‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire (volume 2)Chapitre 182 sur 459 · OMBELLIFÈRES · texte numérisé non relu

OMBELLIFÈRES

3» Les oliviers sont les arbres les plus utiles do cette famille. Ils sont origiii;iires do l'Orient et se sont répandus sur tout le rivage de la Méditerranée, où on les cultive exclusivement pour leur fruit qui est une drupe dont la partie charnue renferme une (|uantité considérable d'iiuile. Tout le monde connaît l'huile d'olives ; on l'obtient en exprimant dans un pressoir les olives écrasées ; du reste le procédé change un peu d'une ville il l'autre. Partout cependant, l'huile qu'on obtient à la première expression, sert seule à l'alimentation ; l'autre est employée pour la fabrication des savons et pour l'éclairage. L'huile d'olives est souvent falsifiée îi l'aide de l'huile de pavots ou huile d'œillette.

Un moyen fort simple de reconnaître la falsification consiste à remplir à moitié une bouteille avec l'huile qu'on veut éprouver, et à agiter fortement, puis à laisser reposer ; si l'huile d'olives est pure, sa surface devient rapidement très limpide ; si elle est mêlée d'huile d'œillette, fut-ce dans la proportion de 0,1 seulement, il reste à sa surface un certain nombre do bulles d'air; on dit que riiuile forme chapelet.

Un autre procédé, non moins simple, consiste h faire congeler 1 huile, en entourant de giace pilée, le vase qui la contient; l'huile dreillette surnagera liquide au-dessus de l'hnilo d'olives congelée; si le mélange est dans la proportion de 2 d'huile d'olives pour 1 d'huile d'œillette, il ne se congèlera rien.

Dans les environs de Naples, on recueille sur la surface des troncs d'oliviers, une substance rougeàire plus ou moins transparente qu'on appelle i/oiitm" d'olivier et qui se rapproche beaucoup de la SiircoC'Ule.

Les olives elles-mêmes sont comestibles; on les cueille avant la maturité, on les fait macérer dans la saumure, et on les mange crues ou cuites.

Les feuilles de l'olivier et son écorce ont été autrefois employées comme médicameiits astringents, ainsi que les feuilles du troène.

U.1 'f/es t/es J'isminées. — Les plantes de cette famille ne se recommandent que |iar leur beauté, leur élégance et l'odeur suave de leurs fleurs. Celte odeur est due à une huile volatile que l'on fixe et que l'on conserve au moyen de l'huile de lien. C'est surtout avec les corolles du Jn-miti Smn'ac (arbrisseau indien) et celle du Jasmin d'Kspagne que se prépare l'essence de Jasmin.

Usni/es des S'ipnées. — Les arbres de cette famille sont presque tous utiles à l'homme; les uns fournissent des fruits très recherchés; ce sont les Lu UDi'i de l'Oré?i"que, les S'ipo il'i )'-,les Chri/sol'/ii/lliim arbres des Antilles); les Bassin et les liiilD-iairia (arbres de l'Inde). Des jirainns du Bussia l/ut'inicen (Inde) et de celles du BuS'ia P'irkii (Sénégal), on retire par expression une huile fixe qui se fige promptement et que l'on nomme Ijiitrre 'le Galnn. Ce beurre est fort usié comme aliment, et fait l'objet d'un commerce assez étendu, dans l'Inde et au Sénégal. D'autres Sapolées fou^n^^sent des bois de construction (|Ue l'on désigne dans le commerce sous les noms de bois dp fer (le Cayenne et Lois d»? natte. Enfin de Vlsonnndra liuttn, arbre qui croît à Bornéo et dans les environs de Singapore, s'écoule en abondance, un suc qui n'est autre que hi rjuituperrlia. Cette substance a la propriété de se ramollir dan< l'eau chaude, et de pouvoir prendre alors toutes les formes qu'on veut lui donner ; en se refroidissant, elle se durcit de nonve.iu et conserve la forme qu'elle a acquise. Elle est d'un usage extrêmement répandu dans l'industrie; on en fait dos moules pour la galvanoplastie, des manches de fouet, etc., etc.

Usag s des Eh na- ées. — Cette famille fournit à l'industrie le bois i'éhrne; ce bois provient de

grands arbres qui appartiennent tous au genre DIosfirus ; il est d'un noir uniforme et d'un grain très fin ; sa dureté est fort grande; ce n'est qu'en vieillissant que le bois acquiert sa couleu> noire; à l'état d'aubier, il est presque blanc; aussi n'estce que les parties centrales des vieilles tiges, que l'on emploie dans l'ébénisterie.

Us'ijje des Hiciiiées. — Les plantes de cette famille, utilisées par l'homme rentrent toutes dans le genre Houx. Les houi; renferment un principe amer nommé ilicine. Les feuilles du houx vomitif (//f.r roinituria) sont employées en guise d'émétique par les sauvages de l'Amérique septentrionale; celles du houx du Paraguay remplacent le thé de Chine dans l'Amérique du Sud; celles du houx commun [l/ex aquifoliutji) ont été usitées comme fébrifuge ; on a même proposé d'employer l'Uicine comme succédanée de la quinine. C'est l'écorco de ce même houx qui donne la glu des oiseleurs. Le bois du houx est serré, dur, très solide, et recherché pour l'ébénisterie.

Usngp' des Sti/rncées. — Deux arbres de cette famille fournissent des baumes : Valirioufier officinal {Styrax officinale), arbre de la région méditerranéenne qui donne le stor'ix\ le sii/rax benzoin, arbre dos Moluques et des Iles de la Sonde, qui fournit le benjoin. Ces deux baumes découlent des arbres par des incisions que l'on pratique dans l'écorce. Chacun d'eux se compose d'une résine aromatique unie à une huile volatile et à un acide cristalli>able nommé acide benzoique.Le benjoin est rougeàlre ; il exhale une odeur de vanille et d'ambre ; le storax est blanc jaunâtre : son parfum est aussi des pins agréables. |^C.-E. Berfand.]

O.UBICLI.II'UKCS. — Botanique, XXI. ' — Etym. : Des deux mots latins umbella, parasol, et ferre, porter, c'osl-à-dire qui porte des parasols ou ombelles, à cause de la forme de l'inflorescence qui s'appelle ombelle.

Définition. — Les Ombellifères sont caractérisées par leur inflorescence, leurs ovules, et leurs glandes résinifères. On rattache aux Ombellifères les deux petites familles des Cumèes et des Araliacées qui ont avec elles les plus grandes affinités. La plupart des auteurs regardent les Ombellifères comme formant un groupe intermédiaire I entre les Gamopétales hypogynes représentées par les Sambucinées et les Dialypétalos épigynes représentHCS par les Rosacées.

I Caractères botaniques. — La graine des Omj bell.fères n'est jamais libre; elTe demeure tou- ' jours enfermée dans le péricarpe; elle contient j un embryon très petit, dicotylédoné, droit, enve- I loppé de tous côtés par un albumen corné très j riche en matières aleuriques. Le tégument de la graine est tellement aplati contre la paroi du fruit que son existence a souvent passé inaperçue.

La racine des Ombellifères est pivutaïue, bien développée; elle s'enfonce perpendiculairement dans le sol ; chaque pivot porte deux rangées veri ticales diamétralement opposées de radies se- ! condaires. Dans la ciguè rireiise, le pivot reste ' court et se renfle en un tubercule arrondi. Chez le Crirum bulbo-r.nstaninn, certaines r.icines se- \ condaires, profondément enfoncées dans le sol, ' se transforment en tubercules. Ces derniers sont ! comestibles, et dans certaines régions de la France \ on les vend sous le nom de truffes blanches. La racine principale de l'impératoire rampe horizontalement à peu de distance de la surface du sol. Dans le céleri rave, le panais, la carotte, le pivot se développe énormément sous l'influence de la j culture et se transforme en une m.i-se charnue 1 comestible. Le pivot des Ombelliréres est très généralement transformé en organe d'hibernation. ! Ce fait est surtout évident chez les Ombellifères, à végitation bisannuelle et chez les Ombellifères j vivaces.

OMBELLIFERES

OMBELLIFERES

La lige des ombellifères est orilinairoment herbacée, fistuleuse et assez élancée ; cette tige ne ilovieijl arborescente que chez un très petit nombre dionibellifores originaires de la i\ouvelle-Calédonie. La structure de cette tige est très remarquable, à cause des l'aisceaux libériens qu'on trouve dispersés au sein de la moelle, et aussi h cause de certains faisceaux secondaires qui peuvent se développer dans la même région. Ou voit fréquemment ces productions singulières de la moelle de la tigo des ombellifères s'entourer d'une couche subéreuse, en même temps qu'elles subissent une dégénérescence qui les transforme en tissu glandulaire excrémentitiel. Très fréquemment, au point de sortie des faisceaux de la tige qui se rendent dans une feuille, on voit ceux-ci prendre une orientation différente de l'orientation normale.

Les feuilles des ombellifères sont embrassantes, pétiolées; leur limbe est très profondément <lécoup6, excepté dans le genre Bupleurum.

L'inflorescence des ombellifères est une ombelle composée, excepté dans les genres /ls/ra«/i«, Uydrocoli/le, Didiicus ; VomheWe est transformée en capitule dans le genre Eri/ngium, par suite du raccourcissement considérable des pédicelles floraux. Chacune des parties d'une ombelle composée a reçu le nom d'ombellule. Selon les genres, la base de l'ombelle est nue et dépourvue de feuilles, ou bien, au contraire, présente une sorte de collerette ou d'involucre ; une collerette analogue peut exister à la base de chaque ombcUule ; ces involucres secondaires portent le nom A'invulucelles. Les fleurs des ombellifères sont blanches ou jaunes ; exceptionnellement, rouges ou bleues. Ces Heurs sont hermaphrodites, plus rarement unisexuées par avortement. Les fleurs hermaphrodites présentent de dehors en dedans : l" un calice rudimentaire à cinq divisions très petites, presque nulles; 2° une corolle à cinq pétales qui alternent avec les divisions du calice; dans la fleur non encore épanouie, chaque pétale est plié en deux vers sa région moyenne ; ces pétales sont caducs et souvent inégaux entre eux, les plus grands étant extérieurs ; 3° un androcée formé de cinq étamines qui alternent avec les pétales ; la corolle et l'androcée sont insérés sur un disque épigyne qui couvre le haut de l'ovaire; la déhiscence des anthères est longitudinale et marginale, presque introrse;4'' un gynécée composé de deux carpelles cohérents et d'uji ovaire biloculaire. La direction des carpelles est telle que l'un d'eux regarde l'extérieur de l'ombelle, tandis que l'autre en regarde l'intérieur. Chaque loge de l'ovaire des ombellifères ne contient qu'un ovule très gros, anatrope, unitégumenté, à nucelle excessivement petit, tellement que pendant longtemps son existence a été mise en doute. A la maturité, les deux carpelles se séparent l'un de l'autre et deviennent deux achaines, qu'on appelle méricarpes ; chacun d'eux reste suspendu au sommet d'une sorte de support central nommé columelle, ou carpopluire; ce carpophore reste simple comme dans le Scandix peclen, ou bien se bifurque de haut en bas comme dans le fenouil.

La classification des ombellifères est fondée sur l'ornementation du fruit; celui-ci présente dix côtes saillantes primaires, qui sont séparées l'une de l'autre par des sillons ou inlléciiles ; dans l'épaisseur de la paroi du péricarpe, on remarque généralement des glandes résinifères que Ion désigne en botanique descriptive sous le nom de vittœ ou bandelettes.

Les ombellifères sont divisées en deux tribus : 1° Les HeM-séininées, caractérisées par leurs graines à face commissurale plane ou convexe;

2« Les Curui-sémhiées, caractérisées par leurs graines à face commissurale convexe ou canaliculée. " Partie.

Les AiiALiACKES ne diffèrent des ombellifèrci? que par leurs fleurs en grappes, leurs fruits charnus pluriloculaires et la variété extrême de leur port ; témoin VAdoxa, qui est une plante humicole, qui vit dans le terreau de nos bois, presque entièrement cachée sous les feuilles sèches ; le Lierre, qui est une plante grimpante; et li^s A ralin, qui sont arborescents et que l'on cultive dans les salons comme plante d'ornement à cause de leur feuillage.

Les Cornées, que l'on rapproche des araliacéos et des ombellifères, en diffèrent par les caractères suivants : ce sont des arbres à feuilles entières, opposées, à fleurs tétramères et à fruit drupacé, h noyau osseux. Leurs feuilles sont persistantes comme celles de presque toutes les araliacéos.

Usages des Ombellifères. — Les ombellifères comprennent un grand nombre d'espèces ; les unes alimentaires, les autres médicinales ou vénéneuses. Ces propriétés si différentes sont dues à des principes qui résident en proportions variables dans les feuilles, la racine ou le fruit. Les racines contiennent principalement des substances résineuses ; les fruits possèdent une huile volatile ; les feuilles sont quelquefois aromatiques et condimentaires, et, d'autres fois, elles renferment un principe narcotique acre. Les plus employées et les plus connues des ombellifères sont :

1° Les Férules, qui donnent à la médecine des gommes-résines, telles que Vcissa-fœtiila,\esagapenam on gomme séraphique, le galbanum, le laser. Vossa-fœtida vient de Perse ; c'est une substance qui ressemble au benjoin, altéré par l'humidité et les moisissures ; elle répand une odeur d'ail très fétide ; sa saveur est acre, amère ; les Persans la vendent comme un condiment délicieux ; elle est ordonnée par les médecins d'Europe pour combattre les vapeurs et l'asthme. Les autres gommes-résines que nous avons citées en même temps que Vassa-fœtida possèdent des propriétés analogues ;

2" Le Dorema ammoniaeum, qui produit la gomme ammoniaque ; cette gomme-résine est d'une saveur d'abord sucrée, puis acre et amère ; on l'emploie pour stimuler les fonctions des viscères abdominaux et des organes respiratoires ;

3° Les Ciguës. On désigne sous ce nom un certain nombre de plantes très vénéneuses, assez différentes les unes des autres pour que les botanistes aient cru devoir en faire des genres différents. On distingue trois sortes de ciguës : 1" la ciguë aquatique {Cicntarix virosa); cette plante est caractérisée par le suc jaunâtre très vénéneux qui s'échappe de sa lige et de sa racine lorsqu'on vient à les couper; 2» la ciguë tachetée ou grande ciguij (Conium maculatum) ; cette dernière espèce ressemble beaucoup h la suivante, h la taille près ; 3» la petite ciguë (.Elhusa cynopium), caractérisée par sa tige glauque, striée de lignes rouges, par ses feuilles finement découpées, d'un vert sombre, d'une odeur désagréable et suspecte quand on les froisse entre les doigts. A côté des Ciguës viennent se placer la Phellendrie aquatique, \'Aclie odorante, dont la racine aromatique est employée en médecine, à cause de ses propriétés amères et apéritives ; VAche cultivée ou Céleri, transformé par la culture, qui fournit une racine et des feuilles comestibles très en usage dans le nord de la France;

■'i" Le Persil (Petroselium sativum) et le Cerfeuil(.htthrisatscaref'olium),quisontcu\livésdnns tous les jardins potagers pour l'odeur agréable que leurs feuilles, hachées, donnent aux aliments ;

6° Le Panais [Pastinaca saliva) et les Sium, produisant une racine succulente d'un arôme agréable;

OMBRES

OMBRES

6° Les Biiniitm, certains Canon, l'Aracacha esculenld, qui produisent des tubercules radicaux souterrains, gorgés d'une substance féculente comestible qui leur a valu le surnom de noix de terre. h'Axantlie siifranée présente la même disposition ; mais ses tubercules oblongs contiennent un suc laiteux jaunissant à l'air et très vénéneux;

1' Le Carum-Carvi, V Ani.^ (Pimpiiiella an'isum), qui fournissent , par la macération de leurs fruits dans l'alcool, des liqueurs aromatiques vendues sous le nom ianisette. Les fruits du Fenouil [Feniculum vulgare), del'An.géli(jue, du Cumin (Citminum iijminum), de VAnHh odorant, sont usités comme condiment. En outre, la tige et les jeunes feuilles A' Angélique, confites dans le sucre, forment un dessert recherché ;

8° L'Egopode des goutteuses (.Fgopodnim podagravia), le Crithmum rnuriiiminn on Perce-pierre, le Peucedanum officinal'; le T/iapsia villosa, le Myrrhis odorata, l'Hi/drocoti/te asudigne et le Coriandrum sativuin, fournissant à la médecine des médicaments stimulants par leurs racines, leurs feuilles ou leurs fruits. Le Thapsia vdtosa, en particulier, possède une racine qui contient une huile extrêmement active, qu'on emploie quelquefois comme succédané de l'huile de croton pour amener une forte rubéfaction de la peau ;

9° La Cai-otte commune {Daucus carotta), dont la racine sucrée est comestible. Les fleurs de la carotte infusées dans l'alcool donnent la liqueur connue sous le nom d'huile de Vénus qui forme la base de certaines eaux de toilette.

Usages des Araliaoèes. — Les pousses de VHelwingia sont mangées au Japon en guise d'asperges.

Les Aralies de l'Amérique du Nord sont estimées comme dépuratives et sudoritiques. On emploie, en cette qualité, les rhizomes de YAralie midiciiule, l'écorce de l'Aralie épineuse et la racine de VAratie en grappes.

Les feuilles du Lierre sont aromatiques. Leur matière verte dissoute dans l'axonge sert au pansement des ulcères.

La racine de Ginsenq (Panax quinqnefolium) a eu, au siècle de Louis XIV, une telle renommée, que les ambassadeurs Siamois en avaient apporté en présent au grand roi ; elle ne poussait qu'en Chine et se vendait trois fois son poids d'argent. Mais, un peu plus tard, on la trouva dans l'Amérique du Nord et particulièrement au Canada; elle perdit dès lors la plus grande partie de sa valeur; on l'emploie encore en pharmacie comme médicament sudorifique et excitant.

Usages des Cornées. — Le bois des cornées est d'une très grande dureté ; l'écorce des Cornouillers est amère et astringente ; on l'administre dans l'Amérique du Nord comme succédané de la quinine. Les drupes du Cornus mas ont une saveur légèrement acide et astringente ; la graine du Cornouiller sanguin contient une huile fine propre à l'éclairage et à la fabrication du savon.

Le Benthamia porte-fraise est un arbrisseau du Népaul et du Japon dont les fruits offrent l'aspect d'une fraise et possèdent une saveur agréable.

Dans les cornées, ou peut encore citer I'^Ihcuha, arbrisseau originaire du Japon, que l'on cultive généralement dans les jardins d'Europe comme plante d'ornement à cause de ses feuilles coriaces, panachées et persistantes, et de ses fruits d'un très beau rouge vif.

rC.-E. Bertrand.]

OSIBRES (V. Géométrie descriptive et Lavis). — Une des applications les plus intéressantes de la géométrie descriptive consiste à déterminer les ombres qui existent sur les corps mis en projection et celles qui sont portées par ces corps sur les plans de projeclion ou sur d'autres corps.

F.n effet, si l'on veut donner du relief k un dessin, c'est-à-dire faire paraître certaines parties en creux, d'autres en saillie, on a recours à des effets de lumière et d'ombre. Le principal mérite des peintres et des dessinateurs est de rendre l'illusion complète et de laisser croire à l'existence réelle des saillies et des creux.

Pour résoudre quelques problèmes relatifs aux ombres du point, des lignes, des surfaces et des solides, nous adopterons la convention suivante :

La direction des rayons lumineux est celle de la diagonale d'un cube, qui se dirige de haut en bas, de droite à gauche et d'avant en arrière, en supposant le cube appliqué contre le plan vertical et reposant sur le plan horizontal.

Ex. : la diagonale Sa du cube, fig. 1, est la posi-

tion du rayon lumineux dans l'espace ; ses projections sont.w, s'a, sur les deux plans; elles font 45° avec la ligne de terre ; mais la diagonale ellemême fait un angle de .3.S°16' avec chacune de ses projections, parce qu'elle est l'hypoténuse d'un triangle rectangle qui a pour côtés de l'angle droit une arête du cube et la diagonale d'une face de ce cube. Le rayon lumineux ainsi adopté sera le rayon à 45» et l'angle de 35" 16' sera Va7igle ç iphi).

Cela posé, soient une source lumineuse S, flg. 2,

qui envoie des rayons dans tous les sens, et unpoint matériel A, c'cst-h-dire un solide qui a un volume infiniment petit. Ce point intercepte un rayon lumineux et produit une ligne d'ombre qui, théoriquement, doit se prolonger à l'infini.

Soit un plan situé à une certaine distance du point A. La ligne d'ombre produite par A rencontre le plan en a : on dit que a est romb?e portée par A sur le plan.

Ce problème simple nous indique la métliode générale pour tTOn\ev l'ombie portée par un point, et, par suite, par une figure quelconque sur les

OMBRES

OMBRES

plans de projection : nn fait passer par If point dimnc un rayon lumineux et l'on aétermine la tract de ce rayon sur le premier plan qu'il rencontre, soit l'Iiiirizontal, soit le vertical.

Pour bien fairu comprendre ce qui suit, nous devons donner la règle employée pour trouver les traces d'une droite.

Pour avoir la trace horizontale d'une droite, c'est-à-dire le point où elle rencontre le plan horizontal, on prolonge la projection verticale jusqu'à la ligne de terre et Von élève une perpendiculaire à cette ligne de terre jusqu'à la rencontre de la projectii.ii liorizontale.

De môme, p'iu- nmir la trace verticale d'une droite, on pro/'i/ii/r lu jirojectioJi horizontale jusqu'à la ligne de terre et l'on élève une perpendi-

culaire à cette ligne de terre jusqu'à la rencontre de ta projection verticale.

Ex. : thei tv , fig. 3 et fig. 4, sont les traces de deux droites quelconques de l'espace.

Soit donc un point matériel aa' (fig. 5), dont on

Fig. 5. Fig. 0.

veut trouver l'ombre portée sur les plans de projection.

Le rayon lumineux à 4.S% passant par le point aa', a sa trace horizontale au point ah, qui est l'ombre demandée.

Si l'on veut l'ombre portée par le point 6// (fig. 6), on la trouve sur le plan vertical au point

Soit maintenant une droite matérielle ah, a'b' (fig. 7), dont on veut avoir l'ombre portée sur les plans de projection.

Le rayon lumineux passant par aa' a sa trace horizontale en a/,, et celui passant par 64', en 4;,. 1 ombre cherchée est la ligne ai, hh.

La figure 8 donne l'ombre portée par une droite sur le plan vertical.

Il arrive souvent qu'une partie d'une droite porte ombre sur le plan vertical et l'autre partie

sur le plan horizontal : dans ce cas, l'ombre forme

Fig. 7.

un coude sur la ligne de terre. Ainsi, la droite ab, a'h' (fig. 9), porte ombre suivant une ligne coudée qui va du point «u au point 6a. On a déterminé les

Eig. 9.

Fig. 10.

deux traces horizontales an et h/, des rayons lumineux et on les a réunies par une droite en ayant soin de s'arrêter à la ligne de terre pour remonter vers la trace verticale a„.

Voici d'autres positions d'une droite :

L'ombre portée par une droite verticale est une ligne à ii" sur le plan liorizontal et une perpendiculaire à la ligne de terre sur le plan vertical £x. : fig. 10.

L'ombre portée par une perpendiculaire au plan (vertical est une ligne à ib' sur le plan vertical et

Fig. 11.

Pig. 12.

une perpendiculaire à la ligne de terre sur le plan horizontal. Ex. : fig. 11.

L'ombre portée par une parallèle aux deux plans de projections est une parallèle à la ligne de terre, égale à la ligne de l'espace. Ex. : lig. 12.

Si nous passons maintenant à l'ombre portée par une surface plane quelconque, nous n'aurons qu'à déterminer l'ombre portée par son périmètre, lequel est composé de lignes droites ou do lignes courbes. Nous trouverons des applications nombreuses de cette question dans l'étude des corps solides; qu'il nous suffise en ce moment de dire qu'une surface plane quelconque parallèle ."i

OMBRES

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un des plans de projection porte sur ce plan une ombre égale à elle-même, et, sur l'autre plan, une ombre qui est cette surface déformée.

Ainsi un rectangle, un liexagone régulier, un cercle, etc., parallèles au plan horizontal, portent respectivement ombre sur ce plan suivant un rectangle égal, un liexagone égil, un cercle égal, etc., et, sur le plan vertical, suivant un parallélogramme, un hexagone irrégulier, une ellipse, etc.

Résultat inverse si ces figures sont parallèles au plan vertical.

Occupons-nous maintenant des corps solides.

Soient une source de lumière S et un corps opaque A (fig. 13).

Les rayons lumineux qui partent de S enveloppent le corps opaque en formant un cône qui rase ce corps opaque suivant une courbe appelée la ligne de séparation d'ombre et de lumière, ou simplement la ligne d'ombre propre, de manière que toute la surface du corps située à gauche de la courbe est éclairée, et que toute la surface située à droite est dans l'ombre.

Soit un plan P situé h droite du corps opaque.

Les rayons lumineux, après avoir touché le corps, viennent rencontrer ce plan et y forment une courbe appelée la ligne d'ombre portée, de manière que toute la surface comprise dans cette courbe est dans l'ombre et que toute la partie du plan située hors de la courbe est éclairée.

Supposons que la source lumineuse s'éloigne à l'infini : le cône lumineux précédent devient un cylindre qui enveloppe également le corps et y détermine une ligne d'ombre propre, différente de la première; il donne aussi, sur le plan P, une courbe d'ombre portée, plus petite que la première. Dans le premier cas, on a une ombre au flamleau sur le plan P, et dans le second, une ombre au soleil.

A la rigueur, on pourrait dire que le soleil, qui n'est pas à une distance infinie des corps, produit un cône d'ombre au lieu d'un cylindre ; mais l'erreur est insensible et l'on est convenu d'admettre que ses rayons sont parallèles. C'est l'ombre au soleil qui est presque excl,usivement employée dans le dessin géométrique.

Dans l'un et l'autre cas, on peut, dès maintenant, indiquer une méthode générale pour trouver les ombres propre et portée d'un corps de forme quelconque : on fait passer des plans par la source lumineuse, ou parallèlement aux rayons lumineux, plans qui coupont le corps A et le plan P ; on mène i chaque courbe d'intersection des tangentes parallèles aux rayons lumineux, que l'on prolonge jusqu'au plan P. Les points de contact de ces tangentes forment la ligne d'ombre

propre, et leurs traces sur le plan P forment la ligne d'ombre portée.

Citons, à l'appui de ce qui précède, un certain nombre d'applications.

1° Ombres d'un cube.

Soit un cube placé sur le plan horizontal, à une assez grande distance du plan vertical pour avoir l'ombre tout entière sur ce plan horizontal (fig. U).

Tel qu'il est placé, le cube n'a pas d'ombre pro-

pre visible en projection, parce que la face d'avant, qui est seule vue en projection verticale, et la face supérieure, qui est seule vue en projection horizontale, sont éclairées. Quant à l'ombre portée, on sait d'avance qu'elle se composera d'un carré cb^l^^d^ égal à la face abcd, et de deux lignes à 45°. 6*1 et fWj, qui sont les ombres des deux arêtes verticales b, b'b" et a,a'a".

Rapprochons maintenant le même cube du plan

vertical de manière h avoir de l'ombre sur les deux plans de projection ^fig. 15).

Nous construisons le contour précédent o6,c,aio', comme si le plan vertical n'existait pas, puis nous relevons l'ombre à partir de la ligne de Iprre pour venir passer par les traces verticales rf'i et e'i des rayons lumineux. Une partie de l'ombre est cachée par le cube lui-même.

OMBRES

OMBRES

Si nous plaçons le cube contre le plan vertical {fig. 16), nous obtenons le triangle rectangle isocèle iA,6'' pour le contour de l'ombre portée.

Enfin, si nous plaçons le cube à une Iiauteur suffisante pour avoir l'ombre tout entière sur le

Faisons passer un rayon lumineux par le som met de la pyramide et déterminons ses traces sh et Su; joignons ensuite d sh et h sk. ^'ous voyons

a' ,fV e'c' d

plan vertical, nous obtenons la fig. 17, analogue îi la fig. U.

2° Ombres d'un prisme droit.

Soit un prisme hexagonal droit reposant sur le plan horizontal (fig. 18). ■

On voit immédiatement qu'il y a trois faces latérales qui sont éclairées, ainsi que la base supérieure, et qu'il y a trois faces latérales dans l'ombre. Parmi ces dernières il n'y en a qu'une seule qui soit visible sur le plan vertical et qui donne Yombre propre du prisme.

Le rayon lumineux rase le prisme suivant l'arôte verticale projetée au point e, puis suivant les arêtes horizontales ed, c'd' ; de, d'e' ; ef, e'f', et enfin suivant l'arête verticale projetée au pomt f.

L'arête verticale projetée en e donne une ligne d'ombre à 46° jusqu'à la ligne de terre, puis une verticale jusqu'en t-', ; les arêtes projetées horizontalement en cd, de et rf portent ombre sur le plan vertical respectivement suivant les lignes c'id\, d'ic'i et e'i f'^; enfin, la verticale projetée en f donne une ombre terminée au point f'i, analogue à celle portée par l'arête projetée en c.

Il faut remarquer qu'une portion de l'ombre portée sur le plan vertical est cachée par l'élévation môme du solide.

.3" Ombres d'une pt/ramiile.

Soit une pyramide octogonale régulière repesant sur le plan horizontal (lig. 19). j..,.

Fig. ts.

immédiatement que les arêtes latérales ds et (As de la pyramide sont les séparatrices d'ombre |et

Fig. 19.

de lumière, c'est-îi-dire que les quatre faces situées il gauche de ces arêtes sont éclairées, tandis que les autres sont dans l'ombre. En élévation,'; une

OMBRES

[OMBRES

seule de ces faces est visible. Voilà pour l'ombre propre.

L'ombre portée parla pyramide tout entière sur les plans de projection est limitée par l'ombre portée par ces mêmes arêtes ds et h.s ; elle se dirige d'abord vers le point sh. puis se relève, à partir de la ligne de terre, vers le point Sv.

4° Ombres d'un rylindre.

Soit un cylindre droit reposant sur le plan horizontal (fig. 20).

Les rayons lumineux rasent le cylindre suivant

rige d'abord vers le point .••Vi. puis, arrivée àla ligne de terre, se relève au point su.

Il faut remarquer que les deux génératrices d« séparation d'ombre et de lumière, sr et srf, sont les lignes de contact de deux plans tangents formés par des rayons lumineux rasant le cône. Les traces de ces plans forment les limites de l'ombre

Fig. 20.

les deux génératrices verticales c,r'r" et d.d'd", et suivant la demi-circonférence cbd. Les deux génératrices en question sont les lignes de séparation d'ombre et de lumière ; elles déterminent l'ombre propre du cylindre.

Pour trouver l'ombre portée, il suffit de se rappeler que la base supérieure du cylindre porte ombre, sur le plan horizontal, suivant un cercle égal, dont le centre est en rij, et sur le plan vertical, suivant une ellipse qu'il est facile de déterminer par points ou au moyen de deux diamètres conjugués, qui sont les ombres portées par deux diamètres perpendiculaires de la base supérieure du cylindre.

Ainsi, la génératrice cc'c" porte ombre suivant la ligne ce, à 45"; l'arc horizontal projeté en ce porte ombre suivant un arc égal et parallèle c iC, ; l'arc projeté en ebd porte ombre suivant l'arc d'ellipse Cii'irf'i; la génératrice dd'd" porte ombre suivant la ligne brisée dfd\.

5° Ombres d'un cône.

Considérons successivement des cônes droits h 22" 1/5, à 45° et Cî" 1/2, c'est-à-dire des cônes dont les génératrices font des angles de 1/4, 1/2 et 3/4 d'angle droit avec l'axe.

Soit un cône i 22° 1/2 situé sur le plan horizontal (flg. 21).

Menons un rayon lumineux par le sommet du cône; déterminons ses traces sa et Si-; par le point Sh, menons deux tangentes à la base du cône et traçons les génératrices sr, !,'c', et sd, s'd' : nous avons immédiatement l'ombre propre et l'ombre portée du cône. La première est limitée par les deux génératrices en question, dont une seule est visible en élévation; la seconde se di-

portée, et leur intersection est précisément le rayon lumineux passant par le sommet du cône.

Soit maintenant un cône à 45" situé sur le plan horizontal (lig. 22).

Le rayon lumineux passant par le sommet a sa trace horizontale en Sh. Si l'on mène, de ce point, deux tangentes à la base du cône, on obtient

l'ombro portée suivant le contour csn b ; l'ombre propre est comprise entre les génératrices xb et se, et l'on voit que cette ombre propre est entièrement invisible en élévation.

Soit enfin un cône à ti?" 1/2 (fig. 2.3).

Si l'on mène un rayon lumineux par le sommet du cône, il se trouve tout entier dans l'intérieur du cône, de sorte qu'on ne peut pas mener de

OMBRES

— mi —

OMBRES

tangente par la trace horizontale si,, ce qui prouve que le cône n'a ni ombre propre ni ombre portée.

C" Oinhref de la sphrrc.

Soit une splière oo' reposant sur le plan horizontal (fig. 24).

Cette sphère est inscrite dans un cylindre

fprmé par les rayons lumineux, qui la rasent suivant un grand cercle dont le plan est perpendiculaire à leur propre direction. On sait, d'ailleurs, que ces rayons lumineux sont inclinés h l'angle ç de 35° 16' sur le plan horizontal.

l'our bien voir la position du cylindre en question, prenons une nouvelle ligne de terre Lj Tj, parallèle à .so. Sur le nouveau plan vertical, la sphère se projette en o'.; les rayons lumineux, suivant la direction .s',o j faisant l'angle ç avec

L,T, ; le' cercle de contact .se projette suivant la droite «i''»,', perpendiculaire :'is',o',.La projection horizontale de ce cercle est l'ellipse a c h d : c'est la ligne de séparation d'ombre et de lumière sur le plan horizontal.

En opérant sur le plan vertical comme sur le plan horizontal, on obtiendra une ellipse identique à la précédente.

L'ombre portée sur le plan horizontal est la trace, sur ce plan, du cylindre circonscrit à la sphère : c'est une ellipse dont le petit axe est égal au diamètre de la sphère, et dont le grand ai^e est inn == m\H^',

1° Du ressaut (les ombres.

Nous allons terminer cette étude par une ap-

•oN

Fig. 2fi.

plication fréquente des ombres, principalement dans les dessins d'architecture.

Lorsqu'un corps porte ombre sur plusieurs plans parallèles, ou plus généralement encore sur plusieurs surfaces, cylindres, cônes, etc., placées les unes devant les autres, l'ombre passe de l'une à l'autre de ces surfaces en se rapprochant ou en s'éloignant du corps qui porte ombre et en changeant de forme suivant la nature des surfaces.

Os mouvements constituent ce que l'on nomme le ressaut des ombres. On dit que l'ombre ressaute d'un corps sur un autre.

Soient, par exemple, ah, a'U les projections de l'arête horizontale d'un larmier, et une série de plans verticaux indiqués en projection horizontale (fig. 25).

L'ombre de l'arête est une ligne horizontale sur

OPTIQUE (INSTRUMENTS D') — 1448 — OPTIQUE (INSTPiUMENTS D')

<!ianii> de ces plans verticaux, parallèles et éclieiuiinés ; lorsqu'ils s'éloignent de l"i,2",3'", l'ombre iM'scend ou ressaute de 1"',2",3'"; lorsqu'ils se rapprochent, au contraire, l'ombre s'élève; donc la ligne brisée en projection horizontale, prise à partir de ah, se reproduit exactement en projection verticale à partir de n'A' pour limiter l'ombre ; il suffit dp faire un calque.

Il faut ajouter à cette ombre portée par l'arête du larmier l'ombre de chaque plan vertical sur celui qui vient après et qui est situé en arrière. Ainsi l'arête verticale rc'r" du premier plan porte ombre sur le second suivant la verticale '.'ic'ic"!.

Soit encore proposé de trouver l'ooibre portée par l'arête horizontale d'un larmier sur une série de moulures verticales, dont la forme est indiquée en projection horizontale (fig. 26).

En raisonnant comme dans l'exemple précédent, on voit que, pour avoir l'ombre portée par l'arête o' , a'b' sur la série des moulures, il suffit de décalquer, à partir de ab, le profil donné en projprtion horizontale et de le reporter sur le plan vertical, à partir de a'b' . Il faut ajouter, en outre, les ombres portées par les moulures les unes sur le.- autres en se servant de rayons à 4ô" menés taiigentiellement à chaque moulure sur le plan horizontal.

On obtiendrait de la même manière l'ombre lioitce par une ligne verticale sur des moulures liorizontales. [A. Bouguerel.]

OPTIQUE (Instruments d'). — Physique, XXXII. — Les instruments d'optique sont formés, tantôt par des groupements de lentilles {dw/itinque), tantôt par des combinaisons de miroirs et de lentilles (cntadioplrigue). Tout ce que nous allons dire sur la théorie et l'emploi de ces instruments suppose donc chez le lecteur une connaissance des lois et faits principaux se rapportant à la réflexion * et à la réfraction* de la lumière.

Nous étudierons d'abord les instruments les plus simples, ceux qui n'exigent que l'emploi dune seule lentille : loupe, chambre noire, chami>rc claire. — Nous passerons ensuite à l'examen iIj-s appareils plus complexes : 1° résultant de i assemblage de plusieurs lentilles : microscope co iiposé, lunette astronomique, lunette terrestre, lunette de Galilée ; 2° obtenus par des combinaisons de lentilles et de miroirs : télescope de Nrwtou, de Foucault.

I. Loupe. — Quand un objet n'a que de très petites dimensions, nous le voyons mal, s'il est placé à une distance de l'œil égale à la distance de la vision distincte (25 ou 30 centimètres pour les vues ordinaires), parce qu'il nous envoie tmp peu de lumièri' et que la sensibilité de la rétine est, Fig. 1.

nous le savons, fort

limitée. Si, pour mieux l'apercevoir, nous le rapprochons de la pupille, une plus grande quantité de la lumière qu'il diffuse pénètre, il est vrai, dans les milieux de l'œii ; mais les rayons qu'il émet se présentent alors avec un degré de divergence trop pronoiicé et son image ne se forme plus par suite sur la rétine elle-même; elle devientvague,mal déterminée et finalement les détails de l'objet nous échappent complèiement. Ainsi, le phylloxéra de la vigne, qui n'a qu'un tiers de millimètre environ dans sa plus grande longueur, nous paraît, à l'œil nu, co;nme un grain de poussière informe ; nous ne distinguons ni ses pattes, ni ses antennes, etc. La Joujie, qui n'est qu'une simple lentille convergente de verre, a précisément pour but de per-

mettre ce rapprochement si désirable de l'objet du côté do la lentille, tout en nous le faisant voir ou plutôt en plaçant son image ;\ la distance de la vision distincte.

Les deux conditions voulues pour une vision nette sont donc ainsi réalisées : clarté suffisante, parce que l'objet est très voisin de ro?il, et en même temps transport de son image i 25 ou 30 centimètres, afin que celle-ci puisse se former avec netteté sur le réseau rétinien.

En somme, l'effet produit par l'interposition de la loupe, représente pour nous comme un grossissement de l'objet. Aussi dit-on habituellement, pour rendre l'impression produite : telle loupe grossit trois fois en diamètre, telle autre cinq fois. La figure 1 nous permettra d'expliquer simplement, par la marche des rayons lumineux dans le verre convergent, l'effet signalé. La lentille .M est d'un court foyer, un centimètre par exemple ; l'objet de petite dimension ub est placé entre le foyer principal de la lentille et la lentille elle-même ; il se trouve donc, en réalité, à un très petit nombre de millimètres de distance de l'œil K. Si la lentille n'existait pas, il est bien clair que cet objet ah (dont nous exagérons volontairement ici les dimensions pour rendre la figure intelligible), placé trop près de la pupille, ne nous donnerait de lui-même qu'une image confuse. Mais, grâce à la loupe, les rayons tels que a M qu'il envoie sont déviés de leur direction : lorsqu'ils passent de l'air dans un milieu plus réfringent, le verre, ils sont rendus convergents et viennent pénétrer dans l'œil dans une direction telle que KM, exactement dans les mêmes conditions que s'ils partaient de A, point de concours de leurs prolongements respectifs. L'œil verra donc l'extrémité supérieure du petit objet non point en a, où elle se trouve réellement, mais bien en A. Il suffira alors de. porter, par voie de tàtonnement,la lentille aune distance convenable de nh ou d'effectuer ce que l'on appelle la mise au point, pour que KA soit précisément égale à la distance de la vision distincte de l'observateur. La même explication se rapporte aux rayons émanés de t, et finalement' l'œil apercevra, à la distance de 25 ou 30 centimètres, l'image du très petit corps ab, situé pourtant très près de sa pupille; il verra donc ce dernier nettement et de plus il le verra amplifié; car AB et ab sont des lignes parallèles interceptées par les côtés d'un même angle AOB ; et AB est plus loin du sommet O que ab.

Le grossissement sera . , . AB , CO,, égal à —r- ou à — 11 ° ah co.

sera d'autant plus fort pour un même observateur que eo sera plus faible et par suite que la lentille aura un plus court foyer.

— Loupe. Voilà une théorie

tout à fait élémentaire de la loupe. Si l'on veut maintenant une explication plus complète, il faut se reporter à ce qui est dit (article Réfraction) sur la marche de la lumière dans les verres convergents.

Puisque, par hypothèse, ab est îi une distance de M plus petite que la distance focale principale de la lentille: l'image que celle-ci doit fournir est virtuelle, droite, située du même côté de la lentille que l'objet et plus grande que lui. On obtiendra alors facilement par une construction géométrique l'image du point o. A cet effet, on mènera par ce dernier point inie ligne qui ira passer par le centre optique 0, on la prolongera de part et d'autre de a et de 0. L'image do a sera nécessairement, nous le savons, sur l'axe secondaire nO.

Rn second lieu on consifK^rera, parmi les rayons lumineux qui partent du point it, celui qui est parallèle à l'axe principal : soit «M ; ce rayon, k son émergence, ira passer par le foyer principal de la lentille en F, et alors l'image de a sera nécessairement au point de concours A des rayons tels que Off et MF qui, ;\ leur sortie de la loupe, viendront traverser la pupille. Même construction pour l'image de A et pour chacun des autres points appartenant à l'objet nh.

Quant au grossissement delà loupe, nous avons

déjà vu que — r était égal a -— , ou, en prenant

les notations ordinaires (V. Ilé/'rartion], égal à

- . Mais, dans le cas du foyer virtuel des lentilles

convergentes, on a entre /j et// la relation :

a ou :

Remplaçant- par sa valeur dans l'expression du grossissement, on a :

ah ■■

Or, p' ou CO = KC — KO. D'autre part, KC, c'est la distance de la vision distincte de l'observateur, nous l'appellerons D ; KO c'est la distance de l'oeil à la lentille, nous la nommerons l ; on aura donc :

et finalement :

AB

ab ''

Mais f—lne représente qu'un très petit nombre de millimètres, 3 ou 4 au plus ; ce nombre est négligeable en présence de D, qui en représente de 250 à 300 ; et alors on a simplement : AB D

valeur à laquelle nous étions arrivés plus haut par des considérations élémentaires.

Ce qu'il faut retenir de tout ceci, c'est que pour avoir un fort grossissement il faut recourir à une loupe d'un très court foyer, du, ce qui est la même chose, h une lentille dont les faces présentent une grande courbure. Or, quand la courbure est grande on ne peut utiliser pour la formation desimages que les rayons incidents qui s'écartent peu de l'axe principal ; les autres produiraient une déformation considérable de l'imago. L'élimination nécessaire de ces derniers rayons produit un affaiblissement notable dans la clarté de l'image, afl'aiblissement qui peut être tel que les détails de l'objet ne soient plus perceptibles. Pour obvier à cet inconvénient on a recours h un éclairement artificiel de l'objet à étudier (fig. v). La loupe / i

Microscope î

court foyer est enchâssée dans un anneau métallique qui, en s'évasant vers le haut, permet à l'œil de l'expérimentateur de trouver un point d'appui résistant pendant la durée de l'observation. Le support de cette loupe est mobile à l'aide d'une crémaillère que l'on fait mouvoir dans le sens vertical à l'aide du bouton V. Cette disposition rend facile la mise au point; car, pendant que la loupe se déplace, l'objet à étudier demeure fixe sur le porteobjet 'C. La loupe seule est mobile et peut être placée à telle distance de l'objet qu'il plaît à l'observateur d'obtenir. Enfin, un miroir concave M, qu'on peut faire tourner autour d'un axe, permet de concentrer sur l'objet, en l'y accumulant, la lumière des nuées ou celle d'une lampe placée dans le voisinage de l'appareil.

Le petit instrument que nous venons de décrire sert constamment au botaniste et à l'entomologiste. Une loupe simple ou une oiloupe logée I dans un petit étui de corne est aujourd'hui d'un prix très abordable pour tout le monde. Chaque instituteur doit avoir la sienne ; elle lui sera d'une grande utilité soit pour sa propre instruction, soit pour faire bien comprendre aux enfants de son école là constitution de la fleur, de la graine, l'organisation des insectes, etc. Il n'y a pas de leçons de chof:ps, il n'y a pas d'explications relatives aux questions élémentaires d'histoire naturelle à la plus facile intelligence desquelles la loupe ne puisse concourir utilement.

II. Ceiambiie noire. — Une lentille convergente est enchâssée dans le trou du volet d'une chambre hermétiquement close de toute part, en vue d'empêcher la pénétration accidentelle de la lumière extérieure. Nous savons que, dans ces conditions, un objet éclairé placé en dehors de la chambre sur l'axe de ladite lentille et à une distance de cette dernière plu<: grande que la distance focale principale, viendra former dans l'intérieur de la chambre, sur un écran convenablement placé, son image réelle et renversée. Quand, à la suite de tâtonnements convenables, l'écran aura été mis au point, l'image en question sera d'une netteté parfaite, et un dessinateur pourra avec un crayon tracer sur l'écran lescontours de l'objet avec la même exactitude que s'il s'agissait du calque d'un dessin ordinaire. Le fait s'explique sans difficulté, en partant de la théorie des lentilles convergentes (V. Réfraction); p représentant la distance de l'objet à la lentille, et étant supposé plus grand que f, longueur focale de celleci, on a pour la distance p' de l'image réelle à la

vf f

même lentille :;y = -i-i--,= — - — -, C'est précisé- V-t , t

ment à celte distance p' qu'il faut placer l'écran pour que l'image obtenue possède toute la netteté désirable.

De plus, le rapport de grandeur de l'image et de l'objet étant donné, dans ce cas, par l'expression

f -p on voit que, si p est plus petit que 2 f,

l'image est plus grande que l'objet ; si p = 2 /■, l'image et l'objet ont les mômes dimensions; et enfin, si p est plus grand que 3 /, l'imago devient plus petite que l'objet et d'autant plus petite que p a une plus grande valeur. Dans le premier cas, c'està-dire quand le corps éclairé est placé entre le foyer principal de la lentille et le double de la longueur focale, ce corps est donc amplifié ; il se montre grossi sur l'écran. L'instrument qui réalise cette condition porte, suivant sa destination, le nom de méyascope ou celui de lanterne maç/ique.

L'appareil à projection, si utilisé aujourd'hui dans les cours scientifiques, n'est qu'une variété de la lanterne magique. L'objet ou la photographie dont l'image agrandie doit, être projetée sur

un écran est, en efl'et, placé entre le foyer principal d'une lentille convergente et le double de sa longueur focale; seulement, pour que l'image dont il s'agit, et qui se trouve amplifiée par la lentille, soit visible dans ses moindi-es détails pour tout un auditoire, on a le soin de concentrer, i l'aide d'un miroir concave ou d'une boule de verre, une masse énorme de lumière sur l'objet en question. La lumière utilisée à cet effet est fournie soit par une lampe i gaz oxhydrique, soit par une simple lampe i pétrole renfermée dajis une sorte de lanterne sourde.

Dans le troisième cas, alors que l'objet est au delà du double de la longueur focale, l'image présente une réduction de l'objet, mais sans que, pour cela, ce dernier se trouve déformé ; elle est d'autant plus petite que le corps s'éloigne davantage de la lentille. C'est dans l'appareil nommé chambre noire des

dessinateurs et dans le daguerréuti/pe que ce troisième cas est réa- Usé.

Toutefois, dans la chambre noire des dessinateurs, on n'emploie pas une lentille véritable, mais bien un prisme qui est l'équivalent dune lentille. Ce prisme (ftg.

3) a une face antérieure convexe. C'est par elle que pénètrent dans le verre les rayons lumineux émis par l'objet; puis une face inférieure concave par laquelle émergent les mêmes rayons. En passant de la première face à la seconde, ils trouvent sur leur route une surface plane convenablement inclinée pour s'opposer à leur sortie et qui fait fonction de miroir plan. C'est, on le voit, le phénomène de la réfle.iion totale de la lumière i la surface de séparation de deux milieux inégalement réfringents qui est ici utilisé. En tout cas, l'ensemble des deux faces convexe et concave produit sur la lumière le même effet qu'un ménisque convergent, et «ne image réelle des objets éloignés vient se peindre en A sur un écran disposé pour la recevoir. Qu'on imagine alors le prisme-lentille avec sa garniture formant la partie centrale et culminante d'une sorte de tente dont il figurera comme la cheminée ; qu'on

dite du nouvel appareil est constituée par une caisse parallélipipédique en bois, dont une moitié N est fixe et l'autre M mobile. La paroi postérieure de la caisse porte un écran en verre dépoli et à coulisse C, sur lequel viendra se peindre l'image des objets extérieurs. Cela dit, le mode d'emploi du daguerréotype s'explique de lui-même. On 4>rige le tube AB vers l'objet à reproduire. Par un mouvement progressif, en avant ou en arrière suivant les cas, de la caisse mobile M, on amène l'écran i la position voulue derrière la lentille pour que l'image de l'objet s'y reproduise avec netteté, et on achève enfin la mise au point très exactement en faisant tourner le bouton V. 11 n'y a plus alors qu'à substituer au verre dépoli l'écran sensibilisé, sur lequel l'image laisse désormais une trace durable, pour que la reproduction fidèle de l'objet puisse s'opérer dans de bonnes conditions. Nous

n'avons pas à insister davantage sur ce point, les détails opératoires relatifs à la sensibilisation de la plaque, à la durée de la pose, à la fixation de l'i-

lîl. CiuMBRE CLAinE. — La chambre claire a la même destination

se représente ensuiie le dessinateur assis sous la \ mage sont donnés à l'article P/iotogrop/ne.

tente et entouré complètement d'un rideau d'étoffe """ "^ - - - . -. . .

noire pour faire chambre obscure; qu'on le suppose ayant devant lui, en A, une table posée sur le sol j que la chambre qui lui permette de dessiner commodément l'i- noire ; mais elle est mage projetée sous ses yeux, et l'on comprendra : beaucoup plus emce qu'est au juste la chambre noire du dessina leur. L'artiste pourra aisément tracer avC' plus parfaite exactitude sur une feuille de pa . . pier les contours du paysage ou du monument ' tographie a accomv«rs lesquels il aura dirigé la face convexe du ' pli les grands proprisme. I grès que tout le Le daguerréotype, qui est devenu la chambre monde peut apprénoire usuelle des photographes, conduit par un cier, la chambre moyen différent à un résultat semblable. Cette fois, noire ne sert plus c'est une véritable lentille convergente L (fig. 4) ' pour ainsi dire aux ou plutôt une lentille double LE, qui est em- 1 dessinateurs. Ceuxployée. Elle est placée dans uu tube de cuivre ' ci ont recours, de BL que l'on peut faire mouvoir parallèlement à préférence, à l'ins- ""■^ <.,„ !. l'aifig (j'ui, pigiioi, V et d'une crémail- trumenf"-"

ployée aujourd'hui

la I que celte dernière.

I Depuis que la pho-

îDaguer-

, — Chambre claire.

1ère; et cela, le long d'un tube fixe A qui s'em- re. La chambre claire a été conservée pour la topo-; boite dans BL. La chambre noire proprement \ graphie ; elle permet, en campagne et sans reoou-:

OPTIQUE (INSTRUMENTS D') — l'w» — OPTIQUE (INSTRUMENTS D')

rir i uiio installation gênante, d'effectuer, avec quelquu rigueur, des levers de plan. Le colonel ilu g('!inc Laussodat a perfection n<i, dans ce» derniers temps, ce petit instrument, et en a fort ingénieusement péfjuJarisc l'emploi. Nous nous bornerons ici h indiquiT le principe de la chambre claire.

Un prisme quadrangulaire de verre, dont la section droite ABCD est représentée dans la fig. 5, dirige vers l'œil de l'opérateur, placé au-dessus de la lentille 1 et de l'arôte D, los rayons lumineux provenant de l'objet il étudier. Ces rayons tombent d'abord sur la face AU du prisme dans une direction telle que L; ils subissent doux, fois, après avoir pénétré dans le verre, une réflexion totale, d'abord sur la face BC, puis sur la face CU ; tinalement ils arrivent dans l'œil et lui fout percevoir l'image des objets comme le ferait un simple miroir convenablement disposé. L'oeil, placé de façon à ce que sa pupille soit divisée en doux parties égales par le plan vertical qui contient l'arôte D, projette instinctivement cette image sur une feuille de papier blanc posée en E sur une table et éprouve la même impression que si elle y existait réellement. L opérateur peut donc avec son crayon en dessiner tous les contours. Seulement, la grande difficulté, c'était l'adaptation de l'œil à la fois à la vision d'objets éloignés, ceux dont l'image est fournie par le prisme, et à. la vision nette d'un objet distant de SO centimètres, à savoir le crayon que manie le dessinateur. On a résolu la difficulté par l'emploi d'une lentille I convenablement ajustée et que traversent avant d'arriver à l'œil les seuls rayons venant de l'objet éloigné. Leur point de concours est ramené par cette lentille au point E, et l'œil peut alors voir en môme temps et très distinctement l'image qmi se projette sur le papier et la pointe du crayon qui y trace des lignes.

Les angles dièdres du prisme quadrangulaire employé ont les valeurs suivantes:

D= trr,5

On prouve, h l'aide de considérations géométriques très simples, que danscesconditions, tout rayon incident qui pénètre dans le prisme parla face AB en émerge par la face AD, en prenant finalement une direction exactement perpendiculaire h sa direction initiale. Ainsi, si le rayon incident L est horizontal, le rayon émergent qui lui correspond est vertical. Les deux réfractiojis que le rayon subit en traversant le prisme se compensent exactement, et tout se passe finalement, au point de vue de la déviation totale, comme si la lumière avait traversé un milieu à faces parallèles.

IV. Microscope composé. — Quel est le premier inventeur du microscope? Cette question de priorité est demeurée fort incertaine. Les uns en attribuent la découverte à un Hollandais, Zacharie Jans, d'autres en font honneur au naturaliste Leuwenhoeck, son compatriote. Ce qu'il y a de positif, c'est que le microscope composé date de la fin du seizième siècle ou des premières années du dix-septième. Ce qu'ily a d'incontestable aussi, c'est que, dans son état premier et à raison des images peu nettes et par trop irisées sur leurs bords qu^U fournissait, cet instrument n'avait au point de vue scientifique qu'une médiocre importance. Euler, le premier, en 1769, démontra la possibilité de le rendre achromatique, et c'est la réalisation pratique en 1816 par Frauenhoferde l'idée d'Euler qui a fait du microscope un de nos meilleurs instruments de recherches. Amici de Modèno.Pritchaid et Ross en Angleterre, Charles Chevalier, Lerebours, Oberhauser et Nachet en France ont ensuite porté l'instrument, par des modifications successives, au degré de perfection que nous lui connaissons aujourd'hui.

Dans sa plus grande simplicité, le microscope est constitué par une lentille convergente 0 (fig. 6), dite iihjeitif, qui doit fournir, des très petits objets 0 il examiner, une image cd réelle renversée et agrandie : c'est dire que l'objet sera placé entre le foyer p)incipal de la lentille objective et le double de la longueur locale. Cette image réelle est ensuite grossie par une seconde lentille B, par une vraie loupe, dite oculaire, qui la transforme en une image virtuelle CD portée à la distance de la vision distincte de l'opérateur. La lentille b est désignée sous le nom d'objectif, parce qu'elle est placée du côté de l'objet; la lentille B est appelée oculaire parce qu'elle est tournée vers l'œil. On comprend, sans qu'il soit nécessaire d'y insister, que l'objectif et l'oculaire devront être portés par des tubes de métal s'emboîtant l'un dans l'autre, et permettant de taire varier la distance dps doux lentil- rig les. De plus la distance du porte-objet a au microscope lui-même pourra changer au gré de l'opérateur, afin do réaliser la mise au point et d'obtenir le maximum de netteté.

Cette simple description et la marche des rayons lumineux indiquée dans la figure 6 permettent de comprendre tout de suite qu'il se produit ici un double grossissement de l'objet.

En premier lieu, par la lentille b. L'objet étant placé entre le foyer principal et le double de la distance principale, on sait (V. Héfraclion) que le rapport de grandeur de l'image et de l'objet est

f égal Ji — - — , expression dans laquelle /'représente

la distance focale principale de l'objectif et p la distance de l'objet à l'objectif. Or;; étant par hypothèse <. 2 f cl > f ; f est nécessair.'iuent plus grand que p — f et par conséquent l'image est plus grande que l'objet. Elle est d'autant plus grande que p a une valeur plus voisine de celle do /'. Donc l'objet et par suite le porte-objet a seront toujours dans le microscope placés très près de l'objectif, attendu que la longueur focale de ce dernier est toujours très courte. — En second lieu, l'image réelle cd que donne l'objectif se transforme en image virtuelle CD par le fait de la loupe B ; l'on a donc, comme nous l'avons vu plus haut, pour le nouveau grossissement :

— = \ D étant la distance de la vision distincte de l'observ-ateur et f la longueur focale de l'oculaire.

On a par suite : d'une part, par le fait de l'objectif ;

cd f

grandeur de l'olijet p — f' d'autre part, par le fait de l'oculaire :

CD ou grandeur finale do l'image D lid "" /■'

En multipliant ces deux égalités membre à membre, cd disparait comme facteur commun et l'on grandeur de l'image

arrive à ce résultat final :

grossissement =

grandeur de l'objet

On en conclut que pour un même microscope le grossissement dépend à la fois de la distance, de la vision distincte de celui qui l'emploie et. en outre, de la distance ;; de l'objet à la lentille objective. ^

On mesure liabiluellement ce grossissement j -^g-;"5;";,'r—p^^-î;"p3; -f^;-™:-^ ™-

blcs, il ne faut guère dépasser un grossissement de 500 qui correspond en réalité à une étendue superficielle égale à 250, OuO fois celle de l'objet. Pour des études d'histoire naturelle dans une école normale primaire, par exemple, des grossissements de 10, 20, 30, iO fois en diamètre sont toujours suffisants. Ce qu'il faut demander avant tout au microscope, c'est de donner des images bien éclairées, nettes dans leurs contours et nettes aussi quand elles correspondent i des couches un peu profondes de l'objet. Cette dernière qualité constitue \e pouvoir de pénétration dumicros-

par une expérience directe. Sur le porte-objet a ^^^^ j ^^^^^ ^j^ ^^^^^^^^ ,g^ appréciations les est pose un micromètre divise en centièmes de mil- i ,yj ^(j,.^,^ sur la forme et la constitution des imètre. C est une lame de verre à la surface de | J"^. ^ j^^ ^^- ^^^ ,.g„ ^ ^ observer,

laquelle on a trace au diamant des traits opaques, ^^^ ^^ ^^ microscope sont des plus impor-

distants lun de l'autre d un centième do railli- , ,^j^jg g^ ch\m\^, il permet une étude exacte et mètre. On met 1 œil à 1 oculaire : la distance | ^^^g^^^ ^^^ séparation des cristaux les plus ténus

des traits paraît plus grande. Si. pour l'observateur, elle est par exemple égale à un milli-

qui quelquefois se mêlent et se confondent dans un même dépôt, si on se contente de les examiner

mètre, on en conclut que le grossissement a pour , ^ [,^j, ^^^ ;, ^j^^^j, ^^^ indications exactes sur la valeur KiO. Dans le cas qui nous occupe, la me- (.ons,iiuUon des liquides animaux : sang, urine, sure du grossissement revient donc à ceci :deter- 1 p^^. ^^ ,^3 ^^^^^^ ferments qui interviennent •■■Hier en millimètres et fractions de millimètre modifier les substances organiques. Il est

quelle est la grandeur apparente de l'image vir tnelle fournie par l'oculaire. Il suffit pour résoudre pratiquement ce problème de munir l'oculaire d'une petite chambre claire (V. plus haut) et de projeter l'image grossie du micromètre que donne le microscope sur une règle graduée en millimètres et que l'on n placée juste à la distance de la vision distincte. Si l'image de l'intervalle correspondant à deux divisions consécutives du micromètre recouvre exactement un millimètre et demi de la règle graduée, ou bien deux miUimè

l'instrument favori du médecin et du naturaliste qui ne peuvent pénétrer sans lui dans la profondeur des tissus vivants quand il s'agit d'étudier leur constitution normale ou de constater leuraltération. Il sert dans l'industrie pour reconnaître les fraudes et aussi pour guider le fabricant qui a souvent intérêt à estimer avec précision la finesse des laines, des soies qui lui sont livrées et qui, s'il n'y prend garde, peut être victime de mélanges frauduleux, non reconnaissables à l'œil nu.

, , . I V. Lt'NETTE ASTRONOMIQUE. — L'hîstoîre dc l'in-

ires de cette règle, on en conclut que le grossis- mention de la lunette astronomique est envelopsoment est, dans le premier cas, de 150 en dia- ^^ ^^ nuages comme le sont presque toujours mètre et de 200 dans le second. Cette détermina- [g^ premiers faits qui se rapportent aux grantion, on le voit, est des plus faciles. ,. . J des découvertes. La légende se mêle infaillible-

Le microscope ramené au degré de simplicité ^ ^^.^^ ^g ^^^ ^ ,j réalité, et il devient bien que nous venons d'indiquer constituerait un mau- difficile, à deux cents ans de distance, de saisir vais instrument; les images qu'il fournirait seraient ^^^^ exactitude la part de vérité qu'il serait internai définies, mal arrêtées ; leurs bords présente- cessant et juste de mettre en évidence. C'est, raient des irisations désagréables. Une bonne ob- j ^^^^^ ^jj y^ légende, le fils d'un fabricant de servation serait impossible avec une appareil aussi j im^ettgg ^e Middlebourg qui fut conduit, par un

heureux hasard, à placer des lentilles de verre

défectueux.

On a rendu le microscope nchromatique en introduisant, entre l'objectif et roculaire,une troisième lentille, dite lentille de champ, qui ramène sur la surface d'un même cône, dont le sommet est à la pupille, les différentes couleurs simples que les premières réfractions avaient séparées (V. Luyifière, p. l'iTi). Alors, toutes ces couleurs se superposant pour l'œil de l'observateur lui donnent la sensation de la lumière blanche ; les irisations disparaissent complètement.

On est même allé plus loin depuis 1823 : onachromatise à la fois l'oculaire et l'objectif. Grâce aux travaux persévérants des physiciens et des constructeurs que nous avons nommés plus haut, le microscope est devenu un excellent instrument, un appareil de précision qu'on peut se procurer .Tujourd'hui à un prix très modéré.

Quand l'objet à étudier e>t transparent, on l'éclaire fortement en dessous, en dirigeant sur lui la lumière des nuées concentrée par un miroir concave ; quand il est opaque, on l'éclairé par dessus à l'aide d'une lentille convergente convenablement disposée. On a construit des microscopes dont le grossissement dépasse 2,000 en diamètre. C'est une folie : l'image perd alors en clarté et en netteté ce qu'elle gagne en surface ; on ne voit plus aucun détail de l'objet d'une façon distincte, tout est nuageux, et c'est alors que, l'imagination aidant, on peut, tout i son aise, faire du roman en

dans des positions relatives telles que leur groupement constitua la lunette d'approche. Galilée aurait eu connaissance du résultat obtenu en Hollande ; il se serait aussitôt mis à l'œuvre et il n'aurait pas tardé b. découvrir la lunette qui porte son nom. Elle est formée essentiellement par la combinaison d'une lentille biconvexe servant d'ob- | jectif avec une lentille biconcave placée à une dis- I tance convenable de la première et servant d'ocu- ' laire. Ce qu'on peut affirmer, en tout cas, c'est ' que dès l<i09 le céK'bre astronome italien dont nous parlons était en possession d'une lunette d'approche qu'il venait de construire et à l'aide de laquelle il put faire dans le ciel de curieuses observations. Le plus fort grossissement qu'il' employa était égal kh'i. Peu après Galilée, Kepler remplaça la lentille biconcave de l'oculaire par une lentille biconvexe. Kepler est donc véritablement le premier auteur de la lunette astronomique telle que nous la construisons aujourd'hui.

La lunette astronomique étant destinée, comme son nom l'indique, à observer de la terre les astres qui peuplent le firmament, a par là même sa lentille objective placée h une immense distance de l'objet à observer. L'image réelle de cet objet viendra donc se former en avant de ladite leniille et tout près de son foyer principal ; elle sera de plus renversée et infiniment plus petite que l'objet. Si l'on dispose alors, sur le trajet des rayons

histoire naturelle et substituer la fantaisie i la • qui ont déjà donné naissance h l'image aérienne réalité. Pour se placer dans des conditions favora- 1 un oculaire convergent, de telle façon que l'imagt

OPTlUUEdNSTRUMENTS D) — 1433 — OPTIQUE (INSTRUMENTS D')

réelle en qviestion se trouve pliicée entre le foyer principal de la lentille oculaire et cette lentille elle-mfime, l'image de l'astre sera vue en réalité à travers une loupe, elle sera par suite amplifiée, conservera sa situation première, renversée comme elle l'était d'abord, et l'image virtuelle que donnera cet oculaire pourra sans peine être portée à la distance de la vision distincte de l'observateur. La figure 7

l'objectif et vont former en ba une image réelle et renversée. Ils continuent leur marclic, traversent l'oculaire pour arriver h l'œil et prennent à leur sortie de l'oculaire des directions telles que leurs prolongements vont se couper en 13'A' pour constituer l'image virtuelle que l'observateur apercevra à la distance de sa vision distincte. 11 lui suffira, en effet, pour obtenir ce résultat, de déplacer lentement le tube de l'oculaire, dans un sens ou dans l'autre, de manière à effectuer, par tâtonnement, la mise au point dans chaque cas.

Dans ces conditions, la longueur totale de la lunette sera sensiblement égale à la somme des longueurs focales de l'objectif et de l'oculaire.

Dans la lunette de Galilée, l'oculaire était, nous l'avons dit, formé par une lentille biconcave, mais dans ce cas, ledit oculaire devait être placé, pour jouer le rôle de loupe, entre A« et l'objectif lui-même ; et dès lors la longueur de la lunette était seulement égale à la différence des deux longueurs focales. De plus, dans la lunette astronomique ordinaire, l'image est renversée par rapport i l'objet, ce qui n'offre aucun inconvénient, quand on observe un astre ; tandis que, dans la lunette de Galilée, l'image est droite comme l'objet luimême.

Le grossissement s'évalue facilement par la théorie. On appelle ici grossissement le rapport de l'angle sous lequel l'objet est vu directement par l'observateur, sans l'interposition d'aucun instrument, à. l'angle sous lequel il est vu à travers la lunette. En nommant O et 0' les centres optiques de l'objectif et de l'oculaire, qui ne sont pas indiqués sur la figure, mais que le lecteur se représentera facilement, le grossissement

, , ,. B'O'A' sera égal à , ou, ce qui est la même chose,

hO'a aOb

Or, si les deux angles dont il s'agit avaient, l'un et l'autre, leur sommet au centre dune même circonférence, leur rapport serait égal au rapport des arcs compris entre leurs côtés, et comme ici les angles sont très petits, on peut prendre au lieu du rapport des arcs le rapport des cordes qui les soutiennent.

Cherchons donc la valeur de ce dernier rapport. — Soit décrite de 0' comme centre une circonférence de rayon 1 ; sur cette circonférence, 1 arc compris entre les cotés de l'angle iO'a pourrait être considéré comme égal à ~, en nommant

f la longueur focale de l'oculaire. Pareillement, 1 arc compris entre les côtés de l'angle «06 sur

cette même circonférence de rayon 1 aurait pour expression — ; F étant la longueur focale de l'ob-

jectif. Donc le rapport —rrr ou le grossissement

sera représenté par -p divisé par-^ c est-à-dire

par — • On

voit donc que le grossissement 4 de la lunette astronomique sera d'autantplus fort que l'objectif sera à plus long foyer et l'ocu laire à plus court foyer.

Ni la lunette de Galilée, ni celle de Kepler n'auraient jamais acquis l'importance qu'elles ont aujourd'hui, sans la découverte de l'objectif achromatique. Elle est due à un célèbre opticien anglais, Dollond, qui la fit connaître vers le milieu du dixhuitième siècle. Dans les lunettes d'approche primitives, les bords de l'image présentaient, comme dans le cas du microscope primitif, des irisations d'autant plus prononcées que le grossissement était plus fort ; il eût donc fallu forcément restreindre ledit grossissement et s'en tenir à de faibles instruments. Dollond eut l'idée d'accoler pour former son objectif une lentille convergente de crown à une lentille divergente de flint. En choisissant convenablement les courbures des deux verres et en tenant compte en même temps des valeurs de leurs indices de réfraction qui sont notablement différentes, il parvint à détruire la dispersion sans supprimer la réfraction. Celle-ci n'était que diminuée parle groupement du crown et du nint. On avait donc toujours dans l'objectif ainsi constitué un système lenticulaire qui demeurait convergent, mais qui, en même temps, et c'est là le point essentiel, éliminait dans les images toute coloration accidentelle. En réalité, la découverte de Vnhjerlif achromiiiique a été le plus grand progrès en optique instrumentale qui ait été accompli dans le dix-huitième siècle. Sans exagérer la longueur de la lunette, on a pu dès lors obtenir des grossissements considérables, et conserver en même temps aux images une clarté suffisante.

Cette clarté, on le comprend aisément, dépend du diamètre de l'objectif; aussi, s'est-on efforcé avant tout d'obtenir de larges disques de crown et de flint bien homogènes, dépourvus de stries et de bulles. Par leur association, ces disques convenablement taillés pouvaient seuls donner do bons objectifs achromatiques. C'est un industriel suisse, M. Guinand, qui a rendu par l'excellente fabrication des deux sortes de verre le plus grand service à la science.

L'oculaire a été à son tour perfectionné. Au lieu de l'oculaire simple formé d'un seul verre, on emploie assez souvent un système de deux lentilles, se compensant l'une l'autre, au point de vue de l'aberration de sphéricité et de l'aberration do réfrangibilité. L'un des oculaires doubles le plus souvent utilisés dans ce but est celui de Ramsden, dit oculaire positif : il est formé de deux verres plan-convexes dont les faces convexes se regardent.

La lunette astronomique ne sert pas seulement à l'observation des corps célestes ; elle sert encore, et cet autre usage a de l'importance, h la mesure des angles. Lecercle répétiteur, le théodolite,

le catliétomètre portent une ou plusieurs lunettes dont les déplacements sur des limbes f;raduels permettent d'évaluer les distances angulaires de deux points donnés. Il fallait seulement, pour f|ue cette mesure eût quelque exactitude, établir dans la lunette une ligne à points de repère fixes qui guidât sûrement l'observateur quand il dirigerait l'instrument vers un point détermine. Cette ligne porte le nom d'axe optique; elle est fixée, quant à sa position, par deux points invariables : !° le centre optique de l'objectif ; 2° le point de croisement de deux fils se coupant à angle droit, point de croisement que l'on met toujours au foyer de l'oculaire. L'ensemble des deux fils adaptés ainsi à la lunette constitue le réticule. Ce réticule est placé en avant de l'oculaire de Ramsden et en est , par là même, rendu indépendant. Vise-t-on un point de laterre?

La ligne droite qui joint ce point à son image va passer nécessairement par le centre optique de la lentille objective.

Si donc, dans chaque observation, on fait mouvoir cette lunette jusqu'à ce que l'image du point extérieur coïncide avec la croisée des fils de rélicule, on sera sûr que la ligne nommée axe optique et qui est invariable de position dans la lunette ira rencontrer le point examiné.

\'I. Lunette tbrbestbe. — La lunette astronomique, avons-nous dit plus haut, donne des images renversées des objets ; son emploi serait donc fort incommode pour l'observation des objets terrestres. On l'a rendue propre à ce dernier usage en intercalant entre l'objectif et l'oculaire, un système de deux lentilles convergentes dont la position et la distance sont calculés de façon à produire un redressement de l'image que donne l'objectif, et cela, avant qu'elle n'aille se former au foyer de l'oculaire. La figure 8 donne la marche des rayons

tapose deux lunettes pareilles, à\iei jumelles, pour rendre plus commode pour l'observateur la vision des objets peu éloignés, vision qui se fait alors sans aucune gêne par les deux yeux à la fois.

VIII. TÉLESCOPE DE Kewton. — Les télescopes, dont la destination est la même que celle des lunettes, sont constitués par un système de miroirs et de lentilles. L'objectif y est représenté par un miroir concave, l'oculaire par une sorte de microscope. Gregory, Newton, Cassegrain et Uerschell ont construit des appareils télescopiques offrant chacun une disposition spéciale, et qui portent leur nom. Le principe théorique est le même pour tous ; l'agencement des miroirs et des lentilles est seul dift'érent. Nous nous bornerons ici à décrire brièvement le télescope de Newton, en signalant toutefois le perfecionnement de preiiier ordre queFouault a introduit lans sa construc- >n.'

Un miroir conca- >e M (fig. 9) est |ilacé au fond d'un ong tube de métal ; I axe de ce miroir coïncide sensiblenent avec l'axe géoiiétrique du cylin- Ire que le tubecon- -titue. Quand on lirige le télescope . i!rs un point du ciel, les rayons lutte lerreslre. mineux émanés de ce point arrivent parallèles entre eux et parallèles à l'axe principal du miroir. Ils iraient donc converger, après réflexion, à son foyer principal sensiblement placé au railieu du rayon de courbure; mais avant que leur croisement ne s'effectue, les rayons réfléchis sont interceptés par un miroir plan m incliné de 45° sur l'axe, lequel les rejette latéralement vers la lentille oculaire. L'image ab obtenue est ensuite transformée par l'oculaire en une image virtuelle agrandie que l'observateur peut examiner tout à l'aise, lorsque, par la mise au point de l'oculaire, il l'a portée à la distance de la vision distincte. Au miroir plan m, on substitue souvent un pris-

lumineux dans ce nouveau cas. O'' et O'" sont les me de verre à réflexion totale, prisme de très

deux lentilles supplémentai res; 0' est la lentille oculaire ordinaire ; ba représente l'Image réelle et renversée formée par l'objectif. Cette image est redressée par les deux verres 0" et 0'" et vient se former droite en a'b' d'où l'œil l'aperçoit virtuelle et agrandie en A'B'.

VII. Lunette de Gaulée. —La lunette de Galilée, dont il a été plusieurs fois question dans ce qui précède, a, nous le savons, une lentille divergente, biconcave d'ordinaire, pour oculaire; elle présente l'avantage de donner directement l'image droite des objets, mais elle ne comporte pas un grossissement aussi considérable que la lunette astronomique. On ne l'emploie guère aujourd'hui que comme lunettede spectacle. Habituellement incme,onju\-

petite dimension qui remplit l'office du miroir plan, et dans de meilleures conditions que lui.

Le grossissement du télescope a la même expression que celui de la lunette astronomique. Sous sa forme la plus sim])lo, il est représenté par

dans lequel F est la longueur

focale principale du miroir concave et f celle de l'oculaire supposé simple.

Le miroir du télescope était, jusqu'à Foucault, creusé dans l'épaisseur d'une masse métallique, sorte de bronze formé de plusieurs métaux que l'on mélangeait dans des proportions déterminées au moment de leur fusion. L'alliage dont il s'agit était composé en moyenne de 07 p. 100 de cuivre

Télescope de Newton.

le rapport

OPTIQUE (INSTRUMENTS D) — i455 —

OR

pt àt; :Vi d'ctuiti ; un disfine obtenu par la voie du moulage, il la suiio de la fusion préalable de l'aiHuge, présentait, h l'une de ses faces, une courbure h peu près splicrifiue. Puis, par une usure progressive eNécnlée à la main, on achevait do donner à la surface concave assez grossière t(ne le moulage avait fournie la forme et le poli le plus parfait qu'il ftait possible d'obtenir. Eu tout cas, le miroir en ([ueslion avait toujours mallieul'cusemcnt un poids considérable. Celui que con- Strttisit Lord Koss, et dont le diamètre dépassait T",30, no 'pesait pas moins de 3,800 kilogrammes. Ajoutez h. ce poids celui du tube et des pièces annexes, et vous arrivez ii un chiffre total de plus de 10,000 kilogrammes. Cette lourde machine était, on le comprend, d'un maniement des plus difficiles et l'emploi en était forcément très limité. Le télescope d'Herscliell, que le célèbre astronome anglais avait construit lui-même et dont il avait travaillé le miroir de ses propres mains, était moins lourd, il est ■vrai, que celui de Lord Ross, mais il fallait encore recourir h des cabestans pour le mouvoir.

Si, en dehors de cet inconvénient si grave du poids énorme de l'instrument, on tient compte de cette autre circonstance plus importante encore, à savoir l'impossibilité oii l'on est de travailler convenablement une surface métallique quelle qu'elle soit ; si l'on sait que les miroirs d'Herschell et de Lord Ross présentaient, par suite, aux différents points de leur surface, des inégalités notables dans la courbure, inégalités qui Ôtaient beaucoup de leur netteté aux images, on se rendra compte sans peine du progrès considérable que les travaux de Foucault ont amené dans la consti'uction du télescope.

'IX. TÉLESCol'E DE ToucAOLT. — Foucault a substitué, en premier lieu, le verre au bronze pour la confection du miroir, c'est-à-dire un corps solide d'une densité de "i.h h un corps d'une densité égale à IL C'était déjà un grand pas de fait ; ttiais le point capital dans la découverte du savant français, c'est la méthode tout à fait originale à laquelle il a eu recours pour le travail du miroir de verre. Il est parvenu b. donner à volonté à la surface réfléchissante, ou la courbure sphérique la plus parfaite qu'on puisse imaginer, ou la courbure parabolique ; et, dans ce dernier cas, nous le savons, l'abprration de sphéricité disparait Complètement. Foucault a construit des miroirs d'une surface tellement régulière que les variations de courbure les plus fortS's qu'on pouvait 'y découvrir étaient inférieures à un dix-millième de millimètre. Aussi l'observation des astres à l'aide du télescope Foucault donne-t-elle le spectacle le plus admirable qu'on puisse concevoir. 'L'es nébuleuses résolubles se montrent composées de milliers do petites étoiles d'éclat variable. On se croirait en présence du bouquet persistant tl'un feu d'ariifice. Les planètes sont vues avec une netteté de contours et de détails qui permet xine étude approfondie de leur constitution physique. Les deux plus grands miroirs qui aient été construits dans le système Foucault ont, l'un, 80 centimètres de diamètre, l'autre l'",'20. L'exposé de la méthode de Foucault ne saurait entrer dans le cadre de cet article. Le lecteur devra se reporter aux traités spéciaux sur la matière.

C'est pourtant le verre, nous l'avons dit, qui fournit la surface réfléchissante, et Ion sait que le pouvoir réflecteur du verre est assez faible ; la clarté des images sera donc très réduite dans les nouveaux télescopes ? Il n'en est rien : la difficulté a été habilement tournée. On argenté la surface du miroir après qu'elle a été amenée à la courbure Voulue et au degré de poli le plus parfait. Cette argenture est d'une facilité extrême. Foucault avait d'abord utilisé le procédé Drayton qu'on avait

mis en œuvre en .Angleterre pour l'étamage des glaces.11 l'abandonna plustard pourlui substituer celui d'un de ses élèves. .M. A. Martin, procédé qui est fondé sur la propriété que possèdent les solutions des sels d'argent de se réduire à froid en présence des alcalis sous l'action du sucre interverti. Le miroir de verre plongé dans une liqueur de ce genre se recouvre uniformément d'une couche d'argent poli, couche tellement mince qu'elle demeure translucide.

Cette lame si ténue d'argent qui revêt le ratroiide verre a un pouvoir réflecteur de 0,92 environ, tandis que le pouvoir réflecteur du métal des miroirs ne dépasse pas 0,6't. .Mnsi, ce n'est pas sou lement au point de vue de la netteté des images, mais encore au point de vue de leur clarté, que le télescope de Foucault l'emporte de beaucoup sur ceux de Newton et d'Herschell.

Quant à l'agencement optique du miroir et de l'oculaire, Foucault a adopté le mode suivi par Newton, mais en perfectionnant encore l'instrument dans cette autre direction. [A. Boutan.]

on. — Chimie, XX. — tlistorupie. — Les qualités remarquables de l'or ont fait rechercher de bonne heure ce métal, dont la valeur se trouve augmentée par la rareté.

C'était l'Inde, l'Afrique, l'Arabie, la Macédoine, la Thrace, l'Espagne, l'Italie, etc., qui fournissaient l'or aux peuples anciens. On en fil d'abord des vases, des ustensiles, des statues, etc.

L'or fut employé de très bonne heure comme monnaie, c'est-à-dire qu'il servit à représenter la valeur des objets et qu'il facilita les échanges ou le commerce.

Le métal précieux était employé tel que la nature le fournissait ; il n'était donc pas pur, et les monnaies d'or de l'antiquité ne pouvaient avoir des titres fixes comme les monnaies de nos jours.

A la découverte do l'Amérique, les gîtes aurifères du Pérou, du Mexique et du Brésil fourniront une telle quantité d'or, que la valeur de ce métal diminua d'environ les deux tiers.

La découverte de nouveaux gisements en Sibérie (18 i2), en Californie (1847) et en Australie (vers 18ôO) a augmenté encore d'une manière assez considérable la quantité d'or versée annuellement dans la circulation.

Aussi l'usage de l'or, qui d'abord était très restreint, s'étend-il chaque jour davantage, et la monnaie d'or est-elle aujourd'hui la monnaie courante.

Élnt nnturel. — 'L'or n'a qu'une très faible affinité pour les autres corps. C'est pourquoi on ne le rencontre guère que sous les trois états suivants : I» à Vêtit natif; l'alité avec quelques métaux ; 3» comhiné avec le tellure.

C'est à \'état natif que le métal précieux se trouve le plus communément. Il contient toujours, dans cet état, de l'argent et du cuivre. L'argent lui donne une teinte verdâtre, le cuivre augmente son éclat. Parfois l'or natif renferme aussi du fer (jui le rend bleuâtre.

On trouve des filons d'oc natif dans des roches cristallines ; on le rencontre également dans les mines d'argent, et surtout dans les terrains d'alluvions ou dans des sables de transport.

Dans ces sables, l'or se présente sous la forme de paillettes ou sous celle de petits grains arrondis. Quelquefois ces grains, que l'on désigne sous le nom de pépites, atteignent la grosseur d'une noisette. On a même rencontré des pépites d'un poids considérable. La plus forte qui ait été découverte jusqu'à ce jour a été fournie par les mines de l'Australie (en 1858) ; elle pesait 60 kilog.

Certains fleuves et certaines rivières roulent, dans leurs sables, des paillettes d'or. Ces fleuves et ces rivières prennent leur source dans des ter-

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rains formés de roches cristallines aurifères, et parcourent de longs espaces sur ces mêmes terrains.

On peut citer en France la Garonne, l'Ariège, le Rhône, le Rhin, l'Aidèche, l'Hérault, etc.

Extra<:tion. — Pendant longtemps l'or charrié par ces cours d'eau a donné lieu à une exploitation plus ou moins active, suivant que la valeur de l'or recueilli offrait une rémunération suffisante aux orpailleurs ou chercheurs d'or.

Le procédé d'extraction était d'ailleurs des plus simples ; l'orpailleur se bornait à tendre une pièce d'étoffe de laine sur une large planche; puis cette planche était inclinée vers la rivière et disposée de manière à ce que le poil de l'étoffe se trouvât tourné vers le haut de la planche.

L'orpailleur puisait ensuite de l'eau et du sable dans la rivière à l'aide d'une forte sébile en bois ou en corne, munie d'un manche solide. Il versait le tout sur la partie supérieure de la planche : le sable roulait au bas de l'appareil, entraîné par l'eau, tandis que les paillettes d'or, plus denses, étaient retenues par les poils du drap de laine.

Lorsque l'ouvrier jugeait que ce drap était assez chargé de poudre d'or, il le brossait et faisait tomber dans une autre sébile cette poudre, qu'il vendait d'autant plus cher quelle était plus riche en or pur.

La main-d'œuvre étant devenue très chère et les sables aurifères de nos rivières contenant fort peu de métal précieux, cette exploitation a complètement cessé en France.

Mais elle se continue en Russie ,dans l'Oural) et en Californie, où l'on rencontre des sables offrant une teneur en or beaucoup plus forte. Le procédé d'extraction n'est d'ailleurs plus aussi primitif : les sables sont d'abord lavés pour être débarrassés des matières terreuses qui les accompagnent le plus souvent ; ils sont aussi séparés, par le criblage, des cailloux qu'ils peuvent contenir. L'or est ensuite enlevé soit à l'aide de la fusion, soit pirVumnlyamation.

Le procédé de ïarnalgamatiou consiste à mettre le sable aurifère en contact avec du mercure, qui dissout l'or.

L'amalgame une fois obtenu, il n'est pas difficile de séparer l'or et le mercure.

Pour extraire l'or des roches quartzeuses, on brise et l'on réduit en poussière ces roches, à l'aide de machines appropriées, qui opèrent en même temps, non seulement le lavage de la poussière aurifère, mais encore l'amalgamation du métal précieux.

Ce procédé perfectionné permet aujourd'hui de traiter avec avantage des terrains dont la teneur en or est très faible (l kil. d'or par 4000 tonnes de minerai), et la production annuelle atteint le chiffre énorme de plus de 40 milliards de francs.

Propriétés physiques. — L'or a une couleur magnifique et caractéristique ; il acquiert par le poli un éclat des plus vifs. Il est inaltérable par la plupart des agents chimiques, même par les acides énergiques, tels que les acides sulfurique, azotique et chlorhydrique. Parmi les métalloïdes, il n'y a que le chlore et le brome qui l'attaquent à froid.

L'or jouit d'une malléabilité et d'une ductilité extrêmes. .Vussi l'on est parvenu à le transformer j en feuilles d'un dix-mUliétne de millimètre d'épaisseur, et à le tirer en fil d'un diamètre si faible qu'avec 1 gramme d'or on obtient 3000 mètres de fil.

Par contre il n'est pas très tenace, car un fil d'un diamètre de 2 millimètres rompt sous le poids de 08 kilogrammes.

L'or a besoin d'être allié au cuivre pour devenir

plus dur et résister davantage à l'usure résultant de la circulation.

Il fond et se volatilise à la température d'environ 1200 à 1300 degrés.

Son poids spécifique rapporté à celui de l'eau est de 1H,5.

Propriétés chintii/ues. — L'or a pour symbole Au; son équivalent rapporté à 100 d'oxygène est 12'27,75 ; rapporté à 1 d'hydrogène il est de 98,18.

L'or ne se combine pas directement avec l'oxygène, n'importe à quelle température ; néanmoins il existe deux oxydes d'or, un protoxyde Au*0, et un sesquioxyde ou peroxyde, Au-O^. On obtient ces deux oxydes indirectement, le premier en précipitant le protochlorure d'or, Au^Cl, par une dissolution étendue de potasse, le deuxième en faisant bouillir une dissolution de perchlorure d'or, Au-Cl^, avec de la potasse en excès, et en ajoutant un peu d'acide sulfurique à la dissolution.

Ces deux oxydes ne se combinent pas avec les oxacides pour former des sels. Le protoxyde est indifférent; le peroxyde joue le rôle d'acide lorsqu'il est mis en présence des bases alcalines, telles que la potasse. C'est ce qui le fait désigner encore sous le nom d'aride aurique.

Parmi les oxacides, il n'y a que l'acide sélénique et l'acide iodique qui puissent dissoudre l'or.

Les hydracides du chlore, du brome, de l'iode et du fluor, additionnés d'oxacides peu stables, tels quelesacides azotique, chlorique, bromique, etc., (lissolvent également l'or.

Mais le plus énergique dissolvant de ce métal est l'eau régale, composée de quatre parties d'acide chlorhydrique à "22° et d'une partie d'acide azotique à 40^

L'or forme avec le chlore deux composés chimiques, le protoclilorure (Au"-Cl) et le perchlorure (Au'-C13). Ce dernier, qui esi regardé encore par certains chimistes comme un sesquichlorure, est le seul composé chimique important de l'or.

On se procure le perchlorure d'or en faisant évaporer la dissolution d'or obtenue à l'aide de l'eau régale.

Il cristallise et se présente sous la forme de paillettes; il est soluble dans l'eau et dans l'éther.

La médecine l'emploie dans le traitement de certaines maladies.

Il sert aussi à reconnaître les eaux qui renferment trop de matières organiques pour pouvoir être employées sans danger comme boisson.

Usages de l'or. — L'or étant doué d'une très grande malléabilité et d'une très grande ductilité, se laisse docilement façonner suivant les besoins de l'industrie et suivant les caprices du luxe le plus exigeant. L'industrie en fait des vases, des ustensiles, des bijoux, etc. Il enrichit les étoffes de soie et les divers articles de passementerie, tout en rehaussant leur éclat.

A cause de son inaltérabilité par la plupart des agents, tels que lair, le soufre, les gaz, etc., il sert à recouvrir les autres métaux, comme le cuivre, le laiton, l'argent, etc., qu'il préserve contre les agents extérieurs, et auxquels il communique son poli et son éclat.

Le bois, le carton, la porcelaine, etc., sont également recouverts de minces couches d'or.

Pour appliquer l'or sur les autres métaux, l'industrie a recours à divers procédés dont les plus employés sont : 1° la dorure au mercure ; 2° la dorure à la /feuille et au bouchon ; o" la dorure par immersion : 4" enfin la dorure gaU'Uiiiijue. Ce dernier procédé a remplacé tous les autres i peu près complètement depuis 1840, époque à laquelle il a reçu de remarquables perfectionnements de Mil. Elkington et de Ruolz. (V. Galvanoplastie.)

Comme cela a été indiqué plus haut, l'or n'est

ORAGE

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■jamais employé snul ; il est toujours allié h une certaine quantité de cuivre.

ï?L'ur lies monnaies françaises est un alliage de 000 parties d'or pur et de 100 parties de cuivre. On dit pour cela qu'elles sont au titre de 0,900.

Les médailles d'or sont toutes au litre do 0,910, les bijoux à celui de 0,7;)0. La loi reconnaît trois aitres (0,920, 0,840 et 0,750) pour les autres ouvrages d'or (ustensiles et vaisselle).

Des agents de l'État sont chargés du contrôle des objets d'orfèvrerie. L'épreuve se fait approximativement (10 à 20 millièmes près) à 1 aide de la picriv de tourlœ, et d'une manière précise à l'aide de la couiieUat'ioii. [J. Bousquet.]

OUACK. — Météorologie, XI-XII. — Trouble atmosphérique dont le caractère principal est fourni par les manifestations électriques de l'air: éclair, foudre, tonnerre.

Naturr (les orai/e^. — L'explication des orages par l'électricité remonte à la découverte même de cet agent, et la première étincelle tirée de l'ambre par Wall fut immédiatement comparée aux éclats <l9 la foudre. Mais c'est Franklin qui le premier ifit connaître l'identité des deux phénomènes. Dans les premiers mois de 1150, Franklin dévelop

état aqueux primitif, nuage, pluie ou neige. C'est dans les régions intertropicales, là où l'évaporation est le plus active et où la condensation est le plus abondante, que les orages se montrent avec le plus de fréquence et d'énergie. Les auroreu boréales, qui ne sont que de grandes et silencieuces manifestations électriques dans les régions voisines du pôle, sont toujours accompagnées du retour du courant équatorial vers ces hautes régions. Nos orag(!S, enfin, se produisent dans des conditions analogues.

Electricité des nwiqes. — hi. plupart des nuages sont électrisés positivement, comme l'atmosphère au sein de laquelle ils se forment. Les nuages électrisés négativement sont cependant très nombreux; ce fait est dû à plusieurs causes. Le sol, soumis à l'ialluence de l'électricité positive de l'atmosphère, s'électrise négativement sur tous ses points en saillie. Les brouillards qui le recouvrent pendant certaines nuits, puis s'élèvent le matin dans l'ail- pour y former des nuages; le* nuages qui naissent aux sommets des montagnes élevées par la condensation des vapeurs qu'y apportent les brises, sont généralement négatifs. Quand deux couches de nuages sont superposées, la plus

pait, dans deux lettres adressées k P. Collinson, ses élevée est le plus fortement électrîsée ; l'électri opinions sur l'origine de la foudre, et il décrivait ' ' '' ^ :.i-i-: -„r„..i.!., „ i,

l'instrument qui devait préserver les édifices de

ses atteintes, le paratonnerre. Il invitait en même 'temps les physiciens français à réaliser l'expérience qu'il se proposait de faire lui-même sur un ■clocher de Philadelphie alors en construction.

Dalibart fut prêt le 10 mai I75'.', h Marly-la-Ville, un mois avant que Franklin, impatient des lenteurs ■apportées à la construction du clocher, y substituât un cerf-volant iiu'il lança à l'approche d'un ■orage. Le cerf-volant réussit mal d'abord ; mais une petite pluie fine étant survenue et ayant mouillé la corde, celle-ci devint conductrice de l'électricité et on put tirer de vives étincelles de ■son extrémité liée à un support isolant. Dalibart avait suivi la première idée de Franklin : il fixa dans un jardin situé au milieu d'une plaine élevée

cité positive du nuage inférieur, refoulée vers le bas, s'écoule avec les premières pluies, et bientôt

ce nuage inférieur se trouve chargé d'un excès d'électricité négative que l'influence y développe. Les pluies sont donc chargées tantôt d'électricité positive, tantôt d'électricité négative, comme les nuages d'où elles s'échappent.

Quand deux couches de nuages inégalement électrisées sont en présence, des éclairs peuvent jaillir entre eux ; quand un nuage électrisé dans un sens quelconque se rapproche de la surface du sol, des éclairs peuvent encore s'en échapper et venir foudroyer un objet terrestre. Mais il arrive très souvent que des éclairs jaillissent de la partie supérieure ou latérale d'un nuage entièrement isolé, mais surchargé d'électricité. Ces éclairs sont généralement très ramifiés et se perdent dans

et sur un support isolé, une barre de Lt mètres les hauteurs. ■de hauteur et terminée par une pointe d'acier Sur terre et en rase campagne, le bruit dn tonpoli. Au moment où des nuages orageux passèrent nerre peut être entendu à six ou sept lieues de au-dessus de la barre, celle-ci s'électrisa assez distance, au plus, du point où part l'éclair. L'éclair fortement pour donner de longues et brillantes au contr.iire, ou lillninination qu'il produit, peut

étincelles

Electrv'Até aiinosphcrique. — L'atmosphère est constamment chargée d'électricité^ même pendant les plus beaux temps, et les variations de cet agent sont régulièrement observées dans les prin- -cipaux observatoires du globe. On n'obtient généralement aucun signe électrique dans les lieux bas ■ou couverts par des édifices ou des arbres ; mais dans les lieux môme incomplètement découverts, ces signes commencent à se montrer i une petite distance du sol et des objets qui le recimvrent, et ils augmentent progressivement ;\ mesure qu'on s'élève plus haut au-dessus de la surface terrestre. Sous un ciel sans nuages, les signes électriques «ont toujours positifs, c'est-à-dire que l'atmosphère est chargée de l'électricité positive ou vitrée que le frottement de la laine développe sur le verre; mais quand des nuages apparaissent, et surtout quand la pluie tombe, même à plusieurs kilomètres de l'observateur, les signes deviennent le plus souvent négatifs. Sous l'influence des nuages orageux, ils peuvent acquérir une très grande énergie, tout en changeant rapidement de sens.

L'origine de l'électricité atmosphérique est assez mal connue; elle n'a pu être fixée par aucune expérience directe bien concluante, et il est probable qu'elle est multiple. Une des opinions les plus répandues la rattache k l'évaporation <le l'eau, •et peut-être au retour de la vapeur formée à son î* Partie.

être aperçu à une distance do trente ou quarante lieues. De là les éclairs sans tonnerre, appelés éclairs de chaleur: ils sont dus à des orages lointains. , .

Formation des orafjes. — Les orages des régions interlropicales, dans la zone équatoriale des pluies, se forment généralement sur place, au milieu des nuages produits par la condensation des vapeurs de la nappe équatoriale ascendante. Ils y sont en permanence, comme les nuages et les pluies, et, comme eux, se déplacent annuellement à la surface du globe à la suite du soleil.

Dans nos régions tempérées, les orages sont beaucoup plus rares; ils sont loin d'accompagner toutes les pluies ; mais on peut les entendre en toute saison, en hiver comme en été, bien que cette dernière saison soit plus favorable à leur produciion.

Les brises ascendantes le long des flancs méridionaux ou occidentaux des massifs montagneux produisent des nuages locaux assez fréquemment accomp Ignés d'orages également limités; mais le plus ordinairement, les orages de l'Europe ont un caractère plus général. C'est particulièrement sur le parcours du courant équatorial et sur la partie méridionale d'un mouvement tournant, plus ou moins accentué dans l'air, qu'on les rencontre (V. C.oumnls, Teinfidtrs). Ils parcourent donc à la surface de la France des bandes plus ou moins étroites et longues, se propageant quelquefois dos

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eûtes de l'Océan jusqu'en Belgique on en Allemagne. Cliuque dcparlement place leur origine vers sa limite occidentale, alors que quinze ou vingt départi ment>. quelquefois, peuvent être traversés non par les mêmes nuages orageux, mais par le même groupe d'orages qui se succèdent ou se relaiejit progressivement.

Pendant l'été, et sur le trajet du courant éqiiatorial, le plus faible mouvement tournant peut faire naître des orages sur la partie méridionale de son disque tournant, et les semer tout le long de son parcours. Plus on avance dans la saison froide, plus ce mouvement tournant doit être intense pour provoquer de véritables orales.

Mais si les grandes manifestations électriques sont ainsi provoquées par les bourrasi|ues tournantes de I air dont le diamètre dopasse plusieurs centaiiies de lieues, elles peuvent aussi provoquer elles-mêmes des girations plus circonscrites et dont l'énergie atteint quelquefois des proportions redoutables. Ce sont les tromlies qui dévastent le sol sur de longues bandes généralement très étroites. Le mouvement de giraiion,de tourbillonnement, qui caractérise tous les troubles de l'atmosphère, étroits ou étendus, énergiques ou faibles, est la conséquence directe du mouvement de rotation de la terre sur elle-même, ce qui produit leur généralité d'aspect et aggrave leurs effets comme leur durée totale. C'est en même temps aux circonstances de leur formation et de leur propagation que nous devons la possibilité de les prévoir et de prévenir de leur arrivée.

lirèie. — La grêle est un des fléaux les plus redoutables des orages. Son mode de formation est très obscur et très controversé. Pendant longtemps on admit avec Volta qu'elle prenait naissance entre deux couches de nuages supprposés, électrisés en sens contraire et donnant lieu à un va-et-vient rapide, de l'un à 1 autre, des grêlons qui pouvaient ainsi grossir par dépots successifs et acquérir des poids souvent considérables. Mais des grêles redoutables se produisent même quand il n'existe qu'une seule couche de nuages.

Par contre, il n'est pas de grêles qui ne soient accompagnées d'une violente agitation de la masse nuagHUSe, et trè? souvent elles marchent avec de véritables trombes dont l'axe de rotation descend jusqu'à la surface du sol. Il est probable que ces trombes existent dans la région nuageuse alors même qu'elles ne se font pas sentir jusqu'à nous. Ces trombes, qui se produisent surtout (|uand la température décroît rapidement dans le sens de la hauleur, ont pour effet de mélanger brusquement des massHs d'air d'inégales températures: d'accroître encore le froid par la raréfaction de l'air dans l'axe du tourbillon; de brasser violemment les grains de neige, de grésil, de grêle, de les entrecliO(|uer et de b'S souder les uns aux autres. Ce sont les chocs des grêlons les uns contre les autres qui produisent le bruit caractéristique qui précède les nuages à grêle, et tous les observateurs qui se sont accidentellement trouvés au milieu de ces nuages ont été témoins de la vio lente agitation produite eu eux et dont l'apparence est encore visible à de grandes distances. Les grêlons croissent par dépots successifs d'eau congelée à leur surface et par soudures de plusieurs grêlons en un seul.

Fréqueniy; des mayi's. — Très fréquents et même quntidiens dans les régions intertropicales, pendant la saison des pluies, ils sont rares dans les régions des alizés; ils reparaissent en dehors des tro|)iques, et leur nombre annuel décroît progressivement à mesure qu'on s'approche des pèles. Voici le tableau des nom lires moyens des orages annuels dans diverses localités du globe :

Sombre dejouv~ d'orage en année moyenne.

r.nlcutla 00 Padoue I7,î

Ilio Janeiro .'iO,6 Strasbourg 17

Marvland /,.! Toulouse 15,4

Martinique 39 Utrcthl 15

Abvssinie 38 Pari? 13, G

Guadeloupe 37 Leyde 1-2,5

Viviers (Ardèrhe) 34.7 Athènes il

Québec (Canada) 23,3 Polpéro(r.ornouaillcs). i»

Buenos Ayres 22,5 Pétersbourg 9,t

Denainvilliers (Loiret:. 20,6 Londres 8.3

Smvrne 19, Pékin 5,8

Berlin 18,3 Le Caire .3. S

[Marié-Davy.] Hygiène, IV. — Toutes les actions chimiques, mécaniques et vitales qui se passent dans l'intérieur de la terre, à sa surface et dans l'atmosphère, donnent lieu à des dégagements d'électricité. Nous sommes donc constamment soumis à l'influence de cet agent. Cette influence est encore peu connue. Elle se manifeste principalement lorsqu'il survient une perturbation dans les phénomènes ordinaires.

L'instrument appelé élecliosi'ope * permet de constater, môme dans les temps les plus calmes, la présence de l'électricité dans l'atmosphère : au point de vue de l'hygiène, on pourrait la considérer comme un de ses éléments constitutifs^ Cette électricité, comme celle des nuages, est ordinairement pofitice, tandis que le sol est électrisé nég'ilivement.

Notre corps, en contact avec le sol, sert d& londucteur par lequel les deux électricités se recomposent. Nous n'avons pas conscience de ce passage continuel du courant électrique à travers nos organes, lorsque l'énergie vitale est asser forte pour dominer les causes légèn-s de perturbaiion. Mais dans certains états de faiblesse, do langueur, et dans quelques maladies nerveuses, nous devenons de beaucoup plus impressionnables, et des changements presque insignifiants, dans le mineu où nous vivons causent toute une série de troubles variables, selon les individus.

On ne peut nier l'influence des temps orageux sur l'organisme : mais pour apprécier la part de l'électricité il faudrait expérimenter en dehors des conditions ordinaires L'orage se complique toujours de changements dans la pesanteur de l'air, dans la température, la direction des vents, le de;;ré d'humidité, etc., de sorte que les conséquences des temps orageux sont la résultante de tous ces éléments combinés avec les variations électriques. Pour Ihygiéniste, l'orage ou le temps orageux consiste donc en un certain nombre de perturbations du milieu qui réagi-sent les unes sur les autres et impressionnent l'organisme humain.

Sous l'influence des orages, les personnes malades, nerveuses, éprouvent du malaise, de l'agita tien, des douleurs dans la tête ou les articulations. Les rhumatisants, les névralgiques, sentent revenir d'anciennes douleurs ou augmenter celles dont ils souffraient. La respiration devient difficile pour les malades atteints de certaines affections des poumons ou du cœur. L'exaceibalion des accidents morbides amène prématurément une crise fatale chez des malades qui auraient pu vivre encore quelque temps.

Malheureusement nous sommes impuissants contre ces perturbations atmosphériques qui modifient et souvent compiomettent notre santé. Il n'y a aucun moyen pratique de se soustraire à l'influence des temps orageux, dpendant nous pouvons beaucoup, par l'hygiène, pour nous prémunir. Rarement les gens sains, robustes, habitués à la vie en plein air et menant une vie régulière, ressentent les effets des orages. Par conséquent, tout ce qui contribue à préserver de l'étiolemeiit, du ttenushme, devient un moyen de se

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préserver aussi des influences dépressives des temps orageux. Contre l'orage nous ne pouvons rien ; nous pouvons beaucoup pour nous rendre insensibles à ses efTots.

La fouilie consiste dans la recomposition instantanée de deux excès d'électricités contraires soit entre deux nuages, soit entre un nuage et la terre. C'est une étincelle électrique semblable à celle que produisent noS appareils de physique, mais de dimensions infiniment plus considérables. Comme le fluide électrique parcourt l'atmosplière plus viie que la lumière, l'individu foudroyé est frappé avant môme d'avoir vu l'éclair. Quant au tonnerre, ce n'est que le bruit incffensif produit par un mouvement subit de l'air, répercuté par les nuages, la terre, les édifices, les forêts.

Rien de plus variable que les effets du foudroiement. Quelquefois la personne atteinte en est quitte pour une commotion plus ou moins ^ forte; souvent le choc seul suffit pour tuer instantanément. On a vu des gens foudroyés conserver l'attitude, le geste dans lequel la mort les a surpris. On peut être tué par la foudre sans en être touché; il suffit de se trouver à peu de distance de son traj t : on succombe alors à l'asphyxie, ou it ce que l'on appelle choc en retour qui produit une conimoliiin analogue îi celle de la foudre.

Dans quelques cas la foudre ne laisse aucune trace, mais le plus souvent on observe sur le cadavre des brûlures ou des plaies, les vêtements sont brûlés, lacérés, dispersés. Les personnes foudroyées restent d'ordinaire affligées de quebjue infirmité : céciié, surdité, paralysie.

L'éclair est le plus souvent dirigé des nuages vers la terre, mais on a vu des gens frappés par un éclair ascendant, qui entraînait au sommet d'un arbre ou d'un édifice des parties de leurs vêtements.

. L'usage de sonner les cloches poitr écarter l'orage n'a pas encore disparu de nos campagnes. Il importe donc de détruin^ ce vieux préjugé qui a causé déjà bien des malheurs. L'ébranlement produit dans l'air par la cloche est sans doute négligeable, mais le métal est bon conducteur, il se trouve dans un lieu élevé où s'accumule l'électricité terrestre, et par conséquent dans les meilleures conditions pour attirer I électricité des nuages et produire une étincelle. De plus, la corde de la cloche, pour peu qu'elle soit mouillée ou humide, de>ient un bon conducteur et porte l'étincelle jusqu'au sonneur, qui tombe foudroyé. En Bretagne, vingt-quatre sonneurs ont été tués ainsi pendant la même nuit.

On prétend généralement qu'il est dangereux, pendant l'nragn, de courir à pied ou à cheval, de marcher contre le vent, de produire un courant d'air dans les maisons. Il y a un fond do vérité dans cette croyance populaire. La forme en zig-zag de l'éclair nous prouve i|ue l'électricité suit dans l'air les parties les meilleures conductrices. Or la moindre perturbation suffit pour créer des courants plus ou moins conducteurs qui viennent remplir le vide produit par un homme qui court, par un courant d'air, etc. Si faible que puisse être cette chance de danger, on fait bien de ne pas s'y exposer.

La foudre frappe de préférence les lieux et les objets élevés où s'accumule le fluide terrestre. On doit donc éviter leur voisinage. Le plus sûr est de rester tranquille en rase campagne, et d'éviter, en tout cas, l'abri des arbres ou des maisons un peu hautes. Rien ne justifie le préjugé populaire qui attribue k certains arbres, tels que le hêtre, le laurier, le bouleau, l'érable, une sorte d'immunité contre la foudre.

Les accumulations d'hommes et d'animaux, les clei)ôts de matières susceptibles de fermenter ou de dégager des vapeurs, produisent des courants

ascendants bons conducteurs de l'électricité, qui favorisent le passage de la foudre. Autant que possible il faut s'isoler pendant les orages, s'éloigner des groupes, des meules de foin et de paille, dont la forme conique et l'élévation favorise d'ailleurs l'accumulation du fluide terrestre.

Les vêtements do lin et de coton, surtout s'ils sont humides, conduisent assez bien l'électricité et deviennent dangereux pendant les orages. Ceux de laine et surtout de soie étant mauvais conducteurs peuvent préserver daus une certaine mesure.

Dans les maisons, la suie des cheminées, le tain des glaces, les dorures, les objets et ornements en métal étant bons conducteurs, constituent un voisinage dangereux pendant l'orage. Le mieux est de s'isoler auiant que possible des murs, et môme du sol. Pour cela, on pourrait interposer entre le corps et le sol un support mauvais conducteur, en soie ou en verre : le plus sûr serait de s'ntendre dans un hamac suspendu par des cordes de soie bien sèche; mais évidemment ces précautions sont peu pratiques et le plus souvent superflues.

On a essayé avec succès de combattre les orages en allumant sur tout un district des feux de paille, de broussailles, etc., distants de 80 à 100 mètres." Ce moyen mériterait d'être essayé en grand, car on lui attribue la préservation de la foudre et de la grêle.

Quant aux maisons, il n'y a qu'un moyen de les préserver, c'est de les surmonter d'un paratonnerre établi selon les règles de l'art et soigneusement e'itretcnu.

Les méfaits de la foudre sont incontestables, mais on a essayé de la réhabiliter par compensation, en prouvant qu'elle rend aussi de grands services : voici comment. Lorsqu'une étincelle électrique passe dans de l'oxygène, ce gaz acquiert une odeur et des propriétés spéciales, son pimvoir oxydant est singulièrement accru et il peut servir de désinfectant éner;;ique. Les premiers expérimentateurs qui s'occupèrent de ce phénomène crurent que l'étincelle électrique formait, dans l'oxygène, un corps nouveau qui fut appelé ozone. Le nom est resté, mais il s'agit simplement d'oxygène électrisé.

Il y a dans la nature plusieurs sources d'ozone. Vraisemblablement tout ce qui produit de l'électricité au contact de l'oxygène donne naissance k de l'oxygène électrisé. On constate toujours sa présence dans l'air. L'atmosplière des bois, principalement des bois d'essences résineuses, est riche en ozone, ainsi que l'atmosplière maritime. La foudre en produit rapidement de grandes quantités.

On a cru pouvoir attribuer k un excès d'ozone l'exacerbalion de quelques maladies catarrhaies, I mais le fait n'est pas prouvé, tandis qu'on peut raisonnablement supposer, avec le vulgaire, que les orages purifient l'air parce qu'ils accumulent en un point donné une quantité d'ozone capable d'oxyder et de rendre inoffensifs certains miasmes dangereux.

Il faut reconnaître, quant à présent, quo cet agent modifie le milieu, le rend plus stimulant, peut-être même le purifie, mais que son action, favorable aux personnes bien portantes ou simplement affaiblies, peut être irritante pour des sujets atteints de certaines affections II serait prématuré d'affirmer autre chose. [D' SalTray.J

onAlliUKS. — Littérature et style, IV. — Le mot orateur, dans son sens primitif et étymologique, orator en latin, rketor en grec, signifie Il celui qui piirle. » Il s'est appliqué d'abord à l'homme qui a pris la parole dans une assemblée, qui a harangué une foule, sans qii on attachât èi celte expression une idée d'habileté ou de talent. C'est encore en ce sens qu'aujourd'hui on désigna

ORATEURS

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par ce mot celui qui parle en public, bien ou mal, qu'il soit député, sénateur, membre d'un conseil municipal ou d'une réunion quelconque : « L'honorable orateur a dit ceci », n le précédent orateur pense cela. » Toutefois, dans son acception la plus étendue et la plus élevée, le ternie d'orateur sert à désigner celui qui possède un certain talent d'élocution, naturel ou acquis par le travail, qui sa sert ou qui est prêt à se servir habilement de la parole en toute occasion et qui arrive parfois à l'éloquence.

Oii rattache d'ordinaire l'idée d'éloquence à celle d'orateur. Cependant il n'existe pas entre elles une connexité nécessaire et constante. L'orateur vise à être éloquent, sans y réussir toujours. De môme, on peut être éloquejit sans être orateur. On a défini souvent l'éloquence le talent de persuader. Cette définition estincomplète:elle nedonne pasl'idéede cette llamme qui allume tout à coup les regards d'un homme, qui lui faittrouver des accentschaleureuxet émus, et qui communique à une foule la passion qu'il veut lui faire partager. L'éloquence est, pour ainsi dire, intermittente. Elle éclate à certains moments, et se soutient rarement dans toute la suite d'un discours. Elle existe parfois dans une phrase, dans un mot, dans un geste et peut se trouver même chez l'homme ignorant et grossier. Le vieux sanvage répondant aux Européens qui voulaient le chasser de soji pays natal : « Dirai-jo aux os de nos pères : levez-vous, et marchez devant nous vers une terre étrangère! » prononce une phrase éloquente. De même le centurion Virginias brandissant le couteau avec lequel il a frappé sa fille Virginie, et menaçant le décemvir Appius, trouve des accents éloquents pour exciter le peuple à la révolte. L'indignation et la douleur paternelle animèrent ce jour-là sa parole. Ou l'eût étonné en le saluant du nom d'orateur.

L'orateur, au contraire, s'est formé peu à peu par le travail et l'habitude k l'usage de la parole. L'étude et la réflexion lui ont appris à trouver les meilleurs arguments pour porter la conviction dans les esprits, à Irs disposer de la manière la plus favorable, ejifin à les présenter dans les termes les plus propres à persuader et à charmer ses auditeurs. S'il est réellement bien doué par la nature, il rencontrera au moment opportun l'inspiration qui doit rendre son langage vivant et animé, et l'enthousiasme qui conduit à l'éloquence.

De tout temps, il y a eu des hommes qui, sous l'empire d'une émotion puissante, ont prononcé un jour des mots ou même des discours éloquents. C'est aux époques seules de culture intellectuelle que l'on voit des orateurs. L'examen rapide que nous allons faire des temps et des hommes remarquables par leur talent oratoire confirmera la justesse de cette observation.

Orateurs anciens. 1° Grecs. — Le peuple grec, si heureusement doué parla nature, acompte de tout temps des hommes diserts et habiles à parler. Dans Ylliade et l'Odyssée d'Homère, toutes les affaires se décident en conseil après délibération. Ulysse et Nestor y occupent la première place, et font prévaloir leur avis par la persuasion. Cependant les Grecs eux-mêmes ne leur donnaient pas le nom d'orateurs. Ils ont réservé cette désignation aux personnages d'une époque bien postérieure, qui avaient perfectionné leurs dispositions naturelles par l'étude et la connaissance des règles de l'art oratoire, qui n'ont pas été éloquents une fois seulement, mais qui, dans toutes les circonstances où ils ont ou à, parler, l'ont fait avec méthode et avec habileté.

Périclès (né vers -iOi, mort en 429 avant notre ère) est le premier auquel les anciens s'accordèrent i donner le titre d'orateur. Il a longtemps gouverné, par l'ascendant de sa parole, la Répu-

blique démocratique d'Athènes. On vantait entre autres discours son oraison funèbre des soldats morts pendant la première année de la guerre du Péloponèse.

Il serait trop long d'énumérer ici tous les orateurs qui ont brillé en Grèce au v' et au iv« siècle avant notre ère ; nous nous bornerons à mentionner les noms des dix orateurs attiques que les grammairiens d' .Alexandrie ont compris dans ce qu'ils appellent le Canon des orateurs classi(jiies.

Antiphonde Rhamnonte en .\ttique (mort en 411) composa, le premier, des discours à prix d'argent pour les orateurs politiques et les plaideurs dans l'embarras. Il nous reste 15 discours de lui. — Andocide, né à Athènes en 4GS, a laissé 4 discours consacrés à ses propres afl'aires. — Lysias, né h Athènes en 4.i9, mort en :i79, avait composé 2-33 harangues dont il nous reste seulement 'ii consacrées h des causes judiciaires. — Isocrate ne prit jamais la parole en public. Ce fut le maître d'éloquence le plus renommé de toute la Grèce. Il écrivit des discours que d'autres devaient prononcer. Sur les 60 qu'on lui attribuait, 21 sont parvenus jusqu'à nous. Il était né en 4 16 et mourut en 338. — Isée, élève d'Isocrate et maître de Démosthène, a laissé 11 discours, qui sont tous relatifs à des affaires de succession. — Lycurgue, d'Athènes, né en 408,morten3"26, fut, au contraire, un orateur politique. On a, avec quelques fragments, un admirable discours de lui, une accusation dirigée contre Léocrate. — Hypéride, d'Athènes, mort en 3'.'2, prit une grande part, aux côtés de Démosthène, à la direction des affaires politiques d'Athènes, mais ses discours ont péri; il ne nous reste que des fragments de l'oraison funèbre qu'il prononça en l'honneur des guerriers morts dans la guerre contre Antipater. — Dinarque, né à Corinthe vers 360, s'établit de bonne heure à Athènes, où il devint le chef du parti macédonien. Il nous reste de lui trois discours d'accusation, dont le plus remarquable est celui qu'il prononça devant le peuple contre Démosthène, son adver- «aire politique.

Les plus célèbres de ces dix orateurs attiques sont les deux rivaux d'éloquence, Eschine et Démosthène. Eschine naquit à Cothoce en Attique en 393, et mourut à Samos en 314. Il n'avait écrit que les trois discours (|ue nous avons. Les anciens les nommaient les trois Grâces. Bien qu'il soutienne contre Oémosthène une cause funeste à sa patrie, celle du roi de Macédoine, on admire la grâce, l'abondance, le charme de sa parole. Toutefois il est inférieur à son rival, qu'on s'accorde à proclamer le premier des orateurs de l'antiquité.

Démosthène, né à Péanie en Attiqne en 385, mort en 322, est la personnification de l'éloquence grecque. Il prit part d'abord i dos luttes judiciaire» pour arracher les débris de sa fortune à des tuteurs infidèles. 11 écrivit ensuite des plaidoyers qui lui valurent beaucoup d'argent et commencèrent sa réputation. 11 aborda ensuite la tribune politique, après s'être proparé par de longs exercices. Il ne réussit pas d'abord, mais à force de persévérance, il parvint à vaincre sa timidité, et une sorte de bégaiement qui gênait sa parole. Il se fit le champion de la liberté de son pays, et essaya de lutter contre l'influence et les intrigues de Philippe, roi de .Macédoine. Celui-ci, rendant justice à son adversaire, déclarait qu'il redoutait plus un discours de Démosllione (jne toutes les armées grecques réunies. 11 nous reste de lui 61 discours dont 3(1 sont consacrés à des causes judiciaires. Les 31 autres sont relatifs à des affaires publiques et ont été prononcés, soitdevant l'assemblée du peuple, soit devant les tribunaux appelés à juger les causes politiques. Les plus célèbres soiit les 1 1 harangues connues sous le nom de

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— imi —

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Phllippiques et dirigées contre le roi de Macédoine. Mais le: chef-d'œuvre de l'éloquence de Démosthène est le plaidoyer désigné sous le nom de Discourspour la couroiinn. Un ami de Démosthène, Ctcsiphon, avait proposé de décerner à Démosthène une couronne d'or en récompense des services rendus par lui i Athènes. Eschine accusa Ctésiplion d'avoir proposé une mesure illégale, et attaqua la conduite politique de Démosthène. Celui-ci défendit Ctésiphon et justifia sa propre conduite par une longue harangue, que Cicéron traduisait pour se former h. l'éloquence, et pour laquelle on a épuisé toutes les formules d'éloges et d'admiration. Eschine, vaincu dans ce débat, fut obligé de s'exiler d'Athènes.

Avec Démosthène périt la liberté de la Grèce. 11 n'y eut plus après lui, sauf son contemporain Démétrius de Phalère, que des avocats aussi obscurs que les causes qu'ils plaidaient.

2° Lcdina. — A Rome, tant que dura la République, la parole fut toute-puissante au Sénat et devant l'assemblée du peuple. Il y eut dès l'origine des hommes éloquents. Nul doute que Brutus, le vengeur de la chaste Lucrèce, n'ait atteint la véritable éloquence en excitant les Romains à chasser les ïarquins de leur ville. Ménénius Agrippa, qui apaisa une sédition en racontant au peuple retiré sur le Mont Sacré l'ingénieuN apologue des membres et de l'estomac, dut être aussi un haran gueur habile. Toutefois lalangue latine, longtemps rude et presque barbare, se prêtait difficilement k la grande éloquence. La tradition d'ailleurs interdisait l'emploi de l'art oratoire dans les discussions du Sénat ; d'un autre coté, les harangues agressives que les tribuns du peuple adressaient à la multitude ne visaient ni à l'élévation du sentiment ni Jl la beauté de la forme. Aussi Cicéron, qui s'est fait l'historien de l'éloquence romaine, ne compte de véritables orateurs qu'à une époque relativement récente.

Parmi eux, il place le premi'r Scipion Africain, le vainqueur d'Annibal (né vers 235, mort IS4 av. J.-C.) qui, accusé de concussion par les tribuns, dédaigna do se défendre, et ejitraîna la foule derrière lui au Capitole pour rendre grâces au \ dieux de la victoire de Zaïna. Caton l'Ancien ou le Censeur (23-5-149), outre les nombreux ouvrages qu'il avaitcomposés, avait laissécent cinquante discours que Cicéron connaissait et dont il nous reste de nombreux fragments. Son éloquence était pleine de véhémence, de douceur, et mêlée de bonhomie. Cicéron ne craint pas de la comparer à celle de l'orateur attique Lysias.

Après Caton, le second Scipion Africain, qui détruisit Carthage et mourut en r.'9, se distingua par une éloquence simple et énergique. Les deux Gracques, Tibérius Gracchus (mort en 133) et son frère Caius Gracchus (mort en 121), furent des tribuns ardents et passionnés dont la parole généreuse excitait plus tard l'admiration de Cicéron. Mais ils ne nous sont connus que par des fragments insuffisants. Nous n'avons rien ou presque rien de l'orateur Marcus Antonius, né l'an 143, mort l'an 87, de Licinus Crassus (140-91). de Q. Hortensius, le rival de Cicéron (115-5U avant notre ère). Nous savons seulement par le témoignage de Cicéron lui-même qu'ils avaient un grand talent de parole, et qu'ils', ont été les orateurs les plus éloquents de l'époque qui l'a précédé.

Cicéron, le plus grand orateur romain (né à Arpinuin, l'an lOU.mort en 43av. J.-C), nous est connu coinme écrivain par ses nombreux ouvrages do rhétorique, de philosophie, par sa correspondance volumineuse, et comme orateur par cinquante-six discours qui nous dévoilent sous toutes ses faces son admirable éloquence. Il se fit d'abord connaître au barreau, par ses plaidoyers, surtout par

ceux qu'il écrivit contre Verres, le magistrat prévaricateur de Sicile, et qu'on nomme les Verrincs. Consul, il démasqua et combattit la conspiration de Catilina par ses quatre Catilinaires. Enfin, après la mort de César, il prononça, comme sénateur, quatorze harangues principalement dirigées contre Antoine, et qu'on a appelées P/iilippignes par une allusion glorieuse aux discours composés par Démosthène contre le roi de Macédoine. Il n'est pas possible d'avoir plus d'an, d'abondance, d'esprit, de souplesse que n'en montre Cicéron dans ses œuvres oratoires. Aussi a-t-il exercé une grande influence sur la littérature romaine tout entière. Son nom est devenu, même pour les modernes, synonyme d'éloquence. On l'a souvent comparé et presque toujours préféré à Démosthène. Fénelon seul, au xvii' siècle, mettait Démosthène au-dessus de lui. Les modernes, plus sensibles àla valeur des idées qu'au charme du style, semblent s'accorder à. mettre en première ligne Dcmosthcne « à qui on ne pourrait rien retrancher, o et à placer après lui Cicéron, « à qui on ne pourrait rien ajouter, o Aussi, contrairement à l'opinion ancienne qui admirait surtout les Verrinrs et les Catilinaires. plus abondantes et plus fleuries, on leur préfère aujourd'hui les Philippiques de Cicéron, moins ornées, où la préoccupation de l'homme politique lui fait oublier plus souvent les artifices et les règles de l'art oratoire.

Avec Cicéron finit l'éloquence politique à Rome, comme elle avait fini en Grèce avec Démosthène. Sous l'empire, il n'y eut plus que des avocats et des rhéteurs. On cite, au i"' siècle de notre ère, Quintili(>ii, Pline le Jeune. Pui^, bien que l'éloquence soit cultivée avec passion en Italie, en Espagne, en Gaule, on ne voit plus surgir de nom vraiment remarquable. De nombreux orateurs plaident des causes sans gloire, ou composent des panégyriques sans conviction, où la médiocrité des idées n'a d'égale que la faiblesse du style.

Ei.oijCENCE si-CKÉE. Eglise grecque. — Cependant, avec le christianisme, un nouveau genre d'éloquence, l'éloquence sacrée, s'était introduit dans le monde romain. On comprend sous ce nom les sermons prononcés par les prêtres et les évêques.les homélies, sermon d'un genre plus familier et plus simple, les panégyriques des saints, et les oraisons funèbres des membres de l'Eglise. Les principaux orateurs de l'Eglise grecque sont saint Athanase, évoque d'Alexandrie (29ii-313) ; saint Grégoire de Nazianze (3-.'8-3s9), archevêque de Constantinople dont il nous reste, entre autres œuvres, cin(|uanle sermons; saint Grégoire de Nysse. né h Sébaste vers 33(i, mort vi-rs 400, auteur de nombreux sermons ; saint Basile, frère du précédent, né vers 'i'id k Césarée en Cappadoce, mort en 37», qui a laissé des sermons remarquables par l'élévation du style et la largeur des idées; saint Jean Chrysoslome, ou «bouche d'or», dont le nom seul suffit à caractériser l'éloquence. Il naquit à Antioche vers 344, fut patriarche de Constantinople, et mourut en exil en 407. Il a laissé un grand nombre d'homélies, de discours et de panégyriques qui étincellent de beautés, malgré l'époque de décadence littéraire à laquelle ils appartiennent.

ICgli^e latine. —L'Eglise latine compte un moins grand nombre d'orateurs sacrés que l'Eglise grecque. En ellct, la barbarie corrompit plus vite la langue latine. En outre, les prêtres ont affaire à des auditeurs plus grossiers, plus ignorants, qui comprennent à peine la langue qu'on leur parle et les enseignements religieux qu'on leur donne. On cite cependant : saint Hilaire de Poitiers, né vers 300, mort vers 307 ; saint Jérôme caractérisait son éloquence impétueuse en appelant Hilaire le Moise de l'éloquence /«(mi? ; saint Ambroise, évoque de Milan (340-397). auteur de sermons et do

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ORATEURS

traités qui font autorité dans l'Eglise; saint Jérôme, né vers l'an 3.0 à Siridoii dans la Dalnialie, mnri en 4'.'0, connu surtout par la traduction latine qu'il fit de la Bible et qu'on nomme la Viilgate; saint Paulin, évoque de Noie, né à Bordeaux en 3ô3, mort en 431, sermonnaire et poète très remarquable ; enfin saint Augustin, le plus éminent des pères d.;l'Eglise latine, né en 351 à Tagaste en Numidie, mort évoque d'Hippone en 430; ses Cuiife^sions si célèbres, de même que ses nombreux écrits théologiques, no doivent pas faire oublier qu'il a été l'orateur le plus éloquent de son temps; toutefois son stjle, par l'affectation et les ornements de mauvais goût, iraljit une époque de décadence et de barbarie.

Oratcl'bs MonERXES. — Nous n'avons pas eu lieu de partager en classes distinctes les orateurs anciens. Le même liomme d'ordinaire brillait à la fois au barreau et à la tribune poliiique. Il n'en est pas toujours ainsi chez les modernes. Tel avocat illusire n'a jamais abordé la politique. Tel orateur éminent de la Chambre des députés n'a jamais plaidé de cause au Palais de justice. ÎVous partagerons donc ici les orateurs en trois grandes classes : 1° les orateurs sacrés. 2" les orateurs judiciaires, 3° les orateurs politiques. Nous dirons ensuite quelques mois de l'éloquence académique et de l'éloiuence militaire.

1° Orateurs sacrc's. — L'éloquence n'a pas manqué aux orateurs sacrés du moyen-âge, malgré la barbarie et l'ignorance des temps où ils vivaient : il suffit de citer, avec Pierre l'Ermite, qui prêche la première croisade en lOyS, saint Bernard, né à Fontaine en 10:»l,mort en 11.3; saint Thomas Becket de Cantorbéry. 1119-ino ; saint Thomas d'Aquin, 12-2:-l27i; Gerson, né près de Rethel. en 13(i3, mort en I4'29, .'iqui on atiribue Vhnilaiion de Jésits-Clirist. Les temps orageux de la Ligue, au XVI' siècle, ont vu de nombreux orateurs, mais qui avaient plus de passion que de charité chrétienne et d'éloquence.

Le premier grand orateur digne de ce nom est saint François de Sales, né en I-6Î en Savoie, mort en lt>.;2. L'an li.iri il prêcha le Carême dans la chapelle du Louvre avec tant de succès qu'Henri IV voulut le retenir et le fixer en France. On vante encore Jean de Lingendes (1j'.15-1GG6), aumônier de Louis XIU et auteur de sermons et d'oraisons funèbres estimés.

Mais tous les noms dos orateurs sacrés pâlissent devant les grands hommes nui illustrèrent le iviie siècle, si fécond en génies de toute sorte.

Bourdaloue, né à Bourges (16.2-1704), commença à prêcher à Paris en !■ 6». Il y obtint un succès si éclatant qu'il futchargé dix ans do suite de prêcher l'Avent ou le Carême de\ani Louis .\IV et toute la cour. On goûtait surtout les portraits et les peintures morales qu'il traçait dans ses sermons; il en reste un grand nombre.

Bossuet, no à Dijon (Iti27-n(l4), fut surtout célèbre au xvii" siècle par les oraisons funèbres qu'il a prononcées. Les trois plus remarquables sont celles de la reine d Angleterre, de la duchesse d'Orléans, et du prince de Condé. On appréciait moins ses sermons qui, du reste, n'étaient pas imprimés. Aujourd'hui qu'ils ont été publiés, on les trouve aussi remarquables que ses oraisons funèbres, et un met Bossuet comme sermonnaire au-dessus même de Bourdaloue

Flécliier, évêque de Nimes, né près d'Avignon en 1632, mort en i;iO, se fit connaître par des «çrmons qui eurent beaucoup de succès, avant de composer des oraisons funèbres. La plus belle de ses oraisons, celle de Turenne, atteint souvent l'éloquence, bien qu'on reproche à l'auteur un style trop fleuri, et un abus des antithèses qui finit par fatiguer. Il aécnt aussi des panéfjyriques des saints, qui ne sont pas exempts des mêmes défauts.

Mascaron, évêque de Tulle, né en 1634 à Marseille, mort en l70l, prêcha devant Louis XIV l'Avent de I6G6 et le Carême de lOU'.t. Il étHit très goûté du roi malgré la hardiesse de sa parole. Il a composé plusieurs oraisons funèbres, entre autres celle d'Henriette- d'Angleterre, duchesse d'Orléans, où il eut à lutter contre le souvenir de celle de Bossuet, et l'oraison funèbre de Turenne, où il égala, s'il ne dépassa pas l'oraison de Flécliier. Son style est véhément et plein d'imag''S, mais il n'évite pas toujours la subtilité et l'enflure.

Fénelon, archevêque de Cambrai, né au château de Fénelon dans le Querry en 16 >l, mort en 171Ô, a composé beaucoup d'ouvrages pour l'éducation du duc de Bourgogne, petit-fils de Louis XIV, entre autres le Téi.''ninqne. Il se livra toute sa vie à la prédication et y obtint par l'onction et la douce chaleur de sa parole les plus grands succès. Toutefois il écrivait rarement ses discours, et ceux qui nous restent nous donnetitunc faible idée de son éloquence abondante, familière et persuasive.

Massillon, évêque de Clermont, né à Hyères en 1663, mort en 1762, écrivait, au contraire, ses sermons avant de les prononcer. Il en a laissé plus de cent. Les plus célèbres sont ceux du Petit €<•le'ine, ainsi appelés parce qu'ils furent prêches pendant le Carême de 1717 devant le jeune roi Louis \V ; le sermon sur l'aumône et celui sur lu petit nombre rfe. élus sont les plus remarquables par leur éloquence. Il prononça aussi l'oraison funèbre de Louis XIV, qui offre de très grandes beautés.

Après lui, l'éloquence sacrée n'offre plus au xviii" siècle que des noms secondaires, malgré la réputation du sermon sur l'Ecernité, prononcé i Saint-Sulpice par le père Bridaiiie (17 11-176"), et les 2.i6 missions que cet infatigable prédicateur prêcha dans toute la France. Le cardinal Maury, né près d'Avignon en 146, mort en ISI7, a composé un Essai sur l'éloquence de la chaire, des panégyriques et des sermons écrits dans une langue correcte et facile, mais d'une éloquence moyenne.

Le XIX' siècle a compté beaucoup de prédicateurs élégants et estimables. Deux seulement ont montré un véritable talent, le père Ravignan, tié à Bayonne en l';93, mort en ls58, et le père Lacordaire, né dans la Côte-d'Or en 1802, mort en

Les prédicateurs protestants les plus célèbres sont, en Allemagne, Luther, né en liS3, mor^ en l.')4H ; Mélanchthon, son disciple, né en 14'i7 dans le Bas-Palatinat, mort en 15fin. Calvin, né à Noyon en Picardie en i.'.09,mort àGenèveen 564, a composé beaucoup d'écrits, et prononcé des sermons remarquables. En Angleterre, Sterne, né en 1713, mort en 1768, s'était fait connaître par des sermons avant d'écrire le Voijngi- ■■enti-i'ental ; on vante beaucoup aussi les sermons de Hugues Blair, né en 1718 à Edimbourg, mort en ISOO; ils ont été traduits en français.

2° Orateur^ judiciaires. — L'éloquence judiciaire ne remonte pas en France au deli du règne de Louis XIV. Avant le progrès du gnùt amené par les chefs d'œuvre de la littérature du xvii' siècle, les avocats parlaient une langue barbare, héri-sée de termes de droit et de citations latines. Ceux qui eurent le plus de renommée sous Louis XiV se ressentent encore des défanis de leurs prédécesseurs, et ont une éloquence lourde et souvent pédantesque. Tels sont Olivier Patru, né à Paris en 1604, mort en 1681; Lemaislre, né à Paris en 1608, mort en 1658 ; Orner Talon, né à Saint-Quentin en l.i9i, mort en I6:i2; l'avocat général Denis , Talon, né en 1628, mort en 169s.

L'avocat Cochin, né à Paris en 1687, mort en I 1747, ouvre brillamtnent le xvin' siècle, et mar-

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<jue un progrès réel sur ses devanciers. Il brillait surtout dans l'improvisation ; aussi les plaidoyers qui nous restent de lui paraissent-ils inférieurs à sa réputation. Gerbier, né i Rennes en 172."), mort «n n«8, surnommé l'aigle 'lu bat-renu, a peu écrit. Ceux qui l'ont entendu ont fait le plus grand éloge <ie SCS discours.

La Chalotais, procureur-général au parlement de Bret.igne, né à Ucnnes en 1701, mort en 1785, sn fit connaître par ses écrits contre les jésuites, et par les mémoires justificatifs qu'il écrivit pendant sa longue détention au château de Saint- Malo. Ces mémoires ont de l'éloquence et oflrent un vif intérêt.

On cite encore avec éloges Servan, né à Romans en 1737, mort en 1807 : son discours sur la justice criminelle exciia en 17(;fi le plus grand enthousiasme. Le président Dupaty, né à la Rochelle en 1744, mort en i;sS,est moins connu par ses dis- £ourSj qui sont excellents, que par ses Lettres sur l'ItiUie, ouvrage superficiel et ampoulé. Lally-Tollendal, né h Paris en 1751, mort en 18;10, est célèbre par les mémoires qu'il écrivit pour obtenir la réhabilitation de son père, moit sur l'échafaud en nCG, et par le plaidoyer qu'il composa pour Louis XVI; Malo^herbes, né i Paris en 1721, mort en l79i, s'illustra surtout par le touchant plaidoyer qu'il prononça à 72 ans pour Louis XVI dont il avait été ministre.

Portails, né en Provence en 1745, mort en 1807, 6st moins comui par les éloquents discours qu'il prononça contre Beaumarchais et Mirabeau, que par la part importante qu'il prit à la rédaction du Code civil. H eut pour principal collaborateur Tronchet, né à Paris en 1726, mort en 18u6, qui fut aussi un orateur distingué.

Dans le xix* siècle, les plus célèbres orateurs judiciaires sont Lacuée, né à Bordeaux en nt>7, mort en 182.i ; Borryer, né à Paris en 17!I0, mort en 18G8, le défenseur du maréchal Ney, l'orateur du parti légitimiste, et aussi célèbre par ses discours politiques que par ses plaidoyers; Dupin aîné, né à Varzy eu 1783, mort en lS(i5, célèbre comme jurisconsulte et comme personnage politique; Chaix d'Ëst-.\nge, né à Reims en IHOO, avocat habile, fécond en ressources, mais qui n'obtint pas, comme orateur poliiiiiue, les succès qu'il -avait mérités comme avocat.

Le barreau compte de nos jours un grand nombre d'avocats éniinents, mais leurs noms n'appartiennent pas encore à l'histoire. .

Les avocats les plus distingués de l'Angleterre contemporaine furent O'Connell, le célèbre agitateur irlandais, né en 177.5, mort en 1847, qui débuta d'abord au barreau et y eut les plus grands succès avant d'- se lancer dans la politique ; et Lord tirou- .gham, né en 1)78 àEdinbourg, mort à Cannes ou 1868. Ses succès au barreau le firent nommer de bonne heure membre du Parlement. La cause la iplus célèbre qu'il ait plaidée est celle de la reine Caroline, accusée d'adultère par le roi d'Angleterre Georges IV.

3° Orateur X puh tiques . — Malgrél'éloquence dont Robert Miron, prévôt des marchands de Paris -{mort en lli41), fit preuve aux Etais généraux de iol4. malgré quelques orateurs dont la parole retentit avec éclat dans des circonstances semblables, l'éloquence politique ne date réellement en France que de la révolution de 178'.). Fénelon en indi(|nait la raison dès I7l5. « Chez nous, toutes les affaires publiques, dit-il, se décident en secret dans le cabniel des princes ou dans quelque négociation particulière : aussi notre nation n'est point .excitée à faire les mêmes efforts (|ue les Grecs pour dominer par la parole. L'usage public de l'éloquence est maintenant presque borné aux jirédicateurs et aux avocats ».

Le premier et l'un des plus grands de nos ora-

teurs politiques est le fameux Mirabeau (Gabrie Honoré de llic|uetti, comte do), né au Bignon près do Nemours Cil 17 i9, mort en 17'JI.'i'out le monde connaît les paroles éloquentes qu'il répondit h. IVl. do Dreux-Brezé : » Allez dire à votre maître que nous sommes ici par la volonté du peuple et que nous n'en sortirons que par la force des baïonnettes «.Cependant ses plus beaux discours, même celui conirn la lianqueroule, perdent à la lecture. Ils devaient, en effet, une grande partie de leur valeur à la voix sonore de Mirabeau, b. son geste véhément, h ses accents passionnés.

A côté de Mirabeau se placent son adversaire l'abbé Maury, que nous avons déjJi nommé; Barnave, né à Grenoble en 1701, mort en li'J2, dont le plus éloquent discours e-t celui qu'il prononça devant le tribunal révolutionnaire; Cazalès, né dans la Haute-Garonne ; I752-I8U.'>) ; Meunier, né à Grenoble, |758-I8n6; Malouet, né à Riom en 1740, mort en 1814. Ensuite vinrent les orateurs connus sous le nom de Girondins : Vergniaud, le plus éloquent, né à Limoges en 1759, mort en ITiiS ; sa parole, moins ardente et moins passionnée que celle de Mirabeau, avait plus de finesse et de pénétration ; Guadet, né à Saint-Kmilion en 1758, mort en 1793; Gensonné, né à Bordeaux en 1758, mort en 1793; Brissot, né à Warville, près de Chartres en 1754, mort en 1793; Isnard, né à Grasse en 1751, mort en 1k3U; Louvet, né à Paris on 1764, mort en 1797.

Quelques-uns des adversaires des Girondins, Danton, né à Arcis-sur-Aube (i7i9-l794), Robespierre, né à Arras {1759-17:'4), et Saint-Just, né à Decize {I76M-I791), avaient aussi un grand talent de parole.

Sous l'Empire, il n'y eut plus de tribune politique. Avec la Restauration, l'éloquence ri parut dans nos assemblées délibérantes. Les orateurs qui y montrèrent le plus de talent furent : le général Foy, né ù. Ham en 1775, mort en 1825, qui déploya à la tribune une éloquence remarquable, et la mit au service de la liberté et des principes consiitulionnels; de Martignac, né SiBordeaux en 1776, mort en 1832, qui aurait sauvé la Restauration sans le ministère Polignac ; Benjamin Constant, né à Lausanne en 17B7, mort en 1830, chef de l'opposition au gouvernement de Charles X; Royer-Cbllard, né a Sonipuis, dans la Marne, en 176i, mort en 184.i, qui prononça des discours admirables, notamment contro la loi d'ainesse et la lui du sacriièye. ot obtint une telle popularité qu'en 1827 sept collèges électoraux l'envoyèrent spontanément à la Chambre des dépuiés.

Le gouvernement de Louis-Pliilippe a compté aussi un grand nombre d'orateurs éminents qui ont illustré la tribune française. Il suffira de citer: Casimir Périer, né i Grenoble en 17; 7, mort en 1832, qui montra autant de talent comme orateur que de décision et de fermeté comme ministre; Guizot, né ft Nîmes en 1787, mort en 1874, dont la parole élevée et hautaine sut maintenir une majorité trop docile, pendant son long ministère de Ik40 à 1848; Borryer déjà nommé parmi les orateurs judiciaires; enfin Lamartine, né à Màcon en 17;iO, mort en 1869. La révolution de I8:i0 avait décidé le poète à entrer dans la politique. Son rôle devint des plus actifs vers la fin du règne de Louis-Philippe. Membre de l'opposition, il contribua à amener la révolution de IS48 et fut nommé au 2i février membre du gouvernement provisoires Ses plus beau.x discours politiques datent de cette époque.

Ledrii-RoHin, né à Paris en 1807, se fit connaître d'abord sous le règne de Louis-Philippe par l'opposition ardente qu'il fil h son gouvernement. Organe du parti républicain, il enllanimait par sa parole les passions populaires. Il contribua.

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