XXXVII. 830, DC(',C\XX
76, LXXVI. 0.S7. CMLXXXVIL
1517, MDXLVIl.
1880, MDCCCLXXX.
Il n'y aurait aucun intérêt pour nous à écrire des nombres supérieurs .'i mille. Nous terminerons par la remarque suivante : dans la numération romaine, toute lettre est diminuée de la lettre moins forte qui la précède, et au contraire augmentée de la lettre moins forte ou égale qui la suit. [G. Bovier-Lapierre.]
NUTRITION. —Zoologie et Physiologie, XXXII ; Botanique, II. — Les êtres vivants ne durent qu'à la condition de se renouveler sans cesse dans toutes leurs parties. La durée totale de chaque être est .soumise à des limites tracée^ d'avance par la nature. Chaque instant de son existence use les matériaux dont il est construit ; les portions usées, véritables détritus, tendent à se séparer, à s'élimiaer par voie à'excri'tion ou à s'immobiliser sous une forme vivante qui ne fait qu'accroître le volume de la plante ou de l'animal.
En physiologie, vii re et se nourrir sont synonymes, car tout ce qui vit, être ou tissu, faisant partie d'un être s'use et se renouvelle; or cette rénovation n'est autre chose que la nutrilinn.
La nutrition constitue une fonciion commune aux animaux et aux vé::étaux, mais elle s'exerce dans les deux règnes avec des dilférences notables. On peut considérer les végétaux comme des appareils réducteurs, qui fnnn>"'nt ch's principes immédiats organiques au ' n il's .léinents chimiques empruntés au nu. ml ■ ininri.il ; tandis que les animaux, appareils ch' (■iiniliii~iion, brûlent ces principes immédiats qu'il sont incapables de former.
Cependant cette manière d-^ comprendre la nutrition, attrayante par sa simplicité, n'est pas conforme aux principes généraux de la physiologie. En réalité nous ne devons admettre aucune différence entre la nutrition d'un élément végétal et celle d'un élément animal. Dans les végétaux il existe comme dans les animaux un milieu intérieur qui contient des sucs nutritifs et des gaz accumulés pour l'usage. Lorsciu'un bourgeon pousse, il brûle ces matériaux alimentaires et produit comme résidu de l'acide carbonique ainsi que le ferait un tissu animal.
L'organisme animal peut, comme l'organisme végétal, former dans son milieu inférieur les principes immédiats nécessaires à la nutrition de
NUTRITION
NUTRITION
ses éléments : albumine, fibrine, sucre, etc. Par conséquent les pliénomènes nutritifs de réduction et de combustion existent dans les di'ux icgnes, seulement la puissance réductive existe au minimum chez les animaux, car ils ne peuvent transformer que des matières déjà très élaborées, tandis qu'elle existe au maximmn chez les végétaux qui peuvent agir sur les éléments minéraux, et même fixer Tazote et le carbone de l'air.
Celte disproportion des phénomènes de réduction et de combustion dans les animaux et dans les végéiaux leur fait altérer l'air d'une manière inverse. Les végétaux, à l'aide de la matière verte (chlorophylle), attirent l'azote ainsi que le carbone de l'air et dégagent de l'oxygène ; les animaux sont pourvus de globules sanguins qui attirent l'oxygène nécessaire aux combustions et aux fermentations tandis qu'ils restituent à l'atmosphère de l'aride carbonique. Mais au lieu de considérer le résultat prédominant des actions vitales par rapport au milieu extérieur ou ambiant, si nous considérons le milieu intérieur, nous constatons que les végétaux et les animaux le vicient de la même manière. Les gaz de l'atmosphère intérieure des plantes et des animaux sont l'oxygène, l'azote et l'acide carbonique. Au printemps, (|uand se produisent h'S phénomènes de nutrition et de bourgeonnement, l'oxygène disparait et l'acide carbonique augmente dans l'atmosphère intérieure du végétal. Fendant l'hiver, elle est très pauvre en acide carbonique, comme l'atmosphère intérieure des animaux hibernants dont les appareils de combustion sont au repos et engourdis. Nous pouvons donc conclure que si les manifestations de la nutrition végétale et animale sont différentes dans le milieu extérieur, elles sont, au fond, les mêmes dans le milieu intérieur.
Il est prouvé aujourd'hui que la nutrition ne résulte pas d une assimilation directe : les aliments digérés et absorbés ne vont pas immédiateiuent se fixer sur les tissus; ils sont d'abord employés à former dans l'intérieur de l'organisme un liquide alimentaire, réserve toujours prête à laquelle puisent également les éléments organiques pour y chercher les matériaux de leur rénovation. Le sang lui-même n'est pas augmenté, enrichi, par une simple addition d'aliments dissous et modifiés par les sucs digestifs; il s'assimile d'abord ces matières par une véritable génération organique, pour leur donner une vie nouvelle, une organisation spéciale, c'est un pro luit de sécrétion dont la composition varie à peine avec 1 alimentation, et dans lequel se produisent des principes immédiats qu; n'existent pas tout formés dans les aliments. Une certaine quantité de matières accumulées et transformées dans le sang ne sont utilisées que fort taid, au fur et à mesure des besoins ; elle constitue utie réserve précieuse en cas d'abstinence prolongée. Aussi ne peut-on espérer retrouver à courte échéance, dans les sécrétions et les excrétions, tous les matériaux assimilés par le sang.
Le liquide alimentaire doit contenir, en outre, des matériaux nutritifs dissous dans leau, dessub.stances qui semblent destinées à jouer le rôle d'ej.c!^'«'s nutritifs, par exemple le sucre, l'oxygène. Notons toutefois que la présence de l'oxygènn no semble pas indispensable au développement de certains tissus.
Dans chaque être, la nutrition constitue un phénomène général, une action vitale qui s'exerce sur toutes ses parties," tous ses tissus, toutes ses cellules. Mais si nous la considérons dans une cellule isolée, nous voyons que le nui/au sert de centre au mouvement d'accroissement,, de reproduction, de régénération. On distitigue, en elTet, dans chaque cellule, l'enveloppe, son contenu, plus le noyau qui lui-mciiie rculerme un nuciéule.
Le noyau des cellules paraît être le centre des actions nutritives. Dans le muscle, par exemple, le noyau de la cellule persiste à l'intéiieur do la paroi de la fibre tubulaiie, il se forme autour de ce centre, comme par sécrétion, une matière organisée, le priUop/usnia, qui sert à la nutrition du tissu.
Il résulte de ces considérations que la nutrition et le développement dépendent, avant tout, d'une aptitude spéciale qui réside dans le tissu, et pour mieux préciser, dans le noyau des cellules de chaque tissu. Si cette aptitude est diminuée, suspendue, annulée, les qualités du milieu interne, la qualité des matières alimentaires ne produiront aucun résultat.
En résumé, la nutrition est une propriété commune à tous les éléments anatomiques des végétaux et des animaux, par laquelle s effectue la rénovation continuelle des tissus usés par la vie, sans altérer la forme ni les propriétés caractéristiques (le chaque élément, de chaque tissu. C'est la plus générale des propriétés vitales, on peut même dire qu'elle caractérise la vie, car les autres forces ou propriétés vitales ne se manifestent que si la nutrition a lieu, tandis qu'elle peut être la seule force en action sensible dans un être vivant.
La nutrition se compose essentiellement de deux actes : la désassimilution, par laquelle les parties usées s'éliminent . Yassimi ntion, pariaquelle des parties neuves et identiques se forment pour les remplacer. Pour que ces deux actes s'accomplissent, tl faut que l'oj»/o<e * permette Vuljsorijtio i * et la. sécrétion ". Notons toutefois que l'absorption et la sécrétion ne s'accomplissent dans les éléments anatomiques, dans les cellules, que d'une manière tout à fait locale, en vue de la vie de l'élément Isolé, mais que dans le sens ordinaire, ces deux fonctions appartiennent au tissu lui-même considéré comme ensemble d'éléments contribuant à former un organe.
Nutrition des aniiuaux. — Le sang forme pour les animaux le milieu intérieur dans lequel la nutrition puise ses matériaux de reconstruction. Par conséquent, la nutrition se trouve sous la dépendance de la circUntion ', de la respiratiou ' et aussi de la digestion ' chez les animaux supérieurs. Ces trois fonctions préparent, dissolvent, élaborent, transforment, les matériaux apportés du dehors pour les rendre propres il la nutrition.
Les matières azntées (alburainoides; aliments rénovateurs ou plastiques par excellence, sont transformées par les sucs digrstifs en matières (dtjuminosinues, susceptibles de pénétrer, par osmose, dans le sang qui les transforme à son tour en albumine et en fibrine auxquelles les tissus emprunteront la matière première de leur nutrition, c'est-à-dire de leur rénovation et de leur accroissement. Le sang, chargé de ces principes réparateurs qu'il porto à tous les éléments aiiatomiques, reçoit en échange les produits de l'usure vitale, de la combustion des éléments : urée, acide urique, créatine, etc., qui sont éliminés par les sécrétions.
C'est dans le sang que les matières non azotées (fécule, graisse, etc.) subissent leur transformation. Leur rôle est spécialement calorifique, elles ne nourrissent les tissus qu.; dans une proportion infiniment restreinte; quand un animal engraisse, ce n'est pas par suite de la nutrition, du développement des tissus, mais par l'interposition de graisse accumulée. Les matières azotées, au contraire, nourrissent sans engraisser.
L'organisme possédant la propriété de transformer en matières grasses les matières amylacées, une nourriture féculente équivaut à une nourriture riche en matières grasses.
OBLIGATIONS
OBLIGATIONS
Lorsque les malières amylacées ou sucrées font défaut dans l'alimentation comme cliez les animaux carnivores, l'organisme possède en outre la remar(|uable propriété de fabrif|uer la quantité de ces substances indispensable à la nutrition.
Bien que les sels minéraux participent très peu aux phénomènes nutritifs, leur présence dans le san^' n'est pas moins importante; ils favorisent les métamorplioses des substances organiques et retardent la désassimilation. Le sel commun (chlorure de sodium) exerce une action niat.ifeste. Ainsi un lot do bœufs augmente, en moyenne, par année, 4o 6 kilogrammes par 100 kilogrammes de fuin consommé sans sel, tandis qu'un lot semblable, nourri de foin salé, augmente de " kilogrammes. NuTUiTiON nES VÉGÉTAUX. — Les aliments des plantes consistent en gaz et en sels niinorjux soîubles. Les gaz sont absorbés surtout par les feuilles, et fort peu par la tige et les racines. Celles-ci puisent dans le sol les aliments minéraux. 1
Les animaux, parvenus à une certaine période ■de leur existence, cessent de croître, et chez eux la nutrition se borne à maintenir l'équilibre entre la perte et le gain d«s tissus. Dans les plantes la nutrition constitue un accroissement continuel; elles perdent toujours moins qu'elles n'acquièrent •et |)Oussent constamment des bourgeons qui de viennent des feuilles et des fleurs; quelques-uns même grandissent constamment dans toutes les dimensions.
La tige s'accroît en hauteur et en diamètre ; cliez iei dicoti/lédones, l'accroissement en diamètre est déterminé par la formation de nouvelles couches ■de bois. Entre la dernière couche formée et l'ccorce se trouve une couche de tissu utriculuire lâche nommée couche généi-a'rice. Son tissu est rempli de sucs nutritifs (carabium) qui s'accumulent pendant la période la plus active de l.i végétation et qui s'enricliit par résorption d'une partie des éléments des feuilles lorsque celles-ci se détachent à l'automne. Lorsque la sève devient active, la plupart des utricules s'allongent, leur par.d s'épaissit, ils se transforment en fibres; d'autres augmentent à la fois en diamètre et en longueur, se ponctuent, et les cloisons qui les séparent dans le sens de la hauteur se résorbant, il se forme des vaisseaux. C'est cette agrégation de vaisseaux et de fibres qui constitue la couche nouvelle de bois. Toutes les parties des plantes débutent par l'élat ■utriculaire, de sorte que leur accroissement, leur nutrition s'opère d'après un procédé à peu près identique.
L'accroissnment en hauteur des tiges dicoty'édo- ■nées se produit parle dévetoppemeiit du bourgeoji
terminal, continuation de ]a.ge»imule de l'embryon. Chez les mriHOColi/li'dones, l'accroissement on diamètre se fait d'une manière un peu différente. La tige est surmontée d'nn bourgeon terminal recouvert de feuilles à l'état rudimentaire. A mesure que ces feuilles s'accroissent, se séparent, elles repoussent celles qui les avaient précédées et les font tomber. En môme temps il se forme des faisceaux/ï'/co-'ascii aires qui augmentent le diamètre. Hygiène générale de la nutrition. — Nous avons iiidiqué an mot alimenta* les propriétés nuti^itives des substances les plus communément utilisées pour la nutrition de l'iiomme. 11 nous reste seulement à signaler en peu de mots l'inHuonce hygiéni<|ue de la nutrition. La pénurie ou l'abondance de l'alimentation exercent une influence considérable sur le physique et le moral : on en découvre les conséquences dans la fécondité, la moralité et la prospérité des peuples. C'est donc le devoir des législateurs de développer l'agriculture, les moyens de transport, de faciliter la conservation des denrées, de laisser entrer librement les produits étrangers.
Si Ion consulte les statistiques, on trouve qu'en France il existe une relation constante entre le prix du blé, les mariages, les naissances et la taille de la population. La mortalité comparée des riches et des pauvres démontre que la perte annuelle sur cent individus est plus que doublée chez le pauvre, et l'on ne peut s'empêcher de reconnaître que la nutrition insuffisante contribue pour la plu» large part à cette différence. On arrive au môme résultat si l'on compare la population des divers arrondissements de Paris. Le precnier arrondissement perd 1 habitant sur 52, et le douzième, 1 sur ïG.Dans les quartiers pauvres et riches la vie moyenne varie de 2i à 4.' ans. Si l'on compare les départements riciies et ceux où la vie misérable rend l'aliiniMitaLion insuffisante, on constate une différence de douze ans dans la vie moyenne des individus. L'augmentation factice du prix des denrées alimentaires par des octrois produit un résultat semblable. Ainsi rinsuffisance de l'alimentation, de la nutrition, agit d'une manière destructive, elle dégrade l'espèce en diminuant la stature, en restreignant la fécondité, on ouvrant la porte à une foule de maladies.
La nutr'tion exerce aussi sur les centres nerveux, sur l'intelligence et le moral une action manifeste. Aus'iiàtous les points de vue la nutrition constitue une des questions hygiéniques et sociales les plus importantes, et Mirabeau avait bien raison de dire : « Le pot au feu du peuple est la base des empires. » [D' Saffray.]
OBLIGATIONS. — Aritlimétique, XLVL — Les ■villes, les compagnies de chemin i de 1er, les sociétés financières ou industrielles ont besoin, dans certaines circonstances, d'emprunter de l'argent; l'emprunt, après avoir été autorisé par l'Etat, s'effectue dans des conditions spéciales.
Pour cela, la compagnie met en vente à un prix déterminé, et sous le nom à'ohligalions, dos titres par lesquels elle s'engage à payer, en retour du prix qu'elle a reçu, un intérêt fixe annuel, et à rembourser, à certaines époques, un capital génelalement plus élevé que celui qu'elle a reçu. Par exemple les obligations des chemins de fer français sont remboursables à 50:i francs et produisent chaque année un intérêt de i5 francs, sauf l'impôt
d'environ — dont il est frappé au profit de l'État.
Les obligations peuvent passer des mains de celui qui ItiS a acquises en la possession d'une autre personne, moyennant un prix qui est plus ou moins élevé que le prix d'émission. suivanti|H(; la situation financière de la Compagnie est plus ou moins prospère et inspire par là môme plus ou moins de confiance. La vente de ces litres se fait à la Bourse et par le ministère des agents de change.
11 y a deux espèces d'obligations : les obligations no>nmalives et les obligations au porteur. Los premières sont inscrites au nom de leur possess(mr, et leur transfert à une autre personne est soumis ;i certaines formalités qui sont dans les attributions des asrents de change. Les autres sont la propriété de celui qui les possède, qui les porte, sans que son nom figure nulle part, et elles peuvent Cire
OBLIGATIONS
OGEANIE
transmises de main en main, sans que la compagnie ait à intervenir en rien.
L'intérêt est ordinairement payé deux fois par an, à six mois d'intervalle. Pour le loucher, il suffit de délaclier de l'obligation un petit coupon indiquant l'intérùt et l'époque de l'échéance et de le présenter à la compagnie, qui le retient en en donnant le montant au porteur. Quant au remboursement du capital, la compagnie, en émettant son emprunt, indique combien elle remboursera d'obligations cliaque année et, par suite au bout de combien d'années le remboursement intégral sera effectué. C'est par un tirage au sort que sont désignées les obligations à rembourser chaque année.
Citons un exemple. La compagnie des chemins de l'Ouest a contracté un emprunt nu moyen d'une série de ;iOt)(inu obligations renjboursabies à 500 francs et donnant lieu à un intérêt semestriel de 7", 50 Le remboursement a commencé en 1873 par96i obligations: en 1874 elle en a remboursé :)9:i; en 1 875 le nombre a été do UI2:!, et il va ainsi en augmentant d'année en année, de telle sorte que l'amortissement de cet emprunt sera accompli en 1951 par le remboursement des iil)74 obligations qui resteront à cette dertiière époque. Au 1.3 juillet I8.S0, ces obligations étaient cotées à la Bourse au cours de 3S4 francs.
Les obligations émises pir les villes sont assez souvent (Ion obligations ii prinwx, c'est-à-dire que des lots d'ujie cename valeur en une somme d'argent sont attribués à un nombre déterminé des numéros sortis h chaque tirage. Elles peuvent être coiTiparces aux billets d'une loterie dont le tirage doit avoir lieu en plusieurs fois, et où l'on est assuré de voir sortir son billet tôt ou tard, en percevant l'intérêt jusqu'au moment de sa sortie, et avec la chance d'ameneravec lui nii lot supérieur au |)rix du billet. Par exemple la ville de Paris a contracté un emprunt en 187(>, au moyen de V5SI)h5 obligations qui furent émises à 4G5 francs, qu'elle rembourse à 50t> francs, et pour lesquelles elle paye un intérêt semostiiel de lu francs. Quatre tirages ont lieu chaque année, les 10 février, 10 mai, 10 aoiit, 10 novembre, et à chaque tirage le 1" numéro sortant a droit à un lot de 100 Oun francs, le 2' à un lot de lOOon francs, le 3« h un lot de 5i 00 francs et les dix suivants à uji lot de I 000 francs chacun. Les auir.-s numéros ne reçoivent que le capital de 500 francs. Le remboursement, commencé en 1877. ne se terminera qu'en 19 9. En raison des chances que ces obligations offrent d'amener un lot, leur prix s'est assez vite élevé au-dessus du pair, c'est-à-dire du capital de 500 francs.
Valeur d'une obligation.à un moment donné. — La valeur d'une obligation à un moment donné ne dépend pas seulement de lintérêt qui lui est attribué, mais encore des rhanc-s quelle a de sortir au prochain tirage et d'apporter ainsi à son propriét ire un capital supérieur ."i celui qui correspond à l'intérêt. Envisagée à ce point de vue, la valeur do l'obligation exigerait pour être déterminée des calculs de probabilités tout à fait semblables à ceux qui se rapportent aux Assurances sur la vie, ce qui est complètement en dehors du cadre où nousdevons nousrenfermerlci. Dans les problèmes que les obligi.tions peuvent fournir à l'enseignement primaire, elles doivent être regardées sinipienient comme un capital ordinaire d'une valeur variable, an. Icigneaux rentes * sur l'Etat et produisant un certain intérêt ; ces questions ne sont plus alors que des problèmes d'intérêt. Ln voici quelques exemples :
1" Piioiit.ÈME. — On achète des obligations Ouest nu cours de 384 francs; à quel taitx place-ton non argent ?
l'ne somme de 384 francs rapportant 15 francs.
I franc rapporterait -r^ ; ino francs rapporteraient
2' Problème. — Un iiinlirulicr i-i'iil arlirter des obligations Ouest de mnin.if „ >,. /„,,, ,/,, ifvenu amiuel dedbO francs ; r/nrl ra/,il,il il,,,i.il employer à cet achat, indépendaininetd des frais de négociation, site cours de ces obligations est 384 francs ?
Ce capital doit être égal à autant do fois 384 francs qu'il y a de fois 15 dans 650; il est donc égal à
-j£x 384=10 040 francs.
Si on veut tenir compte de l'impôt qui réduit le revenu annuel de 15 francs à environ 14 francs, on devra dans ce problème remplacer 15 par 14, ce qui exigera un capital plus élevé pour avoir un revenu net de G50 francs.
3= Problème. — Un homme achète le 5 aoril 20 otjligatiotis de la ville de Paris {emprunt IsTii), au coitrs rfe 52.i",.'i0 ; U les revend le US juillet au cours rf(?5l9 francs, après avoir touché le Ib avril un coupon de \U francs réduit par l'impôt à '.)'',3S. Y n-t-il pour lui bénéfice ou perte dans cette opération 1
Entre le prix d'achat et le prix de vente de l'obligation, il y a à son détriment une difl'érence égale à
Mais il a touché dans l'intervalle 9'', 35 par obligation. Il a donc en résumé un bénéfice égal à 9,35- 6,50 --=2",8.i.
Sur 20 obligations il réalise donc un bénéfice égal à
2,85x20 =57 francs.
Ces exemples suffisent pour montrer quels problèmes on peut avoir à traiter sur les obligations dans les cours de l'enseignement primaire; c'est aux maîtres à savoir y meitre de la variété. Par exemple, dans ce dernier problème, ils pourraient ajouter : à quel taux cet homme a-t il placé son argent, lorsque dans l'intervalle du jour de l'achat au jour de la vente il a gagné 57 francs ?
fG. Bovier-Lapierre.]
OCKAME. — Géographie générale, VI — Bornes; LONGITUDES ET LATITUDES; SUPERFICIE ET PO-
PUL.^TION. — L'Océanie tire son nom du Grand océan, qui enveloppe de toutes parts cette cinquième partie du monde, excepté à l'ouest, où elle est baignée par la mer des Indes. Son nom a souvent varié. On l'a appelée hide du Sud, Pohinésie, Nouvelle-Hollande. Le premier de ces noms correspond aux îles du nord-ouest, voisines do l'Indo-Chine, et qui furent reconnues longtemps avant les autres, à l'époque de la découverte delà route maritime de l'Inde. Lo second est réservé aux innombrables îles et Ilots semés dans les mers du Sud. Le troisième ne désigne plu» que le vaste continent appelé plus généralement Austi'alie, nom qui est encore donné à l'ensemble de ce monde d'Iles disséminées dans le Pacifique austral.
Les limites ont varié comme le nom. La plupart des géographes groupent sous le nom d'Océanie toutes les îles du Pacitique répandues entre l'Indo Chine et la Chine à l'O., le Mexique et l'Amérique du Snd à l'E. ; d'autre"-, en distinguent les lies du nord-ouest, situées entre le détroit de Malacca et la mer de Chine d'une part, la mer Arafoura (c'est-à-dire des Alfourous) de l'autre, et, sous le nom d' -lustralasie, les rattachent à l'Asie, dont el es semblent le prolongement méridional. Les plus occidentales se rappro.-liHnt en effet de ce continent par leurflore et leur faune, ainsi que
OCI'LXNIE
OCEANIE
par leur populalion. Nous suivrons l'usage qui en fait une panie de l'Océanie.
Dans ces limites l'Ocoanie s'étend sur 158 degrés do longitude et sur 81 de latitude. Elle couvre en cITet de ses innombrables archipels et îles l'immense étendue de mer qui sépare l'Asie de l'Amérique, depuis 93° long. E. jusqu'à lir long. O., depuis 25° lat. N. jusqu'il 56° lat. S. Elle appartient à la fois aux liémisplières oriental et occidental, boréal et austral. La plupart de ses îles et archipels sont situés au centre de ce dernier hémisphère, qui présente la plus grande masse «l'eau et où les terres ne figurent que pour un dixième. Sa superficie est de lu 9ol (lOO kilomètres carrés, sapopulation estdeSs millions d'habitants, dont :iO raillions et demi pour l'Australasie, qui n'en forme que la cinquième partie.
GnANDES uivisioNS. — L'Océanie se divise en quatre parties : 1° l'Aiixtralasie, appelée encore Malais'te, du nom de la race dominante, au N.-O. ; H" l'Australie ou Nouvelle-Hollande, avec ses dépendances au S.-O. ; 3° la Mclanésie au S.-E., longue chaîne d'archipels et d'îles, la plupart grandes, élevées et volcaniques, commençant sous l'Equateur, à l'E. des Moluques avec la Nouvelle- Guinée, et se prolongeant au delà de la Nouvelle- Zélande jusqu'à ûC° lat. S.; i" la Polynésie et la Micronésie, à l'E. et au N. ; innombrables groupes d'îles la plupart petites, basses et de formation corallienne, essaimes au loin sur le Pacifique, dans la direction de l'Amérique centrale et méridionale, commençant à l'E. des Philippines, auxMariannes, et s'éparpillant des deux côtés de l'Equateur, jusqu'au sud du tropique du Capricorne.
I. AusTn.iLAsiE ou Malaisie. — Elle s'étend du 30° lat. N. au 10° lat. S., du 91° au 13λ long. E. Les îles dont elle se compose, disséminées sur cette vaste étendue de mer, entre l'océan Indien elle Pacifique, entre l'Asie et l'Australie, semblent des fragments d'une masse de terre qui faisait communiquer ces deux continents. Toutefois, quoiqup situées sous les mêmes latiludes, aux deux côtés de l'Equateur, elles forment deux groupes distincts séparés par un détroit profond, le détroit de Lombok, entre 1 île de ce nom et Bali : à l'O. le groupe (;!rfo-c/ti«ow, kl'E. le groupe australien. « Au groupe de l'ouest, une civilisation et des religions venues de l'Asie, dos forêts exubérantes, rappHiant l'Inde et l'Indo-Chine, l'éléphant, le rhinocéros, le tigre royal, les bêtes à cornes, les grands animaux sauvages, les singes de l'Asie et du Vieux Monde.., Au groupe de l'est, rien de l'ancien continent, ni bêtes énormes, ni félins, ni singes ; des eucalyptus, des acacias, le kangourou..., la flore et la "faune de l'Australie. » (0. Reclus.)
L'archipel indo-chinois comprend les grandes îles de la Sonde, c'est à direSumatraet Java, Bali, Bornéo et Ips Philippinei. Les petites lies de la Sonde, ( élèbes et les .Moluques composent l'archipel australien.
Archipel indo-chinois. 1° Sumatra, la plus occidentale, longe la presqu'île de Malacca, dont elle est séparée par le délroit de ce nom. Elle est entourée d'une ceinture de petites îles : Bam, Nias, Pagai, Eng(.no, au S.-O., Bm.litox, Banca, riches CJi étain, LiNGiNotun groupe d'îlots dans le détroit, au N.-E. C'est une grande île de 42-i (100 kil. carrés, traversée dans sa longueur par une chaîne volcanique dont un des pics, \e Gowionr; d'Indrapour, dépasse 41100 mètres. L'Étiuateurla coupe à peu près par le milieu. Les Hollandais en possèdent les trois quarts, et en tirent en abondance les produits qui alimentent leur commerce colonial : l'aloès, le camphre, le piment, surtout le poivre noir, la principale richesse de l'île, qui fournit près de la moitié delà production totale du globe; des métaux précieux, tels que l'or et le diamant.
La partie N.-O. forme l'État indépendant d' 4lchin. La population est d'environ '2 millions d'ànies ; elle se compose de Malais, de Chinois, d'Arabes et d'un petit nombre d'Européens. Les principales villes sont: Palembanq, 40 000 hab. ; Padanq, 30 000; Bencouten.
1° Java et Madura. L'île de Java, avec Madnra qui en est une dépendance, est séparée de Sumatra par le détroit de la Sonde, de Bornéo par la mer qui porte son nom. Elle est, comme Sumatra, traversée par une chaîne de volcans, la plupart en activité, ilontle plus élevé, le Sémirou (3 800 m.), dépasse les plus hauts sommets des Pyrénées et atteint presque ceux des Alpes. Les flancs de la chaîne sont couverts de vastes forêts de tek. Au pied s'épanouit une végétation exubérante. ChaufTée par le soleil des tropiques, mais moins près de l'Equateur que Sumatra, Java tient le premier rang pour les produits de son sol parmi les colonies des Indes orientales néerlandaises. Elle no le cède qu'au Brésil pour la production du café (60 0011 tonnes par an). La canne à sucre (I2n00i) tonnes), le tabac (1)0 000 tonnes), le thé (I 1100 tonni's) et le riz, qui y occupe les trois quarts des terres en culture, constituent avec le café la grande richesse commerciale de cette île, dont la Hollande, qui en a monopolisé les produits, tire d'énormes revenus. « Java est une usine, les Malais et les 250 000 Cliinois en sont les ouvriers, les 29 000 Européens les contre-m:nircs, le gouvernement hollandais le patron qui nr£;anise, surveille, tyrannise avec sagesse et s'enrichit. » (O. Reclus.) Aussi, bien qu'elle n'ait que 134 G07 kil. carrés, le tiers de la superficie de Sumatra, estelle près de 10 fois plus peuplée : 18 3 KiOOO hab. (Malais, Chinois, Arabes, Hindous, Européens). Batavia en est le chef-lieu et la résidence du gouverneur général des Indes orientales néerlandaises, 90 000 hab. Les autres villes les plus importantes sont : Sourabai/a. 9l)000 hab., Saniarang, situées, comme la capitale, sur la côte septentrionale. — 2liO kil. de chemins de fer.
3° Bali, à l'E. de Java, dont elle est séparée par un détroii peu large, est la plus orientale des iles du groupe indo-chinois; chef-lieu, Karangassim.
4° Bohnéo. la plus grande île du monde après la Nouvelle-Guinée: 748 000 kil. carrés, plus grande que la Franre de près d'un tiers, avec 2 millions et demi d'habitants (Malais païens on Musulmans, Chinois). Elle est séparée de Java au S. par la mer de la SoEide. des Célèbes à l'E. par le détroit de Macassar, d"s Philippines au N. par la mer de Mindoro ; la chaîne des îles Soulous et la longue île l'alawan la joignent presqu'à ce groupe. Bornéo fait panie des Indes néerlandaises, mais elle n'est colonisée que sur les côtes; l'intérieur est encore inconnu. La partie nord-ouest forme le royaume indopendantde Bornéo, borné à l'E. par une longue chaîne dont le point culminant, à l'extrémité septentrionale, le Kini-lielou, s'élève à 4(i0!l mètres. Près de cette côte se trouve l'île anglaise de Lahouan. Le nord-est fait partie du ro'/aume de Soiilou, ainsi que les îles de ce nom qui relèvent nominalement de l'Espagne.
Bornéo ist. comme Sumatra, coupée par l'Equateur, sa végétation se rapproche de celle de Java. Comme ces iles, elle est couverte de forêts riches, on bois de luxe, d'ébénisterie et de teinture. On y trouve aussi de la houille, dos métaux précieux, tels que l'or et le diamant, des gîtes d'aniimoino. — Band;eriiianing, Ponitana et Santhas, sur la côte S. et S.-O., sont les principaux établissements hollandais.
5° Philippines. — L'Archipel espagnol des Philippines, au N. de Bornéo, s'étend du .S° au lu" lat. N. Les îles dont il se compose sont, comme celles de la Sonde, volcaniques et d'une grande feitilité. Leurs richesses, moins bien exploitées
OCEANIE
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que celles des colonies lioUandaises, consistent en bois de construction (tek), sucre de canne, café, et surtout en tabac. Leur superficie est de 291 OilU kil. carrés, avec une population de CIG:îiiOO hab. (Malais, Alfourous ou Haraforas, Tapales, Négritos, Cliiiiois). La plus septentrionale, LiçoN ou Manille, n'est séparée do l'île chinoise de Forniose, que de 1° 30'. Ses principales villes sont : Manille, 100 OOT hab., résidence du gouverneur, et Siial, sur la côte occidentale. — MI^nANA0 la plus méridionale, touche au S.-O. aux iles Soulou ; Zamboanija el Sp/aiiga sont les plus importants établissements. — Les autres îles de cet archipel sont : Minooro, Palawan, Paxay, .N'eghos, ZÉBD, Leyte et Samar.
Arcldijel Australien. — 1» Petites îles be la SoNiiE. — Elles sont séparées des grandes par le détroit de Lonibok et s'étendent parallèlement à rEijuateur au N. et au S. du 10° lat. S., entre le 112° et le 125° loi'g. E. Lombok, île volcanii|Ue de 5 500 kil. carrés ; chef-lieu : Mota^U'u. — Simbanva, près de trois fois plus grande (|uc la précédente (15 C20 kil. carrés), couverte, comme elle, de volcans dont l'un, le liniboro, est célèbre par la terrible éruption de 1815; chef-lieu : liima. — Sumba ou Sandeldosch (forêt de sandal), 2 200 kil. carrés. — Flohès, 20 000 kil. carrés, séparée de la précédente par la petite île de Komoho. — Timor, la plus orientale et la plus grande du groupe, 30 000 kil. carrés, plus grande que la Belgique; environ 1 5l'0 000 hab. (Malais, Chinois, Papouas!. Ile volcanique, riche en bois de sandal. Elle est partagée entre les Hollandais et les Portugais. La partie occidentale et la plus considérable appartient aux premiers dont la domination ou la suzeraineté s'étend sur tout l'Archipel. Chef-lieu : Koupanq. La partie orientale ou portugaise a pour chef lieu Dilli. — A cette île se rattachent au N. SoLOR, Ombay, Wetta ; au S. Sava et Rotti.
2° CÉLÈBES, au iN. du groupe précédent, séparée de Bornéo par le détroit do Macassar et des
Cette dernière, située en face de la colonie de Victoria, en est séparée par le détroit de liass large de 240 kil., et semé d'îles (Kings, Flinders, Fourneaux et Barren). Plus grande que la Hollande et la Belgique réunies {07 801 kil. carrés), elle ne compte encore que 105 000 habitants malgré la douceur de son climat dans la zone tempérée du sud (entre le 40° et le 'i2°} et sa luxuriante végétation. Devenue en 1HI3 colonie anglaise, elle fut jusqu'en 185^1 un lieu de déportation. Elle changea alors son nom de Vnn Ùiémen et prit celui de Tasuumie (d'Abel Jansen Tasman, qui la découvrit au milieu du xvii" siècle). La population indigène avait alors entièrement disparu, détruite par u la chasse aux Noirs », à laquelle se livraient les cnnvicts; ses derniers débris, réduits en I8.3.i k 200 individus, s'étaient éteints sous le climat trop rude de l'île Flinders où on les avait déportés. La Tasmanio a pour chef-lieu Ho'art- Toimi, h l'embouchure du Dervent; "iO 000 hab., et pour villes principales : Laumeslon et Georf/ctown, stations pour les baleiniers de la mer du Sud. m. Mélanésie. — A l'E. de l'Australasie s'étend autour du continent australien une double chaîne d'archipels et d'îles, l'une intérieure, l'autre extérieure. La première commence i l'E., des Moluques avec la Nouvelle-Guinée et se termine au S. de la Nouvelle-Zélande. Les îles de ce groupe, généralement grandes, sont situées dans l'hémisphère du sud et forment, avec le continent australien, la Mélanésie. La seconde enveloppe la précédente, commence à l'E. des Philippines avec les Mariannes et s'infléchit vers le S.-E., en coupant l'Equateur, puis se prolonge dans la direction de l'Amérique du sud. Les îles qui composent ce groupe, à la différence des premières, sont toutes de très petite dimension, les unes élevées et volcaniques, les autres basses et de formation corallienne, lentement bâties sur des plateaux sous-marins n'ayant pas plus de 50 mètres de profondeur par d'innombrables insectes
Philippines par un bras de mer auquel elle donne 1 madréporiques. Presque tous ces archipels, situés son nom. C'est une île de 2115 OiiO kil. carrés, . au S. de l'Equateur, ont reçu le nom d'îles des grande comme .30 départements français. Elle est | mers du Sud. Ils forment la Polynésie et la Microtraversée nar l'Equateur et bizarrement découpée ' nésie. On trouve en outre un certain nombre d'îles
sur la mer des Moluques en quatre presqu'îles à travers lesquelles une chaîne volcanique allonge ses rameaux. Les Hollandais occupent environ la moitié de la superficie de l'île, avec 330 OuO hab,
et de groupes d'îles tout à fait isolés, tels que les îles Sandwich ou Hawaî.
Les indigènes du premier groupe appartiennent à la race des Papouas ou Nègres océaniens, au
(Bougis, Malais, Chinois, Arabes, Hollandais). Leurs teint d'un brun noirâtre, aux cheveux noirs, créprincipaux établissements sont au N. Menar/o, au { pus et rudes, au visage plat, au nez proéminent.
S. Macassar ou Vluatdingen. — A Célèbes se rattachent au N. les îles Siao et Sangiiir, h l'E. les îles XtJLLA, au S. les iles Bodton et Molna. 3° MoLuguEs. — On les appelle encore Iles kvs.
Dans l'échelle des êtres humains ils occupent l'un des degrés les plus bas. Toutefois les nègres des îles occidentales sont moins sauvages que ceux du continent dont on les a distingués sous
Epices, de leur principal produit ; entre Célèbes, 1 le nom de MéUmésie7!s. Leurs voisins de l'est les Philippines et la Nouvelle-Guinée. Elles se I et du nord, les Pohjné.tiens et les Mii:ro7ie\'iipns, composent de trois grandes îles; Gilolo, Ceram, I répandus sur l'immense étendue du Pacifique, BouRoc, et de plusieurs petites : Mortv, 'Iebnate, 1 depuis la Nouvelle-Zélande jusqu'aux îles San- TiDOR, Batchian, Oby, Amboine, etc. Gilolo , la ' dvvich, sont moins rebelles à la civilisation. Leur
plus grande, est coupée par l'Equateur et traversée par tine chaîne volcanique. Elle a '.'6 (lOi) kil. carrés. Ses côtes, découpées comme celles de Célèbes en 4 presqu'îles ouvertes sur la mer des Moluques, sont bordées de récifs de corail. Amboine, dans l'île de ce nom, est le chef lieu de l'Archipel et la résidence du gouverneur hollandais.
4° L'Archipel de Banoa, au S., du précédent, se compose de 4 lies couvertes de plantations de
couleur plus claire, leurs mœurs et leur langage les rapprochent des Malais et des Hindous. Un grand nombre ont adopté le catholicisme ou le protestantisme. « Cependant ils s'adonnent encore ça et là à l'anthropophagie avec ses conséquences : guerres civiles, massacres, razzias, engraissement d'esclaves, et tous pratiquent le tatouage. >> (0. Reclus.)
Quoique situés dans la zone torride. aux Antipodes de l'Afrique tropicale, ces îles jouissent d'un
muscade. La principale est Timor-Lai't. — Au j climat plus doux que celui de l'ancien monde
N.-E., sont les îles Arrou. sous les mômes latitudes; la chaleur y est tem-
n. AiSTUALiE et SCS dépendances. — Nous pérée par le voisinage de la mer. et elles ressen-
avons décrit ailleurs V Australie '. A ce conti neni se rattachent plusieurs îles mélanésiennes, telles que Melleville et Bathurst au N.-O., MinoLEToN, Lord Howk et Noufolk à l'E. ; l'île des Kangourous et la grande île de Tasmanie au S.
tent l'influence des vents alizés qui soufflent régulièrement toute l'année. On y trouve le cocotier, le sagoulier, l'arbre à pain, l'igname, de magnifiques forôls peuplées par d'innombrables espèces d'oiseaux.
OGEANIE
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1° NouvELLE-GuiNÉK. — Cette île. la plus grande <iu monde, appelée encore Pai'iiuasie du nom de la race qui l'Iiabile, s'étend du ^'.-0. au S -E , entre le 128" et le 150" long, orientale, sur une longueur de 2235 kil. Au N.-O., elle touche presque à l'Equateur, au S.-E , elle atteint 11° latit. australe. Kétrocic i ses deux extréniiti^s, elle présente au centre une grande masse de terre d'une largeur de ()25 kil. La côte occidentale est profondément creusée par le golfe de Geelvink jusqu'au cap d'Urville. Au S., elle est séparée de l'Australie par le détroit do Torrès large de 225 kil., et embarrassé de récifs de corail qui en rendent la navigation dangereuse. L'intérieur est peu connu. La souveraineté de la Hollande est toute nominale et ne s'étend que sur quelques districts de la côte N.-O.
2° Au N., de la Nouvelle-Guinée, de l'O. à l'E. : les iles de rAMiiiAiiTÉ, le IVouvei.-Hinovre, la Nouvelle- Iri.anue ou Tombara, la Ncuivkllk -Bretagne ou îles BiUAiiA, séparée de la INîouvelle-Guinéc par le détroit de Danipieire.
3° A l'extrémité orientale et la Nouvelle-Guinée, l'Arcliipel peu connu de la Louisiade, habité par des Papouas anthropophages.
4» Plus à l'E., séparé de l'Australie parla mer de Corail, et entouré, d'écueils madrépoiiqnes : l'Archipel des îles Salomon ou Nouvei.le-Georgie du 12° au lb° lat. S.; les principales sont : Uoligai\viLLEs, Choiseul, IsAisiLLE , la plus grande du groupe, MalaïTa, Gcadalcanar avec un volcan de 3200 m. ; Saint- (.hristoval. — Les iles de Sainte- Croix, dont la plus grande est Nitendi. C'est sur les écueils de l'une d'elles, Van'icoro, que se brisèrenl les deux vaisseaux de Lapérouse.
5" L'Archipel des Nouvelles-Hébrides ou des îles du Sai\t-Esprit, du 20° au 10" lat. S. : l'île du Saint-Esprit, la plus grande, Mallicolo, Sandwich, Erhomango. Tanna.
6° La Nouvelle-Calédonie, découverte par Cook en mt et occupée par la France en l.sSî. Elle s'allonge du N.-O. au S.-E., entre le 20" lat. S., et le ironique de Capricorne, depuis le cap Tonnerre au N. jusqu'au cap du Prince VVales au S. Sur 17513 kil carrés. Elle est entourée, comme d'ailleurs toutes les iles de cette partie do l'Océanie d'une ceinture de récifs madi-époriques. L'intérieur est traversé par une longue chaîne dont le pic le plus élevé, le Mont HnmboUU, a l'altitude des hauts sommets du centre de la France {I6't2 m). On y trouve la végétation tropicale, principalement la canne à sucre- L'arbre à pain, toutefois, n'a pu s'y acclimater. La •population, de 58 ;i00 hab., est (le la race des Papouas anthropophages. Noumfa, sur la côte S.-O., est le chef-lieu de la colonie. — De la Nouvelle-Calédonie dépendent : l'île des Pins, les îles Lovalty ou Loyauté dont la plus grande est Lifoa ou Chabrol ; Mari, Ouytk, toutes trois de formation corallienne.
"" Nouvelle-Zélande, la « Grande-Bretagne de la mer du Sud, » mais avec une superficie qui dépasse de plus de 40 OllO kil. carrés celle de la Grande-Grot;igne d'Europe : 270 050 kil. carrés. Découverte en IG42. par le navigateur ■hollandais Abel Tasnian, elle fut visitée en HB!) par Cook qui reconnut qu'elle se composait de deux îles séparées par un détroit qui a roi;u son nom : Te- Ika-a Maoui, au N., Te-waî-Pounamou au S. Elles s'étendent du W 20' au 4tl'' 40' lat. australe. Elles sont traversées par une chaîne do montagnes dont les sommets les plus élevés sont, dans l'île du Nord, le Tungariro (lO.iO m.), le mont Egmont (2480 m.) et le lUiap-hn (2700 m.); dans celle du Sud, le mont Cook (396n m.) point culminant des Alpes 'lu Sud. De leurs flancs s'échappent de nombreux cours d'eau ; les plus considérables sont, dans l'île du Nord le Waikalo qui traverse le lac Taupo ; dans celle du Sud le Mulynoux qui sort
des lacs Hnwea et Wanaka. Située dans la zone tempérée australe, la Nouvelle-Zélande jouit d'un climat doux et salubre ; son sol, bien arrosé et d'une grande fertilité, est propre à toutes les cultures européennes. On y trouve des arbres gigantesques, telsqne le Datiiara austrtili^, de 58 mètres de haut, fournissant une résine dont l'exportation atteint quelquefois i million 1/.' de francs. En 185'J, on y a découvert d'importants gisements aurifères. Mais une de ses principales richesses consiste dans les laines de ses 6 millions de moutons.
Déclarée colonie anglaise en IS40, la Nouvelle- Zélande n'a cessé depuis de prospérer. Elle avait, en I87G, Il55 kil. de chemins de fer. Un service régulier de paquebots la met en commuincation avec Sydney et San Francisco (ligr,es d'AukIand à Sydney et à San Francisco par Honoloulou). La population est de 4l4 0iiO hab., non compris les Maoris, peuple indigène, de race polynésienne, converti par les missionnaires anglicans, et dont il ne restait plus, en 1h7I, que 37 0 lO individus. En 18' G la colonie a été divisée en G3 comtés, y compris l'île Stewabt, son appendice méridional qui en est séparé par le détroit de Foveaux. Les villes principales sont : dans l'île du N. : Wellington, siège du pailement colonial, sur le détroit de Cook, 1051)0 hab., avec son port iVîc/iO/so7i; Aukland. principale place de commerce, 21 «"0 hab.; dans l'île du S. : Dunedin, l-S 000 hab., Chriulchiirrh 17 000 hab.. Ne son .S8li0 hab., port sur la côte septentrionale. Porl Lyltlrt- n sur la côte orientale. — A l'E. de la Nouvelle-Zélande, l'Angleterre possède : les îles Brouuhton (Ijhatham, Pitt, Cornwallis), lîle Bounty, l'île des Antipodes; au S. les îles Aukland, Campbell, Macodaiiie et Eherald
IV. Polynésie et Micronésie. — 1° Iles Vixi ou Fidji (aux Anglais); entre 20" et 15° lat. S., environ 2' 0 îles, dont deux grandes : Viti-Lévou, 11 600 kil. carrés, 40 ;\ 50iiOii hab., et Vanoua- LÉvoii, G 500 kil. carrés. La population totale de l'Archipel est de 13'i 000 hab., en partie convertis, en partie encore anthropophages.
W lies Samoa ou des [Navigateurs, ou BougainviLLE, du nom du célèbre navigateur français qui les visita en 170^; sous le 14« parallèle S ; en partie d'origine volcanique; 3 0i)0 kil. carrés. Les indigènes, au nombre de IGOOno, ont le teint moins noir que les autres Polynésiens; ils sont chrétiens, en grande ni.ijorité protestanls. Les principales sont : Oupoulou, Sawaî, Tutuila, Ma- ^0M0, Manoa. — A l'O., les îles Walli et Fou- TOUNA sont sous le proteciorat français.
3° Au IS . de ces deux archipels, entre l'Equateur et le 10° parallèle S. : les îles d'ELLiCE, dont la principale est Plvster ; le groupe du Phénix (Enderbury et Sydney) ; le groupe de 1 Union.
4° Iles Tonga ou des Amis, entre 18° et 20° lat. S.; 150 iles presque toutes basses : Tongabatou est la plus grande ; Vavao, Tufoua, Laté. L'Archipel compte environ 2 000 habitants sur une superficie de I 000 kil. carrés.
5° Archipel de Cook ou Iles Harvey, sous le 20° latitude S. ; 800 kil. carres ; environ p.' 000 hab., convertis au chrisiianisme. Les principales sont : Rarotonga et MvNr.iA.
0° Iles de la Société, par 17° latitude S., de formation volcanique. Elles ont été visitées deux fois par Cook et après lui par Bougainville et d antres navigateurs. Les cultures euroiiéennes qu'ils y ont propagées y prospèrent sous le beau ciel ausiralien. Taiti ou Otaheiti, la plus méridionale et la plus grande, 1 lOO kil. carrés, lOonO hab., chef-lieu Papéiii, est sous le protectorat français, ainsi que Moorra ou Amko, Tetouaroa et Maîtéa. Les indigènes sont convertis au christianisme. Le roi réside dans l'île RaîatiU.
OCEANIE
OCEANS
— Au S. de cet archipel, les îles Toubouai et VaviTOU sous le tropique du Capricorne, Kapa sous le '2'° latitude S. sont placées également sous le protectorat de la France.
1° Iles Toamotou ou Basses ou Archipel Dangereux, répandues entre 15"2° et lli» longitude] occident., entre 14° et 25° latitude S ; 79 petites îles, plates, basses, parmi lesquelles des alolU, ' îlots bàlis annulairenient ou en croissant par des polypes autour des lagunes. A ce groupe se rattachent les îles Gambier, sous le protectorat de la | France; la piincipale est MANGAnÉVA, située presque sons le tropique de Capricorne. Au S.-E. l'île PiTCAiiiN, colonie pénitenti.aire de matelots anglais, i Plus à l'Est, l'Ile volcanique de Paqies, do toutes les îles polynésiennes habitées la plus voisine de r.Améri(|ue (Chili). — Les Si-Oll insulaires de ce vaste archipel sont en partie chrétiens dans les îles occidentales, en partie païens et encore an- | thropophages dans les îles les plus orientales.
8° Iles Marqcises, vers le 10" latitude S., au nombre de 11; sous la domination française ; 12iU kil. carrés, GOOi.) hab., la plus belle race polynésienne, en partie convertis ou catholicisme. Les principales sont : Nouka-Hiva, chef-lieu Taio- j huc; Hiva-Oa, Washington ou Hoi'A-Houna.
9° Poli/'.è.sie desÉtats-Utiis. — Au N. et au S. de l'EquaK-ur, entre 10° lat. N. et 12» lat. S., I les Etats-Unis possèdent sur la route de l'Australie : WALKrn. Christmas, Washington, SamaliANG, Palmvra, Barber, Jarvis, Bboke, Peniihyn, Flint. — Dajis les mêmes parages les îles an- [ glaises de Fanning, Malden, Staihiuck, Caroline.
La llicronésie, située au N.-O. de la Polynésie, se compose de 4 groupes :
r Les Mariannes ou Iles tes Larrons, rangées du nord au sud sur une ligne qui va du 20° au 14° » lat. N. Leur superficie est do I 0'9 kil. carrés, avec 1 8 000 hab. Deux sont occupées par les Espagnols ; les autres sont inhabitées. La |)lus grande est Goam.
2° Les Carolines (i l'Espagne), rattachées au ' gouvernement des Mariannes; entre 10° et 7° lat. N., 12S° et 105° long. E.; 1384 kil. carrés;! 18 800 hab. î
Entre cet archipel et les Philippines, les îles Pa- LAOS (à l'Espagne), 897 kil. carrés, lOOOi) hab., et Pelew.
3° Archipel de Marshall, entre 15° et 5° lat. N., avec les iles Ralik et Fiadak.
4» Archipel des Mulgraves, ou Gilbert ouKi^g- SMILL, n iles au N. et au S. de l'Eciuateur, dont les principales sont Tarava et Mabaki.
Royaume d'HAWAi ou îles Sandwich. Cet archipel, situé sous le 2U° lat. N. et sous le tropique du Cancer est composé des îles Hawai ou Owaihi,
MaOII, MoLAKAi, LANAÏ, OaHOC, KaOLAÎ. NlHAOU,
Kahoulahi : I9 75G kil. carrés; 1)7 OOn hab. convertis au protestantisme. Hawai, la plus méridionale et la plus grande (12 010 kil. carrés), a deux volcans, le Maouivi-Ken de 4 RIO mètres et le Mununa-Lori qui s'élève à 4 220 moires, et dont le cratère a 11 kil. de tour. Dans Maoui le pic H'iti'i- Itala se dresse à 3 100 m. La capiiale du royaume est H onoloulou. dans Oahou, 15000 hab., principale station navale entre les Etats-Unis et la Chine; ville principale Hilo, dans Hawni, 4 OaO hab.
Découvertes en 1776, par Cook, qui y périt trois ans plus tard, ces îles, habitées alors par une population encore sauvage, sont devenues en 1864 un Etat constitutionnel. Leur position entre l'Amérique du Nord, la Chine et l'.Australie leur donne une grande importance qui ii'a cessé d'angmenter depuis l'achèvement du chemin de fer du Pacifique. Un service régulier de paquebots met Honoloulou en communication avec San-Francisco d'une part, Aukiand et Sydney de l'autre. Los Etats-Unis sont en possession du protectorat de l'archipel depuis I8j1. [F. Oger.]
OCÉANS. — Géographie générale, 1 et XX. — On donne le nom d'Océan à cette masse d'eaux qui couvre environ les trois quaris du globe terrestre, et dont les divisions naturelles forment les mers particulières désignées par des noms distincts.
Profondeur des océans. — Généralement peu profonde au voisinage des terres, la mer se creuse rapidement, mais d'une manière fort irrégulière. Le Pas-de-Calais, entre la France et l'Angleterre, n'olTre nulle part une tranche d'eau assez épaisse pour recouvrir les tours Notre-Dame, par exemple. Le Zuiderzée n'offre aucun chenal qui puisse amener les grands navires d'aujourd'hui jusqu'au port d'Amsterdam. En revanche, dans les fjords de la Norvège, la sonde descend aussi bas que les falaises du littoral s'élèvent au-dessus des eaux;' la baie de Biscaye, sur les côtes de France et d'Espagne, forme une fosse profonde.
Peu à peu on étudie le fond de la mer comme la surface du sol émergé. On y trouve, comme sur les continents, des plaines, des vallées, des hauteursiisolées ou rattachées en chaînes de montagnf s et en plate.iux. La plus grande profondeur, mesurée d'une manière certaine aujourd'hui dans le grand Océan Pacifique, dépasse 8 kilomètres et demi. Elle se trouve au voisinage des iles KifUriles, h l'ouest d'une vaste dépression qui s'étend depuis les côtes du Japon jusqu'à cellesde Californie. C est aussi dans la partie occidentale de l'Atlantique, entre les Bermudes et la Nouvelle-Ecosse qui se trouve la vallée la plus profonde de cette dernière mer.
Volume des eaux de la mer et des terre- émergées. — En moyenne, on évalue à 4300 mètres la profondeur générale des mers, tandis que l'altitude moyenne des terres émergées ne dépasse pas 330 mètres. Il en résulte que le volume des eaux de la mer est environ trente-six fois aussi considérable que celui de la croûte terrestre qui s'élève au-dessus de leur niveau.
' C'est cette masse énorme d'eaux qui, lente à échauffer comme à refroidir, tempère les ardeurs ! de l'été, modère les froids de 1 hiver, fournit à la î végétation l'huraiJité dont elle a besoin pour se développer.
' Salinité des eaux de la mer. — Les eaux de la mer sont salées ; par évaporation, ell''S laissent de 35 à 40 parties de substances salines pour liitio parties d'eau, et le sel de cuisine ou chlorure de so- ' dium forme, à lui seul, les 3/4 de ces substances , salines.
Les causes, qui font varier le degré de salinité dos eaux marines, sont faciles à comprendre. A l'embouchure des fleuves, la mer est moins salée qu'au large. Les mers qui reçoivent de nombreuses rivières, comme la mer Noire ou la Baltique, sont moins salées que r.\tlantique, et leurs eaux deviennent de plus en plus chargées à mesure qu'on les puise plus près des détroits qui leur servent de débouchés. Dans les mers soumises i une forte évaporation solaire comme la Méditerranée on la mer Rouge, la salinité devient très forte et augmenterait sans cesse, si les eaux arrivant des autres mers pour combler le vide produit ne tendaient constamment par leur mélange i rétablir l'équilibre. Mais qu'une cause accidentelle vienne à isoler une partie de ces mers du reste des Océans, comme cela est arrivé sans doute pour les cliolts algériens et tunisiens, et pour un lac situé entre le golfe d'.Aden et le plateau de lAbyssinie, la nappe ainsi formée diminue rapidement do niveau depuis qu'elle no reçoit plus le trop plein des autres mers. Et cette nappe lacustre ofi're cette singularité de se trouver, bien qu'au milieu des terres émergées, à un niveau inférieur à celui des mors. C'est le cas de la mer Morte et de la Caspienne.
Glaces polaires et flottantes. — Si l'cvaporation
OCEANS
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solaire augmente la salinité des mers, la formation (les glaces dans les mers polaires conconrt au mC'mo résultat, puisque les glaçons ne renferment gurrc r|Uf 5 lnilli^mes de sol au liou de afi ou 40. l'uis, (jiins les nuTS où ils viennent fondre, les glaçons .likiucissent les eaux comme les fleuves près de leur eniboucliure.
Ces glaces, qui se forment constamment dans les régions froides des pôles, et môme dans les mers fermées des régions tempérées comme la Baltique ou la mer Noire pendant 1 hiver, sont entraînées par les courants vers l'équateur avec les grandes masses gelées des glaciers du Groenland. Les navires, qui traversent l'Atlantique entre l'Europe et les Elafs-Unis, rencontrent au voisinage de Terre-Neuve d'énormes montagnes de glaces flottantes contre lesquelles ils risquent do se briser, d'autant plus que la fonte de ces glaçons entretient darjs ces régions un brouillard dos plus épais au travers duquel on ne voit qu'à quelques mètres. Ces glaçons dépassant quelquefois de 120 ou 150 mètres le niveau des eaux, on peut en conclure qu'avec la partie immergée ils atteignent de lOOO Ji 1200 mètres d'élévation totale. Ce sont do vraies montagnes longues quelquefois de plusieurs kilomètres, revêlant les formes les plus diverses et les plus bizarres et qui cheminent lentement vers le sud. Brisées les unes contre les autres, arrêtées quelquefois par les inégalités du fond de la mer, fondues par les eaux plus chaudes, les vents et les rayons solaires, elles disparaissent lentement avant d'avoir accompli la moitié de la course qui les conduirait du pôle à l'équateur. Des navires emprisonnés dans les glaces ont ainsi dérivé vers le sud pendant plusieurs centaines de jours avant de recouvrer leur liberté. Il y a peu d'années le glaçon du Polans a porté pendant six mois de niallieureux naufragés réduits h la dernière extrémité quand ils furent rencontrés et sauvés par un navire.
C'est au sud de Terre-Neuve que fondent généralement les derniers glaçons dans l'hémisphère septentrional, mais dans l'iiômisphère opposé, les montagnes de glace s'avancent jusque près du cap de Bonne-Espérance, sur le -ib' de latitude. En remontant vers le pôle, on trouve ces glaçons de plus en plus nombreux. Finalement, ils forment une vraie barrière, h travers laquelle les navires ne peuvent s'engager qu'en courant les plus grands risques. Cette barrière ou banquise se déplace suivant l'intensité des courants ou desvenis qui peuvent la fondre ou la repousser. Parfois elle chemine tout entière vers le Sud, et Parry, ayant quitté son navire pour atteindre le pôle avec des traîneaux en cheminant sur les glaces, marche en vain dans la direction de l'éloile polaire sans s'élever en latitude. La dérivation de la banquise lui fait perdre ce que la marche lui fait gagner. On nepcutpas assigner k cette barrière unelatiiude moyennesuivant les saisons. Geriaines mers, comme la mer de Kara, restent quelquefois fermées par les glaces pendant des années entières, tandis qu'à d'autres moments, la fiavigation y redevient relativement facile.
Couvanls locaux. — L'écoulement des fleuves vers la mer, et l'évaporation produite par les rayons du soleil tendent, en sens inverso, à modifier localement le niveau des eaux marijies. La différence de densité entre les eaux chaudes et les eaux froides, les eaux douces et les eaux salées, est une autre cause qui tend aussi à détruire l'équilibre dans les divers points de la nappe mai'ine. Mais cet équilibre n'est pas rompu d'une manière durable à cause de la mobilité des molécules liquides qui se déplacent consiaiument pour venir combler les vides pour précipiter au fond les eaux salées et froides plus denses que les eaux douces et chaudes. C'est là l'origine d'une foule
de courants locaux. Le détroit de Gibraltar est traversé par un courant, allant de, l'Atlantique dans la Méditerranée rendre à cotte mer l'eau que lui enlève l'évaporation solaire et que les fleuves de son bassin ne suffisent pas à remplacer. Par coiitre, les eaux salées et lourdes de la Méditerranée s'écoulent vers l'océan en dessous de ce courant superficiel pour prendre la plice des eaux moins salées et moins lourdes de l'Atlantique. On trouve dans le détroit de Bab-el-Mandeb la reproduction de ce qui se passe au détroit de Gibraltar. Les eaux de l'océan Indien viennent remplacer les eaux de la mer Rouge, sur laquelle l'évaporation n'enlève pas chaque année une tranche de moins de 7 mèires d'épaisseur, et qui ne reçoit ni pluie ni rivière, mais, par contre, les eaux salées de la mer Rouge s'écoulent dans les profondeurs du détroit pour remplacer les eaux plus douces de l'océan Indien.
Le détroit de Constantinople est parcouru superficiellement par un courant rapide faisant plusieurs kilomètres à l'heure, car la mer Noire reçoit le tribut de plusieurs fleuves puissants qui exhausse son niveau. Mais au fond du détroit règne un contre courant qui amène les eaux lourdes et salées de la Méditerranée à la place des eaux relativement douces du Pont-Euxin.
Ce ne sont là que des courants locaux, qui ne peuvent être comparés aux courants généraux causés par la rotation de la terre et sa révolution annuelle autour du soleil. (V. Courants, Mappemonde.)
Marées. — Les. marées ', comme les courants généraux et locaux, mélangent sans cesse les eaux de la mer, et c'est ainsi qu'elles offrent à peu près partout la même composition chimique.
Venls. — Une troisième cause d'agitation, les vents, n'agit qu'à la surface des eaux marines, mais grâce à la fluidité des molécules liquides, ces vents les relèvent en bourrelets séparés par des vallées profondes, et le trouble, qui se produit ainsi en un point de la mer, se propage de proche en proche comme un mouvement vibratoire.
D'autant plus régulièrement transmise que rien ne vient la troubler, cette vibration se transmet très vite et bien plus loin que le vent qui lui a donné naissance, de sorte que c'est aux endroits les plus calmes en apparence que les lames se Pressentie plus haut. Elles sont au contraire déprimées quand le vent tombe directement sur elles, ou que plusieurs lames arrivant des divers points de l'horizon, dans des directions différentes, suivant le souffle qui les a fait naître, viennent s'abattre ou se détruire l'une l'autre.
On trouvera au mot Courants la description des courants aériens réguliers comme les courants marins.
Si les diverses causes de tous ces phénomènes, prises isolément, sont simples à comprendre, il est souvent diflicile de dcnièler en chai|UO point la part qui revient à chacune d'elles Et c'est à cette étude qu'on s'applique chaque jour davantage pour mieux a pprendi-e à utiliser la mer comme grande voie de communication. C'est depuis peu d'années aussi qu'on s'est occupé de l'étude du fond de la mer, à propos de la pose des câbles télégraphiques qui relient les continents entre eux. Immersions et émerijenees des rivages. — N'y a-t-il pas là du reste le laboratoire où se sont formées succe-sivoment les diverses couches géologiques actuellement émergées, et où s'en forment maintenant de nouvelles qui surgiront à leur tour. Sans atiendre les grandes convulsions qui soulèvent les montagnes ou engloutissent les continenls, on voit chaque jour certaines côtes s'élever au-dessus des flots qui les baignaient naguère, tandis (|ue d'autres, au contraire, s'enfoncent audessous des eaux.
OCÉANS
OCEANS
La Norvège et les côtes septentrionales de l'Asie 1 sont dans une période d'émergence, il en est de même des côtes méridionales du Spitzberg et de la Nouvelle Zombie, rie l'Ecosse, de la Barbarie, du littoral du la mer Rouge, d'une partie de l'Anatolie, de l'île de Sumatra, du Chili, du sud-ouest du Groenland.
En revanche, au contraire, les deux rives du détroit de Smith, qui conduit de la mer de Baffiri dans la mer polaire, lo littoral de la Floride et des Carolines, celui de la Guyane et l'embouchure de l'Amazone s'afl'aissent comme le delta du Nil, lo littoral dn la Baltique et celui des Pays-Bas.
Modifications de la forme des rivaijes. — Poussées par les vents, les courants, les marées, les eaux de la mer modifient sans cesse la forme des rivages. Là, aidées par les météores, elles démolissent les falaises, ici, chargées des dfbris qu'elles ont pulvérises peu i peu, elles vont combler les golfes. Tantôt elles entassent miette à miette sur la rive des dunes de sable, qu'elles repoussent constamment vers l'intérieur si on ne les arrête par des plantations, tantôt elles déposent des cordoiis littoraux qui isolent peu à peu de la pleine mer des lagunes et des étangs.
Arrêtant le courant des fleuves, les eaux de la mer les forcent à déposer à leur embouchure une barre qui, dans les mers sans marée, obstrue bientôt leur cours et les force à s'ouvrir une nouvelle route. Là au contraire où la marée se fait sentir, le mouvement du flux et du reflux balayant sans cesse lo chenal maintient l'ouverture. C'est pour cela que les grands fleuves qui débouchent dans des mers fermées ne peuvent recevoir les grands navires. Les porls sont obligés de se créer dans le voisinage : Alexandrie, à l'ouest des bouches du Nil, Marseille, à l'est du Rhône. Venise n'est pas sur le Pô, ni Barcelone, sur l'Ebre. Dans les mers à marée, au contraire, presque tous les grands fleuves ont leur port de mer : Hambourg sur l'Elbe, Londres sur la Tamise, Anvers, sur l'Escaut, le Havre et Rouen, sur la Seine, Bordeaux, sur la Gironde, etc.
Ces fleuves, cependant, ne sont pas immuables; l'embouchure de la Gironde, celle de la Seine se sont bien des fois modifiées depuis les temps historiques. Sur la Seine, le port d'embouchure est descendu successivement de Lillcbonne à Harfleur, puis au Havre. L'Adour a déplacé son embouchure de plusieurs kilomètres.
Diverses parties de l'Océan. Océan Atlantique. — La partie de l'Océan, qui baigne les côtes occidentales de la France et de l'Europe, porte le nom à'Océan Atlantique. Il a environ 4 000 kilomètres de largeur entre notre p.iys et les rivages les plus rapprochés de l'Amérique, qui leur font face à la même latitude. Mais entre la côte du Brésil et celle de Guinée, la largeur de l'océan Atlantique se réduit aux trois quarts environ de cette distance.
L'océan Atlantique projette, à l'est, entre les côtes d'Europe et celles d'Afrique, la Méditerranée et ses dépendances avec lesquelles il communique par le détroit de Gibraltar. Plus au nord, il projette la Manche, qui, par le Pas-de-Calais, conduit dans la mer du Nord; le canal Saint- Georges et le canal du Nord, qui, avec la mer d'Irlande, séparent cette même île de la Grande- Bretagne. Enfin entrel'Écosse etla Norvège s'ouvre la mer du Nord, qui communique avec la Baltique par les détroits danois.
A l'ouest, du côté de l'Amérique, l'océan Atlantique projette la merdes Antilles entre l'Amérique méridionale et la chaîne des Antilles, et le golfe du Mexique, où conduit le canal de Baliama, entre la Floride et (;uba.
Au sud, l'océan Atlantique s'otivre largement sur lo Grand océan Austral ou Antarctique ^ntre le cap de Bonne-Espérance et le cap Horn.
Au nord enfin, i! communique avec Vocéan Boréal ou Arctique par la large mer qui sépare la Norvège du Groenland, et où s'élèvent l'Islande et les îles Féroë.
Entre le Groenland et le Labrador, le détroit de Davis ouvre une nouvelle série de communications de l'Atlantique avec la mer Polaire, Au Nord, le détroit de Davis se continue par la mer de BafSn, les canaux de Smith, de Kennedy et de Robeson» qui aboutissent à la mer paléocrystique de Nares, où l'homme a approché le plus du pôle nord, sans y trouver de mer libre de glaces. A l'ouest du détroit de Davis, le détroit d'Hudson conduit à la vaste baie du même nom, qui creuse profondément le territoire du Dominion de Canada. A l'ouest de la mer de Bafftn, le détroit de Lancaster, continué par celui de Barrow, forme l'entrée au passage du N.-O., c'est-à-dire d\i passag3 conduisant de l'Atlantique dans le Pacifique par le nord ducontinent américain. Ce passage a été découvert par Mac Clure, il y a un quart de siècle.
Ce n'est que depuis un an qu'on a, non pas découvert, mais elTectuépourla première fois complètement le/)«ss«3ef/i( iV.-£. , en allant de l'Atlantique dans le Pacifique par le nord de l'Europe et de l'Asie.
Océan Pacifique. — Qu'on arrive d'un côté ou de l'autre, de l'est ou de l'ouest, on passe de Vocéan 4 relique dans le grand océan Pacifique par le détroit de Bering, qui n'a que 92 kilomètres de large entre l'Asie et r.\mérique.
Entre ce détroit, la presqu'île asiatique du Kamtchatka et la chaîne des Aléoutiennes, la mer porte le nom de mer de Bering, comme le détroit, puis elle s'élargit rapidement jusqu'à 15000 kilomètres de largeur sur l'équateur entre l'Amérique centrale et la Nouvelle-Guinée . C'est le crand océan Pacifique A l'est, du côté de l'Amérique, il ne projette qu'un seul golfe important, celui de Californie. A l'ouest, au contraire, du côté de l'Asie, il forme une série de mers secondaires, dont le séparent des chaînes d'archipels. A l'ouest des Kouriles, c'est la mer d'Ockotsk; à l'ouest du Japon, la mer du Japon ; entre le Japon et la Chine, la mer Jaune ; à l'ouest des Philippines et de Bornéo, la mer de la Chine.
Les Philippines commencent la série des archipels qui séparent le Pacifique de ['océan Indien. Le détroit de Macassar, entre Bornéo et Célèbes, celui des Moluques, entre Célèbns et Gilolo, et celui de Torrès, entre la Nouvelle-Guinée et l'Ausralie, conduisent du Pacifique dans les mers intérieures qui baignent ces archipels. On en ressort, à l'ouest, sur la mer des Indes, par le détroit de Malacca, entre la pointe méridionale de l'Asie et l'île de Sumatra, et par le détroit de la Sonde, entre Sumatra et Java.
De tous les canaux qui séparent ensuite les îles de la Sonde entre elles, le plus important est celui de Lomboc, entre les îles de Bail et de Lomboc. A l'ouest de ce détroit, Sumatra, Java, Bornéo, les Philippines appartiennent, par leur flore' et leur faune, au monde asiatique. A l'est, au contraire, l'Australie et les îles voisines forment un monde à part. Et les sondages faits à leur pourtour indiquent l'existence de deux plateaux sous-marins distincts qui servent chacun de socle à ces deux groupes d'archipels.
Au sud de l'océan Pacifique, l'archipel de la Nouvelle-Zélande forme aussi un monde distinct qui s'élève seul entre le Pacifique et le grand océan Antarctique.
Océan Antarctique. — C'est sur ce grand océan Antarctique que s'ouvrent tous les autres grands océans Pacifique, Indien, Allaniiqne. C'est là que se trouve la plus grande étendue d'eau, que naissent les grandes lames de marée, quesetrouvfr aussi la plus vaste région inconnue à l'homme.
ODORAT
ODORAT
Ross no s'est avancé de ce côté que jusqu'au 78" de latitude, tandis que Nares, au nord, a dépasse le S:i". La terre la plus inéridionalo, située sous le méridien de la Nouvelle-Zélande, s'appelle terre Victoria. lA se dressent dos montagnes volcaniques hautes comme nos Alpes. En suivant le cercle polaire de l'est i l'ouest, on rencontre successivement la terre de Vilkes au sud de l'Australie, celles de Kcnip et d'Knderby au sud de l'océan Indien, celles de Graliam et d'Alexandra, vis-îi vis l'Amérique.
Ocëan Indien. — L'océan Indien, qui baigne les côtes méridionales de l'Asie et orientales do l'Afrique, ne mélangeait ses eaux h celles de l'Atlantique qu'au sud du cap de Bonne-Espérance, avant le percement du canal de Suez, qui ouvre une communication directe entre la mer Rouge, dépendance de la mer des Indes, et la Méditerranée, dépendance de l'Atlantique. Le détroit de Bab-el- Mandeb, le canal de Suez, le détroit de Gibraltar forment trois portes successives il franchir dans ce voyage. Les Anglais y oni occupé Aden, Chypre et Gibraltar sans compter Malte, qui sépare la Méditerranée en deux bassins distincts.
Océan Arctii/i/e. — Nous avons dit par où cette mer communique avec les antres océans. Mais pas plus que pour l'océan Antarctique, on ne connaît ses limites. Où finit le Groenland, qui sépare l'Atlaiilique de la mer de BafHn '? Jusqu'où s'étendent les terres qu'on a vues au nord du passage nord-ouest et à l'ouest du canal Robeson? Au nord de l'Europe on connaît trois archipels : le Spitzberg, la terre François-Joseph et la Nnuvelle- Zemble. Au nord de l'Asie, on ne connaît que l'archipel de la Nouvelle-Sibérie et la terre de Vrangel, non loin du détroit de Bering.
[G. Meissas.]
ODORAT.— Zoologie, XXXVIII.— Hygiène, XIV.
— Les substances susceptibles de se volatiliser se répandent dans l'air et nous avons conscience de leur présence par le sens de l'odorat, mis en jeu par \'olfaili"n.
Pour exciter le sens de l'odorat, il faut que les particules odorantes ou effluves contenues dans l'air se dissolvent dans l'humeur dont la membrane intérieure du nez est enduite. Si les narines sont desséchées, comme pendant la période inflammatoire du coryzn (rhume de cerveau), la perception des odeurs est impossible.
Des nerfs spéciaux recueillent l'Impression olfactive et la transmettent au cerveau qui perçoit une sensation. Le volume de ces nerfs est très variable et proportionné, le' plus souvent, au développement de l'odorat.
Chez certains animaux, ce sens est la source d'indications compIii|uées et très précises sur la nature et les propriétés des aliments, des boissons, etc. Souvent le flair les renseigne mieux que la vue. Chez l'Iiomme et le singe, l'appareil nerveux de l'odorat est peu développé; il l'est moius encore, d'ordinaire, chez les cétacés et les oiseaux.
^ La partie extérieure et saillante de l'organe de l'olfaction, appelée le nez, constitue une cavit^i limitée par des os de la face et partagée par une cloison en deux chambres ou fosses nasales dont l'orilico externe s'appelle narines. Les fosses nasales, dont la surface se trouve augmentée par des saillies osseuses, est tapissée par une muqueuse nommée membrane piluitaire à cause de l'humeur jadis nommée pitnife qui la lubrélie.
Les nerfs fournis par l'appareil olfactif pénètrent dans le nez par un grand nombre de petits trous percés dans la lame criblée de l'os ethmoîde; mais ces nerfs bouchent parfaitement les trous, do sorte qu'il n'existe aucune communication entre le nez et le cerveau.
Les narines communiquent, h la partie posté-
rieure, avec l'arrière bouche et quand celle-ci est fermée, fournissent l'air directement h la trachéearière. Cependant cette disposition varie chez les animaux inférieurs.
Chez 1 homnie et chez beaucoup d'animaux les cavités olfactives sont en rapport avec dos excavations formées dans les os avoisinants. Ces exca-
Fig. i. — Organe de l'oJoral.
— ô et 6', sinus; — c, lobe olfactif fournissant les nerfs de l'odorat qui se répamlent sut- la nncmbrane pituitaire; — d, rameau nasal de tt cinquième paire de nerfs; — e. autre filet de la cinquième paire ; — /", orifice de la trompe d'Eustacbe.
vations sont parfois considérables et embrassent la plus grande partie du crâne; elles servent sans doute à emmagasiner les émanations odorantes.
Le nez varie beaucoup de forme et reçoit un nom spécial selon la disposition en trompe, muffle ou boutoir. Quelques chauves-souris ont le nez
fig. 2. — Tèle ilu FliïHiisluiiie vampire.
entouré d'une feuille nasale, destinée à recueillir et concentrer les effluves. -i
L'odorat est faible chez les reptiles, presque nul chez les oiseaux. Les poissons perçoivent les odeurs par deux appareils qui ne communiquent pas avec la bouche et qui sont revèius de nombreuses lamelles richement pourvues de ni'rfs.
Les insectes reconnaissent les odeurs au moyen
ODORAT
— l-'iUC. —
OISEAUX
des antennes. Cliez quolques-uns le sens de l'odorat très développé les guide vers la nourriture convenable et vers les individus-dc la même espèce.
On peut considérer r"dc?at comme complémentaire du goût. Si l'on comprime fortement les narines extérieures, on avale sans en distinguer la saveur les substances les plus répugnantes. Les maladies du nez, l'habitude de priser du tabac ou du camphre émoussent le sens du goût. Celui-ci est ordinairement prévenu en faveur des substances dont l'odeur e?t agréable, mais l'habitude suffit pour en faire aimer d'autres qui paraissent d'abord repoussantes. Les animaux sont d'ailleurs mieux servis que l'homme par t'instinrt nuirilif auquel l'odorat sert de guide. Cependant môme chez l'homme les perceptions olfactives acquièrent, par l'habitude, une délicatesse remarquable. Mais l'habitude des odeurs fortes suffit également pour émousser la sensation qu'elles produisent jusqu'à y rendre absolument insensible; c'est ce qui arrive aux ouvriers d'un grand nombre de professions.
Les odeurs exercent une romarqualde influence sur le système nerveux. Quelquefois la médecine utilise leur action irrilante pour provoquer une sécrétion abondante de mucus et de larmes. Quelques odeurs produisent nne excitation spéciale des sens et de l'intelligence, accompagnée de sensations agréables ; d'autres dites i-irei/ses, comme celles de la jusquiame, du pavot, du stramonium,
Anleones de l'abeille.
engourdissent l'intelligence et les sensations, amènent la somnolence et la céphalalgie (mal de tête).
Les odeurs les plus agréables peuvent d'ailleurs provoqurT des accidents lorsqu'elles s'accumulent dans une atmosphère non renouvelée; elles occasionnent du malaise, des maux de tête, des nausées, des vomissements, parfois même la syncope et l'asphyxie.
Les femmes nerveuses sont spécialement impressionnées par les odeurs. On en voit tomber en syncope à la seule vue d'une fleur odorante; certains parfums leur causent des attaques de nerfs. L'imagination est pour beaucoup dans ces efleis maladifs. On rapporte qu'une dame qui ne pouvait, disait-elle, souflrir l'odeur de la rose, se trouva mal en recevant la visite d'une de ses amies qui en portait une à la ceinture, et cependant cette fleur néfaste était artificielle. H y a d'ailleurs, sous ce rapport, u bon nombre d'hommes qui sont femmes», et nous avons connu un général qui entrait en fureur à la vue d'un ananas.
Il ne faut pas confondre l'influence de l'impression olfactive avec les accidents d'asphyxie ou d'empoi.sonnement causés par des substances odorantes. Celles-ci peuvent, en efl'et, vicier l'air et le rendre irrespirable, ou bien y répandre un principe vénéneux dont l'absorption produit des troubles plus ou moins graves, et parfois mortels.
Ces indications sommaires suffisent pour indiquer l'hygiène de l'odorat.
On maintiendra dans son intégrité l'appareil olfactif en évitant, autant que possible, les refroi-
dissements, causes d'angines et de coryzas ; en s'abstenant de priser des substances irritantes ou odorantes ; en n'usant de parfums que d'une façon intermittente et avec beaucoup de modération.
Les enfants s'introduisent souvent dans les narines des corps durs susceptibles d'y provoquer une inflammation ; il faut les surveiller à ce sujet et retirer sans retard les corps étrangers. Pour cela, il suffit, le plus souvent d'introduire quelques gouttes d'huile dans la narine en penchant fortement la tête en arrière, puis de provoquer une sorte d'éternuement artificiel en tenant la bouche fermée. [D' Safl'ray.]
OEIL. — V. Vue.
OlSi; AUX. - Zoologie, XIV-XVIIL — Les Oiseaux constituent parmi les animaux vertébrésune subdivision, une classe des plus naturelles et des mieux délimitées. Il suffit en efl'et. pour caractériser les Oiseaux, de dire que ce sont des vertébrés ovipares, dont la circulation est double et complète, qui ont le sang chaud, la peau garnie de plumes, et les membres antérieurs transformés en ailes. Les oiseaux en effet pondent des œufs qui sont presque toujours couvés soit par la mère seule, soit alternativement par les deux parents, ou qui, plus rarement, sont soumis à l'action des rayons solaires. De ces œufs sortent, au bout d'un temps qui varie suivant les espèces, des petits, d'abord couverts de duvet, et souvent incapables de pourvoir à leur nourriture. Ces petits sont généralement l'objet des soins les plus touchants de la part de leur père et de leur mère; ils grandissent peu à peu, ils sont capables de sortir du nid, et de voltiger aux alentours, et ils se revêtent de plumes normales, bref, au bout de quelques mois, ou quelquefois seulement au bout d'un an, ils ressemblent à leurs parents et présentent tous les caractères distinctils de leur espèce.
Tous les oiseaux ont le torps, ou du moins la plus grande partie du corps abritée par des plumes, c'est-à-dire par des productions analogues aux poils des mammifères, mais d'une structure beaucoup plus compliquée. Dans une plume on distingue en effet un tube corné, ouvert inférieurement et surmonté d'une tige, puis des barbes qui s'insèrent le long de celte tige et qui sont parfois elles-mêmes munies de barbules. La plume naît dans une sorte de capsule, ayant un bulbe central, elle grandit, se montre à nu et épanouit latéralement ses barbes qui étaient d'abord enroulées ; enfin au bout d'un certain temps, elle se fane, elle tombe, pour faire place à une plume nouvelle. Ce phénomène de la mue a lieu à des époques variables, une ou deux fois par an, mais n'affecte pas toujours la totalité des plumes; il est accompagné d'une sorte de malaise général qui détermine souvent chez l'oiseau la suppression de la voix pendant un sertain temps.
Les plumes varient beaucoup sous le rapport de la forme et de la couleur. Quelquefois elles sont réduites, comme dans l'aile des Casoar^, à une tige rigide, à une sorte de piquant, d'auires fois elles ont des barbules flexibles qui no s'accrochent pas les unes aux autres, d'autres fois encore elles forment une lame dont toutes les parties adhèrent solidement. Il y a des plumes d'un blanc pur ou d'un noir uniforme, des plumes teintes en rouge, en bleu, en vert, en jaune vif, des plumes aux reflets métalliques ou irisés. Celles qui forment le bout des ailes et la queue acquièrent en général plus de longueur et de résistance que les autres, et servent à la locomotion ; elles sont plus spécialement désignées sous le nom de pemifs, par opposition aux plumes onlinaires qui revêtent le reste du corps.
Dans leur charpente osseuse les oiseaux diffèrent notablement des mammifères, mais la plupart des modifications qu'ils présentent à cet égard
OISIÎAUX
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OISEAUX
résultent de la (raiisformatioii des membres antérieurs en organes de locomotion aérienne. Le sternum, co grand bouclier osseux qui cloisonne en avant la cavité ilioracique, acquiert en efl'et, chez les oiseaux, un développement exceptionnel, et est presque toujours (sauf chez les Oiseaux t'.oureurs) pourvu d'une arête plus ou moins saillante, d'un /iréclicl, do cliaque côté duquel prennent leur insertion les muscles moteurs du bras. Sur le bord supérieur de ce bouclier s'appuient en général, deux arcs boutants qu'on appelle les o.s' cariicoïùiens parce qu'ils correspondent à l'apophyse coracoïdo des mammifères. Ces os s'articulent supérieurement avec l'omoplate, avec l'humérus et avec la clavicule. Celle-ci constitue, avec l'os correspondant du côté opposé, une sorte d'arc, légèrement élastique, qu'on nomme la fourrhelte, et qui a pour but de maintenir l'iScartement des épaules pendant ces mouvements nécessités par le vol. Cet arc, plus ou moins développé et plus ou moins évasé, vient parfois rejoindre le sternum, mais d'autres fois en reste indépeiularit L'humérus ainsi que le radius et le cubitus, qui lui font suite, ne présentent chez les oiseaux rien de particulier, si ce n'est qu'ils peuvent recevoir dans leur intérieur une certaine quantité d'air, mais la tnain est pour ainsi dire méconnaissable : le carpe est très réduit, et le métacarpe consiste en deux os, réunis par leurs extrémités seulement, et portant, sur le coté, un pouce rudimentaire, et à l'extrémité un doigt médius à deux phalanges et un petit doigt à une seule phalange. C'est sur cette main, profondément modifiée, que prennent leur insertion les plus longues peimes, celles qu'on appelle les rémiyes, tandis que d'autres pennes moins longues, et nommées pennes secondaires, viecment s'attacher sur le bras et l'avantbras. Les proportions de ces pennes influent naturellement sur la forme de l'aile et par suite sur la puissance du vol. Ainsi chez les Autruches, les Nandous, les Casoars et les Aptéryx, qui peuvent courir sur le sol, mais qui sont privés de la faculté de s'élever dans les airs, et chez les Pingouins, qui se servent de leurs membres antérieurs pour nager, les rémiges sont atrophiées, tandis qu'elles acquièrent au développement inusité chez les Frégates, oiseaux de mer qui se meuvent dans l'espace avec une rapidité extraordinaire.
Les oiseaux, par suite de la transformation de leurs membres antérieurs, ne reposent sur le sol que par leurs membres postérieurs, ce sont des animaux bipèdes; ils ont besoin conséquemment d'avoir le bassin solidement soudé àla colonne vertébrale. Chez eux les os des'hanclies, les os iliaques, se réunissent avec les vertèbres sacrées et lombaires pour constituer un os uni ne, mais d'ordinaire les os pubis ne se rejoignent pas antérieurement, de sorte que la ceinture osseuse reste ouverte. La tète du fémur ou de l'os de la cuisse est rfçue dans une cavité placée tantôt vers le milieu de la longueur du bassin, tantôt plus en avant ou plus en arrière, et de ces différences de position résultent des différences dans la station de l'oiseau; d'autre part le fémur s'articule avec un tibia plus ou moiiis allongé, sur le côté duiiuel est placé un péioné, ordinairement très grêle; au bout du tibia vient se placer un os résultant de la fusion de trois baguettes, de trois métacarpiens, qui correspondent à trois doigts antérieurs, et présentant en arrière un autre petit métacarpien auquel s'attache le pouie ou doigt postérieur. L'os unique formé par la fusion des métacarpiens porte le nom de inrsf ou de taisomélalunien ; \\ représente le canon du cheval, et c'est biim à tort qu'on le considère comme la jatiibe. c'est en réalité le pied de l'oiseau, l't ce qu'on nomme le gemm n'est autre rhnso que le talon. Dans certains cas le doigt postérieur et par-
fois môme l'un des doigts antérieurs peuvent manquer; c'est ce qui arrive par exemple chez l'Autruche d'Afrique. La portion du membre antérieure correspondant à la jambe est en partie cachée sous les téguments, et des plumes retombent ordinairement sur le talon et môme sur le haut du canon; dans sa portion inférieure le tarso-métatarsien est ordinairement dégarni déplumes, et couvert de sortes d'écaiUos ou de petites plaques accolées; il en est de même des doigts qui ont plusieurs phalanges et qui se terminent par des ongles tantôt presque droits, tantôt recourbés en forme de griffes. Chez les oiseaux aquatiques, chez les Pulmipèdes ', les doigts antérieurs et parfois niêtne le doigt postérieur sont unis par des membranes qui transforment le pied en une véritable rame.
Les côtes sont rattachées au sternum, non plus par de simples cartilages, comme chez les mammifères, mais par des arcs osseux, et chacune d'elles offre un prolongement, une apophyse qui vient s'appuyer sur la côte suivante. Les vertèbres de la région dorsale sont généralement soudées et immobiles, afin de donner plus de solidité à la cage thoraciq ne, tandis que les vertèbres cervicales peuvent jouer l'une sur 1 autre et permettent au cou de s'allonger ou de se raccourcir en se ployant en S. Cette disposition est particulièrement frappante chez les Hérons, chez les Cygnes, chez les Cormorans, etc. La tôte est relativement petite ; dans les premiers temps de la vie sa portion crânienne présente comme chez les mammifères deux frontaux, deux pariétaux, un occipital, deux temporaux, un sphénoïde et un ethmoide distincts, mais tous ces os se soudent de très bonne heure. La face est formée en majeure partie par les mâchoires, dont l'une, la mâchoire supérieure, est unie au front, mais conserve presque toujours une certaine mobilité, tandis que l'autre, la mâchoire inférieure, est suspendue au crâne par l'intermédiaire de l'os tym unique ou as citrri. Entin la tète peut exécuter des mouvements plus étendus que chez les mammifères, car elle repose sur la colonne vertébrale par un seul pivot, par un seul condyle.
Les deux mâchoires ou, comme on dit plus généralement, les deux mandibules, sont recouvertes d'étuis cornés dont l'ensemble constitue le bec. Ces étuis, moulés pour ainsi dire sur les os sous-jacents, suivent tous les changements de forme des mandibules, ils s'allongent de manière h constituer une pince eflilée chez les Oiseaux- Mouches, ils s'élargissent démesurément chez les Engoulevents, ils s'aplatissent chez les Spatules, et se raccourcissent au contraire chez les Rapaces et chez les Granivores. Leur bord est parfois garni de lamelles, comme chez les Canards, ou plus souvent taillé en biseau tranchant, ou bien encore dentelé, comme cliez les Faucons, les Pies-grièches, etc., mais ne sert jamais i la mastication, et ne remplace dans aucun cas les dents des mammifères. Le bec est essentiéllomHnt un organe de préhension, et quelquefois la langue concourt au même but, pouvant être projetée au dehors, grâce aune disposi lion particulière de l'os hyoïde.C'est ainsi que chez les Pics la langue, engluée d'une salive visqueuse, va saisir à une certaine distance, dans les fentes de l'écorce, les menus insectes dont ces oiseaux font leur nourriture. Chez les Perroquets la langue est épaisse et charnue, et chez les Oiseaux de proie elle est encore assez molle, mais dans l'inmiense majorité des passereaux elle est sèche, triangulaire et armée de crochets et de dentelures; elle ne peut guère, par conséquent, être employée comme organe de gustation. Au-dessons d'elle sont placées \i:s glandes salivaires, qui sécrètent une liumeur épaisse et gluante.
OISEAUX
OISEAUX
L'arricre-bouclie, confondue en avant avec la bouche, se continue en arrière par l'oesophage; celui-ci se dilate en une première poche digestive, nommée jatiot. Dans cette poche, qui nian(|ue chez les espèces piscivores, les cléments séjournent pendant un certain temps, puis ils passent dans le veiihicule nicceiduriê^ véritable estomac dont les parois renferment un grand nombre de petites glandes sécrétant du suc gastrique ; enfin, après avoir subi certaines inodiflcations, ils tombent dans le f/i'si'-r, poche généralement assez vaste, et dont les parois sont tantôt membraneuses, tantôt épaisses et musculaires. (Je dernier mode de structure peut être observé chez les oiseaux granivores qui ont besoin de triturer des graines résistantes, le premier au contraire se rencontre chez les oiseaux insectivores ou carnivores. L'intestin, moins long que chez les mammifères, se subdivise également en deux portions distinctes, l'intestin grêle et le gros iniesiin, et le point de jonction de ces deux portions est indique par l'in- 'section de deux tubes aveugles, de deux cœca. Enfin le gros intestin débouche dans un vestibule, dans un cloaque, à côté de l'oviducte et des canaux urinaires. Le foie est très volumineux chez les oiseaux, et verse ses produits, soit directement dans l'intestin, soit dans un réservoir biliaire, dans une vésicule du fiel. Le pajicréas est assez développé, la rate assez petite, et les reins, de forme irrégulière, s'allongent sur la face inférieure de la voûte du bassin.
Le sang des oiseaux circule de la même façon que celui des mammifères, mais il renferme des globules plus nombreux et de forme elliptique, et quand il s'est vicié en traversant les diverses parties du corps, il peut se trouver en contact avec l'air, pour se régénérer, non seulement dans les poumons, mais encore sur un grand nombre de points. La respiration chez les oiseaux est double, si l'on peut s'exprimer ainsi : les poumons en efl'et, placés contre les côtes, présentent à leur surface inférieure plusieurs ouvertures qui communiquent avec degrandesccliules membraneuses pénétrant jusque dans les interstices des muscles. Les dimensions et le nombre de ces cellules et par suite la quantité d'air distribuée aux diverses parties du corps, sont, toutes cho-ies égales d'ailleurs, en rapport avec l'énergie des mouvements que l'oiseau doit exécuter. Souvent même, comme chez les Eperviers et les Albatros, le fluide aérien pénètre dans tous les os des membres.
Grâce à cette activité de la respiration, les oiseaux consomment beaucoup plus d'oxygène que les mammifères, et résistent moins longtemps à l'asphyxie. Ils produisent aussi beaucoup de chaleur et peuvent élever la température do leur corps jusqu'à 4'2 ou même 45 degrés centigrades.
Beaucoup de volatiles sont doués d'une voix très puissante relativement à leur taille, et certains d'entre eux sont des virtuoses consommés. En général tous les oiseaux cliaiueurs possèdent, au-dessous du larynx proprement dit qui ne sert que fort peu à la production des sons, un larynx inférieur, soito de tambour osseux, surmonté d'une membrane mince et communiquant avec deux tubes qui résultent de la terminaison dos bronches et qui sont pourvues de replis ou de cordes iiocoi'.v. L'air en s'échappant entre ces lèvres, qui peuvent être plus ou moins tendues, et en faisant vibrer les parois du tambour osseux et la membrane supérieure, munies elles-mêmes de muscles spéciaux, produit cette succession de sons rythmés qui constitue le chant de l'oiseau.
En raison de la nature cartilagineuse de la langue, le gnùt est peu développé chez les oiseaux; l'odorat n'est guère plus parfait, malgré la grandeur souvent considérable des fosses nasales, l'ouïe laisse beaucoup à désirer, et le toucher ne
] peut s'exercer que sur des points extrêmement
î restreints : la majeure partie du coros est en effet
[ recouverl,e de plumes, les lèvres sont cachées sous des étuis cornés et; les pattes sont garnies de plaques et de scutelles. En revanclie le sens et la vue est véritablement exquis. Les yeux sont très grands relativement au volume de la tête, et à la
, rétine est annexée une membrane plissée en éventail et qui, suivant plusieurs naturalistes, aurait pour objet d'augmenter l'étendue de la surface visuelle. La pupille est ronde, l'iris très contractile, la cornée transparente grande et convexe, la sclérotique fortifiée par un cercle de pièces osseuses. Enfin aux deux paupières horizontales se joint, pour protéger l'org.me de la vision, une
I troisième paupière, verticale et semi-transparente. Certains oiseaux qui, lorsqu'ils étainnt perdus dans les nues, distinguaient avec facilité de petits animaux cheminant à la surface du sol, voient avec la même netteté, lorsqu'ils sent redescendus sur la terre, les objets placés dans leur voisinage immédiat ; il est donc probable que dans cette classe de vertèbres, l'œil jouit, plus que dans tout autre groupe, de la faculté précieuse de s'accom-
' moder aux distances.
1 Certaines parties du cerveau qu'on appelle les lobes optiques acquièrent un développement en rapport avec la puissance de la vision et se mon-
, trent à découvert et en arrière des hémisphères cérébraux. Ceux-ci sont lisses, dépourvus de cir-
I convolutions et plus ou moins indépendants l'un
' de l'autre, par suite de l'absence d'un corps cal-
' leux ; le cervelet est sillonné de plis transversaux, et presque réduit au lobe médian ; enfin la moelle épinière, très allongée, présente deux renflements
' correspondant 5. l'origine des nerfs des membres.
I Nous n'avons pas à insister ici sur les facultés intellectuelles des oiseaux. Chacun sait que ces
' animaux sont capables non seulement de pourvoir à leurs propres besoins, mais de trouver la nour-
' riture qui convient le mieux à, leurs petits, qu'ils
' construisent, souvent avec un art admirable, des demeures pour abriter leur progéniture, que certains d'entre eux s'associent pour former de véritables colonies, et que les uns habitent constamment les pay.s qui les ont vus naître, tandis que d'autres, à l'approche de la mauvaise saison, émigrent vers des climats plus doux.
Dans la nature actuelle, on connaît plus de dix mille espèces d'oiseaux, qu'il a fallu nécessairement répartir en un certain nombre de groupes d'ordre supérieur Mais les naturalistes sont loin d'être d'accord sous les limites qu'il convient d'assigner à ces différents groupes, aux genres, aux familles et aux ordres, et depuis un certain nombre d'années la classification des oiseaux a subi de nombreux remaniements. Ne pouvant, sans sortir des limites qui nous sont tracées, indiquer tous les changements qui ont été proposés dans ces derniers temps et dont quelques-uns d'ailleurs ne sont pas universellementadoplés. nous croyons préférable de nous en tenir à l'ancienne classification de G. Cuvier. Ce grand naturaliste, employant principalement les caraitères fournis par le bec et les pattes, c'est-à-dire par des organes dont la structure est généralement en rapport avec le régime, a subdivisé la classe des oiseaux en six ordres : linpaces, Passereiux. Grimpeurs, Gallinacés, Echns^iers et Palmipèdes. Chacun de ces ordres est dans ce Dictionnaire l'objet d'un article spécial ; nous n'avons donc pas à signaler maintenant les différences (|ui les séparent ; mais nous devons constater que les caractères tirés de la forme du bec, delà longueur des pattes, de l'indépendance des doigts ou de leur réinion au moyen de membranes peuvent souvent induire en erreur : ainsi pour ne citer qu'un ou deux exemples, les Serpentaires d'une part, les Autruches et
OLEINEES
OLEINEES
les Casoars de l'autre, rapportés primitivement aux Kclidssiers à cause de leurs tarses allongés, ne peuvent plus être laissés dans cette division, les Serpentaires étant do vrais Rapaces par l'ensemble de leur organisation et les Autruclies méritant de constituer avec les Nandous, les Casoars et les Aptéryx un groupe pariiculier sous le nom d'Oiseaux Coureurs. De même les Pigeons s'écartent à beaucoup d'égards des Gallinacés et les Perroquets sont supérieurs en organisation aux autres Grimpeurs.
[E. Oustalet.] OLKINÉES. — Botanique, XX. — Etym. : Du latin Olea, olivier. — Définition. — Famille de plantes dicotylédonées angiospermes que l'on place dans la classe dos Diospi/ruidees à côté des .Snpotres. des Ef'énacées, des llicinèes, des Styrac-êes. Cette classe elle-raônie appartient au groupe dos gamopétales hypogyjies; c'est-U-dire que les Heurs des Inospyroi^lées ont des pétales soudés en une seule pièce et que leur ovaire est libre, tous les autres verticUles floraux étaiU insérés audessous de lui.
A la suite des Oléinées, nous dirons quelques mots des autres familles de la classe des Diospyloidées ; car toutes renferment des végétaux utilisés par riiomme.
Caractères botaniques des Oléinées. — Les véï;élaux de celte famille sont tous des arbres comme le frêne, ou des arbustes comme le Iroëne. Us présentent des feuilles opposées, pétiolées, dépourvues de stipules; ces feuilles sont simples chez l'olivier, le lilas ; elles sont découpées, imparipennées, chez le frêne.
L'inflorescence des oléinées est généralement une grappe composée que l'on désigne quelquefois sous le nom de Ihyrse (Ulà^). Les fleurs présentent, de l'extérieur à l'intérieur : 1° un calice monosépale à quatre divisions parfois si réduites que le calice semble manquer; 2° une corolle gamopétale à quatre lobes plus ou moins profonds; chez le frêne commun cette corolle fait défaut; elle existe au contraire chez le frêne à manne ; 3° deux étamines insérées sur la corolle et alternant avec ses lobes ; les anthères très développées sont biloculaires et à déhiscence longitudinale ; 4" un ovaire libre, supère, à deux loges qui alternent avec les étamines et dans chacune desquelles, il y a ordinairement deux ovules. L'ovaire est surmonté d'un stigmate entier chez la lilas, bifide chez l'olivier; il donne un fruit sec ou un fruit charnu. Chez l'olivier, ce fruit est une drupe, chez le troène, c'est une b'ii' ; chez le lilas, le fruit, sec et déhiscent, s'ouvre à la maturité en deux valves loculicides; chez le frêne, le fruit est sec et indéhiscent; on le nomme santare ; il est caractérisé par ce fait que l'un des côtés de son péricarpe se prolonge en une aile qui a pimr but de faciliter la dissémination de l'unique graine qu'il renferme.
Beaucoup d'auteurs divisent les oléinées en deux sous-familles : 1° les oléinées vraies qui ont un fruit charnu; 2" les Fraxinées dont le fruit est samaroîde ou sec et déhiscent.
Carnciéres hotuniijue.i des Jusminéet. — Tout h colé des Oléinées se place la famille des Juftninées qui pendant longtemps d'ailleurs a été considérée comirie une tribu des Oléinées.
Les Jasminées sont des arbustes ou des arbrisseaux souvent volubiles ou grimpants qui difl'èrent des oléinées : 1» par leurs feuilles souvent alternes et toujours composées, parfois à une seule foliole articulée, le plus souvent à trois, ou cinq, ou sept; 2° par leur corolle gamopétale qui est rarement à quatre divisions, mais presque toujours à cinq ou à six. — Le fruit est toujours une baie.
Le tableau suivant suffira pour nous faire con-
naître les caractères botaniques des autres familles de la classe des Diospyroidées.
phroililes;
litariiines ex-
Irorses
ennomlireét'al
des lobes ilc la '
n. II..
Sapotles.
(i;..njll.: /,loties.)
iioiulir.'d.mlild
(le cclLli • EbÉNACÉeS.
lies 1.1 bes lie l
Calice gamosépale ; corolle
(r.oiMlle, 3 à 6 lobes). /
i.pe ;
(Lobes 3-4-3).
■miiphi'odites, j
'-^^al a celui ' Iliginèbs.
1 de la corolle \ e 1,1 corolle.
ulée:
fniU
lobcs- I Ovaire à loges plui
i charnu, huit a dix étamines iu- \ trorses, fleurs herm.iphro'tites 1 (Lobes de la corolle, D-4-li-7).
Usages des Oléinées. — 1» Le lilas est cultivé exclusivement comme plante d'ornement. Les Turcs font des tuyaux de pipe avec les jeunes rameaux dont ils retirent la moelle.
2° Les frênes sont des arbres élevés qui croissent spontanément en Europe et dans l'Amérique septentrionale. Leur bois, à cause de son élasticité, sert à. faire des limons de voiture, des échelles, des chaises, etc. Le feuillage du frêne élevé (Fraxinus excelsior) est la nourriture habituelle des cantharides, à tel point que vers la milieu de juin, l'arbre est entièrement dépouillé de ses feuilles. L'écorce du frêne a été proposée comme succédanée du quinquina.
En Sicile et en Galabre, on cultive deux espèces de frêne, le fraxinus ornus et le fmxinus rotundifolia qui ont la propriété de laisser exsuder spontanément, ou par suite do la piqtire d'une Cigale (Cicfida Omi), une quantité considérable d'une liqueur sucrée appelée Manne. Ordinairement, on provoque ai'tiH(;iellement la sortie de la manne, par des incisions que I on pratique dans l'écorce de l'arbre, depuis le commencement de juillet jusqu'à la fin d'octobre. Mais la manne de qualité supérieure est celle qui est recueillie en juillet et en aoîit, parce que, séchant au fur et à mesure qu'elle sort de l'arbre, elle est tout i fait pure; on lui donne le nom de Manne en larmes, à. cause de la forme quelle afl'ecte. Au contraire, la manne qui s'écoule pendant les mois de septembre et d'octobre est souvent mouillée par la pluie, elle sèche lentement, coulo le long de l'arbre et englobe des matières étrangères; eile a beaucoup moins de valeur que la première. — A l'état frais, la manne est nutritive; mais elle renferme un principe immédiat, la mannde, qui s'altère rapidement et devient purgatif. C'est à cause de cette propriété que la manne est utilisée en médecine. Si on dissout la manne dans l'eau et si on la souinot ît une longue ébuUilion, elle perd ses qualités purgatives.
OLÉINÉES