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ORCHIDÉES

avec Lamartine à préparer la révolution de 1848. Mais ses qualités d'administrateur, de politique, d'iiomme de gouvernement furent loin de répondre i son talent d'orateur.

Tliiers, né à Marseille en 1797, mort en 1877, a dans sa longue existence montré les plus rares et les plus grandes qualités d'orateur politique. Journaliste, il attaqua avec vivacité le gouvernement de Charles X, et signale premier la protestation contre les ordonnances de 1830. Ministre de Louis-Philippe ou membre de l'opposition de 183ii à 1848, il ne cessa de prendre la parole sur les questions les plus importantes. Rappelé au Corps législatif sous l'Empire, il y prononça son fameux discours sur Ipx iiOcrtcs 7iéce.'.-saires, qui eut un si long et si durable retentissement. Enfin on connaît le rùle parlementaire qu'il a joué depuis IS'^O jusqu'à sa mort. Son testament politique fut la lettre qu'il adressait, après le coup d'État du IC mai 1876, aux électeurs de son quartier, et que la France entière lut avec admiration. Sa veuve publie aujourd'hui les discours de son illustre époux. Ce qui caractérise l'éloquence de Thiers, c'est sa force de persuasion. Sa parole simple, claire, limpide, son art d'élucider les questions les plus obscures, gagne peu à peu les auditeurs. Les convictions des plus opiniâtres sont déjà ébranlées, lorsque quelques accents élevés et patriotiques achèvent de les entraîner.

En Angleterre, l'éloquence politique date du xvjii" siècle et a offert d'éclatants modèles à nos orateurs delà Révolution. Les plus célèbres sont: lord Chatham, né en 1708 à Westminster, mort en 1778; son plus beau discours est celui qu'il prononça, presque mourant, dans le Parlement anglais pours'opposer à ce que l'Angleterre reconniit l'indépendance des États-Unis ; son fils William Pitt, né en 1759, ministre à vingt-trois ans, .mort en 1806, qui fut l'ennemi acharné de la France pendant la Révolution, et ne cessa de diriger par sa parole un Parlement indocile et las des défaites répétées essuyées par l'Angleterre pendant les guerres de la République; Fox, né à Londres en 1749, mort en 18in, qu'on a surnommé le Dcmosthène de l'Angleterre: il fut l'adversaire et le successeur de Pitt ; liurke, né à Dublin en nSO, mort en 1707, qui se distingua surtout par ses Violentes attaques contre la Réuolution française.

Les orateurs anglais de notre époque sont inférieurs en général .'i leurs devanciers. La parole règne toujours dans les deux Chambres. Mais les orateurs, ce qui vaut peut-être mieux, s'attachent surtout à parler en hommes d'affaires ; leur langage est simple, juste, quoique trop prolixe ; il n'a pas l'envergui'e et les grands coups d'aile des orateurs du xviii" siècle.

i° Eloquence acarlémirjue.—'Est-'ûbienutUe,apTès ces grands genres d'éloquence, de parler de l'éloquence académique? On appelle de ce nom, dans les traités de rhétorique, le discours que chaque membre de l'Académie française prononce lorsqu'il vient s'y asseoir pour la première fois, et le discours qu'on lui adresse en réponse. Cela ne constitue pas un genre bien étendu. On y comprend aussi les compositions littéraires mises au concours par l'Académie et dont la meilleure obtient une recompense. Mais il est rare que la même personne se livre plusieurs fois à ces compositions annuelles, réservées plutôt à des jeunes gens qui veulent se faire connaître. Par exception, lecélèbre ■i f"*^ Cî-î'-'-nsâ) concourut cinq fois au xvni" siècle et remporta cinq fois le prix d'éloquence, avant d'entrer à l'Académie française.

A l'éloquence académique appartiennent aussi les éloges des membres défunts composes par le secrétaire perpétuel de certaines académies. Deux hommes seuls, remarquables par leur longévité, ont eul'occasion d'en pronoiicerun graud nombre :

Fontenelle (1657-1757), comme secrétaire perpétuel' de l'Académie des sciences, et M. Mignet, né à Marseille en 1796, secrétaire de l'Académie des sciences morales et politiques. Les Éloges de M. Mignet sont des modèles d'élévation et de style.,

5° Éloquence niilUaire. — L'éloquence militaire aussi est un genre qu'on n'a pas souvent l'occasion de pratiquer. Elle comprend les harangues et les proclamations qu'un général adresse à ses soldats. Dans la réalité, elle se borne à quelques mots énergiques, et n'a pas les développements que les historiens anciens lui donnent par une fiction qui ne trompe personne. Cependant, on admire avec raison les proclamations que Napoléon I" adressait soit à l'armée, soit aux populations au milieu desquelles il se trouvait. Elles enflammaient ses soldats et étonnaient les peuples par leurgrandeur et leur éclat un peu déclamatoire. Les plus célèbres sont la premier.- proclamation à l'armée d'Italie, et les deux proclamations adresséesl'une aux populations de l'Egypte, après la bataille des Pyramides, et l'autre aux habitants de Vienne en Autriche après la bataille de Wagram.

[Victor Cucheval.]

ORCHIDEES. — Botanique, XXV. — Etym. :

Le mot Orchidées vient du nom du principal genre de cette famille, qui est le genre Orcliis, et le mot Orcliis est lui-même un mot grec qui signifiepliinte liulhettse.

Défitiilion. — Les Orchidées sont des plantes monocotylédones caractérisées par leur pollen aggloméré en grosses masses nommées poUinies, par leur embryon non différencié, par leur périanthe irrégulier et par leur androcée presque toujours réduit à une anthère.

Caractères botaniques- — La graine des orchidées se compose d'un tégument séminal membraneux formé d'un seul rang de grandes cellules, à parois généralement minces, plus rarement épaissies sur leur face profonde, comme dans la vanille; sous ce tégument séminal, on trouve un embryon globuleux non différencié en axe, ni appendice ; souvent le tégument sémijial de la graine des orchidées semble s'étendre de chaque coté du corps central de cette graine, comme une sorte d'aile générale. Cette disposition a en vue de faciliter la dispersion des graines ; seul, le genre ■ Vanille fait exception avec ses graines noires, brillantes, lourd s et de consistance crustacée. Lors de la germination, il s'écoule un temps très long entre le moment où la graine est confiée au sol et celui où l'embryon, en voie de germination, déchire le tégument séminal. A cette époque, il n'est pas encore possible d'indiquer le point de végétation et, par conséquent, le sommet de l'embryon. Bientôt, en un point absolument quelconque de cet embryon, ou voit surgir une ou plusieurs racines ; il n'y a pas là de racine principale comme cela arrive habituellement chez la plupart des autres plantes.

Les racines ordinaires des orchidées sont aiivnlh'ef, c'est-à-dire qu'elles naissent en un point absolument quelconque de la surface de la plante. Elles sont cylindriques, arrondies à leur extrémité, et offrent un aspect tout particulier. Elles ne se ramifient jamais. On voit très fréquemment plusieurs de ces racines adhérer entre elles par un tissu parenchymateux ; on appelle ctadodes de racines ces régions communes à plusieurs racines. Si, comme il arrive souvent, un cladode de racines devient le siège d'une hypertrophie cellulaire et en même temps un magasin de réserves nutritives, on le désigne, en botanique descriptive, sous le nom de lubeccule diijilé.

Lorsque les racines adventives des orchidées doivent vivre dans l'air, loin du sol, on les nomme racines aériennes, et leur surface se recouvre

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