» l Espagne, mais quLne détermina pas un mouvement chez nous. Quelques pièces gaies, amusantes, composées surtout de scènes facétieuses, sans liaison et sans composition, comme les Trois Orontp de Bois-Robert, lest wion^'/ires de Desmarets, bref, à peu près rien. Ce qui était seul vivant et prospère, c'était la farce : les Italiens .nous avaient transmis ce goût, et Mazarin, nous

l'avons dit, acclimata à la cour les bouffonneries de son pays. Ajout(nis notre Tabarin, et si l'on veut encore, notre Scarron dont la comédie burlesque (Dun Japket d'Arménie) n'est pas si mépr.sable.

Les éléments de l'œuvre de Molière se composent de ce fond éternel de vices, de ridicules, de travers de tout genre qui constituent la nature humaine, et qui se manifeste par des formes diverses suivant les mœurs de chaque pays et de chaque époque. Donc deux parties dans lœuvre : l'une qui est l'accessoire, la peinture de la société avec ses usages, ses goûts, ses idées, son train ordinaire, ce qui fait enfin qu'extérieurement pour ainsi dire, un homme du .xvii' siècle ne i-esseinblo pas à, un homme du xix=. Cette partie, bien que secondaire, offre un grand intérêt, et elle eût offert chez Molière un intérêt tout-puissant, si le poète eût été plus libre. Que de vices, de préjugés, d'iniquités, d'abus de tout genre, qui étaient pour ainsi dire la société elle-même, et dont la peinture lui était interdite ! Il a osé montrer l'hypocrite de religion, mais il n'a pas osé dépeindre le courtisan, si ce n'est en passant, et h la légère. Il n'a pas parlé du traitant, du magistrat, de tant d'autres, qui étaient comme les ressorts d'une société fondée sur des institutions que nul ne songeait à examiner. Ce qui l'a attiré, ce que son génie a saisi et rendu avec une incomparable puissance, c'est cette partie de l'œuvre qui a pour but non la peinture des mœurs du jour, partie éphémère et périssable, mais ce que l'on peut appeler la partie éternelle, impérissable, la peinture des caractères. L'homme du xvii« siècle, il l'a montré; mais il a surtout étudié et montré Ihomme, il a pénétré ce fond invariable et mystérieux qui se retrouve sous toutes les différences de costume, de langage, de mœur.s, etc., etc.

Cette conception de l'art, c'est-à-dire la peinture de ce qu'il y a de plus général dans la nature humaine, détermina la forme de l'art créée par Molière, la comédie dite classique. On sait avec r|uelle rigueur jalouse et inflexible les diverses classes de la société étaient séparées les unes des autres : il en fut de même dajis les genres littéraires. Ils ne devaient sous aucun prétexte se confondre les uns avec les autres. Qu'on lise avec quel soin Boileau, le législateur du Parnasse, marque les barrières qui les séparent. La comédie forma donc un genre bien distinci, et surtout bien à part de la tragédie. La tragédie prenait ses personnages dans le monde des rois, des héros, des princes; la comédie prit les siens dans le monde de la bourgeoisie; la tragédie prenait ses sujets dans les grands intérêts et les passions d'ordre supérieur, la comédie se renferma dans les événements qui composent le train ordinaire de la vie moyenne, surtout le mariage; ejifin, la tragédie avait le ton et le style sublimes, la comt.'die eut un langage familier, simple, naturel. C'est une étrange difficulté, disait iVIolière, que de faire rire les iionnètes gens; et tous les critiques de quelque poids, à commencer par Horace, estiment que les diffii^ultés du genre ne le cèdent en rien k celles qu'offre la tragédie.

Voici comment procède Molière.

Il choisit un des travers, des ridicules, des vices de la nature humaine, soit l'avare, Ihypocrile, le bourgeois vaniteux, le malade imaginaire, la femme pédante ; ce s.ra son personnage principal, le centre môme de l'œuvre. Il groupe autour de ce personnage les personnages secondaires, destinés soit à collaborer au but (luo poursuit le premier, soit à le combattre Delà l'action, ou la lutte. Une partie des acteurs du drame seconde lesdess(tins annoncés dès le principe par le héros, l'autre parlie fait tous ses efforts pour les faire échouer. Il s'agit presque toujours d'un mariage. L'avare, le

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bourgeois vaniteux, le malade imaginaire, l'entiché de dévotion, tous dominés par une passion égoïste et tyrannique, ne poursuivent qu'une chose, de sacrifier leur fille in un époux qu'elle n'aime pas, elle, mais qui leur convient, à eux, parce que cette union les accommode : la pédante est bien aise d'avoir un pédant pour gendre, le malade imaginaire d'avoir un médecin toujours sous la main, l'avare de se débarrasser de sa fille sans donner de dot. Le conflit s'engage donc entre ces tj'rans, ces oppresseurs, d'une part, et de l'autre les victimes si intéressantes qui ont pour elles les droits de la jeunesse et de l'amour. Les moindres incidents mettent en relief la passion dominante du tyran ou son ridicule à qui il est prêt à tout immoler. Arguments des personnes raisonnables, supplications des victimes qui se débattent, plaisanteries et railleries des personnages secondaires, notammejil des braves servantes, les Nicole, les Dorine, les ïoinon, tout contribue à nous présenter sous tous les aspects ces originaux dont la plupart sont devenus des types et qui personnifient quelqu'une de ces maladies morales que la comédie a pour but de peindre.

On a blâmé souvent les dénouements de Molière, et non sans raison; lui-même semble y attacher peu d'importance. Ils sont le plus souvent invraisemblables, ou arrivent un peu à la diable. Le dénouement heureux ou le mariage était imposé au poète par la loi du genre ; il a subi cette loi. Mais il savait bien, ce grand observateur, que les choses ne se passent point ainsi dans la réalité, que les passions absolues et tyranniques dont sont possédés les Harpagon, les Orgon, les Argan mêmes, ne cèdent jamais et accomplissent leur œuvre, qui est de se satisfaire coûte que coûte, detoui immoler à elles-mêmes; qu'elles ont dans ce combat, qui est l'action du drame, toute la force de leur côté, et ces droits invincibles dont la société arme les pères, qu'enfin le plus souvent elles écrasent, anéantissent la résistance des opprimées. Ce spectacle, on ne pouvait le montrer aux yeux, il n'eût pu être supporté, Molière a donc sacrifié la réalité il ces protestations de la conscience que l'injustice dans la violence soulève en nous, mais sans se dissimuler que ces tyrans, vaincus sur la scène, ne l'étaient jamais ou presque jamais dans la vie réelle. C'est parla que son œuvre, si vraie dans la peinture des caractères, ne va pas jnsqu'îi rendre la conclusion suprême qui est la peinture do la réalité sociale, ce qui n'est pas d'ailleurs le but du poète.

Cette partie de l'œuvre de Molière appartient à ce que l'on est convenu d'appeler le comique noble : elle obtenait presque sans restriction l'assentiment de Boileau.

C'est par là que Molière, illustrant ses écrits, Peut être de son art eiit remporté le prix.

Mais il y en a une autre, que le sévère critique et les juges plus ou moins délicats ne pouvaient admettre, C est celle qu'ils désignaient sous le nom de comique bas. Achevons en efi'et la citation de Boileau; il nous apprendra quels étaient les scrupules et les dégoûts de certains critioufs. Molière, dit-il, eût remporté le prix de son art,

Si, moius ;uni du peuple, en ses doctes peinlures H n'eut fait trop souvent grimacer les figures, Quitté pour le lioultoii l'ajrréable et le lin, Et sans lionli- à léience allié Tabariu. Dans ce sac lid.ciile où Scapin leiiveloppc, Je ne reconnais plus l'auteur du Misanthrope.

Le comique bas, c'est Monneur de Pnurcfaugnac, les Foiirb'-riis île Scapin, une bonne partie du Malade nnnqfnaii-e et du Bow-gems i,ent tliomm'i, SyanaicUe, eic. Les gens de bonne compagnie

étendaient la condamnation i d'autres pièces encore ou à des parties de pièces. 11 faut savoir gréà Molière de n'avoir point voulu sacrifier cet élément comique: il a sa place dans l'art, qu'on ne doit jamais borner. 11 y a dans toutes les littératures des chefs-d'œuvre qui touchent au burlesque, ou tout au moins au bouffon. Aristophane et Plautechez les anciens, et sans aller clierclier si loin, notre littérature nationale du moyen âge doit sa supériorité bien plus â l'élément comique qu'à ces longues et souvent fastidieuses épopées que nous nous efi'orçons d'admirer aujourd'hui. Nos fabliaux,, le roman de Renart, certaines de nos farces, comme celle de Pathelin, l'incomparable boufl'onnerie semée par Rabelais dans son Pantagruel, voilà les autorités sur lesquelles Molière pourrait s'appuyer s'il en avait besoin.

On ne voit pas d'ailleurs que les contemporainsaient été aussi difficiles que Boileau; mais c'est le gros public, dit-on, le peuple, les habitués des tréteaux et de Tabarin. Bien d'autres, j'imagine, se rencontraient volontiers avec les spectatetirs qu'on affectait de mépriser. Ce qui est certain, c'est que .Molière était loin de dédaigner les suffrages qui venaient de ce côté, et s'il faut tout dire, c'étaient ceux qu'il préférait. Le bon goût, eu levrai goût, répétait-il, tient encore au parterre, qui lui du moins est sincère et indépendant. Les courtisans riaient et applaudissaient sur commande, (|uand le roi les y autorisait et pour plaire au roi; les gens qui avaient donné leurs quinze sous pour s'amuser librement, en prenaient pour leur argent sans recevoir de mot d'ordre de personne.

Si l'on ne craignait de dépasser les limites de cet article, qui ne peut être (|u'un résumé, on tiaiterait la question de la morale dans le théâtre de Molière, Elle a été fort attaquée et par des arguments qui n'étaient pas, il s'en faut, bien convaincants, s'ils étaient sincères, Bossuet, qui garda, le silence tant que Molière vécut et plut au roi, découvrit vingt ans après la mort du poète une foule d'infamies dans ses pièces; J.-J. Rousseau prétendit que Molière avait voulu dans son Uisantkrope rendre la vertu ridicule. Je ne parle pas de ceux qui dans tous les temps ont essayé de faire expier au poète le Tartuffe et le Don Juan. — L'auteur comique n'est pas un moraliste de profession , il laisse cette tâche aux prédicateurs. Il n'agit sur les âmes que par des impressions, et la sphère de son action même est dans le monde idéal.

L'œuvre de Mol'ère, prise dans son ensemble, est saine. Elle fait haïr les oppresseurs, les tyrans de la volonté qui immolent tout à leur passion unique; elle apprend à rire des exagérés, quand ils sont inofl'ensifs et simplement ridicules. Elle prêche le bon sens, la douceur, l'humanité, tout ce que le^ avares, les hypocrites. Les vaniteux, lesmaniaqncs oublient et persécutent. Ce n'est pas | là toute la morale, mais ce n'est pas non plus si I peu de cliose.

La gloire de Molière a été toujours en grandissant. D'autres, parmi les plus grands, ont subi des éclipses, lui s'est élevé sans cesse de plus en plus dans l'admiration des hommes. Au xviii' siècle, l'Académie, regrettant qu'il n'ait pu compter parmi ses membres, donna du moins l'hospitalité à son buste, avec cette inscription du poète Saurin :

Hien ne manque à sa gloire : il manquait à la nôtre.

Les étrangers, sauf certains critiques allemands, proclamèrent sa supériorité. Gœtbo avait pour lui la plus vive admiration. Los Anglais n hésitent pas à le mettre à côté de leur Shakespeare, Au xviii' siècle, l'Italien Goldoni s'honorait de se dire un de ses humbles disciples. On sait enfin que la France lui a enfin élevé une statue, en face de la maison où il est mort, et un tombeau. Depuis

MOLLUSQUES

MOLLUSQUES

quarante ans, ses œuvres ont été l'objet d'innombrables études ; l'admiration , on pourrait dire l'amour public, ne so lassent pas. Lo xix° siècle semble vouloir payer au grand poète la dette que ses contemporains du grand siècle n'ont acquittée qu'en partie. [Paul Albert.)

MiH.LUSQUES. — Zoologie, XXVIII. — L'ombrancliement des Mollusques comprend des animaux mous, caractérisés par un système nerveux formé d'un double collier œsophagien sans chaîne ventrale, et par un système circulatoire incomplot, lacunaire.

Il peut se diviser en sept grandes classes : les Céphalopodes, les Céphalophores, les Solénoconques, les Lamellibranches, les Brachiopodes, les Bryozoaires et les Tuniciers.

Les trois dernières classes renferment les animaux les moins élevés de l'embranchement des Mollusques. Le système nerveux typique so réduit à un seul collier chez les Brachiopodes et à un seul ganglion chez les Bryozoaires et les Tuniciers. Ces trois classes sont réunies ensemble pour former le sous-embranchement des MoUuscoïdes, les quatre premières formant le souscmbranchoment des Mollusques proprement dits. Céphalopodes (Classe des'. — Les Céphalopodes, dont les types bien connus sont le Poulpe, le Calmar, le Nautile, occupent, par leur organisation élevée, le premier rang parmi les mollusques.

Ils ont un corps parfaitement symétrique, et nettement divisé par un étranglement en deux parties, l'une, la tête, portant huit ou dix bras bien développés, l'autre, le tronc, dans lequel se trouvent renfermés les viscères Le manteau, fixé à l'animal sur la face dorsale, forme à la face ventrale une grande cavité palléale, divisée en deux à sa partie inlérieure, au moyen d'une membrane musculaire.

De cette cavité palléale fait saillie sur la ligne médiane une sorte de tube, l'entonnoir, qu'on considère comme l'analogue du pied chez les autres mollusques. C'est un tube cylindrique rétréci en avant, fendu en dessous chez le nautile, et dont la base très large est en communication directe avec la cavité palléale.

A l'intérieur de cette cavité se trouvent deux ou quatre branchies lamelleuses, dont la surface est baignée par un courant d'eau, pénétrant par la fente du manteau. Cette eau est rejetée au dehors par l'entonnoir, en entraînant les résidus de la digestion, grâce aux contractions du manteau, la fente palléale se fermant alors au moyen de cartilages spéciaux par et le jeu de muscles particuliers. Dans la cavité palléale ou branchiale, on rencontre un certain nombre d.'ouvertures.

Sur la ligne médiane, sous l'entonnoir, se trouve, à côté de l'orifice terminal du tube digestif, l'ouverture d'une glande spéciale, pyriforme, existant presque généralement, et qui sécrète un liquide noir, au moyen duquel l'animal peut s'entourer d'une sorte de nuage opaque et cacher sa fuite à ses ennemis.

Au-dessous et de chaque côté existent les orifices de deux grands sacs, dans lesquels sont des imasses spongieuses développées sur les artères branchiales et qu'on considère comme des reins. Outre ces orifices, on trouve chez les Céphalopodes femelles un ou deux orifices servant h la sortie des œufs, suivant qu'ils appartiennent au .groupe des Décapodes ou h celui des Octopodes. La têie, en général d'une forme globuleuse, porte latéralement des yeux énormes qui ont une grande analogie avec ceux des poissons.

Au-dessus des yeux, se trouve une couronne formée par huit appendices, désignés sous le nom de bras. Ces bras, excepté chez lo nautile où ils sont peu développés, sont munis à leur face inférieure de ventouses ou de griffes.

La bouche, située au milieu des bras, est entourée d'un repli circulaire cutané, formant une sorte do lèvre. Les mâchoires très développées ont la forme d'un bec de perroquet renversé. C'est au moyen de ce bec très puissant que les Céphalopodes déchirent leur proie, et non avec les ventouses qui tapissejit leurs bras et qui ne servent qu'à la saisir et h la maintenir. Outre les mâchoires, la bouche présente une masse buccale très développée armée de sept rangées de crochets et analogue à la râpe linguale des Céphalophores.

Les Céphalopodes, à. l'exception du nautile, ne possèdent qu'une coquille interne rudimentaire ou nulle.

Leur peau lisse est munie de cellules h pigment variable et auxquelles on a donné le nom de chroniatophores.

Ces chromatophores, disposés sur des plans différents, sont des cellules contractiles contenant des granules pigmentairos, toujours d'une couleur uniforme dans chacune d'elles, et produisant des taches rouges, brun jaunâtre, bleues ou violettes, qui, suivant que les cellules sont dilatées ou contractées, s'étendent plus ou moins et sont d'une nuance plus ou moins foncée. Ce sont ces contractions et dilatations alternantes et par groupe, qui produisent ces remarquables variations dans la couleur de la peau des Céphalopodes et les aident puissamment h échapper à leurs ennemis. Au-dessous de ces chromatophores placés sous la volonté de l'animal, il existe encore une couche de petites paillettes brillantes, qui donnent k la peau son éclat chatoyant et argenté.

A l'intérieur, les Céphalopodes sont pourvus d'un squelette cartilagineux, que l'on compare souvent au squelette interne des vertébrés. Ce squelette sert à protéger les centres nerveux très condensés chez ces animaux, et à fournir des points d'attache aux muscles. L'appareil digestif se compose d'un long œsophage dans lequel viennent déboucher deux paires de glandes salivaires. Chez les Octopodes, l'œsophage présente un élargissement assez considérable auqnel on donne le nom de jabot. L'estomac, arrondi, a des parois épaisses offrant à l'intérieur des plis longitudinaux. Au point où il se continue avec l'intestin, se trouve un vaste caecum en général contourné en spirale et dans lequel viennent déboucher les deux canaux excréteurs du foie très volumineux. L'intestin remonte ensuite presque sans circonvolutions, pour aller s'ouvrir au dehors sous l'entonnoir.

L'appareil circulatoire est bien plus compliqué que chez les autres mollusques. Le système veineux lacunaire tend à disparaître et il est remplacé en grande partie par des vaisseaux à paroi propre se continuant par de fins capillaires, mettant en relation directe le système veineux et le système artériel.

L'appareil respiratoire se compose de deux oii quatre branchies lamelleuses situées dans la cavité du manteau.

Les Céphalopodes se divisent en deux grands groupes suivant qu'ils ont deux ou quatre branchies. Ces deux groupes sont : les Tétrabranchiaux ou Céphalopodes â quatre branchies, et les Dibranchiaux ou Céphalopodes pourvus de deux branchies.

Tétrabranchiaux. — Les Céphalopodes tétrabranchiaux, autrefois très nombreux, ne sont plus représentés actuellement que par un seul genre, le genre Nnidile.

Dans le nautile, la tête est entourée d'un grand nombre de tentacules filiformes, que l'on regarde comme correspondant aux ventouses des bras des autres (léphalopodes, les bras du nautile étant rudimentaires. Seul parmi les Céphalopodes ac-

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tiiellement vivants, le nautile est pourvu d'une coquille externe cloisonnée.

La coquille, épaisse, est divisée par des cloisons transversales en chambres remplies d'air et traversée s pai' un siphon médian. Elle est constituée par une couche calcaire extérieure, et par une couche épaisse de nacre à l'intérieur. Los Chinois profitent de cette disposition pour sculpter sur la couche externe des dessins qui ressortent sur le Tnid nacré situé au-dessous. Les nautiles, qui ne sont plus représentés actuellement que par quatre ou cinq espèces vivant dans les mers des Indes, ont apparu dès le terrain silurien.

Les genres fossiles les plus importants de ce groupe des Tétrabranchiaux sont : les Gonialites, apparaissant presque en môme temps que les nautiles, mais s'arrôtant dans le trias; les Cératiles, allant du dévonien à la craie; les .\mmonites. si abondantes surtout dans le terrain jurassique ; les Orlhoceras, à coquille droite, apparaissant dès lo silurien inférieur.

Dibranchiaux. — Les Céphalopodes dibranchiaux portent autour de la bouche huit bras armés de ventouses ou quelquefois de crochets.

Outre ces huit bras, un certain nombre de genres, formant le sous-ordre des Décapoilps, possèdent deux longs appendices plus ou moins réiractiles, dont les extrémités, en forme de massue, possèdent seules des ventouses ou des griffes.

On donne à ces appendices le nom de tentacules ou de bras tentaculaires. Chez les Céphalopodes dibranchiaux dépourvus de ces deux appendices tentaculaires, et formant le sous-ordre des Octo/'orles, les bras sont réunis à leur base par une membrane plus ou moins développée et formant une sorte d'entonnoir au fond duquel se trouve la bouche.

Les huit bras sessilcs sont ordinairement coniques. Chez l'Argonaute femelle seule, deux des bras se replient sur eux-mêmes et sont pourvus û une membrane très extensible chargée de sécréter une coquille très délicate, dans laquelle l'animal place ses œufs. Cette coquille n'a aucun rapport avec les coquilles des autres mollusques qui sont des sécrétions du manteau. A la surface interne de ces huit bras et sur toute leur longueur, se trouvent des ventouses disposées en plusieurs séries, excepté dans le genre Eledone, où il n'y en a qu'une seule rangée.

Chez les Octopodes, les ventouses sont sessiles et entièrement charnues. Chez les Décapodes les ventouses sont pédonculées, et leurs parois latérales, très minces, sont garnies sur leurs bords d'un anneau corné et dentelé. C'est surtout au moyen de cet anneau que ces animaux saisissent et maintiennent leurs proies.

Les bras tentaculaires portent aussi, sur leiir extrémité renflée, des ventouses à anneau corné. Mais dans le genre Onychoteuthis, ces ventouses sont remplacées par de forts crochets pouvant rentrer comme les griffes des chats. Aussi ces animaux sont-ils redoutés des plongeurs.

.\ucun de ces Céphalopodes dibranchiaux ne porte do coquille externe sécrétée par le manteau. Mais chez la plupart des Décapodes, le manteau sécrète dans la région dorsale une coquille interne plus ou moins délicate ou rudimentaire.

Chez les Calmars, la coquille est formée d'une substance cornée, homogène, d'un brun jaunâtre. D'après sa forme, elle a été comparée h une plume [pluuie de calmar), ou à un fer de lance. Cette coquille présente, en effet, une tige amincie à une de ses extrémités et deux ailes latérales plus ou moins longues.

Chez les Seiches, la coquille est bien différente. Elle est aussi large et aussi longue que le corps, très épaisse en avant, concave en arrière à la face interne ; elle se termine en arrière par une petite

pointe qui fait souvent saillie au-dehors de l'animal. Cette coquille est très légère et très poreuse. Elle est formée de couches cornées, séparées par des dépôts calcaires.

Dans le seul genre Spirule.la coquille interne est spiralée et cloisonnée ; les diverses chambres de la coquille sont traversées par un siphon marginal. Quelques genres de Décapodes ont pu, grâce à leur coquille, se conserver dans les terrains géologiques; de tous ces genres, le plus important de beaucoup est le genre Bélemnite, dont le rostre surtout, bien conservé, et atteignant parfois une très grande taille, est l'arialogue de la pointe qui termine la coquille des Seiches.

Les Céphalopodes dibranchiaux peuvent être considérés comme jouant, parmi les mollusques, le rôle que les oiseaux de proie remplissent parmi les oiseaux. Bien armés, doués en général d'une locomotion en arrière rapide, grâce en panie au mouvement de recul qu'ils impriment à leur corps en rejetant violemment par leur siphon l'eau qui remplit leur cavité palléalc, ce sont de terribles destructeurs de poissons, de mollusques et de crustacés, qu'ils déchirent bien souvent sans les manger. D'un autre côté, ils ont aussi de nombreux ennemis ; un grand nombre de cétacés ne vivent presque exclusivement que de céphalopode^ ; les thons et beaucoup d'autres gros poissons s'acharnent i leur poursuite ; les albatros, les pétrels les chassent aussi la nuit, quand ils apparaissent à la surface de l'eau.

Ces animaux atteignent parfois une taille assez considérable. Dans la Méditerranée, on rencontre des poulpes dont les bras, quatre ou cinq fois plus longs que le corps, dépassent 1 mètre. Dans les mers du Sud en Océanie, on en rencontre quelquefois d'une taille énorme ; ainsi celui que M. Velain a trouvé sur la plage de l'ile Saint-Paul mesurait •;", 15 de long. Aussi ces animaux pourraient très bien'attaqucr une barque et la couler; mais il y a loin de là au monstre imaginé par Denis de Montfort, et qui était capable, d'après lui, de couler un trois-mâts.

Dans certains pays, les Céphalopodes sont assez recherchés comme nourriture. C'est ce qui a lieu dans la Méditerranée et le golfe de Gascogne. Dans le Nord de la France, on n'en mange que très peu, mais on s'en sert comme d'appât. C'est surtout dans la pêche à la morue qu'ils sont utilisés.

L'osselet interne des Seiches est aussi d un grand usage. Il y en a dans presque toutes les cages,' et les oiseaux captifs y trouvent le calcaire qui leur est nécessaire. On s'en sert encore pour faire de la poudre de sandaraque. L'encre de seiche était autrefois employée pour faire de l'encre de Chine et de la scpia.

Parmi les Octopodes vivant dans nos mers, or trouve les genres suivants :

O'topus (poulpe , dont les bras très longs son munis de deux rangées de ventouses; le poulpe commun est quelquefois appelé pieuvre;

Eledone, dont les bras n'ont qu'une seule ran gée de ventouses ;

Argnnin.ta; la femelle, plus grande que le maie possède deux bras en forme de nageoires, qui si crètent une coquille mince. Parmi les Décapodes nous trouvons les : !

Sepia (seiche), dont le corps large est pourvi de deux longues nageoires latérales ; ■

Udiao (calmar), dont le corps très long^ ei pourvu à son extrémité de deux nageoires trian gulaires; , , , . j „

Sepiola, les plus petits Céphalopodes de ni côtesj à corps arrondi en arrière et muni de dei nageoires demi-circulaires;

Onychoteuthis, dont les tentacules sont pourvu de crochets

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Céphalophores (Classe des). — La classe des (i('|)lial(i|ihorcs se divise en trois sous-classes bien riisiincles:

Li's Cidstn-o/n'ilcs, caractérises par un pied large, niusi-ulairc, scrvuiil d'organe de reptation.

Les l'tijropodes-, chez qui le pied est transformé en deux nageoires latérales.

Les llétéropodcs, chez qui le pied est transformé en une na;;'eoiro verticale.

Les animaux des deux dernières sous-classes sont essentiellement pélagiques.

Gastéropodes (Sous-classe des). — Los Gastéropodc^s, dont les escargots, les limaces sont des représentants bien connus, sont caractérisés par un pied musculaire, très développé, au moyen duquel ils rampent. Leur tète bien distincte porte doux et quelquefois quatre tentacules, deux yeux bien développés situés tantôt k la base des tentacules, tantôt i l'extrémité de la paire tontaculaire postérieure. La bouche s'ouvre dans une cavité armée de màclioires latérales et d'une râpe linsuale souvent très longue et pouvant dépasser la longueur du corps de l'animal. Cette cavité est suivie de rœ«ophage et de l'estomac plus ou moins développé. L'intestin, après quelques circonvolutions, vi(.'nt s'ouvrir en général sur le côté droit en arrière de la tète.

La cavité du corps constitue le plus souvent un sac viscéral atténué de plus en plus vers son extrémité postérieure et enroulé en spirale. Toute cette masse est entourée par le manteau qui, dans les Gastéropodes munis d'une coquille, en tapisse tout l'intérieur et la sécrète.

Entre le manteau et le pied se trouve ménagée une cavité dans laquelle se trouvent les organes respiratoires. Ces organes se composent de deux branchies inégalement développées. Cependant cl;ez la plupart des Gastéropodes terrestres et chez quelques-uns de ceux qui vivent dans les eaux douces (Limnées. Pliyses), ces branchies n'existent p.is, mais alors la paroi supérieure de la chambre est parcourue par un réseau très riche de vaisseaux, à travers les parois desquels se fait l'endosmose des gaz. Tous les Gastéropodes jouissant de ce dernier mode de respiration sont réunis dans un même groupe sous le nom de Mollusques pulmonés.

La coquille calcaire qui enveloppe le plus souvent les viscères, et dans laquelle l'animal peut généralement rentrer entièrement, est ordinairement univalve et enroulée en spirale; l'enroulement, à, de rares exceptions près, est dextre, c'estii-dire que l'ouverture de la coquille est à droite; chez les Clausilies, les Physes, la coquille est sénestre, l'ouverture étant à gauche. On rencontre quelquefois des monstruosités sénestres dans les espèces généralement dextres.

L'ouverture est souvent entière; souvent aussi elle est échancrée en avant ou prolongée en un canal. Cette échancrure ou ce canal indique la position de l'oritice respiratoire.

Dans les Patelles, la coquille est en forme de coupe, et chez les Oscabrions elle est formée de pièces placées bout h bout et mobiles les unes sur les autres ; l'animal a alors une forme anuelée et peut s'enrouler en boule. Enfin la coquille peut s'atrophier beaucoup, comme chiz les Limaces, ou même disparaître entièrement. Lorsque la coquille est spiralée, l'animal porte fréquemment à l'extrémité du pied une pièce calcaire ou cornée au moyen de laquelle il peut fermer l'ouverture. Celte pièce est l'opercule. Il ne faut pas la confondre avec la production calcaire que sécrètent certains Mollusques dépourvus d'opercule , en particulier les Escargots, et au moyen de laquelle ils ferment leur coquille au moment de l'hibernation. Cette pièce, complètement indépendante de l'animal, est l'épiphragme.

Tous les Gastéropodes pulmonés sont hermaphrodites ; la plupart des autres mollusques sont dioï(|ue9, c'esl-i-dire 6 sexes séparés.

Les Gastéropodes terrestres pondent des œufs isolés, entourés d'une enveloppe calcaire; les Gastéropodes aquatiques, à l'exception de quelques espèces vivipares, subissent des métamorphoses et pondent des chaînes d'oeufs, ayant souvent des formes bizarres.

la larve au sortir de l'oeuf est constamment pourvue d'une coquille et d'un disque céphalique bilobé. Ce disque ou voile est garni de cils vibratils qui permettent à l'animal de nager librement. Plus tard, la coquille disparaît chez les Gastéropodes nus, le voile est remplacé par le pied, et l'animal auparavant nageur ne peut plus que ramper.

Les Gastéropodes peuvent se diviser en deux groupes principaux : les Gastéropodes pulmonés et les Gastéropodes à branchies.

Les Gastéropodes pulmonés comprennent pres- (|ue tous les mollusques terrestres: les Limaces, les Hélices ou colimaçons, et quelques espèces vivant dans les eaux douces : les Limnées, les Physes, ;i coquille sénestre, les Planorbcs, à coquille discoïde.

Les Gastéropodes à branchies sont presque tous marins et contiennent un nombre considérable de genres, parmi lesquels les principaux sont: les Murex ou Rochers, dont la coquille est garnie d'épines, les Pourpres, les Porcelaines, les Cônes, les Strombes, les Haliotides ou Oreilles de mer, les Patelles, les Oscabrions. Les Paludines vivipares de nos eaux douces appartiennent à ce groupe.

A l'exception des Hélices (escargots), des Haliotides (oreilles de mer) et d'un petit nombre d'autres espèces, les Gastéropodes ne sont pas utilisés comme aliments. Les coquilles épaisses des Strombes et des Casques sont employées dans la fabrication des camées.

Les Murex, les Pourpres sécrètent une liqueur prenant au soleil une belle teinte violette. C'est de cette liqueur que les anciens tiraient la couleur si renommée de la pourpre.

Presque tous les mollusques terrestres, à l'exception des Testacelles, sont herbivores et par conséquent nuisibles à l'agriculture. Parmi les mollusques marins, ce sont au contraire les e-pèces carnivores, en particulier les Murex, les Nasses, qui sont nuisibles. Ces animaux peuvent en effet percer au moyen de leur râpe linguale les coquilles des bivalves et en dévorer l'animal. Ils sont surtout nuisibles dans les huîtrières, où ils occasionnent de nombreux dégâts.

Ptéropodes (Sous-classe des). — Les Ptéropodes, qu'on désigne souvent sous le nom de Papillons de la mer, présentent au-dessus de la bouche deux grosses nageoires latérales, qui, par leurs battements, font progresser 1 animal.

Le corps est tantùl nu et sans manteau distinct, tantôt il est enveloppé d'une coquille symétrique ou spiralée, cartilagineuse ou calcaire ; dans ce cas le manteau est bien développé et couvre en avant la cavité palléale.

La bouche, située à l'extrémité céphalique, est entourée, chez les Ptéropodes nus, d'appendices parfois munis de ventouses analogues à celles des Céphalopodes. Elle fait suite à une cavité armée de mâchoires et d'une râpe linguale. L'œsophage, très long, est suivi d'un estomac spacieux et d'un large intestin à plusieurs circonvolutions. Les organes de la respiration se composent, chez les Ptéropodes à coquilles, de rudiments de branchies situées dans la cavité palléale. Chez les Ptéropodes nus, ils manquent entièrement ou consistent en lamelles foliacées situées à l'extrémité postérieure du corps.

Tous les Ptéropodes sont hermaphrodites; les œufs sont pondus en longs cordons flottant libre-

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ment à la surface de la mer. Les larves sont libres ot ont un voile cilié à deux lobes et une coquille. Le voile est ensuite remplacé par les deux nageoires, la coquille disparaît pour toujours ou pour être remplacée par une nouvelle.

Les Ptéropodes ont été divisés en deux groupes, suivant qu'ils ont une coquille ou qu'ils en sont dépourvus.

Parmi les Ptéropodes à coquille, les principaux sont : les Hi/ales, à coquille globuleuse, symétrique, transparente, munie de trois pointes en arrière; les Cleodora, dont la coquille a la forme d'une pyramide triangulaire ; les Limnctnes, Ji coquille spiralée, sénestre ; les Cijmbulie-^, dont la coquille en forme de nacelle est cartilagineuse.

Parmi les Ptéropodes nus, il y a les tV/oi, dont le corps est dépourvu de branchies et la tête armée de deux tentacules ; les Pneiimodermom, ayant des branchies externes et une tête armée de tentacules à ventouses.

Tous ces animaux de petite taille sont do haute mer, où on les rencontre parfois en bandes considérables. Dans les mers polaires, les Clios servent de nourriture aux baleines.

Héféropodex (Sous-classe des). — La sous-classe des Hétéropodes comprend un petit nombre d'animaux remarquables par leur transparence. Leur pied est transformé en une nageoire caudale très développée et en une nageoire ventrale portant un petit suçoir, qui leur permet d'adhérer aux algues. Tandis que la partie antérieure du corps, ponant deux tentacules, est très allongée, la niasse viscérale est très petite et logée dans une coquille transparente, spiralée ou patelliforme.

Les Hétéropodes sont dioiques. Les larves sont pourvues, comme chez tous les Céphalophores, d'un voile bilobé et d'une coquille; le pied porte en outre un opercule. Ce voile, parfois l'opercule et même lacoquille tombent, le pied se transforme en nageoire et la métamorphose est accomplie.

Tous ces animaux sont pélagiques et progressent lentement au moyen des mouvements de leur nageoire, la face ventrale tournée en haut. Ils sont tous carnassiers et saisissent les petits animaux marins au moyen de leur râpe linguale très développée.

Les principaux genres de cette sous-classe sont: les Carinaii-es, à coquille patelliforme; les Atlantes, à coquille spiralée, et les Firotes, dépourvues de coquille.

Solènoconques (Classe des). — Cette petite classe de Mollusques renferme des êtres intermédiaires entre les Céphalophores et les Lamellibranches.

Comme les Céphalophores, ils présentent une coquille univalve ayant la forme d'un tube allongé, conique, ouvert à ses doux extrémités. L'animal, de forme analogue, s'y tient caché, fixé par un muscle à la partie inférieure. La bouche est aussi armée d'une râpe liiiguale, elle est suivie d'un pharynx, d'un estomac et d'un intestin à plusieurs circonvolutions. Mais comme chez les Acéphales, le corps est symétrique, dépourvu de tète ; le cœur qui manque est remplacé par une sorte de bourse traversée par le rectum. Les larves libres ont une coquille presque bivalve et un voile analogue à celui dos Lamellibranches.

Le genre principal des Solènoconques est le genre Deninle.

Ces animaux vivent enfoncés dans la vase, ou rampent à l'aide de leur pied trilobé. Ils sont carnivores, et se nourrissent de Foraminifères et de petits Lamellibranches.

Lamellibranches 'Classe des). — La classe des Lamellibranches ou des Conchifères comprend des mollusques acéphales tous aquatiques, et, à l'exception de quelques genres, tous marins. L'animal est logé dans une coquille i ivalve, dont les deux

valves très souvent symétriques sontréunies entre elles, sur la face dorsale, par un ligament élastique, déterminant leur écartemenl. En outre, leurs bords supérieurs présentent des dents et des fossettes qui, s'engicnant les unes dans les autres, contribuent h les réunir solidement. Ces bords constituent ce qu'on appelle la charnière.

A l'intérieur, les deux valves sont tapissées par une membrane très fine qui les sécrète. Les deux lobes de celte membrane ou manteau recouvrent l'animal comme la couverture d'un livre.

Souvent les bords du manteau sont libres et portent, comme chez les Peignes, les Limes, des taches pigmentaires considérées comme des yeux. Plus souvent, les bords sont réunis entre eux, ne laissant que deux ou trois ouvertures pour l'entrée et la sortie de l'eau et pour le passage du pied de l'animal. Parfois ces ouvertures d'entrée et de sortie de l'eau sont prolongées en forme de tubes musculaires , susceptibles de s'allonger beaucoup, en particulier dans les espèces fouissantes. Ces tubes ou siphons sont situés à la partie postérieure de l'animal. Par le siphon brachial, le plus éloigné du dos, pénètre l'eau chargée des matières alimentaires et des gaz nécessaires ;\ la respiration ; par le siphon anal sort l'eau qui a servi à la respiration, en entraînant les détritus de la digestion. Ces siphons sont parfois réunis entre eux, les deux canaux n'étant séparés que par une simple cloison musculaire.

Immédiatement sous le manteau se trouvent, de chaque coté, deux paires de lamelles foliacées en forme de peignes; ce sont les organes de la respiration, les branchies. Elles sont fixées sur l'animal par le bord supérieur ou dorsal et se réunissent entre elles à la partie postérieure. Entre ces branchies se trouve le corps de l'nni- I mal, formant une sorte de sac où sont logés les viscères, et un piert plus ou moins extensible en forme de soc de charrue. C'est au moyen de ce pied que se meuvent les Lamellibranches susceptibles de se mouvoir. Chez certaines espèces, comme les moules, les huitres perlières, les jambonneaux, ce pied est creusé, à sa face dorsale, d'une gouttière au fond de laquelle se trouvent des glandes sécrétant des fils soyeux, au moyen desquels l'animal se fixe aux corps étrangers. Cet organe d'adhérence porte le nom de byssus.

La bouche, en forme de fente, est entourée de deux paires de lamelles trianguhiires, dont la surface est tapissée de cils vibratiles entraînant les particules alimentaires vers la bouche. On ne trouve chez les Lamellibranches aucun organe comparable à la râpe linguale des Mollusques plus élevés. Le tube digestif, sans traces d'estomac, est contourné en spirale, et après avoir traversé le cœur situé sous la charnière, il s'ouvre au dehors à l'extrémité d'un petit tube.

Le reste du corps est occupé par des glandes volumineuses, parmi lesquelles il faut citer surtout le foie.

Deux muscles puissants, transversaux, situés l'un en avant de la bouche, l'antre à la partie postérieure, sont fixés aux deux valves et ont pour objet de fermer la coquille. Ces muscles laissent sur chaque valve des empreintes très nettes, désignées sous le nom d'empreintes musculaires. Souvent le muscle postérieur s'atrophie et disparait même entièrement dans certains genres, en particulier dans les huitres.

Parmi les mollusques lamellibranches, les uns restent constamment fixés; c'est ce qui a lieu par exemple pour l'huître, qui adhère aux roches au moyen de sa valve gauche qui est la plus bombée.

D'autres espèces restent fixées au moyen du byssus qu'elles sécrètent. D'autres restent enfouies dans le sable ou dans la vase ; elles ont alors un

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i,i,Hl tiTS drvcloppé, qui leur perniRt de fouiller le l 1 .. de s,pl,ons IrU longs dont les c^trem, es neûvent vcni arflourer i la surface du fond. Certains bivalves, comme les Pholades, se creusent re dS.re dans des sols plus durs et .é.e an

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EnHn un grand nombre de f,% '^^ "'J^^,^ vivent indépendants et se meuvent à la s»'l*/« ''" sol et sur les plantes marines au moyen des conracUons de le'ur pied, ou «".""v-ant et en refermant brusquement leur coqudle (Limes, Peignes) a plupart des Lamellibranches sont dioiques . les œu s, en nombre considérable, sont retenus entr?"es lobes du manteau et les feuillets des branchies. Us restent 1.1 jusqu'à l<=ur eçlosion e même chez certaines espèces, comme ^'^^^'J'^f de. nos eaux douces, les jeunes y demeut'-

un tube digestif dépourvu danus.

Ce groupe, le plus nombreux, comprend les genres principaux siivantst Terchmlula, Rhjnconella , Sub-ifei-, Piodiictus, Ortliis.

■2" Les Braohiopodes sans charnières; -dans ce groupe le test e.st corné, le tube digestif est pourvu d'un anus. Le genre le plus important de ce •troupe est le genre Lmg"la. . „„

Si on ouvre la coquille d'un Brachiopode, on voit que sur chaque valve est adhérente une a-, mè le membraneise, analogue au ^■"anteau des Lamellibranches, mais toujours •<'^.deux lobes du

anleau des Bracbiopodes sont disjoints et les

même cnez eeriainr.o. ^^i^^.^^-, ------ ,„„„,;„. manteau des Bracniopuuu» nu.ii. ^..jj"- ■-- -- - -

de nos eaux douces, les jeunes y d<>me"re t jus- '»;" «f" ?,n,„, pénètrent, ce qui n'a pas lieu qu'à, ce qu'ils aient atteint le tiers de la taille des »;;|^^"',-^/'Larnellibranches. Le manteau est en

Tous les Lamellibranches subissent des meta- ] morphoses. Les embryons nagent t''"JO"'-f, Ij?;^: ment dans l'eau, au moyen d iin voile un obe qu'ils portent à leur partie anleneure et dont la surface est couverte de cils vibn^ils. Ils peuven ainsi se répandre à de grandes distances ce qm est en général absolument impossible à leurs

''*Ap"ès quelques jours de cette existence errante. les animaux sédentaires choisissent la place qu ils occuperont toute leur vie. L'Huitre se fixe par sa coquille, la Moule et le Jambonneau hlent un byssus. La Mye et le Solen creusent dans e sable ou dans la vase, le Taret creuse le bois la Pholade la roche. En même temps leur vmle oisparait et la larve acquiert sa forme définitive.

D'après la présence ou l'absence de siphons, les Lamellibranches sont divisés en deux grands groupes : les Siphoniens et les Asiphoniens. Dans le groupe des Siphoniens nous trouvons les Lucines, lesCyclas, les Vénus, lesTellines, les Myes, les Solens ou Couteaux, les Pholades, les Tarets, etc. C'est aussi dans ce groupe, qu'on place le genre fossile si important des Hippurites.

Les plus remarquables des Asiphoniens sont : les Huîtres, les Pintadines, les Moules, les Tridacnes ou Bénitiers, les Peignes ou coquilles de baint- , Jacques, et les .lambomieaux. 1

Beaucoup de bivalves sont comestibles ; quelques-uns, comme les Huîtres, les Moules, sont très recherchés et leur culture a donne naissance à des industries très lucratives, telles que 1 ostréiculture et la mytiliculture.

D'autres, et en particulier la Pintadme ou Huître perlière, sont recherchés pour la beauté de la nacre de leur coquille et pour les perles qu Us produisent. Enfin, dans quelques pays, on hle les fils très soyeux du byssus des Jambonneaux.

Brachiopodes (Classe des). - Les Brachiopodes, comme les mollusques lamellibranches, sont pourvus d'une coquille à deux valves; mais cette coquille est toujours privée de nacre, et tandis que chez les Lamellibranches l'une des valves est droite, l'autre gauche, ici l'une est ventrale, l'autre dorsale. En outre, chez les

es Bracliiopodes

les deux valves, toujours équilatérales, sont inéquivalves. La valve ventrale, la plus grande, est pourvue, en général, d'un crochet au moyen duquel elle se fixe aux corps étrangers, ou au travers duquel passe un organe d'adhérence. La valve la plus petite ou dorsale est toujours libre et imperforée. Ces deux valves sont le plus souvent articulées au moyen de deux dents courbes, situées sur le bord de la valve ventrale et reçues dans des fossettes de la valve opposée. L'articulation est si complète qu'on ne peut séparer les deux valves sans rupture.

:;",i:" s^Lamëinir^anches. Le -anteau est en outre bordé de filaments chitmeux présentant des stries de forme variable avec les espèces.

Sous le manteau, on ne trouve pasd organes comparables aux branchies des Lamellibranches Z s on rencontre deux lamelles frangées, ayant r m-me de bîas enroulés en spirale, d'où e nom de Brr-c/»o;.o.te donné à ces animaux. Ces lamelles par ent de chaque côté de la bouche et sin u^portées par un appareil apophysaire calaire ou corné, a!lhérent à la valve dorsale, e de forme diflerente avec les genres Ce support so idë empoche les lamelles de «'étendre et de sortir au dehors; c'est tout au plus si, chez les Ungules l'extrémité des bras est susceptible d une faible extension. . , , •,

Ces bras, grâce au mouvement ''aP'de des «u vibratiles qui les recouvrent, servent à en rahier les particules alimenta.res vers '« '~ • '^ concourent aussi d'une façon très efficace avec le manteau à la respiraùon. Le corps proprement dit d>. Brachiopode occupe une faible place près de la charnière, et sa plus grande partie es remplie par le foie très volumineux et granu

'""tÔus les Brachiopodes sont marins. On les trouve dans toutes les mers et k toutes les profondeui^ Ce sont de tous les Mollusques les pre- Ss qui aient apparu, et ils étaient smtout abondants dans les te^nsjrnnan^es^^^^^.^^^

Bryozoaires Classe aes; „ ,„ .rlvistpnre

sont des animaux qui, par le'"", ™f f', ''/IV.^Jet

élevés. On les place maintenant il cote des '"crque'Zma'Te la'côlonie est placé dans une nelie loge dont les parois sont, ou cornées ou petite iog,,uui 1 arriver aussi que

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MOLLUSQUES

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