ORIENT (EXTRÊME) — 1470 — ORIENT (EXTRÊME
pour mission do réformer les arrôts mal rendus. Ces lois pénales, refondues une fois déjà depuis la composition des Cent-Lo s, sont l'objei d'un travail encore inachevé. La question préparatoire a été récemment abolie, et une prison cellulaire a été construite à Tokio. Les condamnés à perpétuité sont reiégnésdans l'ilot de Skuda-Sima, où on les occupe k des travaux pour lesquels ils sont payés. La peine de mort ne s'applique plus que par la décollation ou par l'étranglement. Les cotidamiiés s'y soustraient souvent par le suicide. Ce genre de mort est quelquefois ordonné par le gouvernement comme châtiment d'un crime politique ; il consiste à s'ouvrir le ventre (hara-kirij, et n'est pas une peine infamante.
Le service militaire, exclusivement réservé autrefois aux samouraï, est obligatoire et universel depuis 1S72. L'armée a été parla tement organisée par une mission militaire que le gouvernement français a mise à la disposition du mikado en 18b7 ; son costume est à peu près celui de l'armée française ; sa hiérarchie est la même. Elle a pour armes le canon et le fusil. Une école militaire sur le modèle de Saint-Cyr, un arsejial militaire et un arsenal maritime ont été fondes par des officiers français. L'organisation de la inarine est dirigée par des officiers anglais. L'instruction est très favorisée au Japon. Chaque village a son école , et un homme ne sachant ni lire ni écrire serait difficile à trouver. Vers sept ans. les enfants apprennent l'alphahet, puis vont à l'école où on leur enseigne suivant leur rang les principes qui doivent guider leur vie: 1 orgueil et le mépris de la mon ou l'obéissance et l'amour de la médiocrité ; à tous, les formules de politesse que tout Japonais rougirait d'ignorer, et surtout la vénération pour le mikado. A douze ans, ils savent tous lire et écrire. Le siège des études clasviques est à Say-Kio. Il y a au Japon dix éco'es supérieures sous l'autorité immédiate du ministre de l'instruction publi(|ue, et 6201 écoles particulières entretenues parles provinces. On y apprend le japonais, le chinois, les sciences physiques, la chimie, l'histuire naturelle, la médecine, les sciences e.'iactes ot les langues européennes, surtout l'anglais. Mais cette instruction, termitiée vers seize ans, ne s'adresse exclusivement qu à la mé moire. Il y a en outre des écoles spéciales où les cours se font en langue étrangère, le japonais ne pouvant se plier aux ex'gences du langage scientifique. Ce sont ; I école de médecine, à Tokio, où les cours se font en allemand, l'école de droit où ils se font en frjiiçais, l'école centrale, teclmiciil school, où ils se font en anglais. Le gouvernement a créé ausr.i des écoles secondaires de femmes, des écoles professionnelles et une écolo normale. Pour subvenir m tant de dépenses, il a fallu modifier le système financier. Les impôts ne sont plus perçus qu'en espèces. Ils ont pour unité le prix courant, variable d'ailleurs, de la mesure de riz appelée koku. Chaque année le gouvernement publie le budget projeté, mais le peuple n'est pas en mesure de lo contrôler; do plus le règlement des comptes reste secret. Les principdes sources du revenu public sont aujourd'hui l'impôt foncier, le produit des postes, dos douanes, l'impôt sur le salaire des employés, le produit des travaux publics et établissements de l'Etat. La dette publi que comprend la dette étrangère, les deux emprunts contractés à Londres à 7 et à 9 p. 100, la dette inscrite envers les créanciers indigènes, et la dette flottajite représentée par lo papier monnaie. La décadence du commerce rend les ressources du Japon insuffisantes pour ses besoins. Très florissant après les traités de 185:i-lS.Si', ce commerce décline peu à, peu, malïré l'ouverture des nouveaux ports de Yokohama, Osaka, Hiogo, Yédo et Niegala, ruiné et entravé par la concurrence, le manque
de capitaux et la persistance hors des villes de l'ancien genre de vie. Le Japon consomme peu et ne vend guère plus. A part les cotonnades anglaises et les mousselines de, laine qui se répandent un peu partout, le commerce n'est alimenté que par les quelques milliers d'habitants qui ont adopté les modes européennes. Les principaux articles d'exportation sont le thé, qui se vend surtout en Amérique, mais sans grand bénéfice, les soies, aussi chères que les nôtres, mais de qualité inférieure, enfin les porcelaines, les bronzes, les objets de laque. Le gouvernement, craignant de perdre son indépendance nationale, se refuse à promulguer les lois civiles et commerciales qui, ouvrant le Japon au crédit européen, lui permettraient de faire des routes, de cultiver son sol et d'exploiter ses mines- Les rares voies de communication et les moyens de transport trop primitifs sont encore un obstacle au commerce. Outre les canaux qui relient Tokio ot Osaka avec les ports, il n'y a qu'un chemin de fer entre Tokio et Yokohama et un autre entre Kobé et Osaka ; le reste du pays ne renferme que des routes insuffisantes et mal entretenues. Les tran.^pnrts se font sur mer par des jonques oti de petits sifamfrs ; sur terre, h dos de chevaux dans les campagnes, dans des carrioles traînées par des hommes dans les villes. Les seuls moyens de locomotion pour les voyageurs sont les chevaux, la carriole et le kango, espèce de panier muni de perches que soutiennent des porteurs. Le service postal est fait par des coureurs de relais en relais. Une li;ne télégraphique a été établie de Nagasaki à Hakodaté et dans l'île de Yéso. Le gouvernement est presque seul à s'occuper d'.igriculture ; il a fonde une ferme-modèle a Tokio et une ferme-école à l'Ile de Yéso. Quelques terrains ont été défrichés, mais il rest". encore de vastes espaces abandonnés faute de bétail.
Il n'y a pas d'architecture au Japon. L'absence de vie politi(|ue, les doctrines bouddhistes, les frtquents sinistres ont contribué à la construction d'édifices de bois sans caractère monumental. Il n'y a pas non plus de sculpture : le bronze est trop cher et le marbre n'existe pas. Il n'y a de statues que les Bouddha impassibles et les dieux grimaçants qui ornent les temples. La peinture est, en revanche, très développée. On la retrouve partout : sur les panneaux de bois des temples, sur les paravents de papier, sur les écrans de soie, etc. Elle représente tantôt des scènes héroïques avec des formes roides, tantôt des scènes patriarcales ou comi(|ues où la familiarité est poussée souvent jusqu'à la caricature, tantôt des oiseaux, des fleurs, etc. D'ailleurs, comme la peinture chinoise, elle n'a ni proportions, ni perspective, ni justesse de coloris. La musique n'était connue autrefois que des musiciens de a cour; cette charge a été abolie, et la notion musicale sera bientôt étrangère au Japon. La musique japonaise est à la fois criarde et lamentable, peu variée et souvent faussée par les instruments. Il y a deux sortes de danses : la danse sacrée qu'on ne voit qu ila cour, et la danse populaire, plus vive, en usage dans toutes les réjouissances. La littérature japonaise est pauvre, surtout décompositions poétiques que le caractère tout positif et formaliste des Jap iuais n'a pas su créer et que la langue n'eût pu exprimer. Elle consiste principalement en chroniques, dont la plus renommée est le Gengi momigatari, œuvre de la poétesse Murasaki; en drames, comédies, dont le principal mérite est une exacte imitation de la vie réelle, en romans, contes sat'u-iques ou allégoriques et proverbes.
La religion du Japon a d'abord été le shinto (voie des dieux), ou adoration des K'imi, c'est-idire des forces de la nature transformées en gc-
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11109, auxquels se sont môlcos, depuis le vi" siècle, les doctrines de Confucius, de l.ao-tscu et du liouddjiisme. Il n'y a pas d'idoles dans les leniples du shinto; le culte se réduit à des fôies en l'honneur des Kami, à des offrandes de gâteaux, d'iiuilo, d'oisHaux vivants et il des représentations ilraniatic|uos; le shinlu n'a ni dOf£me, ni morale, il n'enseigne que le culte des ancêtres et l'imitalion lit: leurs exemples. Il n'a pas conservé sa pureté, mais s'est amalgamé au bouddhisme et a vu 'liniinuer considérablement le nombre do ses seciiteurs. La religion dominante est le bouddhisme; liais lîi, comme en Chine, il se borne à des prati- Muos toutes machinales et h. des superstitions gros- • iéres qui n'ont plus cours que dans le peuple ; I incrédulité la plus complète règne dans les autres classes.
La langue japonaise appartient à la famille des langues agglutinantes; elle est divisée en un grand nombre de dialectes. L'écriture est celle de la Chine simplifiée et adaptée à la langue ; l'écriture vulgaire comprend 47 caractères.
Pour la géographie du Japon, V. Asie
[Th. Lindenlaub.]
ORIENTATIOIV. — Connaissances usuelles, VIII. — I- Mé'id eus et méridienne. Points cardi- }inux. — S'orienter, c'est déterminer où est l'orient, c'ost-i-dirc comment sont placés sur l'horizon ce qu'on nomme les quatre points cardiiiaiiv; c'est, plus généralement, savoir rapporter les directions horizontales à une direction première fixe : cette direction, qui s'appelle le nord d'un cùlé, le sud de l'autre, est pour chaque lieu la direction des pôles, ou mieux, la tr.ice horizontale du plan qui passe par les deux pôles elle centre delà terre, coupant sa surface suivant un grand cercle qu'on nomme méridien terrestre.
Ce plan lui-même, considéré en un point particulier de la terre, est un plan vertical dont le prolongement coupe la voûte céleste suivant un grand cercle qu'on nomme méridien céleste. Il divise en deux parties égales le cours de tous les astres, dont cliacun atteint, au moment où il « passe au méridien », le poi..t le plus élevé du cercle oblique qu il décrit.
La ligne horizonta'e suivant laquelle se projette le plan méridien sur le sol s'apprl\e méridienne; c'est une petite portion locale du grand cercle du méridien tiTrestre : le .■.■(«/ ou mcdi (medin dies, milieu du jour) est sa direciion considérée du côté où dans noire zone tempérée se trouve le soleil au milieu du jour, et le nord ou septentrion la direction opposée. Dans la zone tempérée de l'autre hémisphère, au Chili, au Cap, en Australie, c'est au contraire du côté du nord i|ue se trouve le soleil.
Si l'on mène, au lieu où l'on est, une horizontale perpendiculaire à la tnéiidienne, elle donne la direction des deux autres points cardinaux : lest ou orient, situé à droite quand on regarde le nord, à gauche quand on regarde le sud, c'est-à-dire du côté oii les asties se lèvent ; l'ouest ou occident, situé du côté oppose, vers lequel les astres se dirigent et se couchent.
Toutefois, les directions précises nommées est et ouest, qui marquent au ciel les extrémités de l'axe du méridien céleste, ne sont pas du tout, comme le disent à tort beaucoup de traités élémeniaires de géographie, les « points où le soleil se lève et se couche » ; il n'y a que deux jours par an où le soleil se lève à l'est'etse couche à l'ouest; ce sont les deux jours d'équinoxc, le "il mars et le 22 septembre, où le soleil décrit le grand cercle de l'équaleur céleste, coupé en deux parties égales par Ihorizon. Au printemps et en été, le soleil décru des cercles parallèles plus élevés, qui vont coupi-r l'horizon en deux points plus avancés vers le nord; en automne et en hiver, il décrit des cercles parallèles plus bas, dont une moindre por-
tion reste au-dessus de l'horizou, et qui vont le couper en deux points de plus en pins reculés vers le sud. lîn France, pendant les mois de juin et de juillet, le soleil se lève au N.-E. et se couche au N.-O. ; pendant les mois do déoenibre et janvier, il se lève au S -E. et se couche au S.-O. C'est donc toujours la ligne iV.-S. qu'il faut déterminer pour s'orienter; c'est-i-diro que l'orientation sur place consiste ;\ déterminer la méridienne.
IL l'ians et caries. Rose des vents. — L'orientation d'un plan ou d'une carte locale consiste à tracer sur ce plan ou cette carte la direction d'une méridienne. On trace dans un coin du plan, quand cette direction est connue deux traits perpendiculaires dont l'un, marqué N.-S., ou désigné par une fleur de lys du côte du nord, est parallèle à cette direction. Quant aux cartes géographiques, on a l'Iiabitude d'en tracer toujours le c^dre de manière il ce que le méridien du milieu de la carte soit parallèle à l'un de ses bords, le nord en haut, le sud en bas. l'est à droite et l'ouest à gauche' Les marins ont adopté, pour désigner les diverses directions de l'horizon, une subdivision des points cardinaux dont la figure est connue sous le nom de cosp des ven's. La circonférence s'y trouve divisée en trente-deux parties dites rianlis, dont chacun vaut 1 1 degrés '/i, et dont les noms sont formés de ceux des points cardinaux, de la manière suivante : les bissectrices des quatre angles droits des points cardinaux s'appellent des noms réunis des côtés de l'angle qu'ils bissèquent : nord-est (N.-E.„ nord ouest [Îi.-O.), sud-ouest (,S.-0 ), sudest (S.-E.); les bissectrices des huit angles ainsi formés se désignent encore d'après la même règle : nord-nord-est (N. l'V.-E.), ouest-nord ouest (O. N.- O.), ouest-sud-ouest (O.-S.-O.) , sud-sud ouest (S. -S.-O.), sud-sud-est ;S.-S.-E.;, est-sud-est {E.- S.-E ), est-nord-pst (E.-N.-E. , et nord-nord-est (N.-N.-E.). Déjà ces huit noms sont bien moins usités que les huit premiers. Quant aux bissectrices des seize angles ainsi obtenus, il n'y a guère que les marins qui en fassent usage : leurs noms sont formés de celui des huit principaux dont le rumb considéré est le plus voisin, et de celui du côte duquel on se porte, précédé du moi quart, puisqu'on n'a fait que le quart du chera n vers lui. Ainsi le voisin du nord, du côté du nord-est, s'appelle nord-quan-nord-est ; tandis que le voisin du nord est du côté du nord s'appelle nordest-quart-nord.
III. Détermination de la méridienne par le soleil. — Le soleil, avons-nous dit, semble décrire dans le ciel des cercles obliques toujours parallèles, ayant pour axe commun une ligne constante, l'axe du monde, inclinée sur l'horizon d'un angle égal il la latitude du lieu (V. Latitude). Ces cercles sont plus bas en hiver, plus hauts en évé, de sorte qu'en France, en juin, les deux tiers du cours du soleil sont au-dessus de l'horizon, et en décembre seulement un tiers.
La directiiin du plan vertical où se trouve le soleil ;\ la même heure chaque jour varie donc continuellement, excepté celle du milieu de son cours, du point le plus élevé du cercle qu'il décrit chaque jour, du point où il est à midi vrai. La direction de l'omhre d'une tige verticale à ce moment sera donc toujours la môme; c'est à ce moment que l'ombre est la plus courte, puisque le soleil est au point le ilus élevé de la journée. Le cours circulaire du soleil étant si/metrique de part et d'autre de cette position, elle se trouvera toujours la bisseciricede l'anglede deux ombres égales forméfS par la tige le matin et le soir quand le soleil sera à deux points situés exactement à la même hauteur, il deux moments également éloignés de I heure de midi.
Or, on aura plus exactement la posilion de deux ombres égales, le matin et le soir, quand la hau-
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teur de l'ombre varie rapidement, que vers midi où cette liauteur varie très peu pendant que le soleil parcourt presque horizontalement la partie supérieure de son cercle.
D'après cela, pour tracer une méridienne, on dressera bien verticalement, dans un lieu découvert, une tige bien droite sur un plan horizontal bien dressé au niveau. On décrira sur ce plan des cercles concentriques du pied de la tige comme centre, ayant pour rayon de une à trois ou quatre fois la hauteur de la tige : on marquera, dans la matinée, les points où l'ombre de l'extrémité de la tige vient juste raser ces cercles, et on fera de même dans la soirée, à des heures sensiblement équidistantes de midi (le midi vrai n'est pas le même que le midi moyen. V. Cadran solaifp). La bissectrice commune de toutes ces positions d'ombres égales est la méridienne.
IV. Orientation de nuit. Étoile polaire. — On pourrait, la nuit, tracer la méridienne au moyen de la pleine lune exactement comme le jour au moyen <iu soleil, car la lune décrit au ciel des cercles parallèles semblables à ceux du soleil; mais il y a un moyen bien plus simple d'obtenir immédiatement la direction du plan méridien : les étoiles aussi décrivent ces mêmes cercles parallèles, et comme leurs rayons vont en diminuant du côté du pôle céleste, s'il y a des étoiles très voisines de ce pôle, les cercles qu'elles décrivent sont très petits, et les étoiles doivent être visibles toujours du même côté du ciel, et faire reconnaiire le pôle.
11 se trouve en effet de ce côté, pour nous qui habitons l'hémisphère nord du globe (l'autre hémisphère n'a pas cet avantage), deux constellations bien connues, de forme assez semblable, mais tournées en sens inverse, la (Grande Ourse et la Petite Ourse, et la dernière étoile de la queue de cette dernière, l'étoile polaire, n'est qu'ai degré '/î du pôle, c'est-à-dire qu'elle décrit autour du pôle un cercle dont le diamètre n'est pas plus de trois fois celui de la lune.
Oes constellations sont formées cliacune de sept étoiles principales, ce que rappelle le nom de
des vents imprimée sur une matière très mince et très légère.
.Mais le point important à considérer ici est que la direction de l'aiguille n'est pas rigoureusement du sud au nord; elle en diffère d'un an,i>;le variable avec les lieux et avec les temps, qu'on appelle dérlinaison {V. Magnétisme). En France cet angle peut varier de (i dfgrés, de N'ice à Brest. L'.innuaire du Bureau des longitudes a publié une petite carte de ses valeurs pour 1876; mais en ce moment, la déclinaison en France diminue rapidement (d'un degré en six ou sept ans). On peut donner le chiffre de 16 degrés pour sa valeur sur la ligne moyenne Lillo-Paris-Pau vers 1SS2 ou 188;{ (15 degrés en IS'JO), avec 3 degrés de plus pour Brest et 3 degrés de moins pour Nice, les lignes intermédiaires étant sensiblement équidistantes et parallèles. C'est de cet angle qu'il faut écarter vers la droite la ligne nord-sud de la rose des vents en laissant à gauche la pointe bleue de l'aiguille, pour avoir avec la boussole l'orientation véritable.
VI. Applications scolaires. Ohservatoire populaire. — Toute école doit avoir au moins la direction de la méridienne tracée dans chaque classe, sur le plafond ou sur le sol, afin que lo maître puisse, en parlant des points cardinaux, les désigner de la main dans leur vraie position. On trouve chez plusieurs éditeurs des roses des vents peintes sur une grande feuille de papier qu'on peut coller au plafond. Si l'on trouve difficile de tracer la méridienne, dans la classe, d'une manière mathématique, on peut toujours l'obtenir approximativement en prenant, le soir, la direction de l'étoile polaire, ou la direction de l'ombre d'une ligne verticale de porte ou de fenêtre i midi précis.
Un instituteur intelligent pourrait construire h peu de frais, dans le point du préau découvert le mieux exposé et le plus éloigné des murs, un appareil d'orientation qui serait en même temps un excellent indicateur des heures et un moyen puissant de faire comprendre aux enfants le mouve-
septentrion donné souvent au point nord. Quatre ment diurne apparent du soleil et des autres
de ces étoiles forment un quadrilatère, les trois autres une ligne aboutissant à l'un des angles comme le timon d'un chariot, d'où le nom populaire de Chariot, par lequel on désigne quelquefois la Grande Ourse.
Le pôle céleste forme avec la Polaire et l'étoile suivante de la queue de la Petite Ourse un petit triangle dont il est facile de retenir la forme et qui permet, avec un fil à plomb, de vérifier le soir assez exactement la position de la méridienne qu'on atirait tracée par le procédé précédent, ou même de la tracer directement avec deux jalons dans la cour d'une école.
V. La boussole. — Lorsque les astres du ciel ne sont pas visibles, lorqu'on se trouve, par exemple, dans des souterrains ou dans des bâtiments, sous le feuillage d'une forêt ou simplement sous un ciel nuageux, on peut s'orienter au moyen de la boussole, qui n'est autre chose qu'une aiguille d'acier aimantée tournant librement dans un plan horizontal. (V. Aimant, Boussole, Maynétisine.)
La boussole commune, en France, est un losange très allongé en acier dont on laisse le bleu de la trempe du côlé qui se dirige vers le nord; l'autre moitié, limée, a la couleur du métal. Elle tourne sur un pivot dans nne boite au fond de hiqnelle est une rose des vents, tandis que le cercle parcouru par les pointes de l'aiguille est divisé en 360 degrés. Dans la boussole marine, au contraire, le barreau aimanté porte un disque léger sur lequel est peinte la rose des vents, qui se trouve ainsi toujours orientée. 11 serait facile d'imiter cette disposition, et de construire de petites boussoles d'orientation dont l'aiguille porterait une rose
astres. .\vec un cerceau d'enfant, d'environ un mètre de diamètre, placé verticalement dans la plan méridien, et soutenu par une tige de fer verticale solidement enfoncée dans un pieu, on aurait la position du plan méridien : une baguette de bois, fixée i son centre, inclinée sur l'horizon de l'angle de la latitude du lieu (43° à. .Si- en France), et dépassant le cercle par ses deux extrémités en pointes, représenterait l'axe du monde, et serait facile à fixer au moyen de l'étoile polaire : un cercle de même diamètre que celui du méridien, fait avec une bande métallique mince, large de deux doigts, et ayant cette tige pour axe, pourrait représenter l'équateur solaire; en le divisant en 2i parties égales, numérotées de I à XII de chaque côté, on aurait les divisions d'un cadran solaire équinoxial, l'ombre de l'axe venant sur ces divisions aux différentes heures du jour; enfin, quatre petites vergettes de fer, placées horizontalement suivant les diamètres dos cercles, qu'elles solidifieraient, représenteraient la direction des quatre points cardinaux ; on pourrait les terminer par quatre lettres de métal, N, E, S, O, fixées sur lesc ercles. L'extrémité de la tige verticale pourrait porter une petite girouette pour donner la direction du vent, si la cour était grande et le lieu bien découvert.
Il serait à désirer que des appareils de ce genre, servant en quelque sorte d'observatoires populaires, fussent construits .\ bon marché par le commerce et fournis aux écoles ou aux communes. C'est certainement la forme la plus instructive et la plus propre aux explications de tout genre qu'on puisse donner à un cadran solaire.
ORTHOGRAPHE
— liT.i —
ORTHOGRAPHE
Uni! municipalité gcndi'euse pourrait même, au grand protilde l'instruction populaire, le construire en matoriaux durables et dans des proportions airliitfictnrales, et en faire un prtil monument i publie i|ui ornerait utilement (a place située de- j vaut l'ocole communale. [Albert Dupaigne.J ^
(»UM l'IIOLO(iIU. — V. Oisraux.
OKTIKXillAl'IIE. — Grammaire, VII. — On disait autrefois plus correctement Vovthoijraphie, (irajihie désignant to\ijours la science et ijraphe le savant: la i/éograpliie et un géograplie, la cal- /ii/raphie et un calliyraphe, etc. Quoi qu'il en soit, l'orlhograplie ou l'ortliograpliie est la maiiiôro d'écrire les )«,o/s et les />/()-«ses d'une langue, selon l'usage établi et les règles de la grammaire.
I. Orthographe des mots. — C'est l'ortliographe proprement dite, qui consiste:
r A écrire chaque mot dans son état simple avec les lettres ou les signes phoyiétiqnes dont il doit se composer; c'est ce qu'on appelle ordinairement Yorlhographe d'usage.
2° A écrire les mots variables avec les modifications qui leur sont propres, modifications qui portent le plus souvent sur la terminaison (par exemple le chant, les chants ; il c!ia7iti.n, je chant \\)y mais quelquefois aussi sur le radical des mots {mourir, je iiiEvrs) ; cette partie de l'orthograplie porto le nom d'orthographe de principes ou à'orlhographe grammaticale.
L'ortliograplie de principes s'appelle aussi orthographe relaliue, parce que c'est la manière d'écrire les mots selon la relation ou le rapport qu'ils ont dans le discours, abstraction faite do la forme qui leur est propre.
L'orthographe d'usage est ainsi nommée parce que, ne dépendant pas des règles de la grammaire proprement dite, l'usage semble en être le seul •régulateur. Cependant cette partie de l'orthographe n'est pas plus arbitraire que l'autre, et il vaudrait mieux l'appeler orthographe absolue, puisque c'est la manière d'écrire les mots absolument, c'est-à-dire seîi/s, isolés, tels qu'ils sont dnas les dictionnaires, en particulier dans celui de l'Académie.
A. Orthographe absolue. — L'orthographe des mots dépend essentiellement de la nature des so)is ou des éléments matériels qui les constituent. On appelle orthographe ratiomielle ou phonétique la manière de représenter ces sons de la langue, soit par des lettres, soit par d'autres signes, dits orthographiques, selon les règVes propres à la phonétique française. Mais, en français, l'orthographe n'est pas toujours la représentation fidèle de la prononciation ; comme, en général, c'est l'origine du mot qui en détermine l'écriture, cette orthographe étymologique est souvent en désaccord avec l'orthographe rationnelle. Ainsi, par exemple, les ■trois premiers sons du mot chapeau sont représentés régulièrement par les lettres ch, a,p, qui, en français, ont pour valeur propre de servir à marquer ces sons ; au contraire, le son final n'est pas rendu par son signe propre o, mais bien par la combinaison dos voyelles eau, à cause de l'étymologle. la forme ancienne de chapeau étant cluipet. 1. Quant aux lettres dont on se sert en français pour marquer les divers sons de la langue, elles peuvent être élymuto.^iques ou seruiles.
^ a) Les lettres étymologiques oont données par l'étymologie latine ou romane; elles sont étymologiques mémo quand elles ne sont pas de provenance latine, si elles ont été introduites dans l'ancienne langue en application des lois de la phonétique française, comme d dans peindre, et t dans croître, (jù la consonne linguale ou dentale det ta. été intercalée pour cause d'euphonie entre /( et r : peiii-u-re, ou entre s et ;■ : crois-t-re, d'où croître.
Les lettres étymologiques sont sonorei ou 2» Pahtie.
maellcs, selon qu'on les fait entendre ou non dans la prononciation. Les lettres muettes sont des voyelles, mais plus souvent des consonnes. Les voyelles étymologiques qui peuvent être muettes sont a, e,o. !«, comme dans août, .seiir, paon, qualité. Los consonnes muettes sont surtout dos consonnes fortes qui se présentent au commencement ou à la fi}i des mots, comme dans a/franchir, appauvrir, asservir, attendrir, diffamer, effacer ; des, Ut, vers, fort, sans, rhunt ; beaucoup plus rarement au (/iiïi'ew, comme dans baptême, Aisne, etc. Au commencement des mots, la consonne nulle provient toujours de la consonne finale d'un préfixe qui s'est assimilée à la consonne initiale du mot simple, d'où résulte une consonne redoublée qui se prononce comme une consonne simple, par exemple dans appauvrir, de ad et pauvre. En général les consonnes finales ne sont muettes qu'accidentellement, et elles seraient mieux appelées quiescentes, parce que, si elles se reposent souvent, elles se font do nouveau entendre soit dans la liaison des mots, par exemple des amis, soit dans la flexio.i et la dérivation, par exemple haut, haute, hauteur; c'est la raison pour laquelle l'orthographe moderne, qui a supprimé dans l'intérieur des mots presque toutes les consonnes purement étymologiques, les a au contraire conservées quand elles sont finales.
6) On appelle lettres servîtes celles qui, ne se prononçant pas, ne servent qu'à donner à la consonne ou à la voyelle qui précède telle ou telle prononciation. Les lettres servilcs peuvent être des voyelles ou des consonnes. Les voyelles serviles sont u, qui maintient au q et au c devant e et i le son guttural (en pareil cas eu devient presque toujours qu) : gueule, guichet, ruvque, quille, et e, qui donne à ces consonnes le son lingual de ,/ et de s : gagsure, doucsâtre. Les consonnes serviles sont l, m, n, s, t ; elles apparaissent comme doubles consonnes à la fin des mots. Dans la règle le doublement des consonnes ne devrait avoir lieu que dans la pénultième accentuée, c'est à-dire suivie d'une syllabe muette : tandis que toutes les syllabes non accentuées sont brèves, la pénultième qui a l'accent tonique est le plus souvent longue quand elle est suivie d'une consonne simple, comme dans fête, idiome, zone, rose date, et elle devient brève quand elle est suivie d'une consonne redoublée, comme dans dette, pomme. Couronne, rosse, patte. Mais les exceptions à cette règle abondent, et la pénultième accentuée peut être brève quoique suivie d'une consonne simple, par exemple parole, et d'autre part le doublement de la consonne a souvent lieu sans nécessité après une voyelle atone, puisque cette voyelle est toujours brève, de telle sorte que la consonne qui suit ne sert à rien et est une lettre complètement parasite, par exemple honneur, rayonner, barannie, cantonnier, monnaie, tonner, sommet, elc. En revanche, après un e muet qui doit recevoir l'accent Ionique, le doublement do la consonne est nécessaire pour marquer que cet e muet est devenu sonore, comme dans d Jette, il appelle, qu'il vienne, où ce doublement de t, de / ou de 7i produit le même effet qu'un accent grave sur l'e pénultième : jéte, appelé, viène.
Les consonnes l et n sont dites mouillées quand elles sont suivies imméaiatement du son du j allemand ; ce son se marque en français par un / ou par un g préposé à la consonne mouillée et qui doit être considéré comme une lettre servilo, quoique étymologique: feuille àf folium,siGne designum. 2. Les signes orthographiques étaient inconnu» au vieux français et ne remontent qu'au xvi« siècle.
Ces signes, qui suppléent jusqu'à un certain point aux lacunes et aux défectuosités de notre alphabet, sont des caractères qui servent à marquer tantAt
ORTHOGRAPHE
ORTHOGRAPHE
\e son {signes phonétiques) et tantôt la forme (signes /'oi-mad/s) des mots.
al. Les signes iihonébques sont la cédille, le tréma, V apostrophe et les accents écrits.
La èédi/Ze est un signe qu'on place sous le c pour lui donner le son de la sifflante s ; on mit .l'abord un : après c : faczon, puis on le souscrivit au c : façon. j n .
Pour indiquer que les groupes de voyelles, comnip ni et au, doivent se prononcer séparément, oa place sur la seconde le signe appelé tiéma (••) : iiaïf Saûl. On met encore le tréma sur Ve de la
comme signes diacritiques les lettres italiques opposées aux lettres droites ou romaines.
/)). 11 n'y a qu'un signe funnatif, c'est le trait d'uniO'i (-), qu'on place entre les parties constitutives d'un mot composé, comme chef-d'œuvre, c'est-à-d re, dic-sei.t, ou entre deux ou plusieurs mots tellement unis qu'ils semblent n'en former qu'un au point de vue de l'accentuation, comme viens-tu? niiez- vous-en, etc.
B. Ohthogkaphe relative. — L'orthographe relative est l'orthographe des flexions ou terminaisons des mots variables, dont la grammaire ensei-
svllabe finale que lorsque Vu est sonore : rigué, gne l'origine et 1 emploi dans des règ es précises ; syllaoe '''^^^'' J -^ ^^ prononcerait comme c'est pourquoi on l'appelle aussi orthographe de
fique. . ,,
Pour éviter l'hiatus ou la rencontre de voyelles dans deux mots qui se suivent, la langue clide la voyelle qui termine le premier mot, quand cette
règles ou de principes.
Cette orthographe, iio dépendant que des règles de la grammaire, est certaine et ne peut pas nous induire en erreur. C'est une règle générale que les substantifs et les adjectifs font leur pluriel en
vove e est un e muet, et la consonne qui précède les substantifs et les adjectils lont leur pluriel en se /7e alors à. la voyelle initiale du mot suivant; , s, quelques-uns en x, que le féminin se forme en mais la voyelle élidée dans la prononciation ne ajoutant un e, et que la terminaison des verbes IW nas dans récriture, sauf dans quelques mo- ' varie selon le temps, le mode et la , personne.
l'est pas dans l'écriture, sauf dans quelq nosyllabes où l'e muet est remplacé par le signe appelé apostrophe ('): l'ami = Ie ami, faune =
Tout cela est du ressort de l'ctymologic ou preannelé anostrophe ('): l'ami = /e ami, faune = i mière partie de la grammaire et ne présente au- %^^meflÊZ. l'élision existe sans qu'elle soit cune difflculté ; avec un peu d attention ones^t sur niarq
uée dans l'écriture : quelque autr^, entre eux , de ne pas s'y tromper. 11 n en est pas tout à faU "!?„.,•„!.;. pntr'P.uxl ^ de même des règles de concordance que donne la
= quelqu'autre, entr eux) Ve muet est remplacé par une apostrophe :
syntaxe, grâce aux subtilités que se sont plu à y introduire la plupart des grammairiens; mais il est facile de débarrasser la syntaxe de toutes ces subtilités et de réunir en quelques pages toutes les "VtTh'wirvïfnn':' il ett saisi deflroi' ~ 1 règles concernant l'accord des mots, ainsi que
2 uan^ queiquLsp , j elle . jusquen . maire élémentaire de la lingue française (p. I2i
1» Dans les monosyllabes le (article et pronom). , me, te, se. ce, que, ne, de: l'aiiii, j'honore, il 'aime, je t'avertis, il s'amuse, c'est juste, qu'il " '■ -il pas, il est saisi d'effroi.
ilqUL'S polysyllabes composés de que,
que, devant toute voyelle . jusqu'en
oique, lors(juc, puisque, parce que,
ots sont suivis de il, elle, on, un : ^
^qu'elle, puisqu'on, parce qu'une des phrases consiste uni-iuemenl
loue, presque, ainsi que entre, dans , tion des règles de la pouctualion
5 composes : quelqu'un, pre,s-?«'i'/e, coulent d'une analyse %«/»e réel
savoir : a) jusque, devant toute voyelle . jusq Suiss>-; h quoique, lorsifw, puisque, parce que, quand ces mots sont suivis de il, elle, on, un :
quoiqu'il, lor '"' " ""
faute : c] que tous les mots
entr'ade. Hors ces cas, l'e des mots quoiqu lorsque, quelque, etc., n'est pas remplacé par une apostrophe : quoique étranger, lorsque André, puisque aucun de vous, parce que en Italie, quelque autre, presque usé, entre eu-c, entre autres, etc. La voyelle finale des monosyllabes la et si s'é-