PAPAUTE
PAPAVERACEES
succomber; enfin Boniface VTII, le dernier des grands papes du moyen âge, engage contre Philippe le Bel une lutte inégale, dont la conséquence allait être l'abaissement du Saint-Siège et son transfert à Avignon.
Pendant tout le xiv siècle et la première moitié du xv', les papes n'ont plus que l'ombre de leur ancienne autorité. Tant qu'ils résident à Avignon, ils sont sous la main du roi de France ; et h peine Grégoire XI s'est-il décidé à retourner à Home, qu'éclate le grand schisme d'Occident, auquel une longue série de conciles (Pise, Constance, Bâle, Ferrare , Florence) eut grand'peine i mettre fin. Les scandales du schisme avaient produit dans l'Eglise une vive agitation ; des voix éloquentes «'étaient élevées, demandant des réformes (WiclefT, Jean Huss, Gerson). Cependant, grâce à l'habileté d'Eugène IV et de Nicolas V, tout sembla s'apaiser ; mais ce ne fut qu'un moment de trêve.
La Renaissance venait d'ouvrir pour l'Italie une ère nouvelle. Les papes se montrèrent les zélés protecteurs des lettres et des arts (Jules II, Léon X) ; mais en même temps la corruption de la cour de Rome allait croissant ; les crimes d'un Alexandre Borgia, les désordres du clergé, la Tente des indulgences, la résistance de la papauté h toute velléité de réforme, suscitèrent de nou- Telles protestations : alors parurent Luther, Zwingli, Calvin, Knox. La moitié de l'Europe rejeta l'autorité du pontife romain.
La nécessité de combattre les progrès de l'hérésie rendit pour un temps i la papauté une vigueur nouvelle. Paul III approuve l'ordre des jésuites et assemble le concile de Trente; Paul IV institue la congrégation de l'Index ; Pie V prêclie a croisade contre 1rs Turcs, qui sont battus à Lépanle; Grégoire XIII, l'auteur de la réforme du calendrier, fait frapper une médaille commcmoratÏTe en l'honneur du ni.issacre de la Saint-Barthélémy ; Sixte-Quint lutte avec énergie contre Elisabeth d'Angleterre et Henri de Navarre. Mais au XVII" siècle les passions religieuses sont moins violentes : les guerres de religion font place aux guerres politiques, le Snint-Siège se trouve subordonné à quelque grande puissance, 1 Kspagne, l'Empire, ou la France. Louis .\IV, malgré son jes pect pour la foi catholique, le prend de très haut avec Alexandre VII, et menace même un moment de rompre entièrement avec le pape Innocent XI, à propos de la déclaration de 1C8'.'.
Au xvin* siècle, plusieurs papes semblent occupés surtout de la querelle du jansénisme, que Clément XI ravive par la bulle L'niffe?iitîts ; quelques-uns de leurs successeurs, plus tolérants, cultivent les lettres et sont même en correspondance avec les philosophes : Voltaire dédie sa tragédie de Mahomet à Benoit XIV ; Clément XIV supprime l'ordre des jésuites, et meurt empoisonné. Son successeur Pie VI voit éclater la Révolution française : enlevé de Rome par ordre du Directoire, il meurt en captiviié à Valence (n99). Pie VII négocie le Concordat avec Napoléon Bonaparte, qu il vientcouronner ensuite à Paris. Lui aussi, il est plus tard enlevé de Rome, par ordre de l'empereur, et retenu prisonnier à Fontainebleau. Rendu à la liberté en 1HI4, il rétablit les jésuites. Ses successeurs Léon XII, Pie VIII, Grégoire XVI. | cherchent dans l'Autriche un protecteur contre les tentatives de l'Italie révolutionnaire. Pie IX (1846-1878) s'associe d'abord aux aspirations libérales du peuple italien ; mais il abandoiuie bientôt cette voie pour se faire, durant tout le reste de «on long pontificat, l'inflexible défenseur de l'autorité : il promulgue les dogmes de l'Immaculée Conception et do l'infaillibilité du pape, et publie l'Encyclique de 1861 et le Syllabus. En lS70, il p«rd le pouvoir temporel que les papes avaient
exercé durant onze siècles. Son successeur est Léon XIII. — V. Christianisme, ConciUs, Eglise^ Réforme, Sc/nsme.
PAI'AVÉR.iCÉES. — Botanique, XXIII. — Etymol. : Le mot papavérncéei vient de papuver, qui; est le nom latin du pavot.
Définition. — Les Papavéracces forment une famille naturelle dont les caractères servent de transition entre ceux des Renonculacées et ceux des Crucifères; elles sont reconnaissables à leur ovaire uniloculaire, supére, à leurs étamines nombreuses, et à leur calice à deux sépales caducs. Caractères botaniques. — Les graines des papavéracées sont excessivement petites ; néanmoins elles ont une structure assez compliquée ; chacune d'elles présente un petit embryon cylindrique, environné de toutes parts par un albumen qui contient presque toujours une quantité considérable d'une matière grasse, huileuse que l'on peut extraire par la pression ou par le sulfure de carbone ; telle est l'origine de l'huile d'oeillette. Le tégument séminal de ces petites graines des papavéracées, malgré sa faible épaisseur, présente une couclie extérieure sèche, membraneuse, et une couche profonde, solide, fortement imprégnée d'oxalate de chaux. Quelqaes-unes de ces graines sont munies, sur le raphé, d'expansions cellulaires que l'on nomme slrophinles. Les racines des papavéracées sont pivotantes, mais elles demeurent toujours très grêles et se ramifient abondamment. Leurs tiges sont herbacées, annuelles ou vivaces ; de même que les racines, elles contiennent un suc laiteux, blanc, jaune ou rouge. Ce latex desséché à l'air forme Vo/num. Leurs feuilles sont alternes, simples, penni-nerviées, dentées ou penni-Iobées ; elles contiennent aussi du latex.
Les fleurs des papavéracées sont hermaphrodites ; elles présentent, de dehors en dedans : 1° un calice à deux sépales caducs libres, ou plus rarement cohérents en une sorte de coiffe ; 2° une corolle à quatre pétales rouges, jaunes ou blancs, réguliers, hypogynes, chiffonnés avant leur épanouissement ; :i° un androcée composé d'un nombre considérable d'étamincs hypogynes, libres ; 4° un gynécée formé de plusieurs carpelles soudes en un ovaire ovoide uniloculaire, à placentas pariétaux. Les ovules enfermés dans cet ovaire sont bilégumentés, anatropes et hétérotropes. Le style qui surmonte l'ovaire est court ou même nul ; les stigmates, aussi nombreux que les placentas, sont presque scssiles, aplatis en lames; ils forment une sorte de plateau qui surmonte 1 ovaire.
A ia maturité, l'ovaire devient une capsule, plus rarement une if/î'^i^e uniloculaire ; ses parois restent toujours sèches, papyracées.
Les Fumariacées, que l'on rattache quelquefois auxPapavéracées, ne'diffèrent do celles-ci que par leurs pétales irréguliers, leurs étamines peu nombreuses, souvent soudées en deux phalanges, à anthères extrorses. et par leur ovaire uniloculaire k deux placentas pariétaux.
Usages des Papavéracées. — Les plus importantes parmi les papavéracées sont :
rLe Pavot somnifère, herbe annuelle originaire de l'Asie; on en recueille le latex concrète ii l'air; i. cet efl'et, on pratique un certain nombre d'incisions à la surface de sa capsule encore jeune. Le suc du pavot somnifère n'est autre chose que Vopium de Chine. Celle substance renferme de nombreux produits immédiats, dont trois au moins sont narcotiques à un très haut degré, et parmi ceux-ci deux surtout sont usités en médecine ; ce sont la tiiorjiliine et la codéine. Pris Miaule dose, l'opium est un poison mortel; mais l'habitude émousso rapidement son action, et l'on peut arriver par degré à en absorber des quantités considérables. Les Chinois mâchent, fument et boivent
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lie l'opium d'une façon journalière ; cette substance leur procure une ivresse dont le renouvellement 'quotidien devient pour eux un besoin qu'ils satisfont ."i tout prix; les fumeurs d'opium tombent bientôt dans un état d'abrutissement complet, et ils linisseiit par mourir dans des accès de folie qui rappellent ceux du delirium tremens.
On cultive en grand, dans le nord do la France, une variété du pavot somnifère, le pavot noir, dont les graines fournissent par expression une huile douce comestible connue sous les noms d'huile blanche ou d'huile d'œillette. Les pétales des pavots et leurs capsules bouillis dans l'eau sont émollients et légèrement narcotiques.
2" La Chélidome ou Granile éclaire, dont le latox jaune est utilisé pour enlever les verrues; jadis on l'employait pour dissoudre les taies qui se lorment sur les yeux ; c'est même cette propriété qui lui a valu le nom A'é'laire; aujourd'hui on a renoncé à son usage parce que son acidité exige ■qu'on la manipule avec les plus grandes précautions. — Le suc de \' Argemone mexicana possède les mêmes vertus.
3° La Sanguinaria canadensis, dont la racine renferme un suc rouge qui par ses propriétés rappelle les propriétés sédatives de la digitale. Les -graines sont narcotiques.
■4° Les Glauchim, les Eschhollzia, qui sont culitivées comme plantes d'ornement.
Usages des Fumariacées. — En dehors de la Fumeterre officinale et des Corijdabs, dont les parties herbacées sont employées pour faire des tisanes amères, toutes les autres fumariacées sont cultivées comme plantes orjiementales. Parmi elles, nous citerons le Diccntra speclahilis, qui produit de magnifiques fleurs roses ; c'est le l>i- W.y/r» des jardiniers. [C.-E. Bertrand.]
PAl'IEK.— Connaissances usuelles, II-V. — Tout •d'abord, d'oùvientce nom? — Du mot papyrus, employé par les anciens pour désigner certaine plante <)ui croissait particulièrement sur les rivages du Nil, €t dont les fibres intérieures étaient employées à fabriquer des lames flexibles, des feuilles sur lesquelles on écrivit, en premier lieu chez les Egyptiens, puis chez la plupart des autres peuples, qui pendant bien des siècles furent tributaires de l'Egypte pour la fourniture de ce papier ou produit du papt/rus. Pline le naturaliste asommairementdécrit le procodé qu'employaient les Egyptiens pour préparer le papyrus. Après avoir dépouillé de son écorce la plante, espèce de Souchct [Cyperus ,papyrus), qui dans le pays acquérait un développement considérable, on en tirait, par un tour de ■main particulier, d'assez larges pellicules qu'on étendait les unes sur les autresen entre-croisant le ■sens des fibres, et qu'on faisait adhérer soit en les frappant, soit en les pressant fortement. L'on polissait ensuite par le frottement à l'aide d'une grosse dent de cheval, et les feuilles étaient prêtes à recevoir l'écriture. Chez les Egyptiens l'usage de ce papier semblerait remonter à des époques fort reculées, car l'on possède aujourd'hui des manuscrits sur papyrus trouvés dans des tom- Ibeaux datant d'au moins dix-huit siècles avant •notre ère. Jusqu'à ce que le papyrus leur fût venu de l'Egypte, les diverses nations de l'antiquité avaient écrit sur toutes sortes de substances rigides ou flexibles, mais notamment sur des peaux de bêtes plus ou moins bien appropriées i cet, usage. Ce fut môme, dit-on, par suite de l'inter- j dit que des rois d'Egypte mirent à une certaine époque (250 ans avant J--C.) sur l'exportation du papyrus, que dans le royaume de Pont, et en la ville de Pergame, pour suppléer à la disette du papier égyptien, on apporta de remarquables perfectionnements aux procédés de préparation des peau\ i écrire, connues sous les noms de 1 ■ charta Pergami, membrana pergamena, ou plus!
simplement pergamen (qui est devenu notre mot parchemin) ; les produits de cette industrie, dont le secret se répandit, furent dès lors employés concurremment avec le papyrus, qui cependant resta plus particulièrement recherché jusque vers le milieu du vii= siècle, où l'invasion des Arabes en Egypte vint apporter un grand trouble à l'industrie de ce pays et à ses relations avec les peuples européens. Un peu plus tard, ces relations s'étant rétablies, l'Occident reçut i nouveau du papyrus ; et pendant deux ou trois siècles encore la plante du Nil garda son crédit, alors d'ailleurs fortement diminué par les qualités de résistance, de durée, reconnues au parchemin, qui était presque exclusivement employé pour les actes et les livres. Entre temps, au surplus, ces mêmes Arabes, étendant leurs conquêtes du côté de l'Orient, avaient connu, par le fait des caravanes établissant le trafic avec les plus lointaines régions d'Asie, un papier que les Chinois fabriquaient depuis des temps immémoriaux avec le coton. Et non seulement ils apportèrent dans leurs possessions d'Occident de nombreux spécimens de ce papier, mais encore ayant connu ou découvert les procédés à l'aide desquels les Chinois le préparaient, ils établirent dès le ix' siècle, dans les provinces méridionales de la péninsule ibérique, d'importantes manufactures de papier de coton dont les produits, en même temps qu'ils faisaient une redoutable concurrence au parchemin, considérablement plus coûteux, achevaient de ruiner l'industrie du papyrus égyptien, qui ne pouvait lutter ni au point de vue de la qualité, ni au point de vue de l'économie, mais qui cependant resta partiellement en usage, autant que l'on peut croire, jusque vers la fin du -xi' siècle. Au papier de coton d'ail leurs, dont les fabriques ne pouvaient guère s'alimenter qu'en des régions cultivant ou recevant facilement la matière première, s'était peu à peu substitué le papier dit de c/d/fnns, c'est-* à-dire fait avec les débris d'étofl'e de chanvre et de lin. Dès le xii' siècle on en fabriquait sur plusieurs points de l'Europe occidentale, et notamment en France. On a conservé, en effet, une charte datée de 1189 par laquelle un évêque de Lodève, en Languedoc, autorise l'établissement de moulins à papier sur l'Hérault. Au siècle suivant des papeteries se créaient en Italie. Au xiv' siècle seulement c'était le tour d'abord de l'Allemagne, puis de la Hollande. Au xv» siècle un essai fut fait en Angleterre, mais sans succès, et ce ne fut qu'à la fin du xvi" qu'enfin cette industrie s'établit régulièrement dans ce pays, quia aujourd'hui le second rang pour l'impurtance de ses papeteries, le premier étant occupii par les Etats-Unis qui ne fabriquent pas moins de 250 à -30(1 millions de kilogrammes de papier, tandis que la France en produit environ 150 raillions, contre 200 qui sont dus aux manufactures anglaises.
Quoi qu'il on soit des dates, d'ailleui^s assez incertaines, où furent créées les papeteries des divers pays, nous devons noter, comme coineidence heureuse, que l'époque où cette fabrication eut atteint dans ses principaux centres les perfectionnements qui lui permettaient de livrer, avec une économie relative, d'excellents produits^ est aussi celle où fut inventé l'art typographique dont elle devait si puissamment seconder les progrès.
Or, sans nous préoccuper d'abord de l'état actuel de cette considérable industrie, voyons sur quels principes reposa dès l'origine et repose encore d'ailleurs (car rien n'a pu être changé aux données primitives) la fabrication du papier, telle qu'elle nous est venue des peuples de l'extrême Orient, et telle qu'elle se pratique aujourd'hui.
11 est dans le règne végétal une substance techniquement appelée cellulose, que les botanistes
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définissent « une matière insoluble qui forme essentiellement les parois des cellules, des fibres et des vaisseaux «(Lemaout et Decaisne), et dont la composition est identique dans tous les végétaux. Notons même que la substance à laquelle on a donne le nom de ligneux ou hoix n'est autre chose que de la cellulose épaissie et condensée.
Cette cellulose, nous la recherchons le plus communément dans des végétaux qui, par suite de la disposition de certaines de leurs parties, constituent pour nous des matières que nous nommons textiles, ou propres à donner des fils servant à la fabrication des tissus : notamment dans les fibres corticales du chanvre, du lin, que nous débarrassons pai- le rouissage des substances gommeuses, résineuses qui y sont associées, ou mieux encore dans le duvet qui enveloppe le fruit du cotonnier et qui nous offre les fibres de cellulose pures.
Etant donné cette cellulose h l'état de fibrilles infiniment divisées, toute la théorie de la fabrication du papier se réduit i obtenir avec ces éléments végétaux un feutrage analogue à celui qu'on obtient en pressant, en foulant les poils de divers animaux. A bien prendre, en effet, une feuille de papier n'est autre chose qu'un mince feutre végétal, car le tissu qui la constitue est formé par l'enchevêtrement, par l'étroite adhésion des brins de cellulose, ce dont il est facile de s'assurer en regardant à la loupe la déchirure d'une feuille de papier, comme on regarderait à l'œil nu la déchirure d'un morceau de feutre.
Cela constaté, nous devons comprendre que la transformation des matières végétales en papier donne lieu à deux opérations principales: 1" l'extrême division des fibres de cellulose,?" la production du mince feutre végétal. Nous allons voir comment s'obtiennent ces résultats.
Le premier soin consiste à éplucher et nettoyer les chiffons recueillis un peu partout, qui sont les éléments les plus ordinaires de la fabrication. Tout d'abord des femmes, qui reçoivent le nom de chiff07miéres, procèdent en même temps au triage et au délissage. Le triage a pour objet de faire divers lots des chiffons qui, selon leur finesse, leur nature, leur couleur ou même leur degré d'usure, doivent servir à confectionner telle ou telle qualité de papier ; le déli^sag" est le travail que font ces femmes en divisant les chiffons en petits morceaux, en ouvrant ou coupant les coutures, les ourlets, en enlevant tous les corps étrangers: boutons, agrafes, baleines, œillets qui auraient pu rester adhérents à ces débris de linge ou de vêtements. Cette double opération ne peut guère être faite qu'à la main.
Une fois triés, délissés et coupés, les chiffons sont battus ou blutés pour être débarrassés de leur poussière: ce qui se fait i l'aide d'un grand tambour ou blutoir en toile métallique qui les secoue énergiquement.
Autrefois, aprèsleblutagp, les chiffons, fortement humectés, étaient déposés dans un lieu ordinairement souterrain qui avait reçu le nom do pourrissoir, et où on les laissait séjourner jusqu'à ce qu'il s'établît une sorte de fermentation qui avait pour effet de désagréger les tissus. Aujourd'hui cette opération a été abandonnée, parce qu'on a reconnu qu'elle n'agissait qu'en altérant le principe résistant de la cellulose. Aujourd'hui donc, lorsqu'ils ont été blutés, les chiffons sont soumis ïu lessivage, qui dissout les corps gras dont ils pourraient être imprégnés. Puis ils sont rincés ou lavés dans un grand courant d'eau pure, et l'on procède au <léfitiiclinr/e ou défilage, qui a pour objet de les réduire en fibrilles aussi divisées que possible. Ce travail était fait jadis par des marteaux, pilons, ou maillets qui battaient les chiffons dans des cuves ou bach'its, et qui «ont aujourd'hui remplacés par des machines formées d'une caisse rù un cylindre I
se meut très rapidement en engrenant les lames nombreuses dont il est armé, dans les lames dont le fond de la caisse est également garni, mouvement qui a pour effet de hacher les chiffons, lesquels sortent de cet appareil à l'état de pâte, de bouillie. Cette pâte cependant ou di'filé n'a pas encore atteint le dernier degré de trituration, mais on a interrompu le travail pour pratiquer le blanchiment, qui autrefois était obtenu en exposant pendant bien des jours et des nuits le défilé sur un pré, où les effets alternatifs de la rosée, du soleil, ou pour mieux dire de l'oxygénation atmosphérique parvenait, mais lentement, aies décolorer entièrement. Aujourd'hui c'est en faisant arriver dans une auge, où la pâte est constamment remuée, des courants de chlore liquide ou gazeux qu'on obtient le blanchiment.
Le défilé est ensuite porté dans la cuve de raffinage, semblable à celle où a été opérée la première trituration, mais avec cette différence que les jeux de lames étant plus serrés, la matière y est hachée plus menu, et se trouve convertie en une pâte très fine, très homogène, composée de cellulose relativement pure, que l'on peut aisément étendre en une couche à la fois très unie et aussi milice qu'on le désire. C'est alors que la première série des opérations étant achevée, qui a eu pour effet d'arriver à l'extrême division des fibres végétales, on peut passer à la seconde, qui consiste i produire ce feutre qui s'appelle feuille de papier.
Deux procédés sont aujourd'hui en usage pour cette transformation : l'un, qui, de nos jours, est absolument semblable à ce qu'il dut être dans les papeteries des premiers âges, et qui donne ce qu'on appelle le papier à la cuve, à la main, qui est obtenu en feuilles séparées, et où le travail est dû tout entier, en effet, à la main de l'homme ; l'autre, d'invention toute moderne, donnant le papier dit continu ou sans fin, et dont le travail est complètement exécuté par une machine.
Il va de soi que la première et la plus ancienne des deux méthodes a consacré, si nous pouvons ainsi dire, des principes de fabrication qui sont absolument respectés et suivis par la seconde ; même point de départ, même but, mêmes résultais ; les moyens d'action seuls diffèrent.
Notons que l'ancien procédé, qui peut d'ailleurs sembler d'une simplicité vraiment élémentaire, est encore usité de préférence quand on veut obtenir des papiers recherchés à la fois pour l'aspect et la solidité, et notamment destinés aux actes et à certaines impressions d'amateurs.
Pour la fabrication du papier à la main, un ouvrier se place devant une cuve où une certaine quantité de pâte a été délayée avec de l'eau, où elle est en même temps maintenue tiède par un petit fourneau ou un jet de vapeur, et remuée sans cesse par un agitateur qui empêche que les parties plus lourdes se déposent au fond. L'ouvrier, ou plutôt Vouvreur (c'est le nom qu'on lui donne), plonge dans la pâte une furme, espèce, de cadre grand comme le format du papier à obtenir et dont le fond est formé par un ensemble de menus fils de laiton très rapprochés, soutenus par l'entre-croisement de plusieurs tringles ; il prend sur ce cadre une certaine quantité de pâte qu'il répartit également par une manœuvre dont il a l'habitude; un autre cadre dit couverte, qui s'emboîte exactement dans le premier, détermine l'épaisseur et le format de la feuille de papier. L'eau qui délayait la pâte s'étant écoulée à travers la toile métallique, et la masse de pâte ayant dès lors formé d'ellemême, par l'enchevêtrement de ses fibres, ce feutre dont nous avons parlé, l'ouvrier enlève la couverte et donne la forme h un autre ouvrier nommé couclieur, qui, pendant que le premier s'occupe i remplir un autre cadre, renverse la feuille sur un carré de foutre ou de drap, nommé flotrc, et le recou-
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vi'rt d'un de ces mômes carrés destiné à recevoir la feuille suivante. Quand ces deux ouvriers ont fait un nombre convenable de feuillus, ils les portent sous une presse qui exprime la majeure partie de l'eau qui y est encore retenue. Après cette pression, les feuilles possèdent déjà une résistance suffisante pour pouvoir être séparées des flotres et empilées par un ouvrier (le leveur) qui doit cependant agir avec les précautions résultant d'un tour de main particulier. Ensuite, d'autres pressages ont lieu pour chasser graduellement tout ce qui peut rester d'eau dans la masse et pour effacer les rugosités que ce contact des flotres a pu laisser .\ la surface des feuilles ; puis le tout est porté il Vétcmloir. Là les feuilles sont mises à séclier sur des cordes où on les pose à cheval comme on ferait de serviettes revenant du lavage. L'été, l'air libre suffit à opérer le séchage; l'hiver, des courants d'air chaud sont établis dans l'étendoir.
Une fois sèches, les feuilles doivent recevoir Yejuollage, qui a pour but de faire que le papier rendu imperméable ne boive pas lorsqu'on s'en sert pour écrire. Cette opération se fait en plongeant les feuilles dans une légère dissolution de colle animale ou de gélatine, additionnée d'un peu d alun et de savon résineux. Séchées de nouveau, elles reçoivent ensuite le lissage ou le satinur/e qui doit lustrer leur surface et qui s'obtient en les soumettant à de fortes pressions après les avoir placées entre des feuilles de carton très unies et très dures. Si on les veut encore plus brillantes, on procède au glaçage dont les procédés ne diffèrent de ceux des précédentes opérations qu'en ce que des feuilles métalliques, zijic ou cuivre, remplacent les cartons intermédiaires et permettent d'obtenir une pression dont l'effet est beaucoup plus sensible stir le grain du papier.
Cela fait, il ne reste plus qu'à Irier les feuilles, pour séparer les bonnes d'avec celles qui présenteraient quelques taches ou imperfections, et à les ranger par mains de '.>5 feuilles qui, réunies par 20, forment lai-amede 500 feuilles, laquelle, après avoir été pressée, enveloppée, entre dans le commerce .
Telle est la fabrication du papier à la cuve ou à la main, qui fut seule pratiquée jusqu'à la fin du dernier siècle, époque où les premiers essais de fabrication mécanique furent faits, mais sans succès décisif, à Essonnes, par un employé de la papeterie de François Didot, nommé Robert. L'idée fut presque aussitôt reprise par le fils de François Didot, qui, avec le concours d'ingénieurs anglais, put enfin faire fonctionner régulièrement et fructueusement sa machine dans un établissement du Hartfordshire. Et dès lors, non sans recevoir toutefois de nombreux et importants perfectionnements, fut inaugurée la fabrication mécanique du papier, qui aujourd'hui produit les plus merveilleux résultats.
Loin de nous le dessein de décrire cette machine perfectionnée, dont la complication même n'a d'autre but que d'arriver à répéter aussi exactement que possible, par des moyens automatiques, l'ensemble des opérations de la main humaine, à quoi d'ailleurs elle réussit dans une telle mesure que quelques minutes à peine suffisent pour que la masse de cellulose, entrant d'un cOté de l'appareil, à l'état de pâte ou bouillie, exactement préparée comme pour la fabi ication à la main, avec cette seule difl'érence qu'on y a mélangé les substances destinées à l'encollage, se présente de l'autre côté à l'état de feuille d'une longueur indéfinie, parfaitement séchée et relativement lustrée.
Tout d'abord la pâte, au sortir d'une cuve où des agitateurs la remuent sans cesse, tombe sur des nappes de toile métallique où elle s'étale, et qui la conduisen tp.ntre des rouleaux garnis de feutres;
ceux-ci la pressent, l'égalisent, et en expriment l'humidité ; de là, elle est cojiduite entre des I cylindres chauffés par la vapeur qui, en même temps, sèchent et lissent la feuille produite. Enfin cette feuille s'enroule d'une façon continue sur un dé- I vidoir que l'on enlève quand il est garni d'une quantité suffisante de papier, et que l'on remplace par un autre. La feuille sans fin est ensuite découpée à diverses dimensions ou formats que l'on désire avoir; et il ne reste plus qu'à opérer le salinage, le glaçage et la mise en rame des feuilles, comme on a fait pour les papiers à la main.
Notons que les diverses dénominations données aux formais en raison des longueurs et largeurs relalivesdcs feuilles, jt'i*.?»?, raisin, cavalier, cloche, double cloche, coquille, couronne, grand aigle, granit soleil, etc., proviennent pour la plupart de marques que les fabricants mirent dans le principe dans les diverses papiers à l'aide de fils métalliques disposes à cet effet parmi ceux qui constituent le fond de la forme, et qui donnent à la feuille par des dilTérences d'épaisseurs cette filigrane que chacun a pu remarquer en regardant le papier par transparence.
Un format, entre autres, cependant, le ministre ou telliére, mesurant 45 centimètres sur 35, doit son nom à ce que le papier de cette dimension fut la première fois fabriqué sous Louis XIV pour le service des bureaux du ministre Le Tellier, père de Louvois.
Avons-nous besoin de mentionner que les diverses teintes données aux papiers s'obtiennent en mélangeant, avant la fabrication à la main ou le travail de la machine, telle ou telle substance colorante à la pâte qui doit être employée.
De ce que la cellulose obtenue par la trituration des chifl'ons de chanvre, de lin ou de coton, constitue l'élément par excellence de la fabrication du papier, il ne s'ensuit pas que d'autres matières ne soient employées, car outre que pour les papiers grossiers, de pliage, d'emballage on a coutume de mettre en œuvre la paille de nos céréales et maints débris de tissus même de provenance animale, avec adjonction obligée cependant d'une partie d'autres chifTons, l'on a encore en ces dernières années fait, avec plus ou moins de succès, des essais portant sur les fibres de plusieurs espèces de végétaux, Vagnve, l'orlie, le palmier, et plus particulièrement sur une graminée qui abonde dans les régions incultes de notre possession algérienne, où elle est connue sous le nom vulgaire d'alfa. Plus récemment encore, on a obtenu des papiers de bois relativement beaux et résistants, et nous pouvons même constater que ce genre de fabrication, en pleine activité déjà dans certains lieux de Suède et d'Allemagne, semble vouloir prendre un grand développement. En principe d'ailleurs, beaucoup de plantes peuvent ofi'rir les fibres propres à la fabrication du papier, mais la difficulté d'appropriation ressort le plus souvent, malgré toutes les ressources dont dispose actuellement la chimie, de l'impossibilité où l'on se trouve, soit d'isoler, soit de décolorer les fibres qu'on voudrait utiliser. Mais sans nul doute de nouveaux progrès s'accompliront, dont nous sont garants ceux qui viennent d'être réalisés dans l'utilisation de la partie ligneuse des arbres : car il faut bien le dire, encore que l'usage des divers tissus végétaux soit plus considérable, plus répandu qu autrefois, la disette des chiffons, qui devient de plus en plus grande en face de l'accroissement de consommation du papier, menacerait de paralyser l'industrie papetière, si la science et l'ingéniosité humaine, surexcitées par la nécessité, ne lui fournissaient bientôt d'inépuisables éléments à mettre on œuvre
Disons pour achever quelques mots de certains papiers spéciaux qui sont d'usage journalier et
PAPILLONS
PAPILLONS
dont quelques-uns d'ailleurs n'ont du papier que le nom. Le papier dit à calquer ou véqétnl est fabriqué avec de la filasse de clianvre ou de lin qui n'a pas été décolorée; l'opération du calque se fait encore parfois avec du papier dit qéUitine, qui n'est autre chose qu'une feuille de gélatine couée très mince; le papier AU porcelaine, qui sert jlus ordinairement pour les cartes de visite, est un papier sur lequel on a étendu une couclie de céruse ; le papier pelure a pour éléments des chiffons très purs et très résistants ; le papier Joseph on papier de suie — qui d'ailleurs n'est nullement fait avec de la soie — est dû au contraire ii des chiffons très mous traités d'une façon particulière ; il doii son nom à Joseph Montgolfler, qui l'inventa ; le papier goudron résulte d'une pâte formée avec des débris de cordages goudronnés. Quant
flexible, de longueur très variable, roulée en spirale au repos, entourée h sa base de deux palpes velus ou écailleux ; parfois la spiritrompe manque et le papillon ne prend pas de nourriture, comme on le voit pour le ver h soie du mûrier. Les pattes se terminent par des tarses de cinq articles, sauf les cas d'atrophie; enfin l'abdomen des femelles se prolonge quelquefois en tarière rétractile, quand elles doivent pondre dans des cavités, ainsi entre les fentes dos écorces (Cossus, Zeuzère).
Les lépidoptères ont des métamorphoses complètes. Ils commencent par être des chenilles, ordinairement à seize pattes, quelquefois moins (fig. 1). Les pattes du thorax, dites en crochets, subsisteront seules chez le papillon ; les pattes de l'abdomen, dites en mamelons, sont molles et se plissent en pince pour serrer le pétiole des feuilles ; sou-
au papier dit, avec raison, de Chine (car telle est vent elles portent une couronne de petits crochets
sa provenance), mais qui du reste est dans ce pays même un papier de choix, il est, dit-on, fabriqué en général avec l'écorce d'un mûrier, qui par cela même a reçu le nom de mûrier à papier, ou avec la moelle d un a:a/ea. Remarquons que c'est un papier plus grossier, obtenu du reste du coton, qui au moyen âge servit de point de départ et de modèle aux Occidentaux, lorsqu'ils fabriquèrent leurs premiers papiers. Enfin l'on fait maintenant usage, pour suppléer en beaucoup de cas au parchemin proprement dit, de certain parcliemin vér/ctal ou papier par.: he7?ini qui est fabriqué en plongeant pendant quelques instants, dans un mélange par portions égales d'eau et d'acide sulfuriqueà 66°, du papier ordinaire que l'on lave ensuite à grande eau avec adjonction légère d'ammoniaque, et qui acquiert dans cette opération non seulement la ténacité et la sonorité, mais encore l'espèce de transincidité membraneuse du parchemin animal, qu'il remplace de la façon la plus économique. [Eugène Mnller.] PAPILLONS. — Zoologie. XXIV. — Nom vulgaire des insecte» adultes de l'ordre des Lépidop tares.
Les insectes de cet ordre ont quatre ailes membraneuses , les inférieures toujours plus petites que les supérieures; ces ailes sont toujours recouvertes de fines écailles, souvent colorées des plus riches nuances, qui font de beaucoup de ces insectes de véritables fleurs animées. Ces écailles, qui ont fait donner aux papillons le nom de lépidoptères (c'est-à-dire insectes h ailes écailleuses), restent après les doigts comme une poussière farineuse. Ce caractère est tout à fait général. On voit bien quelques papillons à ailes vitrées et transparentes comme celles des mouches : ainsi certains Macroglosses, àitsSphinx gazés, et les Sésies, qu'on prend d'ordinaire pour des hyménoptères ; mais à léclosion, en sortant de leur chrysalide, ces papillons ont les ailes couvertes décailles comme les autres: senlement ces écailles ne tiennent pas et tombent dès que l'insecte a donné quelques coups d'aile. Dans certains cas, les femelles sont tout à fait dépourvues d'ailes, ou ne les possèdent qu'à l'état de petits moignons impropres au vol. Les lépidoptères ont toujours deux yeux composés ou à facettes; les organes de la bouche sont conformés pour la succion du nectar des fleurs ou de divers sucs liquides, et se composent essentiellement d'une spiritrompe cornée,
Fig. 1. — Chenille de Sph!
aidant la chenille à se cramponner sur la surface des feuilles. On les sent très bien si on laisse une chenille se promener sur le dos de la main. La tête des chenilles odre en avant six très petits yeux de chaque coté, et la bouche est formée de pièces courtes et consistantes destinées à broyer, car la nourriture de la chenille est tout à fait difi'érente de celle du papillon. La très grande partie des chenilles se nourrit de feuilles, parfois de fleurs, de fruits ou de graines, rarement de cire, de substances grasses, de matières animales sèches (certaines Teignes); il y a des chenilles à téguments blafards et décolorés, qui vivent dans des galeries à l'intérieur des tiges de végétaux, ainsi celles des Cossus et des Sésies. Quand les chenilles passent leur vie à l'air, elles sont colorées de teintes variées, avec divers dessins, bandes, chevrons, taches ; leur peau est lisse ou granuleuse, tantôt nue, tantôt couverte de duvets, ou de poils plus ou moins longs et de prolongements variés. Les chenilles, et pour la plupart dès la sortie de l'œuf, laissent sortir par un orifice de la lèvre inférieure, la filière, des fils de soie, provenant d'un liquide visqueux qui su solidifie à l'air, sorte de salive éla borée dans deux glandes. Cette soie sert aux chenilles à se tenir sur la feuille, parfois à en rouler les bords en cornet , ou à accoler plusieurs feuilles ensemble, afin de se faire une retraite, à filer de grandes toiles sous lesquelles elles vivent en commun dans leur jeune âge, à se laisser pendre des branches jusqu'au sol ; enfin cette soie est employée par beaucoup de chenilles pour s'entourer de cocons lors de leur métamorphose, cocons tantôt en soie pure, tantôt en soie mêlée de poils de la chenille, de fragments végétaux ou de grains de terre .
Après avoir subi plusieurs mues, ou changements de peau, pendant lesquelles elles restent immobiles et sans manger, les chenilles passent h l'état nymphal, état de repos où elles ne prennent pas de nourriture et perdent tous les jours de leur poids par évaporation, à mesure que s'organise le papillon. Dans cette phase, l'insecte est recouvert d'une peau dure, laissant voir grossièrement les formes futures du papillon, la tête et la spiritrompe, les fourreaux des ailes, les antennes et les pattes repliées en dessous, les anneaux de l'abdomen (fig. '.!).0n désigne alors l'insecte sous le nom de fève, mot très juste en raison de sa forme et de
L troène.
PAPILLONS
PAPILLONS
sa couleur brunâtre et plus souvent sous celui A'attrélie et surtout de cknjsalUle, nom beaucoup
Fig. 2. — Chrysalide de Spliinn du liseron.
moins exact, car ce n'est que dans un petit nombre de cas que le corps de l'insecte est alors couvert de taches dorées ou argentées (certaines Vanesses et Nympliales), dues i de l'air intercalé sous une mince pellicule. Les chrysalides se forment tantôt absolument à nu sur le sol, tantôt suspendues d'une manière variable par des liens soyeux, tantôt enfin entourées des cocons dont nous avons parlé. Les chrysalides peuvent éclore en peu de semaines, ou bien passer l'hiver ou même plusieurs hivers, avant de laisser sortir le papillon. Celui-ci, d'abord mou et informe (\\%. 3), fend avec sa tôte la peau du dos de la chrysalide, étale ses antennes et ses pattes, fait pénétrer l'air dans les nervures de ses ailes, ces ailes étant d'abortl sous l'aspect de doux moignons qui pendent inertes, les sèche, les fait vibrer et les étale peu h peu, jusqu'à ce que, bien raffermi et ayant rejeté par l'anus le mécouium, excrément liquide de l'état nymphal, il prenne son essor dans l'atmosphère , route nouvelle, interdite jusqu'alors.
On peut élever en captivité un grand nombre de chenilles, soit recueillies au dehors, soit nées des œufs pondus par les papillons. 11 y a U\ pour les instituteurs de nombreux sujets de lerons de cliOses ; les élèves s'intéressent beaucoup à suivre ces curieuses métamorphoses. Il faut placer les chenilles, avec des fragments dç la plante nourricière ou la plante elle-même, dans une cage de gaze ou de toile métallique, ou, plus simpleinent, dans un pot à fleur recouvert d'un couvre-plat en treillis de fil de fer. Le fond de la cage ou du pot contiendra de la fine terre de bruyère, et, quand on aura obtenu les chrysalides, on fera bien, pour •éviter leur mort par dessic.ttion, d'injecter de temps h autre une fine pluie de gouttelettes d'eau, aJin de maintenir, le mieux possible, les conditions naturelles d'humidité. L'instituteur peut aussi placer certaines chenilles sur des rameaux ■d'arbustes du jardin de l'école, en entourant la branche d'un manchon de gaze bien fermé h sa 'base ; les élèves suivront ainsi très facilement toutes les phases de la vie de la clienille, et même son changement en chrysalide, si celui-ci s'opère sur la plante même et non en terre.
Classification. — Pendant longtemps en France ■on a subdivisé les papillons, d'après leurs mœurs, en trois groupes : diurnes, cv('pusculaires, noctiirw's; les instituteurs trouveront encore cette division dans beaucoup d'ouvrages élémentaires, même peu anciens. Cette division doit être abandonnée, sinon pour le premier groupe, au moins pour les deux autres. En effet, un assez grand nombre àa leurs espèces, comme certains Sphingiens, les Sesies, les Zygènes, beaucoup de Noctuelles, de Phalènes, de Tordeuses et de Teignes, volent en
plein jour et souvent exclusivement; en outre il n'y a pas de véritables nocturnes, car aucun papillon ne demeure actif à la nuit avancée et profonde, mais seulement au crépuscule, qui se prolonge en été, chez nous, jusqu'à près de onze heures du soir, dernière heure où volent encore quelques papillons. Nous diviserons les papillons en deux sous-ordres, dont les noms sont tirés de caractères fournis par les antennes, les Rhopalocères et les Hétérocères.
Rliopalooères ou Diurnes. — Antennes se terminant par un bouton plus ou moins renflé; ailes inférieures estièrement libres des supérieures, les quatre ailes presque toujours accolées au repos et relevées porpendlculairenient au corps ; vol pendant le jour seulement; chenilles en général peu nuisibles. Nous indiquerons les principaux groupes de ces papillons de jour, dont certaines espèces frappent les yeux des enfants par leurs belles couleurs.
Un premier groupe de Diurnes n'offre que quatre pattes propres à la marche, les deux antérieures, dites palatines, étant très raccourcies et entourant le cou comme une collerette, au moins chez les mâles. Les chrysalides sont nues et suspendues par la queue, la tête en bas, au moyen d'un court faisceau de fils de soie. Nous citerons les Sat;/res, de couleur fauve, avec des taches ocellées, et les Argé ou Demi-deuils, avec taches noires sur un fond d'un blanc un peu jaunâtre ; ce sont des papillons des prairies, des sentiers, des chemins de bois, dont les chenilles sont nocturnes et vivent sur les graminées. Les Vanesses sont ornées de belles couleurs, et la plupart hivernent à l'état adulte, pour reparaître au printemps et voler aux premiers soleils, plus ou moins usées et défraîchies. Telles sont trois espèces dont les chenilles se nourrissent d'orties, la Petite-Tortue, à taches noires et bleues sur un fond rouge-fauve, le Vulcain, à bandes de feu, le Paon de jour, avec quatre superbes yeux d'un bleu violet sur les ailes ; une espèce plus rare, le Morio, h fond d'un pourpre sombre avec une large bordure jaune, la chenille se nourrissant du saule, du peuplier et du bouleau ; la Grande-Tortue, dont la chenille vit sur les ormes et est quelquefois nuisible dans l'extrême midi de la France ; la Belle-Damo, à chenille mangeant les chardons et parfois nuisible aux artichauts dans les années où le papillon est commun : c'est en effet un papillon cosmopolite, dont la race se renouvelle jusqu'au nord de l'Europe par des migrations venues d'Afrique; uil passage considérable a eu lieu en France, en mai et juin 1879, du sud au nord. Citons encore le Robert le Diable ou Gamma, offrant en dessous, aux ailes inférieures, la lettre grecque gamma. Viennent ensuite, dans les bois, les Papillons- Damiers, fauves avec une marqueterie de taches noires; ce sont les Argipines-, dont les chenilles vivent sur les violariées, ayant souvent en dessous des ailes inférieures des bandes ou des taches nacrées, ainsi chez le Tabac-d'Espagne, le Grand-Nacré et le Petit-Nacré ; et les Mélitées, analogues aux Argynnes en dessus, offrant en dessous des bandes et des ocelles jaunes variés, mais sans taches nacrées. Les Nympliales habitent aussi les bois. Trois grandes espèces, farouches et d'un vol rapide, pompent, non pas le nectar dos fleurs, mais le suc des plaies des arbres et celui des matières stercoraires des chemins ; ce sont, en juin, le Grand-Sylvain, d'un brun fauve à bandes blanches, la chenille vivant sur les trembles et les peupliers, et en juillet les deux Mars, des peupliers, avec les ailes des mâles offrant dans un sens un riche reflet d'un bleu d'azur, les écailles étant de deux couleurs, à la façon do ces images plissées, qui représentent des objets très différents, suivant qu'on les regarde à droite ou à gauche. Les Petits-
PAPILLONS
PAPILLONS
Sylvains ou Deuils, noirs, avec une bande de taches blanclies, et dont les clienilles vivent sur les cliivrefeuilles, ont un vol doux et se posent fréquemment sur les taillis qui bordent les routes de bois et sur les ronces.
Un second groupe de Diurnes présente les six pattes propres à la marche. Les chrysalides sont nues, mais doublement attachées contre le support, par un faisceau de soie caudal et par un autre, qui foi-me un lien en ceinture autour du milieu du corps. Nous y trouverons les Pol'/ommates fauves, avec des ocelles variés en dessous, appelés aussi Petits Porte-queues, car, dans certaines espèces, l'aile inférieure se prolonge en un grêle filet; et les Lycéiies, charmants petits papillons des prés, des champs, des bords de routes, dont les mâles sont bleus en dessus et les femelles brunes, avec les mêmes taches et ocelles sur le dessous grisâtre. Les chenilles sont larges et plates, d'aspect de cloportes, à pattes très courtes, et vivent sur les légumineuses. Les Piérides sont les papillons blancs ; il y a deux espèces très nuisibles aux choux, aux navets, aux radis, le grand papillon blanc du chou et le petit papillon blanc de la rave.
Il faut détruire les adultes et les chenilles de la première espèce dans les jardins potagers ; heureusement que des entoinophages du gOiU-e Micrognster fout périr beaucoup de chenilles.
On doit bien se garder d'écraser les amas de petits cocons jaunes filés par les larves sorties du corps des chenilles. Le Gazé, blanc à nervures noires, est nuisible aux pruniers et aux aubépines, et ses chenilles au printemps vivent sur les arbustes sous de grandes toiles qu'il faut flamber à la torche. Les Coliades ont deux espèces principales, le Soufré, à ailes d'un jaune soufre, et le Souci, à ailes d'un jaune foncé, bordées de noir ; leurs chenilles vivent sur les légumineuses fourragères et ne sont pas nuisibles, pas plus que celle de YAnthoclitins Aurore, dont l'apparition signale le début du printemps, le mâle ayant le sommet de l'aile supérieure d'un beau rouge orangé, les deux sexes ayant les ailes marbrées de verdàtre en dessous ; enfin citons les Citrons, à antennes roses, à ailes anguleuses; celles du mâle d'un beau jaune citron, celles de la femelle d'un blanc verdàtre ; il en est qui hivernent et qu'on voit voler au soleil en février dans les bois encore absolument sans feuilles ; les chenilles vivent sur les nerpruns et les fusains.
LesGrauds Porte-queues appartiennent au genre Pnpillon proprement dit. Le plus répandu est le Machaon, jaune avec dessins noirs, des taches en bordure et un œil violet et rouge contre la queue de l'aile inférieure ; la chenille, verte avec des incisions d'un noir do velours, vit sur les carottes et le fenouil, et laisse sortir du cou, quand on l'inquiète, un tentacule rétractile et orangé.
en Y, caractère du genre. L'autre espèce, le Flambé, avec de longues bandes noires, comme des flammes, sur un fond jaune pâle, est moins commune ; sa chenille se nourrit des feuilles du prunellier et du prunier.
Enfin le dernier groupe des Diurnes, à six pattes propres h la marche, est formé par les Hespériens, petits papillons qui volent surtout dans l'aprèsmidi, par les clairières des bois et les champs, et tiennent au repos leurs ailes seulement à demi relovées ; les chrysalides sont fixées par la queue et par des fils de soie entre-croisés au milieu d'un réseau soyeux très lâche attaché entre les feuilles. Hétérocères (anciens Crépusculaires et Nocturnes). — Dans ce sous-ordre, qui comprend la plus grande partie des lépidoptères, et sur Idiuel nous ne pouvons donner que des indications très sommaires, les antennes ont toutes les formes possibles, en dents de peigne, en fuseau, en fils, crénelées, lisses ou poilues, etc. Outre les yeux composés, ne manquant jamais, il y a souvent deux stemmates ou yeux simples, cachés dans les poils sur le dessus de la tête. Au repos les ailes sont parfois étalées à plat ou horizontalement , plus souvent repliées en toit sur le corps , les supérieures recouvrant complètement les inférieures, enfin les ailes pouvant être roulées autour du corps (certaines teignes).
Les ailes inférieures sont fréquemment ornées de couleurs très vives et très délicates, en raison de l'abri que leur offrent au repos les ailes supérieures, qui sont souvent grises on brunes ; la lumière décolore promptemenl ces ailes inférieures des Hétérocères, et ce sont surtout les collections de ces insectes étalés que les instituteurs doivent avoir soin de conserver en lieu obscur. S'ils les laissent accrochées au mur et au grand jour, bientôt tout sera efface, blanchi,, méconnaissable. Enfin il arrive souvent, surtout pour les mâles, que, par l'appareil du frein, les ailes inférieures sont liées aux supérieures, de façon à les suivre dans tous leurs mouvements ; un crinraide, à la base de l'aile inférieure, passe dans un anneau corné, h l'insertion de l'aile supérieure, comme un verrou dans sa gâche; les instituteurs feront aisément voir à leurs élèves ce curieux mécanisme en prenant de gros Sphinx.
Les Sphinx, à spiritrompe très longue^ (fig. 4),. ont des espèces qui nous arrivent d'Afrique, comme le Sphinx du liseron et celui du laurierrose, et leurs ailes aiguës sont en rapport avec ce vol puissant; les chenilles, souvent à demi dressées, à la façon du Sphinx de la Fable jetant sa terrible énigme aux passants, ont une corne sur le onzième anneau. Le Sphinx à tète de mort, portant ce lugubre emblème sur le corselet et faisant entendre un bruit aigu, estnuisibleauxabeillesdansle midi de la France, car il s'introduit dans les ruches pour segorjçer demiel ; son énorme chenille jaunâ-
PAPILLONS
PAPILLONS
trc rongo les feuilles de pomme de terre. Les chrysulidcsdos Sphinx reposentsur la terre, soit nues, soit dans des coques mêlées de grains de terre et do fragments végétaux. Les Zyjé/cs ou Sphinx-béliers, à antennes en fuseau h l'extrémité (fig. 5), ont
Flf. 3. — Zygcne du trclli
de brillantes taches rouges, sur un fond d'nn noir luisant, bleuâtre ou verdâtre, et volent assez lourdement au soleil ; leurs chenilles, qui vivent surtout sur les petites légumineuses, filent, le long des tiges, un cocon allongé, en bateau, de consistance parcheminée. C'est également au soleil que volent les Sésies ou Sphinx-gazés, h ailes sans écailles, analogues à des hyménoptères ou à des diptères (fig. 6), et dont les chenilles rongent l'inté-
rieur des arbres et des arbustes. La Sésie apiforme, qui ressemble à un frelon, et la Sésie asiliforme, sont nuisibles aux jeunes peupliers et bouleaux, la Sésie tipuliforme aux groseilliers des jardins, d'autres espèces aux pommiers.
Le groupe des Bombyciens présente les antennes pectinées, au moins dans les mâles; les chenilles de certains d'entre eux fournissent, par leurs cocons, les plus riches matières textiles qu'utilise l'industrie humaine (V. Ver à soie'. Le genre Atlncus, remarquable par les taches vitrées de ses ailes, nous présente les plus grands papillons qui existent; le plus grand papillon d'Europe est le Grand-Paon de nuit, dont l'énorme chenille, verte avec des tubercules poilus que termine une étoile d'un bleu de turquoise, vit principalement sur les poiriers et les ormes ; le Petit- Paon de nuit, de taille moindre, a sa chenille sur l'aubépine, la ronce, le charme, etc. Les :;henilles des Paons de nuit ne sont pas assez nombreuses pour être nuisibles, et filent pour se chrysalider des cocons ouverts à un bout, par où sortira le papillon, et trop fortement incrustés d'une gomme brunâtre pour que nous puissions en faire usage.
D'autres Bomhyciens sont très nuisibles aux bois, aux champs, aux jardins. Les Bombyx processionnaires du chêne et du pin, de couleur grisâtre, ont leurs chenilles vivant dans des nids soyeux, sur le tronc des chênes ou entre les branches des pins ; elles en sortent la nuit en procession pour dévaster le feuillage. Le Bombyx ncustrien pond ses œufs en bracelets autour des branches des arbres fruitiers où ils passent l'hi- Ter; il faut les détruire ; la chenille, dite livrée
en raison de ses bandes rouges et bleues, doit être ramassée par les enfants sur les feuilles des pommiers et poiriers, et écrasée. On couvrira de goudron au pinceau les œufs du Liparis disparate (le mile est beaucoup plus petit que la femelle et tous deux ont des bandes noirâtres en zic-zag), qui adhèrent aux troncs des tilleuls et des ormes, sous un tampon de poils roux arrachés du ventre de la mère, et les œufs du Liparis du saule, bombycien tout blanc, qui semblent couverts d'un enduit, comme une bave de limaçon, sur les troncs des peupliers et des saules. Le Liparis queue-dorée, également blanc, avec un gros paquet de poils roux au bout de l'abdomen de la femelle, est un ravageur des vergers et des haies (fig. 7) ; les petites chenilles
Fi;. 7. — Lipa
qiicue-dol-(
passent l'hiver entre les feuilles terminales, assemblées en paquets par des fils de soie; il faut les couper par les jours les plus brumeux et les plus froids de décembre et de janvier et les briiler avec soin, sans les laisser sur le sol.
Les Orgyes ont des chenilles offrant en avant deux longues aigrettes de poils ; les femelles n'ont que des petits moignons d'ailes et se posent sur le cocon pour attendre le mâle. L'Orgye antique est nuisible aux arbres à fruit et aux rosiers ; on voit voler en plein jour, surtout en septembre et octobre, le mâle, qui est très vif et fauve, avec une étoile blanche sur chaque aile supérieure qui l'a fait nommer l'Etoile (fig. 8). Les
, s. — Orgye auliqui
Psychés sont de très singuliers papillons; les mâles, très petits, noirâtres, i antennes pectinées, volent avec rapidité le matin ; les femelles, absolument sans ailes, ressemblent à des larves ; les chenilles des deux sexes sont couvertes de fourreaux formés par des brins d'herbe, ou des morceaux de feuilles, d'où sortent seulement les pattes écailleuses et la tête. Enfin il y a des genres dont les chenilles vivent à l'intérieur des tiges et font souvent beaucoup de mal ; ainsi la grosse chenille du Cossus ligniperde, couverte d'écussons cornés rougeâtres, abîme de ses galeries les troncs des saules et des ormes; la chenille jaunâtre à points noirs (Clienillo léopard des Anglais) de la Zeuzèro du marronnier fait souffrir beaucoup d'arbres do toute sorte dont les branches rongée? il l'intérieur cassent sous les coups de vent ; le
PAPILLONS
PAPILLONS
Fi g. 9.
papillon, blanc tacheté de noir, a été appelé la Coquette. Il faut tuer les chenilles en passant un fil de fer dans les trous. Les femelles des Cossus et des Zeuzères ont une tarière rétractile qui leur sert à pondre entre les écorces (flg. 9); il faut, dans le jour, chercher les papillons au repos sur les troncs et les écraser.
Une tribu considérable est celle des Noctuelles, dont beaucoup d'espèces, malgré leur nom, volent en plein jour ; les espèces du soir semblent au reste craindre encore plus la clarté de la lune que celle du soleil. Les antennes des Noctuelles sont en général grêles et comme des fils ; leurs ailes supérieures souvent marbrées ont de petites taches sur le disque en forme de rein, et les ailes inférieures, cachées au repos sous les autres qui s'abaissent en double toit, sont souvent blanchâtres, ou jaunes bordées de noir, ou rouges avec <les bandes noires ; les chrysalides sont le plus souvent légèrement enterrées.
Il faut rechercher les chenilles ou écraser les adultes de beaucoup de Noctuelles; ^insi doit-on faire pour la Noctuelle potagère et la Noctuelle du chou, dont les chenilles dévorent les cultures maraîchères, surtout les choux et les choux-fleurs; pour les Agrotis, dont les chenilles, appelées vers gris par les agriculteurs, causent le plus grand dommage aux racines; celles de l'Agrotis point d'exclamation (d'après une marque sur l'aile) aux turneps, raves, choux et colzas; celles de l'Agrotis des moissons aux betteraves, au point de compromettre en certaines années la production sucrière de la façon la plus grave. On doit signaler les Plusies, qui volent très vivement en plein jour ; leurs ailes supérieures sont ornées de beaux re flets d'un vert doré ou de taches d'or ou d'argent, simulant des lettres. La Plusie gamma (portant la lettre grecque argentée gamma) est commune partout et très nuisible en certaines années aux prairies artificielles.
Les P/ialéniens tiennent en général leurs ailes étalées à plat au repos ; leurs antennes sont plunieuses ou simples. Leur caractère essentiel est donne par les chenilles. Elles n'ont plus que dix pattes, les six écailleuses et quatre au bout de 1 abdomen ; aussi, une grande partie de leur corps «e pouvant s'appuyer sur lo support, elles relè-
', femelle.
Fig. tu. — Chenilles de la Phalène du sureau.
vent en boucle ou en compas, quand elles raarclient, tout le milieu de leur corps, ce qui les a fait nommer a7-penteuses oui/éométres {&g. 10). Souvent, fixées sur les deux pattes anales, immobiles pendant des heures entières, elles ressemblent à de petites branches sans feuilles. Beaucoup se laissent tomber au bout d'un fil. Les chrysalides sont pour la plupart en terre et quelques-unes entourées de ligers cocons. Nous citerons la Phalène du groseillier, blanche avec des séries de taches noires et jaunes, dont les chenilles hivernent sous les feuilles sèches. Il faut ramasser en hiver les feuilles sèches au pied des groseilliers, et les brûler avec leurs petites chenilles engourdies. De singulières phalènes sont les Hibernies ou Papillons do l'hiver, qui se montrent, selon les espèces, de novembre à février.
Les mâles sont au repos sur les feuilles sèches ou sur les troncs d'aibre, volant parfois , s'il fait du soleil ; les femelles ont des ailes nulles ou en moignons rudinientaires. Sont très nuisibles aux arbres forestiers et fruitiers la Phalène défeuillante (flg. II et 12), dont la femelle, tout i fait sans ailes, ressemble à une araignée allongée, et la Phalène liyémale , d'un gi-is brunâtre nuageux, paraissant en décembre. La femelle n'a que de très petites ailes, sans usage. On la trouve en abondance, le matin, après les vitres des lanternes qu'on laisse allumées la nuit dans les vergers ou
Flg. 11. — Phalène défeuillanlo maie.
Fiff. 12. — Phalène défcuillante femelle.
dans les bois. Les femelles des Hibernies vont pondre sur les bourgeons, que les petites chenilles dévorent au printemps, passant ensuite aux feuilles ; on fera bien d'enduire de goudron gras
PAPILLONS
PAPILLONS
la base des arbri's .fniitiiMs, afin d'cmpùclici- de grimper les femelles incapables de voler.
l^a lin de l'ordre des lépidoptères comprend un nombre con>ldérable d'espèces, dont certaines sont de vrais fléaux, et qui ont été nomméc^s MicHOLÉPiDOPTÈnEs par les entomologistes, parce que leurs papillons sont presque toujours de très peiite taille, ainsi que leurs chenilles, compensant malheureusement cette petitesse par une exirèmo fécondité. Nous en détacherons d'abonl les Ga léries de la cire (fausses-teignes de Ré.uimur). Nous en avons deux espèces très voisines, l'une grande, dont les femelles ont jusqu'à 40 millimètres d'envergure, les ailes étalées; l'autre plus petite. La grande Gallérie de la cire est plus répandue que l'autre dans la zone parisienne, pioins au contraire dans les régions plus méridionales de notre pays. C'est elle que les paysans apiculteurs des environs de Paris appellent le papillon. Les papillons des deux espèces ont les aile.s supérieures découpées, à couleurs grisâtres et nébuleuse?, les inférieures plus claires et recouvertes au repos par les supérieures. Ils volent peu, bien que pouvant le faire aisément, mais courent et sautillent avec rapidité, leurs écaillas luisantes et comme graissées les aidant i passer par d'étroits interstices. Ils pénètrent le soir dans les ruches, s'insinuent avec prestesse pour pondre entre les gâteaux et échappent à l'aiguillon meurtrier grâce à leur cuirasse d'écailles. 11 en est qui pondent sur les fleurs, d(^ sorte que les abeilles transportent les œufs attachés à leurs poils ou intercales dans le pollen qu'elles amassent en provision dans les ce)luli;s. Les chenilles des Galléries ont .seize pattes et courent très vite, par des ondulations précipitéi^s d'arrière en avant. Elles ne touchent pas au miel, mais perforent les gâteaux de cire de tuyaux, en méandres multiples, formés de soie mèiée de granules d« cire et d'excréments noirs. En ronjjeant ainsi la cire, elles font effondrer pôle-mèle miel, poUon, couvain et abeilles ; les chrysalides se produisent dans la ruche, eHtourées de cocons de soie blanch», épais et consistants, comme gommés, accolés les uns contre les autres. Il faut couper largement toutes les parties de la ruche envahies et les brùlar, puis fortifier la colonie par une réunion, ou, si le mal est trop grand, transvaser à la fumée les abeilles dans une autre ruche. La petite Gallérie de la cire est moins nuisible, car ses tuyaux et ses cocons restent d'ordinaire confinés dans une portion restreinte de la ruche.
Un groupe considérable d'espèces est celui des Tordeuses, nommées souvent Pyrales, mot assez impropre dans ce sens restreint, car presque tous les papillons qui volent le soir sont attirés par les lumières. Les chenilles, à seize pattes, se laissent pendre à un fil de soie sortant de la bouche, qui leur sert à descendre et à remonter, et, quand on les touche, se tortillent comme de petits serpents. La plupart se tiennent dans des feuilles qu'elles roulent en cornet ou qu'elles assemblent en paquet avec d'autres, rongeant ainsi les parties vertes sous un abri qui les défond du soleil, les cache k leurs ennemis et sous lequel elles deviennent chrysalides. Beaucoup de ces chenilles font au printemps des toiles sous lesquelles elles se tiennent en commun ; il en est qui mangent les grappes de jeunes fruits, qu'elles enveloppent de soie, et certaines rongent l'intérieur des fruits. Une très redoutable Tordeusc est la célèbre Pyrale de la vigne (fig. 13), le plus grand ennemi des vignobles après le Phylloxéra '. C'est un très joli papillon, 5, longs palpes accolés en pointe en avant, qui semble, posé sur les feuilles, un triangle émaillé de jaune, de gris et de noirâtre, pondant ses œufs aussi par plaques sur les feuilles, en juillet et août i les petites chenilles éclosent en septembre
et passent l'hiver engourdies entre les écorces de» ceps et sur les échalas, se réveillent au printemps
Fig. 13. — Pjrale de la vigne à ses divers états.
et dévorent les feuilles et les jeunes grappes, feuilles et grappes enlacées dans un tissu soyeux. Il faut pratiquer en hiver l'êtouillaiitnf/e, c'est-àdire tuer les chenillettes avec la vapeur d'eau bouillante qu'on injecte sur les ceps et sur les échalas. Une autre Pyrale, moins nuisible h la vigne, est celle de la grappe (genre CorAy//;), dont les chenilles vivent dans les jeujics grappes de raisin, qu'elles enveloppent de soie au moment de la floraison ; il faut les enlever à la pince pour les raisins de treille qui ont une grande valeur et les écraser ; en vignoble, on goudronnera ou on flambera légèrement i la torche les jeunes grappes attaquées. La Pyrale verte cause d'immenses dégâts dans les forêts; en certaines années, les arbres, au printemps, sont entièrement dépouillé» de leurs feuilles, et les petits crottins qui tombent sans cesse sur les feuilles sèches imitent le bruit de la pluie. Les fauvettes et les rossignols happent au vol les innombrables chenilles qui pendent à des fds. Les instituteurs comprendront, par cet exemple, entre beaucoup d'autres, comi)ien il leur importe d'interdire sévèrement le dénichage îleurs élèves. D'autres Pyrales attaquent gravement les rosiers, les poiriers, les abricotiers et surtout les pruniers. Les Pyrales des pins font beaucoup de tort aux arbres résineux, surtout aux pins sylvestres. Leurs chenilles rongent les bourgeons terminaux dans lesquels elles restent cachées en hiver, déterminent des écoulements de résine qui épuisent les arbres, araèjient la destruction des aiguilles et obligent les branches à se ramifier. Les Carpocapses sont le fléau des vergers. La Carpncapse des pommes pond sur le jeune fruit, et la chenille ou ver des p'>mmes perce les pommes et les poires de ses galeries souillées d'excréments, passe d'un fruit h l'autre dans les paquets de fruits contigus ou se laisse tomber par un 111 d'un fruit au fruit inférieur. La Carpocapse
PAPILLONS
PAPILLONS
des prunes a une chenille qui attaque les prunes et les abricots de plein vent, et les perfore de ses tuyaux remplis d'une marmelade brune d'aspect répugnant ; la chenille de la Carpocapse des châtaignes se nourrit de l'intérieur des noix, des amandes et surtout des châtaignes, produisant les marrons véreux qui constituent en certaines années un déchet considérable. Il faut, pour sauver les récoltes futures, ou du moins diminuer le mal, ramasser avec soin tous les fruits véreux dès qu'ils tombent et même provoquer leur chute, les emporter au loin et les briiler. En hiver, on fera bien d'ébouillanter à la vapeur les troncs des arbres et le sol au-dessous d'eux, car les chenilles de Carpocapses sorties des fruits s'y trouvent à l'état dormant.
Les Teigiirs, encore plus petites généralement que les Tordeuses, ont comme elles des chenilles i seize pattes et marchant vivement h reculons, j Les papillons, presque toujours minuscules et qui ne prennent pas de nourriture, ont souvent les ailes supérieures ornées des couleurs les plus | vives et de bandes d'or et d'argent. Ces ailes s'enroulent autour du corps au repos dans beaucoup d'espèces. Les ailes inférieures sont bordées inférieurement de longues franges de poils. Il est difflcile de préparer pour les collections ces papillons si délicats, dont les belles écailles se détachent des ailes au plus léger attouchement; le mieux est de les faire périr dans le flacon de chasse à cyanure de potassium, de traverser leur thorav, sous la loupe, avec un fin fil de platine qu'on fixe , sur un petit cube de moelle de sureau, attaché ^ lui-même à l'épingle qui porte l'étiquette. |
Dans la catégorie des Fauxfe^-Teigni'S de Réau- ! mur, les chenilles vivent à découvert. Les Yponomeutes ont des papillons dont les ailes supérieures, enroulées autour du corps, sont blanches, piquetées de petits points noirs. Une espèce pour les pruniers, deux espèces très voisines pour les pommiers, causent d'immenses ravages. En mai et juin, les arbres paraissent couverts de vastes toiles " d'araignée, sous lesquelles les chenilles rongent les feuilles en commun, se laissant pendre à un fil, puis remontant si on les dérange; des toiles nouvelles sont filées de place en place, selon le besoin, jusqu'à ce qu'il ne reste plus une feuille ; c'est sous les toiles également que les chenilles se transforment en chrysalides, qui pendent la tète en bas. Les papillons éclosent en juillet et août ; les femelles pondent aux fourches des rameaux des paquets d'œufs entourés d'une enveloppe de gomme sous laquelle passent l'hiver les petites chenilles qui naissent en septembre ; réveillées aux premières chaleurs du printemps, elles commencent aussitôt leurs nids soyeux ; c'est alors qu'il faut les enlever avec des balais de houx ou les flamber à la torche de paille. Si on a attendu plus tard, quand les arbres ont des feuilles, il faudra injecter i la pompe, sur les toiles, une forte eau de savon noir ou des émulsions de pétrole dans l'eau.
Beaucoup des Teignes qui nous occupent sont des mineuses de feuilles. Trop faibles pour dévorer toute la feuille, les chenilles se glissent dans des galeries entre les deux épidermes, en rongeant le parenchyme ; la feuille est sillonnée de mines jaunâtres, se flétrit, ses bords se contournant. Des espèces mineuses détruisent ainsi, dans les jardins, les lilas, surtout ceux de Perse, les feuilles des aulx et poireaux, celles des carottes, dont les ombellules sont liées par des fils de soie, celles du pêcher (le véreau des arboriculteurs), etc. Il faut, au début du mal, arracher avec soin les feuilles minées et les brûler ; les enfants peuvent rendre, en ce genre, de grands services. Il y a de ces Teignes sans fourreaux dont les chenilles rongent les grains de blé ; ainsi l' OEcophore des crains,
dont la chenille lie ensemble plusieurs grains de blé au milieu desquels elle file sa coque de soie pour se chrysalider ; l'Alucite des grains, plus petite et plus nuisible, qui vit en chenille dans un seul grain dont elle ronge toute la farine. Autrefois, avant la facilité actuelle des transports, quand on emmagasinait les grains, ces Teignes étaient communes et causaient des pertes considérables. Il faut employer contre elles les mêmes moyens que contre les Calandres du blé et du riz (V. Coléoptères), à savoir les tarares h choc, le chauffage à 1 air chaud, la mise en silos avec du sulfure de carbone. Dans l'extrême midi de la France, la Teigne de l'olivier fait beaucoup de mal à cet arbre. La première génération mine les feuilles, la seconde, plus funeste, vit en chenille dans le noyau de l'olive où elle entre à sa sortie de l'œuf pondu sur le jeune fruit et dont elle sort à la fin d'août pour se chrysalider sur le sol dans une coque de soie. Les olives percées tombent et sont perdues pour l'industrie.
Réaumur appelle Teignes vraies celles dont les chenilles s'entourent de fourreaux de protection façonnés avec les matières mêmes dont elles vivent. Il en est qui ramassent autour de leur corps des lambeaux de l'épiderme des feuilles et s'entourent de collerettes étagées qui les ont fait appeler Teignes à falbalas par Réaumur. Il en est une à fourreau noirâtre qui ravage parfois les poiriers et les pommiers, une à fourreau pareil, à une robe blanche à plusieurs jupes, qu'on trouve sur les feuilles du baguenaudier. De splendides Teignes dont les chenilles sont dans un étui lisse, comme un papier gris, sont les Adèles, qu'on voit voler en montant et en descendant le long des buissons par les belles matinées de printemps ; les papillons étincellent au soleil comme des pierres précieuses vivantes ; le vol des mâles est très ralenti par leurs immenses antennes, ayant vingt à trente fois la longueur du corps et qui semblent deux fins fils de soie ; les antennes des femelles sont en soies épaisses, à peu près de la longueur du corps. Nos maisons sont infestées par plusieurs espèces de Teignes domestiques dont les écailles laissent aux doigts une poussière jaunâtre. La Teigne tapissière ronge les étoffes Je laine en magasin. Une autre espèce plus commune, la Fripière, dévore noî vêtements de laine dans les armoires (fig. 14). Les chenilles de ces Teignes s'entourent
Fig. 14. — Teigne des draps, très grossie.
de fourreaux de débris laineux (fig. 15). Les instituteurs pourront montrera leurs élèves une jolie expérience renouvelée de Réaumur. En donnant à manger à ces chenilles des morceaux de tissus de laine de diverses couleurs, on ne tarde pas à les voir habillées en arlequins. La chenille de la Teigne des pelleteries coupe le poil des fourrures pour s'en faire un tuyau feutré ; celle de la Teigne des crins dévore les crins des meubles et des matelas. Enfin, une autre Teigne se nourrit, à l'état de chenille, des duvets des oreillers et des lits de plume, des collections d'oiseaux et d'insectes. Si les étaloirs chargés d'insectes sont b. l'air libre, il est bon de couvrir le corps des insectes de tabac à pri.^er ou de poudre de pyrèthre pour empêcher cette Teigne, qui vole partout, de venir pondre dessus. Pour se préserver de ces minuscules, mais
PARABOLE
PARABOLE
si dangereux ennemis, il est bon d'aérer et d'ex- I)Oser fréquemment ces objets à la lumière, que
liole peut être regardée comme une moitié d'ellipse dont les axes seraient infiniment grands. C'est co que nous allons mettre en évidence, pour en déduire ensuite la définition ordinaire de cette courbe.
Soit une ellipse dont le grand axe est AA' (flg. 1),
Fig. 15, — Drap rongé par des chenilles de Teigne (gross
les chenilles de Teignes ont en horreur ; épouvantées, elles se laissent tomber au battage. On peut encore placer les objets infestés pendant un ou deux jours dans des caisses bien closes avec de la benzine, ou mieux, du sulfure de carbone, encore plus toxique et qui s'évapore ensuite plus vite. Ou bien on fera, entre les plis des étoffes ou dans les matelas, des insufflations de poudre insecticide de Vicat.
Le dernier groupe des papillons est formé de petits insectes frappés de dégradation organique, car leurs ailes, au lieu d'offrir une membrane continue, sont divisées en espèces de plumes finement barbelées ; les pattes de derrière, très longues et très grêles, sont armées de grands éperons et sont très fragiles. Une espèce du genre Ptérophore (porteur d'ailes emplumées), d'un beau blanc de lait, commune dans les jardins, au bord des chemins, le long des haies, présente comme ailes cinq élégantes plumes blanches (fig. 1 U); une autre espèce plus petite, du genre Ornéode (aspect d'oiseau), se trouve assez souvent collée aux vitres des maisons de village, avec des ailes ayant l'apparence d'un éventail étalé à douze divisions (fig. i7).
, 16. — Ptérophore pentadactjle.
— Ornéode hexa- ;tyle, grossi.
Les instituteurs feront bien de consulter, dans l'intérêt de leurs leçons de choses relatives aux papillons, les ouvrages d'entomologie appliquée que nous indiquons h la fin de l'article Insectes ; en outre, pour étiqueter aisément leurs petites collections scolaires, ils se serviront de la Faune élémentaire des lépidoptères de France, par Berce (Paris, DeyroUe), ouvrage qui, malheureusement, ne contient pas les Microlépidoptères.
[Maurice Girard.]
PAIlABOLE. — Géométrie, XXIV. — Étym. : de
parabole, nom que les géomètres grecs ont donné
à cette courbe. — En parlant des courtes usuelles
^V. Courbe Utuellcs), nous avons dit que la para-
Fig. 1.
les foyers étant les points F et F'. Si on mène en divers points de cette ellipse deux rayons vecteurs, tels que mf et niF, et qu'on prolonge le plus grand F'm d'une longueur mh égale à l'autre tnF, les extrémités de ces prolongements, telles que />, sont à une distance de F' égale au grand axe AA', et se trouvent par conséquent sur une circonférence ayant le foyer F' pour centre, avec un rayon égal au grand axe, et coupant le prolongement de cet axe en un point G séparé de A par une distance AC égale à AF. Chaque point de l'ellipse est k égale dislance du foyer F et de la circonférence.
Supposons que l'ellipse grandisse indéfiniment, en conservant le sommet A et le foyer F qui restent fixes, et qu'on répète les mêmes constructions. Les extrémités k des droites obtenues en prolongeant chaque rayon vecteur issu du foyer mobile F" d'une quantité égale à l'autre rayon vecteur, seront sur une circonférence décrite du foyer F" pour centre avec un rayon égal à AA", et passant aussi en C, où elle est tangente à la précédente, et chaque point de cette nouvelle ellipse est encore également distant du foyer fixe F et de la circonférence correspondante.
Or, à mesure que le second foyer s'éloigne de plus en plus, la circonférence s'ouvre davantage et diffère de moins en moins de la perpendiculaire DD' à l'axe, qui lui est tangente, et les jayons vecteurs qui partent du foyer mobile font avec l'axe des angles de plus en plus petits. Par conséquent, lorsque ce foyer est à une distance i'^fininient grande, le petit axe de l'ellipse qui a grandi en même temps que l'autre est infiniment grand, et il ne reste que la moitié représentée par l'arc PAP'; l'autre moitié est pour ainsi dire perdue dans l'infini. Les rayons vecteurs tels que GX, venant du second foyer qui est à l'infini, sont alors parallèles à l'axe ; la circonférence est devenue la tangente DD', et chaque point I de la moitié de l'ellipse infinie est également distant du foyer F et de la droite DD' ; cette demiellipse infinie est précisément la parabole.
DÉFiNiiiON. — Nous arrivons ainsi k la définition ordinaire : la parabole est une courbe plane non fermée telle que chacun de ses points e^t \ éyalenieiU distant d'un point fixe qui se n'.mni
PARABOLE
PARABOLE
foyer, H d'une droite fixe gui est la directrice.
CONSTRLCTION DE LA PARABOLE. — D'apfès Cette
définition, il est facile de décrire d'un mouvement continu, non pas la parabole entière, mais un arc de parabole, étant donnés le foyer et la directrice.
1° Soit Fie foyer donné etDD'la directrice (fig. 2).
La droite CFX menée i)ar F perpendiculairement i DD' est l'axe, et le milieu A de la distance CF est le point nommé sonvnet de la parabole.
On applique une règle le long de la directrice, et contre cette règle le petit côté de l'angle droit d'une équerre GHK, à l'extrémité G de laquelle est attaché un fil, dont l'autre bout est fixé au foyer F, et qui a une longueur égale au côté GK de l'équerre. On fait ensuite glisser l'équerre le long de la règle, en tenant au moyen d'une pointe le fil tendu sur le côté GK de l'équerre, de manière qu'il forme une ligue brisée GMF, dont les deux parties varient de longueur dans le déplacement de l'équeiTe. La pointe placée en M se déplace aussi et décrit l'arc de parabole ; en effet la distance MK du point M à la directrice et sa distance MF au foyer restent constamment égales l'une h l'autre. L'arc qui sera décrit audessous de ex est identique à celui qui est décrit au-dessus.
2° On peut aussi construire un arc de parabole en déterminant un nombre suffisant de ses points.
on marque le milieu A de la distance CF, qui est le sommet de la courbe. En un point quelconque I de l'axe on élève une perpendiculaire indéfinie ; puis avec un rayon égal à la distance IC de ce point à la directrice, on décrit du foyer F pris pour centre un arc qui coupe cette perpendiculaire en deux points M et M' : ces deux points appartiennent à la parabole. En prenant ensuite d'autres points sur l'axe et en répétant les mêmes constructions que pour le point I, on obtient autant de groupes de deux points symétriquement placés, comme M et M', par rapport à l'axe. Il ne reste plus qu'à tirer un trait continu par tous ces points
Exemples de paraboles. — Les comètes périodiques, c'est-à-dire celles qui doivent reparaître à des époques plus ou moins éloignées, décrivent, comme les planètes, autour du soleil des ellipses dont cet astre occupe un foyer ; c'est ce que les astronomes ont reconnu en les observant en divers points de leur course. Mais pour la plupart des comètes, ils ont trouvé à l'aide du calcul qu'elles décrivent des ellipses tellement allongées que leur orbite ne diffère pas d'une parabole ; c'est ainsi que ces astres, après qu'ils ont passé près du soleil, s'éloignent continuellement et ne seront plus visibles pour nous.
Nous rencontrons aussi la parabole plus près de nous dans la forme que prennent les câbles qui soutiennent les ponts suspendus, dans le chemin que suivent les projectiles lancés par un canon ou une pierre à laquelle on a imprimé une vive impulsion dans une direction différente de la verticale. 11 est bon d'observer que la résistance de l'air altère toujours la trajectoire parabolique que tend à suivre le mobile.
Tangente. — La parabole possède aussi une propriété importanle, relative à sa tangente ; c'est la même que celle de la tangente à l'ellipse.
Si du point de contact d'une tangente à la parabole on mène une droite au foyer et une droite paralli-le à l'axe, ces deux droites font avec la tant/ente des angles égaux.
Soit TS tangente en M à une parabole (fig. 4) et MV parallèle à l'axe ; les angles VMS et FMT sont
Soit F le foyer et DD' la directrice (fig. 3). On mène l'axe CX perpendiculaire i. la directrice, et
égaux. Par suite, la normale MN, perpendiculaire b. la tangente, est bissectrice de l'angle VMF.
Si l'arc de parabole PAP' tourne autour de l'axe, la surface courbe qu'il engendre est un paraboloîde, et en supposant que cette surface soit métallique et bien polie à l'intérieur, on a ce qu'on appelle un miroir poral-olique.
Qu'on mette ce miroir en face de la lune par exemple ; les rayons de cet astre tombant sur ce miroir peuvent être regardés comme parallèles.