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futrfifusôe; la guerre recommença (rSGO). L'armée n-anco anglaise s'empara de l'ije de Cliusai), et, après lecombat de Peli-Tang. des forts de Ta-Kou ; elle marrlia ensuite jusqu'àTong Tcliéou, à II. ki- Inmèircs de Pékin. Pendant que le gouvernement cliiiiois amusait les ambassadeurs par des négociations, l'armée européenne fut attaq\iée, i l improviste, par les Tarlares, près de Tcliang Kia- Wang, mais, victorieuse au pont de Pa-li-Kau.elle entra 'il Pékin. Les traités y furent signés. Ils cunfirn.èient ceux de Tien-Tsin, donnèrent une indemnité de 60 raillions à la France et à l'Angletorre, restituèrent aux chrétiens tous les établissements religieux, et ouvrirent au commerce européen trois nouveaux ports: Tien-Tsin, Tcliing- Kiang, Han-Kéou. Un ministère des affaires étrangères fut créé en I8GI, et les ambassadeurs français et anglais s'établirent dans la capitale. A la mort de l'empereur, le prince Kong, son frère, qui avait signé les traités, s'empara du gouvernement malgré le conseil de régence, et prit la tutelle de son neveu Clii-Sang, âgé de sept ans. Depuis cette époque, les fonctionnaires de l'empire se divisent en deux partis : celui de la résistance et celui du progrès ; les progressistes veulent emprunter à l'Europe ses armes perfectionnées son instruction scieniilique, son organisation militaire, ses engins de défense, afin de préserver la Chine d'une nouvelle attaque et d'une ruine imminente; le parti de la résistance, qui veut, avec un patriotisme moins éclairé, conserver intactes les mœurs nationales, est en minorité, et, grâce à l'appui du prince Kong, les progressistes ont commencé avec succès la réalisation de leurs projets. Un arsenal et une école de marine militaire ont déji été fondés èi Fou-Tcliéou.
Les Chinois appartiennent h la race jaune et à la famille indo-sinique ; ils ont le visage large, les yeux noirs, petits et relevés vers les tempes, la bouche et le nez petits, les pommettes saillantes, le teint jaune, les cheveux noirs et légèrement crépus Ils n'ont pas de barbe. Les Chinois sont doux et polis jusqu'à l'obséquiosité, mais aussi fourbes, poltrons et ■lains. Leur langue appartient à la famille des langues monosyllabiques, elle n'a ni genre ni nombre; elle comprend la langue officielle ou langue mandarine, et un grand nombre de dialectes ; ceux-ci ne sont point compris lorsqu'on les parle hors de leurs provinces respectives, mais la langue écrite est. comprise partout. L'écriture chinoise se trace de haut en bas; elle compte 3fi185 caractères, outre 12'i lettres-mères servant à former les autres.
Les Chinois qui veulent arriver aux fonctions publiques sont astreints à des examens destinés à constater leur degré d instruction. Les bacheliers ont le monopole de l'enseignement, peuvent porter le bouton d'<ir sur leur chapeau et de\eniT inrindan?is, titre que portent seuls ceux qui remplissent une fonction publique. Les mandarins forment doux classes : les muniarins civils ou /"Itrés, et les mundariyis miidai'-'-s.On dislingue, dansle mandarinat, un certain nombre de grades. Le plus liant, celui " •iid''mii:ie-n (kan-lin), s'obtient après une épreuve
dont l'empereurlui-même est le juge suprême.
Trois religions se partagent la Chine: la religion d'Yu. qui est celle de l'Etat et des lettrés, établie par Confucius; le Tao-tse (ou la Raison primitive', doctrine enseignée par Lao-tseu, et le culte de Fô ou le Bouddhisme.
Les Chinois sont très indifférents en matière de religion ; les sectateurs des deux premières religions surtout sont le plus souvent libres-penseurs ; néanmoins la prati(|ue de leur religion est un grand moyen de conserver leur ascendant sur le peuple allaclié aux superstitions les plus grossières. Les I\oui-tz; (Ouigours), incorporés Ji l'empire auxviis siècle, sont restés musulmans et sont
assez libres. Les juifs, au nombre d environ .>() 000, pratiquent librement leur culte. Le christianisme, intruduit par les Nostoriens, au vu' siècle, et propagé plus tard par les jésuites, au xvii« et au xviii siècle, s'est heurté à l'indifférence des Chinois et aux persécutions du gouvernement; les efforts des missionnaires n'ont réussi qu'à conserver à peu près intact le nombre des familles converties. Les Chinois se divisent en quatre classes : celle des lettrés ou de la noblesse, dans laquelle on peut entrer après avoir subi trois examens publics; celle des agriculteurs, celle des industriels et celle des commerçants. Les maîtres de maisons de jeu, les acteurs, les coiffeurs et les bateleurs sont exclus des fonctions publiques. .
Le gouvernement chinois est une monarchie absolue, héréditaire sans ordre déterminé dans la ligne masculine. Le piince, Fils i/n ciel, réside à Pékin, et à Djé liol en été. Il a pour conseil les Ts ise-SiaiiO', mandarins nommés par lui. Ce conseil dirige neuf départements : Hnat'ons •■vec les pans Iribu' aires , intà-iew\ finances, cul le, guerre, justic, trnvnnx pubbcs, extérieur, censure. Les provinces gouvernées, deux par deux, par un [soni-Tho'i, ont chacune un gouverneur gênerai ou vice-roi appelé T^ong-Konan. Chaque ville de premier ordre est gouvernée par un kouan fou qui dirige, en même temps, un ceriain nombre de villes de deuxième ordre. Les villes du troisième ordre sont sous l'autorité d'un mandarin Les bourgs ont un Tso-Thnng, et les villages (Paô) un Yû. Ces lonctionnaires sont amovibles, nommes et rétribués par l'empereur, sauf le Yù qiii est nommé par le mandarin et non rétribué. U n y a ni classes privilégiées, ni places héréditaires. Chaque province doit envoyer à Pékin une redevance en nature et en espèces. Les bureaux de douane, très nombreux, prélèvent les droits sur les raar-chandises. Tous les hommes de 2U à CO ans paient une capitation. Il n'y a pas de monnaies d or ou d'argent ; le commerce se fait par lingots dont l unité de poids, variable selon les provinces est le lue ou liang (37 grammes .,), ou par feuilles de métal ou par papier. 11 n'y a qu'une monnaie de cuivre, le safiéqw^ achi-n, dont la valeur, sujette à des variations, est d'à peu près l/-' centime. L'empereur ne paie que ses mandarins, ses soldats et son sérail ; chaque province lève ses contributions et se suffit à elle-même. L'armée s élève à peu près à un million d'hommes avec l'arrière-ban. Elle se compose de l'armée tartare et de l'armée chin .ise. L'ai mée tartare, la moins nombreuse, mais la plus solide, comprend lecontingentregulieretle contingent irrégulier. Le premier, qui se rapproche le plus de notre armée permanente, comprend tous les hommes valides de la race tartare-mandchoue et garde les places fortes. Quand il est appelé à marcher, ce qui n'a lieu qu'à la dernière extrémité, il reçoit une solde régulière partie en espèces, partie en nature; ses généraux \Tch'im i-kui) sont tartares-mMidchoux. Le contingent irreguher est composé des Tartares-Mongols disséminés sous les ordres des différents petits princes, et se divise en huit bannières. Les Tartares-Mongols vivent dans leur patrie et ne marchent qu'à l'appel de 1 empereur. L'armée chinoise, composée de volontaires, est répartie dans les dix-huit provinces de la Chine. Chaque soldat est enrôlé dans sa province et ne sert qu'une partie de l'année. Le chiffre de l'effectif est très variable ; la discipline presque nulle. Los grades sont donnés au concours. Les armes étaient l arc et litlèche; le fusil tend de plus en plus à s'y substituer. La marine militaire compte environ son bâtiments, et 5 0 lO hommes, commandos par deux amiraux. — L'agriculture, élevée, par les lois et les coutumes, au-dessus des auti'-es professions, est très développée ; ses produits sont les légumes, le colon, le thé, le mûrier,
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le tabac, l'indigo, la canne à sucre, le riz, le blé, le maïs, l'avoine, la vigne. Le gouvernement propage des notions sur l'éi ononaie agricole, la teinture, et l'éducation des vers à soie. — Le commerce des Cliinois avec les Mongols se réduit aux objets de première nécessité; avec les Russes, il ne porte guère que sur les draps, les fourrures et le thé, mais, dans les provinces chinoises et dans les ports ouverts au commerce européen, il est très actif. Parmi les principaux entrepôts de commerce intérieur, nous citerons seulement Emouy, Canton, ChaoHing, Ou-Tcliang, Yo- Tchéou, Nang-Khang, Nankin. Les villes affectées au commerce extérieur sont : Kuéi-Lin- Fou, Yauug-Tchang-Fou, Maimatschin, Y.irkand, Kaschgar, Ladak, Ssa-Lha. Le port do Cha-Pou est ouvert aux Japonais ; ceux de Canton, Emouy, Fou-Tchéou-Fou, Ning-Po, Shang-liai le sont aux Européens. Les Portugais possèdent Macao, et les Anglais, Hong-kong. Les articles d'exportation sont le thé, la soie, le sucre, le riz, les plantes médicinales, les épices, l'ivoire, la porcelaine, l'étoffe dite 7tanki>i, les ouvrages de laque et d'écaillé. Les articles d'importation sont : l'opium, les tissus de coton, les draps, les fourrures, les objets en cuivre et en laiton, les fils d'or et d'argent, les glaces et verres, l'acier, l'étain, le plomb, le corail, la cochenille. — L'esprit mercantile des Chinois leur a fait braver les décrets qui leur interdisent de s'expatrier; ils se sont répandus à Java, aux Philippines, h Singapour, à Siam, h Calcutta, en Australie, sur les côtes occidentales de l'Amérique, au point de se substituer aux travailleurs indigènes et de provoquer des révoltes de la part de ceux ci. Le travailleur chinois ou coolie (prononcez kou/i] est sobre, actif et économe. De là les préférences des entrepreneurs anglais ou américains, qui vont les chercher par convois et font avec eux un traité qu'ils tiennent plus ou moins honnêtement. Le coolie revient ! toujours dans son pays, soit vivant, avec le pécule I qu'il a amassé, soit raort pour reposer au milieu I des siens : il fait promettre à celui qui l'engage j de renvoyer son corps dans la province qu'il a ' quittée. — Les sciences, plus avancées en Chine jusqu'au XV" siècle que partout ailleurs, sont res- j tées stationnaires ; l'imprimerie, la poudre à canon, la boussole, dont on fait remonter l'invention à l'an 2CU2, et le gnoinon qui daterait de I lOlt, inventés par les Chinois, n'ont été perfectionnés ou employés qu'en Europe. Les Chinois font peu de mathématiques, mais le système décimal est en usage parmi eux depuis longtemps. La médecine se réduit en Chine à l'usage des siinples ou à des pratiques superstitieuses ; les Chinois ne connaissent ni la physique, ni la chimie, ni l'astronomie. Ils se servent du levier, de la poulie, du treuil, de la roue dentée, et ils ont emprunté aux Européens la vis et la vapeur qu'ils appliquent à la cuisson des aliments. Leur seul moyen de transport est la brouette dont le milieu repose sur un essieu muni de deux roues, auxquelles on peut ajuster une petite voile pour se faire aider par le vent. Mais 400 canaux facilitent les transports par eau. — Les Chinois n'ont point d'architecture proprement dite. Les maisons n'ont qu'un rez-de-chaussée qu'entourent des cours ; elles sont couvertes en tuiles jaunes, pour les palais impériaux, rouges pour ceux des princes, grises pour les habitations ordinaires; le papier remplace les vitres aux fenêtres. Les temples sont ou des tours (pagodesj, ou des éJifices, à peu près de même forme que les maisons d'habitation, mais ornés de peintures, de bois précieux, d'animaux fantastiques, etc. Les Chinois ne savent représenter les objets que par la peinture. Leur peinture est caractérisée par des teintes très pâles et un manque absolu de perspective et de proportions. — La littérature chinoise
est la plus riche de l'Asie; en \~13, l'empereur Kien-long ordonna de former une bibliothèque des ouvrages les plus estimés; en 1810 elle comptait déjà 7S,73I volumes comprenant des ouvrages do législation, de philosophie, d'histoire, de géographie, de jurisprudence, des lexiques, des encyclopédies, des livres bouddhiques en grand nombre, des romans, des pièces de théâtre, etc. Un certain nombre de ces ouvrages ont été traduits en français, les principaux sont : le Chou-kini), collection de documents sur l'histoire des quatre premières dynasties chinoises, traduit par Gaubil, mo, et par Pauthier, 1841 ; le Thi'ou-li, code d'institutions politiques, traduit par Biot, 1851, ;^vol.in-8°; le Tn-hio, ou art de gouverner sageinent les peuples, traduit par Pauthier, ls.'!";le Tliong- Kian-Kiang-mou, abrégé chronologique de l'histoire de la Chine, traduit par le P. Mailla [Histoire génér.ite de la Chine, 1177-83, \1 vol. in-4°) ; le Fo-kou-'-ki, relations des royaumes boudhiques , traduit par A. Rémusat, 183(1, in- 4", etc. — L'année chinoise commence à l'équinoxe de printemps. Les Chinois se servent, pour compter le temps, d'un cycle de 60 ans composé de dix signes, appelés troncs, qui marquent les décades, et de douze autres signes, appelés branches, qui marquent les mois. Les signes du cycle décadaire sont exprimés par les noms des cinq éléments répétés deux fois ; ceux du cycle duodénaire sont désignés par le nom de douze animaux. Pour préciser les années des cycles sexagénaires déjà écoulés, les souverains donnent auxannées de leur règne un nom particulier. — Le cycle sexagénaire actuel a commencé en Chine en 186li. — Pour la géographie de la Chine, V. Asie.
Japon. — Il est à peu près certain que le Japon a été peuplé d'abord parles Ebiû, Yessos o\i Ainos, dont les derniers descendants, voisins des Esquimaux par leur type, sont en train de disparaître. A une époque préhistorisque, une colonie étrangère vint s'établir au sud du Japon et étendit bientôt ses conquêtes. La ressemblance entre le type des Javanais pursetceluidesJaponaisde haute race pourrait faire supposer que les envahisseurs étaient malais. Toutefois l'origine de la race japonaise est encore controversée. La légende attribue à Jin-mu. premier m; A-nrfo (souverain), fils de la déesse du Soleil, la fondation delà dynastie impériale.
L'histoire du Japon se divise en deux périodes: lapremière (oshéi, s'étend de 660avant J.-C.à 1192 après J.-C ; c'est celle de la puissance des mikados; la deuxième (ashéi), ll9-.'-)SGS, correspond au pouvoir des S'ogouns (appelés aussi taïkouns) ou commandants militaires : mais ce n'est qu'au xvii« siècle que la transition est accomplie et que le siogounat est une institution légale et incontestée. Sudjin, dixième mikado (97 à 30 av. J.-C), introduisit le premier qtielque régularité dans la vie nationale, établit un impôt du sang, une corvée, encounigea l'agriculture, fit creuser des canaux d'irrigation, construire des navires, et divisa l'empire en quatre commandements militaires à la tête de chacun desquels il plaça un siogoun. Au ii*^ siècle après J.-C, les Japonais conquirent la Corée et lui imposèrent tribut. Ils se trouvèrent, par ce moyen, en contact avec la civilisation chinoise alors dans toute sa splendeur. Le bouddhisme remplaça bientôt l'antique mythologie indigène. A la fin du m' siècle, les livres de Confucius pénétrèrent au Japon!: de cette époque datent l'écriture et l'histoire véritable. Les classes se formèrent peu à peu, et en 794 la cour vint se fixer à Kioto. Les empereurs, asservis par une aristocratie nombreuse et turbulente, ne furent bientôt plus que des rois fainéants. Bientôt aussi les principales familles se disputèrent le pouvoir; alors commença une longue suite de troubles dans laquelle on n'a à
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remarquer que peu d'évcneraents importants : uue attaque tentée, sur le Japon, par les Coréens et les 'l'artaros deGengis-khan, mais qu'un typlion lit avorter (liSO); l'introduction du christianisme par les jésuites do Macao qu'y amena en 1549 le portugais Mendez Pinto, jeté par un naufrages sur les côtes du Japon (154'^), et qui obtint d'abord la faveur de quelques princes à qui il avait fait prosont de fusils i mèches ; enfin, une nouvelle (■xpédition en Coréo pour y établir le tribut (I.'jOS). a cette époque, le gouvernement du Japon l'St tout entier entre les mains d'un descendant de la grande famille de Minatomo, Yég'is, qui se transporta do KaiTiakura à Yédo (15»(0, y lit bâtir le siro (forteresse), restaura le bouddhisme dont le centre fut transporté à Yédo, et légua à ses descendants un pouvoir qu'ils conservèrent 250 ans.
En 1558, les Portugais abordèrent de nouveau au Japon et furent confinés dans l'îlot de DôSima. Les Hollandais s'étaient établis à Firando, où les Anglais vinrent les rejoindre de 1GI3 à 10',!3. Mais en lii38 les rivalités des Franciscains et des Dominicains, leurs excès, amenèrent une réaction : tous les chrétiens furent égorges ; les Portugais, expulsés, furent remplacés, à Dé-Sima, par les Hollandais qui y restèrent enfermés jusqu'en 1856. On les tint dans une étroite surveillance; ils ne purent avoir que des bateaux dont la forme ne permettait pas de s'éloigner des cotes ; le nombre des bâtiments étrangers pouvant aboider chaque année fut réduit de 5 à 2 ; il fut défendu aux indigènes de répondre aux questions des étrangers sur leur pays; les liiiimios (princes) ne purent se voir sans une autorisation spéciale; depuis cette époque les Japonais devinrent inquiets, soupçonneux et insociables.
Sous Charles II, les Anglaisavaient essayéen vain de prendre f ied dans l'île : on leur en refusa l'entrée sous prétexte que leur roi avait épousé une princesse portugaise. Le Japon, mentionné pour la première fois par Marco Polo, ne fut plus connu que par les récits de quelques voyageurs : Kœmpfer (16:)0), Thunberg (m2-lT;5). Les Kusses échouèrent également au Japon, en 1806 : l'amiral Golowine fut détenu pendant trois ans ; les Anglais n'eurent pas plus de succès en 18u8, 1811 et 1849. En 1851, le Commodore Perry fut envoyé, par les Etats-Unis, demander au Japon un traité d'amitié et de commerce. L'empereur ne répondant pas, le tuteur du siogoun de Yédo signa, avec les Américains (1854) d'abord, puis avec les Anglais, les Russes (18.55), les Français' (1858), Ils Hollandais, les Autrichiens, un traité leur ouvrant les ports de Hakodaté, Kanawaga et Nagasaki. Ayant envoyé, en I8G0, une ambassade aux Etats-Unis, ce fut un prétexte de révolte, et il fut assassiné. Après huit ans de troubles, le siogounat disparut, et le pouvoir impérial fut restauré ; les personnages formant l'entourage de l'empereur, les chefs de clans révoltés, formèrent un conseil et prirent en main le gouvernement. Les Européens furent confirmés dans leur concession, le mikado promit la création d'une assemblée délibérante, l'abolition des anciennes coutumes barbares, la distribution d'une jus,tice impaniale, et déclara ouverte une ère nouvelle, l'ère de Mei-dji, qui sigjiifie youverner clairement . Il transporta sa résidence à Yédo, aujourd'hui Tokio, et défendit au peuple de se prosterner sur son passage. Les clans furent convertis en ken (départements), les daimios ne furent plus que des adniinistrateuis. Mais le décret qui ferme le Japon aux étrangers n'a pas encore été révoqué, laccès du pays est toujours interdit aux voyageurs, à moins d'une permission spéciale qu'on peut toujours leur refuser s'ils ne sont ni ministres, ni consuls. Un vaisseau ne peut entrer dans un port qu'en cas d'avaries graves. Les Européens ne peuvent s'éloi-
gner de leur concession de plus de 40 kilomètres. Les traités de 1850 ont été renouvelés en 1874, et un traité postal a été conclu entre l'Amérique et le Japon. Depuis l'arrivée des Européens au Japon, et la guerre de 1860-1868 contre l'antique organisatioji féodale, le gouvernement ne s'est occupé que de faire passer, dans les mœurs et l'administration, les traditions européennes. Pour s'y consacrer tout entier, il a conclu avec la Corée un traité qui l'alTrancliit définitivement d'un tribut depuis longtemps réclamé, jamais paye (1876). Au contact des mœurs et dos idées européennes, sous l'influence du gouvernement, l'état social et les mœurs se sont profondément modifiés. Le mikado, descendant des dieux, était considéré comme le représentant et l'héritier de la divinité, l'intermédiaire entre son peuple et le ciel, le chef et le souverain juge du clergé, comme une sorte de père spirituel ; depuis qu'il a cessé d'être invisible, les Japonais, qui se prosternaient devant sa litière, ne le saluent même plus au passage, ce qui leur a attiré récemment un rappel i l'ordre sous forme de décret. Toutefois ils continuent à s'abandonner à sa direction avec la même confiance passive. Le trône était héréditaire et passait, à défaut d'héritier direct, ^ un neveu ou h. un des fils que le mikado avait eus des douze « servantes de rimpcralrice, » prises dans les cjuatre familles chargées de lui fournir des épouses. Ces princes et les membres de cinq autres familles qui se perpétuaient sans mélange, formaient une caste guerrière qui conserva longtemps le pouvoir. Au-dessous il y avait les daimios et les 4«»iuii/v/( (nobles). Tout cela a été balayé par la guerre de 1860-1868. Le mikado, après avoir renversé le siogoun, a repris le pouvoir direct avec l'assistance d'un premier ministre qui seul signe les décrets. Cette mesure est un moyen de gouvernement : un décret est-il impopulaire, on déclare que le ministre a mal rendu la pensée du monarque et on le retire. En 1875 il a été créé une assemblée i/rs «i illardi (genro-in), sans attributions définies, et une assemblée annuelle des préfets qui dure 50 jours. Les débats sont secrets dans ces deux corps. Quant aux daimios et aux samouraï, ils ont été remplacés par des employés d'administration, et vivent, sans pouvoir et sans influence, de pensions que leur fait le gouvernement. Le peuple n'a aucun droit politique ; il ne peut même porter les armes ni monter à cheval ; mais déjà la classe des marchands, des entrepreneurs de travaux industriels et des banquiers est sortie du mépris où on l'avait reléguée; les lois somptuaires ont été supprimées, et le mikado a commencé à entrer en rapports avec ces classes inférieures dont l'argent lui est nécessaire. L'opinion publique n'existe pas, mais la presse commence à s'étendre ; le nombre des journaux s'est élevé de 1 à 15 de 1873 à 1877.
La législation japonaise est l'œuvre du siogoun Yéyas. Elle renl'erme des préceptes de morale, des lois constitutionnelles, des pénalités, des souvenirs personnels, des conseils sur l'art de gouverner. Elle a plutôt le caractère d'un testament que d'un code, aussi n'était-il permis qu'à certains fonctionnaires de la consulter. Il en reste surtout une soumission aveugle de la part du peuple envers ses supérieurs, une certaine bonté de la part de ceux-ci, et, enfin, cette éliquette méticuleuse qui, au Japon comme en Chine, est le fondement des relations sociales.
Ces lois déféraient les fonctions de juges aux gouverneurs de province; elles sont confiées actuellement à des magistrats particuliers. Des tribunaux de première instance ont été établis dans 60 ken. Quatre cours de justice se partagent l'empire, et deux de leurs membres font chaque année une tournée dans leur ressort. Au-dessus de ces cours en est une autre instituée en 1879, et qui a